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![]() ![]() ![]() Les revendications
|
![]() Guy Farrell, Marc Maltais |
Des représentants de plusieurs syndicats nationaux et internationaux ont pris la parole lors du rassemblement et de la manifestation en appui aux travailleurs en lockout de Rio Tinto à Alma. Il y a eu une première série de discours avant le début de la marche. Le maître de cérémonie, Guy Farrell, l'adjoint au directeur québécois du Syndicat des Métallos, a souhaité la bienvenue à tout le monde et passé la parole à Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma. « Je vous remercie beaucoup d'être là en très grand nombre, d'avoir répondu à l'appel de solidarité, a-t-il dit. C'est un honneur pour nous autres, les gens d'Alma, de vous accueillir dans notre très belle ville et notre très belle région du Saguenay-Lac-St-Jean. » Après le rassemblement d'ouverture les travailleurs ont marché dans les rues d'Alma jusqu'à l'amphithéâtre Festivalma où s'est tenu le rassemblement de clôture. Nous reproduisons ci-contre des extraits des discours qui ont été prononcés.
Jyrki Rayna,
secrétaire général de la Fédération
internationale des organisations de travailleurs de la
métallurgie (FIOM)) : C'est un très grand
honneur et plaisir pour moi de vous saluer et vous apporter un message
de solidarité de la part des métallos du monde entier.
Nos salutations
de la part de notre nouvelle organisation mondiale industrielle, qui
sera créée en juin pour représenter 50 millions de
travailleurs dans 140 pays du monde. Nous sommes ici pour exprimer
notre plein soutien à votre lutte justifiée et aux
demandes des métallos parce qu'elles sont équitables,
raisonnables et elles sont
justes. Rio Tinto est une multinationale cynique dont la philosophie
est de maximiser les profits et les dividendes et minimiser les
coûts de travail. Rio Tinto se doit de se rappeler que ses
profits sont faits grâce à la performance des travailleurs
et grâce aux communautés dans lesquelles elle
opère. L'année dernière
cette entreprise a réalisé un profit net de 6 milliards
$. Ils n'ont aucune justification dans cette situation de remplacer les
bons emplois permanents par la sous-traitance avec une baisse de
salaire de 50 %, une perte d'avantages sociaux et des pertes pour la
communauté. Nous avons besoin de bons emplois permanents.
Nous admirons votre mobilisation magnifique et votre courage,
Maintenant nous sommes ici pour convertir votre lutte locale en une
lutte mondiale. Ensemble nous sommes forts, ensemble nous allons lancer
cette campagne mondiale pour que Rio Tinto respecte ses travailleurs et
travailleuses partout dans le monde.
Vous n'êtes pas seuls. Nous sommes avec vous. Nous les
travailleurs du monde nous allons nous battre à vos
côtés jusqu'à la victoire, jusqu'à un accord
équitable.
Manfred Warda,
secrétaire général de la Fédération
internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de
l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) : Au
nom des 20 millions de travailleurs qui sont affiliés à
l'ICEM, je suis venu vous dire que nous appuyons votre lutte. L'ICEM
dit Non à cette attaque de Rio Tinto contre le niveau de vie des
travailleurs canadiens. Honte à Rio Tinto qui a fait 15
milliards $ de profits en 2011 mais essaie de réduire ce qui
vous revient, ce qui veut dire moins de sécurité
d'emploi, moins de protection syndicale, moins de revenus et moins
d'avantages sociaux.
Honte au PDG de Rio Tinto Tom Albanese qui a empoché ... des
millions de dollars mais n'a aucun respect pour vos familles, vos
communautés et votre histoire. Honte au gouvernement Harper qui
a passé l'année dernière à abandonner le
contrôle des ressources naturelles, et à permettre aux
multinationales ... d'attaquer
les industries. Nous sommes prêts à donner tout l'appui
possible aux métallos dans le cadre de ce conflit. Plusieurs de
nos travailleurs ont été impliqués dans des
conflits avec cette compagnie. Si Rio Tinto est capable de vous imposer
ce qu'il veut, alors il y a moins d'espoir pour les autres travailleurs
quand viendra
leur tour d'être attaqués. Votre lutte fait partie de la
lutte mondiale contre Rio Tinto. Nous avons besoin de la
solidarité mondiale de tous les syndicats partout dans le monde.
Nous sommes impressionnés par votre détermination et nous
voulons vous assurer que nous serons ensemble dans une action commune
contre
Rio Tinto. Partout dans le monde nous allons jeter la disgrâce
sur cette compagnie jusqu'à ce qu'elle accepte d'arrêter
ses attaques contre les travailleurs, leurs communautés et leurs
syndicats.
Alexandre Cloutier,
député de Lac-St-Jean, Parti québécois
: Je suis ici aujourd'hui avec d'autres membres de la députation
de la région. Nous sommes venus vous exprimer notre
solidarité envers vous les travailleurs mais aussi envers la
communauté parce que vous vous êtes déplacés
nombreux aujourd'hui
et vous avez répondu présents à l'invitation des
travailleurs. On est venu vous dire qu'on est fiers de vous, on est
fiers de toi Marc on est fiers du débat et des enjeux que vous
avez soulevés et que vous avez défendus dans votre
communauté. On est fiers de vous voir debout et on est fiers de
vous voir la tête haute.
Depuis 1925 on fait de l'aluminium ici au Saguenay-Lac-St-Jean. Nous
sommes le principal pôle de fabrication de l'aluminium en
Amérique du Nord. Nos grands-parents, nos parents ont fait de
l'aluminium, aujourd'hui nos amis font de l'aluminium et ce que nous
voulons c'est que nos enfants fassent de l'aluminium
avec de bonnes conditions de travail bien
rémunéré. Si on accepte que Rio Tinto
contrôle le niveau du Lac-St-Jean comme il le fait
présentement ; si on accepte que Rio Tinto produise de
l'électricité avec nos plus belles rivières et si
on continue d'accepter que Rio Tinto possède le Saguenay sur
plus de 30 km c'est
parce qu'il y a eu par le passé des emplois de qualité.
Mais le problème aujourd'hui c'est qu'il y a déjà
eu 12,000 emplois dans la région, puis on est tombé
à 10, 8, 7 et 6000 et maintenant on est moins de 5000. À
un moment donné il faut mettre son pied à terre et dire
que ça suffit. Le problème aujourd'hui avec
les multinationales c'est qu'elles ne reconnaissent que leurs profits
à outrance. Il faut tenir compte des conditions sociales, des
travailleurs, de leurs communautés et le gouvernement sur cette
question a un rôle important à jouer. Dans vos
négociations, qui vont relativement bien, souvenez-vous de tous
ceux et celles
qui étaient là aujourd'hui et souvenez-vous toujours que
nous sommes là à vos côtés.
Claude Patry,
député de Jonquière-Alma, NPD : C'est un jour
mémorable aujourd'hui, il y a beaucoup de centrales syndicales
mais il n'y a pas de couleurs, on est tous pour une chose, la
solidarité avec les travailleurs d'Alma. J'admire votre
président. Il a fait une belle tournée. Il y en a qui ont
contesté
mais quand tu te bats contre une multinationale il faut aller chercher
l'appui international et il l'a compris. Vous les travailleurs par
votre discipline vous avez gardé le respect des gens, les gens
vous respectent. Vous avez fait ça correctement je vous appuie,
le NPD vous appuie. On est avec vous. On demande au
gouvernement qui est en place présentement de revenir s'asseoir
avec RTA et leur dire que les avantages qu'ils ont c'est illégal
parce que nous les travailleurs nous sommes comme David contre Goliath.
Ce revenu-là doit revenir à la région, nous sommes tous des travailleurs d'Alcan un jour nous allons tous prendre notre retraite alors cet argent-là servira dans notre fonds de retraite. Nous ne sommes pas ici aujourd'hui avec différentes couleurs syndicales. Je me souviens quand on est allé à Québec pour faire encadrer la vente d'Alcan à RTA, on est allés au fédéral également et au provincial comme au fédéral ça a été refusé. J'espère que les choses vont changer. Nous avons des députés ici, nous en avons assez. Nous l'avons dit au référendum de 2005 que nous voulons ravoir nos richesses naturelles et nous voulons les gérer nous-mêmes.
Louis Roy,
président de la Confédération des Syndicats
nationaux (CSN) : Les multinationales ont pris notre santé,
elles ont pris nos vies et maintenant elles voudraient prendre nos
emplois ! C'est NON ! Depuis 200 ans les organisations sont celles qui
s'occupent de leurs membres. Nous prenons
soin de notre monde. Nous prenons soin de nos camarades de travail, de
nos familles, de nos régions. Nous sommes la solidarité.
Les grands patrons voudraient qu'on s'entre-déchire entre nous,
que nous soyons chacun de notre côté en train de
travailleur chacun pour soi. Aujourd'hui nous leur démontrons
que quand
ils touchent à des points sensibles pour la classe
ouvrière, toutes les organisations syndicales répondent
« Présent ! ». Partout sur la planète les
gens seront derrière le syndicat d'Alma. Pourquoi ? Parce que,
ce que les grandes compagnies veulent c'est briser l'unité
syndicale dans chacune des usines, elles veulent diviser
les syndicats en donnant à des sous-traitants les emplois que
nous sommes allés chercher de peine et de misère avec des
grèves et des batailles depuis plusieurs années. Ils
veulent nous voir à terre. Eh bien ils ne réussiront pas
! Il faut que partout sur la planète, à chaque fois que
nous avons une lutte qui touche les
droits de base des organisations syndicales, nous ayons tous la
même réaction. Aujourd'hui à Alma, demain partout
sur la planète. Solidarité !
Ken Lewenza,
président des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) (en
anglais) : Au nom des TCA, je veux vous inviter Ed Abreu le
président de la section 2301 des TCA de Kitimat, en
Colombie-Britannique, à livrer un message des travailleurs de
Rio Tinto à Kitimat aux métallos
de Rio Tinto d'Alma.
Ed Abreu, président de la section locale 2301 des TCA (en anglais) : En solidarité avec nos confrères et consoeurs d'Alma, nos membres donnent deux heures de salaire par mois jusqu'en juillet. Je suis ici pour vous présenter le premier chèque qui est de 68 000 $.
Ken Lewenza poursuit
ses remarques : Je veux tout d'abord saluer au nom du mouvement
syndical les étudiants du Québec qui se battent pour une
éducation abordable et accessible au Québec qui
mène à de bons emplois, des emplois décents bien
rémunérés, avec de bons avantages sociaux et une
bonne
sécurité d'emploi. Puis nous avons ici 780 familles qui
se battent pour fournir à la prochaine génération
de bons salaires, de bonnes pensions et de bonnes conditions de
travail. Nous combattons ensemble, les étudiants revendiquant de
l'éducation, les aînés des pensions et les
travailleurs des emplois décents avec des
salaires et des avantages sociaux décents. J'ai un message pour
Rio Tinto. Nous manifestons aujourd'hui pour de bons emplois et un
avenir digne de ce nom. Bien qu'il fasse des milliards de dollars de
profits, Rio Tinto dit à la prochaine génération
que ses salaires devront baisser : c'est illégal et c'est
immoral au
Canada. La lutte d'aujourd'hui n'est pas pour le Syndicat des
Métallos, ou pour les étudiants, la lutte est pour
décider quelle sorte de nation nous voulons avoir pour le
Québec et quelle sorte de nation nous voulons avoir pour le
Canada. Face aux multinationales qui aujourd'hui exploitent les
travailleurs, nous allons
résister d'une seule voix collective, nous allons combattre pour
notre pays et pour de bons emplois décents au Québec. En
plus du montant versé par la section 2301 voici un chèque
de 25 000 $ de la part des TCA.
Hassan Yussuff,
secrétaire-trésorier du Congrès du travail du
Canada (en anglais) : Comment est-ce possible que des
entreprises qui font des milliards de profits continuent de demander
aux travailleurs de réduire leurs salaires, leurs avantages
sociaux et leurs pensions. C'est injustifiable
et nous n'allons pas laisser passer ça nulle part au pays et
nous allons être à vos côtés en
solidarité avec vous.
Où est le gouvernement fédéral, où est notre premier ministre ? Ils ne ratent pas une chance de passer des lois contre les travailleurs chaque fois que ceux-ci exercent leur droit de grève mais où sont-ils aujourd'hui quand c'est le temps d'appuyer les travailleurs d'Alma ? Où est Stephen Harper ? Aujourd'hui, alors que la rivière amène à Rio Tinto l'énergie hydro-électrique qu'il utilise pour mettre les travailleurs en lockout, le temps est venu pour nous de nous réapproprier notre énergie hydro-électrique. Les travailleurs partout au Canada, que ce soit à Sudbury, Hamilton ou à Caterpillar à London, mènent la même bataille. Nous allons combattre côte à côte parce cette lutte va décider de l'avenir du pays. Nous devons vaincre afin que la génération qui vient ait l'espoir d'un avenir meilleur.
Napoléon Gomez,
secrétaire général du Syndicat mexicain Los Mineros
: Cela fait maintenant trois mois que vous affrontez les
difficultés, les menaces et la répression de Rio Tinto.
J'ai vécu moi-même un conflit similaire au Mexique,
Pendant six ans nous avons combattu pour la justice et pour la
dignité, la nôtre et celle des travailleurs du Mexique et
du monde.... Nous avons besoin de solidarité internationale,
nous travaillons ensemble, la solidarité n'a pas de
frontières. Nous affrontons le capitalisme mondial barbare qui
cherche à éliminer les droits des travailleurs. Mais
jamais l'ambition et la cupidité ne
pourront gagner cette guerre contre les travailleurs. Nos devons
défendre nos droits, nos salaires, nos familles. Quand Rio Tinto
crée un problème au syndicat local d'Alma, il crée
un problème à tous les travailleurs dans le monde. Nous
n'allons pas accepter les agressions et le terrorisme des entreprises
contre les
travailleurs.
Ken Neumann, directeur
canadien du Syndicat des Métallos (en anglais) :
Vous êtes aux premières lignes de la lutte contre la
cupidité des entreprises, vous vous battez pour les
travailleurs, pour les communautés et pour les
générations à venir. Bravo pour votre
solidarité, votre vision
et je peux vous assurer au nom du mouvement syndical, des
métallos, de notre Comité exécutif international
et de notre président Léo Gerard que nous serons à
vos côtés à chaque jour jusqu'à ce que nous
ramenions Rio Tinto à la table de négociations pour
négocier une convention collective décente et
équitable
qui respecte le Québec et ses ressources naturelles.
Solidarité pour nous tous.
Je veux aussi dire ceci. Lorsque les compagnies viennent ici et prennent le contrôle d'entreprises qui utilisent nos ressources naturelles et produisent de l'acier, de l'aluminium ou des produits provenant des mines, elles n'ont pas le droit de nous les enlever. Ces ressources et ces produits nous appartiennent. Le Canada doit en tirer un avantage net et le gouvernement canadien ne doit pas les laisser faire ce qu'elles veulent et fermer les yeux comme il le fait et ne pas garantir un avantage net pour le Canada. Où est l'avantage net quand on leur permet de faire ce qu'elles veulent et qu'elles essaient de couper les salaires des futurs travailleurs de 50 % ?
[Marche ; les discours reprennent au rassemblement de clôture.]
Mick Carr,
secrétaire du Syndicat maritime d'Australie pour la
région de Queensland (en anglais) : Vous
n'êtes pas seuls. Les yeux du monde sont tournés vers Rio
Tinto. La vraie nature de Rio Tinto a été exposée.
Les travailleurs s'appuient entre eux partout à travers le
monde.
Nous sommes très impressionnés par la force de vos
convictions. Votre récente tournée en Australie et en
Nouvelle-Zélande a été un franc succès.
Notre syndicat a jusqu'à maintenant recueilli un appui financier
de 25 000 $ en appui à votre lutte. [...] Rio Tinto a une longue
histoire d'attaques contre les travailleurs
dans le monde que ce soit en Australie, en Bolivie, en Namibie ou aux
États-Unis. Sa performance en terme de respect des droits
humains est extrêmement mauvaise même aujourd'hui. Rio
Tinto utilise les magnifiques ressources naturelles de votre pays mais
ne donne rien en retour aux travailleurs et à la
communauté
d'Alma.
Liam O'Brien,
vice-président de la section de Victoria du Syndicat des
travailleurs australiens (en anglais) : Nos travailleurs
vous appuient entièrement. L'histoire de Rio Tinto est la
même partout dans le monde. C'est une histoire d'exploitation des
travailleurs et de dépouillement des
communautés. Cette histoire, nous la connaissons trop bien. Il y
a 15 ans de cela, Rio Tinto a désyndicalisé et
brisé le syndicat en Tasmanie. Nous sommes en train aujourd'hui
de resyndiquer cet endroit de travail. Nous faisons cela parce
qu'après 15 ans les travailleurs ont perdu jusqu'à 30 000
$ par année et c'est
exactement pour cela que Rio Tinto vous attaque. Ils veulent
éliminer votre solidarité et votre syndicat. Les yeux du
monde doivent rester tournés vers Alma jusqu'à ce que Rio
Tinto fasse ce qu'elle doit faire en vous redonnant vos emplois et en
préservant de bions emplois décents pour tous dans
l'avenir.
Ian Murray,
vice-président du Syndicat de la construction, de la foresterie,
des mines et de l'énergie, le CFMEU en Australie (en
anglais) : Tout d'abord, félicitations pour cette
magnifique manifestation. Nous sommes heureux d'être ici en
personne. En Australie aujourd'hui,
à l'autre bout du monde, des actions ont été
organisées en conjonction avec la manifestation ici à
Alma. À l'autre bout du monde on fait connaître ce qui se
passe à Alma. Nous n'allons pas nous arrêter. Cela fait
plus de 20 ans que nous demandons dans diverses régions que Rio
Tinto respecte ses travailleurs, agisse
comme un bon citoyen corporatif et change sa façon d'agir.
Partout dans le monde Rio Tinto a attaqué les travailleurs
depuis ses tout débuts. À plusieurs reprises la lutte
unie des travailleurs du monde a forcé Rio Tinto à plier.
Nous allons continuer le combat, nous nous y engageons
honnêtement. Mon conseil exécutif
s'est réuni avant le départ de la
délégation et nous avons avec nous aujourd'hui un
chèque de 50 000 $ pour appuyer votre campagne.
Véronique Roche,
secrétaire du Comité d'entreprise européen de Rio
Tinto : Il a fallu 6000 kilomètres pour que je vienne
constater les bonnes informations. Tom Albanese m'a dit il y a un mois
« madame vous n'avez pas les bonnes informations, on ne partage
pas les mêmes informations ». J'ai
pu voir que Rio Tinto avait jeté à la rue 778
travailleurs et travailleuses tout ça parce qu'ils
étaient syndiqués. C'est totalement discriminatoire.
Honte à Rio Tinto. Honte aussi aux cadres non syndiqués
qui ont pris leur travail. Qu'ils se réveillent ces cadres car
aujourd'hui ils sont trop payés pour faire votre payés
pour faire votre travail demain ce sera leur tour. Honte à Rio
Tinto. Je vais revenir le 4 avril à Paris pour faire un
Comité d'entreprise européen pour céder encore 700
emplois que Rio Tinto ne veut pas. On va essayer de pérenniser
les emplois mais je veux dire à la direction de Rio Tinto que ce
qu'il a gagné aujourd'hui
Tom Albanese c'est un nouveau bonus et celui-là il va pouvoir le
garder. Il a réveillé les syndicats, tous les syndicats
du monde, tous les travailleurs et toutes les travailleuses et la lutte
ne fait que commencer. C'est la lutte pour des emplois, pour de la
formation et des rémunérations. Et plus jamais ça,
des travailleurs
jetés à la rue avec des gros bras , plus comme à
Alma, en France et ailleurs, il faut arrêter ça. Ce
mouvement que vous avez initié maintenant il est mondial.
Solidarité !
Emmanuel Zakwe de l'Union
nationale des mineurs (en anglais) : Nous sommes
ici aujourd'hui pour vous dire que votre lutte est une marche vers la
libération. Nous voulons vous assurer que partout dans le monde
Rio Tinto va sentir votre présence. [...] Notre message à
Rio Tinto est que ce qu'il fait est une attaque directe contre la
classe ouvrière du monde. Nous disons à Rio Tinto
qu'assez c'est assez. Rio Tinto doit se résoudre à
rappeler les travailleurs au travail et à leur assurer de bonnes
conditions.
Willie Adams,
secrétaire trésorier international du International
Longshore and Warehouse Union (ILWU) (en anglais) : Vous
représentez
ce
dont
sont
faits
les héros de la classe
ouvrière. Je vous félicite pour votre courage et votre
droiture. Cette lutte en est une sur les principes.
Ce sont les générations passées qui vous ont
inculqués ces principes que vous appliquez dans la vie. Ce qui
se passe ici à Alma, avec ces hommes et ces femmes qui tiennent
tête à Rio Tinto, c'est que Rio Tinto a beaucoup d'argent
mais nous avons quelque chose de plus précieux encore. Vous avez
une cause. Vous
devez gagner cette bataille. Nous avons été mis en
lockout par Rio Tinto en 2010. La lutte a duré neuf mois. Soyez
patients. Continuez de faire ce que vous faites. Concentrez vos
efforts. Vous allez gagner. Nous avons battu Rio Tinto en 2010 et
c'était en grande partie grâce à la
solidarité internationale, à la justesse
de la cause et parce que nos membres croyaient en eux-mêmes. Rio
Tinto peut être vaincu.
Paul Reuter,
représentant de UNITE (en anglais) : Je suis fier
d'être ici avec des étudiants qui croient que
l'éducation est un droit par une question de qui peut payer. Ce
que fait Rio Tinto ici, cela fait partie de l'assaut global contre les
travailleurs. Je suis ici pour dire qu'il va y avoir
une réponse mondiale à l'offensive mondiale. Nous allons
porter votre campagne auprès des actionnaires et dans les rues
de Londres. Assurons-nous de gagner ce conflit, et le prochain, puis le
prochain. Nous allons protéger les emplois et les conditions de
travail pour l'avenir ensemble. Nous allons nous assurer que
l'éducation est une question de droit et pas une question
d'argent. Et ensemble, solidaires, nous allons gagner.
Dave Coles,
président du Syndicat canadien des communications, de
l'énergie et du papier (SCEP) (en anglais) : Le
SCEP va être ici avec vous aussi longtemps qu'il le faudra. Notre
message est : « Cela va prendre du temps, cela va prendre de
l'énergie, cela va prendre de l'argent
et nous nous engageons à contribuer tout cela. »
Michel Arsenault, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) : On vit une journée historique. Dans les annales syndicales, du Québec c'est la première fois dans un conflit du secteur privé qu'on a une solidarité internationale mondiale comme on en a eu aujourd'hui, Bravo ! Merci aux délégations internationales et du reste du Canada. Il n'y a pas de barrière linguistique quand on parle de solidarité. En même temps que vous livrez cette bataille historique pour la génération qui va vous suivre, vous livrez cette bataille historique pour l'économie régionale qui est fort importante pour le Saguenay-Lac-St-Jean. En même temps les étudiants du Québec livrent une bataille pour que tout le monde ait droit à l'éducation, tout le monde. Il fut un temps pas si lointain dans les années 50, l'éducation était réservée à l'élite et à ceux qui avaient une vocation religieuse. La classe moyenne, les classes les plus pauvres n'avaient pas accès à l'éducation et faudra jamais revenir à ça au Québec. Mais quand ces jeunes-là sortent de l'école il faut qu'ils aient des emplois bien rémunérés c'est pour ça qu'on se bat ici aujourd'hui. On ne tolérera pas ni à Alma ni ailleurs au Québec qu'on ait des travailleurs dans des plans de deuxième classe. Les salaires que vous avez et le contrat de travail que vous avez doivent s'appliquer à tout le monde c'est ça votre bataille. Un joueur important dans cette bataille-là c'est le gouvernement du Québec. J'interpelle aujourd'hui Jean Charest, le premier ministre du Québec, Clément Gignac aussi. Qu'on fasse à Rio Tinto ce qu'on a fait à Résolu, qu'on leur coupe les vivres, nos vivres, nos rivières !
Comment peut-on expliquer
que le gouvernement du Québec ait signé un contrat avec
Rio Tinto en décrivant un lockout comme un Acte de Dieu ! Parce
que Rio Tinto vous met en lockout, la population du Québec doit
payer entre 10 et 15 millions $ par mois à Rio Tinto de
l'électricité dont on n'a pas besoin.
Qui est-ce qui mène au Québec ? Est-ce que c'est le
gouvernement qu'on élit ou bien Rio Tinto ? Charest et son
ministre Gignac doivent faire à Rio Tinto ce qu'ils ont fait
à Résolu et non lui donner 10-15 millions $ pour de
l'électricité dont on n'a pas besoin. Hydro-Québec
ça nous appartient, c'est à tous nous
autres les payeurs de taxes. Cette bataille-là a fait en sorte
qu'aujourd'hui on se parle de plus en plus dans le monde syndical au
Québec et ailleurs et ça, la solidarité
internationale c'est très important.
Michel Roy, directeur du
district 5 du Syndicat des Métallos : Les travailleurs et
les travailleuses de la section locale 9490 ici se sont faits mettre en
lockout illégal une journée avant le droit du lockout.
Ces gens-là ce qu'ils réclament et ce qu'ils veulent
c'est des emplois de qualité pour les générations
futures. Je vous demande d'applaudir les 780 travailleurs,
travailleuses et leurs familles. Ces gens-là ne se battent pas
pour du salaire, ils ne se battent pas pour des fonds de pension, ils
ne se battent pas pour améliorer l'enveloppe monétaire de
la convention collective, ils se battent pour la
génération future, ceux
qui sont ici. [Il montre les enfants qui sont avec lui sur
l'estrade.] Je suis fier de les avoir, je suis fier de la
bataille que mènent nos membres ici du Syndicat des
Métallos pour assurer des emplois de qualité à ces
jeunes-là. Le futur il est là et les gens font cette
bataille maintenant pour leur futur.
Cette compagnie-là avec la complicité du
gouvernement du Québec, par la société
d'État qui nous appartient à nous tous, qui est notre
richesse collective, ont dans leur histoire décidé de
laisser des barrages hydro-électriques ici à Alcan avec
un objectif : développer l'emploi de qualité dans la
région, d'avoir des
emplois pour les hommes et les femmes de la région, pour avoir
une économie solide. Maintenant ce pacte-là est
brisé, totalement brisé. Imaginez, cet outil-là,
qui en était un de développement de l'emploi est en train
de se virer contre les travailleurs et les travailleuses. C'est
indécent ! Hydro-Québec a l'obligation
selon l'entente secrète de racheter l'énergie
hydro-électrique, les surplus que Rio Tinto n'utilise pas, de
les racheter à 4,5 cents le kWh alors que cela leur coûte
1 cent le kWh pour le produire. Ils font 4 fois l'argent que ça
leur coûte pour produire l'énergie
hydro-électrique. On leur a donné en janvier avec notre
société d'État 10 millions $ à Rio Tinto,
en février 15 millions $. Ce gouvernement-là vient de
nous prendre en otages, toute la population, tous les citoyens du
Québec, on contribue indirectement, parce que le gouvernement
nous a caché cette entente-là, à financer un
conflit de travail que Rio Tinto Alcan a décidé.
Je vous demande d'en parler partout, dans tous les coins du
Québec. Si c'est comme ça que le gouvernement veut
développer le Plan Nord ça n'aura aucun bon sens.
L'hydro-électricité c'est un outil collectif de
développement de l'emploi mais on est en train de s'en servir
contre les travailleurs et les travailleuses.
Ça c'est la première partie de notre
campagne planétaire. On est allés aux États-Unis,
en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans les plans, les mines et
les fonderies de Rio Tinto. Si cette compagnie-là ne revient pas
à la raison et ne négocie pas de bonne foi pour donner
aux gens de la région ce qui leur revient,
des emplois de qualité, il y a d'autre chose qui s'en vient. On
ne lâchera pas. Par exemple il y a une belle assemblée
générale des actionnaires qui s'en vient à
Londres, on va aller leur parler de très près Autre chose
aussi. Pas plus tard qu'hier j'ai envoyé des lettres à
Jean Charest, à Marcel Aubut le président du
Comité olympique canadien et une à Régis Labeaume.
Pourquoi ? Imaginez-vous qu'on vient de découvrir que les
médailles pour les olympiens dans les prochaines olympiques vont
être faites par Rio Tinto en Utah à Kennecott Copper.
Cette fonderie est syndiquée avec le Syndicat des
Métallos. On a l'appui de cette
section locale-là pour tenter d'empêcher que les olympiens
portent de la saleté avec des médailles faites par Rio
Tinto. Ça sent les élections au Québec, à
un moment donné on va en avoir. Si on est toujours dans cette
situation-là, Charest va trouver la vie longue avec un autobus
orange qui va le suivre partout. Lâchez
pas ! Merci !




Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma : Vous êtes beaux en orange ! Mes premiers mots je vais les adresser aux lockoutés, hommes et femmes qui luttez bravement contre une multinationale beaucoup plus forte, beaucoup plus grande en termes monétaires. J'aimerais confrère, consoeur que tu regardes autour de toi, tu vas voir tes voisins, ta famille, des syndicats de partout sur la planète, des groupes communautaires, tout le monde autour de nous est ici aujourd'hui pour une raison unique, venir nous supporter, venir nous montrer qu'on n'est pas tout seuls sur la banquise. Je vais demander à tout le monde maintenant, ceux qui sont-là aujourd'hui, de regarder ces gens-là qui se battent fièrement, pas pour nous autres, on l'a dit, on ne négocie pas de salaires, on ne négocie pas des fonds de pension on ne pense même pas à nous autres. Malgré la réputation qu'on nous fait d'être des bébés gâtés, on lutte pour une communauté, une communauté qui a été attaquée. Ce qui s'est fait depuis le début des années 80, avec la crise du bois, depuis les années 80 on vit des fermetures d'usines, des fermetures de scieries, de papetières, qu'est-ce qui reste en région pour nous autres à part les quelques emplois de qualité que nous avons tous le devoir de protéger. En respect pour nos prédécesseurs, nos grands-pères, nos pères, qui ont lutté si durement, qui ont fait des sacrifices immenses pour gagner les bonnes conditions qu'on a aujourd'hui et le niveau de vie que l'on connaît, en respect de ces générations-là on n'a pas le droit de concéder quoi que ce soit. On a une responsabilité envers les générations futures, petits comme plus vieux, les étudiants, les générations de demain, on n'a pas le droit de laisser moins que ce que nous-mêmes nous avons, on n'a pas le droit de leur donner un futur moins beau que celui qu'on a eu. On va se battre pour cela. Je vous remercie pour cette journée, cette fête du multisyndicalisme, du multiculturalisme, il n'y a plus de bannières, il n'y a plus de langues, il n'y a plus de cultures, il y a un enjeu l'enjeu de solidarité et du véritable rapport de forces qu'on est capables de démontrer. Merci à tous ceux qui sont ici, ils sont ici dans la foule aujourd'hui, qui ne comptent pas les heures et les sacrifices, une équipe exceptionnelle, sans qui le succès est impossible. Merci à toutes les sections locales, les fédérations autant québécoises et canadiennes qu'internationales. On a de nouvelles annonces aujourd'hui, du soutien financier, des sommes nous arrivent de minute en minuter. J'en ai deux pages ici je ne peux pas tous les nommer. Merci à tous !
Comment le gouvernement du Québec peut-il plaider la neutralité quand ta communauté est attaquée par une multinationale et des intérêts étrangers. Comment peut-il plaider la neutralité alors qu'il permet ça, qu'il permet que l'hydro-électricité qui est nôtre et qui est pour l'usage industriel, qui permet qu'elle soit utilisée pour financer ce lockout. Le message est clair. Le gouvernement du Québec a la responsabilité de protéger sa population, ses citoyens et son économie. Rio Tinto a le devoir de revenir s'asseoir à la table de négociations de bonne foi pour régler un contrat avec nous autres. Le message le plus important c'est que jusqu'à la victoire finale nous tiendrons ! Signez la pétition [la pétition qui demande qu'Hydro-Québec arrête d'acheter l'hydro-électricité de RTA pendant le lockout] pour empêcher ce déséquilibre des forces en présence. Je vous demande d'être des ambassadeurs de la cause qu'on défend, la cause d'un Québec qui appartient aux Québécois. Merci !
* Les messages livrés en anglais
sont traduits par Le Marxiste-Léniniste.
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