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Numéro 66 - 30
mai
2012
Modifications à
l'assurance-emploi
Dénonçons les
vastes
réformes antisociales! Non au régime
de travail
forcé du gouvernement Harper!
Modifications
à
l'assurance-emploi
• Dénonçons
les vastes
réformes antisociales! Non au
régime de travail
forcé du gouvernement Harper! -
Centre ouvrier du
PCC(M-L)
• La criminalisation des
chômeurs vise
à asservir la classe ouvrière
- Jim Nugent
• De nouveaux pouvoirs
discrétionnaires
pour la ministre des Ressources humaines
- Peggy Askin
• L'assurance-emploi au
Canada: une protection
plus faible que dans les autres pays
industrialisés
Les Canadiens
se
prononcent
• Vigoureuse
dénonciation au
Québec
• Piquetage devant le
bureau de Diane Finley
• La
Fédération du travail de
l'Alberta condamne les nouveaux
règlements sur l'embauche de
travailleurs migrants
• Actions devant les
bureaux de
députés conservateurs contre la
baisse de salaire des
travailleurs migrants
À
titre
d'information
• Communiqué du
ministère des
Ressources humaines et Développement des
compétences
(extraits)
Modifications à
l'assurance-emploi
Dénonçons les vastes
réformes
antisociales! Non au régime de travail
forcé du
gouvernement Harper!
- Centre ouvrier du PCC(M-L) -
Le 24 mai, la ministre des Ressources humaines
Diane
Finley a tenu une conférence de presse
où elle a
donné plus d'information sur les
changements draconiens que la
dictature Harper est en train de faire au
régime de
l'assurance-emploi. Chaque annonce nous en dit
plus long sur
l'étendue du programme esclavagiste
et nous montre à quel point il est
important de s'y opposer.
Le projet de loi 38, le projet de
loi budgétaire
omnibus qui devrait être adopté avant
que le parlement
ajourne pour l'été, donne de
nouveaux pouvoirs
discrétionnaires à la ministre des
Ressources humaines.
Le projet de loi supprime les clauses de la Loi
sur
l'assurance-emploi qui définissent
ce
qu'est un « emploi convenable » et une
« recherche
d'emploi raisonnable ». Les
règlements comme tels ne
seront pas rendus publics avant l'adoption du
projet de loi mais Finley
en a donné les grandes lignes. Les
travailleurs en chômage
seront dorénavant divisés en trois
catégories :
les travailleurs de longue date,
les prestataires fréquents et les
prestataires occasionnels. La
catégorie à laquelle appartient le
travailleur
détermine quel genre de recherche d'emploi
il doit faire et le
niveau de baisse de salaires qu'il doit accepter
sous peine de perdre
ses prestations d'assurance-emploi.
Durant leurs six premières semaines de
prestations, les prestataires fréquents
seront obligés
d'accepter un emploi semblable à un salaire
jusqu'à 20 %
en-dessous du salaire de leur emploi
précédent. Ils
devront par la suite accepter n'importe quel
travail et une baisse de
salaire pouvant atteindre 30 %.
Les prestataires occasionnels ont six semaines
pour se
trouver un emploi dans leur domaine et doivent
accepter pendant cette
période une baisse de salaire de 10 %.
Après six
semaines, ils doivent chercher un emploi similaire
à leur emploi
précédent et accepter une baisse de
salaire de 20 %
tandis qu'après 18 semaines,
ils doivent prendre n'importe quel emploi avec une
baisse de salaire
pouvant atteindre 30 %.
Les travailleurs de longue date ont 18 semaines
pour
trouver un emploi dans leur domaine avec une
baisse de salaire allant
jusqu'à 10 % et ils doivent ensuite
chercher un emploi semblable
avec une baisse de salaire pouvant atteindre 20 %.
On utilisera dorénavant six
critères pour
déterminer ce qu'est « un emploi
convenable » — la
situation personnelle, les conditions de travail,
les heures de
travail, le temps de déplacement, le type
de travail et le
salaire — tous définis par
règlements. (Voir
l'article À titre d'information
ci-dessous).
Tous ces changements seront faits sans passer par
le
parlement, ce qui démontre que la dictature
Harper n'a pas de
limite dans son offensive contre
l'assurance-emploi. Voilà
un
aspect essentiel de plus dans la vie des
Canadiens qui est maintenant
soumis
aux pouvoirs arbitraires de l'exécutif
agissant au service du
« droit »
de monopole.
La
pleine étendue de
ces attaques et le but
recherché apparaissent encore plus
clairement quand on note que
cette annonce est liée aux changements qui
ont été
annoncés au programme de travailleurs
étrangers
temporaires qui permettent aux employeurs de payer
ces travailleurs 15
% de moins que le taux moyen
du secteur économique concerné. On a
affaire à un
gouvernement qui est prêt à tout pour
abaisser le niveau
de vie de toute la classe ouvrière et lui
imposer le travail
forcé.
Lorsqu'un employeur postule pour un Avis relatif
au
marché du travail (AMT) ou un Avis relatif
au marché du
travail accéléré (AMT-A), il
doit démontrer
qu'il a fait des efforts pour engager un
travailleur canadien.
Auparavant, cette obligation était une
simple formalité,
il suffisait que l'employeur affiche des
annonces d'emploi. Le gouvernement entend
maintenant lier la
requête de AMT aux récipiendaires de
l'assurance-emploi.
En d'autres mots, les employeurs vont pouvoir
annoncer un emploi
à un salaire de 15 % plus bas que le norme
de l'industrie et les
prestataires vont devoir postuler ou bien perdre
leurs prestations
même si l'emploi paie jusqu'à 30 % de
moins que ce qu'ils
gagnaient avant d'être mis à pied.
La ministre Finley n'a même pas cru bon de
dire
que dans les conditions actuelles moins de 40 %
des chômeurs sont
admissibles à l'assurance-emploi tellement
les critères
sont contraignants et arbitraires. Des
critères encore plus
contraignants et arbitraires ne vont qu'empirer la
situation. Afin de
mettre en oeuvre
ces mesures qui privent les travailleurs de
revenus quand ils sont en
chômage et introduisent un régime de
travail forcé,
la dictature Harper a également aboli le
Conseil arbitral auquel
les travailleurs peuvent faire appel.
En conférence de presse, la ministre
Finley a
répété le mensonge
préféré du
gouvernement Harper: que l'économie
canadienne est
confrontée à une soi-disant
pénurie de
main-d'oeuvre sans précédent. Elle a
dit qu'il y a des
tonnes d'emplois au Canada qui sont en attente de
travailleurs mais
ceux-ci n'en veulent pas.
Les données récentes publiées
par Statistiques
Canada montrent que pour chaque emploi vacant au
pays il y a 6
chômeurs.
Ni la ministre Finley ni le ministre des Finances
Flaherty, qui dit que tout emploi est un «
bon emploi », ne
veulent discuter de ce qui se passe dans le monde
réel. Dans le
monde réel, le gouvernement a donné
aux monopoles toute
liberté de détruire le secteur
manufacturier, de fermer
des secteurs entiers de l'économie
et des entreprises de production si cela sert leur
stratégie
mondiale pour s'emparer d'une portion toujours
plus grande de la
richesse au détriment des travailleurs et
de leurs
communautés. Ce ne sont pas les
travailleurs qui ont
décidé de fermer les usines, les
scieries, les mines et
d'autres entreprises et de les
déménager
hors du Canada. Parallèlement, la dictature
Harper
détruit directement l'entreprise publique,
notamment en
éliminant plus de 19 000 emplois seulement
dans la fonction
publique fédérale. Plutôt que
de rendre ces
monopoles redevables pour leurs agissements, de
prendre parti pour les
travailleurs et leurs communautés
et de faire son devoir en bâtissant
l'entreprise publique pour
fournir les services dont les Canadiens ont
besoin, la dictature Harper
lance une autre attaque brutale contre les droits
des travailleurs.
Soixante-quinze pour cent de tous les
travailleurs
temporaires étrangers travaillent dans des
emplois à bas
salaire dans le secteur des services. Ils
travaillent aussi dans des
emplois saisonniers, surtout dans l'agriculture,
les usines de
poissons, etc. Un des buts des changements
à l'assurance-emploi
est de priver les
travailleurs de l'assurance-emploi et de les
forcer à prendre
ces emplois à des salaires qui ne suffisent
pas à
répondre aux besoins, sans parler de
salaires de standard
canadien pour tout le monde.
Un autre objectif important est de satisfaire les
demandes des propriétaires du capital dans
les sables
bitumineux, le Plan Nord, le Cercle de feu et
d'autres projets
d'extraction de ressources à
l'échelle du Canada. Pour
eux, la situation des travailleurs en
chômage est une occasion en
or. Ils ne veulent pas payer
des salaires à un standard canadien et
fournir des
bénéfices et des pensions pour une
retraite en
sécurité. Ils ne veulent pas faire
face à des
travailleurs organisés en collectifs et
capables de se
défendre et de se battre pour des salaires,
des avantages
sociaux, des pensions et des conditions de travail
qu'ils jugent
acceptables.
Les changements annoncés à
l'assurance-emploi sont des
mesures pour écraser les syndicats et
forcer ces travailleurs
à travailler sans syndicat ou avec un
syndicat de compagnie ou
bien perdre leurs prestations d'assurance-emploi.
L'abaissement du niveau de vie des travailleurs
contribue à la crise de l'économie,
mais les
propriétaires du capital s'en fichent. Ils
réclament le
« droit » de monopole de prendre
toutes les
décisions. Ils veulent que l'État
leur vienne en aide en
leur procurant non seulement de la main-d'oeuvre
à bon
marché mais
de la main-d'oeuvre esclave. Le gouvernement
Harper répond
à l'appel en « aidant » les
travailleurs à se
trouver un emploi, une aide du style un parrain de
la mafia.
C'est une attaque contre tous les Canadiens pour
abaisser le niveau de vie et de travail de tous.
Le travail
forcé et l'esclavage moderne ne sont pas
acceptables. En plus,
ces mesures ne font qu'aggraver la crise. On doit
répondre
à cette situation par des façons de
penser et d'organiser
qui sont nouvelles afin que
tous s'unissent à la défense des
chômeurs, contre
le travail forcé et l'esclavage moderne et
à la
défense des droits de tous.

La criminalisation des chômeurs vise
à asservir la classe ouvrière
- Jim Nugent -
Les nouveaux règlements et
les mesures
administratives modifiant l'assurance-emploi que
le gouvernement Harper
a annoncées le 24 mai mènent
à une
détérioration de ce programme social
dont
dépendent des millions de travailleurs qui
sont mis à
pied ou perdent leur emploi sans que ce soit leur
faute. Ces
changements
vont pousser les chômeurs à la
misère en leur niant
les prestations d'assurance-emploi et donner un
pouvoir tyrannique sans
limite aux employeurs qui pourront dicter les
conditions d'emplois aux
chômeurs. Cet asservissement des
chômeurs accroît la
pression vers le bas sur le niveau de vie de la
classe ouvrière,
accroît
la pression sur les travailleurs pour les
soumettre au diktat
monopoliste et sert les ambitions agressives
globales de ce
gouvernement.
Dans un exercice honteux de duperie politique, la
ministre des Ressources humaines et du
Développement des
compétences Diane Finley a dit que les
changements à
l'assurance-chômage ont été
rendus
nécessaires par la « pénurie
de main-d'oeuvre
». C'est une affirmation incroyable quand on
pense que ce sont
les emplois, pas les travailleurs, qui connaissent
une pénurie
au Canada. Le Canada compte 1,4 million de
chômeurs. Parmi les
jeunes travailleurs, le taux de chômage est
de 14 % ; 400 000
d'entre eux sont à la recherche d'un
emploi. À cela
s'ajoutent trois millions de travailleurs à
temps partiel dont
un grand nombre
voudraient travailler à temps plein. Non
seulement Finley
donne-t-elle un faux argument pour justifier le
démantèlement de l'assurance-emploi,
mais elle cache que
le gouvernement Harper a failli à sa
responsabilité de
fournir des emplois à la population.
La ministre suggère que le système
d'assurance-chômage du Canada est trop
généreux.
Cela aussi est totalement ridicule. Le soutien
donné aux
chômeurs est bien en dessous des normes dans
les pays modernes
industrialisés et bien en dessous de ce
dont les travailleurs
canadiens ont besoin pour pourvoir à leurs
besoins pendant qu'ils cherchent un emploi.
Soixante pour cent des
travailleurs en chômage ne touchent aucune
prestation
d'assurance-emploi.
Dans son projet de loi 38 d'application du budget
de
2012, le gouvernement Harper s'est donné un
chèque en
blanc pour écrire des règlements sur
une vaste
quantité de sujets qui affectent la vie
quotidienne des
Canadiens sans avoir à recevoir
l'assentiment du parlement. Cela
comprend le pouvoir accru de la
ministre des Ressources humaines et du
Développement des
compétences de formuler des
règlements et de créer
des structures administratives pour le
régime
d'assurance-emploi, comme ceux qu'elle vient
d'annoncer.
Les attaques du gouvernement Harper contre les
chômeurs prennent deux formes : des
changements sont
apportés aux critères
d'admissibilité des
prestataires et à l'appareil administratif
chargé de
décider du sort des demandes de prestations
et des demandes
d'appel des décisions. La stratégie
du gouvernement
est très claire. Le gouvernement
érige une
barrière de règlements inacceptables
que les
chômeurs doivent satisfaire avant
d'être admissibles aux
prestations. De pair avec ces règlements,
on met en place un
nouvel appareil administratif qui met en pratique
de manière
très agressive les nouveaux
règlements pour criminaliser
les chômeurs et leur couper leurs
prestations. Pendant ce temps,
l'appareil administratif qui permet aux
travailleurs d'en appeler des
décisions incorrectes ou arbitraires
concernant leurs
prestations est démantelé.
Un des changements dans les critères
d'admissibilité qui sont apportés
est une
redéfinition de ce que Ressources humaines
et
Développement des compétences Canada
(RHDCC)
considère être un « emploi
convenable » que
les chômeurs doivent accepter. RHDCC
considère convenable
pour les travailleurs d'accepter
des salaires inférieurs de 10 à 30 %
aux salaires
précédents (dépendamment de
leur histoire de
prestations et de la durée des prestations
antérieures)
et des salaires plus bas que la moyenne, de
voyager pendant deux heures
ou plus par jour pour se rendre au travail et en
revenir, d'accepter
tout horaire de travail que
les employeurs demandent et d'accepter n'importe
quelle sorte d'emploi.
Le ministre des Finances Jim Flaherty a
très bien
résumé la nouvelle définition
d'un emploi
convenable quand il a dit que « n'importe
quel emploi est un bon
emploi ».
RHDCC a aussi
dévoilé un vaste
éventail de mesures administratives qui
seront liées aux
critères d'admissibilité. Plusieurs
mesures
administratives établiront des
critères rigides de ce que
constitue une recherche d'emploi raisonnable,
notamment «
l'intensité de la recherche d'emploi, le
type d'emploi
recherché
et les preuves des efforts de recherche d'emploi
». Le
ministère liera maintenant
l'assurance-emploi et les demandes
des employeurs pour des travailleurs temporaires
étrangers. Les
prestataires d'assurance-chômage devront
postuler pour des
emplois recherchés par les employeurs. Le
service de l'assurance-chômage
enverra trois offres d'emplois par jour au
prestataire. Celui-ci se
fera harceler et devra participer à des
ateliers de recherche
d'emploi, à des foires aux emplois,
à de la formation en
recherche d'emploi et à d'autres simulacres
« de recherche
d'emploi ». Il devra aussi participer
fréquemment à
des entrevues.
Chaque changement aux critères
d'admissibilité et chaque nouvelle mesure
administrative est une
occasion pour la branche exécutive de
l'assurance-emploi de
piéger, criminaliser et disqualifier les
chômeurs. Les
services chargés de l'application des
règlements auront
une multitude de possibilités de
déclarer qu'un
chômeur a refusé un emploi convenable
ou n'a pas fait de
recherche raisonnable d'emploi. Ils pourront
accuser un chômeur
qui a une vieille auto d'avoir refusé un
travail qui lui demande
de se déplacer 10 heures par semaine. Toute
offre d'emploi, tout
courriel de l'assurance-chômage ou toute
invitation à une
foire
aux emplois seront autant d'occasions de dire
qu'un chômeur n'a
pas fait une recherche raisonnable. Dans une
entrevue à la
presse le 20 mai, la ministre Finley a dit que
l'Unité
d'intégrité de
l'assurance-chômage (la police de
l'AE) devra être renforcée pour
pouvoir assurer
l'application des nouveaux changements
annoncés.
Alors qu'on augmente les occasions de
criminaliser et
disqualifier les chômeurs, leur
possibilité de faire appel
des décisions erronées ou
arbitraires est
attaquée. Il y a présentement deux
niveaux d'appels que
les chômeurs peuvent utiliser pour contester
des décisions
administratives du service de l'assurance-emploi.
On peut faire appel au Conseil arbitral, un
organisme tripartite de
1000 membres qui entend les récriminations
des travailleurs,
lesquels habituellement se représentent
eux-mêmes, et qui
rend habituellement ses décisions en moins
d'un mois. On peut en
appeler des décisions du Conseil arbitral
devant un juge-arbitre.
Ce système, qui entend environ 26 000
appels par
année, sera aboli et remplacé par un
nouvel organisme
appelé Tribunal de la
sécurité sociale qui
comprendra seulement 37 officiers devant entendre
les appels dans tout
le pays. Les audiences seront des
procédures judiciaires
formelles où les travailleurs auront
habituellement recours à un avocat. On
s'attend à de
longues listes d'attente, notamment pour trouver
des avocats, et à
d'autres barrières dans les
procédures d'appel qui
forceront les chômeurs à abandonner
leur appel suite
à des décisions administratives
injustes et les jetteront
dans la pauvreté.
Les attaques du gouvernement Harper contre le
droit des
chômeurs à un moyen de subsistance
décent pendant
qu'ils se cherchent un emploi mèneront
à une grande
réduction des dépenses du
gouvernement
fédéral pour les programmes sociaux,
ce qui va
libérer encore plus de revenus pour les
stratagèmes pour
payer les riches et pour les dépenses
militaires. Lorsque le
gouvernement Chrétien-Martin a sabré
dans les prestations
de l'assurance-chômage en 1993, cela a
créé un
surplus de 54 milliards $ dans le fonds de l'AE,
dont Martin s'est
emparé pour sa réduction «
miracle » du
déficit. Cette attaque du gouvernement
Harper va créer un résultat
semblable pour les riches,
mais l'ordre du jour de Harper comporte quelque
chose de plus. Il veut
déployer les travailleurs là
où ils sont requis
par les monopoles internationaux qui
opèrent au Canada.
Dans le communiqué de presse de RHDCC on
lit :
« Bien que les Canadiens touchant des
prestations
d'assurance-emploi ne seraient pas tenus
d'accepter du travail offert
en dehors d'une distance raisonnable, des avis
d'emploi provenant de
différentes régions leur seront
envoyés chaque
jour afin de les tenir au courant de tous les
emplois offerts dans leur
profession sélectionnée (ou une
profession connexe) dans
l'ensemble
du Canada. » C'est cela l'intention, la
même intention
qu'ont exprimée plusieurs ministres du
cabinet de Harper ces
derniers mois : vous, les travailleurs, allez
là où les
monopoles internationaux ont besoin de vous. RHDCC
va plonger les
chômeurs dans la misère et ceux-ci,
n'ayant pas les moyens
de vivre entre
deux emplois, n'auront pas d'autres choix que de
quitter leurs
communautés et faire ce que le gouvernement
leur demande de
faire.
Cette attaque contre les travailleurs au
chômage
fait partie des plans du gouvernement Harper pour
asservir totalement
la classe ouvrière et soumettre les
travailleurs au diktat des
monopoles internationaux qui opèrent au
Canada et au diktat
d'autres employeurs. Le plan est de forcer les
travailleurs à
aller là où
on a besoin d'eux, quand on a besoin d'eux et
à accepter les
conditions qu'on leur offre. Ces attaques contre
les chômeurs
font partie de l'offensive générale
du gouvernement
contre les travailleurs qui comprend la
criminalisation de leurs luttes
et de leurs organisations, la criminalisation de
toutes les formes de
résistance
et de dissidence, et l'élimination de toute
forme de
sécurité sociale pour les
travailleurs.
Le gouvernement Harper ne se reconnaît
aucun
engagement envers le bien public tel que
représenté par
des programmes comme la sécurité de
la vieillesse, les
services de santé et le soutien aux
chômeurs. Leur
engagement est envers le renforcement de la
soi-disant position
concurrentielle des monopoles qu'ils
servent et dans leur recherche
frénétique de domination
à l'intérieur de la sphère
d'intérêt
impérialiste américaine. Comme on
l'a vu avec la
Yougoslavie, l'Afghanistan, Haïti et la
Libye, le gouvernement
Harper, comme le gouvernement
Chrétien-Martin avant lui, a
placé le Canada sur le sentier des
conflits, de la
guerre et de l'occupation.
Les efforts du gouvernement Harper pour soumettre
la
classe ouvrière visent à mettre le
Canada toujours plus
sur un pied de guerre où les monopoles
impliqués dans la
production de guerre, y compris la fourniture de
ressources
stratégiques, exigent une main-d'oeuvre
esclave. Le plan de
RHDCC de créer un
cauchemar d'insécurité pour les
travailleurs mis à
pied et en chômage prépare le terrain
pour un programme de
travail forcé, lequel est un
élément clé de
ces changements. C'est maintenant qu'il faut s'y
opposer et
l'arrêter.

De nouveaux pouvoirs discrétionnaires
pour la
ministre des Ressources humaines
- Peggy Askin -
Les changements annoncés par la ministre
des
Ressources humaines, Diane Finley, au programme
d'assurance-emploi
doivent être appliqués par le biais
de règles qui
entreront en vigueur au début de 2013. Le
projet de loi 38, la
loi « budgétaire » omnibus,
abroge les sections de
la Loi sur l'assurance-emploi
liées aux termes «
emploi convenable » et à ce qui
constitue un «
effort raisonnable » dans la démarche
de recherche d'emploi. Ces deux critères
sont
déterminants pour ce qui est
d'évaluer si les
bénéficiaires conserveront leurs
prestations ou pas. Ces
critères seront dorénavant
définis par la ministre
au moyen de règles et pourront être
modifiés
à volonté selon les justifications
de l'heure que donnera
le gouvernement
Harper sous prétexte de servir
l'économie.
Sur la base de ses nouveaux
pouvoirs arbitraires lui
permettant de définir un « emploi
convenable » et un
« effort raisonnable », la ministre
Finley a annoncé
des mesures pour accroître le
harcèlement des
chômeurs, y compris leur imposer le fardeau
de la preuve (sur
leurs démarches pour trouver un nouvel
emploi)
et les épier. Dorénavant, les
prestataires
d'assurance-emploi seront évalués et
jugés pour
déterminer s'ils peuvent conserver leurs
prestations sur la base
de critères tels que la santé et les
responsabilités familiales. Qui
déterminera si la
santé d'un prestataire lui permet
d'accepter ou de refuser un
emploi ? Il y aura un
nouveau mécanisme pour évaluer
l'état de
santé, les responsabilités
familiales et les autres
circonstances personnelles qui
détermineront si un travailleur
se verra refuser ses prestations
d'assurance-emploi. Le temps requis
pour se rendre au travail est aussi un
critère. La ministre
Finley a dit que ce temps serait en moyenne
d'une heure mais pas limité a une heure. En
d'autres mots, il
peut être déterminé selon le
bon vouloir de la
ministre des Ressources humaines. Il est
prévu, entre autres,
que les prestataires puissent être
forcés de
déménager, puisque selon les
nouvelles règles, le
temps de déplacement raisonnable peut
varier selon le
bon vouloir de la ministre et selon l'objectif
avoué de «
lier les Canadiens aux emplois disponibles
».
D'autres critères qui contribuent à
la
nouvelle définition de ce qu'est un emploi
convenable sont la
catégorie de travail et les salaires, y
compris l'histoire
personnelle du prestataire vis-à-vis
l'assurance-emploi ainsi
que la durée des prestations. Ces
critères peuvent aussi
changer en tout temps et être
décrétés par
la ministre des Ressources humaines.
Le recours arbitraire au pouvoir exécutif
est
accru du fait que les mécanismes d'appel et
les tribunaux
existants pour le traitement des demandes en appel
des travailleurs qui
se voient refuser ou couper leurs prestations
seront abolis et
remplacés par un tribunal constitué
sans aucun doute de
personnes triées sur
le volet disposées à défendre
le droit de monopole.
L'ensemble de ces mesures qui accroissent les
pouvoirs
arbitraires exécutifs et réduisent
le parlement et les
institutions politiques encore plus à la
désuétude
est au service d'intérêts
privés qui sont
politisés tandis que l'intérêt
public est
dépolitisé. Cette soumission au
diktat des monopoles les
plus puissants démontre
la nécessité du renouveau
démocratique et d'une
nouvelle direction pour l'économie qui ne
place pas tous les
avoirs du pays à la disposition des cartels
de monopoles
géants. Leurs ambitions de transformer la
classe ouvrière
en une main-d'oeuvre servile et
déshumanisée ne doit pas
passer !

L'assurance-emploi au Canada: une protection
plus
faible que dans les autres pays
industrialisés
Le régime d'assurance-emploi du Canada
était très en retard par rapport aux
autres pays
industrialisés quand il a été
modernisé en
1971. Depuis, les gouvernements qui se sont
succédés
n'ont cessé de réduire les
prestations et de multiplier
les restrictions. Cela comprend l'importante
réduction des
prestations par
le gouvernement conservateur de Brian Mulroney et
le gouvernement
libéral de Chrétien-Martin. Il faut
d'autre part avoir
travaillé plus longtemps pour être
admissible aux
prestations, celles-ci durent moins longtemps et
ont baissé. En
tout temps, seulement 40 % des travailleurs sans
travail sont couverts
par l'assurance-
emploi, comparativement à 86 % en1976.
Seulement 12 % du salaire
perdu par le travailleur en chômage est
remplacé par
l'assurance-emploi, soit le plus faible taux de
tous les pays
industrialisés. (Voir les graphiques).
En plus des modifications à
l'assurance-emploi,
la détérioration de
l'économie a également
fait en sorte que de moins en moins de
travailleurs sont admissibles
à des prestations lorsqu'ils sont sans
travail. Les
chômeurs ne sont pas couverts durant de
longues périodes
de chômage à cause de la destruction
du secteur
manufacturier et dans d'autres secteurs (surtout
dans les
communautés à industrie unique) et
à cause des
longues périodes de relance sans
création d'emploi qui
suivent les récessions. L'augmentation du
travail à court
terme et précaire, l'augmentation du
travail à temps
partiel et les longues périodes de travail
avant
admissibilité pour les travailleurs
immigrants sont
également des facteurs qui font baisser la
protection des
chômeurs. Les modifications apportées
par le gouvernement
Harper rendront la situation encore plus grave. Le
gouvernement nous
ramène à la situation qui existait
dans les années
1950 et 1960.
Taux moyens du remplacement de salaire de
1961
à 2005

Pourcentage de chômeurs
admissibles aux
prestations de 1976 à 2010

Taux moyens de remplacement de
salaire
des pays de l'OCDE (2005)


Les Canadiens se
prononcent
Vigoureuse dénonciation au
Québec
Le 11 mai dernier, les centrales syndicales
québécoises, la
Fédération des travailleurs
et travailleuses du Québec (FTQ), la
Confédération
des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des
syndicats du
Québec (CSD) et la Centrale des syndicats
démocratiques
(CSD), ont émis un communiqué
conjointement avec le Bloc québécois
et le NPD
dénonçant la façon
antidémocratique dont le
projet de loi omnibus 38 est en train d'être
passé au
parlement. Le communiqué s'en prend
particulièrement aux
changements proposés au programme de
l'assurance-chômage.
Le communiqué dit qu'au nom des coupures
de
coûts, le gouvernement veut abolir les
mécanismes et les
tribunaux d'appels en place actuellement et les
remplacer pas un
Tribunal de la sécurité sociale. Le
communiqué
conteste la raison invoquée des coupures de
coûts parce
que non seulement,
dit-il, le gouvernement n'a pas fait la preuve que
de tels changements
sont nécessaires, mais le régime
d'assurance-chômage
est entièrement financé par les
travailleurs et leurs
employeurs (le gouvernement fédéral
n'a pas mis un sous
dans le régime depuis 1990).
Les signataires disent que la mise sur pied du
Tribunal
de sécurité sociale aura pour effet
de restreindre la
capacité des prestataires de
l'assurance-chômage à
faire appel des décisions de la Commission
de l'AE et d'obtenir
justice. Selon eux, le système actuel des
tribunaux et
mécanismes d'appel
fonctionne bien et ne devrait pas être aboli
puisque chaque
année les tribunaux d'appel entendent 27
000 cas et que 2300
d'entre eux sont entendus au deuxième
niveau d'appel devant les
juges-arbitres.
Bien que le projet de loi ne contienne aucune
information sur les critères de
sélection des membres du
nouveau tribunal, l'obsession du gouvernement
à couper les
coûts porte à croire que le nouveau
tribunal et les
nouveaux mécanismes d'appel seront beaucoup
plus restrictifs.
En plus de restreindre l'accessibilité au
processus d'appel, les nouveaux mécanismes
décourageront
particulièrement les travailleuses et les
travailleurs qui se
représentent seuls. Le communiqué
rappelle que
près de 85 à 90 % des appels devant
les conseils
arbitraux concernent des prestataires
qui se représentent eux-mêmes.
Par ailleurs, affirme le communiqué, tout
porte
à croire que les audiences du nouveau
tribunal seront tenues
dans un nombre de localités
inférieur à ce que
l'on connaît actuellement, ce qui veut dire
que les prestataires
devront se déplacer davantage ou qu'il y
aura un plus grand
nombre d'entrevues
par conférence vidéo. « Par
expérience, on
sait que tous les dossiers qui nécessitent
une
appréciation de la
crédibilité des témoins
se prêtent mal à ce mode de
communication », de
préciser les porte-parole.
L'article 605 du projet de loi C-38 abroge la
définition d'emploi non convenable
prévue à la
loi. Parallèlement, l'article 608 du projet
de loi ajoute aux
pouvoirs de réglementation de la Commission
celui de
déterminer ce que constitue un emploi
convenable en fonction des
différentes catégories
de prestataires, et de déterminer ce que
constituent des
démarches raisonnables de recherche
d'emploi. « Il nous
apparaît manifeste que le gouvernement
entend obliger les
prestataires à accepter des emplois qui
étaient
jusqu'à maintenant des emplois non
convenables sous peine
d'exclusion aux
prestations, et ce, indépendamment du
profil des prestataires,
de leur formation et de leur expérience, ce
qui peut constituer
une perte de productivité importante au
plan économique
», d'affirmer les signataires.
Le gouvernement, note le communiqué,
contrevient
à la notion d'emploi convenable
énoncée par le
droit international prévu à
l'article 21 de la Convention
de l'Organisation internationale du travail (OIT)
sur la promotion de
l'emploi et la protection contre le chômage.
La Convention
demande
de tenir compte de la formation, de
l'expérience et des
qualifications du prestataire dans la
définition de l'emploi
convenable. Il est contreproductif sur un plan
économique,
disent les signataires, d'obliger un prestataire
à accepter un
emploi ne répondant pas à sa
formation et à ses
compétences.
« Le gouvernement conservateur doit
maintenir non
seulement les mécanismes d'appel actuels,
mais également
la notion d'emploi convenable. Il ne peut
continuer de restreindre sans
cesse les droits des chômeuses et des
chômeurs »,
conclut le communiqué.

Piquetage devant le bureau de
Diane
Finley

Le 28 mai les métallos de Hamilton ont
tenu une
militante ligne de piquetage devant le bureau de
la ministre
fédérale des Ressources humaines
Diane Finley
(Haldimand-Norfolk) à Simcoe, en Ontario.
Ils voulaient exprimer
l'opposition des travailleurs aux modifications
faites par le
gouvernement
Harper au régime de l'assurance-emploi,
une attaque contre les
sections les plus vulnérables de la
classe ouvrière et
contre tous les travailleurs. Les slogans sur
les pancartes : «
Des emplois pour tous ! », «
Dénonçons les
attaques contre les chômeurs ! » et
« Secteur
manufacturier oui, destruction
nationale non ! » avaient pour
thème que le gouvernement a
le devoir de voir au bien-être des
travailleurs et de la
population et de défendre
l'intérêt public, pas de
servir les intérêts privés
des monopoles.

La Fédération du
travail
de l'Alberta condamne
les nouveaux règlements sur
l'embauche
de travailleurs migrants
La Fédération du travail de
l'Alberta
(FTA) a émis un communiqué le 15 mai
condamnant les
modifications apportés au Programme pour
travailleurs
étrangers temporaires qui permettent aux
employeurs d'embaucher
des travailleurs étrangers à un
salaire 15 % en dessous du
salaire moyen
. La FTA dit que ces changements visent à
faire baisser les
salaires de tous les travailleurs et à
monter les travailleurs
les uns contre les autres.
«Avec ces changements, le gouvernement
fédéral permet aux employeurs de se
servir des
travailleurs étrangers temporaires comme
levier pour faire
baisser les salaires et les conditions de travail,
et ce même
à l'heure où la performance de
l'économie
albertaine devrait normalement mener à
une hausse des salaires», dit Gil McGowan,
président de la
FTA.
McGowan dit que les Canadiens seraient sans doute
alarmés d'apprendre que 30 % de tous les
emplois
créés au Canada entre 2007 et 2011
ont été
comblés par des travailleurs
étrangers temporaires,
à l'heure où 1,4 million de
Canadiens se cherchent du
travail et que le taux de chômage demeure
élevé dans plusieurs régions
du pays.
« Même avant ces changements, le
programme
pour travailleurs étrangers temporaires
était devenu le
choix premier de nombreux employeurs plutôt
qu'un programme de
dernier recours, dit McGowan. Avec la baisse des
salaires de ces
travailleurs, la situation va être encore
pire. »
« La bande à Harper se sert des
programmes
gouvernementaux pour aider les employeurs qui ne
veulent pas payer
leurs employés et qui ne veulent pas les
former, dit-il. C'est
une utilisation illégitime des
prérogatives
gouvernementales. Le gouvernement est censé
être pour et
par le peuple mais
nous avons affaire à un gouvernement contre
le peuple. »
Concernant les modifications à
l'assurance-emploi, la FTA déclare qu'elles
feront
inévitablement du tort aux familles
ouvrières du Canada.
« Pour le comble, plutôt que de
discuter de ces changements
importants avec les Canadiens, le gouvernement de
Stephen Harper les a
enfouis dans un projet
de loi omnibus, dit Gil McGowan. Le gouvernement
conservateur de
Stephen Harper préfère appliquer ses
mesures
profondément antiouvrières en
cachette. »
« Si nous avons besoin des travailleurs de
l'extérieur du Canada, et il serait facile
de démontrer
que c'est le cas, amenons-les ici en tant que
citoyens ou citoyens
potentiels. En tant que citoyens ils ne seraient
pas en proie à
l'exploitation et à l'abus. En tant que
citoyens ils
renforceraient la situation
des travailleurs plutôt que de la saper.
»

Actions devant les bureaux de
députés conservateurs
contre la baisse de salaire des
travailleurs migrants
Des travailleurs migrants et leurs alliés
ont
tenu de militantes actions devant les bureaux de
quatre
députés conservateurs à
Toronto,
Kitchener-Waterloo, London et Vancouver le 25 mai
pour protester contre
la récente décision du gouvernement
Harper de permettre
aux employeurs de payer
des travailleurs compétents 15 % de moins
que le salaire moyen.
D'autres actions sont prévues.

Au bureau
du
député Joe Oliver à
Toronto le 25 mai 2012
|
Les actions étaient organisées par
l'Alliance des travailleurs migrants pour le
changement (Migrant
Workers' Alliance for Change), qui regroupe des
groupes communautaires,
des syndicats et des travailleurs et qui a pour
mission
d'améliorer les conditions de travail et de
lutter pour une
meilleure
protection pour les travailleurs saisonniers du
secteur agricole, les
aides familiaux résidants et autres
travailleurs temporaires.
Plus de 50 personnes ont manifesté devant
le
bureau du ministre fédéral des
Ressources naturelles Joe
Oliver à Toronto et distribué des
tracts à la
population. Ils demandent que le gouvernement
retire cette mesure
régressive qui cible les travailleurs les
plus
vulnérables. Les orateurs ont
souligné
que les travailleurs migrants subissent
déjà une
exploitation brutale et sont
sous-rémunérés. Ils
ont noté que la mesure régressive du
gouvernement Harper
vise à répondre à la
soi-disant «
pénurie de main-d'oeuvre »
sans pour autant améliorer la supervision
du Programme pour
travailleurs étrangers temporaires, qui
créent
littéralement des conditions d'esclavage et
permet aux
employeurs de soumettre les travailleurs les plus
vulnérables
à des conditions arbitraires.

Devant le
bureau
de la députée Wai Young
à Vancouver
le 25 mai 2012
|
En 2011, le Canada a fait venir quelque 191 000
travailleurs temporaires. De ce nombre, 67 000
sont allés en
Ontario. Il n'y a que 30 inspecteurs pour
superviser les conditions de
travail, ce qui fait que ces travailleurs sont
extrêmement
vulnérables et doivent la plupart du temps
travailler dans
des conditions non sécuritaires et se font
voler par les
employeurs.
L'Alliance des travailleurs migrants pour le
changement
continuera ses actions pour exiger que le
gouvernement satisfasse les
revendications suivantes :
Que le droit d'établissement soit
accordé
dès l'arrivée des travailleurs
migrants. Ils ne doivent
pas être liés à un seul
employeur, être
requis de vivre dans la demeure de l'employeur ou
être sujets
à des examens médicaux additionnels.

Devant le
bureau
du député Peter Braid
à Kitchener-
Waterloo le 25 mai 2012
|
Que le droit d'accès égal soit
accordé pour tous les programmes sociaux, y
compris
l'assurance-emploi, la santé, les services
d'établissement, les services sociaux et
les indemnités
pour accident au travail.
Que le doit à une procédure
équitable soit accordé aux
travailleurs migrants avant de
devoir obéir à un ordre
d'évacuation et que
cessent les expulsions sans procédure
équitable.
Que le droit à la pleine protection de la
loi sur
les normes du travail soit accordé aux
travailleurs migrants au
même titre que les citoyens et
résidents permanents, y
compris la gratuité des services de
placement.

À titre
d'information
Communiqué du
ministère
des Ressources humaines et
Développement des
compétences
(extraits)
Par l'intermédiaire du Plan d'action
économique de 2012, le
gouvernement du Canada apporte des
améliorations importantes
afin de
jumeler les chômeurs canadiens avec des
emplois locaux.
Un volet de ce plan consiste à
définir des
attentes claires en ce
qui concerne les Canadiens et Canadiennes qui
touchent des prestations
d'assurance-emploi pendant qu'ils cherchent un
emploi. Cela comprend
également la définition
précise de ce qui
constitue un emploi
convenable et une recherche d'emploi
raisonnable.
En vertu de la Loi sur l'assurance-emploi en
vigueur,
les Canadiens
et Canadiennes qui touchent des prestations
d'assurance-emploi doivent
être à la recherche d'un emploi.
Toutefois, la loi
actuelle n'est pas
claire quant à ce qui constitue un «
emploi convenable
» et une «
recherche d'emploi raisonnable ». La
Loi sur l'assurance-emploi stipule que les
prestataires doivent
chercher et accepter un emploi convenable, sans
définir ce
concept. La
loi ne définit que ce qui constitue «
un emploi non
convenable ».
Dans le projet de loi C-38, Loi sur l'emploi, la
croissance et la prospérité
durable, le
gouvernement exprime son intention de
définir clairement ce qui
constitue un « emploi convenable » et
une « recherche
d'emploi
raisonnable ». Si le projet de loi C-38
reçoit la sanction
royale, le
Gouvernement définira ces termes dans la
nouvelle
réglementation.
REMARQUE : Ces améliorations s'appliquent
uniquement aux Canadiens
et aux Canadiennes qui touchent des prestations
régulières
d'assurance-emploi et des prestations de
pêcheur. Elles ne
s'appliquent
pas à ceux et celles qui touchent des
prestations
spéciales
d'assurance-emploi (prestations de
maternité, parentales,
de compassion et de maladie).
Emploi convenable
Plusieurs facteurs déterminent la
définition d'un emploi convenable, dont les
facteurs suivants :
La situation personnelle — la situation
personnelle d'un
Canadien ou d'une Canadienne qui touche des
prestations
d'assurance-emploi sera prise en compte pour
déterminer ce qui
constitue un emploi convenable. Les prestataires
d'assurance-emploi
pourront refuser un emploi si :
- Ils ont des problèmes de santé
qui les
empêchent d'accepter un emploi particulier ;
- Ils ont des obligations familiales qui les
empêchent de travailler à certaines
heures de la
journée ;
- Ils ont des possibilités de transport
limitées qui les empêchent de se
rendre au travail et d'en
revenir ; ou
- Ils sont physiquement incapables d'effectuer le
travail demandé.
Les conditions de travail (p. ex., le
poste
offert n'est pas disponible en raison d'une
grève, d'un lockout
ou d'un autre type de conflit de travail).
Les heures de travail (c.-à-d.,
toutes
les heures de travail,
y compris les heures par jour et disponibles en
dehors de l'horaire de
travail antérieur, doivent convenir pour
l'emploi).
Le temps de déplacement (c.-à-d.,
le
lieu de travail se
trouve à moins d'une heure de
déplacement — cela pourrait
être plus
élevé si l'on tient compte de
l'historique du temps de
déplacement et
du temps de déplacement moyen dans la
région).
Deux autres critères détermineront
la
définition d'un emploi
convenable. De plus, ils pourraient varier selon
les recours
antérieurs
à l'assurance-emploi et la durée des
périodes de
prestations des
prestataires. Ces facteurs sont les suivants :
- le type de travail (responsabilités,
tâches, qualifications, expérience) ;
- le salaire.
Les prestataires d'assurance-emploi pourraient
être placés dans l'une des trois
catégories
suivantes :
les travailleurs de longue date, à
savoir
les prestataires
qui ont cotisé au régime
d'assurance-emploi pendant au
moins sept des
dix dernières années et qui, au
cours des cinq
dernières années, ont
touché des prestations
régulières
d'assurance-emploi ou des prestations
de pêcheur pendant une période qui
ne dépasse pas 35 semaines ;
les prestataires fréquents,
à
savoir ceux qui, au cours des
cinq dernières années, ont
présenté trois
demandes ou plus de
prestations régulières ou de
pêcheur et ont
touché des prestations
pendant plus de 60 semaines ;
les prestataires occasionnels, à
savoir
tous les autres prestataires.
Travailleurs de longue date
Cette catégorie comprendrait tous les
demandeurs
qui ont participé
au régime d'assurance-emploi pendant sept
des dix
dernières années et
qui au cours des cinq dernières
années ont touché
35 semaines ou moins
de prestations régulières
d'assurance-emploi ou de
prestation pour
pêcheur.
Plus la période où les travailleurs
de
longue date touchent de
prestations est longue, plus ils devraient
élargir leur
recherche
d'emploi. Toutefois, on accorderait aux
travailleurs de longue date
beaucoup plus de temps pour trouver un emploi dans
leur domaine et
à un
salaire semblable (à partir de 90 pour 100
de
leur salaire horaire précédent).
Après 18 semaines
de prestations, les
travailleurs de longue date devraient
élargir leur recherche
d'emploi
pour englober des emplois semblables à leur
emploi habituel et
pour
accepter un salaire à partir de 80 pour 100
de leur salaire
horaire
précédent.
Prestataires fréquents
Cette catégorie comprendrait tous les
demandeurs
qui ont présenté
trois demandes ou plus de prestations
régulières ou de
pêcheur et ont
touché des prestations
régulières ou de
pêcheur pendant plus de 60
semaines au cours des cinq dernières
années. Les
prestataires fréquents
devraient élargir leur recherche d'emploi
pour englober des emplois semblables à leur
emploi habituel
dès le
début de leurs prestations
d'assurance-emploi (1 à 6
semaines) et
accepter un salaire à partir de 80 pour 100
de leur salaire
horaire
précédent. Après sept
semaines de prestations, ils
devraient accepter
tout travail pour lequel ils sont qualifiés
(avec
une formation en milieu de travail au besoin) et
accepter un salaire
à
partir de 70 pour 100 de leur salaire horaire
précédent.
Prestataires occasionnels
Cette catégorie comprendrait tous les
demandeurs
qui ne
cadrent pas avec les définitions de
prestataires
fréquents ou de
travailleurs de longue date. Ces demandeurs se
sont rarement
trouvés en
chômage et ont peu d'expérience dans
la recherche
d'emploi. Les
prestataires occasionnels auraient le droit de
limiter leur recherche d'emploi à leur
domaine professionnel
habituel
et leur salaire habituel (au moins 90 pour 100 de
leur salaire horaire
précédent) pendant les six
premières semaines de
prestations. Après
sept semaines de prestations, ils devraient
élargir leur
recherche
d'emploi pour englober des emplois semblables
à leur emploi habituel et accepter un
salaire à partir de
80 pour 100
de leur salaire horaire précédent.
Après 18
semaines de prestations,
ils devraient élargir encore leur recherche
d'emploi afin
d'inclure
tout travail pour lequel ils sont qualifiés
(avec une formation
en
milieu de travail au besoin) et accepter un
salaire
à partir de 70 pour 100 de leur salaire
horaire
précédent, mais
au-dessus du salaire minimum en vigueur.
Recherche d'emploi raisonnable
Le Gouvernement cherche à clarifier ce qui
constitue une recherche
d'emploi raisonnable. Les efforts de recherche
d'emploi des
prestataires d'assurance-emploi seraient
évalués selon
les
critères
suivants :
Recherche d'emploi et mesures
d'employabilité — Les Canadiens
et
les Canadiennes qui touchent des prestations
d'assurance-emploi
devront mener les activités de recherche
d'emploi suivantes
pendant
qu'ils touchent leurs prestations :
- recherche et évaluation d'emplois
potentiels ;
- préparation en vue d'une demande
d'emploi
(préparation d'un curriculum vitae) ;
- recherche de postes vacants ;
- demande de postes ;
- participation à des entrevues ;
- autres efforts pour augmenter leur
employabilité (ateliers, centres d'emploi,
salons de l'emploi,
réseautage, etc.).
Intensité de la recherche d'emploi —
Les Canadiens
et les Canadiennes qui touchent des prestations
d'assurance-emploi
devront chercher un emploi chaque jour où
ils touchent des
prestations.
La fréquence de leur recherche d'emploi et
la diversité
de leur
recherche devraient correspondre
aux possibilités offertes. Par exemple,
dans une ville ou une
collectivité où il y a peu
d'emplois, la recherche
d'emploi devrait
mettre l'accent sur la recherche d'occasions
d'emploi (soit la
recherche) et non la présentation d'une
demande d'emploi pour le
même
emploi ou auprès de la même
entreprise tous les jours.
Par comparaison, une recherche d'emploi dans un
secteur où il
existe de
nombreuses possibilités d'emploi devrait
mettre l'accent sur la
recherche de postes disponibles et sur la
présentation de
demandes
d'emploi pour de tels postes.
Type d'emploi recherché — Lors de
la
recherche d'un emploi,
l'emploi recherché par un prestataire
d'assurance-emploi devra
correspondre à la définition d'un
emploi convenable.
Preuves des efforts de recherche d'emploi —
Les
Canadiens
et
les Canadiennes qui touchent des prestations
d'assurance-emploi doivent conserver un journal de
leurs
activités de
recherche d'emploi et présenter, sur
demande, des preuves qui
attestent
de toutes les activités de recherche
d'emploi
qu'ils ont menées.
Les prestataires d'assurance-emploi qui se ne se
conforment pas aux
exigences relatives à la recherche d'emploi
courent le risque de
ne
plus recevoir leurs prestations jusqu'à ce
qu'ils s'y conforment.

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