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Numéro 74 - 17 juin
2012
Discussion sur la crise en Europe
Annexion des États-nations à
une Union des monopoles européens
- K. C. Adams -
La politisation
d'intérêts monopolistes privés en Europe avec
l'expansion du pouvoir exécutif continental

Manifestation à Madrid le 29 avril 2012. Partout en Europe les
peuples disent NON! aux mesures d’austérité.
L'Europe est en proie à des crises
économiques successives depuis 2008. Toutes les solutions
appliquées par l'oligarchie dominante n'ont fait qu'aggraver la
situation. L'objectif des monopoles dominants, qui contrôlent des
composantes rivales de l'économie, de protéger et
étendre leurs empires privés, est en contradiction avec
le caractère socialisé de l'économie moderne. Les
monopoles privés se servent de ces débâcles en
cascade pour avancer leur ambition d'une Europe sous leur domination.
L'atteinte de leur objectif passe par l'abolition des
États-nations européens, qu'ils considèrent comme
appartenant à une autre époque, avant l'émergence
des monopoles mondialisés et le besoin d'un pouvoir
exécutif direct entre leurs mains.

Le 30
novembre
à Newcastle en Angleterre
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Pour les Canadiens, les difficultés que vivent
les peuples de Grèce, d'Irlande, du Portugal, d'Espagne et
d'ailleurs en Europe ramènent encore une fois la
nécessité que la classe ouvrière prenne les
devants. Les représentants des propriétaires du capital
monopoliste sont réduits à l'incohérence face aux
problèmes de leur économie respective. Même avec
une énorme capacité de production moderne, l'élite
dominante ne peut garantir un moyen de subsistance, la
sécurité et les droits qui appartiennent à chacun
du fait qu'il est un être humain. L'économie moderne
possède un potentiel plus que suffisant pour satisfaire les
besoins des populations mais ce potentiel est gaspillé sous la
dictature des monopoles. Les propriétaires et administrateurs
des monopoles sont incapables d'utiliser l'énorme
capacité de l'économie socialisée. Leurs objectifs
étroits et leur propriété et contrôle
privés de composantes rivales de l'économie sont en
contradiction avec la réalité socialisée de la
production et de la distribution modernes et avec la
nécessité que l'économie soit sous le
contrôle des véritables producteurs.
L'assaut du capital monopoliste en Europe se frappe
à la volonté de la classe ouvrière et des peuples
à résoudre la crise en leur faveur. Ils cherchent
à avoir un impact mais sont confrontés au problème
que les travailleurs sont privés de leurs propres pensée,
points de vue, conception du monde et politique et programme
indépendants pour s'attaquer aux problèmes politiques,
économiques, sociaux et culturels de l'ère moderne. Les
travailleurs canadiens et ceux de tous les pays d'Europe font face
à la nécessité historique d'intervenir dans la vie
telle qu'elle se présente avec leurs propres pensée,
points de vue, conception du monde et politique et programme
indépendants. C'est la plus grande leçon à tirer
de l'évolution dramatique des événements en
Europe, car les Canadiens souhaitent que les peuples d'Europe
parviennent à tracer leur voie vers une situation nouvelle.
«Ils ne passeront
pas!», disent des manifestants à Athènes le 22 mai
2012. Le slogan est en espagnol et était celui des combattants
antifascistes pendant la Guerre civile d’Espagne.
La zone euro
Le premier mai 2012
à Lisbonne au Portugal: «Non à l’exploitation et
à l’appauvrissement!»
La classe ouvrière de chaque nation refuse
d'être reléguée au statut de spectateur sans ses
propres objectifs et la force de défendre ses
intérêts et ceux de sa société. Les
oligarques dominants, de concert avec les médias sous
contrôle monopoliste, présentent le débat comme
opposant une Union des monopoles européens aux
États-nations gouvernés par des partis politiques
coupés du peuple, dans lesquels et entre lesquels sont
attisées les tensions raciales, ethniques, religieuses,
nationalistes et autres. L'oligarchie dominante de l'Europe joue les
deux parties pour priver la classe ouvrière de la
possibilité de trouver son orientation et de s'unir
derrière son propre programme pour devenir elle-même la
nation, investir le peuple du pouvoir souverain et défendre les
droits de tous.
Les crises ont frappé les différents
États-nations d'Europe à des degrés
différents, un peu comme au Canada et dans les autres grands
pays capitalistes où le développement économique
régional inégal et les récessions sont des
phénomènes permanents.
L'Union européenne de 27 pays fut établie
formellement avec l'adoption du Traité de Maastricht de 1993. La
zone euro est une union économique et monétaire de 17
pays de l'Union européenne.[1]
 
À
Dublin en Irlande le 26 novembre 2011
|
Le contrôle centralisé de l'économie
des pays membres de la zone euro est déjà très
prononcé. Le pouvoir exécutif est la norme. Les
décisions ne sont pas discutées dans des institutions
où le corps politique des pays membres n'a autre chose qu'une
représentation nominale. Voici quelques-unes de ces institutions
:
La zone euro : La zone euro est une union
économique et monétaire de 17 pays membres de l'Union
européenne ayant adopté l'euro comme monnaie commune et
seule ayant cours légal.
La Banque centrale européenne : La
politique monétaire de la zone euro est la responsabilité
de la Banque centrale européenne (BCE) et celle-ci est
gouvernée par un président et un conseil des gouverneurs
réunissant les gouverneurs des banques centrales des pays
membres.
Il n'y a pas de représentation commune ou de
gouvernance commune des pays membres pour établir la politique
fiscale. La politique monétaire de tous les pays de la zone euro
est administrée par la BCE et l'Eurosystème, qui est
constitué de la BCE et des banques centrales des pays qui font
partie de la zone euro. Les pays qui restent à
l'extérieur de la zone euro ne sont pas
représentés dans ces institutions. Par contre, tous les
pays de l'Union européenne, comme le Royaume-Uni par exemple,
font partie du Système européen de banques centrales
(SEBC).
La BCE est autorisée à imprimer et
à émettre des billets d'euro et à établir
leur volume. Son président actuel est Mario Draghi.[2]
La zone euro a établi des dispositions lui
permettant de procurer des prêts d'urgence aux pays membres en
échange de l'application de réformes économiques
antisociales semblables à celles du Fonds monétaire
international. Elle a également établi certains
éléments de l'intégration fiscale, comme le
contrôle par les pairs des budgets nationaux, comme
préparation matérielle à la formation d'une Union
des monopoles européens.
La zone euro est représentée par ses
ministres des finances, qui forment l'Eurogroupe, et est
supervisée par un président, actuellement Jean-Claude
Juncker, le premier ministre du Luxembourg et ancien gouverneur de la
Banque mondiale.

Le 22 mars
2012 à Strasbourg en France
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Depuis le début de la présente succession
de crises économiques mondiales, en 2008, l'Eurogroupe s'est
réuni de façon irrégulière mais avec la
participation des chefs d'État et de gouvernements plutôt
que les seuls ministres des finances. C'est dans ce forum, le Sommet
euro, qu'ont été adoptées bon nombre de
réformes de la zone euro.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude
Juncker, a proposé que la zone euro constitue un bloc au sein du
système impérialiste d'États et de ses
organisations comme le Fonds monétaire international,
plutôt que de laisser chaque pays membre se représenter
individuellement. Juncker a dit publiquement : « Il est absurde
que ces pays [de la zone euro] ne s'entendent pas pour avoir une
représentation unique au FMI. Cela nous rend absolument
ridicules. On nous voit comme des bouffons sur la scène
internationale. »*
Joaquin Almunia d'Espagne a déclaré que
pour qu'il y ait représentation commune de la zone euro, les
pays membres doivent s'entendre sur des objectifs politiques communs.
M. Almunia est commissaire à la Concurrence. Le poste comporte
une responsabilité sur des questions comme la concurrence
commerciale, les fusions, les cartels, l'aide gouvernementale et les
lois antitrust. Le poste est devenu la seule autorité en
matière de fusion pour l'Espace économique
européen en septembre 1990. Le commissaire à la
Concurrence est un des postes les plus influents de l'Union
européenne et a une influence notable sur les entreprises
mondialisées.[3]
Le Fonds européen de stabilité
financière (FESF) : Le FESF est un instrument financé
par les pays membres de la zone euro pour s'attaquer
spécifiquement à la crise de la dette. Il procure une
aide financière aux pays de la zone euro aux prises avec des
difficultés économiques. Le FESF est autorisé
à emprunter jusqu'à 400 milliards d'euros et, suite au
sauvetage de l'Irlande et du Portugal, il lui reste 250 milliards
à emprunter. Un mécanisme temporaire du FESF a
été créé en 2010 comme entité
séparée pouvant emprunter jusqu'à 60 milliards
d'euros.
Les euro-obligations (ou obligations de
stabilité) : Ces obligations qui font présentement
l'objet de discussions intenses au sein de l'oligarchie dominante sont
pour elle un moyen d'accroître le contrôle des finances des
pays souverains membres de la zone euro. Avec les euro-obligations, un
investisseur prête une certaine somme d'argent pour une certaine
période de temps à un certain taux d'intérêt
au bloc de la zone euro pris comme un tout qui, lui, retransmet
l'argent aux gouvernements des pays membres.
Parlant des « obligations de stabilité
», le président de la Commission européenne
José Manuel Barroso a insisté pour dire que tout
programme de cette nature devra s'accompagner d'une surveillance suivie
de la politique fiscale et d'une nécessaire coordination des
politiques économiques « pour éviter un
déboire moral et assurer la viabilité des finances
publiques ». Avec ce projet, qui semble maintenant avoir
l'approbation de la chancelière allemande Angela Merkel, si cela
accompagne le mouvement vers l'intégration européenne,
les gouvernements de la zone euro devront soumettre les ébauches
de budgets nationaux pour l'année suivante à la
Commission européenne. La Commission serait alors en mesure de
demander au gouvernement de réviser son budget si elle croit
qu'il n'atteindra pas ses objectifs de réduction de dette et de
déficit suivant les critères de convergence euro.
Les Londoniens
manifestent le 30 novembre 2011 contre les mises à pied dans
le secteur public,
les coupures de services publics et les attaques contre les salaires et
avantages sociaux.
Les points de vue opposés de l'oligarchie
dominante dans ses propres mots
L'oligarchie dominante est déterminée
à empêcher la classe ouvrière de chaque
État-nation de développer sa pensée, ses opinions,
sa politique et son ordre du jour. C'est dans ce sens que
l'élite dirigeante a créé un point de vue pour et
un point de vue contre en ce qui concerne l'Europe des monopoles et
toutes les questions qui s'y rattachent. La classe ouvrière
subit une grande pression pour qu'elle s'aligne soit derrière
Frau « Austérité » la chancelière
allemande, soit derrière Monsieur « Croissance », le
président de la France ; elle est censée adopter ou bien
une position en appui à l'intégration sous la dictature
des monopoles les plus puissants, ou bien une position opposée
basée sur la division de la classe ouvrière d'Europe en
entités hostiles sous le contrôle du capital monopoliste,
lequel utilise le chauvinisme national et les différences
raciales, religieuses, culturelles, linguistiques, ethniques et toute
autre différence qu'il peut inventer, y compris les
événements sportifs comme la coupe européenne de
soccer où le hooliganisme instigué par l'État
reçoit pleine publicité.
La classe ouvrière doit s'opposer à
l'oligarchie dominante avec le courage de ses convictions et de sa
pensée et formuler ses propres opinions, sa propre politique et
son propre du jour pour ouvrir la voie au progrès et
résoudre les problèmes qui assaillent
l'État-nation dans chaque pays et les problèmes auxquels
l'Europe et l'humanité entière font face.
La position du journal allemand Suddeutsche
Zeitung sur
la crise économique et la souveraineté : « Le prix
de l'Euro :
l'argent de l'Allemagne et l'indépendance de la France »,
le 6 juin 2012

Le 29
février 2012 en Allemagne. «De bons
emplois pour l’Europe! Solidarité contre la crise!»
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« Pour rescaper l'euro et l'initiative historique
d'unité européenne, il faut que les deux États les
plus puissants du continent mettent en jeu leurs deux plus grands
atouts : l'Allemagne doit partager son argent et la France sa
souveraineté. Si l'Europe doit émettre des obligations
fédérales comme le font les États-Unis, elle devra
devenir une vraie fédération. Pour que cela se produise,
il faudra que la France accepte de sacrifier sa souveraineté
beaucoup plus qu'elle ne l'a fait. Dans le monde de demain, la
quête de grandeur ne peut pas se faire dans les confins d'un
État nation mais ne peut se réaliser qu'à
l'échelle de l'Europe, on ne peut pas y échapper. »
(Le Suddeutsche Zeitung est le plus grand quotidien national
allemand par abonnement.)
Le débat sur l'euro et la création
formelle d'une Union des monopoles européens est dominé
par des fascistes qui se disent pour ou contre et ceux qui se disent
essentiellement indifférents. Ce qui manque, c'est l'opinion
alternative de la classe ouvrière luttant pour une solution
prosociale aux problèmes économiques et politiques de
l'Europe et de ses États-Nations.
« Sarrazin lance une croisade contre l'euro
», le 23 mai 2012
Le Frankfurter Rundschau tel que cité
par Presseurop :
« Une fois de plus, Thilo Sarrazin,
l'auteur d'un livre à grand tirage et hautement
controversé sur l'immigration en Allemagne, a choqué les
lecteurs par le ton "nationaliste hideux" de son nouveau livre Europa
braucht den Euro nicht ("L'Europe n'a pas besoin de l'euro").
« "Ce livre est une litanie de faux arguments",
écrit le Frankfurther Rundschau. Le quotidien allemand
note que Sarrazin, qui a travaillé au FMI, au ministère
des Finances de l'Allemagne et à la Bundesbank, devrait pourtant
connaître son sujet mais il "n'en traite pas " — Sarrasin invente
une opposition entre une Europe du Nord qui fonctionne
réellement et une Europe du Sud chaotique, une opposition entre
les travailleurs et les fainéants, entre les blancs et les gens
à peau foncée. Il appelle les pays qu'il dit agir de
façon irresponsable des États "Club Med". Où
place-t-il la France dans tout ça ? Parmi les Club Meds ! [..]
En tant qu'adversaire de l'euro, il met de l'avant une théorie
qui explique pourquoi l'Allemagne a été pro-Europe
jusqu'à maintenant : l'enthousiasme persistant des Allemands
pour l'Europe serait le legs "de la culpabilité morale provenant
de l'ère nazie". Ce livre n'est qu'un tissu de mensonges. [...]
C'est à souhaiter qu'il va rester sur les étagères
des libraires !
« Les plaintes des social-démocrates
secouent
l'Allemagne ? », Presseurop, le 27 août 2010
« "Pour que l'Allemagne ne s'enfonce pas encore
plus dans la stupidité", écrit le Frankfurter
Allgemeine Zeitung (FAZ). Le journal s'est joint à la
controverse autour d'un livre de l'ex-chef des finances de la ville de
Berlin, le social-démocrate Thilo Sarrazin, 'Deutschland
schafft sich ab'("l'Allemagne est en train de
s'auto-détruire"). Sarrazin, qui est présentement
directeur à la Banque fédérale d'Allemagne, y
accuse entre autres les immigrants musulmans qui ne manifestent pas "de
désir de s'intégrer à la société"
alors qu'ils "coûtent trop cher à l'État",
écrit le FAZ. Le journal s'en prend aux réactions
indignées anti-Sarrazin de plusieurs dirigeants politiques —
dont la chancelière Angela Merkel — et dénonce
l'hypocrisie de ceux qui ne veulent pas voir "les problèmes que
cause l'immigration". Le quotidien de Francfort rappelle à ses
lecteurs que "la majorité des Allemands partagent ces opinions".
»
À Charleroi en
France le 29 février 2012
« En route vers les États-Unis d'Europe
», The Guardian, le 5 juin 2012
« Si l'Allemagne doit payer pour la crise de la
zone euro, le prix à payer doit être l'union fiscale et
politique. Les plans de cette union sont déjà en train
d'être tracés à l'aube de ce qui va être un
important sommet de l'UE les 28- 29 juin.
« On voit là la vitesse avec laquelle la
politique de la crise de l'euro est en train de changer. Jusqu'à
il y a à peine quelques jours, toute l'attention était
concentrée sur le nouveau président de la France,
François Hollande, qui, à peine intronisé à
Paris en tant que Monsieur Croissance, est allé rencontrer la
Frau l'Austérité européenne, la chancelière
Angela Merkel.
« "Nous avons besoin de solutions nouvelles. Nous
devons tout réexaminer", a dit Hollande, laissant entendre qu'il
va forcer Merkel à mettre son pince-nez et considérer des
choses dont l'odeur déplait à Berlin, en premier lieu les
obligations euro, ce qui veut dire que l'Allemagne serait
appelée à résoudre la crise d'un trait de plume en
prenant sur elle la responsabilité de la dette de l'Espagne, de
la Grèce, de l'Italie et de tous les autres. Difficile à
imaginer !
« Dès samedi, le match croissance versus
austérité perdait des plumes alors que Merkel mettait
Hollande sur la sellette.
« C'était à elle de déclarer
qu'il ne doit y avoir aucun tabou dans la façon de s'attaquer
aux choix difficiles auxquels les dirigeants européens font face
alors qu'ils attendent de voir ce qui va se passer en Grèce et
en Espagne et préparent leurs prochaines actions au sommet de la
fin du mois qui promet d'être très important.
« Merkel a paru vouloir le prendre à son
jeu, non seulement Hollande mais de la France elle-même. En
disant qu'il ne devrait y avoir aucune censure des options qui existent
pour aborder les problèmes de la zone euro, elle voulait dire
que des mesures radicales devraient être mises en oeuvre, des
gestes fédéralistes qui engagent une perte graduelle de
souveraineté nationale en matière de politique
budgétaire, fiscale, sociale et en matière de pensions et
de marché du travail et qui visent à forger une nouvelle
union politique européenne d'ici 5 ou 10 ans.
« Les EUE (les États-Unis de l'Europe),
font leur retour. À tout le moins dans la zone euro. Cette
"union politique" qui abandonne des pouvoirs fondamentaux aux quartiers
généraux de l'UE à Bruxelles, au Luxembourg et
à Strasbourg, a toujours été jugée
excessive par la France. Cependant, en cette troisième
année de chaos, les choix qui s'offrent aux dirigeants
européens deviennent de plus en plus dramatiques — la mort de
l'euro ou la naissance d'une nouvelle fédération
européenne. »
« Le plan secret pour une Europe nouvelle
»
Presseurop résume ainsi un
article du numéro du 10 juin de Die Welt:
« Die Welt en révèle plus
long sur le programme que les institutions européennes sont en
train de préparer. Selon les sources du quotidien berlinois, le
président du Conseil européen Herman van Rompuy, le
président de la Commission européenne José Manuel
Barroso et le président du Groupe Euro Jean-Claude Juncker
travaillent à une proposition qui pourrait être soumise
à la discussion à la réunion du Conseil
européen les 28 et 29 juin. Le plan aura quatre thèmes
principaux — les réformes structurelles, l'union bancaire,
l'union fiscale et l'union politique.[...] Si les 27 dirigeants
réussissent à en arriver à un accord, il en
sortira une Europe entièrement nouvelle. »
Les crises économiques s'intensifient en
Europe
Manifestation au
Carré Syntagma à Athènes près du Parlement
grec le 12 février. Le Carré a été le
centre des manifestations du peuple grec contre les mesures
d’austérité depuis plus de deux ans et demi.
Plusieurs des pays membres de la zone euro vivent un
effondrement qui ne s'est pas vu depuis les années 1930. Les
peuples de Grèce, d'Espagne, du Portugal, d'Irlande et d'Italie
font face à des taux de chômage extrêmement
élevés, à l'insécurité, à des
attaques racistes et fascistes et à d'énormes coupures
dans les programmes sociaux et les services publics. Même la
classe ouvrière allemande, qui pendant plusieurs années a
été la plus forte dans la résistance aux attaques
à son bien-être, a connu d'année en année la
détérioration de ses salaires, avantages sociaux et
pensions et conditions de travail. D'ailleurs les crises actuelles sont
présentées par les médias et l'oligarchie
dominante comme « une occasion de briser la classe
ouvrière d'Allemagne, d'Italie et de France » et
d'abaisser ses niveaux de salaires, d'avantages sociaux, de pensions et
de conditions de travail à celui des plus petits États,
surtout ceux du sud.
Pour vaincre le prolétariat industriel
européen, les monopoles les plus puissants cherchent à
établir leur dictature suprême dans une Europe où
ils auront un pouvoir sans restriction, nationale ou autre. Selon
l'élite dirigeante, les crises économiques sont devenues
une occasion d'accélérer la réorganisation
antisociale de l'Europe en une Union des monopoles européens
reposant sur le droit de monopole absolu et la violation des droits du
peuple. « Les pays membres, a déclaré Angela
Merkel, doivent graduellement confier le pouvoir aux quartiers
généraux de l'UE dans un effort pour prévenir de
telles crises dans l'avenir. »

Des actions
antifascistes ont été organisées dans toute
la Grèce le 8 juin 2012 contre le parti politique
d’extrême
droite Aube dorée après qu’un des représentants
ait assailli une adversaire politique lors
d’une émission de télévision
|
Merkel demande aux États-nations d'Europe de
donner plus de pouvoir aux autorités centrales et de s'engager
« étape par étape » dans une « union
politique ». Le premier ministre du Canada Stephen Harper, qui
préside à l'annexion du Canada aux États-Unis des
monopoles d'Amérique du Nord, s'est dit en accord avec Merkel
lors d'une entrevue à la CBC : « Je pense qu'un examen
sérieux des faiblesses de la structure euro s'impose. Les
institutions centrales de l'euro, que ce soit en matière de
politique fiscale, monétaire ou de réglementation
financière, ne sont pas aussi fortes que le sont celles
où la monnaie est appuyée par un gouvernement national.
Il n'a pas été jugé nécessaire pour
diverses raisons d'assurer cet appui lorsque l'euro a été
introduit. Dans cette situation de crise cependant, ils doivent faire
un plus grand travail d'intégration qu'ils ne l'ont fait
précédemment pour soutenir l'euro. »
La crise est attribuée à un manque
d'autorité exécutive centrale qui peut prendre les
décisions qui s'imposent pour redresser la barre du navire
européen et aux États-nations qui, en tant
qu'États échoués, sont incapables de
réformer leurs économies pour satisfaire les monopoles
européens. On présente la crise économique sous un
angle qui est censé justifier la conclusion non fondée
qu'on doit établir une dictature des monopoles à
l'échelle de l'Europe, que les États-nations actuels
doivent être détruits et intégrés
économiquement et politiquement à une union
européenne contrôlée par les monopoles les plus
puissants.
Les monopoles ne remettent jamais en question et ne
considèrent même pas le fait que les monopoles
privés et leurs propriétaires sont prisonniers de leurs
propres conceptions étroites, sinon la question de la «
dette » ne deviendrait jamais l'enjeu principal au point d'en
devenir une obsession ridicule et totalement incohérente. La
dette n'est pas un problème, la dette c'est seulement le
mouvement de l'argent au service des intérêts
privés. La dette n'a jamais rien construit ou produit, seule la
classe ouvrière peut produire les biens ou dispenser les
services en transformant les richesses de la Terre Mère. La
dette peut être éliminée par une simple
décision et un règlement de ceux qui sont en position
d'autorité. Le problème auquel on doit s'attaquer est
celui de l'organisation de la production et de la distribution, sous le
contrôle des producteurs véritables, pour satisfaire les
besoins de la population et l'intérêt
général de la société au sein d'une
économie qui subvient à ses besoins et pratique le
commerce sur la base de l'avantage réciproque. Le
problème posé et à résoudre est de
défendre les droits qui sont constamment menacés par le
système mondial impérialiste d'États. C'est la
classe ouvrière que l'histoire a chargée de
résoudre ces problèmes.
L'objectif des monopoles de servir leurs
intérêts privés est en contradiction avec
l'intérêt public et empêche les autorités
publiques de prendre quelque décision qui restreigne le droit de
monopole afin de servir le droit et l'intérêt publics et
le bien commun. L'objectif étroit des monopoles est en
contradiction avec les demandes d'une économie moderne et d'un
système politique moderne. L'économie de tous les
États-nations est socialisée, mais la
propriété et le contrôle en demeurent privés
et sont de plus dans les mains des oligopoles
industriels/financiers/commerciaux. C'est cela la contradiction, et la
classe ouvrière doit la résoudre conformément aux
conditions matérielles existantes, en mettant à
contribution le facteur humain/conscience sociale.
Les propriétaires du capital monopoliste veulent
étendre leur autorité politique pour mieux servir leurs
intérêts privés, dépolitiser
l'intérêt public et maintenir leur poigne de fer sur le
pouvoir politique et sur l'économie socialisée qui est
divisée en composantes privées, en concurrence entre
elles. Avec leur pouvoir exécutif sur l'Europe (la situation est
différente au Royaume-Uni et dans certains autres pays qui
demeurent sous le contrôle de l'empire impérialiste
américain), les monopoles les plus puissants s'apprêtent
à affronter les travailleurs dans une bataille où ils
cherchent à effacer complètement le contrat social de
l'après-Deuxième Guerre mondiale et à affaiblir la
résistance de la classe ouvrière afin de rivaliser avec
les monopoles des États-Unis/Royaume-Uni et écraser et
prendre le contrôle de la Russie, de la Chine, de l'Inde, du
Brésil et de tous les pays et peuples d'Asie, d'Afrique et des
Amériques, par tous les moyens, y compris la guerre.
À la classe ouvrière européenne
revient la lourde responsabilité de combattre ce projet
réactionnaire qui représente le droit de monopole. Elle
ne doit pas hésiter à s'unir et à défendre
ses intérêts et les droits de tous et à bloquer les
monopoles sur la voie du fascisme qui mène à l'union
européenne des monopoles. Elle doit développer son propre
ordre du jour conformément aux conditions matérielles et
ouvrir une voie vers l'avant pour l'humanité.
L'Espagne
Les Espagnols manifestent
à Madrid le 13 mai 2011 pour marquer un an d’actions contre les
mesures d’austérité. Près de 100 000 personnes ont
manifesté dans toute l’Espagne dont 70 000 à Madrid.
Les statistiques du 1er juin sur l'Espagne montrent que
le taux de chômage au pays est passé de 22,9 % au dernier
trimestre de l'an dernier à 24,4 % au premier trimestre de cette
année et s'approche du taux record de l'histoire du pays.
Plus de la moitié des travailleurs
âgés de moins de 25 ans (52 %) n'ont pu trouver d'emploi
pour se soutenir et soutenir leur famille.
« Ces statistiques sont terribles pour tout le
monde, y compris le gouvernement », a dit le ministre des
Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo
lors d'une entrevue téléphonique. « L'Espagne a
été et est aux prises avec une crise aux vastes
proportions. »
La classe ouvrière d'Espagne, les jeunes et les
petites et moyennes entreprises ont été frappés
très sévèrement par la crise économique et
les coupures dans les programmes sociaux et services publics. Les
propriétaires du capital ont retiré des milliards d'euros
de l'économie par toutes sortes de subterfuges. Les lois du
travail facilitent les mises à pied sans restriction, ce qui
force les travailleurs à subvenir à leurs besoins dans
les conditions où il n'y a pas d'autorité
économique et politique qui assume sa responsabilité de
fournir des emplois ou de garantir un moyen de subsistance aux
chômeurs. Officiellement, le nombre des chômeurs au pays
s'élève à près de 5,6 millions. Le taux de
chômage en Espagne est plus que le double du taux moyen de 10,7 %
dans la zone euro.
Le 29 février 2012
à Rioja en Espagne. «Non à la réforme du
travail, à l’abaissement des salaires
et au nouveau traité de l’UE!»
Les statistiques économiques pour l'Espagne
PIB :
- 1,41 trillion $ (2010) (Le PIB du Canada en 2011 était de
1,758 trillion ).
PIB par secteur
- services (66,6 %)
- industrie (11,7 %)
- construction (10,0 %)
- agriculture (2,3 %)
- énergie (2,3 %)
Nombre de travailleurs ayant ou cherchant un emploi
(2011) — 23,1 millions de travailleurs
Nombre des chômeurs : 5 636 400
Travailleurs par secteurs :
- services (70,7 %)
- industrie (14,1 %)
- construction (9,9 %)
- agriculture et pêcheries (4,5 %) énergie (0,7 %)[4]

À
Madrid le 28 juillet 2011
|
Les agences de crédit contrôlées par
les États-Unis ont lancé une attaque tout azimut contre
l'Espagne et d'autres pays européens. Elles ont donné
à la dette gouvernementale le statut de « dette pourrie
», ce qui fait qu'il en coûte encore plus cher d'emprunter
de l'argent.
Depuis qu'il est devenu premier ministre en
décembre dernier, Mariano Rajoy a fait des coupures de budget
drastiques et une réforme de marché du travail pour
attaquer la classe ouvrière et mis en place un plan de sauvetage
des banques privées. Le 8 juin, la zone euro a annoncé
des mesures pour sauver les banques privées du pays par une
injection de capital de 125 milliards $.
Les analystes disent avec cynisme que plus les
entreprises espagnoles réduisent leur personnel et
réussissent à négocier des conditions de salaire
avantageuses pour elles avec les syndicats, plus elles deviennent
concurrentielles. Cela convient parfaitement à la
rhétorique de l'oligarchie dominante selon laquelle il faut tout
faire pour rendre les monopoles plus concurrentiels en attaquant la
classe ouvrière et que la croissance économique
européenne « va reposer essentiellement sur les
exportations car la demande intérieure continue d'être
déprimée et que les ménages cherchent à
payer les dettes qu'ils ont accumulées pendant l'éclosion
du marché de logement qui a duré 10 ans ».
Le gouvernement Rajoy a annoncé qu'il va
augmenter les taxes indirectes l'an prochain, ce qui va enlever un
autre 8 milliards d'euros (10,6 $ milliards) aux individus en taxation
régressive. La taxation individuelle régressive rend la
vie des travailleurs plus difficile, surtout pour ceux qui n'ont pas
d'emplois ou vivent d'un revenu fixe. Les taxes individuelles sont une
façon pour les gouvernements de ne pas faire leurs
réclamations auprès des entreprises privées et
publiques à l'intérieur de l'économie
socialisée. Les deniers publics amassés ne vont pas aux
programmes et services sociaux, qui sont ravagés par les
coupures, mais sont privatisés par des stratagèmes pour
payer les riches. Sous le capitalisme moderne, la classe
ouvrière paie pour maintenir le système qui l'exploite et
l'opprime, un système qui ne peut jamais surmonter ses propres
contradictions à moins d'une réforme radicale qui
établit l'harmonie entre la propriété et le
contrôle et le caractère socialisé de
l'économie.
Les conditions des travailleurs espagnols en bref :
Près d'un Espagnol sur 4 est en chômage.
Un ministre du gouvernement parle d'une crise «
aux vastes proportions ».
Selon l'Institut national de la statistique, 367 000
personnes ont perdu leur emploi dans les 3 premiers mois de
l'année.
Cela signifie que plus de 5.6 millions d'Espagnols, soit
24,4 % de la main-d'oeuvre disponible, sont en chômage, ce qui
s'approche du record de 1994.
Le ministre des Affaires étrangères
José Manuel Garcia-Margallo a comparé l'Union
européenne au Titanic et dit que la seule façon
que les passagers peuvent être sauvés c'est de tous
travailler ensemble à trouver une solution. Une affirmation
assez étonnante quand on sait que les monopoles n'en ont que
pour eux et exigent des conditions qui leur permettent de mieux
concurrencer les autres monopoles. Comment une motivation aussi
étroite que l'empire et la concurrence peut-elle permettre que
tous travaillent ensemble. La rhétorique au sujet du Titanic
permet à Garcia-Margallo de dire que pour résoudre la
crise, l'Europe doit travailler unie au sein d'une union des monopoles
où le pouvoir politique exécutif appartient à
leurs représentants et où le peuple est privé de
pouvoir et de droits, et sa lutte pour le pouvoir économique et
politique est écrasée au lieu d'être
encouragée matériellement et subjectivement pour qu'elle
gagne en force.
Comment on présente la crise en
Grèce
comme une crise d'endettement
Au Carré Syntagma
devant l’édifice du Parlement à Athènes le 19
février 2012
En Grèce, l'oligarchie financière
internationale endette les débiteurs pour repayer les
créanciers tout en aggravant les crises économiques et
les conditions de vie et de travail du peuple. La dette serait à
la fois le problème et la solution du problème.
L'incohérence économique et politique va si loin que sans
une rupture radicale avec l'ancien et une nouvelle direction et un
nouvel objectif pour l'économie, aucune solution n'est possible.
Avec l'introduction de l'euro en janvier 2001 et
l'annexion de la Banque de Grèce par la Banque centrale
européenne et l'Eurosystème, le peuple grec a perdu tout
contrôle souverain de sa masse monétaire et de sa
politique monétaire. L'Eurosystème est devenu
l'autorité monétaire en Grèce et dans les autres
pays de la zone euro. L'Eurosystème, qui est dominé et
contrôlé par les monopoles privés européens
les plus puissants, décide la politique monétaire des
États membres. En perdant son contrôle souverain, la
Grèce n'a plus voix au chapitre sur les prix des biens et plus
aucun contrôle sur le secteur financier, notamment les banques,
les sociétés d'assurance et les autres entreprises
financières. L'intégration financière des
États membres et de leurs institutions est l'objectif
avoué de l'Eurosystème. Celui-ci définit et
applique la politique monétaire de la zone euro, effectue les
opérations de change avec l'étranger et détient et
gère les réserves officielles de devises
étrangères des États membres.
La Grèce a perdu le contrôle souverain de
ses entreprises et de son système financier, de sa masse
monétaire, de sa politique monétaire et de ses
institutions financières qui sont tous passés sous le
diktat légal direct du capital financier européen par le
biais de l'Eurosystème. Il en a résulté des crises
économiques en cascade et de plus en plus graves et aucun des
problèmes du peuple n'a été résolu.
Ironiquement, l'un des seuls outils financiers qui
demeurent dans les mains du gouvernement est l'émission
d'obligations et c'est le peuple qui a le fardeau de les rembourser.
C'est le capital financier qui a acheté ces obligations
dès le début. Selon Wikipedia : « Au début
de 2010, on a découvert que la Grèce avait payé
à Goldman Sachs et à d'autres banques des centaines de
millions de dollars de frais depuis 2001 pour la conclusion de
transactions qui cachaient le niveau réel de l'emprunt. En
dépit de la crise, l'adjudication des obligations du
gouvernement grec en janvier 2010 offrait 8 milliards en obligations
sur cinq ans mais le gouvernement s'en est fait commander quatre fois
autant. Lors de l'adjudication suivante en mars dernier, le Financial
Times écrivait : "Athènes a vendu pour 5 milliards
d'obligations sur 10 ans, mais a reçu des commandes qui en
représentent trois fois autant".. »
Le 5 juin
2011 à Athènes
|
Les obligations grecques qu'on considérait
nécessaires pour payer la dette qui arrivait à
échéance étaient en grande demande parce qu'elles
offraient des taux d'intérêts supérieurs au moment
où les occasions d'investissements en Europe étaient
déprimées.
À la fin avril 2010, les agences
américaines d'évaluation des obligations ont
dévalué les obligations grecques au rang d'obligations
pourries, ce qui selon Wikipedia « a entraîné le gel
du marché en capital privé de sorte que les besoins
financiers de la Grèce ont dû par la suite être
couverts par des prêts de sauvetage internationaux afin
d'éviter l'épuisement des entrées de fonds. En
avril 2010, on estimait que près de 70 % des obligations
émises par le gouvernement grec étaient tenues par des
investisseurs étrangers (des banques). Les prêts de
sauvetage qui ont été consentis par la suite ont
essentiellement servi à rembourser les obligations arrivant
à maturité. »
La cause de cette dette est relativement obscure.
Lorsqu'on daigne une explication, on dit que la dette est apparue juste
comme ça suite à de mauvaises politiques ou de la
manipulation de la part de forces sur lesquelles le peuple grec n'a
aucun contrôle. Voici un exemple de tentative d'explication qui
se résume à peu près à dire qu'il «
n'y a rien à expliquer ».
Le député grec Dimitris Papadimoulis :
« S'il y a un pays qui a profité des
grandes dépenses que la Grèce fait dans le secteur de la
défense c'est l'Allemagne. L'Allemagne exporte vers la
Grèce près de 15 % de toutes ses exportations d'armes,
c'est son plus gros marché en Europe. La Grèce a
payé plus de 2 milliards pour des sous-marins qui avaient des
défauts de fabrication et dont elle n'a même pas besoin.
Elle doit encore 1 milliard sur cette transaction. C'est trois fois le
montant des nouvelles coupures dans les pensions que la Grèce a
dû faire pour recevoir le dernier montant d'aide de l'UE. »
Pendant ce temps, l'économie et le peuple grecs
ont fait les frais d'un sérieux effondrement économique.
Le PIB a baissé de 6,9 % l'an dernier. Sa production
industrielle en termes désaisonnalisés de 2011
était inférieure de 28,4 % à celle de 2005. Plus
de 111 000 compagnies grecques ont fait faillite uniquement en 2011, un
nombre de 27 % supérieur à celui déjà
catastrophique de 2010. En novembre 2011, le taux de chômage a
atteint 19,9 % et a continué de grimper, atteignant 21,7 % en
mars dernier et près de 50 % en ce qui concerne le chômage
des jeunes.
Les données de l'Eurostat montrent que le
pourcentage des Grecs qui vivent ce que l'agence statistique appelle
« le risque de pauvreté ou d'exclusion sociale » a
atteint le tiers de la population en 2011 et il grimpe rapidement.
Une pression énorme est exercée sur le
peuple grec pour lui faire accepter le statu quo et le faire paniquer
à l'effet que si jamais il affirme son droit souverain de
contrôler son destin et ses affaires économiques et donne
une nouvelle direction au pays, cela causera un « désastre
» et une situation « intolérable » pour
l'élite dirigeante européenne. Des membres de
l'oligarchie financière font constamment des déclarations
hystériques menaçant le peuple grec des pires
conséquences s'il affirme son contrôle souverain de ses
affaires.
Selon l'entreprise financière japonaise Nomura,
la sortie de la Grèce de la zone euro causerait une
dévaluation de 60 % de la nouvelle drachme. L'entreprise
financière suisse UBS a averti que tout pays qui sort de la zone
euro pourrait connaître « l'hyperinflation, les coups
militaires et même la guerre civile ». Une « note
confidentielle » écrite en février 2012 par
l'Institut international de la finance et coulée subrepticement
disait que l'Institut « favorise un défaut de paiement
ordonné avec maintien de la Grèce dans la zone euro parce
que le scénario opposé créerait des pertes de
l'ordre d'au moins 1 trillion ». Évidemment, les «
pertes » qui préoccupent les oligarques financiers sont
celles qui affectent leurs intérêts privés. Cela ne
les préoccupe pas qu'il faille résoudre les
problèmes auxquels le peuple grec, sa société et
ses institutions économiques et politiques font face et sortir
des sentiers battus en ouvrant une voie prosociale qui ferait entrer la
Grèce dans le XXIe siècle.
La police
anti-émeute en action contre le peuple grec
pendant la grève générale contre les mesures
d’austérité le 28 juin 2011 à Athènes
|
La « solution » des oligarques est de
continuer à contracter des dettes pour payer les dettes, de
jouer avec l'argent pour payer les riches et protéger leurs
empires de richesse et de privilèges de classe.
En octobre 2011, l'Eurogroupe dirigé par
Jean-Claude Juncker a offert « un défaut de paiement
ordonné combiné à 130 milliards en prêts de
sauvetage, ce qui permettra à la Grèce de continuer
d'être membre à part entière de l'Euro. L'offre
d'un défaut de paiement ordonné et d'un prêt de
sauvetage était cependant conditionnelle à ce que la
Grèce approuve de nouvelles mesures d'austérité
».
Wikipedia écrit : « Le 9 mars 2012, on a
annoncé que 85,8 % des détenteurs privés des
obligations du gouvernement grec réglementés par la loi
grecque (environ 152 milliards), ont accepté l'accord de
réorganisation de la dette. Le montant total de la dette
à être réorganisé était donc
maintenant ... égal à 196,7 milliards sur une dette
totale de 205,5 milliards. »
Durant la période précédant
l'élection du 6 mai et celle du 17 juin, les médias
monopolisés européens et des porte-parole influents de
l'Union européenne ont menacé les Grecs des pires
conséquences s'ils n'acceptent pas le plan de dette et
d'austérité de l'Eurogroupe et décident
plutôt de prendre une voie indépendante et de rejeter le
cycle ininterrompu d'endettement des impérialistes qui ne
résout aucun de leurs problèmes économiques et
politiques. Les conséquences politiques de ce qui est
appelé « faire le mauvais choix » n'ont pas
été précisées, mais compte tenu de
l'histoire récente du démembrement de la Yougoslavie par
l'OTAN, des invasions de l'Afghanistan, du Pakistan et de la Libye et
les menaces contre la Syrie et l'Iran, il est assuré qu'une
action militaire est considérée dans les hauts lieux de
l'Europe impérialiste.
Manifestation devant le
ministère des Finances à Athènes le 14 juin
2012
Commentaires sur la crise en Grèce
En 2009, le montant des prêts des banques
étrangères aux entités grecques — à la fois
publiques et privées — dépassait largement les 200
milliards d'euros.
Après les opérations de sauvetage
financier, le montant des prêts des banques
étrangères a chuté de façon dramatique pour
atteindre environ 80 milliards d'euros à la mi-février
2012.
« Le revirement des
obligations des banques européennes vers les contribuables
européens a été tout à fait massif : la
dette publique de la Grèce envers les gouvernements
étrangers, y compris la dette aux institutions
financières de l'Union européenne/Fonds monétaire
international ainsi que la dette encourue par le biais de
l'eurosystème, a augmenté de 130 milliards, passant de
47,8 milliards à 180,5 milliards, entre janvier 2010 et
septembre 2011. » (« Eurosystem debts, Greece, and the role
of banknotes », Institut de gestion de l'Université de
Lancaster, mars 2012)
« Le directeur de la London School of Economics et
son observatoire hellénique font cette réflexion : "Les
opérations de sauvetage de la crise d'endettement
européenne viennent au secours de qui ? La question reste
entière... Les banques grecques, essentielles pour la provision
de nouveaux investissements nécessaires à une
économie aux prises depuis six ans avec une récession
continue, n'ont certes pas été "secourues"...et risquent
une nationalisation à grande échelle... Les
Athéniens pourraient très bien faire leur l'aphorisme
"Méfiez-vous des Européens portant des cadeaux" en guise
d'avertissement à leurs homologues à Lisbonne. »
(Kevin Featherstone, le 23 mars 2012, "Are the European banks saving
Greece or saving themselves ?")
« Bien que ce soit principalement des banques
étrangères, représentées dans les divers
pourparlers tenus par l'Institut de financement international, qui
détenaient des obligations gouvernementales grecques qu'elles
avaient achetées de façon irresponsable, au moment des
négociations de février 2012, elles avaient vendu
près de la moitié de leurs titres, en particulier
à des fonds d'investissement spéculatif et autres
investisseurs...
« En février, les fonds spéculatifs
contrôlaient de 25 à 30 % des obligations grecques, et
semblent ne pas vouloir participer à une réduction
volontaire de l'endettement, ce qui rend toute entente difficile.
« Une coupe de 110 milliards sur des obligations
privées est accompagnée d'une augmentation de 130
milliards de la dette de la Grèce envers des créanciers
officiels. Une grande part de cette augmentation de la dette officielle
de la Grèce sert à dépanner des créanciers
privés : le refinancement de banques par le biais d'une
manoeuvre qui maintient ces banques entre des mains privées et
permet aux actionnaires de racheter toute injection de capital public
avec des garanties substantielles...
« Les nouvelles obligations seront aussi sujettes
aux lois britanniques, alors que les anciennes obligations relevaient
de juridiction grecque. Ainsi, si la Grèce devait abandonner la
zone euro, elle ne pourrait plus adopter des lois pour convertir la
dette dominée par l'euro en une nouvelle dette basée sur
la drachme. C'est un grand cadeau aux créanciers. »
(« Greece's Private Creditors Are the Lucky Ones », Nouriel
Rubini, le 7 mars 2012 )
« On estime que la Grèce a contracté
pour 156 milliards de nouvelle dette pour effacer sa vieille dette de
206 milliards...Les contribuables sont maintenant responsables de plus
de 80 % de la dette de la Grèce. » (« The Mystery
Tour of Restructuring Greek Sovereign Debt. »
« C'est l'ombre de Wall Street qui se profile
derrière les sauvetages et la réorganisation de la dette
de la Grèce. Même si la Grèce ne doit qu'environ 5
milliards aux banques américaines, celles-ci sont
exposées à travers les banques allemandes et
françaises qui elles sont très exposées à
la dette de la Grèce. En réduisant la
responsabilité de la dette grecque des banques allemandes et
françaises, on protège également les banques
américaines. » (« Follow the Money : Behind Europe's
Debt Crisis Lurks Another Giant Bailout of Wall Street. », Robert
Reich, le 10 mai 2011.)
Le 5 juin 2011 à
Athènes
L'Allemagne
Manifestation
anti-austérité à Francfort le 19 mai 2012
Le capital financier allemand était le plus grand
titulaire de la dette grecque, publique et privée, au
début de la crise de 2008.
Le PIB de l'Allemagne est le plus élevé en
Europe et le quatrième plus élevé au monde (3,577
billions $, 2011).
Le secteur des services contribue environ 71 % du total
du PIB, l'industrie 28,1 % et l'agriculture 0,8 % (2011).

En Allemagne
le 29 février 2012.
«Le salaire minimum à au moins
8.5 euros» |
Le taux national moyen de chômage officiel en mars
2012 était de 7,2 %. Les statistiques allemandes incluent dans
ce taux tous les travailleurs qui cherchent un emploi à temps
plein et qui n'ont pas de moyen de subsistance ou ont seulement un
emploi à temps partiel. Le fait d'exclure les travailleurs
à temps partiel baisse le taux de chômage à 5,4 %.
En 2009 la grandeur estimée de la classe
ouvrière active au travail ou à la recherche de travail
était de 43,59 millions de travailleurs.
Les chômeurs officiels et à la recherche
d'emploi à temps plein : 3 168 000 travailleurs.
Les travailleurs sans emploi et à la recherche
d'emploi : 2 464 000 travailleurs.
Selon les statistiques européennes, les monopoles
basés en Allemagne ont le plus bénéficié de
l'introduction de l'euro et de la formation d'une zone euro et ont
accru leur domination de l'Europe. Le déséquilibre
commercial en faveur des monopoles allemands explique en partie la
croissance explosive de l'endettement dans certains pays bien que
d'autres raisons ont aussi joué un rôle telles que la
bulle domiciliaire en Espagne.
Le commerce impérialiste est toujours
inégal et déstabilisateur puisqu'il n'est pas basé
sur un objectif commun d'avantage réciproque. Aussi, le refus
d'offrir des alternatives aux devises servant aux impérialistes
et aux différences touchant à la productivité dans
le commerce des produits, dont la valeur réelle est
incorporée dans leur temps de travail, mène à la
corruption, à l'exploitation et à un développement
inégal.
En termes les plus simples, les monopoles allemands
veulent exporter leurs biens aux peuples qui ne peuvent pas se les
payer et supprimer toute tendance à l'auto-suffisance
économique et au commerce à avantage réciproque.
Cela ressemble à un concessionnaire d'autos (ou à un
agent hypothécaire) qui prête à des acheteurs de
l'argent pour se procurer une auto ou une maison qu'ils ne peuvent se
payer (ou même dont ils n'ont pas besoin). Les monopoles
allemands, par le biais d'institutions financières,
prêtent aux peuples d'autres pays de l'argent pour acheter des
produits allemands dans une spirale insoutenable de crise en chute
libre.
« La valeur commerciale totale d'exportation de
l'Allemagne a presque triplé entre 2000 et 2007. Bien qu'une
part importante de celle-ci comprenne le commerce avec la Chine, son
surplus commercial avec le reste de l'Union économique est
passé de 46,4 milliards à 126,5 milliards au cours de ces
sept dernières années.
« Les surplus provenant du commerce
bilatéral de l'Allemagne avec les pays
méditerranéens sont particulièrement
révélateurs :
« Entre 2000 et 2007, le déficit commercial
annuel de la Grèce envers l'Allemagne s'est accru de 3 milliards
à 5,5 milliards ;
« Celui de l'Italie a doublé, de 9,6
milliards à 19,6 milliards ;
« Celui de l'Espagne a presque triplé, de
11 milliards à 27,2 milliards ;
« Celui du Portugal a quadruplé, passant de
1 milliard à 4,2 milliard (Affaires étrangères)
« L'Allemagne espère maintenir son immense
surplus commercial avec ces pays, tout en insistant qu'ils assument
leurs dettes. C'est comme si un propriétaire de boutique
insistait pour que ses clients continuent d'acheter de lui tout en
continuant de payer leurs dettes. » (Dean Baker, «
Germany's "Success" and Southern Europe's "Failure' »)
En mars 2012, Bernhard Speyer de la Deutsche Bank a dit
: « Si la zone euro doit s'ajuster, les pays du sud doivent
pouvoir composer avec des surplus commerciaux, ce qui veut dire que
quelqu'un d'autre doit composer avec des déficits. Une
façon de le faire serait de permettre une plus grande inflation
en Allemagne, mais je ne vois aucune volonté de la part du
gouvernement allemand de tolérer une telle chose, ou d'accepter
un déficit de son compte courant. » (Telegraph)
« L'Allemagne et d'autres institutions
financières ont hérité d'une grande partie du plan
de sauvetage [de la Grèce] : plus de 80 % du plan de sauvetage
profite aux créanciers — c'est-à-dire à des
banques à l'extérieur de la Grèce et à la
Banque centrale européenne. Les milliards d'euros versés
par les contribuables ne réussissent pas à sauver la
Grèce. Ils sauvent les banques. » (« Greek aid will
go to the banks », Pressurop, le 9 mars 2012)
Le capital financier allemand que représente la
chancelière Angela Merkel s'est récemment engagé
dans des coupures substantielles dans les programmes sociaux et les
services publics. Les détenteurs du capital se sont servis de la
crise économique pour mener une attaque en règle contre
la classe ouvrière allemande, contre son niveau de vie et ses
conditions de travail. Les travailleurs allemands sont exhortés
à faire des sacrifices pour que leurs monopoles puissent
concurrencer avec ceux d'autres pays où les travailleurs
revendiquent des salaires, des avantages sociaux et des pensions
inférieurs aux biens qu'ils produisent et aux services qu'ils
donnent, en plus de travailler dans des conditions inférieures.
Les travailleurs sont constamment bombardés dans
les médias contrôlés par les monopoles par des
commentaires racistes et chauvins incités par l'État et
s'attaquant aux travailleurs immigrants et aux peuples de pays
méditerranéens. Ils sont bombardés de la sorte
pour qu'ils pensent que le rabaissement de leurs propres
réclamations et les attaques contre leur niveau de vie sont le
résultat direct de moeurs « non allemandes »
d'autres pays qui veulent que les travailleurs allemands subventionnent
les sauvetages dus à leurs mauvaises habitudes de travail et
à leurs attentes basées sur la prétention de
droits acquis.
Les forces officielles favorables à l'Union
européenne et celles qui s'y opposent sont dominées par
les fascistes liés à l'une ou l'autre des sections du
capital financier. La situation fait penser à la Guerre froide
quand la pensée de la classe ouvrière, ses opinions, sa
perspective, sa politique et son ordre du jour indépendants
étaient supprimés au moyen d'un assaut
idéologique, politique et culturel organisé par
l'État.
La police allemande
attaque une manifestation anti-austérité à
Francfort le 9 mai 2012
Statistiques économiques pour l'Italie
PIB :
- 2,055 billions $ (2010)
- le PIB a chuté de -0.8 % au cours du premier trimestre de 2012
PIB par secteur (estimés 2010)
- services : 73,3 %
- industrie : 24,9 %
- agriculture : 1,8 %
Classe ouvrière au travail ou à la
recherche de travail (estimés 2010) :
- services : 65,1 %
- industrie : 30,7 %
- agriculture : 4,2 %
Chômage :
- 10,2 % (avril 2012)
- 2,5 millions de travailleurs (approximativement)
La spéculation bat son plein dans la presse
impérialiste au sujet des perspectives d'un grave affaissement
économique en Italie :
. Ce qui suit provient d'un récent article du New
York Times.
« Monti lutte pour empêcher l'Italie
d'être la prochaine
à tomber », New York Times, le 11 juin 2012
« Le premier ministre d'Italie, Mario Monti, a dit
: "Consolider la zone euro est dans l'intérêt collectif..."
« M. Monti, un ancien commissaire européen
à la Concurrence, est reconnu comme un dirigeant averti et
bénéficiant de la confiance des dirigeants
internationaux... Il est confronté à un ensemble de
problèmes au pays qui pourraient ultimement mener les
investisseurs à cibler cette économie trop grosse pour
faire faillite de 2 billions.

Des manifestants
essaient d’entrer dans les bureaux
d’Equitalia, l’agence d’État de collection des impôts,
lors
d’une manifestation anti-austérité à Naples le 11
mai 2012.
|
« "Il ne reste aucun doute que la contagion
atteindra l'Italie", a dit Daniele Sottile, associé directeur
des conseillers financiers Vitale & Associati à Milan, lors
d'une conférence organisée par le Conseil des
États-Unis et de l'Italie sur une île près de
Venise. "C'est une indication que les mécanismes
européens conçus pour arrêter la crise ne
fonctionnent pas."
« Un des facteurs qui pèse sur l'Italie est
le fait que l'Espagne ait accepté un sauvetage financier
plaçant Madrid dans une position précaire, ne pouvant
plus être garante du pare-feu financier de l'Europe qu'est la
Facilité européenne de stabilité
financière, dont le rôle est de mettre la crise de
l'endettement en quarantaine. Cela signifie que l'Italie, dont
l'économie est la troisième en importance en Europe
après celles de l'Allemagne et de la France [en dépit du
fait que l'Italie a un rendement industriel et une classe
ouvrière industrielle supérieurs à ceux de la
France — ndlr], devra assumer une plus grande part de la
facture, alors qu'elle est aux prises avec sa propre récession
économique qui s'aggrave.
« Les banquiers disent que Rome devra maintenant
garantir 22 % du financement plutôt que 18 % comme c'est le cas
présentement. Mais l'Italie n'ayant pas une croissance
économique suffisante pour générer l'argent
elle-même, le gouvernement devra emprunter à des taux
d'intérêts élevés, avec pour
conséquence d'aggraver un fardeau d'endettement
déjà imposant...
« Peu remette en question les compétences
de M. Monti : dès les premières six semaines de son
accession au pouvoir, il a augmenté l'âge de la retraite
ainsi que les taxes foncières, il a simplifié le
fonctionnement d'agences gouvernementales et a fait la vie dure aux
fraudeurs fiscaux. Il lui reste à refaire les lois syndicales de
l'Italie notoires pour leur inflexibilité...
« L'attention des marchés semble se tourner
vers l'Italie, écrivaient lundi des analystes de Commerzbank
dans une note aux clients. Avec en surcroît une faible
croissance, ont-ils dit, "...ce n'est sans doute qu'une question de
temps avant que l'Italie ne demande de l'aide".
« Depuis que Monti a accédé au
pouvoir, l'économie italienne — comme celle de la plupart des
pays européens — s'est affaiblie, atteignant à peine 1,5
% cette année et augmentant de 0,5 % en 2013. Les banques
italiennes ont subitement cessé de prêter, poussant des
milliers de petites et moyennes entreprises italiennes à la
faillite.

Manifestation
anti-austérité à Rome le 13 mai 2012
|
« Le taux de chômage du pays augmente
rapidement atteignant bientôt 10 % [10,2 % (avril 2012) — ndlr]...
« Des investisseurs fébriles sur le
marché des obligations ont par moment poussé les
coûts d'emprunt de l'Italie au-delà de 6 % dans la crainte
que l'économie italienne ne puisse croître assez
rapidement pour faire baisser l'énorme dette nationale.
« L'Italie a la deuxième plus grande base
manufacturière et industrielle de l'Europe, après
l'Allemagne, et demeure l'une des économies de la zone
européenne les plus axées sur l'exportation.
« Le pays a aussi une quantité d'avoirs qui
sont propriété de l'État telle que les compagnies
énergétiques et le service postal national qui pourraient
se traduire en des milliards d'euros advenant que les gouvernements
réussissent à les privatiser pour réunir des
fonds... »
Ici, nous pouvons imaginer les détenteurs du
capital monopoliste trépignant à la pensée de
mettre la main sur les avoirs publics restants de l'Italie, et leur
anticipation à penser aux coups d'argent faciles qui les
attendent au sein d'une Europe des monopoles.

Les syndicats italiens
participent à la journée d’actions européennes
pour des emplois
et contre l’austérité le 29 février 2012.
Notes
1. Les membres de la zone euro : l'Autriche, la
Belgique, Chypre, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Allemagne, la
Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas,
le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne (tous les
membres de la zone euro sont aussi membres de l'Union européenne)
Dix pays sont membres de l'Union
européenne mais ne sont pas au sein de la zone euro : la
Bulgarie, la République Tchèque, le Danemark, la Hongrie,
la Lettonie, la Pologne, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni.
2. Mario Draghi : né en 1947, Draghi est
un banquier et économiste italien ayant succédé
à Trichet en tant que président de la Banque centrale
européenne en 2011. Il avait été gouverneur de la
Banque d'Italie de janvier 2006 à octobre 2011. De 1984 à
1990, il a été directeur administratif pour l'Italie de
la Banque mondiale. En 1991, il est devenu le directeur
général de la trésorerie italienne jusqu'en 2001.
Au cours de cette période en tant que responsable de la
trésorerie, il a présidé le comité
responsable d'apporter des changements aux lois touchant aux
entreprises et aux finances et a conçu la loi qui gouverne les
marchés financiers italiens. Il a aussi été membre
de plusieurs banques et corporations (Eni, Istituto per la
Ricostruzione Industriale, Banca Nationale del Lavoro et IMI).
Draghi a aussi été
vice-président et administrateur délégué de
Goldman Sachs International (une banque d'investissement mondial
étasunienne) et membre de comité de gestion de l'ensemble
du cabinet (2002-2005).
En tant que gouverneur de la Banque d'Italie, il
était membre du conseil général et de gestion de
la Banque Centrale européenne et membre de Conseil
d'administration de la Banque des règlements internationaux. Il
est aussi gouverneur pour l'Italie au Conseil d'administration de la
Banque internationale pour la reconstruction et le développement
et la Banque asiatique de développement. En avril 2006, il a
été élu président du Forum de
stabilité financière, qui est devenu le Conseil de
stabilité financière au printemps 2009. Il a
été président du Conseil jusqu'en 2011, alors que
son successeur, Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, l'a
remplacé. À noter que Carney lui-même a
été principal cadre supérieur de Goldman Sachs.
(Wikipédia et diverses sources)
3. Wikipédia
4. Ibid

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Marxiste-Léniniste
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