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Numéro 45 - 19 avril
2012
Mouvement contre la hausse des frais
de scolarité
Blâmons le gouvernement, pas les
jeunes,
pour l'anarchie et la violence!
Mouvement
contre la hausse des frais de scolarité
• Blâmons le gouvernement, pas les
jeunes, pour l'anarchie et la violence!
• Les étudiants dénoncent la
judiciarisation et la violence de l'État et poursuivent leurs
actions
• Militante résistance à la
campagne d'arrestations - Un correspondant de l'Outaouais
• Ne touchez pas à nos jeunes!
- Pierre Soublière
Mouvement contre la hausse des frais de
scolarité
Blâmons le gouvernement, pas les jeunes,
pour l'anarchie et la violence!
LML condamne avec véhémence les
attaques contre les étudiants et les enseignants à
l'incitation du gouvernement Charest, comme on l'a vu hier à
l'Université du Québec en Outaouais, à Sherbrooke
et dans les rues de Montréal. Nous dénonçons les
tactiques d'intimidation utilisées par l'Université de
Montréal qui emploie des agents de sécurité avec
des gilets pare-balles qui filment les étudiants et les
professeurs. Nous nous joignons à la population qui demande qui
va payer pour les injonctions contre la grève étudiante
qui, comme on le sait, ont déjà coûté 25 000
$ ne serait-ce qu'à l'Université du Québec en
Outaouais.
Pour écraser le mouvement d'opposition à
la hausse des frais de scolarité et la demande d'un climat
politique où les choses peuvent être débattues et
des conclusions tirées qui soient justifiées, le
gouvernement déclenche la violence et criminalise la
résistance. Il déclare ensuite que la violence est
maintenant l'enjeu principal, et il fait référence non
pas à la violence du gouvernement et des forces
policières mais à certains actes qu'il veut attribuer
à la CLASSE, malgré toutes les preuves du contraire. Il a
déclaré qu'il ne négociera pas avec la CLASSE car,
dit-il, elle représente des positions extrémistes et n'a
pas de position politique sur la hausse des frais de scolarité,
ce qui est faux.
Il faut rappeler à Jean Charest que la CLASSE
représente 86 000 des 172 000 étudiants en grève,
soit 47 %, et que ce n'est pas à lui de choisir leurs
représentants ! Quand il déclare qu'il peut choisir avec
qui il va négocier, il oublie que ce sont les étudiants
qui choisissent leurs représentants et qu'ils ont choisi la
CLASSE. Ce n'est pas à lui de choisir qui représentera
les étudiants dans les négociations. C'est absurde.
Pour ce qui est de sa prétention de vouloir
négocier seulement avec ceux qui dénoncent la violence,
il devrait commencer par demander à sa ministre de
l'Éducation et au ministre de la Jeunesse, c'est-à-dire
lui-même, d'arrêter de proclamer des décisions qui
sont responsables de l'état d'anarchie et de violence qui
existe. Ce qui contrarie le premier ministre à ce point, c'est
que le peuple québécois refuse d'accepter ses politiques
antisociales. S'il n'était pas si extrémiste dans son
insistance à lever le gel des frais de scolarité à
l'encontre des intérêts du corps politique du
Québec, il n'y aurait pas de grève étudiante. Il
ne fait pas que décréter la levée du gel, il
augmente les frais de 75 % en trois ans, et après il dit que les
étudiants sont extrémistes !
LML appelle tous et chacun à
dénoncer la violence du gouvernement et de ses agences qui ont
créé le climat d'anarchie et de violence actuel. Ce
gouvernement est extrêmement cynique. C'est lui qui se retrouve
aujourd'hui accusé de corruption et qui est exposé pour
ses manoeuvres pour payer les riches mais il blâme ceux qui sont
victimes de cette corruption et de ce cynisme, il les criminalise et
adopte des lois contre eux. C'est ce qu'il a fait contre les
travailleurs de la construction et leurs syndicats et maintenant les
étudiants et les organisations qui les représentent
subissent le même sort.
Le peuple doit tracer une ligne dans le sable : refusons
le modus operandi de ce gouvernement qui consiste à
constamment détourner l'attention de ses propres agissements en
exigeant que les autres prennent position contre la violence et
l'intimidation. Il espère semer la confusion en faisant de la
violence la question centrale, plutôt que ses propres politiques
et agissements. C'est aux associations étudiantes, professeurs
et enseignants et à l'ensemble des Québécois que
revient le mérite de n'avoir pas permis au gouvernement
d'utiliser la tactique de diviser pour régner et d'avoir dit non
à la criminalisation de la résistance ou aux tentatives
de la rendre illégitime.
D'abord le gouvernement impose des hausses draconiennes
des frais de scolarité et maintenant il lance des ultimatums
exigeant que tout le monde accepte ces mesures comme légitimes
et la résistance des étudiants comme illégitime !
C'est la vérité à l'envers !
Les étudiants et professeurs ne sont pas des
criminels ! Blâmons le gouvernement, pas les étudiants,
pour l'anarchie et la violence ! Opposons-nous aux tentatives de
créer la division parmi les associations étudiantes pour
ensuite prétendre que seules deux d'entre elles sont
légitimes. Les étudiants ont choisi les trois ! Ce sont
eux, pas le gouvernement, qui choisissent leurs représentants !
Allons dénoncer le gouvernement Charest à
la marche de dimanche quand les Québécois et les
Québécoises le tiendront responsable de l'abandon des
intérêts du Québec le Jour de la Terre !
Blâmons le gouvernement pour
l'anarchie et la violence, pas les jeunes !
Non à la criminalisation de la résistance !
Exigeons le maintien du gel des frais de scolarité !

Les étudiants dénoncent la
judiciarisation et la violence de l'État et poursuivent leurs
actions
Au moment où les
étudiants entament leur 66e journée de grève et
que les libéraux s'enlisent dans la crise, la FECQ, la FEUQ, la
CLASSE ainsi que leurs alliés, notamment chez les enseignants,
dénoncent la poursuite de la judiciarisation et de la violence
de l'État et poursuivent leurs actions.
Plus de 171 000 étudiants répartis dans
184 associations étudiantes sont actuellement en grève au
Québec.
La Fédération étudiante
collégiale du Québec (FECQ) et la
Fédération étudiante universitaire du
Québec (FEUQ) ont réitéré leur position
qu'il n'y aura pas de négociations avec la ministre de
l'Éducation si la Coalition large de l'Association pour une
solidarité syndicale étudiante (CLASSE) n'est pas
invitée.
« J'ai un mandat très clair d'exiger que la
CLASSE soit présente. La ministre doit s'asseoir avec tout le
monde », a déclaré la présidente de la FEUQ
Martine Desjardins. Elle demande à la ministre de mettre de
côté ses « enjeux électoraux immédiats
» et d'attendre que la CLASSE tienne son assemblée samedi.
« On a réévalué un peu,
précisé en fait, notre position sur le sujet », a
dit le président de la FECQ Léo Bureau-Blouin. Comme la
FEUQ exige la présence de la CLASSE, « on n'ira pas tout
seul à une rencontre ».
« Il y a deux semaines, Madame Beauchamp ordonnait
au mouvement étudiant de reprendre des votes de grève
suite à sa bonification des prêts étudiants.
Aujourd'hui, elle demande aux porte-paroles étudiants de prendre
position en 24 heures, alors que nous sommes en grève depuis
neuf semaines, et sans consulter les dizaines de milliers de personnes
en grève. La ministre est inconséquente et manque de
respect pour les grévistes et la démocratie
étudiante», déclare Gabriel Nadeau-Dubois,
coporte-parole de la CLASSE.
La CLASSE dénonce également ce qu'elle
considère comme un dérapage du débat. « Le
débat sur la hausse des frais de scolarité est un
débat de société fondamental et il est en train de
déraper vers un débat sémantique et superficiel.
Au lieu de faire diversion en montant en épingle quelques
actions individuelles, pourquoi madame Beauchamp ne prend-t-elle pas
ses responsabilités en ouvrant un dialogue honnête et
constructif avec le mouvement étudiant ? », poursuit-il.
« Lorsqu'un manifestant a perdu un oeil au mois de
mars, a-t-on entendu la ministre dénoncer la violence
policière ? Lorsque deux journalistes ont été
arrêtés arbitrairement, a-t-on entendu le premier ministre
le dénoncer ? Alors qu'en ce moment même les
étudiants et les étudiantes de l'Université du
Québec en Outaouais et de l'Université de Montréal
sont intimidés et violentés, entend-t-on la ministre
dénoncer ces actes ? Absolument pas. Pourquoi alors s'acharner
sur les associations étudiantes pour qu'elles dénoncent
symboliquement des actions avec lesquelles elles n'ont rien à
voir ? », conclut Jeanne Reynolds, aussi coporte-parole de la
CLASSE.
« Nous tenons à rappeler aujourd'hui que
tant les gestes de violence posés par les policiers que par les
étudiants sont déplorables et injustifiables. Par contre,
en ne faisant pas preuve d'ouverture à dénouer le
conflit, le gouvernement ne fait que jeter de l'huile sur le feu
», explique Léo Bureau-Blouin.
La FECQ en profite pour redemander à la ministre
de l'Éducation de convier la CLASSE à la table de
discussion.

Cégep de
Saint-Hyacinthe le 18 avril face à l'injonction.
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La FECQ souligne aux étudiants et aux
administrations postsecondaires que la judiciarisation du conflit
envenime la situation. La Fédération avance que les
recours légaux des dernières semaines ont accentué
les tensions sur les campus et ont placé le corps professoral
dans une position délicate. « Nous invitons les
étudiants à respecter le choix démocratique de
leur assemblée et à cesser d'intenter des recours en
justice. Nous l'avons vu à l'Université de
Montréal, à l'Université du Québec en
Outaouais (UQO) et à l'Université du Québec
à Chicoutimi (UQAC), les injonctions ne font qu'aggraver la
situation », insiste le président de la FECQ.
La FEUQ tient tout d'abord à dénoncer
l'intimidation et la violence dont sont victimes les étudiants
et les professeurs qui défendent le droit fondamental de
manifester et de faire la grève afin d'obliger le gouvernement
libéral de Jean Charest à reculer sur la hausse de 1 625
$ des frais de scolarité, et elle exige de la ministre de
l'Éducation qu'elle en fasse autant de son côté.
« Le problème avec la ministre, c'est qu'elle, elle n'a
jamais dénoncé les débordements des forces
policières dans les manifestations comme il a été
possible de le voir dans les universités du Québec en
Outaouais (UQO) et à Chicoutimi (UQAC), à
l'Université de Montréal et à l'Université
Concordia. Elle n'a pas condamné les administrations
universitaires qui emploient des services privés de
sécurité qui intimident les professeurs et les
étudiants à l'intérieur même des murs des
universités, des agressions qui vont parfois jusqu'à la
violence physique, ce que les étudiants n'ont jamais fait. Elle
aussi doit être conséquente avec ses exigences »,
réclame Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.
Pour la FEUQ, la judiciarisation d'un conflit qui est
à la base politique n'est surtout pas la voie à suivre.
Il n'y a qu'une solution à ce conflit c'est que tous les
représentants étudiants soient autour de cette table et
qu'ils puissent discuter du noeud du problème : la hausse des
droits de scolarité. « L'arrogance de ce gouvernement n'a
plus de borne, il refuse même de discuter de l'enjeu et tente de
diviser pour mieux régner. C'est irresponsable et inadmissible
de la part de M. Charest qui dit représenter l'ensemble de la
population. Avec l'attitude qu'il démontre, la FEUQ en doute
fortement », poursuit Mme Desjardins.
« Maintenant que c'est fait, la ministre
doit convoquer une table de discussion pour qu'on puisse finalement
s'asseoir et parler de cette hausse injuste et inéquitable des
frais de scolarité. Nous avons écouté ses
exigences et nous avons été bons joueurs, maintenant
c'est à eux d'être à l'écoute des demandes
de la FEUQ et d'inviter tout le monde à une table qui traitera
de la question des frais de scolarité. Nous avons des solutions
pour le gouvernement, s'il veut réellement régler le
conflit, il devra nous écouter et cesser de chercher des
échappatoires », conclut la présidente de la FEUQ.
Réunis en Assemblée générale
le 18 avril, les professeurs et professeures du Syndicat
général des professeurs de l'Université de
Montréal (SGPUM) ont adopté plusieurs résolutions.
Les professeurs et professeures du SGPUM :
* « Marquent leur entière
solidarité à l'égard de la revendication des
étudiants d'être entendus ;
* « Réaffirment l'importance de la prise
des décisions démocratiques au sein de
l'Université ;
* « Dénoncent le mépris
manifesté par le gouvernement et par la direction de
l'Université de Montréal à l'égard de nos
étudiants, des professeurs et de l'ensemble des membres de la
communauté ;
* « Dénoncent le recours à toute
forme de violence et expriment leur profonde indignation face à
l'embauche d'agents de sécurité armés et exigent
le retrait immédiat de ces derniers ;
* « Dénoncent la judiciarisation, par la
direction de l'Université de Montréal, du conflit qui
oppose le gouvernement du Québec aux étudiants et
l'instrumentalisation des professeurs dans ce conflit ;
* « Demandent à la direction de
l'Université de renoncer à ses requêtes en
injonction ;
* « Réaffirment le principe de la
liberté académique des professeurs ;
* « Manifestent leur inquiétude face
à la dégradation du climat à l'université ;
* « Insistent sur l'importance de trouver des
solutions dans le respect des traditions collégiales et
démocratiques de notre institution.
« Les professeurs et professeures du SGPUM :
* « Expriment leur appui et leur
solidarité aux collègues et aux étudiants de l'UQO
;
* « Condamnent les menaces de sanction de la part
de la direction de l'UQO ;
* « Condamnent le recours à l'injonction
et aux méthodes policières brutales. »
Toutes ces résolutions ont été
adoptées à l'unanimité.
À l'Université de Montréal, le
climat est devenu si intenable que la porte-parole de
l'université, Flavie Côté, vient d'annoncer
l'annulation des cours.
Depuis lundi, l'administration avait fait appel à
une vingtaine de nouveaux agents de sécurité armés
de matraque des services spéciaux B.E.S.T.
Les enseignants ont souligné que la tension est
devenue palpable lorsque plus d'une centaine d'étudiants ont
occupé le hall de la Faculté d'aménagement.
Malgré le fait que les conditions n'étaient pas propices
pour donner les cours, ceux-ci ont été intimidés
par les agents de sécurité.
Le directeur de l'Institut d'urbanisme, Franck Scherrer,
a déploré cette altercation qui viole la liberté
scolaire des professeurs. « Les agents de sécurité
ont posé des gestes maladroits, au-delà de ce qui
était envisageable dans leur rôle », a-t-il
souligné au Devoir. Déjà dix associations exigent
la démission du recteur Guy Breton, de même qu'une
pétition signée jusqu'ici par 2300 personnes.
Le Syndicat des professeur-e-s du Collège de
Rosemont (SPCR) « dénonce sans équivoque le recours
aux injonctions et la judiciarisation sous toutes ses formes dans la
lutte contre la hausse des frais de scolarité ».
Réunis en assemblée générale, les membres
du SPCR ont clairement réitéré leur appui sans
réserve au mouvement étudiant. De plus, le SPCR a
clairement exprimé sa volonté de défendre les
principes, les valeurs et les droits de ses membres qui se fondent sur
la démocratie et la liberté académique. «
L'attitude inqualifiable du gouvernement Charest dans ce conflit ne
fait qu'envenimer la crise sociale actuelle et est parfaitement indigne
d'une société démocratique. Comme le gouvernement
Charest ne veut que briser le mouvement de contestation par tous les
moyens possibles, le règlement du conflit n'est pas un de ses
objectifs. Le SPCR tient responsable le premier ministre et sa ministre
de l'Éducation de la situation chaotique et parfois violente des
derniers jours. »
La Fédération des associations
étudiantes du campus de l'Université de Montréal
(FAÉCUM), les associations membres de la FECQ et de la FEUQ ont
participé aujourd'hui 19 avril à une manifestation
bâillon qui a débuté au bureau de Jean Charest pour
se terminer devant le palais de justice de Montréal. Devant
l'abondance d'injonctions déposées contre les
associations étudiantes, les étudiants de la
région métropolitaine ont placé un bâillon
sur leur bouche pour manifester contre cette atteinte à leur
liberté d'expression.
« Alors que nous avons vu apparaître des
firmes de sécurité privées sur le campus de
l'Université de Montréal, nous nous interrogeons afin de
savoir combien de temps la ministre va laisser
dégénérer la situation. Elle, qui affirmait
vouloir rencontrer les organisations étudiantes, s'est
lancée dans un débat sémantique par la suite. Pour
une fois, pourrait-elle lier la parole aux actes ? », s'indigne
Stéfanie Tougas, secrétaire générale de la
FAÉCUM.
Des juristes et avocats ont tenu le 18 avril un point de
presse aux côtés de la CLASSE pour dénoncer la
répression judiciarisée de la grève
étudiante. « Cette judiciarisation du mouvement de
grève a pour effet de créer un climat de confrontation et
s'inscrit en faux avec les votes démocratiques des associations
étudiantes » ont-ils affirmé. Ils ont
également tenu à souligner que la grève n'est pas
un droit conféré aux seuls travailleurs et ne fut pas
créée par le Code du travail.
La détermination des étudiants et de leurs
nombreux alliés ne laisse planer aucun doute.
À l'Université de Sherbrooke, étudiants et
enseignants résistent également aux injonctions. Le 18
avril, 19 d'entre eux ont été arrêtés par le
Service de police de Sherbrooke pour avoir bloqué l'accès
des bureaux régionaux du ministère de l'Éducation.
Les étudiants qui ont refusé de quitter
après avoir reçu un avis d'éviction ont
été emmenés au Service de police de Sherbrooke
où on leur a remis des constats d'infraction de 140 $.
Le responsable aux affaires externes de l'Association
étudiante du Cégep de Sherbrooke, Olivier Mercier, a fait
valoir que ces billets seraient contestés en bloc. « On
essaie de se faire entendre par les instances régulières,
mais visiblement ça ne fonctionne pas. La démocratie, il
faut la ramener dans la rue », a-t-il fait valoir.
À Montréal le 18 avril, les
étudiants ont brièvement occupé une succursale de
la banque CIBC avant d'être délogés par le SPVM qui
a utilisé gaz irritants et un engin fumigène. On a
procédé à deux arrestations.
Les nombreuses actions se poursuivent. Les
étudiants participeront vendredi à une action conjointe
avec les autochtones contre le Plan Nord. Ils seront également
présents dimanche 22 avril à l'occasion de la
Journée de la terre.
L'Éducation est un droit !
Appuyons la juste lutte des étudiants !

Militante résistance à la campagne
d'arrestations
- Un correspondant de l'Outaouais -

Dans un champ
près de l'Université du Québec en Outaouais
où il y a eu 160 arrestations le 18 avril 2012. (Isabelle Thériaul
Le mercredi 18 avril, à partir de 8 heures, des
étudiants, professeurs et syndicalistes de l'université
et du cégep de l'Outaouais, avec leurs supporters, ont
manifesté à l'Université du Québec en
Outaouais (UQO) dans le cadre des actions des étudiants contre
la hausse des frais de scolarité. Parmi les syndicats
présents il y avait le conseil central de la CSN, le Syndicat
des travailleurs et travailleurs des postes de l'Outaouais, l'Alliance
de la fonction publique, le syndicat des professeurs du cégep,
des professeurs de l'UQO, des professeurs de ont appuyé les
étudiants. Le plan de la police était tolérance
zéro. L'anti-émeute a réussi à coincer la
manifestation sur la promenade du Lac-des-Fées, ne laissant
personne sortir. Cent soixante personnes ont été
arrêtées.
Après avoir manifesté au Pavillon
Taché contre l'injonction et l'occupation de l'université
par la police, la manifestation, tout de suite encadrée par la
police, s'est dirigée le pavillon Brault. Pour éviter
l'escouade anti-émeute, elle s'est engagée sur la
promenade du Lac-des-Fées et a été
immobilisée par un cordon d'escouade anti-émeute devant
elle, puis la police de Gatineau a fermé le quadrilatère
en arrière et sur les côté, refusant de laisser
partir qui que ce soit et se faisant vraiment menaçante. Les
arrestations ont commencé vers 11 heures et se sont poursuivies
jusqu'à 15 heures. Transportés aux postes de police de
Hull et de Gatineau, tous ont été libérés
en début de soirée. Un billet d'infraction d'entrave
à la circulation va être envoyé d'ici un mois.
Cependant, aucune condition n’a été
imposée, ce qui fait qu’à peu près tous ceux
arrêtés étaient de retour à la
manifestation de ce matin, le jeudi 19 avril. La manifestation
était plus importante. Plus de 600 étudiants et
supporters. Quelques étudiants ont été
attaqués au poivre de Cayenne par la police de Gatineau au
pavillon Taché occupé par la police. Chaque fois que la
manifestation s'approchait d'un pavillon de l'université,
l'escouade anti-émeute de Gatineau et l'escouade
anti-émeute de la SQ bloquaient la route. Lorsque la
manifestation est allée au bureau de circonscription de la
députée libérale de Hull, sur St-Joseph,
même chose. Vers midi, la manifestation est retournée au
pavillon Brault et deux étudiants ont été
matraqués et blessés par l'anti-émeute de
Gatineau. Environ 150 étudiants sont entrés par une porte
de côté dans la cafétéria du pavillon. Les
autres étaient bloqués par l'anti-émeute. Les
professeurs ont obtenu la levée des cours par
l'université. Là encore la police a refusé de
laisser sortir les étudiants et fait environ 150 arrestations,
mais cette fois c'est pour méfait, les comparutions devant un
juge ont commencé en soirée.
Cela fait un total de plus de 300 arrestations en deux
jours en Outaouais. Le plein poids de l'État est utilisé
contre les étudiants et leurs alliés : les tribunaux pour
les injonctions et les accusations, la police et l'escouade
anti-émeute de Gatineau, l'escouade anti-émeute de la
Sûreté du Québec, la direction de l'UQO qui ordonne
aux professeurs d'enseigner sous occupation policière et laisse
la police arrêter des professeurs, la mairie de Gatineau qui met
au service de la police les autobus municipaux de la STO pour
transporter l'escouade anti-émeute et aussi pour parquer les
étudiants arrêtés et les transporter aux postes de
police.
Les injonctions et autres tentatives d'intimidation ne
briseront pas la détermination et la résistance des
étudiants. Ils ont réussi à fermer
l'université depuis le début de la semaine. En
soirée, le recteur de l'université a annoncé la
fermeture jusqu'à lundi matin. Autrement dit, les
étuidants ont atteint leur objectif d'obliger le recteur
à mettre fin à l'occupation policière de
l'université et à cesser de forcer les professeurs
à enseigner sous occupation policière.
(Photos: Andy
Crosby/Media Coop)

Ne touchez pas à nos jeunes!
- Pierre Soublière -
Les propos tenus le 18 avril par la
députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault,
démontrent le mépris qu'a le Parti libéral pour
les jeunes, pour la population en général et, surtout,
pour toute notion de droits et de démocratie. Lors d'une
entrevue télévisée à la suite d'une
journée d'interventions policières et d'arrestations
massives des étudiants, la députée libérale
a joué le rôle typique des libéraux, celui de
blâmer les étudiants eux-mêmes pour ce qu'elle a
appelé tout bonnement des « débordements ».
D'abord elle s'est dit en état de «
désarroi » et a dit que la population partageait ce
désarroi, sans dire que celui-ci vient plutôt du fait de
la violence et de la brutalité sauvage
déchaînées contre les jeunes et les professeurs,
comme s'ils n'étaient pas partie intégrante de la «
population ». Quant à l'appui des syndicats des
professeurs à la lutte des étudiants contre la hausse des
frais de scolarité, elle a dit que les syndicats étaient
un « modèle à ne pas suivre » et a fait appel
au « sens du civisme » de tous les concernés —
à l'exception, bien sûr, de l'escouade anti-émeute
que les étudiants ont dénoncée pour avoir recours
au profilage et au harcèlement des jeunes qui affichaient
ouvertement le carré rouge.
La députée libérale a eu l'audace
de dire « on ne sait pas ce que les étudiants veulent
», alors que les étudiants et les professeurs
déclarent sur tous les toits que cette lutte contre la hausse
est surtout pour les générations futures. Des jeunes du
secondaire à Montréal manifestaient récemment en
déclarant que c'est au peuple de décider de son avenir,
et n'importe quel enfant du primaire dont le frère ou la soeur —
ou le parent — est touché par ces hausses sait de quoi il
relève.
Le gouvernement Charest dont le premier ministre est
aussi ministre de la Jeunesse ( !) doit être
dénoncé sans réserve pour ces actions. La
députée de Hull a dit que c'est une «
décision de la Cour » et que ce n'est pas aux gens de
remettre en question une telle décision même si, selon
toutes les prédictions, cette décision allait envenimer
la situation mais aussi donner un prétexte à la violence
policière de se déchaîner contre les jeunes et
contre tout le monde qui ose s'afficher en appui aux étudiants.
Cette décision est condamnée par les étudiants qui
ont très bien compris que c'est leur démarche
démocratique qui a été lésée et
qu'on tente d'étouffer en invoquant le « civisme »
tandis qu'on les attaque en les arrêtant, en les menaçant
et en leur imposant de lourdes amendes. Les travailleurs ont beaucoup
d'expérience avec ces méthodes de fiers-à-bras qui
se cachent derrière le « sens du civisme » du
gouvernement libéral. C'est le sens de la corruption et
d'être à genoux devant les Rio Tinto de ce monde pour
jeter les travailleurs à la rue comme s'ils étaient des
moins que rien comme ils l'ont fait à Alma au mois de
décembre.
Voilà pour le « civisme » de Mme
Gaudreault et de son Parti libéral !

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Marxiste-Léniniste
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