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Numéro 64 - 28 mai
2012
L'argument du «50 sous par
jour» de Jean Charest
Éduquer la jeunesse est une
responsabilité sociale

Plus de 200 000 personnes
ont manifesté dans les rues de Montréal le 22 mai 2012.
L'argument
du «50 sous par jour» de Jean Charest
• Éduquer la jeunesse est une
responsabilité sociale
• Les monopoles et leurs gouvernements ont des
droits, pas les étudiants du Québec - George
Allen
• «50 sous par jour» veut dire que
les étudiants versent 100 millions$ de plus en
intérêt aux banques - K. C. Adams
• 50 sous par jour? - Laurent Theis,
Ph.D
• La dette étudiante aux
États-Unis atteint mille milliards de dollars
Événements
• Le gouvernement et les associations
étudiantes se rencontrent lundi
• Manifs des casseroles: les gens se joignent
aux manifestants dans les quartiers
L'argument du «50 sous par
jour» de Jean Charest
Éduquer la jeunesse est une
responsabilité sociale
Chaque société a la responsabilité
d'éduquer sa jeunesse. Comment un peuple et une
société peuvent-ils survivre sans cela ? Les
modalités de cette responsabilité sont inscrites dans les
conditions matérielles de chaque société. À
mesure que la société devient plus sociale, complexe et
développée en termes de son organisation et de ses forces
productives, le transfert de la connaissance aux jeunes doit, lui
aussi, devenir plus social, public et organisé afin de
refléter ses conditions matérielles et surmonter les
difficultés associées au progrès de
l'éducation et de la société dans son ensemble.
Notre société moderne et ses membres ont
la responsabilité sociale de voir à ce que tous les
jeunes soient éduqués chacun selon son potentiel afin que
chacun soit en mesure de défendre les connaissances acquises de
la société et de les développer au niveau requis
pour résoudre nos problèmes politiques,
économiques et sociaux et ouvrir une voie vers l'avant.
Les sociétés antérieures, où
régnait une petite production dispersée, connaissaient
des difficultés pour ce qui est de l'éducation de leurs
jeunes du fait qu'elles devaient s'appuyer principalement sur les
familles étendues, les confréries et les organisations
religieuses, ce qui avait pour effet de restreindre l'apprentissage aux
confins de leur expertise ou dogme particulier. Il en résultait
que toute avance en termes de connaissance, surtout dans le domaine de
la science et de la productivité du travail, se perdait dans son
isolement ou était ensevelie sous les règlements
rigoureux de la production imposés par l'élite dominante
ayant des privilèges de classe ou de religion.
Le peuple s'étant soulevé et ayant rompu
l'emprise de l'élite aristocratique et religieuse sur les
affaires de l'État, a ouvert une voie où la science, la
productivité du travail et le transfert de la connaissance aux
jeunes par le biais de l'éducation publique devenaient de
puissants outils permettant d'améliorer les conditions de vie de
la population et d'élever la société à des
niveaux jusque-là inconnus.
Charest, Harper et les
premiers ministres des provinces canadiennes constituent un rempart de
privilège de classe déterminé à
détruire la société et à bloquer la marche
vers des réformes démocratiques basées sur les
droits du peuple. Ils consolident présentement le pouvoir
politique du droit de monopole et des intérêts des
monopoles privés ainsi que le contrôle des monopoles
mondiaux sur les ressources publiques du peuple, de leurs avoirs et de
leurs forces productives.
Selon cet ordre du jour néolibéral,
Charest et les autres imposent des obstacles à
l'éducation publique ainsi qu'au transfert sans entraves de la
connaissance à nos jeunes. Ses augmentations de frais de
scolarité sont une arme de plus lui permettant de forcer
l'éducation publique à servir les intérêts
privés des monopoles. Son attaque contre l'éducation
publique ainsi que son refus de négocier avec les
étudiants l'ont inévitablement mené à une
« loi spéciale » qui attaque les droits de tous.
Ces attaques contre le droit public et les
intérêts généraux de la
société sont rétrogrades et révèlent
une tendance au sein de l'élite dominante actuelle au
Québec et dans les provinces canadiennes d'introduire à
nouveau les vestiges de l'ancien régime répressif
basé sur le privilège de classe aristocratique et le
contrôle étouffant de l'élite religieuse. Notre
société ne peut pas tolérer ou même survivre
une telle tendance à restreindre les droits démocratiques
et le transfert de la connaissance à nos jeunes pour ne servir
que les intérêts privés des monopoles tels que
l'oligopole banquier, celui-là même qui profite des
prêts étudiants. Le fait de manipuler l'éducation
publique pour qu'elle serve les intérêts privés
particuliers de la grande entreprise ressemble bel et bien au
contrôle des jeunes corps et âmes exercé par
l'establishment aristocratique et religieux d'antan. Une
société sociale et publique telle qu'elle existe au
Québec et au Canada ne peut survivre tant et aussi longtemps que
des intérêts privés dominent et manipulent la
politique et le domaine public, y compris l'espace public servant au
transfert de la connaissance à nos jeunes.
La croisade de Jean Charest pour imposer de plus en plus
de restrictions à l'éducation publique avec entre autres
l'augmentation des frais de scolarité se base sur une notion
aristocratique voulant que la société n'existe que pour
servir les intérêts privés et non
l'intérêt public. Ce retour en arrière, au temps
où le corps politique était basé sur la petite
production dispersée et dominée par une aristocratie, un
pouvoir colonial et un dogme religieux, est en contradiction avec les
besoins et les responsabilités sociales de notre
société moderne. Ce recul est impossible dans le cadre de
notre société actuelle qui est publique et sociale et qui
s'écroulera si les intérêts
privilégiés et privés continuent de dominer.
Les jeunes savent d'instinct que l'éducation doit
être ouverte à tous et que notre société ne
survivra pas tant que des restrictions seront imposées sur les
droits démocratiques et le transfert de la connaissance. La
classe ouvrière le sait aussi d'instinct, mais la classe
dominante, elle, qui favorise le privilège de classe,
l'exploitation et l'obscurantisme religieux, fait un barrage de
propagande et impose des mesures rétrogrades telles que la
taxation individuelle, qui ont pour effet de créer des doutes
sur la capacité de la société de financer le
transfert public de la connaissance.

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En masse, les gens confrontent leurs hésitations
et leurs doutes, suivent les bons instincts de la jeunesse et se
tiennent avec elle dans sa lutte. L'organisation et le financement du
transfert public de la connaissance aux jeunes peuvent être
résolus quand la volonté populaire est derrière un
tel projet et c'est pourquoi il est nécessaire de continuer de
mettre le plein poids de la société en appui à la
demande des jeunes que se tiennent des états
généraux sur lesquels le peuple peut exercer un
contrôle. C'est de cette façon qu'il peut canaliser le
pouvoir nécessaire pour exercer un contrôle sur les
décisions politiques qui le concernent.
La société et ses membres contestent de
plein front le pouvoir politique de Charest. C'est aussi ce qu'il faut
faire face au pouvoir politique de Harper et des premiers ministres
provinciaux, pouvoir qui consiste à priver le peuple de son
droit démocratique de faire avancer la société.
Par la résistance organisée à ce qui est injuste,
le peuple met de l'avant sa propre vision de société. Il
doit le faire de telle sorte à priver les Charest, Harper et
compagnie de leur pouvoir d'attaquer les droits démocratiques et
d'empêcher la société d'assumer ses devoirs
d'organiser de façon publique et intégrale le transfert
sans entraves de la connaissance aux jeunes afin de servir les
intérêts publics et les intérêts
généraux de la société.
La classe ouvrière et ses alliés doivent
s'assurer que le droit public et l'intérêt public
l'emportent sur le droit de monopole et les intérêts
privés des monopoles, parce que le plan de destruction
antisociale des riches et de leurs représentants politiques
n'est pas soutenable. Les sociétés ne peuvent pas
survivre sous un tel poids. Elles implosent ou explosent d'une
façon ou d'une autre.
Notre jeunesse a droit à un transfert sans
entraves de la connaissance de la génération
précédente ainsi que le devoir d'étudier et
d'atteindre son potentiel et de contribuer au développement des
connaissances de la société.
Le peuple a le devoir et le droit démocratiques
de s'organiser et de lutter pour défendre l'intérêt
public et de faire avancer la société.
Non à la hausse des droits de
scolarité et à la «loi spéciale»!
Une éducation publique pour tous!
La société doit assumer sa responsabilité
d'éduquer sa jeunesse sans restriction!

Les monopoles et leurs gouvernements ont des droits,
pas les étudiants du Québec
- George Allen -
Les médias monopolisés, notamment le Edmonton
Journal et le Calgary Herald de l'Alberta, produisent un
flot continu de désinformation contre la juste lutte des
étudiants du Québec pour le droit à
l'éducation, contre la hausse des frais de scolarité et
contre la mesure de guerre du gouvernement Charest, et pour le droit de
résister et de s'organiser. Entre autres, ils disent que les
étudiants du Québec ont un faux sens du droit
inaliénable quand ils exigent que leur droit à
l'éducation, qu'ils possèdent du fait qu'ils sont des
êtres humains, soit garanti par le gouvernement. C'est ainsi
qu'un chroniqueur du Edmonton Journal énonce dans une
article du 19 mai : « Dites que ce sont des activistes
étudiantes si vous le voulez, mais pour moi ce sont des enfants
gâtés. Ce sont des casseurs et des anarchistes qui versent
dans la culture de la victimisation, tout comme les souverainistes du
Parti québécois et du Bloc québécois. Leur
sens du droit est si enraciné qu'ils ne peuvent tolérer
la moindre hausse des frais de scolarité alors que les frais au
Québec sont de loin les plus bas au Canada. »
Après avoir ainsi calomnié les
étudiants pour leur « sens du droit », ainsi que les
millions de Québécois et de Québécoises qui
soutiennent le droit de la nation québécoise à
l'autodétermination, l'auteur poursuit dans sa lancée en
s'attaquant aux Grecs : « Dans un certain sens, ce qui se passe
au Québec est un peu l'écho de ce qui se passe en
Grèce, où, là encore, une culture bien
enracinée du sens du droit inaliénable et une profonde
aversion pour le travail honnête, ont mené le pays
à la catastrophe. Les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens
depuis des décennies. » Évidemment, il ne mentionne
pas les oligarques grecs, comme les magnats du transport et les
créanciers étrangers qui ont accumulé des
milliards de dollars sur le dos des travailleurs grecs avec la
complicité de l'État et qui sont la cause de la crise
dans ce pays. Il oublie également de dire qu'avec les mesures
d'austérité le peuple grec a perdu quelque 60 % de son
pouvoir d'achat et que pour la première fois depuis la
Deuxième Guerre mondiale il connaît la faim et la
malnutrition. Puis, comme si ce n'était pas assez, il se lance
dans une attaque contre « tous les citoyens des autres pays
endettés de l'Europe, de l'Espagne au Portugal à
l'Islande, qui réclament maintenant le droit de ne pas payer.
»
Mais qui a vraiment des droits ? Les étudiants du
Québec qui luttent pour leur droit à l'éducation,
les Québécois qui appuient le droit du Québec
à l'autodétermination, les peuples d'Europe qui luttent
pour leurs droits contre le diktat monopoliste et les soi-disant
mesures d'austérité imposées par le FMI et la
Banque mondiale qui sont en train de tout détruire ? Ou les
monopoles et leurs représentants au gouvernement, comme Harper,
qui sont les vrais porteurs de la culture du droit inaliénable
quand ils imposent leur volonté à tout le monde et
considèrent les ressources et le travail de pays entiers comme
une propriété personnelle à utiliser comme bon
leur semble ? Ce n'est pas une coïncidence que les monopoles
accusent les travailleurs d'avoir le même « sens du droit
inaliénable ». En janvier dernier, le PDG du Groupe
Chrysler, Sergio Machionne, a déclaré que la structure
actuelle des salaires, avantages sociaux et pensions est « une
notion dépassée du droit ». Selon lui, les
salaires, avantages sociaux et pensions ne sont pas des
réclamations légitimes à la valeur que les
travailleurs produisent mais l'expression d'un sens
exagéré du « droit ». Quelle perversion ! Qui
plus est, il accompagne son accusation de menaces de fermetures
d'usines si les travailleurs de l'automobile ne capitulent pas aux
demandes de concessions de Chrysler.
Le roi Stephen Harper est lui-même enivré
par son sens du droit en tant que premier ministre du Canada. Cela se
voit dans sa tendance à vouloir continuellement imposer sa
« prérogative royale » et celle de ses ministres. En
défendant le « droit » de sa ministre Bev Oda de
couper le financement à l'organisation Kairos pour des raisons
politiques, Harper a dit en chambre le 15 février 2011 : «
La décision n'a pas été prise par des
fonctionnaires désignés, et les organisations externes
n'ont pas un droit inaliénable. La ministre doit prendre des
décisions pour s'assurer que l'argent des contribuables est
utilisé efficacement sous forme d'aide à
l'étranger, et c'est ce qu'elle a fait. » La
prérogative ministérielle a été incluse
dans le système du gouvernement dit responsable pour s'assurer
que le pouvoir demeure toujours entre les mains de la classe dominante
représentant les intérêts de
propriété et que les gouvernements aient les moyens
d'imposer ce pouvoir sans que leurs décisions ne soient
déclarées ultra vires, c'est-à-dire
extérieures à la constitution. Ce n'est pas le peuple qui
est investi de la souveraineté, c'est la couronne, et
aujourd'hui cela signifie les monopoles qui contrôlent
l'économie et les affaires de l'État. À force de
citer ses prérogatives et ses droits à tout bout de
champ, le roi Stephen a réduit la Chambre des communes à
l'impuissance pendant que lui et son entourage s'en tirent avec les
décisions les plus réactionnaires sur tous les fronts.
L'idée du « faux sens du droit
inaliénable » fut ressuscitée par le gouvernement
conservateur de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne dans les
années 1980, qui a détruit la société
britannique au service des monopoles pour nier que les êtres
humains ont des droits du fait de leur existence en tant qu'êtres
humains et que les gouvernements ont la responsabilité de les
garantir. Thatcher déclarait le 31 octobre 1987 : « Trop
de gens croient que s'ils ont un problème, c'est la
responsabilité du gouvernement de le résoudre... Ils
jettent leur problème sur le dos de la société.
Vous savez, il n'y a pas une telle chose que la
société... Les gens pensent trop qu'ils ont des droits
inaliénables sans obligations. » Le « sens du droit
inaliénable » de Margaret Thatcher est essentiellement
« une attente irréaliste, non fondée et
inappropriée ». Ainsi, le droit à
l'éducation devient une attente irréaliste que les
gouvernements n'ont surtout pas la responsabilité de garantir
dans les faits. La même chose vaut pour le droit à la
santé et ainsi de suite. Si c'était vraiment ainsi, cela
voudrait tout simplement dire qu'il est grand temps de renouveler la
société ! Le dénigrement des étudiants du
Québec avec ce discours à propos du « sens du droit
inaliénable » est une attaque contre la notion même
de société et un appel à retourner à la loi
de la jungle, où les plus grands monopoles, qui sont ceux qui
profitent réellement de la hausse des frais de scolarité
et de l'endettement des étudiants et la société,
ainsi que de la loi spéciale du gouvernement Charest, continuent
d'exercer leur « droit inaliénable » d'imposer leurs
quatre volontés. Ça ne doit pas passer !

«50 sous par jour» veut dire que les
étudiants versent 100 millions$ de plus en intérêt
aux banques
- K. C. Adams -
Le gouvernement Charest
cherche à banaliser la hausse des droits de scolarité en
disant que cela ne représente que « 50 sous par jour
». Charest fait comme les commerciaux à la
télévision qui vous disent que pour à peine
quelque sous par jour vous pouvez vous procurer le produit
annoncé. Il espère qu'en banalisant la hausse comme
quelque chose d'indigne de son attention, il peut échapper
à l'image d'un despote qui refuse de négocier avec ses
étudiants-sujets.
Or, la hausse n'est pas une affaire mineure pour les
étudiants, les parents et ceux qui croient que la
société québécoise doit être à
la hauteur des responsabilités sociales d'une
société moderne et garantir le droit à
l'éducation. Le « 50 sous par jour » pour les
étudiants qui ont de la difficulté à joindre les
deux bouts et pour les milliers d'étudiants qui doivent
emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes, cette
escroquerie pour payer les riches est un assaut contre la
société québécoise.
D'ailleurs, la hausse n'est pas une affaire
insignifiante pour les banques non plus, celles qui prêtent aux
étudiants. En nous basant sur les chiffres avancés par le
gouvernement lui-même, on obtient que la hausse représente
en fin de compte une somme de 1778 $ par année de plus pour les
étudiants, avec pour conséquence de pousser de plus en
plus d'étudiants dans le filet des banques. Même avant la
hausse, plus de 65 % des étudiants du Québec qui
obtiennent des prêts terminent leurs études
postsecondaires avec une dette d'étude d'au moins 14 000 $.
Où ces étudiants qui sont déjà à
court d'argent, puisqu'ils doivent déjà recourir à
des emprunts, vont-ils trouver le 1778 $ additionnel ? Il est
évident qu'ils vont devoir l'ajouter à leur fardeau de
dette annuelle. Pour beaucoup d'entre eux ce sera la goutte qui fait
déborder le vase pour ce qui est de la décision de
poursuivre des études postsecondaires.
L'irrévérencieux « 50 sous par jour » de Jean
Charest cache cette réalité.
Les grandes banques du Québec sont
mêlées jusqu'au cou à cette attaque contre
l'éducation, parce que c'est elles que les étudiants
doivent retourner voir la main tendue. La somme additionnelle de 1778
$, ou « 50 sous par jour », multipliée par le nombre
d'étudiants emprunteurs au cours des 15 prochaines
années, disons 50 000, se traduit en une hausse possible de 100
millions $ en intérêts, pris dans les proches d'anciens
étudiants. C'est sans compter la somme que le gouvernement
versera lui-même directement aux banques.
D'autre part, le gouvernement du Québec garantit
ces prêts étudiants, ce qui veut dire qu'il n'y a aucun
risque pour les banques. Le gouvernement paie même
l'intérêt sur les emprunts pendant que les
étudiants sont aux études, c'est-à-dire
jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à face avec ce
déprimant fardeau à la sortie de l'école.
Faisons quelques suppositions générales
pour montrer que le « 50 sous de plus par jour » est
beaucoup plus important que ne le laisse entendre le commentaire
désinvolte de Charest. Supposons que le taux
d'intérêt reste à 3,5 % pour l'avenir
prévisible, ce qui est très peu probable. Prenons comme
exemple le prêt de 14 000 $ avec lequel vont se retrouver au
moins 65 % des étudiants.
Nous ne calculerons pas les intérêts que le
gouvernement verse aux banques pendant que l'étudiant est encore
aux études, qui est quand même une somme
considérable. Commençons le calcul au moment où
l'ancien étudiant commence à rembourser son prêt,
avec intérêt et principal.
Premier calcul :
14 000 $ à 3,5 % d'intérêt (selon le
calculateur de remboursement de prêt de la Banque nationale)
Supposons un remboursement sur une période de 15
ans même si dans la réalité la période de
remboursement varie considérablement et dépend de
l'arrangement avec la banque.
Le remboursement après les études est de
99,91 $ par mois pendant 180 mois.
Coût total du prêt à l'ancien
étudiant : 14 000 $ en principal plus (+) 3 983,81 $ en
intérêt = 17 983,81 $
Hausse proposée des droits de scolarité
annuels lorsque calculée au complet suivant le plan Charest :
1778 $
Supposons que la somme de cette hausse doit être
empruntée au complet puisque l'étudiant est
déjà en situation d'emprunt pour ses besoins courants.
Ajoutons la hausse à la somme de départ de
14 000 $ pour des études s'étendant sur quatre ans : 1778
$ multiplié (X) par 4 = 7112 + 14 000 = 21 112 $
Avec le « 50 sous par jour » de Charest,
l'emprunt total à rembourser devient : 14 000 $ + 7112 $ = 21
112 $
Le nouveau montant de remboursement pour un prêt
étudiant de 21 112 $ à un taux d'intérêt de
3,5 % (en supposant que le taux reste à ce bas niveau, ce qui
est très improbable) se calcule comme suit :
Si nous maintenons le remboursement à 100 $ par
mois après les études, la période de remboursement
passe à 329 mois, soit plus de 27 années, avec des
intérêts de plus de 11 000 $, mais cette option ne serait
pas permise.
Si nous maintenons la période de remboursement
à 15 ans après les études, il faut augmenter
considérablement le montant du paiement mensuel. Il doit passer
de 100 $ à 150,66 $ par mois pendant 180 mois.
Coût total de l'emprunt de l'ancien
étudiant : 21 112 $ en principal plus (+) 6007,58 $ en
intérêt = 27 119,58 $
Supposons que, en tout temps, le nombre
d'étudiants devant rembourser un prêt est de 50 000.
À la fin du remboursement de ces 50 000 prêts avec la
hausse proposée par Charest, les banques obtiendraient ne
serait-ce qu'en intérêt : 50 000 fois (X) 6007,58 $ = 300
379 000 $.
Avant la hausse de « 50 sous par jour »,
l'intérêt total perçu par les banques pour 50 000
prêts étudiants sur la période donnée serait
de 199 190 500 $ : 50 000 fois (X) 3983,81 $ = 199 190 500 $
La somme de l'intérêt à payer
après la hausse de « 50 sous par jour » fait un bond
spectaculaire. Dans notre exemple, avec la hausse des droits de
scolarité, la somme de l'intérêt à payer aux
banques passe de 199 190 500 $ à 300 379 000 $. (C'est sans
compter que de nombreux autres étudiants devront maintenant
emprunter pour payer leurs frais de scolarité et rencontrer les
deux bouts et les hausses des taux d'intérêts.)
L'intérêt de l'escroquerie pour payer les
banques avec cette hausse de « 50 sous par jour » augmente
de 101 188 500 $. Ce n'est pas une somme insignifiante qu'on fait payer
aux étudiants et qu'on donne aux banques. Et cela ne comprend
pas l'intérêt accru que le gouvernement verse aux banques
pendant que les étudiants sont à l'école.
Non
à la hausse des frais de scolarité pour payer les riches !
Arrêtez de payer les riches !
Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !
L'éducation est un droit !
* * *
Les banques admissibles à l'escroquerie des
prêts étudiants du gouvernement du Québec sont :
La Caisse Desjardins
Banque de Montréal
Banque laurentienne
Banque nationale du Canada
Banque royale du Canada

50 sous par jour?
- Laurent Theis, Ph.D 0
Dans le conflit qui l'oppose aux étudiants
universitaires et collégiaux en grève, le gouvernement
libéral a certainement le sens de la formule. À la suite
de la présentation de l'offre du gouvernement aux
étudiants, la ministre Beauchamp a affirmé sur toutes les
tribunes qu'il ne vaut pas la peine de continuer à mettre en
péril la session pour une « augmentation annuelle de 50
sous par jour », un montant qui, à première vue,
paraît bien petit. Comme professeur et didacticien des
mathématiques à l'Université de Sherbrooke, je
suis cependant préoccupé par la «
créativité » avec laquelle le gouvernement se sert
des mathématiques pour faire valoir son point de vue.
Comment arrive-t-on à ce fameux » 50 sous
par jour » à partir des augmentations proposées par
la ministre ? Pour y parvenir, il est nécessaire de se servir de
plusieurs artifices pour faire paraître plus petite la hausse de
1778 $ après 7 ans.
D'abord, le ministère s'est servi d'un truc
classique de certains vendeurs de véhicules, qui affichent des
paiements par semaine au lieu de paiements par mois : après
tout, un paiement de 49 $ par semaine pour une voiture neuve
paraît bien plus abordable qu'un paiement de 212 $ par mois[1].
Le gouvernement va encore plus loin, en déclinant les
augmentations sous forme de paiements par jour afin de faire
paraître l'augmentation plus petite qu'elle ne l'est
réellement.
Ensuite, il est important de comprendre qu'il ne s'agit
pas d'une augmentation totale de « 50 sous par jour », mais
que celle-ci est renouvelée chaque année. Les « 50
sous par jour » deviennent alors « 1 $ par jour de plus
qu'aujourd'hui » la deuxième année, « 1,50 $
de plus qu'aujourd'hui en 2014 », et ainsi de suite,
jusqu'à devenir « 3,50 $ par jour de plus qu'aujourd'hui
» dans 7 ans. Dans les communications du gouvernement, le
caractère répétitif de l'augmentation semble
d'ailleurs s'effacer de plus en plus lors du recours à
l'argument du « 50 sous par jour ». À l'occasion de
la présentation des mesures gouvernementales vendredi dernier,
c'est encore le terme mathématiquement correct d' «
augmentation annuelle de 50 sous par jour[2] » qui a
été utilisé. Par contre, dans une entrevue du
lundi, 30 avril, la Ministre Beauchamp ne mentionnait plus que la
formule abrégée « 50 sous par jour »[3]
(« La facture est plus petite, et on est rendu à 50 sous
par jour »), qui est encore plus susceptible de porter à
confusion, parce qu'il s'agit bien d'une augmentation annuelle
répétitive et non d'une facture totale.
Finalement, il est intrigant de constater qu'avec une
hausse de 50 sous par jour, cela prendrait 508 jours dans une
année pour arriver à une hausse de 254 $ par année
(en payant 50 sous par jour, 508 paiements (508 x 0,50 = 254) seraient
nécessaires pour arriver au montant de 254 $, qui
équivaut au montant de la hausse annuelle). Dans ses calculs, le
ministère tient compte d'un retour d'impôt possible d'un
peu moins de 30 % sur le montant indiqué. Sans cette
déduction, au bout de la septième année,
l'augmentation quotidienne correspond plutôt à 4,87 $ par
jour (1778 / 365 = 4,87) de plus qu'aujourd'hui.
Quel serait l'impact de l'augmentation proposée
sur un étudiant qui entamera un baccalauréat de 4 ans, en
automne 2015, alors qu'une bonne partie de la hausse sera effective ?
La facture totale des frais de scolarité pour les 4
années s'élèverait à 14 260 $[4], soit 5588
$ de plus qu'avant la hausse. Il est alors important de ne pas
interpréter la formule utilisée par la Ministre Beauchamp
comme une hausse absolue de 50 sous par jour : en mettant 50 sous par
jour de côté, 30 ans et 7 mois seraient nécessaires
pour arriver à la différence de 5588 $ (11 176 jours x
0,50 = 5 588 $ ; 11 176 jours équivalent à 30,6
années). Même en tenant compte du possible retour
d'impôt comme le fait la ministre Beauchamp, cela prendrait plus
de 21 ans avant d'arriver au montant de la hausse en mettant de
côté 50 sous par jour.
La facture réelle que devront assumer les futurs
étudiants est alors pas mal plus salée que la formule du
« 50 sous par jour » ne pourrait le laisser entendre
à première vue. Bien sûr, ces calculs ne tiennent
pas compte de la modification du régime de prêts et
bourses, qui est relativement peu présente dans les explications
données actuellement par le gouvernement.
Par contre, ces modifications répondent à
une logique plus complexe et ne peuvent pas être
résumées en quelques mots. Peut-être que le
gouvernement aurait tout intérêt à chiffrer
concrètement et de manière transparente tout l'impact de
son offre au lieu d'essayer de la résumer à une seule
formule qui porte à confusion.
Notes
1. Dans ce calcul, il faut tenir compte qu'un mois est
plus long que 4 semaines. Ainsi, un paiement de 49 par semaine
correspond à 2 548 $ par année (49 $ x 52). C'est en
divisant ce montant par 12 qu'on arrive à 212 $ par mois.
2. Conférence de presse de la ministre Beauchamp
et du premier ministre Charest du vendredi, 27 avril.
« En tenant compte du crédit d'impôt
et de l'étalement proposé, la hausse des droits de
scolarité représente pour les étudiants une
augmentation annuelle de 50 sous par jour » (premier ministre
Jean Charest).
3. Entrevue de la Ministre Beauchamp, donnée
à René Homier-Roy le 30 avril, à la
Première Chaîne de Radio-Canada.
4. 3 184 $ en 2015-2016, 3 438 $ en 2016-2017, 3 692 $
en 2017-2018 et 3 946 $ en 2018-2019, pour un total de 14 260 $.

La dette étudiante aux États-Unis atteint
mille milliards de dollars
En 2009, la dette étudiante atteignait 867
milliards $ aux États-Unis. Le taux de défaut de paiement
sur ces prêts avait augmenté de 2 % par rapport à
l'année précédente, se situant à 8,9 %.
Selon les analystes de la Réserve fédérale, les
nouveaux prêts étudiants encourus depuis porteraient la
dette étudiante totale à plus d'un billion de dollars
cette année. Selon le College Board, les prêts
fédéraux garantis représentent 77 % de tous les
prêts étudiants. Le taux d'intérêt sur les
prêts fédéraux garantis se situe
présentement à 3,4 %. Yahoo News rapporte que le 15 mai
« les sénateurs républicains ont bloqué un
projet de loi qui aurait maintenu le taux d'intérêt
à son bas niveau actuel pour les prêts
fédéraux garantis... Si le Congrès ne parvient pas
à maintenir le taux en vigueur d'ici juillet, le taux doublera.
Certains experts s'inquiètent que la bulle du prêt
étudiant éclate lorsque bon nombre de ceux qui ont
emprunté pour s'instruire ne trouveront pas de travail et que
cela provoque une montée en flèche du taux de
défaut de paiement. »
Selon le même article, certains économistes
soutiennent qu'il est maintenant évident que les frais de
scolarité, qui font grimper la dette étudiante, ne sont
pas une forme soutenable de financement de l'éducation
postsecondaire et qu'il faut trouver une alternative. La dette
étudiante moyenne à la fin des études est
maintenant égale au revenu moyen avant impôt prévu
pour la première année sur le marché du travail
pour presque toutes les professions. Si la dette moyenne totale
continue de monter, il deviendra impossible de rembourser l'emprunt
avec le niveau de revenu à la fin des études même
quand l'étudiant se trouve immédiatement un emploi dans
son domaine. La situation sera d'autant plus grave si les taux
d'intérêts augmentent. Tout retard à trouver un
emploi après les études accroît la
possibilité de défaut de paiement.
En 2009, la dette étudiante et le taux de
défaut de paiement étaient les plus élevés
parmi les trois catégories suivantes :
Dette étudiante : 867 milliards $
Taux de défaut de paiement : 8,9 %
Dette pour achat d'une automobile : 734 milliards $
Taux de défaut de paiement : 2,5 %
Dette par carte de crédit : 704 milliards $
Taux de défaut de paiement : 7 %
Moyenne des frais de scolarité dans les universités
américaines
Institutions privées (coûts
élevés) : 35 000 $
Institutions privées (coûts faibles) : 18 000 $
Institutions d'État (coûts élevés) : 25 000 $
Institutions d'État (coûts faibles) : 12 000 $
Selon l'article, le coût annuel moyen des
études collégiales de premier cycle se situe aujourd'hui
à plus de 20 000 $, suite à trois décennies de
hausse annuelle de 7 %, bien au-dessus du taux d'inflation. Le
coût annuel actuel d'un diplôme d'études
supérieures dans une université publique est d'environ 15
000 $ et de 30 000 $ et plus dans une institution privée.
Au Québec, aux États-Unis et au Canada,
les étudiants font les frais de l'offensive antisociale
mondiale. La lutte des étudiants du Québec pour ralentir
l'assaut contre le droit à l'éducation par le maintien
d'un gel sur les droits de scolarité est entièrement
juste. Les étudiants et la classe ouvrière doivent mener
la même lutte selon leurs conditions. Comparer les frais de
scolarité des étudiants du Canada, des États-Unis
et du Québec pour prétendre que les uns sont dans une
meilleure situation que les autres et n'ont donc pas raison de
défendre leurs intérêts, c'est accepter l'offensive
antisociale et renoncer à la défense des droits et
à une alternative prosociale. La lutte des étudiants du
Québec amène les étudiants partout à
examiner leur situation objective. La hausse des frais de
scolarité et l'endettement étudiant sont des moyens
antisociaux d'acheminer de l'argent dans les coffres des banques et de
bloquer le mouvement avant de la société vers une
garantie légale du droit à l'éducation pour tous.

Événements
Le gouvernement et les associations étudiantes
se rencontrent lundi
La Fédération étudiante
universitaire du Québec (FEUQ) a fait savoir dans un
communiqué de presse que le gouvernement et les associations
étudiantes se rencontreront à Québec lundi
à 14 h.
Le gouvernement sera représenté par la
ministre de l’Éducation Michelle Courchesne, le ministre
délégué aux Finances Alain Paquet et le
négociateur Pierre Pilote.
Les quatre associations étudiantes seront
présentes: la FEUQ, la Fédération étudiante
collégiale (FECQ), la Coalition large de l’Association pour une
solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et la Table de
concertation étudiante du Québec (TaCEQ). Il n’y aura pas
de tiers partis comme à la dernière fois,
lorsqu’étaient présents des représentants
syndicaux , des recteurs et autres.
La FEUQ et la FECQ ont toutes deux souligné que
la hausse des frais de scolarité doit être sur la table
pour qu’il y ait entente. Si le gouvernement maintient son
intransigeance sur cette question, il sera impossible de conclure une
entente, dit le président de la FCEQ Léo Bureau-Blouin.
Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, la
plus grande des quatre associations, a déploré le fait
que jusqu’à présent le gouvernement n’a fait preuve que
de mauvaise foi en répétant que les étudiants
n’ont fait aucun geste de conciliation. Il a
réitéré que les étudiants ont fait
plusieurs concessions et que la disposition des étudiants
à négocier et discuter n’a jamais été un
problème. Le porte-parole de la CLASSE a également dit
que la loi spéciale doit aussi être sur la table.

Manifs de
Casseroles
Les gens se joignent aux manifestants
dans les quartiers
Les gens continuent de se joindre à la position
collective contre la loi spéciale, ce qui montre que le
gouvernement n’est pas encore parvenu à isoler les
étudiants et à les présenter comme des bandes
criminelles. Depuis le 23 mai, la police n’a pas tenté de faire
des arrestations de masse. On soupçonne que les policiers ont
l'ordre de ne pas tester les pouvoirs de la loi spéciale et de
continuer de porter des accusations au terme des lois et
règlements déjà en vigueur. Dans les cas
rapportés où des accusations ont été
portées aux termes de la loi spéciale, ces accusations
ont été retirées par la suite et d'autres
accusations ont été portées sur la base des lois
déjà en vigueur.
D'autre part, des gens sont arrêtés sans
qu'on leur dise de quoi ils sont accusés. Non seulement est-ce
illégal, mais cela montre aussi que les policiers locaux ne
savent pas quoi faire de la loi spéciale. Les étudiants
se serviront de ce fait pour faire annuler les accusations devant les
tribunaux.
La police continue de déclarer les manifestations
« illégales » pour se donner la liberté
d'attaquer les manifestants au moment choisi. Il semble que les
arrestations de masse fassent partie d'exercices pour des arrestations
massives et des procédures massives. Du point de vue des forces
policières chargées de faire les arrestations de masse
lors des manifestations contre le G20 à Toronto, c'était
un des points faibles de l'exercice. Il semble que les
opérations policières actuelles au Québec sont une
occasion d'examiner ces faiblesses et de les surmonter.
Voici de brefs rapports d'actions de masse des derniers
jours.
Vendredi le 25 mai
Rimouski
Samedi le 26 mai
33e marche nocturne
à Montréal
Québec
Le 26 mai, un tintamarre d’environ 1 000 personnes a
commencé devant l’Assemblée nationale à 20 h. Des
gens de tous les milieux étaient présents, des
étudiants jusqu’aux grands-parents et petits enfants. L’action a
commencé avec un vote à savoir si les manifestants
allaient fournir ou non l’itinéraire à la police. Les
gens ont voté de défier la loi spéciale et de
prendre la rue. Ce fut un rejet collectif massif de la loi
spéciale et de la répression policière. Ils ont
établi une atmosphère de calme et de
détermination, montrant que l’ordre social vient de la lutte
pour les droits de tous et de l’opposition aux lois draconiennes qui
créent les conditions de l’anarchie et de la violence.
Malgré la forte présence policière habituelle, on
n’a rapporté qu'une seule arrestation.
Laval
À Laval le 26 mai, les manifestants avec leurs
casseroles se sont rendus au bureau de la députée de
Fabre et ministre de l’Éducation Michelle Courchesne pour
dénoncer les agissements du gouvernement dans ce dossier.
Sherbrooke
Des centaines de personnes portant casseroles et
cuillères ont marché dans les rues de Sherbrooke le 25
mai pour la quatrième soirée consécutive. Les
manifestants ont défié la loi spéciale et n’ont
pas fourni leur itinéraire à la police. On a vu encore
par la variété des participants et ce que disaient les
bannières et pancartes, comme celle qui se lisait: « La
loi spéciale est l’affaire de tous ! », que ce n’est plus
uniquement une affaire « étudiante ».
Malgré cela, certaines centrales syndicales ont
fait circuler l’ordre parmi leurs membres de ne pas porter des signes
syndicaux aux manifestations et c’est pourquoi on ne voit pas les
pancartes des syndicats.
Repentigny
Des résidents de Repentigny sont descendus en
grand nombre dans la rue avec leurs casseroles le 26 mai pour la
deuxième soirée consécutive. D’autres actions sont
prévues pour la semaine qui vient.
Le mouvement d’appui aux étudiants et
d’opposition à la loi spéciale continue de grandir dans
toute la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Des centaines
de personnes ont pris part à une manif des casseroles à
Amos et Val d’Or. À Rouyn-Noranda, le 26 mai, une énorme
foule s’est réunie sur la Place de la Citoyenneté et de
la Coopération et a ensuite marché jusqu’au bureau de
circonscription du député libéral Daniel Bernard.
La foule constituée d’étudiants, de familles et d’enfants
a scandé des slogans pour faire entendre leurs revendications, y
compris la demande que le député Bernard
démissionne pour avoir voté en faveur de la loi
spéciale. Ils ont aussi exigé l’abrogation de la loi 78.
Chambly
Entre 20 h et 22 h samedi, environ 150 personnes ont
pris part à l’événement « Chambly en
casseroles ». Défiant la loi spéciale, les
participants ont refusé de donner leur itinéraire
à la police. Plus tôt dans la journée, le capitaine
de la police municipale avait annoncé que les policiers feraient
preuve de retenue parce qu’il s’agissait d’un «
événement familial ». Cette remarque du chef de
police laisse entendre que les provocations et la violence
policières sont acceptables quand ce n’est pas un «
événement familial ».
Il fut annoncé que les protestations contre la
loi spéciale se poursuivront à tous les soirs à
Chambly jusqu’à avis du contraire.
Gaspé
Environ 150 personnes ont marché dans les rues
d’un quartier résidentiel de Gaspé en tapant sur les
casseroles. Les participants ont déclaré que Gaspé
fait partie du mouvement d’appui aux étudiants et d’opposition
à la loi spéciale du gouvernement Charest. Les attaques
contre les étudiants et maintenant contre toute la
société québécoise avec la loi 78 ne fait
qu’accroître le mécontentement face au gouvernement
libéral et son Plan Nord. La marche a duré 90 minutes.
Les organisateurs ont confirmé qu’il y aura des manifestations
à Gaspé au moins à tous les jeudis et vendredis
jusqu’à ce que les revendications du peuple soient satisfaites.
Dimanche
le 27 mai
Montréal
Joliette
Plus de 500 personnes de tous les âges se sont
rassemblées à Joliette pour exprimer vigoureusement leur
opposition à la hausse des frais de scolarité et à
la loi spéciale du gouvernement Charest. Ils ont aussi
affirmé le besoin d'une nouvelle direction pour le
Québec, pour leurs jeunes et le peuple.

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