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Numéro 41 - 13 avril
2012
Opposition à la hausse des
frais de scolarité
La judiciarisation de la grève:
preuve de faillite de l'argument politique du gouvernement Charest
Manifestation populaire à
Montréal
Samedi
le
14
avril
- 13 h
Parc
Jeanne-Mance (coin Mont-Royal et Parc)

Pour plus
d’informations :
www.bloquonslahausse.com
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Opposition
à
la
hausse des frais de scolarité
• La judiciarisation de la grève: preuve
de faillite de l'argument politique du gouvernement Charest
Gestes de plus en plus
désespérés de Rio Tinto Alcan
• Qui au juste fait du chantage? Un effort
désespéré de RTA pour tourner la
vérité sans dessus-dessous - Pierre
Chénier
• Accusations absurdes pour faire taire les
travailleurs d'Énergie électrique
Cinquième
sommet des peuples des Amériques
• Les peuples des Amériques se font
entendre à Cartagena, Colombie
Opposition à la hausse des frais
de scolarité
La judiciarisation de la grève:
preuve de faillite de l'argument politique du gouvernement Charest
Au moment où les étudiants entament leur
huitième semaine de grève, le gouvernement Charest lance
une provocation après l'autre, allant jusqu'à invoquer le
« droit le plus stricte » d'aller à ses cours et la
volonté de « la majorité silencieuse » pour
justifier ses mesures antisociales. Malgré cela, les
étudiants sont déterminés à défendre
leurs droits et gagnent de nouveaux appuis.
Plus le gouvernement se discrédite en attaquant
le droit à l'éducation, plus il devient irrationnel dans
son argumentation.
La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a
lancé le 11 avril un appel à la poursuite des cours. Elle
a invoqué le Code du travail pour déclarer que le
débrayage était illégal. Autrement dit, incapable
de faire valoir politiquement que la hausse des frais de
scolarité est dans l'intérêt général
de la société, le gouvernement Charest choisit de
criminaliser la résistance des étudiants.
La ministre a dit dans une
entrevue à Radio-Canada qu'elle a elle-même
sollicitée : « On est devant des gens dont certains
décident de boycotter leurs cours, mais les autres, ils sont en
plein droit de demander d'y avoir accès. C'est donc un rappel,
et les injonctions gagnées par les étudiants le
démontrent, en plus du possible recours collectif
annoncé, on doit répondre en fonction de la loi. »
Depuis Sao Paulo, au Brésil, où il se
trouve pour faire la promotion de son Plan nord, le premier ministre
est venu à la rescousse de sa ministre. Incapable de faire
valoir la hausse avec un argument politique, Charest a recouru à
la même désinformation qu'il utilise contre les
travailleurs, affirmant que les votes de grève qui se prennent
dans les assemblées générales des étudiants
ont lieu dans un « climat d'intimidation » comme celui qui
règne dans l'industrie de la construction. C'est d'une
effronterie sans pareil, surtout quand on sait que la corruption et
collusion dans la construction ne sont pas le fait des travailleurs et
des syndicats mais bien du gouvernement et des entreprises avec
lesquelles il fait affaire.
À l'instar de la ministre de l'Éducation,
il a ajouté qu'il faut parler de boycott et non de grève.
Les leaders du mouvement étudiant devront donc accepter que les
étudiants poursuivent leur session « sans qu'on cherche
à les bloquer dans leur droit le plus strict d'obtenir une
éducation », a-t-il ajouté.
Les tentatives de judiciariser le conflit se frappent
à la résistance des étudiants et des professeurs
L'administration du Collège Valleyfield a pris la
balle au bond et annoncé, malgré le vote de grève
pris démocratiquement, le retour en classe pour le 12 avril. Mal
lui en pris, puisque plus de 500 étudiants accompagnés
d'enseignants et de travailleurs viennent d'empêcher la reprise
des cours.
« On dénonce l'irresponsabilité du
collège qui met en danger la sécurité de nos
étudiants, a dit Mélanie Dutemple, professeur au
cégep. On est en furie, c'est la démocratie qui est
bafouée. »
« Le message est clair : ce ne sont ni les
injonctions ni les décrets unilatéraux des
administrations qui mettront fin à cette grève. Le
mouvement ne s'essouffle pas et il tiendra jusqu'au recul des
libéraux, point à la ligne », a
déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la
CLASSE. Il a ajouté que 14 associations étudiantes ont
reconduit la grève mardi le 10 avril, y compris aux
collèges Montmorency, Maisonneuve, André-Laurendeau et
Sherbrooke ainsi que dans plusieurs départements et
facultés des universités de Montréal et de
Sherbrooke. À l'Université Laval, les étudiants de
sociologie, de création et d'études littéraires,
d'histoire, de géographie, de foresterie et de physique ont
déjà voté pour la reconduction de la grève.
« Ça montre que l'offre bidon
proposée par la ministre n'est pas cautionnée par les
étudiants », lance le président de la
Confédération des associations d'étudiants et
d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Martin
Bonneau.
« Cette tentative de briser la grève
votée démocratiquement est absolument inacceptable. Si on
veut mettre fin à la grève, il n'y a qu'une solution :
annuler la hausse des frais de scolarité », déclare
Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la Coalition, et étudiante
au Collège de Valleyfield.
Pour la Fédération du personnel
professionnel des collèges (FPPC-CSQ), « les
déclarations de la ministre démontrent
l'incapacité du gouvernement à régler le conflit.
En incitant à la judiciarisation du conflit plutôt qu'en
ouvrant la porte à une vraie négociation, le gouvernement
s'enfonce dans une impasse dont la société pourrait
devoir payer le prix. Si l'établissement doit reconnaître
l'association étudiante, comment la ministre Beauchamp peut-elle
faire fi des décisions prises démocratiquement en
assemblée générale ? », explique son
président, Bernard Bérubé.
« Dans un tel contexte, un retour forcé le
12 avril place les profs entre l'arbre et l'écorce. S'ils
respectent les directives de leur employeur et dispensent leur cours,
ils font fi d'une décision prise de façon
démocratique par leurs étudiants », dit Jean
Trudelle, le président de la Fédération nationale
des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ). Avouons que
cela est peu propice à la réalisation d'objectifs
pédagogiques, précise dans le communiqué.
« L'attitude de la ministre nous apparaît
hautement irresponsable et l'incitation à forcer un retour en
classe ne fera que jeter de l'huile sur le feu. Cela risque de
générer des affrontements et de radicaliser davantage les
positions », poursuit-il.
« Le refus obstiné du gouvernement
d'amorcer un dialogue ne mène à rien. Il importe de
trouver une solution à la crise qui a cours, mais ce n'est
certes pas en imposant un retour en classe par la voie de la
judiciarisation que l'on y arrivera », conclut Jean Trudelle.
L'endettement des étudiants n'est pas une
« solution »
Quant aux « propositions » de la ministre
Beauchamp, elles ont été rejetées par les
étudiants. « Les propositions faites hier [6 avril] par la
ministre, c'était pour diviser le mouvement et
discréditer les leaders étudiants. Alors aujourd'hui, on
répond en force. On a consulté nos associations et tout
le monde a répondu ‘présent‘ », a dit Martine
Desjardins de la Fédération étudiante
universitaire du Québec (FEUQ), ajoutant que « le petit
jeu » de la ministre n'a pas fonctionné.
« C'est important de rencontrer la ministre pour
lui expliquer à quel point l'annonce qu'elle a faite ne convient
pas. L'endettement étudiant n'est pas une solution à
l'accessibilité aux études et c'est avec un vrai dialogue
qu'on va mettre fin au conflit », a dit Léo Bureau-Blouin,
le président de la Fédération étudiante
collégiale du Québec (FECQ).
Garantir à la fois le droit à
l'éducation et l'intérêt
général de la société
québécoise
Le comité de condition féminine de la
Fédération de la santé et des services sociaux
(FSSS-CSN) vient de donner son appui aux étudiants. «
Historiquement, l'éducation a joué un rôle
important dans l'émancipation des femmes qui n'est plus à
prouver », affirme Josée Marcotte, vice-présidente
responsable du personnel de bureau, techniciens et professionnels de
l'administration et responsable de la condition féminine
à la FSSS. « L'accès à l'éducation a
toujours été l'un des chevaux de bataille des mouvements
féministes. En accédant à l'éducation, les
femmes de tout temps et de tous lieux ont pu espérer de
meilleures conditions de vie par l'accession à une
égalité réelle. Elles ont aussi pu aspirer
à la possibilité d'occuper un emploi et d'obtenir un
revenu, gage d'indépendance. »
Le sociologue Guy Rocher, membre de la Commission Parent
qui a mené à la création des cégeps et du
ministre de l'Éducation dans les années soixante, a a
rappelé que l'élimination des droits de scolarité
était la position adoptée par la Commission Parent en
1965. « Pour des raisons conjoncturelles, étant
donné les grandes dépenses du gouvernement, qui
s'apprêtait à réformer tout le système,
l'argent n'a pas été consacré à cette
gratuité. Mais on espérait qu'à plus ou moins long
terme, la gratuité soit appuyée. Sauf que tranquillement,
le gouvernement a plutôt adopté la perspective
néolibérale du consommateur-payeur »,
déplore le professeur de l'Université de Montréal
et chercheur au Centre de recherche en droit public.
La Coordination du Québec de la Marche Mondiale
des femmes (CQMMF) s'est rassemblée le 12 avril devant les
bureaux du ministère de l'Éducation à
Montréal en signe de solidarité envers les
étudiants en grève.
« On a qu'à penser à
l'étudiante type, qui est en fait mère et travailleuse
à temps partiel. On a qu'à penser aux femmes vivant avec
un handicap qui souhaitent étudier pour agir comme citoyennes et
travailleuses. On a qu'à penser aux femmes immigrantes qui
pourraient avoir peur de contracter d'importants prêts pour
étudier sans garantis d'emploi », s'exclame
Éve-Marie Lacasse, porte-parole de la CQMMF.
La présidente du Conseil provincial du secteur
universitaire (CPSU), Carole Neill, se dit renversée par
l'arrogance du gouvernement Charest dans ce dossier. « C'est
proprement scandaleux, lance la présidente du CPSU. Au lieu de
rencontrer les étudiants, le gouvernement s'en remet aux
dirigeants des universités et des collèges et leur refile
l'odieux de la situation. La ministre Line Beauchamp devrait engager le
dialogue avec les leaders étudiants et démontrer enfin sa
bonne foi. C'est ce que la population québécoise attend
de la ministre de l'Éducation. »
D'autre part, réunis en Conseil
général la semaine dernière, les quelque 130
délégués du Conseil provincial des affaires
sociales (CPAS), parlant au nom des 20 000 membres du SCFP du secteur
de la santé et des services sociaux, ont également
souligné leur appui aux étudiants, tout en demandant au
gouvernement de négocier avec les associations étudiantes.
Les étudiants poursuivent leurs actions

Les étudiants
tentent de bloquer l'entrée du siège social de la Banque
nationale à Montréal et sont pris entre
deux rangs de policiers et aspergés de poivre de Cayenne, le 11
avril 2012. (CUTV)
Pendant ce temps, plusieurs associations
étudiantes ont voté pour une reconduction de la
grève. Les étudiants et leurs alliés refusent de
se laisser intimider et disent qu'ils vont continuer de s'appuyer sur
la justesse de leur cause. Le 11 avril au matin, les étudiants
ont fait des institutions qui profitent de leur endettement la cible de
leur action. Ils ont tenté de bloquer l'entrée du
siège social de la Banque nationale à Montréal
mais leur action a été déclarée
illégale et la police les a délogés de force. La
brutalité envers les étudiants a choqué plusieurs
travailleurs présents.
Durant la journée, une douzaine de marches
d'étudiants ont eu lieu. En soirée, les étudiants
se sont rencontrés au parc Émilie-Gamelin pour une marche
nocturne.
À Québec, près d'une centaine
d'étudiants ont brièvement occupé les locaux d'une
succursale de la Banque CIBC et d'une succursale de la Banque nationale
en matinée.
En fin d'après-midi, le 12 avril, environ 700
étudiants ont envahit le Hall d'honneur du Pavillon Roger-Gaudry
de l'Université de Montréal où se trouve le bureau
du recteur. Ils ont dénoncé l'administration qui vient
d'obtenir une injonction interlocutoire provisoire jusqu'au 20 avril
pour empêcher le blocage des accès de
l'établissement.
Selon un sondage Léger Marketing effectué
pour le compte de la FECQ, 47 % des Québécois se disent
insatisfaits de la façon dont la ministre gère le dossier
de la crise étudiante.
Soixante-cinq pour cent d'entre eux souhaitent que le
gouvernement entame des discussions avec les étudiants. «
La ligne dure de la ministre ne passe pas. Elle doit ouvrir son jeu et
entamer un dialogue avec les étudiants », de conclure le
président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin.

Gestes de plus en plus
désespérés de Rio Tinto Alcan
Qui au juste fait du chantage? Un effort
désespéré de RTA pour tourner la
vérité sans dessus-dessous
- Pierre Chénier -
Le 6 avril, après avoir rompu les
négociations avec le syndicat suite à une rencontre
d'à peine plus d'une heure, le chef négociateur de RTA a
accusé en point de presse les travailleurs d'Alma de se livrer
à du chantage et à de l'agression. Où Rio Tinto
voit-il le chantage et l'agression ? Dans le fait que les travailleurs
d'Alma persistent à s'opposer à la
détérioration des conditions de travail et de vie dans la
région et à demander le maintien d'une masse critique de
travailleurs syndiqués STAA de façon à pouvoir
mener une bataille efficace à la défense non seulement
des droits des travailleurs de Rio Tinto mais des droits de tous. Le
monopole international Rio Tinto Alcan, par contre, essaie d'abaisser
toutes ces conditions en utilisant des travailleurs à contrat
non syndiqués STAA, travaillant côte-à-côte
avec les travailleurs syndiqués, mais à des conditions
très inférieures. Le même monopole refuse de
négocier de bonne foi et de discuter des demandes des
travailleurs de façon rationnelle, mais il persiste quand
même à se prétendre le champion de l'emploi
régional peu importe les conditions inférieures et
l'insécurité qu'il impose aux travailleurs. C'est ce
même monopole qui a expulsé par la violence les
travailleurs pendant leur quart de travail 24 heures avant l'expiration
de la convention collective, et poursuit et menace les organisations et
individus qui dénoncent son lockout. C'est aussi ce même
monopole qui est soupçonné de collusion avec les autres
monopoles de l'aluminium pour manipuler par le biais du lockout les
prix de l'aluminium et qui en fait a planifié ce frauduleux
lockout depuis 2007 par son entente secrète avec le gouvernement
du Québec et Hydro-Québec. C'est en vertu de cette
entente que RTA reçoit plus de 10 millions $ par mois pour
l'hydro-électricité qu'il produit mais n'utilise pas,
tandis que les travailleurs ont été jetés à
la rue.

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Plus Rio Tinto tourne la vérité sans
dessus-dessous, plus il est discrédité. Ses attaques
anti-ouvrières et son abus de sa position de pouvoir et de
privilège ajoutent encore à son discrédit et
à son isolement. Le monopole a échoué à
imposer sa prétention à l'effet que la seule façon
de développer le secteur de l'aluminium dans la région,
c'est d'imposer des conditions qui sont totalement en deça de
celles pour lesquelles les générations
précédentes de travailleurs ont combattu. Il a
échoué à dresser la population contre les
travailleurs en les dépeignant comme étant hostiles
à l'emploi régional et aux investissements, et comme
étant des vandales qui sabotent les machines mettant en danger
la sécurité des gens de la région. C'est le
contraire qui s'est produit. Ce ne sont pas seulement les travailleurs,
mais des gens de tous milieux qui en ont plus qu'assez de l'arrogance
de Rio Tinto. L'appui à la lutte des travailleurs d'Alma
grandit, nous l'avons tous vu le 31 mars avec cette vaste participation
à la manifestation à Alma et l'enthousiasme qui s'est
exprimé pour la position de principe des travailleurs d'Alma.
Tout le monde reconnaît que ces travailleurs combattent pour des
emplois décents et syndiqués qui
bénéficient à la région et aux
générations à venir et que ce combat maintient
vivant le combat des générations antérieures qui
ont consenti des sacrifices pour élever le niveau de vie de
tous. Ce sont les travailleurs qui défendent les
intérêts du Québec face à un gouvernement
qui refuse de le faire.
Même après avoir été
assaillis par des gardes de sécurité provenant de
l'extérieur de la région et mis en lockout, les
travailleurs ont maintenu le cap sur la présentation d'arguments
faisant valoir la nécessité de préserver des
emplois bien payés dans la région. Rio Tinto n'en est pas
moins demeuré totalement arrogant, se réfugiant dans ses
lubies comme quoi c'est seulement à Alma qu'il a connu des
problèmes de travail depuis 15 ans dans le monde entier. C'est
totalement faux évidemment, mais Rio Tinto n'en a que pour le
dogme néolibéral selon lequel si les travailleurs veulent
prospérer, ils doivent accepter d'être asservis et
accepter que l'emploi à des conditions gagnées par des
décennies de luttes soit transformé en emploi
précaire qui ne reconnaît aucun standard.
Dans son isolement et son désespoir, Rio Tinto va
maintenant jusqu'à accuser les travailleurs de le faire chanter
pour lui extorquer des concessions ! On l'aurait agressé pour
lui soutirer des concessions ! L'extorsion de concessions qui est
à l'oeuvre ici, c'est celle de Rio Tinto Alcan exigeant des
travailleurs qu'ils lui reconnaissent un droit absolu de faire de la
sous-traitance.
En accusant de façon insensée les
travailleurs de se livrer au chantage et à l'agression, Rio
Tinto nous montre qu'il ne se reconnaît pas un devoir de
négocier de bonne foi avec les travailleurs. Il semble penser
pour le moment qu'il va être capable de continuer à
utiliser son lockout pour faire monter les prix de l'aluminium pendant
que le gouvernement du Québec continue de lui donner notre
électricité, ce qui constitue le plus gros avantage
concurrentiel dont jouit la compagnie dans le monde.
C'est là-dessus qu'il faut frapper pour
empêcher Rio Tinto d'agir en toute impunité. Le
gouvernement du Québec doit révoquer l'entente
secrète et cesser d'intervenir dans le conflit d'une
façon qui donne tout pouvoir à Rio Tinto d'agir en toute
impunité.
Plus Rio Tinto devient hystérique, plus nous
devons tous élever notre voix pour demander que Rio Tinto
reconnaisse les justes demandes des travailleurs et leur syndicat.

Accusations absurdes pour faire taire
les travailleurs d'Énergie électrique
Sur son site web, le Syndicat des employés
d'énergie électrique révèle que Rio Tinto
lui a demandé de cesser de nuire à ses
intérêts pendant le lockout. Énergie
électrique est la division de Rio Tinto qui opère les 6
barrages et les lignes de transmission de RTA sur les rivières
Peribonka et Saguenay. Ces travailleurs sont membres de la section 1926
des Travailleurs canadiens de l'automobile et ils sont d'ardents
supporteurs de la lutte des travailleurs d'Alma et des participants
réguliers à leurs actions. RTA a servi une mise en
demeure au syndicat et à son président Pierre Simard le
14 mars et les médias locaux en ont révélé
le contenu depuis.
Selon les médias, la mise en demeure accuse le
syndicat et son président d'une série d'activités
qu'elle décrit comme nuisibles aux intérêts da la
compagnie et contraire à ce qu'elle appelle le devoir de
loyauté des travailleurs face à l'entreprise. La mise en
demeure vise en particulier la divulgation d'informations dites
confidentielles sur la production d'hydro-électricité par
RTA et l'entente entre le gouvernement du Québec,
Hydro-Québec et Rio Tinto sur les échanges
d'énergie pendant le lockout. C'est vraiment frauduleux de
prétendre que le syndicat brise le sceau de la
confidentialité parce que l'entente secrète entre le
gouvernement, Hydro-Québec et RTA qui force la
société d'État à acheter toute
l'hydro-électricité inutilisée de Rio Tinto
pendant le lockout est maintenant connue de tous. Ce que fait le
syndicat c'est de dire combien d'argent RTA touche de cette vente
d'hydro-électricité à Hydro-Québec. C'est
tellement confidentiel qu'on peut trouver les mêmes chiffres sur
le site web de Radio-Canada. Les médias locaux rapportent aussi
que RTA accuse le syndicat et son président de prendre des
congés non autorisés pour aller appuyer les
lockoutés, de mettre des auto-collants syndicaux en appui aux
travailleurs d'Alma et de refuser de faire du temps
supplémentaire. Les médias rapportent, et la
représentante aux communications de RTA a confirmé, que
la mise en demeure accuse le syndicat et son président de briser
son devoir de loyauté envers l'entreprise et rappelle le
président à ce soi-disant devoir.
Le maire de Saguenay Jean Tremblay a critiqué
publiquement RTA pour cette mise en demeure et déclaré
que les ententes qui gouvernent les ressources naturelles au
Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent être publiques et non
secrètes.
En début d'avril, les TCA ont
déposé une requête à la Commission des
relations du travail pour que soient levées les
références au manque de loyauté de Pierre Simard,
qui n'a jamais, selon eux, dérogé à son devoir
d'employé et de président de syndicat. La requête
est assortie d'une demande d'indemnité de 10 000 $ pour dommages
exemplaires et de la possibilité d'ajouter à la plainte
une demande d'ordonnance provisoire en cas de mesures disciplinaires
contre Pierre Simard.
Au nom des travailleurs en lockout, le président
du syndicat Marc Maltais a exprimé l'appui du syndicat à
Pierre Simard et au Syndicat des employés d'énergie
électrique. Il a dit que la mise en demeure et l'injonction
obtenue par RTA dès le début du lockout pour limiter le
piquetage font partie d'une campagne de peur menée par Rio Tinto
pour forcer les travailleurs au silence. C'est un signe, a-t-il dit,
que l'opinion publique n'est pas du côté de Rio Tinto et
que la peur est tout ce qui lui reste.
Rio Tinto Alcan n'est pas capable d'attaquer la justesse
de la cause des travailleurs et de leurs alliés et il en est
réduit à la criminalisation et aux calomnies pour tenter
de faire échec à ce combat.

Cinquième sommet des peuples des
Amériques
Les peuples des Amériques se font entendre
à Cartagena, Colombie

Au sommet des peuples de
Cartagena, Colombie, le 12 avril 2012. À gauche: un forum sur le
libre-échange.
À droite: un forum sur les mines.
Le 12 avril, le 5e Sommet des peuples s’est ouvert
à Cartagena,
Colombie, parallèlement à la tenue du soi-disant Sommet
des Amériques,
qui se tient les 14 et 15 avril dans la même ville. Les chefs
d'État de
tous les pays des Amériques sont attendus au soi-disant Sommet
des
Amériques, à l'exception de Cuba qui est exclu en raison
du veto du
Canada et des États-Unis au sein de l'Organisation des
États américains
(OÉA), et de l'Équateur qui refuse d'y participer
à cause de
l'exclusion de Cuba.
Au Sommet des peuples, les représentants des
peuples des
Amériques se
font entendre pour que les vraies préoccupations des peuples
soient
exprimées, selon Enrique Daza, le directeur national du Centre
de
recherche sur le travail, un membre de l'Alliance continentale et
organisateur du forum des nations.
Daza a expliqué à Prensa Latina
que le Sommet
des Peuples
a lieu en dehors de la rencontre officielle de l'OÉA afin que
les
propositions d'intégration et les demandes des mouvements
sociaux
soient prises en considération. Il a souligné que l'ordre
du jour de
l'OÉA pour le soi-disant Sommet des Amériques va
débattre d'une série
de questions
prédéterminées et choisies pour le fait qu'elles
ne portent pas à
controverse, au lieu de s'adresser aux vrais problèmes qui
préoccupent
les peuples des Amériques.
Le Sommet des peuples est l'affirmation que les peuples
ont le droit
d'exprimer leurs opinions sur les questions les plus urgentes pour la
région, a-t-il fait remarquer.
L'événement comprend trois sessions : la
première sur l'intégration,
la militarisation et les droits humains, sur les changements
climatiques et une économie durable, et la souveraineté
territoriale,
alimentaire et agraire, ainsi que le libre-échange et la crise
économique.
Le 13 avril, les collectifs de femmes et
d'étudiants ainsi que des
organisations religieuses, syndicales et des droits humains se sont
rencontrés dans le cadre de diverses rencontres. Une
assemblée
approuvera la déclaration des Peuples des Amériques, qui
sera acheminée
au forum présidentiel du soi-disant Sommet des Amériques
grâce à une
mobilisation
de la population dans les rues de Cartagena.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca Courriel: redaction@cpcml.ca
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