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Plusieurs villes du Québec, petites et grandes étaient représentées ; Québec, Rimouski, Sherbrooke, Joliette, Gatineau, Trois-Rivières, Berthierville, pour n'en nommer que quelques unes. La ville de Québec était dignement représentée par les étudiants de l'Université Laval, des cégeps de Limoilou et F.X. Garneau et d'autres institutions. Ils ont été rejoints par des étudiants du secondaire venus de plusieurs villes en autobus. Plusieurs manifestants ont pris congé ce jour-là pour ne pas manquer cet événement historique ou ont quitté le travail plus tôt. Nous sommes là pour appuyer les étudiants, disaient les gens, mais aussi pour dénoncer la loi spéciale et la corruption du gouvernement Charest. La corruption, ont-ils dit, ce n'est pas juste une question d'enveloppes brunes pleines d'argent comptant qui circulent sous le manteau. C'est le problème d'un gouvernement qui sert les intérêts privés et fait payer au peuple les stratagèmes qu'il utilise pour remettre à ces intérêts privés la richesse de la nation du Québec. « La loi 78 est une attaque contre nos droits fondamentaux, » a dit une enseignante à la retraite. « On ne nous fera pas taire et nous allons gagner ! » Les étudiants du secondaire en avaient long à dire. « Ce matin, ont dit des étudiants de l'école Sophie-Barat à Ahuntsic, nous avons tenu une ligne de piquetage avec nos parents. La lutte continue, c'est ça notre message aujourd'hui. » « Le 22 mars dernier, ont dit des étudiants du secondaire de Longueuil, nous avons pris un vote unanime pour appuyer la lutte contre la hausse des frais de scolarité. Par deux fois, la direction de l'école a écrit à nos parents pour essayer de nous empêcher d'appuyer la grève. On lâchera pas. » « Nous sommes ici pour appuyer les étudiants de cégeps et d'universités qui sont en grève, ont dit d'autres étudiants du secondaire. C'est pour nous autres qu'ils ont fait ça et ils se font attaquer. Nous sommes du secteur privé et ça ne nous a pas été possible de sortir en grève mais nous avons organisé des actions pour l'appuyer. C'est notre devoir d'être là aujourd'hui pour défendre les étudiants qui se battent pour nous. Tout le monde doit les appuyer. » Les générations précédentes étaient aussi fortement représentées. « On s'est battu toute notre vie pour fournir un avenir aux jeunes, a dit une aînée au LML. Pas question maintenant d'accepter que cet avenir se fasse détruire. »
Plusieurs travailleurs étaient présents et ils ont exprimé leur appui de plusieurs façons. Tout au long de la manifestation, les camionneurs pris dans la foule ont klaxonné au plaisir des manifestants qui se sont fait prendre en photo avec eux et les ont chaleureusement applaudis. Des travailleurs ont dit au LML qu'eux aussi ont été frappés de lois spéciales leur interdisant d'exercer leurs droits. Ils ont dit que jamais ils ne se laisseront bâillonner par la répression et les lois spéciales. Il faut résoudre de toute urgence ce problème de l'utilisation des lois pour supprimer les droits du peuple, ont-ils dit. « La loi spéciale vient tout droit des lois du travail, a dit une travailleuse des postes de Montréal. Chaque jour on nous passe des injonctions et des lois spéciales et on nous met en lockout. Notre droit de nous battre pour nos revendications et même de mettre de l'avant quelque revendication que ce soit est attaqué mais cette loi-là va au-delà des lois spéciales qui sont passées dans tel ou tel secteur. C'est une attaque aux droits fondamentaux de tous les Québécois. Nous sommes ici en tant que travailleurs et citoyens pour arrêter cela. » Plusieurs disaient que cette manifestation est historique. Une manifestante l'a très bien exprimé au LML :« La manifestation d'aujourd'hui est une expression ferme de la volonté populaire. Le gouvernement Charest n'a pas le choix. Il doit reculer. Il doit abroger sa loi spéciale. Nous ne reculerons pas. » Lorsque Chloé-Domingue Bouchard de la CLASSE, l'organisation qui la première a appelé à la manifestation, a accueilli les manifestants, elle a été applaudie très fort quand elle a parlé de l'échec du gouvernement Charest à supprimer l'exercice des droits : « Face à la loi 78, nous sommes tous des étudiants et des étudiantes. Ce gouvernement a tenté de nous marginaliser. Il a échoué. Sa tentative de nous diviser a créé notre appel à nous unir. C'est un gouvernement qui a échoué. » Du début à la fin, les manifestants ont dit que ce combat en est un pour une démocratie qui représente les intérêts du Québec. L'utilisation par le gouvernement du thème de la violence comme diversionNous avons vécu la même chose que les étudiants. Le même thème de la violence et de l'intimidation a été utilisé contre nous pour attaquer les syndicats de la construction avec la loi 33 (Loi éliminant le placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de l'industrie de la construction) et pour cacher ce qui se passe réellement sur les chantiers de construction. Ils veulent briser les syndicats et les associations étudiantes pour qu'ils ne soient pas capables de résister, de s'organiser pour défendre les droits de nos membres. Ils disent que quand vous appartenez à une organisation, celle-ci essaie de vous enlever votre liberté. Ils opposent le travailleur individuel à l'organisation et ils font la même chose avec les étudiants. Ils veulent vous rendre illégal quand vous présentez des revendications au nom de vos membres. Regarde ce qu'il est en train de faire à la Commission de la construction du Québec. La CCQ est l'organisation qui est responsable de l'application des lois et règlements de la construction et des conventions collectives. Depuis le passage de la loi 33 sur la référence des travailleurs aux employeurs de la construction, au nom de la lutte contre la violence et l'intimidation, le gouvernement a changé la composition du Conseil d'administration de la CCQ pour mieux pouvoir attaquer les syndicats de la construction. Il vient aussi, au nom de la modernisation du système d'indemnisation des travailleurs accidentés, de changer la composition du conseil d'administration de la Commission de la santé et de la sécurité du travail, la CSST, qui est responsable de la santé et de la sécurité au travail et de la réparation et de l'indemnisation des lésions professionnelles. Ils sont en train de transformer ce système en un système de retour au travail des travailleurs accidentés sous peine de se voir couper leurs prestations. Nous sommes ici aujourd'hui pour dire non à tout cela. Est-ce que le gouvernement Charest va nous écouter et changer sa façon de faire ? C'est à espérer mais il n'a pas l'air d'être parti pour ça. Nous n'allons pas arrêter de protester.
L'opposition à la corruption gouvernementaleLe gouvernement dit que la hausse n'aura pas d'impact. Charest dit que la hausse représente seulement 50 cents par jour pour les étudiants. Je vis avec une maigre pension et déjà je suis obligé d'aider mes 4 enfants qui sont à l'université à payer leurs frais. Je suis obligé d'utiliser ma pension, mes cartes de crédit et d'emprunter pour les aider à payer leurs frais. Je ne devrais pas avoir à faire ça. Les étudiants ne devraient pas commencer leur vie sur le marché du travail avec des dettes. Ils partent perdants. J'ai payé des taxes et des impôts toute ma vie. Je suis prêt à les payer mais je veux que ça donne des résultats Il y a suffisamment d'argent au Québec pour geler les frais de scolarité . C'est la corruption qui nous empêche de mettre la main sur cet argent. Les grandes banques ne paient pas d'impôts. Les grandes entreprises reçoivent la main-d'oeuvre qualifiée sans rien payer pour son éducation. Le Québec devrait avoir comme politique que les grandes entreprises paient une cotisation pour financer une partie de l'éducation. En plus, les universités ne devraient pas faire de dépenses de publicité pour faire leur promotion auprès des grandes entreprises. L'argent pour le système d'éducation ne devrait pas servir à des dépenses comme ça. J'appuie de tout coeur les jeunes quand ils refusent d'attendre aux prochaines élections pour obtenir les changements qui s'imposent afin qu'ils puissent avoir accès à l'éducation. C'est ça qu'on se fait toujours dire, d'attendre 4 ans puis de changer de gouvernement. Le changement c'est tout de suite qu'il le faut et les étudiants nous montrent le chemin. Le changement ça commence ici. Je crois en la démocratie mais il faut qu'elle signifie quelque chose.
L'arrogance du gouvernement Charest
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