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Numéro 68 - 3 juin
2012
Sauvetage secret des banques canadiennes
• Sauvetage secret des banques canadiennes
• L'oligopole bancaire canadien -
K.C. Adams -
Sauvetage secret des banques canadiennes
Lors de la récente crise financière, le
gouvernement Harper et l'élite financière ont fait de la
désinformation avec leur prétention que le système
bancaire canadien était tellement bien géré qu'il
constituait un endroit sûr pour l'investissement, à l'abri
des bouleversements qui affectaient le reste de la planète. Or,
on apprend maintenant qu'il y a eu injection de quantités
énormes de fonds publics pour secourir les banques canadiennes.
Cela expose les motifs des gouvernements au service des monopoles qui
crient à la nécessité de soi-disant mesures
d'austérité comme un prétexte pour attaquer les
services publics et les programmes sociaux, les conditions de vie et de
travail des travailleurs qui dispensent ces services et le
bien-être de toute la société.
Selon le Centre canadien de politiques alternatives
(CCPA), l'injection de fonds publics pour sauver les banques
canadiennes pendant la crise économique de 2008-2010 s'est
chiffrée à 114 milliards $.
« À un moment donné durant la crise,
trois des banques du Canada — CIBC, BMO et Banque Scotia —
étaient complètement submergées et l'aide du
gouvernement dépassait leur valeur marchande, écrit le
CCPA. Entre octobre 2008 et juillet 2010, les principales banques du
Canada ont compté énormément sur les programmes
d'aide financière offerts par la Banque du Canada, la
Société canadienne d'hypothèques et de logement
(SCHL) et la Réserve fédérale des
États-Unis — qui sont toutes intervenues en même temps.
»
« Pendant qu'elles recevaient l'aide, les banques
du Canada ont déclaré un bénéfice de 27
milliards $ au total et les chefs de la direction de chacune des
grandes banques étaient au nombre des dirigeants canadiens les
mieux rémunérés. Entre 2008 et 2009, la
rémunération totale des chefs de direction de chaque
banque a augmenté de 19 % en moyenne », écrit le
CCPA dans un communiqué de presse du 30 avril 2012 qui
présente l'étude de David Macdonald sur le secret des
grandes banques canadiennes et la crise financière.[1]
« Dans l'étude, écrit le CCPA,
l'auteur calcule la valeur de l'aide gouvernementale en analysant des
données fournies par la SCHL, le Bureau du surintendant des
institutions financières et la Banque du Canada, ainsi que les
rapports trimestriels des banques mêmes. »
« Durant la crise financière de 2008-2010,
écrit le CCPA, le gouvernement canadien et les banques
elles-mêmes ont vanté les banques canadiennes comme
étant plus stables que les grandes banques des autres pays. Ils
ont assuré les Canadiens que les banques n'avaient pas besoin
d'être sauvées. En réalité, cependant, les
banques canadiennes ont reçu des milliards de dollars en argent
comptant et en prêts durant la crise financière de
2008-2010, et le gouvernement canadien a gardé le secret sur les
détails de l'opération. »
Note
Le texte complet du rapport « The Big Bank's Big
Secret — Estimating government support for Canadian banks during the
financial crisis » de David Macdonald est disponible sur le site web du
CCPA.

L'oligopole bancaire canadien
- K.C. Adams -
Les grandes banques canadiennes constituent un oligopole
organisé par l'État. Prises ensemble, elles dominent le
secteur bancaire en tant qu'entreprises privées
politisées. Ce phénomène représente une
utilisation corrompue du pouvoir public gouvernemental qui se met au
service des intérêts privés et fait partie de ce
qu'on appelle maintenant officiellement un partenariat
public-privé (P3).
Le rassemblement des épargnes des Canadiens dans
les coffres des grandes banques et le prêt de cet argent aux
entreprises et individus ont permis aux banques d'établir
leur influence dans tous les secteurs de l'économie
socialisée, au point de déterminer où et quand on
fait des investissements. Les banques contrôlent des fonds
énormes. Leur accès privé exclusif aux bons du
trésor et aux obligations du gouvernement, l'accès aux
informations des comptes d'affaires et personnels de ceux à qui
ils prêtent de l'argent et leurs propres investissements
enchevêtrés, leurs sociétés de participation
et leur influence sur pratiquement toutes les cellules de
l'économie canadienne et mondiale ont mené à la
fusion du capital bancaire et du capital industriel et commercial en
une entité homogène, le capital financier, qui exerce sa
dictature sur l'économie et la classe ouvrière.
Les grandes banques ont pu acquérir ce pouvoir et
survivre à la concurrence mondiale et aux crises
économiques successives parce qu'elles sont des entreprises
privées organisées par l'État qui possèdent
des liens avec l'oligarchie dirigeante dans toutes les régions
et tous les secteurs de l'économie, y compris
internationalement, surtout aux États-Unis. L'oligarchie
financière internationale dirigeante qui représente tous
les secteurs d'affaires exerce un contrôle dictatorial sur
l'économie socialisée, le gouvernement et la classe
ouvrière.
L'État canadien a pourvu les banques de chartes
bancaires privilégiées qui leur permettent d'agir en tant
qu'oligopole à l'abri de contestation sérieuse, interne
ou externe. Les chartes gouvernementales exclusives ont permis aux
principaux propriétaires d'entreprises bancaires de maintenir et
agrandir leurs empires de richesse privée et de
privilèges au point de devenir entremêlées à
l'oligarchie financière américaine, ce qui en fait des
champions de l'annexion du Canada dans l'empire américain des
monopoles internationaux. Grâce à leurs prêts, leurs
avoirs et leurs investissements enchevêtrés au pays et
à l'étranger, les principaux propriétaires de
banques, leurs directeurs et dirigeants exécutifs sont
intimement liés à toute l'oligarchie financière
dirigeante, que ce soit en affaires ou dans le gouvernement, surtout au
Canada et aux États-Unis. Elles s'engagent, à travers
leurs connections sociales, d'affaires et politiques, dans des
aventures risquées pour y faire des coups de fortune sans se
soucier de tout perdre puisqu'elles savent que toutes les ressources de
l'État seront mobilisées pour sauver leurs entreprises
privées, même de leurs pratiques les plus corrompues,
risquées et dangereuses.
C'est ce qu'on a vu lors des crises économiques
qui ont débuté en 2008 et qui se poursuivent encore
aujourd'hui dans tout le système impérialiste mondial
d'États. Une crise en amène une autre, comme le montrent
l'effondrement des économies grecques et espagnoles et la
découverte récente de la perte « soudaine »
de 2 milliards $ par l'entreprise financière américaine
JPMorgan Chase qui rappelle étrangement les pertes «
soudaines » annoncées par Lehman Brothers en septembre
2008.
Le transfert des fonds publics aux grandes banques
Selon le Centre canadien de politiques
alternatives, les cinq plus grandes banques de l'oligopole bancaire
canadien, la Banque royale du Canada, la Banque Toronto-Dominion, la
Banque de Montréal, la Banque canadienne impériale de
commerce et la Banque Scotia ont reçu en tout au moins 114
milliards $ des institutions d'État du Canada et des
États-Unis pour les sauver de l'effondrement suite aux
pertes encourues dans les crises économiques. Les
stratagèmes de corruption utilisés pour faire des coups
de fortune sur le marché du logement américain ont
été un élément de la crise de 2008 et les
cinq banques canadiennes y participaient allègrement. Pour aider
l'oligopole bancaire à passer à travers la crise
économique, des deniers publics canadiens et américains
leur ont été versés via la Banque du Canada, la
Société canadienne d'hypothèques et de logement
(SCHL), la Réserve fédérale des États-Unis
et le Programme de secours des avoirs en difficulté (TARP).
Dans son étude sur le sauvetage des banques, le
CCPA écrit : « C'est le Programme d'achat de prêts
hypothécaires assurés de la SCHL qui a assumé la
plus grosse part du sauvetage. Contrairement aux prêts consentis
en vertu des deux premiers programmes (celui de la Banque du Canada et
de la Réserve fédérale américaine), la SCHL
injectait directement de l'argent comptant dans les banques
canadiennes. Ce programme a donné sa première injection
d'argent comptant en octobre 2008. En 4 mois, les grandes banques
canadiennes ont demandé et reçu plus de 50 milliards $
comptant en échange de titres hypothécaires. En mars
2009, le soutien du gouvernement aux banques canadiennes a atteint son
sommet, soit 114 milliards $. À ce moment-là, le soutien
aux banques canadiennes était l'équivalent de 7 % du PIB
de 2009. »
Faisant allusion à un autre trait du
caractère politisé de l'oligopole bancaire privé,
le CCPA écrit :
« Aux États-Unis, les hypothèques
à la base des titres étaient considérées
« à risque ». Au Canada, par contre, toutes les
hypothèques étaient assurées par la SCHL, ce qui
fait que, risquées ou non, cela n'affectait pas les banques.
»
La garantie des hypothèques par un organisme
public comme la SCHL est une autre caractéristique du statut
politisé privilégié des banques à charte.
Au Canada, ce ne sont pas seulement les hypothèques qui sont
assurées par une institution publique, mais également les
dépôts bancaires par l'entremise de la
Société d'assurance-dépôts du Canada, qui
assure les dépôts de 1 $ à 100 000 $.
La conception popularisée que les cinq grandes
banques sont « trop grosses pour tomber », combinée
à l'assurance des dépôts par le gouvernement,
crée un sentiment de sécurité publique ou
gouvernementale dans l'esprit des gens. Ils tendent à voir
l'oligopole bancaire, ou les oligopoles du secteur de l'automobile ou
de l'énergie, comme des institutions quasi publiques qu'il faut
protéger et défendre à tout prix sinon c'en est
fait de la sécurité collective des Canadiens et
l'économie canadienne va s'effondrer. On ne permet à
aucune alternative, comme l'entreprise réellement publique qui
sert l'intérêt public et est sous le contrôle du
peuple, de germer dans l'esprit des gens et encore moins de se
développer par la politique pratique. La promotion continuelle
des grandes banques canadiennes par les politiciens, les
économistes et les médias monopolisés renforce la
conception que l'oligopole bancaire nous appartient à tous et
sert nos intérêts collectifs bien que les banques soient
des entités privées qui servent leurs
intérêts privés et utilisent les institutions et
fonds publics pour accomplir leurs objectifs étroits hors du
contrôle du peuple et au détriment de l'édification
nationale et de l'intérêt public.
Le CCPA met en lumière un autre aspect du
caractère étatique de l'oligopole bancaire canadien quand
il écrit : « Les participants au programme de sauvetage de
la Banque du Canada devaient être soient des Négociants
principaux pour les obligations/bons du trésor du gouvernement
canadien ou faire partie du Système de transfert des paiements
de grande valeur (STPGV). »
Ces deux programmes sont des clubs privés des
plus grandes institutions financières qui opèrent au
Canada. Un négociant principal est une entreprise
financière qui a le droit légal d'acheter des bons du
trésor ou des obligations de la Banque du Canada et de les
vendre à d'autres. Les participants au STPGV transfèrent
de vastes sommes d'argent électroniquement à travers le
Canada et le monde via la Banque du Canada. (Voir la note à
la fin qui donne la liste des Négociants principaux et des
participants au STPGV.)
Les cinq plus grands membres de l'oligopole financier
ont leur siège social à Toronto. Ils emploient environ
300 000 travailleurs (en équivalents temps plein) au Canada et
à l'étranger. Contrairement à la plupart des pays
du système impérialiste mondial d'États, le
gouvernement ne force pas les banques canadiennes à avoir des
réserves. Elles peuvent prêter autant d'argent qu'elles le
veulent même si en théorie le montant total des
prêts pourrait dépasser leurs avoirs parce qu'elles
peuvent toujours emprunter ou acheter des bons du trésor ou des
obligations du Canada. Selon la Banque du Canada, les banques à
charte avaient en mars 2012 un total de prêts consentis se
chiffrant à 1,541 billion $. Cela ne comprend pas plusieurs
catégories de prêts garantis par les banques.
Corruption au sein de l'oligarchie dominante
La
banque
d'investissement américaine Lehman Brothers avait
consenti des prêts représentant 44 fois la valeur de ses
avoirs en argent comptant avant son effondrement en 2008. (Les cinq
grandes banques canadiennes offrent toute la gamme des services et des
investissements.) Lors d'une entrevue à l'émission de
télévision américaine d'affaires publiques 60
minutes, Anton Valukas a parlé de la corruption qui
règne au sein de l'oligarchie dominante. M. Valugas était
l'examinateur en chef et l'auteur de l'enquête officielle du
gouvernement sur l'effondrement de Lehman intitulée «
Lehman Brothers Holdings Inc. Chapter 11 Proceedings Examiner Report
».
On disait en introduction : « L'Équipe de
Valukas a passé un an et demi à interviewer des centaines
d'anciens employés et a lu plus de 34 millions de documents.
L'enquête a révélé que Lehman a
acheté de grandes quantités de valeurs
immobilières avec lesquelles il est resté pris quand le
marché s'est déplacé vers le sud, qu'il a
emprunté 44 $ pour chaque dollar en sa possession afin de
financer les transactions et que les dirigeants de Lehman ont
manipulé leurs états financiers et leurs états de
comptes quand les investisseurs ont commencé à perdre
confiance et que les concurrents les chauffaient de près. »
Sans entrer dans les détails, l'extrait suivant
de la discussion tirée de cbsnews.com donne une bonne
idée de la corruption :
« Anton Valukas : Ils ont forgé les
chiffres. Juste avant de publier leurs états financiers, ils ont
déplacé environ 50 milliards $ d'avoirs des
États-Unis vers le Royaume-Uni. À peu près une
semaine après la publication de leurs états financiers,
les 50 milliards $ sont réapparus aux États-Unis, dans
leurs livres ici même aux États- Unis.
« Steve Kroft (60 Minutes)
: Quand est venu le temps du prochain état
financier, ils ont envoyé l'argent outremer encore une fois,
puis l'ont ramené une fois le nouvel état financier
publié ?
« Anton Valukas : Oui c'est ça.
« Steve Kroft : Ça ressemble
à un tour de passe-passe.
« Anton Valukas : C'en est un. C'est une
attrape. »
L'entrevue se poursuit avec Valukas et Mathew Lee, un
comptable de Lehman qui a été congédié pour
avoir refusé de signer un rapport de fin d'année fiscale
qu'il jugeait frauduleux. La firme comptable Ernst & Young
était partenaire senior dans l'audit de Lehman. Elle a
joué un peu le même rôle que la firme Arthur
Andersen dans la fraude de la firme Enron du secteur de
l'énergie.
Les travailleurs canadiens connaissent bien Ernst &
Young parce qu'elle a été au centre de nombre de
faillites d'entreprises au Canada et d'autres escroqueries
antiouvrières et antinationales, comme la fraude des
procédures de faillite de Stelco sous la protection de la Loi
sur
les arrangements avec les créanciers des compagnies
alors même que Stelco faisait des profits records.
« Matthew Lee : Notre année fiscale
se terminait le 30 novembre 2007. Je m'attendais à ce qu'on ait
perdu de l'argent comme à chaque année. Puis quand j'ai
vu qu'on avait fait de l'argent — une année record en fait- je
me suis dit, ‘¨Ça ne marche pas, ça' On savait tous
que le marché était mauvais alors comment se pouvait-il
que Lehman s'en tire si bien ? Chaque fois que je trouvais quelque
chose et que j'en parlais avec mon patron, pas de réponse.
« 60 Minutes : Ça
se
passait
10 mois avant que Lehman fasse faillite. Lee devait
entériner la véracité des pratiques de la firme
comptable à chaque trimestre. En novembre 2007 il a
refusé de le faire.
« Steve Kroft : En refusant de signer, vous disiez
que les chiffres étaient faux.
« Matthew Lee : Exactement.
« Steve Kroft : Vous exprimiez que le
rapport ne reflétait pas la situation financière de
Lehman Brothers.
« Matthew Lee : Tout à fait. Je
vois quelque chose. Pourquoi je n'obtiens pas de réponse
à mes questions. Pourquoi le Repo 105 a -t-il doublé ?
Donnez-moi une réponse. Rien.
[Le Repo105 est une manoeuvre comptable en vertu de
laquelle un prêt à court terme est enregistré comme
une vente. L'argent comptant obtenu par cette « vente » est
ensuite utilisé pour réduire la dette, ce qui permet
à la compagnie de montrer qu'elle équilibre ses finances
puisqu'elle vient de payer une partie de sa dette, ceci du moins juste
le temps d'enregistrer la transaction dans ses états financiers.
Une fois les états financiers publiés, la compagnie
emprunte de l'argent et rachète son titre original. Selon un
rapport de mars 2010 de l'examinateur de la procédure de
faillite, Lehman Brothers a utilisé 3 fois le Repo 105. Le
rapport mentionne que Ernst & Young, le vérificateur de
Lehman Brothers, était au courant de cette manoeuvre douteuse..
En réponse à ce rapport, le procureur
général de New-York Andrew Cuomo a levé une
plainte contre Ernst & Young en décembre 2010,
alléguant que la firme « avait substantiellement
contribué à une fraude comptable massive » en
approuvant la manoeuvre financière. Le Wall Street Journal a
fait
remarquer que Ernst & Young a chargé des frais de plus
en plus élevés à Lehman entre 2001 et 2008 (Note
de
Wikipedia)
« 60 Minutes : Lee a
continué à demander des explications mais en vain. Quatre
mois avant l'effondrement de Lehman, il a envoyé cette lettre
aux dirigeants de Lehman.
« Matthew Lee : 'Je vous ai averti toute
l'année. Je me suis frappé la tête contre un mur.
Je mets maintenant les choses par écrit.'
« Steve Kroft : [La lettre] dit : 'Je dois
porter à l'attention de la direction des comportements et des
actions de la part de la firme que je considère possiblement non
éthiques et illégaux.'
« Matthew Lee : Exactement.
« Steve Kroft : À quoi vous
référiez-vous spécifiquement ?
« Matthew Lee : J'ai écrit cette
lettre dans des termes généraux. Il y avait tellement de
points spécifiques. J'aurais pu en faire une liste
d'épicerie.
« Steve Kroft : Quelle réponse
avez-vous reçue à la lettre ?
« Matthew Lee : C'était comme
lancer une grenade. Je voulais secouer les gens, au moins soulever le
problème.
« 60 Minutes : Ça
a
marché.
Six jours après avoir envoyé la lettre,
Matthew Lee a été congédié après 14
ans de service. ¨Ça n'était pas possible cependant
pour les dirigeants de Lehman d'ignorer la lettre et ils ont
demandé à leurs comptables de Ernst & Young
d'interviewer Matthew lee.
« Anton Valukas : Dans ces entrevues, dont
nous avons les notes, il mentionne les 50 milliards $, les Repo, le
retrait de l'argent de l'état financier du semestre. Nous en
avons conclu que Ernst & Young était certainement au courant
de ces choses dès ce moment-là et qu'ils n'ont rien fait.
« 60 Minutes : Valukas
dit que Ernst & Young était tenu légalement de
s'assurer que le comité de vérification de Lehman et son
conseil d'administration étaient au courant des
allégations de Lee au sujet des pratiques comptables non
éthiques et illégales. Mais ils ne l'ont jamais fait.
»
60 Minutes tire des conclusions qui ne sont
pas méritées. « Mais ils ne l'ont jamais fait.
»
Cette assertion suggère que le conseil
d'administration de Lehman n'était pas au courant des pratiques
corrompues qui ont précédé l'effondrement. C'est
difficile à croire parce que toutes les grandes entreprises
financières actives aux États-Unis y compris les grandes
banques canadiennes s'adonnaient à des pratiques similaires et
subissaient des pertes similaires lorsque leurs stratagèmes se
sont effondrés et la crise inévitable a
éclaté. De plus, pendant les années qui ont
précédé la crise, alors qu'Ernst & Young
était leur firme comptable, Lehman et d'autres entreprises
financières ont déclaré des profits records, leurs
actions en bourse étaient à leur plus haut et leurs
dirigeants touchaient des rémunérations records. C'est
justement cela que le capitalisme monopoliste cherche à
accomplir alors pourquoi les hauts dirigeants, les vérificateurs
ou quiconque en position d'autorité auraient-ils voulu
arrêter cela ? Après tout, ils sont des pragmatistes
américains pour qui tous les moyens sont bons pour faire le plus
d'argent possible dans le moins de temps possible. Non seulement la fin
justifie-t-elle les moyens, mais cette fin embrouille le jugement.
Quand les choses vont bien, c'est-à-dire que l'argent rentre
à souhait, on ne permet à personne de troubler la
fête. Quand la crise inévitable frappe, alors on se met
à pointer les gens du doigt et certaines personnes se font
accuser de telle ou telle chose, mais la direction fondamentale,
l'objectif et les principes de l'économie ne sont jamais remis
en question.
On n'a tenu aucune enquête ni fait aucune entrevue
du genre au Canada où les politiciens, les experts et les
médias monopolisés parlent encore des grandes banques
avec une sorte de vénération. Le gouvernement a
gardé secrets les détails de son rôle dans le
sauvetage estimé à 114 milliards $ même si des
fonds publics y ont été directement impliqués.
Harper cependant n'a pas pu garder secrète la portion du
sauvetage des banques canadiennes qui a été fournie par
le gouvernement américain.
Au moment le plus fort des sauvetages, le 23
février 2009, le premier ministre Stephen Harper a dit en
entrevue avec le CNBC Kudlow Report :
« C'est un fait, nous avons au Canada les seules
banques du monde occidental qui ne demandent pas de mesures de
sauvetage ou rien d'autre du genre et nous n'avons pas de Programme de
secours des avoirs en difficulté. »
« Même si la Réserve
fédérale américaine préfère garder
le secret sur les prêts qu'elle consent, elle a été
plus ouverte que le gouvernement canadien, en partie il est vrai
à cause de journalistes entreprenants et d'une bataille
juridique de deux ans pour que l'information soit rendue publique.
Les détails du sauvetage de la Réserve
fédérale américaine sont disponibles en ligne,
banque par banque. (L'information sur tous les prêts y compris
ceux aux banques canadiennes est disponible à http
://bit.ly/Bloomberg-Fed-Data).
« Au moment le plus fort, les banques canadiennes
ont emprunté 33 milliards $ de la Réserve
fédérale américaine en décembre 2008... Les
5 grandes banques canadiennes ont pigé dans les programmes
offerts par la Réserve fédérale, certaines plus
que d'autres. »
C'est impossible que Harper n'ait pas été
au courant des détails du sauvetage des 5 grandes banques
canadiennes par les deniers publics américains. Les deux
gouvernements n'ont pas manqué de dire qu'ils travaillaient
ensemble pour faire face à la crise économique, en
particulier sur la question des banques, de l'automobile et de
l'immobilier.
« L'histoire officielle de la crise
financière de 2008, poursuit le CCPA, va comme suit : les
banques américaines et internationales se sont fait prendre
à faire de mauvais placements sur les prêts
hypothécaires aux États-Unis et on a dû les sauver.
Mais pas au Canada. Pendant la crise financière, le gouvernement
canadien et les banques elles-mêmes ont promu les banques
canadiennes comme étant plus stables que les banques des autres
pays. Les banques canadiennes, nous a-t-on dit, n'avaient pas besoin de
sauvetage.
« En dépit de l'histoire officielle, il
n'en reste pas moins que les banques canadiennes ont reçu une
injection de 114 milliards $ en argent comptant et en prêts entre
septembre 2008 et août 2010. Elles ont pigé dans non
seulement deux mais trois programmes de soutien, l'un d'entre eux
américain. Elles ont continué à recevoir cette
aide pendant une longue période tout en faisant des profits
considérables et prodiguant des hausses de
rémunération à leurs PDG qui étaient
déjà parmi les PDG les mieux payés au Canada. En
fait, certaines de ces banques ont touché en sauvetage des
montants qui excédaient la valeur de la banque . Les banques
canadiennes étaient dans l'eau chaude pendant la crise et le
gouvernement canadien a gardé le plus grand secret sur les
détails du sauvetage. »
En novembre 2008, le Financial Times a
cité le ministre des Finances Jim Flaherty sur le sauvetage des
banques aux États-Unis et la soi-disant non intervention du
gouvernement envers les banques canadiennes par l'injection de fond
publics : « Je ne veux pas avoir l'air arrogant ou vaniteux parce
que notre système n'est pas parfait, mais il a passé
l'épreuve de ces temps difficiles et je ne veux pas que le
gouvernement intervienne dans les affaires bancaires du Canada. »
Flaherty fait de la désinformation. Il sait
très bien que le gouvernement participe pleinement aux «
affaires bancaires du Canada ». Le gouvernement cependant n'y
participe pas pour défendre l'intérêt public mais
les intérêts privés de l'oligopole bancaire et de
la classe dirigeante en général, il y participe pour
maintenir et étendre leurs empires privés, leurs
partenariats publics-privés.
L'oligopole bancaire est une entité privée
politisée qui utilise les fonds publics et le pouvoir de
l'État pour servir les intérêts privés au
détriment de l'intérêt public. L'oligopole bancaire
fait partie des partenariats publics-privés qu'on retrouve
partout. L'activité bancaire politisée est source de
corruption et sert la cupidité et le privilège de classe.
Un aspect important de la corruption est le contrôle et
l'utilisation de la richesse publique et du pouvoir d'État au
service d'intérêts privés.
Politisons l'activité bancaire publique !
L'opposition ouvrière doit forcer le gouvernement
à faire en sorte que c'est l'activité bancaire publique
qui est politisée et doit le forcer à retirer
l'intérêt privé de ce qui essentiellement est une
fonction publique cruciale qui doit sécuriser et utiliser les
épargnes des Canadiens dans l'intérêt public. Les
épargnes des Canadiens, en particulier celles de la classe
ouvrière, doivent être mises à la disposition de
l'économie sous forme d'investissements garantis dans les
programmes sociaux, les services publics, l'infrastructure, le secteur
manufacturier, les besoins des individus et dans les autres projets que
les institutions publiques considèrent nécessaires.
Les grandes banques font régulièrement
rapport de leurs profits d'entreprise et elles récompensent leur
haute direction par des paiements et privilèges énormes.
Ces réclamations privées proviennent de multiples sources
notamment les frais d'utilisateurs très élevés,
les intérêts composés sur les prêts aux
entreprises et aux individus, les échanges d'actions et de
marchandises et des manoeuvres à l'échelle
planétaire pour faire des coups de fortune, lesquelles sont
habituellement gardées secrètes des Canadiens comme les
sinistres prêts hypothécaires à risque et les
papiers commerciaux adossés à des actifs non bancaires
(obligations) qui leur sont liés et se sont effondrés en
2008.
L'intérêt composé est une relique
médiévale qui devrait être jetée à la
poubelle de l'histoire aux côtés du servage et de
l'esclavage. Tout aussi dépassés et dommageables au
peuple et à l'économie sont les frais d'utilisateur
exorbitants pour services financiers dans les opérations
bancaires privées, pour les cartes de crédit de
même que les frais d'assurance et d'investissement. Ce sont
là toutes des pratiques corrompues de l'oligarchie
financière qui drainent la richesse hors de l'économie et
bloquent le développement. Ces pratiques dépassées
n'ont pas leur place dans une économie moderne
socialisée. Elles sont le reflet du parasitisme et de la
décadence de l'oligopole bancaire et des oligarques dirigeants.
L'industrie des services financiers n'est pas encore
entrée dans le 21e siècle à cause du pouvoir de
l'État capitaliste, des empires publics/privés de
richesse et de privilège de classe et l'absence de
contrôle de la part du peuple. Les grandes banques privées
qui forment l'oligopole bancaire sont des institutions
politisées privées qui servent leurs propriétaires
privés spécifiques et le capital financier en
général. Leur contrôle de l'investissement est
antisocial et va contre l'intérêt public. Les
épargnes privées des Canadiens une fois
rassemblées deviennent quelque chose de public. Le
système bancaire actuel a sa source dans la pratique corrompue
du contrôle privé organisé par l'État des
épargnes de la majorité des Canadiens qui sont
rassemblées dans leurs comptes de banque et les fonds mutuels et
de pensions. À travers ce contrôle privé
organisé par l'État des avoirs rassemblés des
Canadiens, les entreprises privées membres de l'oligopole
bancaire, en plus de réclamer de vastes montants pour
elles-mêmes, exercent un pouvoir et un contrôle
énorme sur l'investissement de ces avoirs publics et sur
l'industrie des services financiers toute entière.
L'activité bancaire privée organisée par
l'État perpétue les privilèges de classe et le
pouvoir de l'oligarchie financière sur les Canadiens et leurs
affaires économiques, politiques et sociales. Elle empêche
de bâtir dans toutes les régions et dans le pays une
économie prospère diversifiée qui subvient
à ses besoins
La question de qui contrôle l'investissement et
dans quel but il est fait est au coeur du projet d'édification
nationale. L'investissement privé organisé par
l'État est une source de corruption qui perpétue les
privilèges de classe. C'est un facteur majeur des crises
économiques puisqu'il retire de l'économie plus qu'il y
met. La classe ouvrière doit prendre la tête et proposer
et combattre pour l'application d'un ordre du jour par lequel
l'oligopole bancaire est remplacé par un système moderne
d'entreprises financières publiques doté de
mécanismes qui permettent à la classe ouvrière
d'exercer le contrôle sur ses épargnes rassemblées
et décider où elles seront investies. Il incombe à
la classe ouvrière en tant que classe dirigeante et classe la
plus nombreuse de transformer toute l'industrie des services financiers
en un secteur de services réellement public qui ne draine pas la
richesse hors de l'économie et vers des intérêts
privés, mais aide l'économie à grandir et à
prospérer au service de l'intérêt public.
On doit considérer le système bancaire et
ses ramifications dans les assurances et les autres services financiers
comme un service public qui aide le développement du pays et non
un moyen d'étrangler le peuple et l'économie et de leur
enlever leur force. Il faut commencer à considérer
l'utilisation d'avoirs publics pour le profit privé comme
quelque chose de profondément corrompu et de criminel. Les
entreprises financières publiques rassembleraient les
épargnes publiques des Canadiens et les rendraient disponibles
sous forme de prêts publics sans intérêt
composé pour bâtir l'infrastructure, les services publics,
les programmes sociaux, le secteur manufacturier, le
développement commercial et pour l'usage individuel, en ne
faisant payer que le prix qu'il en coûte pour gérer et
fournir le service. La même chose devrait s'appliquer à
tous les titres gouvernementaux et cela deviendrait un crime
sérieux que des intérêts privés
s'ingèrent et utilisent les bons du trésor ou les
obligations du gouvernement fédéral, du Québec et
des provinces et tout avoir public pour le gain privé. Serait
aussi abolie toute notion ou pratique de dette publique pour des
intérêts privés à quelque niveau de
gouvernement que ce soit.
La classe ouvrière doit jouer son rôle
dirigeant dans chaque aspect de la société. Les
travailleurs doivent rendre les gouvernements redevables de la
sécurité et de l'utilisation de leurs épargnes;
les gouvernements doivent sécuriser leurs épargnes et
tous les avoirs publics et les mettre au service de la nation et non
les faire servir à l'enrichissement d'une petite minorité
d'intérêts privés au détriment du bien
public. Les travailleurs doivent saisir l'occasion et discuter d'une
nouvelle direction de l'économie qui met le facteur
humain/conscience sociale au centre et non le capital et sa
cupidité et sa corruption anticonscience.
Note
Les négociants principaux
Les bons du trésor :
-Banque de Montréal
-Banque canadienne impériale de commerce
-Deutsche Bank Securities Limited
-Banque HSBC Canada
-Valeurs mobilières Banque Laurentienne
-Merrill Lynch Canada Inc.
-Financière Banque Nationale
-RBC Dominion valeurs mobilières
-Scotia Capitaux
-Banque Toronto-Dominion
Note : La
limite totale de la soumission présentée par les
négociants principaux est de 250 % du montant de l'adjudication.
Obligations :
-BMO Nesbitt Burns Inc.
-Casgrain & Compagnie Limitée
-Marchés mondiaux, Banque canadienne impériale de commerce
-Valeurs Mobilières Desjardins
-Deutsche Bank Securities Limited (Allemagne)
-Banque HSBC Canada
-Merrill Lynch Canada inc. (États-Unis)
-Valeurs Mobilières Banque Laurentienne
-Financière Banque Nationale
-RBC Dominion valeurs mobilières
-Scotia Capitaux
-Banque Toronto-Dominion
Note : La
limite totale de la soumission présentée par les
négociants principaux est de 285 % du montant de l'adjudication.
Système de transfert des paiements de grande
valeur
Le 4 février 1999, l'Association
canadienne des paiements (ACP) a lancé le Système de
transfert des paiements de grande valeur (STPGV), un système
électronique de transfert de paiements. Les participants au
STPGV sont membres de l'ACP qui participe dans le STPGV et en assure le
fonctionnement. En juillet 2011, le STPGV comptait 15 participants en
plus de la Banque du Canada :
-Alberta Treasury Branches
- Bank of America, National Association (États-Unis)
-Banque de Montréal
-Banque de Nouvelle-Écosse
-Banque BNP Paribas (Canada) (France)
-La Caisse centrale Desjardins du Québec
-Banque canadienne impériale de commerce
-Central 1 Credit Union
-Banque HSBC Canada (Royaume-Uni)
-Banque ING du Canada
-Banque Laurentienne du Canada
-Banque nationale du Canada
-Banque royale du Canada
-State Street Bank and Trust Company (États-Unis)
-Banque Toronto-Dominion

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