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Numéro 73 - 15
juin
2012
La lutte des étudiants
pour le
droit à l'éducation

Opposition
au
plan
d'endettement
étudiant
du
gouvernement Charest
• Les associations
étudiantes
dénoncent le plan d'augmenter
drastiquement l'endettement
étudiant
• Un vol soigneusement
planifié
- Communiqué
• Mémoire de la
Fédération
étudiante universitaire du Québec
Journée
nationale d'actions le 22 juin
• Les étudiants
poursuivent leurs
actions cet été: «la hausse
n'est pas une option
viable»
• 10 000 personnes
participent à la
«manifestation familiale» de
Montréal
Intensification
de la
répression et profilage politique
• Le gouvernement Charest
fait la preuve de son
manque de légitimité
• Ouverture des audiences
à la Cour
supérieure du Québec
Les
travailleurs
dénoncent la loi spéciale
• Des travailleurs de la
Rive Sud de
Montréal s'expriment
Les artistes
jouent un
rôle crucial dans la défense des
libertés civiles
• Le conteur Fred Pellerin
refuse l'Ordre
national du Québec
• Les artistes exigent
des excuses de la
ministre de la Culture
• Des humoristes à
des
spectacles-bénéfices contre la loi
spéciale
Opposition au plan d'endettement
étudiant du gouvernement Charest
Les associations étudiantes
dénoncent le
plan d'augmenter drastiquement l'endettement
étudiant
Le 13 juin, la Fédération
étudiante
universitaire du Québec (FEUQ) et la
Fédération
étudiante collégiale du
Québec (FECQ) ont tenu une
conférence de presse à
Montréal en réponse
au Projet de
règlement du
gouvernement Charest modifiant le Règlement
sur
l'aide
financière
aux
études. C'est ce projet
que le gouvernement Charest
appelle une bonification de l'aide
financière aux
étudiants (AFE) qui, selon lui,
protège les
étudiants les plus pauvres des effets de la
hausse des frais de
scolarité. L'annonce en a été
faite à la
fin avril, mais les données
chiffrées viennent juste de
paraître.
Au nom respectivement de la FEUQ et de la FECQ,
leurs
présidentes Martine Desjardins et
Éliane Laberge ont
vertement dénoncé le projet de
règlement comme un
plan d'endettement drastique des étudiants
et des
étudiantes du Québec, un vol des
étudiants et de
la population soigneusement préparé
par ce gouvernement.
La FEUQ, pour
l'occasion, a distribué son mémoire
intitulé
« Des hausses drastiques de l'endettement
étudiant »,
qu'elle présentera le 18 juin prochain au
Comité
consultatif sur l'Accessibilité
financière aux
études concernant les modifications au
programme de prêts
et bourses. Le comité doit faire ses
recommandations au
gouvernement Charest sur le projet de
règlement.

Éliane
Laberge,
présidente de la FECQ, et Martine
Desjardins, présidente de la FEUQ |
Martine Desjardins a ouvert la conférence
de
presse en disant que le gouvernement Charest a
présenté
des modifications à l'aide
financière aux
étudiants comme une solution globale aux
problèmes
engendrés par la hausse des frais de
scolarité. Il s'agit
de la nouvelle politique qui convertit les bourses
en prêts et
augmente le plafond des prêts
des étudiants dont les parents gagnent
à eux deux un
salaire se situant entre 45 000 $ et 60 000 $.
« Lorsque nous avons reçu le Projet
de
règlement qui modifiait les
règlements de l'aide
financière aux étudiants, nous avons
été
choqués de voir qu'il y a explosion du
plafond de prêts,
et donc explosion de l'endettement
étudiant. Un étudiant
va voir son endettement même tripler dans
les premières
années de l'application du programme de
l'AFE, dit bonifié. Ce que cela veut dire,
c'est que pour un
étudiant dont les parents gagnent entre 45
000 $ et 60 000 $ par
année qui veut avoir accès au
régime de
prêts et bourses, son ratio de prêts
versus bourses va
être inversé de ce qu'il est
actuellement. » Elle
estime que cela et d'autres mesures
spécifiées dans le
projet de règlement peuvent
augmenter l'endettement d'un étudiant qui
se chiffre
présentement à 14 000 $, à
plus de 20 000 $.
La dirigeante de la FEUQ a ajouté qu'un
grand
nombre d'étudiants, tels ceux qui ont
travaillé durant
l'été et ne sont pas admissibles aux
prêts-bourses,
vont subir la hausse des frais de scolarité
de plein fouet et
voir leur pouvoir d'achat diminuer grandement.
Elle a
dénoncé le fait que tandis que
l'endettement augmente,
les dépenses admises
pour le calcul des prêts-bourses comme le
logement ou la
nourriture sont gelées pour les sept
prochaines années,
ce qui fait que dans sept ans, un étudiant
aura toujours une
dépense admise en nourriture de 7 $ par
jour comme c'est le cas
aujourd'hui !
« Le 27 avril dernier, a dit Éliane
Laberge
de la FECQ, le gouvernement libéral a
proposé une
solution globale qui était censée
mettre fin à la
crise que l'on vit présentement, une
solution qui devait
compenser tous les étudiants les plus
touchés par la
hausse des frais de scolarité. Cependant,
on se rend compte que
cette solution est une solution
empoisonnée, que ce n'est pas une solution
réelle parce
que tous les étudiants de la classe
moyenne, et on entend par
classe moyenne ceux dont les parents gagnent entre
45 000 $ et 60 000
$, vont voir leur endettement tripler dès
l'année
prochaine...On a tenté de nous vendre une
solution qui mettrait
fin au problème de l'accessibilité
aux études
provoqué par la hausse des frais de
scolarité. Moi je me
demande sincèrement depuis quand
l'endettement est une solution
à l'accessibilité aux études
au Québec.
»
Elle a fait remarquer que l'endettement est une
des
principales sources de décrochage parmi les
étudiants
lors du parcours postsecondaire. Elle a aussi dit
que l'affirmation du
gouvernement Charest selon laquelle le
rehaussement du seuil de
contribution parentale de 35 000 $ à 45 000
$ d'ici 2016-2017
mettait les étudiants les plus pauvres
à l'abri des
problèmes n'est pas fondée, parce
que ces
étudiants s'endetteront tout de même
avec un prêt de
2400 $ par année en
plus de leur bourse. Les deux leaders
étudiants ont dit qu'il
faut cesser de banaliser l'endettement
étudiant qui est une
source de grands problèmes pour eux et
hypothèque
l'avenir du Québec.
Les dirigeantes de la FECQ et de la FEUQ ont dit
très clairement que les mesures
annoncées par le
gouvernement Charest ne sont pas une solution
à la crise qui a
été engendrée par la hausse
des frais de
scolarité, compte tenu surtout des plus de
17 semaines de
grève étudiante. « Ces mesures
dénotent une
mauvaise évaluation des ressources,
une mauvaise évaluation de la situation, a
dit Martine
Desjardins. Au niveau politique, on traite de la
situation en faisant
le déni de la réalité
actuelle et surtout le
déni de la réalité des
conditions de vie des
étudiants. C'est inadmissible. Cela fait
plus de 17 semaines que
nous sommes en grève et les
étudiants ne l'ont pas fait
pour qu'on dise aux
étudiants et aux contribuables qu'ils
devront payer encore plus
cher. »
Martine Desjardins a demandé que le
gouvernement
retire ses mesures et elle a rappelé que
l'alternative à
l'endettement étudiant passe entre autres
par le gel des frais
de scolarité, la bonification de l'aide
octroyée pour
qu'elle corresponde à la
réalité, la
révision de la contribution
étudiante, qui par exemple
devrait permettre aux étudiants de
conserver l'argent qu'ils ont gagné en
travaillant durant
l'été.

Un vol soigneusement planifié
- Communiqué
Fédération étudiante
collégiale du
Québec
et Fédération étudiante
universitaire du
Québec, 13 juin 2012 -
C'est sans nul doute un des plans les plus
sournois du
gouvernement libéral de Jean Charest que la
Fédération étudiante
collégiale du
Québec (FECQ) et la
Fédération étudiante
universitaire du Québec (FEUQ) ont
dévoilé
aujourd'hui. En effet, pendant que le gouvernement
clamait à qui
voulait bien l'entendre qu'il allait bonifier
l'aide
financière aux études (AFE), il
profitait de l'occasion
pour augmenter du même coup, et de
manière importante,
l'endettement étudiant. « Encore une
fois, Jean Charest
s'attaque aux étudiants augmentant
dangereusement leur
endettement. Il finance les prêts et bourses
à coût
nul en prélevant les montants dans le
crédit
d'impôt et en plus il
hypothèque l'avenir du Québec en
faisant bondir
l'endettement étudiant ! L'étudiant
se retrouve à
payer deux fois la facture : avec la hausse des
frais de
scolarité et le crédit
d'impôt. C'est
littéralement du vol ! »,
dénonce Martine
Desjardins, présidente de la FEUQ.
En effet, c'est la principale conclusion qui
ressort de
l'analyse qu'a faite la FEUQ des mesures
gouvernementales, analyse
qu'elle présentera au Comité
consultatif sur
l'accessibilité financière aux
études (CCAFE) du
ministère de l'Éducation, du Loisir
et du Sport (MELS) le
18 juin prochain. Bien que les étudiants
provenant de familles
gagnant moins de 45 000 $ soient relativement
épargnés
avec des bourses qui combleront l'augmentation de
1778 $ des frais de
scolarité, les étudiants provenant
de la classe moyenne
sont frappés de plein fouet. Et avec les
allocations
compensatoires, nouvelle forme de prêt
créée par le
gouvernement Charest, l'endettement
étudiant va plus que
doubler.
« Encore une fois, le masque du
gouvernement
tombe. Pendant qu'on négociait de bonne foi
avec Mme Courchesne,
on était en train de préparer un
plan afin d'endetter
lourdement les étudiants. Pour les
étudiants provenant de
famille faisant plus de 45 000 $ de revenu brut,
c'est l'explosion de
l'endettement. Ce gouvernement n'arrête pas
de
nous dire que les prêts et bourses vont
compenser pour la hausse,
mais à quel prix ? Cet endettement qui va
devenir un
véritable boulet pour la relève
québécoise
? », rajoute Éliane Laberge,
présidente de la FECQ.
Le plus retors dans le plan du gouvernement,
c'est que
toutes ces mesures se font sans indexer les
dépenses admises
auxquelles les étudiants ont droit. En
somme, les montants
prêtés aux étudiants sont
toujours insuffisants
pour assurer les dépenses courantes, aucun
crédit
budgétaire n'étant alloué
à leur indexation
tant et si bien qu'ils
continueront à devoir manger avec 7 $ par
jour pendant les sept
prochaines années. Ils seront
obligés de se tourner vers
les allocations compensatoires et des prêts
d'institutions
financières. « On a toujours le
même
problème, on a un premier ministre qui joue
au chef de parti au
lieu de prendre ses responsabilités d'homme
d'État, qui
se fout
complètement des conséquences de ses
actes et qui laisse
la situation se détériorer. Est-ce
que c'est le genre de
gouvernement que le Québec mérite ?
Aucunement ! »,
terminent les présidentes des
fédérations
étudiantes.
L'analyse de la FEUQ est disponible au : www.1625canepassepas.ca/argumentaire
La Fédération étudiante
collégiale du Québec (FECQ) et la
Fédération étudiante
universitaire du
Québec (FEUQ) représentent ensemble
plus de 200 000
étudiants au Québec.
Renseignements :
Mathieu Le Blanc,
attaché de presse, FEUQ, bureau : (514)
396-3380, cell. : (514)
609-3380, courriel : attpresse@feuq.qc.ca, Twitter
: @matleblanc77
Charlotte Watson,
coordonnatrice aux relations et communications,
FECQ, cell. : (514)
554-0576, bureau : (514) 396-3320, courriel :
crc@fecq.org, Twitter :
@charlottewats

Mémoire de la Fédération
étudiante
universitaire du Québec
Voici le sommaire du mémoire
présenté par la
Fédération étudiante
universitaire du Québec (FEUQ) au
Comité consultatif sur
l'accessibilité financière aux
études le 12 juin
2012 sous le titre
« Une hausse drastique de l'endettement
étudiant » en
réponse à la
prétendue bonification de l'aide aux
étudiants
proposée
par le gouvernement Charest pour palier à
la hausse des droits
de
scolarité. Pour le mémoire au
complet cliquer
ici.
* * *
Ce mémoire fait suite à un appel de
mémoires du Comité consultatif
sur l'accessibilité financière aux
études (CCAFE)
concernant des
modifications apportées au programme de
prêts et bourses,
dans le
contexte de la hausse des frais de
scolarité imposée par le
gouvernement
Charest. Il propose quatre
mesures principales :
1. Rehaussement graduel du seuil de contribution
parentale de 28 000
$ en 2011-2012 à 45 000 $ en 2016-2017,
avec des ajustements
similaires
pour les familles monoparentales et la
contribution du conjoint ;
2. Majoration du plafond de prêts pour les
étudiants dont les
parents font, en 2016-2017, entre 45 000 $ et 60
000 $, qui portera
l'endettement étudiant annuel à un
maximum de 6278 $ en
2012-2013 et
5290 $ en 2016-2017 : en une année, une
hausse de l'endettement
de 2 à
2,5 fois le plafond de prêts ;
3. Création d'une allocation
complémentaire pour les étudiants
dont
la somme de la majoration du plafond de
prêts et des bourses
serait
inférieure à l'allocation
spéciale (correspond au
montant de la hausse
des droits de scolarité depuis 2007) :
à terme, cela
signifie pour les
étudiants qui n'ont que des prêts
une hausse de l'endettement de 2278 $ par an, pour
une dette annuelle
de 4718 $ ;
4. Ajustements de concordance au programme de
prêts pour études à temps
partiel.
Ces nouvelles mesures créent cinq classes
d'étudiants. Il faut
rappeler, d'abord, qu'un salaire brut de 45 000 $
correspond de
près au
salaire de deux personnes travaillant à
temps plein au salaire
minimum,
ce qui n'est pas nécessairement très
confortable
financièrement. Pour
un couple avec enfant, le salaire médian
se situait, en 2009, à 81 000 $ : on peut
donc présumer
que plusieurs
étudiants absorberont pleinement la hausse.
1. Pour les étudiants en provenance de
famille
gagnant, en 2016-
2017, moins de 45 000 $ (un seuil rapproché
du salaire minimum),
les
étudiants recevront une pleine bourse et
2440 $ de prêts.
Toutefois, le
volume d'aide reste insuffisant de près de
300 $ par mois pour
subvenir
aux besoins s'élevant à 778 $
alors que les besoins évalués
représentent 1038 $
;
2. Pour les étudiants en provenance de
famille
gagnant, en
2016-2017, entre 45 000 $ et 60 000 $, des bourses
sont converties en
prêts, ce qui fait que dépendamment
du revenu familial, la
dette
annuelle passera de 2440 $ à 5290 $ en
2016-2017 : cependant, la
hausse
de l'endettement est beaucoup plus importante
entre 2012-2013 et 2015-2016, où la dette
annuelle est
près de 6000 $ ;
3. Les trois classes suivantes sont pour les
familles
gagnant entre
60 000 $ et 100 000 $ : on constate successivement
des coupes dans la
bourse, une diminution de la majoration du plafond
de prêts et
une
stabilisation de l'endettement au niveau de
l'allocation
supplémentaire, qui correspond au niveau de
la hausse
des frais de scolarité depuis 2007.
À terme, on parle
d'une dette
annuelle de 4718 $.
Une telle hausse de l'endettement étudiant
aura
une série d'impacts sur les
étudiants :
1. La perspective d'endettement tend à
diminuer
la participation aux
études, mais aussi à orienter les
choix de domaines
d'études en
fonction des perspectives de rentabilité
purement
économique, plutôt
qu'en fonction des intérêts de
l'étudiant;
2. Pendant les études, de nombreux
étudiants tentent de limiter leur
endettement en conciliant travail et
études, ce qui a des
impacts sur
la durée des études et la
réussite des
études. L'endettement est aussi
une cause importante de stress, voire de
décrochage, et frappe
surtout
les étudiants en provenant de familles
plus démunies;
3. Finalement, l'endettement étudiant rend
plus
difficile
l'insertion socioéconomique et
réduit l'accès aux
études de cycles
supérieurs. De plus, l'augmentation de
l'endettement risque
d'entrainer
une hausse du coût du programme de
prêts et bourses, qui va
déjà
augmenter de manière exponentielle avec la
hausse
des frais de scolarité.
La hausse du seuil de contribution parentale est
une
bonne mesure,
qui est rendue nécessaire par de nombreuses
années de
laxisme, et
devrait être appliquée. Par contre,
la majoration du
plafond de prêts
et l'allocation compensatoire représentent
des hausses
démesurées et
non nécessaires de l'endettement
étudiant,
particulièrement pour les enfants de la
classe moyenne :
simplement
pour un baccalauréat de trois ans, sans
compter le cégep,
un étudiant
pourrait se retrouver avec plus de 18 000 $ de
dette! Dans un
même
ordre d'idée, l'allocation spéciale,
qui s'applique au
tiers des
étudiants qui ne reçoivent que des
prêts, devrait
être convertie en bourses. Et il reste que
malgré les
bonifications,
une proportion inquiétante
d'étudiants vont devoir
pleinement absorber
la hausse massive des frais de scolarité,
soit par leurs propres
moyens, soit en s'endettant. En effet, les
étudiants à
temps partiel et
les étudiants qui ne peuvent ou ne veulent
pas
utiliser les prêts et bourses vont
pleinement absorber la hausse.
De
plus, les étudiants qui n'ont pas de
contribution parentale
calculée ne
sont pas affectés par les bonifications, et
s'appauvrissent
d'année en
année.
Plutôt que de hausser les frais de
scolarité et faire exploser
l'endettement étudiant, il serait plus
simple, plus
équitable et plus
juste d'arrêter la hausse des frais de
scolarité, pour
assurer une
éducation accessible à tous en
fonction de la
volonté et du talent, et
non de la taille du portefeuille. Pour
véritablement
élargir
l'accès aux universités, il faut
aussi bonifier l'aide
octroyée pour
qu'elle corresponde à la
réalité et réviser
le calcul de la
contribution étudiante pour au moins
permettre aux
étudiants de
conserver l'argent qu'ils auront gagné en
travaillant durant
l'été.
Ces propositions sont claires, réalistes
et
applicables, comme l'a
démontré le gouvernement du
Québec en rehaussant
le seuil de
contribution parentale sans recourir à
l'argent de la hausse des
frais
de scolarité. Elles encourageraient
l'accès aux
études et
faciliteraient la réussite du diplôme
en réduisant
les trop nombreuses
embuches d'ordre financier qui sont encore
aujourd'hui le lot d'un
nombre important d'étudiants
québécois.
Liste des recommandations
1. Que le
gouvernement du Québec renonce à
l'implantation de la
majoration du
plafond de prêts pour les familles gagnant
plus que le premier
seuil de
contribution parentale.
2. Que le gouvernement du Québec renonce
à
l'implantation de l'allocation
complémentaire.
3. Que l'allocation spéciale couvrant
l'augmentation des frais de
scolarité soit remise sous forme de bourse
à tous les
bénéficiaires
sans exception, et qu'elle n'entraîne aucune
augmentation des
prêts.
(CASP-29 [7.2.]).
4. Que le gouvernement du Québec
gèle les
frais de scolarité au niveau de 2011-2012.
5. Que le seuil de contribution parentale soit
ajusté annuellement
en fonction de l'Indice des prix à la
consommation à
partir de
2017-2018.
6. Que l'Aide financière aux études
augmente le montant des dépenses
admises pour les bénéficiaires de
l'aide
financière aux études,
notamment par une bonification des montants des
frais de subsistance
et des frais de transport pour les
étudiants qui n'ont pas
accès au
transport en commun. Des frais de transport
pour les non-résidents et des frais
d'Internet devraient aussi
être
inclus dans les dépenses admises.
7. Que le ministère de l'Éducation,
du
Loisir et du Sport introduise
un mécanisme automatique d'indexation
annuelle de l'ensemble des
dépenses admises dans le calcul de l'Aide
financière aux
études. Que
cette indexation soit équivalente à
l'Indice des prix
à la consommation
(IPC) pour l'année concernée.
8. Que le montant de protection maximale des
revenus de
l'Aide
financière aux études soit
rehaussé à 1445
$ par mois, soit ajusté
annuellement en fonction de l'indice des prix
à la consommation
et que
cette indexation soit automatique.

Journée nationale
d'actions le
22 juin
Les étudiants poursuivent leurs actions
cet
été
pour dire que la hausse n'est pas une option
viable
|
Québec
Vendredi
le 22
juin - 14 h
Devant l'Assemblée
nationale du Québec
Information: Facebook
Montréal
Vendredi
le 22
juin - 14 h
Place du Canada
Information: Facebook |
|
Les associations étudiantes, centrales
syndicales
et organismes communautaires et sociaux du
Québec ont
lancé l'appel à une journée
nationale d'actions le
22 juin en appui aux étudiants et contre la
loi spéciale,
avec de grandes manifestations à
Montréal et
Québec.

Cliquer sur
l'affiche pour grandeur réelle
|
« Nous invitons toute la population
à se
mobiliser pour cette journée
mémorable. Que ce soit
à Québec ou à
Montréal, nous devons tous
être dans les rues pour manifester contre la
hausse et la loi 78
», déclare la Coalition large de
l'Association pour une
solidarité syndicale étudiante
(CLASSE).
Le 22 juin sera le 130e jour du mouvement de
grève contre la hausse des frais de
scolarité, mais aussi
le 22 de chaque mois est devenu une journée
nationale d'action
au Québec. Les 22 des trois derniers mois
ont été
marqués par de grandes manifestations
d'étudiants et de
gens de tous les milieux : 22 mars —
200 000 étudiants et supporteurs ont
marché dans les rues
de Montréal ; 22 avril — un quart de
million de personnes dans
les rues de Montréal le Jour de la terre ;
22 mai — un demi
million de personnes dans les rues de
Montréal contre la hausse
des frais de scolarité et la loi
spéciale.
Par ailleurs, la Coalition large pour une
solidarité syndicale étudiante
(CLASSE) souhaite profiter
de l'été pour poursuivre son
dialogue avec la population.
Elle aimerait « déconstruire certains
préjugés » qui ont pu
s'installer dans l'esprit des
gens, dit-elle.
« Ce que les gens voient de la grève
étudiante dans les médias, ce sont
des images
d'affrontement et de violence, a expliqué
Gabriel Nadeau-Dubois.
On veut leur parler directement, répondre
à leurs
questions, prendre leurs critiques et y
répondre. »
L'exercice consistera à passer outre les
médias pour rejoindre les gens là
où ils sont,
a-t-il précisé. Les
représentants de la CLASSE
entendent se rendre dans les lieux publics, les
stations de
métro à Montréal et les
grands
événements pour rencontrer les gens.
« Il va
peut-être y avoir des tensions, mais si les
gens
voient clairement qu'on est là pour
discuter, la plupart seront
contents », a-t-il dit.
Quant à la reprise des négociations
avec
le gouvernement, la CLASSE croit que l'initiative
doit provenir de la
ministre de l'Éducation, Michelle
Courchesne, puisque c'est elle
qui y a mis un terme.
« On pourrait bien reprendre le dialogue,
mais si
la position du gouvernement n'a pas changé,
on n'ira pas plus
loin que la dernière fois, a dit Gabriel
Nadeau-Dubois. Si on
est invité, on va se présenter, mais
c'est la
responsabilité du gouvernement de nous
convoquer. »
Quant à la Fédération
étudiante universitaire du Québec
(FEUQ), elle
prépare de nouvelles propositions à
présenter
à la ministre de l'Éducation en
prévision d'une
éventuelle reprise des pourparlers.
« On fait plusieurs rencontres cette
semaine avec
des économistes et des fiscalistes qui se
sont penchés
sur des solutions avant de relancer le
gouvernement avec d'autres
propositions », a dit la présidente
de la FEUQ, Martine
Desjardins.

Éliane
Laberge, présidente de la FECQ
|
La Fédération étudiante
collégiale (FECQ) souhaite elle aussi
reprendre les discussions
avec le gouvernement, si possible en
présence d'un
médiateur. Le dimanche 10 juin, à la
conclusion du
congrès de la FECQ tenu du 8 au 10 juin,
Éliane Laberge,
nouvelle présidente de la
fédération
étudiante, a fait un point
de presse pour présenter le plan d'action
de la FECQ durant
l'été.
Elle a tout d'abord réaffirmé que
le
message principal de la FECQ est le même
depuis des mois : la
hausse des frais de scolarité n'est pas une
option viable. Elle
a ensuite salué les différentes
actions d'appui au
mouvement étudiant à travers le
Québec, notamment
les manifestations de casseroles : «
Ça a permis
aux gens de descendre dans la rue de s'unir avec
les voisins pour dire
ce qu'ils voulaient pour leur avenir. »
Sur le plan d'action estival, Éliane
Laberge a
annoncé que la mobilisation commencera du
17 au 22 juin,
culminant avec des manifestations à
Montréal et
Québec le 22 juin, le 22 étant un
jour de manifestation
nationale depuis le 22 mars. Cette journée
est organisée
conjointement avec les associations
étudiantes
nationales du Québec, dont la CLASSE et la
FEUQ. « On va
inviter tout le monde à se réunir
dans la rue protester
pour saluer cette nouvelle saison qui sera
mobilisée et active
», a-t-elle ajouté.
Elle a affirmé que la mobilisation sera
contre la
hausse des frais de scolarité et aussi
contre « un malaise
provoqué par la fermeture du gouvernement
libéral, qui
rejette le cri du coeur de toute une
génération. »
L'objectif, ajoute-t-elle, est de démontrer
« comment le
gouvernement Charest a pris des décisions
qui ne correspondent pas aux valeurs du
Québec. » Elle
explique que cela se fera via des
événements
précis, organisés avec des
organismes communautaires et
des députés de différentes
régions.
Concernant les demandes de médiation, elle
a dit
que la FECQ considère que « la crise
est encore
entière et présente. Peut-être
les associations
étudiantes voudront retourner en
grève à la
mi-août. Il est logique et responsable que
le conflit se
règle par la discussion. La
médiation est aussi un choix
responsable.
On pense que c'est possible ; ça
dépend de l'ouverture du
gouvernement. »
Faisant référence à la
violence des
dernières manifestations entourant la tenue
du Grand Prix
à Montréal et le profilage de
personnes, dont des
journalistes, portant le carré rouge, elle
a dit : « C'est
dangereux si les Québécois se
mettent à avoir peur
de dire ce qu'ils pensent. C'est un des pires
défauts du
gouvernement :
ne pas être à l'écoute de la
population. [...]
Personne n'est à l'aise avec les gestes de
violence. Les
messages sont toujours mieux compris sans
celle-ci. Nous pensons aussi
qu'il y a une responsabilité de la part des
policiers qui sont
très répressifs. Les gens ne
devraient pas craindre cette
violence quand ils veulent
s'exprimer dans la rue. »
À Québec, le Front régional
d'action à Québec de l'association
pour une
solidarité syndicale étudiante
(FRAQ-ASSÉ),
soutenu par la Confédération des
étudiants et
étudiantes de l'Université Laval
(CADEUL), organise une
manifestation familiale festive, samedi 16 juin.
Une première de
ce style à Québec.
« Cette grande manifestation familiale se
veut un
rendez-vous joyeux et inclusif de toutes les
personnes qui se sentent
concernées par l'éducation et par la
défense de
nos principes fondamentaux », affirme
Émilie Tremblay,
porte-parole du FRAQ-ASSÉ.
« Nous avons pris contact avec le Service
de
police de la Ville de Québec (SPVQ) dans le
but de leur fournir
le trajet, le nom des organisatrices et
organisateurs, en plus de leur
demander de minimiser, dans la mesure du possible,
leur présence
afin d'éviter d'effrayer les plus jeunes et
d'inciter tout le
monde
à nous rejoindre », ajoute la
porte-parole.
« Avec environ 500 arrestations, la
population a
peur de sortir dans la rue pour manifester son
mécontentement
face aux décisions gouvernementales. La
confiance envers les
forces de l'ordre est chancelante. Avec un trajet,
on tient à
rassurer le monde », explique Martin
Bonneau, le président
de la CADEUL.

10 000 personnes participent à la
«manifestation familiale» de
Montréal pour appuyer
les étudiants
Le 2 juin, malgré la pluie battante, plus
de 10
000 personnes ont participé à la
« manifestation
familiale de Montréal »
appelée par la Coalition
large de l'Association pour une solidarité
syndicale
étudiante (CLASSE) pour défendre le
droit à
l'éducation et dénoncer la loi
spéciale du
gouvernement Charest. Des
gens de tous milieux y ont participé, dont
des enseignants
arborant une grande bannière contre la
hausse des frais de
scolarité et les drapeaux de leurs
syndicats.
Nous vous invitons à lire LML le
samedi 16
juin pour un reportage photo des actions tenues au
Québec et au
Canada en appui à la cause des
étudiants du
Québec.

Intensification de la
répression
et profilage politique
Le gouvernement Charest fait la preuve
de son manque de légitimité

La police
détient
et arrête des gens dans le métro
et sur le site du Grand
Prix à Montréal le 10 juin 2012
La semaine écoulée a
été
témoin d'une augmentation de la
répression de
l'État et de l'intimidation par le
gouvernement Charest et sa
police contre le mouvement étudiant. La
campagne cible aussi tous ceux qui montrent leur
appui à la
lutte des étudiants pour le droit à
l'éducation ou
qui s'opposent
à la loi spéciale parce qu'elle
représente une
attaque contre les droits de tous. Incapables de
donner un argument
politique pour justifier leurs actions et se
donner de la
légitimité, le premier ministre Jean
Charest et ses
ministres ont continué de calomnier les
étudiants, les
associant à la violence à chaque
fois qu'ils
ouvrent la bouche, et tout cela pour passer sous
silence leurs
revendications légitimes, reléguer
dans l'ombre les
agissements de la police qui incitent à la
violence et
créent une situation qui permet de
justifier encore plus de
répression politique. Au cours de la fin de
semaine
dernière, les forces policières ont
profité
des événements entourant le Grand
Prix à
Montréal pour intensifier la méthode
du profilage
politique, arrêtant et fouillant des
centaines de personnes qui
portaient le carré rouge, un vêtement
rouge ou quelque
chose qui montre un appui aux étudiants.
La
Coalition large de
l'Association pour une
solidarité syndicale étudiante
(CLASSE) a
dénoncé le profilage politique et
les tentatives
d'intimidation comme des actes illégaux et
a demandé une
enquête indépendante sur les
centaines de fouilles qui ont
eu lieu au cours de la fin de semaine
dernière et durant les
quatre mois de la grève étudiante.
Quand une ministre dit
que le carré rouge est un symbole de
violence et que deux jours
plus tard des centaines de policiers fouillent,
détiennent et
arrêtent des centaines de citoyens parce
qu'ils portent ce
carré rouge, il faut se poser des questions
sur le lien entre le
pouvoir politique
et les forces policières, a dit Gabriel
Nadeau-Dubois,
co-porte-parole de la CLASSE. « Il est
absolument
nécessaire que toute la lumière soit
faite sur ces
témoignages troublants, a-t-il dit. Nous ne
devons pas accepter
que la police interpelle et détienne des
citoyens et des
citoyennes avec comme seul prétexte qu'ils
ou elles arborent un
signe politique. Le public a le droit de savoir ce
qui s'est
passé. »
La Coalition rappelle que les
événements
des derniers jours s'inscrivent dans une vague
plus large de
répression politique et policière.
« La Commission
des droits de la personne doit examiner non
seulement les
événements d'en fin de semaine, mais
aussi les
agissements des différentes forces
policières depuis
le début du conflit. On parle
évidemment de
brutalité et d'arrestations de masse lors
des manifestations,
mais également d'intimidation et de
fouilles illégales et
arbitraires sur des citoyens et citoyennes
arborant le carré
rouge. Ça ne peut plus durer », de
conclure Camille
Robert, co-porte-parole de la CLASSE.
De même, la présidente de la FEUQ,
Martine
Desjardins, affirme : « On est hautement
inquiet de voir que
plusieurs arrestations ou fouilles ont encore
été faites
sous des prétextes faibles, comme le fait
de simplement porter
un carré rouge ou encore d'être
habillé en noir. Je
trouve qu'on a franchi une ligne. »
Éliane Laberge, présidente de la
FECQ,
partage cet avis, parlant de façons de
faire «
complètement démesurées
». « C'est
normal qu'il y ait une présence
policière, mais des
arrestations préventives contre des
personnes portant le
carré rouge ou qui semblent être des
manifestants, cela me
semble excessif. On devrait
se sentir à l'aise et confortable de
manifester et d'exprimer
son opinion », a-t-elle dit.
Profilage politique, répression et
arrestations lors du Grand Prix

Un journaliste
du journal
étudiante de McGill Le
Délit est détenu par la
police le 10 juin 2012
même si sa carte de presse
est très visible. À droite: un
usager du métro est
détenu pendant 15 minutes parce qu'il
portait le carré
rouge.
Le samedi 9 juin, la police de Montréal
(SPVM), la Sûreté du Québec et
l'escouade
anti-émeute ont porté des attaques
particulièrement violentes contre les
manifestants, les forces
policières ayant eu le mot d'ordre de tout
mettre en oeuvre pour
empêcher les manifestants de se rendre
près des
activités du
Grand Prix. Vingt-huit personnes ont
été
arrêtées.
De nombreuses personnes arborant le carré
rouge
ont été interpellées,
fouillées ou
arrêtées «
préventivement » dans le
métro ou sur l'Île Notre-Dame,
où avait lieu le
Grand Prix. Deux journalistes du Devoir
qui ont porté
le carré rouge le 9 juin pour voir si les
rapports à
propos du profilage politique
étaient fondés ont été
arbitrairement
arrêtés après avoir
été
fouillés deux fois dans le métro.
Après plusieurs
minutes et de nombreuses questions sans
réponse, ils ont
été expulsés du site. Un
caméraman lui
aussi arrêté s'est fait confisquer sa
caméra et le
contenu en a été effacé :
« On ne sait pas
ce qu'il va faire avec
ses images », a dit un agent. Une femme aux
cheveux roux s'est
faite arrêtée à
l'entrée du site. Un
journaliste de la Presse canadienne qui n'avait
pas de billet pour le
Grand Prix a été obligé de
retourner dans le
métro.
Les arrestations accompagnées de fouilles
systématiques se sont poursuivies dimanche
le 10 juin dans le
cadre de la tenue du Grand Prix du Canada à
l'Île
Sainte-Hélène. Le Service de police
de la Ville de
Montréal (SPVM) a procédé
à l'arrestation
« préventive » de 34 personnes
à leur sortie
du métro Jean-Drapeau,
en plus d'expulser manu militari
près d'une
centaine de personnes portant le carré
rouge.
Malgré les nombreux témoignages, le
commandant Alain Simoneau lors d'un point de
presse dimanche
après-midi a déclaré :
« Je peux vous
garantir qu'il n'y a pas eu de discrimination
faite à
l'égard des gens, des personnes avec des
carrés rouges ou
non, avec des allures d'étudiants ou non.
Pas du tout ! »
Qui sait quels critères sont
utilisés pour
interpeller les gens à ces
événements. Une femme
qui allait au parc Jean-Drapeau pour un
pique-nique avec un ami s'est
arrêtée pour demander à des
étudiants qui
étaient là ce qu'il se passait. Elle
et son ami ont
été arrêtés et
détenus. Après
plusieurs heures menottée et
sous la chaleur, elle a commencé à
s'évanouir
à cause de l'hydratation et a dû
être
transportée à l'hôpital par
ambulance.
Pour justifier les arrestations arbitraires et le
profilage de gens dits « suspects »,
le SPVM invoque
l'article 31 du Code criminel selon lequel «
un agent de la paix
[...] est fondé à arrêter un
individu qu'il trouve
en train de commettre [une] violation de la paix
ou qu'il croit, pour
des motifs raisonnables, être sur
le point d'y prendre part ou de la renouveler
». De
sérieuses questions se posent quand les
limites de la loi
invoquée, comme l'article 31 dans ce
cas-ci, sont
transgressées.
Le SPVM dit que neuf autres personnes ont
été arrêtées la nuit
précédente en rapport avec les
événements
du Grand Prix, dont cinq sont accusées
d'actes criminels
comprenant assaut et menaces contre un policier et
obstruction au
travail des policiers.
Avant le début du Grand Prix, la police a
multiplié les tentatives d'intimidation des
activistes par des
perquisitions à domicile tôt le
matin. Jeudi le matin du 7
juin à 6 h, le SPVM a procédé
à huit
perquisitions dont sept à Montréal
et une sur la Rive-Sud.
À Montréal, les perquisitions ont
eu lieu
notamment dans Hochelaga-Maisonneuve et sur le
Plateau Mont-Royal. Dans
ce dernier secteur, les policiers ont
frappé à la porte
de la maison d'Amir Khadir, député
de Mercier,
situé sur la rue Saint-Hubert, pour
procéder à
l'arrestation de Yalda Machouf-Khadir, la
fille de 19 ans du député, ainsi que
de son copain. Nima
Machouf, la mère de la fille, a dit aux
policiers : « Je
vais vous surveiller pour m'assurer que vous ne
saccagiez pas ma maison
et n'humiliez pas ma famille et le quartier.
»
« Tout le monde était couché.
À 6 h, ça sonne à la porte.
Je vais ouvrir, je vois
que quelque chose se passe. Je vois plusieurs
personnes. Ils me disent
qu'ils doivent réquisitionner ma fille. Je
leur demande un
mandat et ils me le montrent. J'ai regardé
et leur ai dit
d'accord, je vais vous la chercher. Ils m'ont dit
non, c'est nous qui entrons », a-t-elle
ajoutée.
Plus tard le même jour, il y a eu trois
événements en appui au mouvement
étudiant durant
l'ouverture du Grand Prix. Le SPVM et la SQ ont
entouré le site
et n'ont pas hésité à
attaquer les manifestants
avec des irritants chimiques et les matraques.
Vingt-sept personnes ont
été arrêtées.
Le lendemain, 8 juin, lors de la 46e
manifestation
nocturne à Montréal, 12 personnes
ont été
arrêtées. Encore une fois la police a
utilisé des
irritants chimiques contre les manifestants.

Violence
policière
dans le centre-ville de Montréal lors du
Grand Prix, le 7 juin
2012
Depuis le début de la grève
étudiante, il y aurait eu plus de 2671
arrestations. Quant au
SPVM, en date du 1er juin, il affirme avoir
procédé
à 1595 arrestations depuis le début
du conflit
étudiant, que ce soit pour des motifs
criminels ou pour avoir
contrevenu aux règlements municipaux. On ne
sait pas si la
différence
dans le nombre représente les gens qui ont
été
détenus puis relâchés sans
accusation.
Entre-temps, le gouvernement continue de
dénigrer
les étudiants et de les associer de facto
à la violence,
en prétendant que ce sont eux qui font de
l'intimidation. Le
ministre des Finances Raymond Bachand, qui
participait au Grand Prix du
Canada, a déclaré de nouveau qu'il
n'avait pas
l'intention de céder devant
les revendications des étudiants et que ce
conflit trouverait
son dénouement lors des prochaines
élections
générales. « Je ne suis pas du
genre à
reculer devant l'intimidation. Car le jour
où on commence
à reculer devant l'intimidation, ce
jour-là la
démocratie est morte », a-t-il
lancé dans sa
démagogie, virant la vérité
à l'envers puisque c'est le gouvernement et
non les
étudiants qui a suspendu les
libertés civiles et qui
refuse de négocier. Il s'en tient
honteusement à sa
position intransigeante et continue d'aggraver la
situation.
La criminalisation du droit de dissidence et le
profilage collectif et
individuel de ceux qui s'opposent au programme
antisocial du
gouvernement Charest amènent à se
demander ce que le
gouvernement trame avec tout cela. Pourquoi ne
veut-il pas
négocier avec les étudiants qui
proposent des
alternatives
pour le financement de l'enseignement
supérieur ? Pourquoi le
gouvernement persiste-t-il dans sa campagne de
diffamation dans
laquelle il tente d'associer les étudiants
à la violence
alors que l'expérience montre que quand les
policiers
n'attaquent pas les manifestations pacifiques et
ne fait pas intervenir
des agents provocateurs, les étudiants font
connaître
leurs revendications politiques calmement et
pacifiquement. LML
attire l'attention des lecteurs sur les
instructions reçues par
la police de l'Ontario lors des manifestations
contre les sommets du G8
et G20 à Toronto pour aider à
comprendre
ce qui se passe à ce sujet. (Voir
: LML
du
5 juin 2012
pour la suite de la discussion sur la
signification de ces développements.)

Ouverture des audiences à la Cour
supérieure du Québec
Le mardi 12 juin, la Cour supérieure du
Québec s'est penchée sur la
première des deux
requêtes déposées par la
Fédération
étudiante collégiale du
Québec (FECQ), la
Fédération étudiante
universitaire du
Québec (FEUQ), la Coalition large de
l'Association pour une
solidarité syndicale étudiante
(CLASSE), la Table de concertation
étudiante du Québec
(TaCEQ), ainsi que la Fédération des
travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), la
Confédération
des syndicats nationaux (CSN), la Centrale
syndicale du Québec
(CSQ) et la Centrale des syndicats
démocratiques (CSD). Il y a
quelque 140
demandeurs et 70 organisations qui font partie de
ces deux
requêtes en justice.
L'avocat de l'Association pour une
solidarité
syndicale étudiante (ASSÉ), Me
Giuseppe Sciortino, a dit
aux médias lors d'une pause que « si
cette loi est
trouvée, un an après, comme
étant
anticonstitutionnelle, il y a des gens qui auront
été
arrêtés et condamnés alors que
la loi est
anticonstitutionnelle.
C'est pour ça que nous demandons un sursis.
»
Selon les rapports de presse, Me Sciortino a
soutenu
devant la cour qu'avec cette loi, le gouvernement
Charest avait choisi
de ne pas respecter la démocratie
étudiante, de nier le
droit de grève des étudiants et de
ne leur laisser que le
droit de boycotter leurs cours. Malgré que
ce même
gouvernement
traite pourtant les associations étudiantes
et leurs dirigeants
comme des associations syndicales et leur impute
les mêmes
responsabilités envers leurs membres, il
les prive des droits
accordés aux syndicats, explique-t-il.
Il a ajouté qu'en recourant aux tribunaux
(plutôt que de négocier avec les
étudiants), en
forçant le retour en classe et en se
donnant la capacité
de sanctionner des associations étudiantes
fautives, la ministre
de l'Éducation, Michelle Courchesne,
s'arroge le droit de les
trouver coupables d'outrage
sans jugement.
L'avocat a aussi dit que la loi offrait
également
aux policiers un pouvoir arbitraire sur le droit
de manifester s'ils
jugeaient que l'horaire ou l'itinéraire
fourni par les
organisateurs n'était pas satisfaisant.
La deuxième procédure, une
requête
introductive d'instance en jugement
déclaratoire et en
nullité qui vise à faire invalider
la loi dans son
ensemble, les requérants l'estimant
inconstitutionnelle,
pourrait être entendue dès le 3
juillet.

Les travailleurs dénoncent
la loi
spéciale
Des travailleurs de la Rive Sud
de Montréal
s'expriment
LML a demandé à des
travailleurs de la rive sud de Montréal ce
qu'ils pensent de la
situation actuelle et de la loi spéciale
adoptée le 18
mai.
Cariste, Iberville : Charest utilise tout
ce
qu'il a pour garder le pouvoir. Il ne veut servir
que ses amis riches.
Il pense qu'il peut remonter dans les sondages et
gagner les prochaines
élections en attaquant les jeunes. Je ne
sais pas comment ils
font leurs sondages [qui disent que les
libéraux
gagnent], mais jusqu'à maintenant je n'ai
rencontré
personne qui appuie les libéraux.
Camionneur : Par cette loi
spéciale,
Charest attaque tout le monde, pas seulement les
étudiants. En
enlevant le droit de grève aux
étudiants, soit la
règle du 50 plus un et celui de faire une
ligne de piquetage
pour faire respecter le choix des
étudiants, sous
prétexte frauduleux de défendre
le droit a l'éducation, Charest se
prépare a faire de
même avec le droit de grève des
travailleurs. J'en suis
sûr. À mon avis, il peut sortir une
loi semblable qui
modifie les lois du travail et utiliser le
même système
d'injonctions que celui utilisé contre les
étudiants sous
prétexte du droit au travail. Comme
cela, il pourra contourner la loi anti-scabs.
Découpeur, St-Hyacinthe : Cette
situation
ressemble à la crise d'octobre 70. À
l'époque,
c'était pour écraser les demandes
d'indépendance
du peuple du Québec, aujourd'hui, c'est la
même chose sauf
que c'est pour étouffer notre désir
de changement
politique et de la direction que doit
prendre le Québec. On sait très bien
que cette loi
spéciale ne touche pas seulement les
étudiants. Elle sert
aussi à menacer les travailleurs de ce qui
peut leur arriver si
on ne tient pas notre rang d'esclave. On a
déjà
été touché par des
injonctions et
l'anti-émeute lors de notre dernière
grève en
2010. Ils
veulent que ça devienne la norme partout au
Québec
maintenant et à toutes les occasions que
les travailleurs se
défendent.
Cariste, Iberville : Cette histoire qu'on
a pas
le droit de porter des masques n'a pas d'allure.
C'est la police qui
est masquée de bout en bout, avec leur
casque, leur masque
à gaz et leur bouclier. Il y a un
camionneur qui est venu ici
l'autre jour et m'en a raconté une belle.
Il vient de Blainville
et son fils va au cégep Lionel Groulx
à
Ste-Thérèse. Son fils s'est fait
frapper par la police
mercredi dernier. Il m'a dit que quand tu vois des
parents battre leurs
enfants, tu appelles la police. Mais quand c'est
la police qui bat tes
enfants, tu appelles qui ?
Maintenance, St-Hyacinthe : Il faut se
débarrasser des libéraux, c'est
clair. Mais par quoi ? On
ne peut pas se laisser criminaliser et se faire
transformer en esclave
à 10 dollars l'heure sans rien faire. Il
faut voir aussi comment
on renouvelle nos syndicats et comment on s'assure
de mettre
Charest dehors.
Découpeur, St-Hyacinthe : Tant que
Jean
Charogne sera là, on va vivre une crise
permanente. Ce
gars-là pense vraiment que le Québec
lui appartient et
qu'il peut le donner à ses amis riches et
ses amis de la mafia.
Mais avec la loi spéciale, il plonge le
Québec dans la
noirceur de Duplessis.
Ça n'a pas d'allure, on ne peut pas
retourner là dedans, il
faut trouver quelque chose pour s'en sortir.
Shunter, St-Hyacinthe : Les médias
ont
joué leur sale rôle comme d'habitude.
Ils ont semé
la confusion pour rallier une partie de l'opinion
publique du
côté de Charest, c'est
dégueulasse. Pendant notre
grève en 2010, on n'avait rien fait, mais
les médias
colportaient toutes sortes de mensonges
sur nous, que nous faisions du vandalisme et
toutes sortes de choses.
Les gens nous regardaient dans la rue comme si
nous étions des
bandits. Ils ont fait la même chose avec les
jeunes. On ne peut
pas accepter cela.
Technicien, St-Damase : Je pense que c'est
important que l'on discute ensemble et non rester
chacun de son
coté. Sinon on a l'impression d'être
impuissant, que l'on
se sent imploser par en dedans. Ils veulent nous
faire peur pour que
l'on ne supporte pas les jeunes. Ça ne
marchera pas.
Entre défendre nos jeunes qui ont raison de
vouloir
décider de leur avenir et le gouvernement
libéral
corrompu, le choix est facile.

Les artistes jouent un rôle
crucial
dans la défense des libertés civiles
Le conteur Fred Pellerin refuse
l'Ordre national du Québec
Le
conteur et chanteur Fred
Pellerin ne s'est pas
présenté à la
cérémonie de remise de
l'Ordre national du Québec le 6 juin
à la salle du
Conseil législatif de l'hôtel du
Parlement, où il
devait y être nommé Chevalier.
Dans une lettre envoyée à l'Ordre,
il
précise les raisons de son refus : «
J'ai accepté
cette nomination sans hésiter. Dans les
circonstances actuelles,
dans la crise sociale où se trouve
plongé ce
Québec que j'aime et sur lequel je veux
construire pour offrir
du rêve à nos enfants, je ne pouvais
pas me
faire à l'idée de partir à
Québec ce
jour-là pour aller me faire installer une
médaille.
Au-delà des honneurs, il y a des
convictions. Profondes. [...]
Manquer à ces convictions, pour l'urgence
de la médaille,
serait pour moi déjà un faux-pas
dans ma neuve
chevalerie. »
Il ajoute : « Il se trouve que ce peuple,
à
qui on me demande de faire honneur en tant que
membre de l'Ordre, se
trouve présentement plongé dans une
crise sociale
d'ampleur. Je m'en voudrais de
célébrer et de trinquer
à l'honneur de ce peuple dans le contexte
actuel, où
même notre démocratie
se fait secouer par la base. Mon coeur suit mon
peuple, et ce peuple
n'a pas le coeur à la fête. »
Ses inquiétudes concernant la situation
politique
au Québec sont confirmées dans la
réponse à
sa décision par la ministre de la Culture,
Christine St-Pierre.
Elle a tout
simplement profité de l'occasion pour
répéter la
propagande du gouvernement que les
étudiants et leurs
revendications sont violents, ce qui montre
que le gouvernement est incapable de
répondre à la
situation en restant sur le plan politique. Elle a
dit que Fred
Pellerin « a le droit de porter le
carré rouge, a
déclaré la ministre».
«On est dans la
liberté
d'expression, a-t-elle ajouté, mais nous on
sait ce que
ça veut dire le
carré rouge, ça veut dire
l'intimidation, la violence,
ça veut dire aussi le fait qu'on
empêche des gens d'aller
étudier. Pour nous c'est ce que ça
veut dire et pour une
grande grande grande partie des
Québécois, c'est ce que
ça veut dire. »

Les artistes exigent des excuses
de la ministre de la Culture
Près de 3000 membres de la
communauté
culturelle du Québec ont signé une
lettre publiée
le 13 juin dans laquelle ils demandent des excuses
de la ministre de la
Culture et des Communications Christine
Saint-Pierre pour avoir
associé le port du carré rouge
à l'appui à
la violence. Les articles ont
donné leur appui aux étudiants
dès le début
de la grève : comédiens, metteurs en
scène,
cinéastes, écrivains, professeurs de
cégeps et
d'universités, journalistes culturels et
autres membres de la
communauté artistique.
Dans leur lettre, ils soulignent entre autres
« si
votre objectif, en stigmatisant la violence
associée au
mouvement étudiant, est de vous faire du
capital politique, nous
tenons à vous rappeler que ce genre de
stratagème
éveille ce qu'il y a de plus boueux dans
les consciences
». Tout en accusant la
ministre de vouloir rabaisser le débat, les
signataires
soulignent que les voix qui s'opposent à la
vision
gouvernementale « constituent le terrain
fertile de la culture
humaniste et viennent précisément de
ce pan de la
société qui oppose une culture
humaniste à cette
culture d'entreprise qui violente la libre
pensée ».
« Si le seul argument que vous
décidez
d'opposer à ce schisme idéologique
profond est le recours
à la peur pour justifier la
nécessité du maintien
de l'ordre, nous tenons à vous rappeler que
ce flirt est
extrêmement dangereux, et que dresser les
vieux
épouvantails de la peur au service de
l'ordre
rappelle de très mauvais souvenirs d'une
histoire pas trop
lointaine », dénoncent-ils.
La violence, elle s'incarne dans « un corps
policier qui multiplie les gestes de
brutalité envers des
manifestants pacifiques », elle est «
celle de vos mots
menteurs et méprisants », lancent les
artistes
Selon le metteur en scène Dominic
Champagne, les
libéraux mènent une campagne de peur
à des fins
politiques, une campagne qui lui rappelle les
années 70
où « l'on essayait d'associer le FLQ
avec le PQ pour
tenter de discréditer tout ce qu'il pouvait
y avoir de
progressiste au Québec ».
C'est à contrecoeur que la ministre
St-Pierre a
finalement présenté ses excuses le
13 juin, mais elle a
aussitôt repris sa rengaine et ses propos
offensants pour essayer
de justifier la suspension des libertés
civiles par le
gouvernement sur la base de faux prétextes,
notamment que les
étudiants sont
violents.
Elle a dit : « Personne au Québec ne
peut
oublier les actes de violence qui ont
été commis dans les
derniers mois. [...] On parle de menaces,
d'intimidation, de
collègues qui ont eu des bidons d'essence
devant leur maison.
»
Elle n'avait rien à dire sur la
brutalité
policière, le profilage politique et les
arrestations de masse,
ou sur le fait que trop souvent les
prétentions d'avoir
découvert des « caches d'armes
» et autres choses du
genre, annoncées bruyamment par les forces
policières,
s'avèrent n'être fondées sur
rien du
tout.

Des humoristes à des
spectacles-bénéfices
contre la loi spéciale
La
Coalition des humoristes
indignés qui regroupe
une quinzaine d'humoristes a annoncé sa
participation à
des spectacles-bénéfices qui
faciliteront l'accès
à la justice et la contestation de la loi
78 devant les
tribunaux sous le slogan « Y a rien comme un
humoriste pour
savoir que la farce a assez
duré ! »
Lucie Rozon, productrice du spectacle, a
expliqué
: « Quand les jeunes ont commencé
à sortir dans la
rue, il n'y avait pas d'écoute et des faux
rendez-vous de la
part du gouvernement. Je trouvais ça
méprisant, pas
seulement pour les étudiants, mais aussi
pour nous. »
« C'est rendu que le gouvernement ne nous
écoute plus, qu'ils dirigent tout seuls le
bateau et qu'ils se
moquent bien de ceux qui sont embarqués
dessus, dit-elle. Avec
la loi 78, les artistes nous ont appelés en
disant qu'on ne
pouvait pas laisser passer ça et qu'il
fallait faire ce
spectacle maintenant. »
« Après le rouge et le vert,
beaucoup vont
rire jaune », a-t-elle ajouté, tout
en précisant
que ce spectacle n'était pas contre Gilbert
Rozon [président
du
festival
Juste
pour
Rire
qui est en faveur de la loi 78 — ndlr],
mais bien pour les casseroles et contre la loi 78.
Le spectacle de la Coalition des humoristes
indignés aura lieu le 18 juin à 18 h
30 au
Théâtre Saint-Denis. Les billets sont
en vente à
25,78 $ et 52,78 $. Cliquer
ici
pour plus d'information.

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Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
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