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Attaque
en
règle
contre
la
santé
et
sécurité
au
travail Les étudiants plus résolus
que jamais Les étudiants font
échouer la judiciarisation
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![]() Le 2 mai au Collège Lionel-Groulx à Ste-Thérèse: des représentants des étudiants, des professeurs et de l'administration en conférence de presse (NordInfo) |
« La CLASSE souhaiterait, elle aussi, que prenne
forme le projet d'États Généraux sur
l'Université souhaités par un ensemble de groupes de la
société civile. Lors de ces États
généraux, la CLASSE mettrait de l'avant la
réalisation de la gratuité scolaire grâce à
une meilleure imposition des institutions financières.
Selon une étude l'Institut de recherche économique
contemporaine (IREC) parue en janvier 2012, la gratuité scolaire
se chiffre à 410M $. La CLASSE propose de réinstaurer une
taxe sur le capital étalonnée sur cinq ans pour les
entreprises financières uniquement. Celles-ci paient 50 % moins
d'impôts que les autres.
Il faut rappeler que le gouvernement a fait le choix politique de
retirer la taxe sur le capital lors du budget de 2007. Les profits des
banques sont en constante augmentation. Par exemple, ceux de la Banque
nationale ont fait un bond de 11 % durant l'année
financière de 2011. La CLASSE veut donc une taxe sur
le capital de 0,4 % pendant cinq ans et ce, en l'augmentant
progressivement jusqu'à en arriver à une taxation de 0,7
% en 2016. Cette taxe permettrait de dégager 410 millions de
dollars, ce qui constitue le coût de la gratuité scolaire.
»
Dans une déclaration commune, la Direction du Collège Lionel-Groulx, le syndicat des employés de soutien, le syndicat des professionnels, le syndicat des enseignantes et enseignants et l'association étudiante adressent un message à la population visant à rassurer la communauté collégiale. Voici le texte du message :
« Les récents événements démontrent que les injonctions déposées à l'endroit des universités et cégeps du Québec ne représentent pas une solution efficace au conflit. Celles-ci augmentent plutôt les tensions et contribuent à l'instauration d'un climat inapproprié à l'enseignement et à l'apprentissage. Toutes les instances réunies s'entendent pour dire qu'un retour en classe dans un climat sain passe par un respect de la démocratie étudiante. »
« Les étudiantes et étudiants insistent sur l'importance du respect des décisions démocratiques prises en assemblée. En ce sens, ils encouragent les étudiantes et étudiants à venir débattre de façon saine de la situation actuelle plutôt que sur la scène juridique. »
Au coeur de cette 12e semaine du conflit étudiant, des professeur(e)s et des étudiants se sont rendus à Québec le jeudi 3 mai afin d'appuyer une pétition déposée à l'Assemblée nationale demandant le moratoire sur la hausse des droits de scolarité et la tenue d'états généraux sur l'éducation supérieure.
Cette pétition, initiée par des professeurs du Cégep de St-Jérôme, a reçu en moins d'un mois près de 17 500 signatures. Par ce geste, les professeurs appuient la sortie de crise demandée par la population. « Ce sont plus de 17 500 voix provenant de partout au Québec qui émergent encore une fois avec force et qui s'arriment complètement à la contre-proposition de la FECQ et de la FEUQ », avance Caroline Proulx, professeure de littérature au Collège Ahuntsic et chercheure à l'UQAM.
« Les professeurs regrettent que le gouvernement se serve du conflit pour diviser la population à son avantage. Un moratoire et des états généraux permettraient aux parties de sortir de cette crise », affirme Charles-Étienne Gill, professeur de littérature, au Cégep de St-Jérôme.
« La judiciarisation, les injonctions sont tout sauf une solution. Ce conflit ne peut pas se régler au palais de justice, s'indigne Joan Sénéchal, professeur de philosophie au Collège Ahuntsic. C'est un fait que les juges eux-mêmes reconnaissent. »
Réunis en assemblée générale le 2 mai , les délégués des syndicats du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN (CCMM-CSN) ont réaffirmé leur appui à la grève étudiante et ont exigé que le premier ministre Jean Charest dénonce la violence policière. « Avez-vous entendu une seule fois le premier ministre ou un ministre de ce gouvernement condamner la violence que la police exerce contre nos jeunes ? », a demandé Francis Lagacé, vice-président au conseil central et responsable du dossier éducation.
Le conseil central a
fustigé les dérives
du gouvernement actuel. Les propos inacceptables du ministre Robert
Dutil à l'endroit d'un porte-parole étudiant ont
été fortement réprouvés. « Qu'un
ministre chargé d'assurer la sécurité des
citoyennes et des citoyens s'en prenne nommément à
quelqu'un qui n'a rien fait, c'est le monde à l'envers !
», s'est exclamée
Véronique De Sève, vice-présidente au conseil
central. « Pas plus que le premier ministre Charest, qui rit des
étudiants quand ils se font tabasser à l'extérieur
de son cénacle de riches entrepreneurs, le ministre Dutil n'a eu
de remords pour ses propos odieux, se contentant
de dire que ses propos étaient peut-être trop
sévères et appelant à collaborer avec la police
», a ajouté Francis Lagacé.
Le CCMM-CSN a aussi remis les pendules à l'heure devant un gouvernement qui assimile la désobéissance civile à de la violence gratuite alors qu'il s'agit du devoir de résistance des citoyens quand une loi est injuste. On a rappelé les exemples historiques de Sitting Bull, de Gandhi, de Rosa Parks et des clients du Stonewall Inn, illustrations que les droits évoluent grâce à la désobéissance civile.
Malgré tous ces obstacles les étudiants et leur alliés refusent de capituler. Suivant l'exemple de leurs camarades de Montréal, les étudiants de Rimouski ont commencé la tenue de manifestation nocturne.
À
Montréal, les étudiants et leurs
alliés, soit près de 5000 personnes, ont tenu le mercredi
2 mai hier leur 9e manifestation nocturne. Ils se sont dirigés
vers la maison du premier ministre à Wetsmount en
scandant :
« Charest, démissionne ! » En après-midi ils
ont tenu une action pour dénoncer les politiques
antisociales du gouvernement conservateur de Stephen Harper à
l'occasion du premier anniversaire de l'élection d'une
frauduleuse majorité conservatrice le 2 mai 2011.
À Québec, les étudiants ont manifesté devant l'assemblée nationale. À Gaspé, ils ont tenté de confronter le premier ministre qui s'est vite engouffré dans la salle. Il était de passage pour faire la promotion du Plan Nord. Il a répété sa litanie « Nous voulons que les étudiants puissent faire un effort comme la classe moyenne le fait également au Québec. »
L'éducation est un droit !
Appuyons la juste lutte des étudiants !
(Photos: LML, McGill Daily, InfoNord).
Attaque en règle contre la santé et sécurité au travail

Le 3 avril dernier, la ministre du Travail Lise Thériault a déposé le projet de loi 60, Loi visant principalement la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail et son application aux domestiques. Le projet de loi modifie deux des principales lois du travail au Québec, la Loi sur la santé et la sécurité du travail de 1979 et la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles de 1985. Ces deux lois couvrent les domaines de la santé et de la sécurité du travail de même que la réparation des lésions professionnelles, les indemnités aux travailleurs accidentés et les indemnités de décès.
Selon l'Union des travailleurs et travailleuses
accidentés de Montréal, qui s'oppose fermement
au projet de loi, le gouvernement va tenter de passer la loi avant la
levée des travaux de l'Assemblée nationale le 15 juin. Le
gouvernement a annoncé qu'il va tenir une commission
parlementaire sur le projet de loi. La Fédération des
travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s'est
prononcée publiquement contre le projet de loi et demande
à participer à la commission parlementaire.
Le Marxiste-Léniniste appelle tous les travailleurs à regarder ce projet de loi de très près et d'en discuter à la lumière de la revendication fondamentale, soit de faire reconnaître et de mettre en application le droit de tous les travailleurs à des conditions de travail saines et sécuritaires et le droit des travailleurs accidentés à des indemnités adéquates qui durent tant que la blessure ou la maladie professionnelle demeure.
La ministre Thériault, dans son communiqué du 3 avril, part du mauvais pied quand elle dresse un faux tableau de la situation en santé et sécurité du travail au Québec.
Elle dit : « Au cours des douze dernières années, nous avons réduit de 37 % le nombre de lésions professionnelles. Nous avons toutefois le devoir de poursuivre nos efforts pour mieux protéger la grande richesse collective que constituent nos travailleurs. J'ai la conviction que les mesures proposées répondent à cet objectif et qu'elles constituent une avancée majeure pour améliorer la santé et la sécurité dans tous nos milieux de travail. »
La réalité est bien différente. L'expérience quotidienne des travailleurs du Québec est que ce n'est pas le nombre réel d'accidents et de maladies professionnelles qui décroît, mais le nombre de ceux qui sont déclarés par les travailleurs et acceptés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). Les monopoles et le gouvernement du Québec ont imposé une culture de répression et de contestation systématique des réclamations des travailleurs et la situation est la même dans tout le Canada. En ce qui concerne les décès reliés au travail, leur nombre officiel n'a pas diminué et il se maintient toujours à plus de 200 par année. Tout cela s'est produit sous l'égide de ces lois du travail, ce qui montre à quel point elles sont inadéquates à protéger les travailleurs. La ministre du Travail nie tout cela et elle n'est que trop heureuse de contribuer à la désinformation sur le sujet afin de présenter le projet de loi sous de fausses couleurs.
Ce projet de loi par exemple,
modifie ce qu'il appelle
la
gouvernance de la CSST. Le Conseil d'administration de la CSST est
présentement constitué d'un président et d'un
nombre égal de représentants des syndicats et des
employeurs. Le projet de loi modifie la composition du conseil en y
faisant siéger deux membres dits « indépendants
»
nommés par le gouvernement. Le projet de loi institue aussi un
comité de gouvernance et d'éthique et un comité de
vérification.
Selon la ministre Thériault, ces mesures vont élever les standards d'éthique du Conseil d'administration et le rendre plus efficace dans sa prise de décisions. Ça prend un certain sang froid pour associer des nominations faites par le gouvernement Charest à l'éthique ! En réalité le gouvernement veut poursuivre la destruction de l'arrangement axé sur le paritarisme afin d'accélérer le tempo de l'offensive contre les travailleurs accidentés. Il semble également vouloir présenter les attaques contre les travailleurs accidentés sous l'angle de sa frauduleuse « lutte à la corruption », comme si les travailleurs accidentés volaient le trésor public.
Le communiqué dit également au sujet du retour au travail des travailleurs accidentés : « L'ensemble de ces dispositions (de retour au travail -ndrl) permettrait d'orienter les ressources financières sur la finalité, soit un retour au travail sécuritaire, prompt et durable dans le respect des besoins des travailleurs et des préoccupations des employeurs. »
La finalité officielle de la loi telle qu'elle est présentement n'est pas un « retour au travail sécuritaire, prompt et durable ».
L'article 1 de la loi sur les accidents de travail dit :
« La présente loi a pour objet la réparation des lésions professionnelles et des conséquences qu'elles entraînent pour les bénéficiaires. Le processus de réparation des lésions professionnelles comprend la fourniture des soins nécessaires à la consolidation d'une lésion, la réadaptation physique, sociale et professionnelle du travailleur victime d'une lésion, le paiement d'indemnités de remplacement du revenu, d'indemnités pour préjudice corporel et, le cas échéant, d'indemnités de décès. La présente loi confère en outre, dans les limites prévues au chapitre VII, le droit au retour au travail du travailleur victime d'une lésion professionnelle. »
Le projet de loi 60 ne modifie pas cet article de la loi, mais l'emphase dans la nouvelle loi est clairement déplacée vers le retour au travail. Ceci est à la fois une codification de ce qui se passe déjà, les travailleurs accidentés étant de plus en plus souvent rejetés et coupés par la CSST, et un nouveau cadre légal pour intensifier la tendance anti- travailleurs accidentés.
Discutons sérieusement de ce projet de loi pour bien saisir ce qu'il signifie pour les travailleurs et le Québec, et utilisons l'occasion pour avancer la lutte pour la défense du droit à des conditions de travail saines et sécuritaires et à une indemnité adéquate pour les travailleurs accidentés.
J'ai été pendant 8 ans représentant en prévention et je suis toujours renversé de voir que même s'il y a autant de décès de travailleurs reliés au travail, près de 200 par année, cela ne fait jamais la une des journaux. C'est rendu que c'est acceptable au niveau industriel de tuer environ 200 travailleurs par année. C'est banalisé.
Aujourd'hui, on retourne à une culture en santé-sécurité où on accuse les travailleurs s'ils ne respectent pas certaines règles. On voit même de plus en plus de mesures disciplinaires en ce qui concerne la santé-sécurité. On n'essaie pas d'intégrer la culture de la prévention. On essaie plutôt une culture de répression à l'intérieur des installations. C'est ce qu'on a vécu chez Rio Tinto. Au lieu de faire appel à la sensibilité et à l'intelligence des gens, on les infantilise. Si on te prend en faute, tu seras puni. Au lieu de les convaincre des impacts des blessures, on fait de la répression pure et simple, pourtant on sait que les gens sont des humains, pas des machines. Ils peuvent être éduqués. La question qu'il faut comprendre est que les employeurs sont responsables de leurs installations. C'est eux qui créent le danger et c'est à eux d'essayer de le contrôler. Culpabiliser les gens, leur état d'esprit, la toxicomanie, les problèmes psychologiques et familiaux pour les accidents, c'est un faux-fuyant. Ça ne règle pas les problèmes des dangers pour la santé et la sécurité.
De plus en plus on vit un choc culturel en santé et en sécurité. Les multinationales qui débarquent au Québec font fi de cette culture de 30 années de prévention. Tout est décidé par des gens d'outre-mer qui disent qu'il y a une seule approche partout sur le globe, un seul standard qui s'applique. Encore une fois, au nom de la mondialisation, on impose tout d'en haut, on appelle ça du top down. On ne s'adresse pas aux travailleurs en tant qu'êtres humains.
Il y a deux conséquences à cela. Premièrement, le travailleur devient nerveux et va simplement se replier pour ne plus signaler les dangers parce qu'il sait que c'est un système de répression qui est en vigueur. Il se protège. Il ne rapporte plus les risques et les dangers qui lui sont soumis pour ne pas être l'objet de pression. Deuxièmement, et c'est encore plus grave, lorsqu'il se blesse il a tendance à ne plus déclarer les blessures. L'employeur se gargarise à répéter qu'il a de bons résultats en santé-sécurité en ayant cette approche parce que les gens ne déclarent plus leurs blessures. C'est faux de croire que la répression lui permet d'obtenir de meilleurs résultats. En fait, ce n'est pas un résultat meilleur, c'est du camouflage. On se targue de dire qu'il y a de moins en moins de réclamations pour des blessures. Comment se fait-il alors que le nombre de morts est toujours en augmentation depuis les 10 -15 dernières années? On fait des énoncés de zéro blessure, mais quand on va dans les usines on rencontre des gens dans des locaux qui sont dans le plâtre ou dans des chaises roulantes!
La situation est encore pire pour les contractuels. C'est de la main-d'oeuvre jetable. S'il y en a un qui se blesse, tout de suite on appelle le donneur d'ouvrage, on lui demande d'envoyer un autre travailleur immédiatement et quant à la blessure, camoufle-moi ça! C'est un recul incroyable d'au moins 40 ans en arrière. On le voit tout de suite aux méthodes de travail avec lesquelles on les fait travailler à quel point ils sont sous pression. Il sont à contrat alors on fait tout pour sauver de l'argent, peut-être que le contracteur a soumissionné trop bas, alors on passe par-dessus les procédures de sécurité pour les rendre plus productifs. Et qui est-ce qui paie pour en bout du compte? C'est le travailleur. C'est du jetable. La pression est mise carrément sur eux pour se maintenir à l'ouvrage.
Les employeurs se retirent de plus en plus du modèle québécois du paritarisme. Ils l'ont repris en mains et gèrent ça de façon radicale. Ils font une mascarade des comités conjoints en santé et sécurité. Les grandes entreprises internationales qui sont entrées ici établissent des comités santé-sécurité formés uniquement des membres de la direction. Ils maintiennent les comités conjoints parce que c'est la loi, mais juste pour la forme. Les comités de direction prennent toutes les décisions, puis ils arrivent au comité conjoint avec les décisions déjà toutes prises.
Le syndicat est bien au fait de comment ils agissent, comment agit cette philosophie qui prétend avoir des résultats où les blessures sont en décroissance. On informe nos gens. On les éduque et on les défend.
La surveillance
électronique comme arme des
monopoles pour accroître les cadences de travail et
l'exploitation de la classe ouvrière ne date pas d'hier. On a
qu'à se rappeler la fameuse scène du film de Charlie
Chaplin, Les temps modernes, dans laquelle on voit Charlot
sur une ligne de montage
avec d'autres ouvriers et le patron capitaliste confortablement assis
dans son bureau et qui observe avec une série d'écrans de
télévision des sections de l'usine dans laquelle les
ouvriers produisent. On voit le patron capitaliste, entre deux pauses,
se tourner vers ses écrans et donner des ordres au surintendant
pour
augmenter les cadences de production. On connaît la suite : les
cadences deviennent tellement rapides que Charlot en devient quasi-fou
et se retrouve dans les engrenages de la machinerie.
Aujourd'hui, l'utilisation de la surveillance
électronique est devenue la norme pour les monopoles qui
contrôlent les secteurs les plus productifs de l'économie.
Cette surveillance électronique est devenue très efficace
et variée, à cause notamment des progrès
technologiques des dernières décennies. La surveillance
électronique des travailleurs varie énormément
d'un endroit de travail à l'autre. Elle peut s'exercer via des
caméras conventionnelles, par des systèmes de radar
sophistiqués, par des puces électroniques, des
systèmes audio, etc.
Le phénomène de la surveillance électronique a connu une rapide expansion suite aux attentats de septembre 2001 à New York. La guerre à la terreur des États-Unis a été le prétexte à de nombreuses nouvelles mesures de sécurité par des entreprises qui font affaire aux États-Unis et cela affecte directement la vie des travailleurs.
Dans le secteur agro-alimentaire, des mesures de bio-sécurité, directement sous contrôle du Homeland Security américain, touchent les principales usines de production au Québec. Ces mesures permettent entre autre à tout inspecteur américain de donner des directives directement aux monopoles sur les mesures de sécurité d'un emplacement donné. Qu'il s'agisse de clôtures de sécurité autour de l'établissement, de programmes d'accès restreint, de surveillance par caméra, de programmes d'identification personnelle pour les travailleurs ou de la prolifération de gardiens de sécurité, ces mesures deviennent des conditions obligatoires pour pratiquer le commerce avec les États-Unis, sous peine de perdre son permis de dédouanement. Les monopoles utilisent également ces nouvelles mesures pour prétendument prévenir contre le vol, le vandalisme et autres méfaits, comme si les travailleurs étaient des criminels.
En plus des mesures de sécurité pour accroître la surveillance, les monopoles ont établi des méthodes de travail visant à maximiser la productivité et l'efficacité du travail. Chaque seconde de production est soumise à une surveillance serrée qui oblige les travailleurs à garder ou augmenter la cadence de travail aux dépens de leur santé et sécurité et de celles des autres.
Un autre prétexte pour accroître la surveillance électronique des travailleurs est celui de la fraude. Selon la conception centrée sur le capital des monopoles, les travailleurs sont un coût de production, il faut donc s'assurer que chaque seconde du temps du travailleur serve à la production, et la surveillance électronique sert à contrôler en tout temps et en tout lieu la vie des travailleurs et ainsi empêcher de soi-disant abus et pertes de temps inutiles sur les lieux de production.
Pour les monopoles, tous les prétextes sont bons pour intensifier la surveillance électronique et les raisons invoquées sont toujours prétendument très nobles. Mais l'expérience directe de la classe ouvrière dit le contraire. Que ce soit les prétextes de sécurité, de productivité, d'efficacité ou pour contrer de soi-disant fraudes, les résultats sont les mêmes partout pour les travailleurs : augmentation du stress quotidien, criminalisation de toutes sortes de manières, enregistrement de fichiers électroniques dans les dossiers personnels à propos des attitudes et erreurs, performances de productivité constamment évaluées par la direction, perte d'autonomie et de liberté de mouvement, impression d'être constamment espionné, donc atteinte à l'intimité et l'indépendance personnelle, etc.
La surveillance électronique a pour objectif immédiat une augmentation de la cadence de production, donc inévitablement une augmentation des accidents de travail. Cette surveillance électronique a pour effet non seulement de déposséder la classe ouvrière des ses moyens de production, mais aussi de créer un climat de relation de travail qui s'en prend directement à la dignité même du travail et à la qualité humaine des travailleurs. Les problèmes psychologiques et maladies mentales ont pris des proportions inouïes et continuent de prendre de l'ampleur.
L'opposition ouvrière se doit de s'adresser à ce problème de la surveillance électronique si elle veut s'approprier ses conditions de travail et ses conditions de vies et ainsi améliorer sa sécurité sur les lieux de travail. N'attendons pas de devenir à moitié fou comme Charlot, et de rester pris au milieu de l'engrenage de la machinerie.
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