La loi spéciale de
Charest est
une mesure de guerre
Devant
l'Assemblée nationale à
Québec le 17 mai 2012
Grande manifestation
Montréal
Le mardi
22 mai - 14 h
Place
des
Festivals
• Parce
que nous voulons tous et toutes une
meilleure société
• Parce
que
la
tarification
n'aide
en
rien
la
construction
d'une
société
égalitaire
•
Parce que nos
services publics doivent rester
publics
•
Parce que
l'éducation est un droit!
Ensemble,
bloquons
la
hausse!
Information: www.bloquonslahausse.com
|
• La
loi
spéciale est une mesure de guerre
• Tous à la
défense des droits de
tous! - Appel du Parti
marxiste-léniniste du
Québec
• Pétition
d'appui à la
requête en nullité du Projet de
loi spéciale 78 -
www.loi78.com
• Les abus et
dérives de la loi
spéciale sont dénoncés de
toute part -
Serge Lachapelle
• Opinions des lecteurs
• Manifestations
à Montréal et
Québec le 17 mai
La loi spéciale est une mesure de
guerre

À
Montréal le 17 mai
2012.
Le projet de loi 78, la loi spéciale que
le
gouvernement Charest a déposée
à
l’Assemblée nationale et qui sera
adoptée sous
bâillon, prive les étudiants de
leurs libertés
civiles et limite de façon importante les
droits des enseignants
et de tous les Québécois et de
leur société
de résister et de s’organiser. Il s’agit
de rien de moins qu’une
mesure de guerre.
Le gouvernement ferme 14 cégeps et 11
facultés universitaires pour un mois. Il
criminalise toute
contestation, que ce soit des étudiants
ou des «
salariés » des institutions
d’enseignement, pour un an,
soit jusqu'au 1er juillet 2013 (Article 35).
Désormais,
toute
activité des associations
étudiantes est bannie. Les enseignants et
tout le personnel des
cégeps et universités, selon
l'Article 10, doivent
« se présenter au travail à
compter de 7h00 le
lendemain de l'entrée en vigueur de la
loi [...] et accomplir
tous les devoir attachés à [leurs]
fonctions [...] sans
arrêt, ralentissement, diminution ou
altération de ses
activités normales ». L'Article 12
« interdit
à une association de salariés,
à ses dirigeants,
à ses représentants, incluant ses
porte-parole, et
à ses membres de participer à une
action concertée
» contraire à la loi 78.
La solidarité avec les étudiants
et toute
résistance au gouvernement est interdite.
Les Articles 13 et 14
commencent par cette interdiction : « Nul
ne peut, par un acte ou
une omission, entraver... ».
Le projet de loi pénalise quiconque
interfère avec le diktat du gouvernement
Charest. Il incite les
gens à devenir des informateurs à
l’intérieur des
institutions d’enseignement et dans l’ensemble
du corps politique. Par
exemple, une institution qui ne croit pas
pouvoir offrir l’enseignement
à ses étudiants doit en faire
rapport à la
ministre de l’Éducation, du Loisir et du
Sport et donner le nom
de l’association étudiante à
laquelle appartiennent les
étudiants qu’on empêche d’assister
à leurs cours.
Si la ministre décide que l’association
étudiante est
responsable de l’empêchement, elle peut,
contrairement à
toutes les règles, ordonner à
l’institution en question
de cesser de verser les cotisations
étudiantes à
l’association. L’institution se verra interdire
d’offrir des locaux ou
du matériel à l’association
étudiante. La loi
stipule que pour la durée de la
suspension, les étudiants
représentés par une association
étudiante ne sont
pas requis de verser leurs cotisations ou autres
contributions. Cette
suspension s’applique à une session pour
chaque journée
complète ou partielle pour laquelle la
ministre considère
que l’association étudiante a
empêché des
étudiants d’assister à leurs
cours. Cela s’applique
également aux fédérations
étudiantes. Le
projet de loi stipule qu’une association
étudiante ou une
fédération d’associations
étudiantes est coupable
d’infraction jusqu’à ce qu’elle prouve
son innocence.
La Section III du projet de loi est sous la
juridiction
du ministre de la Sécurité
publique. Elle comprend
l’article 16 qui stipule que les manifestations
de plus de 10 personnes
sont interdites partout au Québec par le
ministère de la
Sécurité publique. Sur le droit de
manifester, la Section
III stipule que la personne, l’organisme ou le
groupe qui organise une
manifestation de dix personnes ou plus doit
communiquer par
écrit au corps de police concerné,
au moins huit heures
avant le début de celle-ci,
l’itinéraire de la
manifestation et les moyens de transport
utilisés. Le corps
policier peut ordonner un changement de lieu de
la manifestation ou la
modification de l’itinéraire. Le projet
de loi stipule que toute
association étudiante ou
fédération d’associations
étudiantes qui participe à la
manifestation doit,
même si elle n’en est pas l’organisatrice,
s’assurer que la
manifestation se conforme à l’information
communiquée
à la police. Le projet de loi criminalise
la dissidence et le
droit de manifester. Les manifestations sont
interdites dans une
institution d’enseignement et à moins de
50 mètres d’une
institution d’enseignement.
La ministre de l’Éducation, du Loisir et
du Sport
contrôle toutes les décisions
concernant l’application de
ces articles (à l’exception des articles
de la Section III). Des
peines et amendes sévères sont
prévues pour le
non-respect de cette loi spéciale. On va
jusqu’à donner
à la ministre le pouvoir de modifier
cette loi et toutes les
autres lois et règlements de
l’Assemblée nationale du
Québec. Tout cela sous couvert de la
promotion du droit à
l'éducation et de la «
préservation de la paix,
l'ordre et la sécurité publique
».
L'adoption de ces pouvoirs d'exception est rien
de moins
qu'une mesure de guerre. Cela soulève des
questions très
importantes. Pourquoi le gouvernement se
croit-il en guerre contre les
étudiants et pourquoi leur fait-il la
guerre ? Qu'est-ce que
cela augure pour l'avenir quand il y aura des
désaccords sur les
mesures antisociales que prendra ce gouvernement
ou un autre au niveau
provincial ou fédéral ?

Tous à la défense des droits de
tous!
- Appel du Parti
marxiste-léniniste du Québec, 18
mai 2012 -
Le Parti
marxiste-léniniste du
Québec
appelle tous ses militants ainsi que les
organisations des
travailleurs, des jeunes, des femmes, de justice
sociale et contre la
guerre à étudier cette loi
d'exception avec tout le
sérieux qu'elle mérite. Tous
doivent
délibérer dans les réunions
parmi les travailleurs
et le peuple
pour voir comment agir face à ce projet
de loi afin de
défendre les droits qui appartiennent au
peuple de façon
inaliénable. Tous sont appelés
à appuyer les
étudiants et à ne pas permettre
qu'ils soient
isolés par les tentatives de marginaliser
et criminaliser la
cause juste pour laquelle ils se battent. Tous
à la
manifestation
à la Place des Festivals à
Montréal le 22 mai
à 14 h pour protester contre cette loi
matraque et
défendre les droits de tous!

Pétition d'appui à la
requête en
nullité
du Projet de loi spéciale 78
- www.loi78.com -
Ce 17 mai, le gouvernement libéral de
Jean
Charest a déposé à
l'Assemblée nationale le
projet de loi 78 sous l'appellation « Loi
permettant aux
étudiants de recevoir l'enseignement
dispensé par les
établissements de niveau postsecondaire
qu'ils
fréquentent. Pour lire le
projet de
loi dans son intégralité, cliquez
ici : http://www.lapresse.ca/html/1425/projetdeloi78.pdf
Le projet de loi 78 remet en cause beaucoup
plus que le
droit de grève des étudiants du
Québec qui
s'opposent depuis plus d'un an à la
hausse des frais de
scolarité de 82 %. Avec cette trouvaille,
le gouvernement
s'attaque directement au droit associatif des
étudiants, mais
aussi à la liberté d'expression de
tous
les Québécois. Il transforme ni
plus ni moins chaque
citoyen, chaque parent et chaque enseignant en
policier. Il donne
également à une seule personne,
soit la nouvelle ministre
de l'Éducation, le pouvoir de modifier
toutes les lois en
vigueur au Québec sans consulter la
population, les
députés de l'Assemblée
nationale,
ni même ses collègues.
Il s'agit d'un projet de loi qui dépasse
largement le cadre de la grève
étudiante et qui est,
à sa face même, inconstitutionnel.
Remplir le formulaire
suivant vous permet de vous inscrire à la
pétition
d'appui.
Pour plus d'informations, veuillez lire le
communiqué de la Clinique Juridique
Juripop dont les avocats ont
été mandatés pour contester
le projet de loi 78
Les données inscrites dans le formulaire
seront
utilisées par une équipe de
juristes et d'avocats afin de
constituer une pétition en appui à
la requête en
nullité du projet de loi spéciale
78. Nous n'utiliserons
les données récoltées pour
aucun autre but que
celui mentionné et celui de vous
contacter en cas d'erreur
dans vos données et pour des fins de
suivis sur ce dossier.
Pour signer la pétition, cliquer ici www.loi78.com

Les abus et dérives de la loi
spéciale
sont dénoncés de toute part
- Serge Lachapelle -
À quelques heures de l'adoption de la
loi
spéciale qu'il serait plus juste de
qualifier de mesure de
guerre et
qui mène à la criminalisation de
la vie politique au
Québec, les étudiants et leurs
alliés ont
répondu par l'intensification de leurs
actions. Le jeudi
17 mai, des manifestations se sont tenues
à Montréal,
Québec,
Trois-Rivières, Ottawa, Sherbrooke,
Saguenay et Rimouski.
Partout les étudiants ont clamé :
« Ce n'est pas
une loi spéciale qui va nous
arrêter. »
Pendant ce temps les dénonciations
fusent de
toute part.
Lors de la conférence de presse commune
du 18
mai, les représentants de la Coalition
large de l'Association
pour une solidarité syndicale
étudiante (CLASSE), de la
Fédération étudiante
universitaire du
Québec (FEUQ) et de la
Fédération étudiante
collégiale di Québec (FECQ) ont
dénoncé
l'abus de pouvoir
et la dérive de la loi spéciale
78.
Le président de la FECQ, Léo
Bureau-Blouin, a dit qu'il ne pouvait
négocier avec une telle
menace aussi grande placée au-dessus de
sa tête. «
[Il s'agit d'un projet de loi] qui vise à
tuer à terme
les associations étudiantes, mais aussi
à taire
l'expression d'une population. [...] Cette loi
est, et de loin, pire
pour la liberté d'expression que
l'augmentation de 75 % des
droits de scolarité peut l'être
pour
l'accessibilité aux études
», a-t-il
dénoncé.
« On vient dire aux jeunes que tout ce
qu'ils ont
fait, tout ce qu'ils ont créé
comme mouvement social
depuis 14 semaines sera désormais
criminel », s'est
indignée Martine Desjardins, de la FEUQ.
« C'est une
déclaration de guerre au mouvement
étudiant .»
Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel
Nadeau-Dubois, a
dit « avoir honte d'être
gouverné par des gens qui
osent déposer des projets de loi aussi
ignobles ». Il a
soutenu qu'il s'agissait d'un « projet de
loi qui remet en
question des libertés fondamentales
», qui « remet
en question des droits constitutionnels
reconnus ». Selon le représentant
étudiant, le
gouvernement de Jean Charest est « en
train de se servir d'un
état d'urgence pour appliquer une loi
spéciale à
court terme en sachant pertinemment que les
procédures
judiciaires sont trop longues pour nous
permettre de la contester.
C'est un abus de pouvoir.»
« J'estime que ce projet de loi, s'il est
adopté, porte des atteintes aux droits
constitutionnels et
fondamentaux des citoyens. L'ampleur de ces
limitations aux
libertés fondamentales n'est pas
justifiée pour atteindre
les objectifs visés par le gouvernement
», souligne le bâtonnier
du
Québec, Me Louis Masson,
Ad. E.
« Dans son analyse préliminaire,
le Barreau
du Québec est notamment
préoccupé par les
limitations apportées au droit
d'association et au droit de
manifestation. De plus, nous critiquons la
judiciarisation des
débats et le recours à la justice
pénale
prévus dans le projet de loi »,
ajoute le bâtonnier
Masson.
« Le gouvernement rend plus difficile,
par
exemple, l'organisation de manifestations
spontanées. Il limite
la liberté d'expression. Cette
disposition s'applique à
toute personne, organisme ou groupement et
prévoit même
que les personnes qui participent à une
manifestation, sans
l'avoir organisée, doivent s'assurer
que l'événement correspond aux
renseignements fournis
à la police. On est en droit de se
demander qui osera encore
aller manifester », soutient le
bâtonnier du Québec.
La Clinique juridique Juripop
dénonce
à la fois l'esprit et les effets du
projet de loi 78 qui
crée une forme de criminalisation du
droit de manifester en plus
de bafouer les libertés fondamentales
protégées
par les Chartes canadienne et
québécoise des droits
et libertés, notamment en reniant
trois garanties de notre société
libre et
démocratique : les libertés
d'expression, de
réunion pacifique et d'association. Les
avocats de la Clinique
travaillent actuellement à bâtir la
contestation
judiciaire de la future loi.
La Table des regroupements provinciaux
d'organismes
communautaires et bénévoles
(Table) considère
que le projet de loi 78 « est indigne
d'une démocratie,
qu'il est méprisant envers le mouvement
étudiant et,
conséquemment, envers la population en
général
».
« Cela est inacceptable dans une
société libre et
démocratique. Le geste
d'aujourd'hui dépasse les bornes. Pour
casser une grève
légitimement déclenchée, le
gouvernement accorde des
pouvoirs démesurés aux forces
policières, il
installe un climat d'intimidation et de
dénonciation entre le
milieu étudiant, le personnel
enseignant et les établissements dans le
but de couper les
vivres des organisations étudiantes
», souligne
Mercédez Roberge, coordonnatrice de la
Table.
« Le droit à l'éducation ne
se
résume pas au droit d'accès aux
établissements
scolaires et les droits individuels ne doivent
pas mettre en
péril les droits d'association et
d'expression. La Table
réitère son soutien au mouvement
étudiant et en
profite pour féliciter ses membres pour
leur
persévérance et pour leur
contribution à la défense de cet
important enjeu de
société qu'est le droit à
l'éducation.
»
« Les syndicats de chargées et
chargés de cours, réunis au sein
du Regroupement
université de la FNEEQ-CSN,
réitèrent leur appui
aux revendications légitimes du mouvement
étudiant
», lit-on dans un communiqué de la
Fédération
nationale
des
enseignants
et
enseignantes
du Québec.
« Ils dénoncent le recours
à une loi
spéciale qui attaque le droit
d'association et les droits
sociaux et qui place les étudiants et
tous les membres de la
communauté universitaire et
collégiale dans une situation
intenable.»
Les chargés de cours universitaires, qui
assument
50 % de l'enseignement au premier cycle, sont
fort inquiets de la
tournure des évènements. «
Encore une fois, le
gouvernement n'a pas écouté les
étudiants. Encore
une fois, les véritables enjeux sont
écartés du
débat », s'indigne Marie Blais,
vice-présidente de
la FNEEQ.
« Quand le gouvernement assumera-t-il ses
responsabilités et acceptera-t-il de
discuter des droits de
scolarité, de la gestion des
universités, de la
marchandisation grandissante de
l'éducation ? », ajoute
Mme Blais.
Pour la Fédération autonome
de
l'enseignement (FAE), «
l'intransigeance et la
rigidité du gouvernement Charest depuis
le début du
conflit ainsi que son arrogance dans le cas de
l'imposition d'une loi
spéciale démontrent sa mauvaise
foi et illustrent qu'il
n'a jamais tenté de régler le
conflit, pis encore,
il fait fi des conséquences à
court et à long
terme de l'application d'une telle loi. »
« Pour le premier ministre Jean Charest,
y
avait-il une véritable volonté de
régler? On peut
sérieusement en douter. Le recours
à la loi survient
à peine quelques heures après la
nomination de la
nouvelle ministre de l'Éducation,
Michelle Courchesne, qui
n'aura eu qu'une seule rencontre avec les
représentantes
et représentants étudiants pour
apprécier un
dossier complexe et élaborer une sortie
de crise satisfaisante
pour tous. Le gouvernement a maintenu ses
positions et aujourd'hui les
durcit encore davantage par le recours à
une loi qui n'a pas
pour objectif de trouver une voie de compromis,
mais de
pénaliser de manière
démesurée des étudiantes et
étudiants aux
revendications légitimes. Le prix
à payer risque
d'être énorme sur l'exercice des
droits
démocratiques pour l'ensemble de la
société
», de poursuivre M. St-Germain.
La FAE tient également à
dénoncer
les propos du premier ministre qui insinue que
les associations
étudiantes, les syndicats et certains
politiciens cautionnent la
violence. Ce qui fait dire au président
de la FAE qu' « il
s'agit de petite politique, d'un geste
désespéré
visant à faire diversion de la part d'un
premier
ministre qui dirige un gouvernement aux prises
avec tellement
d'allégations de corruption que sa propre
légitimité s'en trouve
entachée ».
La FAE estime que les étudiantes et
étudiants ainsi que la population ont le
droit de s'indigner de
ce gouvernement qui a laissé pourrir la
situation.
« Pendant que la rue exprime sa
colère au
premier ministre Charest qui fait la sourde
oreille à des
revendications légitimes, son
gouvernement distribue
allègrement l'argent des contribuables
aux entreprises ou encore
ferme les yeux devant le gaspillage des fonds
publics effectués
par les universités, par leurs recteurs
qui pigent littéralement dans la caisse
pour se voter des
hausses salariales ou des conditions de retraite
indécentes. Le
gouvernement Charest a vraiment perdu tout sens
de la défense du
bien commun », a poursuivi M. St-Germain
Pour la FAE, cette loi spéciale n'a rien
pour
atténuer le climat de tension qui
règne actuellement,
bien au contraire. Il est urgent d'engager
rapidement un dialogue avec
les associations étudiantes et de placer
les
intérêts du Québec au-dessus
de tout objectif
partisan.
« La question des droits de
scolarité
constitue pour l'ensemble de la population un
débat de
société qu'on ne peut
éluder par la simple
suspension d'une session d'études et par
des mesures
répressives. On ne fait que pelleter le
problème à
plus tard en exacerbant la colère des uns
et des autres et
mettant ainsi davantage
en péril la paix sociale. Le gouvernement
s'apprête
à faire une grave erreur et nous
l'invitons à renoncer au
dépôt d'une telle loi et de
reprendre sérieusement,
de bonne foi et avec respect les discussions
avec les
représentants des associations
étudiantes », a
conclu M. St-Germain.
De son côté, le Syndicat
général des professeurs et
professeures de
l'Université de Montréal (SGPUM)
a adopté
à l'unanimité la résolution
suivante :
« Attendu la menace du gouvernement du
Québec d'adopter une loi spéciale
pour mettre fin aux
moyens de pression des étudiants et
forcer le retour en classe ;
« Attendu que le recours à une loi
spéciale pour régler un conflit
social dans le domaine de
l'éducation marque un grave recul dans
l'histoire du
Québec ;
« Attendu la décision du
gouvernement de
persister dans son recours à la
répression plutôt
qu'au dialogue avec les étudiants ;
« Attendu que la relation
pédagogique doit
être placée à l'abri de
toute pression judiciaire
ou policière;
« Attendu que ce projet de loi
spéciale a
été élaboré sans
consultation des
professeurs qui devront assumer la
responsabilité de
rétablir un climat pédagogique
favorable ;
« Attendu que de facto l'application de
cette loi
est incompatible avec la mission universitaire ;
« Le SGPUM exprime sa plus vive
indignation face
à cette loi spéciale et
réclame que le
gouvernement renonce à sa loi, qu'il ait
recours à un
moratoire et qu'il tienne des États
généraux dans
les plus brefs délais.
« Pendant ces 14 semaines de grève
étudiante et de mains tendues par le
mouvement de contestation,
les libéraux ont toujours fait la sourde
oreille. Le premier
ministre a abdiqué devant ses
responsabilités en rejetant
du revers de la main les solutions, pourtant
consensuelles, qui se sont
offertes à lui. Il n'a pas
rencontré les étudiants une seule
fois en 95 jours de
grève. Avec sa loi matraque, Jean Charest
suspend les sessions
en espérant, du même coup,
suspendre la crise. «
Jean Charest ne fera que jeter de l'huile sur le
feu, il a tout
simplement balancé son rôle de chef
d'État par la
fenêtre! », s'est
désolé Alexandre
Banville, président de l'aile jeunesse
du Parti
Québécois.
Les professeurs et professeures des
universités québécoises
ont adopté la
résolution suivante:
« Considérant la gravité de
la crise
actuelle, la détérioration sociale
et l'urgence d'un vrai
règlement du conflit,
« Considérant le projet de loi
spéciale qui ne règle pas les
problèmes de fond
mais qui risque plutôt d'envenimer la
situation,
« Considérant l'exclusion
inacceptable du
corps professoral universitaire des
négociations qui ont eu
cours et du projet de création d'un
Conseil des
universités,
« Considérant l'ampleur des enjeux
universitaires,
« Nous, professeures et professeurs des
universités québécoises :
« Exprimons notre profond engagement
intellectuel
et humain envers nos étudiants ;
« Rappelons que l'Université
remplit une
mission intellectuelle centrée sur
l'enseignement et la
recherche ;
« Affirmons que l'Université doit
prendre
tous les moyens pour demeurer un service public
;
« Exigeons que la mission universitaire
ne soit
jamais détournée vers des fins
politiques ou
idéologiques, ni asservie à des
intérêts
commerciaux ;
« Rappelons le rôle central que
nous jouons
dans l'université, non seulement comme
intellectuels mais aussi
par notre participation active aux instances qui
en déterminent
les principes, les orientations et le
développement ;
« Revendiquons la participation
importante des
syndicats de professeures et professeurs
d'université dans les
instances qui fixeront les modalités de
règlement du
conflit et dans un éventuel Conseil des
universités ;
« Nous dissocions de nos administrateurs
universitaires qui ont souvent amplifié
la crise, notamment par
la judiciarisation du conflit et le recours
à l'intervention de
forces de sécurité dans les locaux
de nos campus
universitaires ;
« Ne reconnaissons pas la
Conférence des
recteurs et principaux des universités du
Québec (CREPUQ)
comme le porte-parole de l'Université
québécoise
qu'elle prétend incarner ;
« Blâmons le Gouvernement du
Québec
pour son incapacité à engager un
véritable
dialogue avec les étudiants ainsi que
pour ses tactiques
politiques durant le présent conflit.
« Une sortie de crise pour nos
étudiants,
que faire ?
« Afin de permettre une réflexion
approfondie de tous les acteurs sociaux
concernés par
l'accessibilité aux études
supérieures de
même que par la mission, le financement et
la gouvernance des
universités, nous demandons au
gouvernement :
« * De tenir des États
généraux sur l'université
québécoise
dans les plus brefs délais possibles et
d'y assurer une forte
représentation des syndicats de
professeures et professeurs
d'université ;
« * De surseoir à la hausse des
frais de
scolarité en attendant les conclusions de
ces États
généraux. »
La Coalition des Tables régionales
d'organismes communautaires (CTROC)
dénonce vivement la loi
spéciale que veut imposer le gouvernement
Charest aux
étudiants en grève et avertit le
premier ministre que son
geste n'est pas prêt d'être
oublié et qu' « il
en paiera le prix politique aux prochaines
élections ». « Le
mépris n'aura qu'un temps.
Lors du prochain scrutin, nous mettrons ce
gouvernement à la
porte et d'ici là les Libéraux
vont trouver les
organismes communautaires sur leur chemin en
compagnie des
étudiant-e-s », de dire
Pierre-Philippe Lefebvre,
porte-parole de la CTROC.
Dans une lettre ouverte adressée aux
médias, 18 personnalités
dont l'ancien
sous-ministre de l'Éducation Yves Martin,
les sociologues Guy
Rocher et Louise Vandelac et le philosophe
Georges Leroux s'adressent
à la Commission des droits de la personne
et des droits de la
jeunesse pour qu'elle se prononce
sur la brutalité policière et le
caractère
discriminatoire de la hausse des frais de
scolarité.
« La Commission devrait condamner
publiquement
l'usage de la force excessive par les
différents corps policiers
et l'arbitraire dont font preuve les forces de
l'ordre eu égard
aux droits fondamentaux des étudiants.
[Elle] devrait exhorter
le premier ministre du Québec et la
ministre de
l'Éducation à suspendre
immédiatement l'application de la hausse
envisagée afin
de ramener la paix sociale et de permettre que
cet enjeu fasse l'objet
d'un débat public ouvert et transparent
», peut-on lire
dans cette lettre publiée aujourd'hui.
L'initiative d'une telle démarche est de
l'avocat
Sébastien Lormeau, qui explique avoir
été
choqué par la « violence
extrême » des
manifestations. « On est en train de
marginaliser toute une
génération. Je crains qu'elle
perde confiance dans ses
institutions. On ne permet plus le dialogue sur
la place publique.
On répond par la force policière,
qui charge sans
préavis », a-t-il
déploré. Selon M. Lormeau,
la hausse des droits de scolarité limite
l'accès à
l'éducation, un droit pourtant garanti
notamment par l'article
10 de la Charte des droits et libertés.
La détermination des étudiants et
de leurs
alliés à contester cette loi sur
tous les fronts y
compris le front juridique démontrent
sans l'ombre d'un doute
que ni la violence, ni les règlements et
les lois
répressives ne
pourront empêcher la naissance de cette
nouvelle
société qui reconnaîtra les
droits de tous et
toutes
y compris le droit à l'éducation.
L'éducation est un droit
!
Appuyons la juste lutte des étudiants !

Opinions des lecteurs
Je
dénonce avec le plus
grand mépris le gouvernement Charest et
sa loi matraque qui
criminalise unilatéralement les droits de
la jeunesse et les
droits du peuple du Québec: le droit
à
l'éducation, le droit d'association, le
droit de conscience, le
droit de manifester, le droit de dissidence, les
droits civils et
collectifs
du peuple. Cela ne doit pas passer ! (Lecteur
a Chateauguay)
Les étudiants depuis le matin
jusqu'à tard dans la nuit par milliers
sont sortis dans la rue
à Québec, Montréal,
Trois-Rivières et
ailleurs pour condamner le gouvernement Charest
et son projet d'adopter
sa loi spéciale. Mais cette loi ne les
empêchera pas de
réaffirmer leurs demandes contre la
hausse des frais de
scolarité et pour le droit à la
jeunesse d'étudier
et de s'instruire pour servir la
société et
déclarer: cela ne passera pas
! Cela montre que leur vision n'est pas
marginale comme M. Charest. Ce
ne sont pas des gauchistes qui se fouent de la
société,
contrairement à ce que prétend M.
Bachand. (Travailleur
de
la
construction,
Montréal)
Cela devient très ennuyant
d'entendre le
premier ministre parler du carré rouge de
M. Marois et la
ministre de l'Éducation
répéter que les
libéraux parlent d'une seule voix. Tout
sa se termine avec
l'adoption d'une loi qui montre la faillite et
la
désuétude des institutions
desmotscreux. Cela montre la
faillite
du système de partis qui fait qu'un
gouvernement corrompu et
hypocrite, élu avec un faible 23 % des
électeurs, peut
agir en toute impunité et imposer son
diktat pour passer sa loi
matraque envers et contre tous. Le gouvernement
a usurpé le
pouvoir pour museler toute opposition à
sa gouvernance
antisociale et antinationale.
Il est clair pour tout le monde qu'il agit ainsi
parce qu'il a gros
à cacher avec ses ententes
secrètes, son système
de corruption et qu'il sent la soupe chaude. (Prof
à l'U de
M)
Avec cette
loi, le gouvernement
affirme que le problème au Québec,
c'est sa jeunesse. Il
envoie le message aux étudiants qu'ils
doivent abandonner leur
conscience et leurs aspirations à la
justice sociale, à
un monde nouveau, à avoir un
Québec moderne qui les
protège, les appuie, les supporte et leur
permet de
s'épanouir et de jouer le rôle
plein et entier,
d'être partie prenante aux
décisions concernant son
avenir. C'est ça une démocratie
qui les inclut! S'ils
insistent pour créer ce Québec qui
les appartient, ils
feront affaire au plein poids de la loi. Le
gouvernement joue salaud! (Gardien
de
sécurité)
C'est beau de voir les jeunes fièrement
et avec
courage et conscience défendre la
nécessité d'un
changement, la nécessité de
nouveaux arrangements dans
l'éducation qui servent la
société du
Québec. Ils l'ont démontré
avec leurs nombreuses
enquêtes, études et propositions
pour financer
l'éducation supérieure.
Et avec tout ça, le gouvernement veut les
écraser! Assez
les attaques de la police, les injonctions et
les lois pour
bâillonner cette nécessité
du changement! Les
jeunes la défendent au prix de sacrifices
énormes, au
prix de leur avenir, car ils veulent un avenir
et un présent qui
répondent à leurs aspirations.
Cela ne doit
pas passer ! (Un prof de cégep)
Avec cette loi, Charest impose sa vision
néolibérale que tous doivent se
soumettre et qu'un jour,
on verra bien qui a raison. Mais c'est le
désespoir qui le
hante, le désespoir de ne pas pouvoir
appliquer son programme
néolibéral, son offensive
antisociale au service
d'intérêts privés, des
monopoles, au service
de ceux qui veulent vider le Québec de
tout ce qu'il
possède. Il veut détourner
l'opinion publique de ses
magouilles, ententes secrètes, ses
escroqueries derrière
des portes closes que permet le système
des institutions qui ne
représentent pas le peuple.
Le problème de Charest est que
malgré
l'adoption de cette loi insidieuse, il ne pourra
pas faire
disparaître la conscience claire que les
jeunes acquièrent
dans leur lutte pour défendre leur droit
à
l'éducation au service de toute la
société. Les
menaces, les amendes et la négation de
leurs droits ne
parviendront pas
à leur faire abandonner cette conscience
sociale qu'ils ont
acquise. Ils ont repoussé les tentatives
de division, ils ont
affronté la police, les matraques, les
gaz, la
désinformation abjecte des médias
monopolisés et
ils ont déclaré que ce n'est pas
cette loi matraque qui
va les faire reculer. (Mère dans la
rue avec
ces jeunes dans la rue)

Manifestations à Montréal et
Québec le 17 mai

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Marxiste-Léniniste
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