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Numéro 38 - 4 avril
2012
Rassemblement à Alma,
Québec
Grande journée pour l'affirmation
d'un monde nouveau et l'appropriation de notre avenir
•
Grande journée pour
l'affirmation d'un monde nouveau et l'appropriation de notre avenir
• L'esprit de la manifestation d'Alma vivra
-
Pierre Soublière
• On s’en souviendra! - Normand
Chouinard
À titre d'information
• Des syndicats nationaux et internationaux
réaffirment leur opposition à la destruction
causée par Rio Tinto
• Procurez-vous
l'édition printemps 2012 du Forum
ouvrier!
Rassemblement à Alma, Québec
Grande journée pour l'affirmation d'un monde
nouveau et l'appropriation de notre avenir
Le 31 mars, quelque 8000 travailleurs et gens de tous
les milieux ont répondu
à l'appel des travailleurs de Rio Tinto en lockout et se sont
joints à eux dans une grande manifestation à Alma pour
défendre leurs droits et les droits de tous. En lockout depuis
trois mois, les travailleurs de Rio Tinto d'Alma rejettent
catégoriquement le diktat de Rio Tinto qui veut remplacer des
travailleurs syndiqués par des travailleurs à contrat,
établir un système à deux niveaux de salaires et
éliminer le syndicat à l'usine.
Reconnaissant que cette
lutte est la leur, les travailleurs sont venus de tous les coins du
Québec et d'aussi loin que Toronto, Hamilton et Kitimat,
Colombie-Britannique. Ils se sont joints aux familles des travailleurs
et aux gens d'Alma dont l'avenir est menacé par le diktat de Rio
Tinto qui veut se servir des ressources locales sans aucune obligation
envers la communauté ou la région. Beaucoup
de travailleurs d'Alma et de la région sont venus en famille,
pour montrer que leur lutte est pour bâtir un avenir pour les
prochaines générations. Des étudiants en
grève pour le droit à l'éducation pour tous sont
également venus de tous les coins du Québec.
Il y avait également
des contingents
représentant des fédérations internationales de
travailleurs du secteur des mines et de la métallurgie, des
représentants de syndicats des États-Unis, du Mexique, de
France, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d'Australie, de
Nouvelle-Zélande et d'Afrique du Sud. Du 30 mars au
1er avril s'est tenue à Alma une réunion conjointe de la
Fédération internationale des syndicats de travailleurs
de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses
(ICEM) et de la Fédération internationale des
organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM). La
réunion qui devait se tenir ailleurs a été
déplacée à Alma en signe d'appui aux
métallos de Rio Tinto.
Dans cette mer de monde, il
y avait de nombreuses pancartes dénonçant l'entente
secrète signée en 2007 entre le gouvernement Charest,
Hydro-Québec et Rio Tinto qui déclare entre autres le
lockout un cas de force majeure, ce qui permet à RTA de tourner
le dos à ses obligations contractuelles, et stipule
qu'Hydro-Québec doit acheter de RTA toute
électricité qui n'est pas utilisée durant le
lockout. De cette façon, le gouvernement du Québec
finance
directement le lockout de Rio Tinto. Il y avait aussi de nombreuses
pancartes condamnant la trahison des intérêts du
Québec par le gouvernement Charest qui facilite la
braderie de nos ressources aux monopoles. Les manifestants ont
exigé que le gouvernement rende des comptes.
Les gens se sont rassemblés pour les discours aux
galeries Lac-Saint-Jean et ont ensuite marché dans les rues
d'Alma en direction de la Place Festivalma, pour un parcours d'environ
un kilomètre. L'appui de la population était palpable
tout au long de la marche : les automobilistes klaxonnaient pour
montrer leur appui et les gens saluaient et applaudissaient, souhaitant
aux métallos de remporter leur important combat. Arrivés
à destination, les
participants ont entendu la suite des discours : les
représentants des travailleurs du Québec, du Canada et du
monde étaient venus dire que la lutte des travailleurs d'Alma
contre l'offensive de Rio Tinto pour abaisser les conditions de vie et
de travail, éliminer le syndicat
et abuser des ressources de la région et du Québec est
leur lutte à tous. Ils ont exposé la longue histoire
d'attaques de Rio Tinto contre les travailleurs et les syndicats
partout dans le monde.
L'exaltante journée d'action s'est
terminée avec l'interprétation de la chanson «
Debout sur les lignes » du chanteur-compositeur et
lockouté Guy Laroche. La chanson, qui exprime la dignité
qu'on gagne quand les travailleurs luttent pour défendre leurs
droits, est devenue très populaire dans
la région. Au son de la musique, les gens rassemblés ont
mangé ensemble et échangé leurs points de vue sur
les événements de la journée. Ils se sont
engagés à poursuivre la lutte jusqu'à
satisifaction de leurs revendications.



L'esprit de la manifestation d'Alma vivra
- Pierre Soublière -
Samedi matin, aux petites heures, nous sommes partis de
l'Outaouais — l'un du secteur public, l'autre du secteur forestier —
pour se joindre aux 8 000 autres participants au rassemblement
historique à Alma. Huit milles debout avec les 785. Pourquoi ?
Comme pour nous rappeler à l'ordre, les monopoles
comme Rio Tinto se déchaînent contre nous. Chaque jour
amène son lot de fermetures, de mises à pied, de
lockouts. Les monopoles rejettent toute responsabilité sociale
et révèlent leur vraie nature en se ruant sur nos
ressources humaines et naturelles et en se
servant de tout comme si tout leur appartenait, et comme si les
travailleurs, les peuples et les nations n'y étaient pour rien.
Ce ne sont plus des jours « comme les autres » : l'ennemi
de classe a jeté les gants et nous n'avons d'autre choix que de
jeter les nôtres et de crier haut et fort, comme nous l'avons
fait à Alma,
« Assez, c'est assez ! ». Une nouvelle étape
s'amorce où tout est à recommencer, où nous
mettons nos différences syndicales et autres de
côté pour confronter ces monopoles sans scrupules.
Face à cette manifestation de solidarité -
les travailleurs étaient accompagnés de leur famille,
de leur conjointe et enfants, d'amis, des membres de la
communauté et de travailleurs et d'étudiants, non
seulement à travers le pays mais à travers le monde - la
porte-parole de Rio Tinto, Claudine Gagnon, déclare :
« Ce n'est pas de nature à favoriser des rapprochements.
» Dans un langage de bois similaire à celui du site de Rio
Tinto, elle poursuit : « Le conflit, c'est à Alma [en
voulant dire que les travailleurs qui dénoncent la
rapacité de Rio Tinto à travers le monde n'ont pas
d'affaire à se mêler de ça.]. Nous, ce que nous
voulons, c'est opérer une usine et avoir une convention. »
La madame est déconnectée, d'autant plus que les
mêmes hélicoptères qui ont assuré les
allées
et venues des cadres et des scabs dans l'usine ont survolé la
manifestation tout l'après-midi. Ce que vous « voulez
», madame, c'est un travail esclavagiste, sans
convention ni syndicat, et aucun engagement envers les gouvernements et
les communautés. Vous n'avez que faire des «
indigènes » que nous sommes. Ce à quoi le chantre
des Métallos répond :
«
Je préfère être debout sur la ligne
Qu'être à genou dans l'usine.
Je me sens moins seul même s'il fait frette
Quand j'ai l'appui de la planète. »
La question de s'approprier notre économie, nos
ressources et notre destin est à l'ordre du jour. La dimension
internationale du rassemblement d'Alma a fait ressortir que la classe
ouvrière est une et qu'elle doit s'organiser pour bloquer les
Rio Tinto de ce monde, et du même coup, bloquer les tentatives de
division
qui visent à déchaîner les travailleurs les uns
contre les autres dans les efforts des monopoles de domination et de
guerres impérialistes.
C'est ce qui nous a inspiré le 31 mars 2012
à Alma.

On s’en souviendra!
- Normand Chouinard -
L'esprit des travailleurs de l'aluminerie d'Alma, mis
en lockout le
31 décembre dernier par RTA, est très
apprécié. Ils étaient plus de
8000 travailleurs à sillonner les artères de cette ville
de 15 000
habitants. En comparaison, c'est presque comme s'il y avait une
manifestation d'un million de personnes à Montréal. La
grande majorité
provenait
de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais il y avait
également des
autobus de plusieurs villes du Québec, certains de la
région de Toronto
et d'Hamilton et plusieurs délégations internationales.
Huit milles
personnes qui sont venues affirmer leur rejet de la dictature d'une
compagnie étrangère sur la vie des communautés
comme celle de la petite
ville d'Alma. La marche du 31 mars restera gravée dans la
mémoire collective
de la classe ouvrière du Saguenay-Lac-Saint-Jean et figurera
comme
un
événement historique dans l'histoire du mouvement ouvrier
de la région.
La signification de cette marche peut se résumer en trois mots :
Dignité, défiance et organisation.
Dignité, parce que les travailleurs de
l'aluminium la défendent non
seulement pour eux-mêmes, mais pour les générations
de travailleurs qui
suivront. Dignité parce qu'ils refusent de se soumettre aux
pires
conditions, refusent de se transformer en esclaves des temps modernes.
Ils refusent de se faire sortir de leur usine par des mercenaires
à la
solde
du monopole sans broncher, en pliant l'échine. Les travailleurs
d'Alma
connaissent très bien les agissements criminels de Rio Tinto
dans le
monde. Ils le savent lorsque des travailleurs d'autres continents
racontent les atrocités commises par Rio Tinto, son
activité
antiouvrière et antisyndicale dans ses mines et usines en
Australie,
aux États-Unis et en
Angleterre, entre autres. Ils connaissent
également
par
l’expérience de leurs camarades de travail envoyés dans
les
installations de Rio Tinto au Moyen-Orient ou en Afrique. Certains
travailleurs ont décrit durant la marche ce qu'ils ont vu de
leurs yeux
sur ces deux derniers continents. Ils ont vu le sort que réserve
Rio
Tinto aux travailleurs
philippins, turcs, arabes, africains. Des conditions d'esclave indignes
d’un être humain. Mais ils savent surtout ce que fait subir et
veut
d'avantage faire subir Rio Tinto au Québec et dans ses
régions, où elle
détient plusieurs installations. La marche du 31 mars
était une marche
pour la dignité du travail et de la classe ouvrière.
Défiance, parce que
le courage des travailleurs
d'Alma résonne comme
un défi lancé aux monopoles que non seulement ils
n'acceptent pas la
terreur comme voie vers l'avant, mais défendent ardemment le
droit des
travailleurs de l'aluminium de décider quoi faire avec les
richesses
créées par leur travail et les ressources naturelles qui
y
sont reliées.
Peu importe, pour l'instant, où et comment investir les
richesses
naturelles comme l'électricité produite par les barrages
de Rio Tinto,
ça ne doit pas finir dans les mains du monopole. Toutes les
propositions peuvent être discutées et
développées, sauf celles de
remettre encore plus nos ressources et notre travail dans les
coffres de Rio Tinto. Défiance,
parce que les travailleurs d'Alma réclament des comptes du
gouvernement
du Québec qui, comme l'a dit le président du syndicat,
Marc Maltais, lors
de son allocution, permet à une compagnie
étrangère de s'attaquer à une
communauté et ses travailleurs sans rien faire. La marche du 31
mars
reflète en pratique la lutte des travailleurs d'Alma pour
limiter
le droit de monopole et ses représentants politiques.
Organisation, non seulement
parce que la marche a été un succès sur
toute la ligne, mais qu'elle est le résultat d'un travail
collectif
dans lequel chaque personne avait sa place et sa responsabilité.
Les
questions de la mobilisation, de la sécurité, des
infrastructures, du
trajet, du nettoyage, de la logistique, des discours, des coûts,
du
spectacle, etc., ont
été pris en main dans tous les détails en
impliquant le plus grand
nombre de personnes possible. Même la perspective d'affronter des
agents provocateurs de Rio Tinto a été
considérée avec le plus grand
sérieux et la plus grande préparation. La marche du 31
mars à Alma a
été celle de la discipline et de l'organisation que peut
se donner la
classe ouvrière
pour affronter la nouvelle situation calmement et en toute confiance.
Cette marche est une expérience inestimable dans la lutte des
travailleurs d'Alma contre le frauduleux lockout de Rio Tinto et la
reconnaissance de leurs droits.
Bravo aux travailleurs d'Alma ! Non au lockout
frauduleux de Rio Tinto ! Tous unis contre Rio Tinto à Alma !

À
titre d'information
Des syndicats nationaux et internationaux
réaffirment leur opposition à la destruction
causée par Rio Tinto
 
Guy Farrell, Marc Maltais
|
Des représentants de plusieurs syndicats
nationaux et internationaux et des élus ont pris la parole lors
du rassemblement et
de la manifestation en appui aux travailleurs en lockout de Rio Tinto
à Alma. Il y a eu une première série de discours
avant le début de la marche. Le maître de
cérémonie, Guy Farrell, l'adjoint au directeur
québécois du Syndicat des Métallos, a
souhaité la bienvenue à tout le monde et passé la
parole à Marc Maltais, président du Syndicat des
travailleurs de l'aluminium d'Alma. « Je vous remercie beaucoup
d'être là en très grand nombre, d'avoir
répondu à l'appel de solidarité, a-t-il dit. C'est
un honneur pour nous
autres, les gens d'Alma, de vous accueillir dans notre très
belle ville et notre très belle région du
Saguenay-Lac-Saint-Jean. » Après le rassemblement
d'ouverture,
les travailleurs ont marché dans les rues d'Alma jusqu'à
l'amphithéâtre Festivalma où s'est tenu le
rassemblement de clôture. Nous reproduisons ci-contre des
extraits des discours qui ont été prononcés.
Jyrki Rayna,
secrétaire général de la Fédération
internationale des organisations de travailleurs de la
métallurgie (FIOM)) : C'est un très grand
honneur et plaisir pour moi de vous saluer et vous apporter un message
de solidarité de la part des métallos du monde entier.
Nos salutations
de la part de notre nouvelle organisation mondiale industrielle, qui
sera créée en juin pour représenter 50 millions de
travailleurs dans 140 pays du monde. Nous sommes ici pour exprimer
notre plein soutien à votre lutte justifiée et aux
demandes des métallos parce qu'elles sont équitables,
raisonnables et elles sont
justes. Rio Tinto est une multinationale cynique dont la philosophie
est de maximiser les profits et les dividendes et minimiser les
coûts de travail. Rio Tinto se doit de se rappeler que ses
profits sont faits grâce à la performance des travailleurs
et grâce aux communautés dans lesquelles elle
opère. L'année dernière,
cette entreprise a réalisé un profit net de 6 milliards
$. Ils n'ont aucune justification dans cette situation de remplacer les
bons emplois permanents par la sous-traitance avec une baisse de
salaire de 50 %, une perte d'avantages sociaux et des pertes pour la
communauté. Nous avons besoin de bons emplois permanents.
Nous admirons votre mobilisation magnifique et votre courage.
Maintenant nous sommes ici pour convertir votre lutte locale en une
lutte mondiale. Ensemble nous sommes forts, ensemble nous allons lancer
cette campagne mondiale pour que Rio Tinto respecte ses travailleurs et
travailleuses partout dans le monde.
Vous n'êtes pas seuls. Nous sommes avec vous. Nous les
travailleurs du monde, nous allons nous battre à vos
côtés jusqu'à la victoire, jusqu'à un accord
équitable.
Manfred Warda,
secrétaire général de la Fédération
internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de
l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) : Au
nom des 20 millions de travailleurs qui sont affiliés à
l'ICEM, je suis venu vous dire que nous appuyons votre lutte. L'ICEM
dit Non ! à cette attaque de Rio Tinto contre le niveau de vie
des
travailleurs canadiens. Honte à Rio Tinto qui a fait 15
milliards $ de profits en 2011, mais essaie de réduire ce qui
vous revient, ce qui veut dire moins de sécurité
d'emploi, moins de protection syndicale, moins de revenus et moins
d'avantages sociaux.
Honte au PDG de Rio Tinto, Tom Albanese, qui a empoché [brut]
des
millions de dollars, mais n'a aucun respect pour vos familles, vos
communautés et votre histoire. Honte au gouvernement Harper qui
a passé l'année dernière à abandonner le
contrôle des ressources naturelles et à permettre aux
multinationales [...] d'attaquer
les industries. Nous sommes prêts à donner tout l'appui
possible aux métallos dans le cadre de ce conflit. Plusieurs de
nos travailleurs ont été impliqués dans des
conflits avec cette compagnie. Si Rio Tinto est capable de vous imposer
ce qu'il veut, alors il y a moins d'espoir pour les autres travailleurs
quand viendra
leur tour d'être attaqués. Votre lutte fait partie de la
lutte mondiale contre Rio Tinto. Nous avons besoin de la
solidarité mondiale de tous les syndicats partout dans le monde.
Nous sommes impressionnés par votre détermination et nous
voulons vous assurer que nous serons ensemble dans une action commune
contre
Rio Tinto. Partout dans le monde, nous allons jeter la disgrâce
sur cette compagnie jusqu'à ce qu'elle accepte d'arrêter
ses attaques contre les travailleurs, leurs communautés et leurs
syndicats.
Alexandre Cloutier,
député de Lac-Saint-Jean, Parti québécois
: Je suis ici aujourd'hui avec d'autres membres de la députation
de la région. Nous sommes venus vous exprimer notre
solidarité envers vous, les travailleurs, mais aussi envers la
communauté parce que vous vous êtes déplacés
nombreux aujourd'hui
et vous avez répondu présents à l'invitation des
travailleurs. On est venu vous dire qu'on est fier de vous, on est fier
de toi Marc on est fier du débat et des enjeux que vous
avez soulevés et que vous avez défendus dans votre
communauté. On est fier de vous voir debout et on est fier de
vous voir la tête haute.
Depuis 1925, on fait de l'aluminium ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Nous
sommes le principal pôle de fabrication de l'aluminium en
Amérique du Nord. Nos grands-parents, nos parents ont fait de
l'aluminium, aujourd'hui, nos amis font de l'aluminium et ce que nous
voulons c'est que nos enfants fassent de l'aluminium
avec de bonnes conditions de travail bien
rémunéré. Si on accepte que Rio Tinto
contrôle le niveau du Lac-Saint-Jean comme il le fait
présentement, si on accepte que Rio Tinto produise de
l'électricité avec nos plus belles rivières et si
on continue d'accepter que Rio Tinto possède le Saguenay sur
plus de 30 km, c'est
parce qu'il y a eu par le passé des emplois de qualité.
Mais le problème aujourd'hui c'est qu'il y a déjà
eu 12 000 emplois dans la région, puis on est tombé
à 10, 8, 7 et 6000 et maintenant on est moins de 5000. À
un moment donné, il faut mettre son pied à terre et dire
que ça suffit. Le problème aujourd'hui avec
les multinationales c'est qu'elles ne reconnaissent que leurs profits
à outrance. Il faut tenir compte des conditions sociales, des
travailleurs, de leurs communautés, et le gouvernement sur cette
question a un rôle important à jouer. Dans vos
négociations, qui vont relativement bien, souvenez-vous de tous
ceux et celles
qui étaient là aujourd'hui et souvenez-vous toujours que
nous sommes là à vos côtés.
Claude Patry,
député de Jonquière-Alma, NPD : C'est un jour
mémorable aujourd'hui, il y a beaucoup de centrales syndicales,
mais il n'y a pas de couleurs, on est tous pour une chose, la
solidarité avec les travailleurs d'Alma. J'admire votre
président. Il a fait une belle tournée. Il y en a qui ont
contesté,
mais quand tu te bats contre une multinationale il faut aller chercher
l'appui international et il l'a compris. Vous les travailleurs par
votre discipline vous avez gardé le respect des gens, les gens
vous respectent. Vous avez fait ça correctement je vous appuie,
le NPD vous appuie. On est avec vous. On demande au
gouvernement qui est en place présentement de revenir s'asseoir
avec RTA et leur dire que les avantages qu'ils ont c'est illégal
parce que nous les travailleurs, nous sommes comme David contre Goliath.
Ce revenu-là doit revenir à la
région, nous sommes tous des travailleurs d'Alcan, un jour nous
allons tous prendre notre retraite alors cet argent-là servira
dans notre fonds de retraite. Nous ne sommes pas ici aujourd'hui avec
différentes couleurs syndicales. Je me souviens quand on est
allé à Québec pour faire
encadrer la vente d'Alcan à RTA, on est allé au
fédéral également, et au provincial comme au
fédéral ça a été refusé.
J'espère que les choses vont changer. Nous avons des
députés ici, nous en avons assez. Nous l'avons dit au
référendum de 2005 que nous voulons ravoir nos richesses
naturelles et nous voulons les
gérer nous-mêmes.
Louis Roy,
président de la Confédération des Syndicats
nationaux (CSN) : Les multinationales ont pris notre santé,
elles ont pris nos vies et maintenant elles voudraient prendre nos
emplois ! C'est NON ! Depuis 200 ans, les organisations sont celles qui
s'occupent de leurs membres. Nous prenons
soin de notre monde. Nous prenons soin de nos camarades de travail, de
nos familles, de nos régions. Nous sommes la solidarité.
Les grands patrons voudraient qu'on s'entre-déchire entre nous,
que nous soyons chacun de notre côté en train de
travailler chacun pour soi. Aujourd'hui, nous leur démontrons
que quand
ils touchent à des points sensibles pour la classe
ouvrière, toutes les organisations syndicales répondent
« Présent ! ». Partout sur la planète les
gens seront derrière le syndicat d'Alma. Pourquoi ? Parce que
ce que les grandes compagnies veulent, c'est briser l'unité
syndicale dans chacune des usines, elles veulent diviser
les syndicats en donnant à des sous-traitants les emplois que
nous sommes allés chercher de peine et de misère avec des
grèves et des batailles depuis plusieurs années. Ils
veulent nous voir à terre. Et bien, ils ne réussiront pas
! Il faut que partout sur la planète, à chaque fois que
nous avons une lutte qui touche les
droits de base des organisations syndicales, nous ayons tous la
même réaction. Aujourd'hui à Alma, demain partout
sur la planète. Solidarité !

Ed Abreu, président de la section locale 2301
des TCA, aluminerie Rio Tinto, Kitimat, Colombie-Britannique: En
solidarité avec nos
confrères et consoeurs d'Alma, nos membres donnent deux heures
de salaire par mois jusqu'en juillet. Je suis ici pour vous
présenter le premier chèque qui est de 68 000 $.
Ken Lewenza,
président des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA)
: Je veux tout d'abord saluer, au nom du
mouvement
syndical, les étudiants du Québec qui se battent pour une
éducation abordable et accessible au Québec qui
mène à de bons emplois, des emplois décents bien
rémunérés, avec de bons avantages sociaux et une
bonne
sécurité d'emploi. Puis nous avons ici 780 familles qui
se battent pour fournir à la prochaine génération
de bons salaires, de bonnes pensions et de bonnes conditions de
travail. Nous combattons ensemble, les étudiants revendiquant de
l'éducation, les aînés des pensions et les
travailleurs des emplois décents avec des
salaires et des avantages sociaux décents. J'ai un message pour
Rio Tinto. Nous manifestons aujourd'hui pour de bons emplois et un
avenir digne de ce nom. Bien qu'il fasse des milliards de dollars de
profits, Rio Tinto dit à la prochaine génération
que ses salaires devront baisser : c'est illégal et c'est
immoral au
Canada. La lutte d'aujourd'hui n'est pas pour le Syndicat des
Métallos ou pour les étudiants, la lutte est pour
décider quelle sorte de nation nous voulons avoir pour le
Québec et quelle sorte de nation nous voulons avoir pour le
Canada. Face aux multinationales qui aujourd'hui exploitent les
travailleurs, nous allons
résister d'une seule voix collective, nous allons combattre pour
notre pays et pour de bons emplois décents au Québec. En
plus du montant versé par la section 2301, voici un
chèque
de 25 000 $ de la part des TCA.
Hassan Yussuff,
secrétaire-trésorier du Congrès du travail du
Canada : Comment est-ce possible que des
entreprises qui font des milliards de profits continuent de demander
aux travailleurs de réduire leurs salaires, leurs avantages
sociaux et leurs pensions. C'est injustifiable
et nous n'allons pas laisser passer ça nulle part au pays et
nous allons être à vos côtés en
solidarité avec vous.
Où est le gouvernement fédéral,
où est notre premier ministre ? Ils ne ratent pas une chance de
passer des lois contre les travailleurs chaque fois que ceux-ci
exercent leur droit de grève, mais où sont-ils
aujourd'hui
quand c'est le temps d'appuyer les travailleurs d'Alma ? Où est
Stephen Harper ? Aujourd'hui,
alors que la rivière amène à Rio Tinto
l'énergie hydro-électrique qu'il utilise pour mettre les
travailleurs en lockout, le temps est venu pour nous de nous
réapproprier notre énergie hydro-électrique. Les
travailleurs partout au Canada, que ce soit à Sudbury, Hamilton
ou à Caterpillar à London, mènent la même
bataille.
Nous allons combattre côte à côte parce cette lutte
va décider de l'avenir du pays. Nous devons vaincre afin que la
génération qui vient ait l'espoir d'un avenir meilleur.
Napoléon Gomez,
secrétaire général du Syndicat mexicain Los Mineros
: Cela fait maintenant trois mois que vous affrontez les
difficultés, les menaces et la répression de Rio Tinto.
J'ai vécu moi-même un conflit similaire au Mexique.
Pendant six ans, nous avons combattu pour la justice et pour la
dignité, la nôtre et celle des travailleurs du Mexique et
du monde. [...] Nous avons besoin de solidarité internationale,
nous travaillons ensemble, la solidarité n'a pas de
frontières. Nous affrontons le capitalisme mondial barbare qui
cherche à éliminer les droits des travailleurs. Mais
jamais l'ambition et la cupidité ne
pourront gagner cette guerre contre les travailleurs. Nous devons
défendre nos droits, nos salaires, nos familles. Quand Rio Tinto
crée un problème au syndicat local d'Alma, il crée
un problème à tous les travailleurs dans le monde. Nous
n'allons pas accepter les agressions et le terrorisme des entreprises
contre les
travailleurs.
Ken Neumann, directeur
canadien du Syndicat des Métallos :
Vous êtes aux premières lignes de la lutte contre la
cupidité des entreprises, vous vous battez pour les
travailleurs, pour les communautés et pour les
générations à venir. Bravo pour votre
solidarité, votre vision
et je peux vous assurer, au nom du mouvement syndical, des
métallos, de notre comité exécutif international
et de notre président Léo Gerard, que nous serons
à
vos côtés à chaque jour jusqu'à ce que nous
ramenions Rio Tinto à la table de négociations pour
négocier une convention collective décente et
équitable
qui respecte le Québec et ses ressources naturelles.
Solidarité pour nous tous.
Je veux aussi dire ceci. Lorsque les compagnies viennent
ici et prennent le contrôle d'entreprises qui utilisent nos
ressources naturelles et produisent de l'acier, de l'aluminium ou des
produits provenant des mines, elles n'ont pas le droit de nous les
enlever. Ces ressources et ces produits nous appartiennent. Le
Canada doit en tirer un avantage net et le gouvernement canadien ne
doit pas les laisser faire ce qu'elles veulent et fermer les yeux comme
il le fait et ne pas garantir un avantage net pour le Canada. Où
est l'avantage net quand on leur permet de faire ce qu'elles veulent et
qu'elles essaient de couper les salaires des
futurs travailleurs de 50 % ?
Mick Carr,
secrétaire du Syndicat maritime d'Australie, Queensland:
Vous
n'êtes
pas
seuls.
Les yeux du monde sont tournés vers Rio
Tinto. La vraie nature de Rio Tinto a été exposée.
Les travailleurs s'appuient entre eux partout à travers le
monde.
Nous sommes très impressionnés par la force de vos
convictions. Votre récente tournée en Australie et en
Nouvelle-Zélande a été un franc succès.
Notre syndicat a jusqu'à maintenant recueilli un appui financier
de 25 000 $ en appui à votre lutte. [...] Rio Tinto a une longue
histoire d'attaques contre les travailleurs
dans le monde que ce soit en Australie, en Bolivie, en Namibie ou aux
États-Unis. Sa performance en terme de respect des droits
humains est extrêmement mauvaise même aujourd'hui. Rio
Tinto utilise les magnifiques ressources naturelles de votre pays, mais
ne donne rien en retour aux travailleurs et à la
communauté
d'Alma.
Liam O'Brien,
vice-président du Syndicat des
travailleurs australiens, Victoria : Nos
travailleurs
vous appuient entièrement. L'histoire de Rio Tinto est la
même partout dans le monde. C'est une histoire d'exploitation des
travailleurs et de dépouillement des
communautés. Cette histoire, nous la connaissons trop bien. Il y
a 15 ans de cela, Rio Tinto a désyndicalisé et
brisé le syndicat en Tasmanie. Nous sommes en train aujourd'hui
de resyndiquer cet endroit de travail. Nous faisons cela parce
qu'après 15 ans, les travailleurs ont perdu jusqu'à 30
000
$ par année et c'est
exactement pour cela que Rio Tinto vous attaque. Ils veulent
éliminer votre solidarité et votre syndicat. Les yeux du
monde doivent rester tournés vers Alma jusqu'à ce que Rio
Tinto fasse ce qu'elle doit faire en vous redonnant vos emplois et en
préservant de bons emplois décents pour tous dans
l'avenir.
Ian Murray,
vice-président du Syndicat de la construction, de la foresterie,
des mines et de l'énergie, le CFMEU, Australie :
Tout d'abord, félicitations pour cette
magnifique manifestation. Nous sommes heureux d'être ici en
personne. En Australie aujourd'hui,
à l'autre bout du monde, des actions ont été
organisées en conjonction avec la manifestation ici à
Alma. À l'autre bout du monde, on fait connaître ce qui se
passe à Alma. Nous n'allons pas nous arrêter. Cela fait
plus de 20 ans que nous demandons dans diverses régions que Rio
Tinto respecte ses travailleurs, agisse
comme un bon citoyen corporatif et change sa façon d'agir.
Partout dans le monde, Rio Tinto a attaqué les travailleurs
depuis ses tout débuts. À plusieurs reprises, la lutte
unie des travailleurs du monde a forcé Rio Tinto à plier.
Nous allons continuer le combat, nous nous y engageons
honnêtement. Mon conseil exécutif
s'est réuni avant le départ de la
délégation et nous avons avec nous aujourd'hui un
chèque de 50 000 $ pour appuyer votre campagne.
Véronique Roche,
secrétaire du Comité d'entreprise européen de Rio
Tinto : Il a fallu 6000 kilomètres pour que je vienne
constater les bonnes informations. Tom Albanese m'a dit il y a un mois
« madame vous n'avez pas les bonnes informations, on ne partage
pas les mêmes informations ». J'ai
pu voir que Rio Tinto avait jeté à la rue 778
travailleurs et travailleuses, tout ça parce qu'ils
étaient syndiqués. C'est totalement discriminatoire.
Honte à Rio Tinto. Honte aussi aux cadres non syndiqués
qui ont pris leur travail. Qu'ils se réveillent ces cadres car
aujourd'hui ils sont trop payés pour faire votre travail, demain
ce sera leur tour. Honte à Rio
Tinto. Je vais revenir le 4 avril à Paris pour faire un
Comité d'entreprise européen pour céder encore 700
emplois que Rio Tinto ne veut pas. On va essayer de pérenniser
les emplois, mais je veux dire à la direction de Rio Tinto que
ce
qu'il a gagné aujourd'hui,
Tom Albanese, c'est un nouveau bonus et celui-là il va pouvoir
le
garder. Il a réveillé les syndicats, tous les syndicats
du monde, tous les travailleurs et toutes les travailleuses et la lutte
ne fait que commencer. C'est la lutte pour des emplois, pour de la
formation et des rémunérations. Et plus jamais ça,
des travailleurs
jetés à la rue avec des gros bras, plus comme à
Alma, en France et ailleurs, il faut arrêter ça. Ce
mouvement que vous avez initié maintenant il est mondial.
Solidarité !
Emmanuel Zakwe de l'Union
nationale des mineurs, Afrique du Sud: Nous sommes
ici aujourd'hui pour vous dire que votre lutte est une marche vers la
libération. Nous voulons vous assurer que partout dans le monde
Rio Tinto va sentir votre présence. [...] Notre message à
Rio Tinto est que ce qu'il fait est une attaque directe contre la
classe ouvrière du monde. Nous disons à Rio Tinto
qu'assez c'est assez. Rio Tinto doit se résoudre à
rappeler les travailleurs au travail et à leur assurer de bonnes
conditions.
Willie Adams,
secrétaire trésorier international du International
Longshore and Warehouse Union (ILWU)
: Vous
représentez
ce
dont
sont
faits
les
héros
de la classe
ouvrière. Je vous félicite pour votre courage et votre
droiture. Cette lutte en est une sur les principes.
Ce sont les générations passées qui vous ont
inculqué ces principes que vous appliquez dans la vie. Ce qui
se passe ici à Alma, avec ces hommes et ces femmes qui tiennent
tête à Rio Tinto, c'est que Rio Tinto a beaucoup d'argent
mais nous avons quelque chose de plus précieux encore. Vous avez
une cause. Vous
devez gagner cette bataille. Nous avons été mis en
lockout par Rio Tinto en 2010. La lutte a duré neuf mois. Soyez
patients. Continuez de faire ce que vous faites. Concentrez vos
efforts. Vous allez gagner. Nous avons battu Rio Tinto en 2010 et
c'était en grande partie grâce à la
solidarité internationale, à la justesse
de la cause et parce que nos membres croyaient en eux-mêmes. Rio
Tinto peut être vaincu.
Paul Reuter,
du Bureau national de Metals Unite, Royaume-Uni
: Je suis fier
d'être ici avec des étudiants qui croient que
l'éducation est un droit, pas une question de qui peut payer. Ce
que fait Rio Tinto ici, cela fait partie de l'assaut global contre les
travailleurs. Je suis ici pour dire qu'il va y avoir
une réponse mondiale à l'offensive mondiale. Nous allons
porter votre campagne auprès des actionnaires et dans les rues
de Londres. Assurons-nous de gagner ce conflit, et le prochain, puis le
prochain. Nous allons protéger les emplois et les conditions de
travail pour l'avenir, ensemble. Nous allons nous assurer que
l'éducation est une question de droit et pas une question
d'argent. Et ensemble, solidaires, nous allons gagner.
Dave Coles,
président du Syndicat canadien des communications, de
l'énergie et du papier (SCEP) : Le
SCEP va être ici avec vous aussi longtemps qu'il le faudra. Notre
message est : « Cela va prendre du temps, cela va prendre de
l'énergie, cela va prendre de l'argent
et nous nous engageons à contribuer tout cela. »
Michel Arsenault, président de la
Fédération des travailleurs et travailleuses du
Québec (FTQ) : On vit une journée historique.
Dans les annales syndicales du Québec, c'est la première
fois dans un conflit du secteur privé qu'on a une
solidarité internationale mondiale comme on en a eu
aujourd'hui: bravo ! Merci aux délégations
internationales et du reste du Canada. Il n'y a pas de barrière
linguistique quand on parle de solidarité. En même temps
que vous livrez cette bataille historique pour la
génération qui va vous suivre, vous livrez cette bataille
historique pour l'économie régionale qui est fort
importante pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. En même temps, les
étudiants du Québec livrent une bataille pour que tout le
monde ait droit à l'éducation, tout le monde. Il fut un
temps pas si lointain dans les années 50, l'éducation
était réservée à l'élite et à
ceux qui avaient une vocation religieuse. La classe moyenne,
les classes les plus pauvres n'avaient pas accès à
l'éducation et faudra jamais revenir à ça au
Québec. Mais quand ces jeunes-là sortent de
l'école, il faut qu'ils aient des emplois bien
rémunérés, c'est pour ça qu'on se bat ici
aujourd'hui. On ne tolérera pas ni à Alma ni ailleurs au
Québec qu'on ait des travailleurs dans
des plans de deuxième classe. Les salaires que vous avez et le
contrat de travail que vous avez doivent s'appliquer à tout le
monde, c'est ça votre bataille. Un joueur important dans cette
bataille-là c'est le gouvernement du Québec. J'interpelle
aujourd'hui Jean Charest, le premier ministre du Québec,
Clément Gignac
aussi. Qu'on fasse à Rio Tinto ce qu'on a fait à
Résolu, qu'on leur coupe les vivres, nos vivres, nos
rivières !
Comment peut-on expliquer
que le gouvernement du Québec ait signé un contrat avec
Rio Tinto en décrivant un lockout comme un Acte de Dieu ! Parce
que Rio Tinto vous met en lockout, la population du Québec doit
payer entre 10 et 15 millions $ par mois à Rio Tinto de
l'électricité dont on n'a pas besoin.
Qui est-ce qui mène au Québec ? Est-ce que c'est le
gouvernement qu'on élit ou bien Rio Tinto ? Charest et son
ministre Gignac doivent faire à Rio Tinto ce qu'ils ont fait
à Résolu et non lui donner 10-15 millions $ pour de
l'électricité dont on n'a pas besoin. Hydro-Québec
ça nous appartient, c'est à tous nous
autres les payeurs de taxes. Cette bataille-là a fait en sorte
qu'aujourd'hui on se parle de plus en plus dans le monde syndical au
Québec et ailleurs et ça, la solidarité
internationale c'est très important.
Michel Roy, directeur du
district 5 du Syndicat des Métallos : Les travailleurs et
les travailleuses de la section locale 9490 ici se sont faits mettre en
lockout illégal une journée avant le droit du lockout.
Ces gens-là ce qu'ils réclament et ce qu'ils veulent,
c'est des emplois de qualité pour les générations
futures. Je vous demande d'applaudir les 780 travailleurs,
travailleuses et leurs familles. Ces gens-là ne se battent pas
pour du salaire, ils ne se battent pas pour des fonds de pension, ils
ne se battent pas pour améliorer l'enveloppe monétaire de
la convention collective, ils se battent pour la
génération future, ceux
qui sont ici. [Il montre les enfants qui sont avec lui sur
l'estrade.] Je suis fier de les avoir, je suis fier de la
bataille que mènent nos membres ici du Syndicat des
Métallos pour assurer des emplois de qualité à ces
jeunes-là. Le futur il est là et les gens font cette
bataille maintenant pour leur futur.
Cette compagnie-là avec la complicité du
gouvernement du Québec, par la société
d'État qui est notre
richesse collective, ont dans leur histoire décidé de
laisser des barrages hydro-électriques ici à Alcan avec
un objectif : développer l'emploi de qualité dans la
région, d'avoir des
emplois pour les hommes et les femmes de la région, pour avoir
une économie solide. Maintenant ce pacte-là est
brisé, totalement brisé. Imaginez, cet outil-là,
qui en était un de développement de l'emploi est en train
de se virer contre les travailleurs et les travailleuses. C'est
indécent ! Hydro-Québec a l'obligation
selon l'entente secrète de racheter l'énergie
hydro-électrique, les surplus que Rio Tinto n'utilise pas, de
les racheter à 4,5 cents le kWh alors que cela leur coûte
1 cent le kWh pour le produire. Ils font 4 fois l'argent que ça
leur coûte pour produire l'énergie
hydro-électrique. On leur a donné en janvier avec notre
société d'État 10 millions $ à Rio Tinto,
en février 15 millions $. Ce gouvernement-là vient de
nous prendre en otages, toute la population, tous les citoyens du
Québec, on contribue indirectement, parce que le gouvernement
nous a caché cette entente-là, à financer un
conflit de travail que Rio Tinto Alcan a décidé.
Je vous demande d'en parler partout, dans tous les coins du
Québec. Si c'est comme ça que le gouvernement veut
développer le Plan Nord, ça n'aura aucun bon sens.
L'hydro-électricité c'est un outil collectif de
développement de l'emploi, mais on est en train de s'en servir
contre les travailleurs et les travailleuses.
Ça c'est la première partie de notre
campagne planétaire. On est allés aux États-Unis,
en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans les plans, les mines et
les fonderies de Rio Tinto. Si cette compagnie-là ne revient pas
à la raison et ne négocie pas de bonne foi pour donner
aux gens de la région ce qui leur revient,
des emplois de qualité, il y a d'autre chose qui s'en vient. On
ne lâchera pas. Par exemple, il y a une belle assemblée
générale des actionnaires qui s'en vient à
Londres, on va aller leur parler de très près. Autre
chose
aussi. Pas plus tard qu'hier, j'ai envoyé des lettres à
Jean Charest, à Marcel Aubut, le président du
Comité olympique canadien, et une à Régis
Labeaume.
Pourquoi ? Imaginez-vous qu'on vient de découvrir que les
médailles pour les olympiens dans les prochaines olympiques vont
être faites par Rio Tinto en Utah à Kennecott Copper.
Cette fonderie est syndiquée avec le Syndicat des
Métallos. On a l'appui de cette
section locale-là pour tenter d'empêcher que les olympiens
portent de la saleté avec des médailles faites par Rio
Tinto. Ça sent les élections au Québec, à
un moment donné on va en avoir. Si on est toujours dans cette
situation-là, Charest va trouver la vie longue avec un autobus
orange qui va le suivre partout. Lâchez
pas ! Merci !
   
De
l'exécutif du syndicat des travailleurs d'Alma au rassemblement
du 31 mars (de gauche à droite): Marc Maltais,
président; Hugues Villeneuve, vice-président;
Patrice Harvey, secrétaire aux finances; Alexandre Frechette, agent de
grief.
Marc Maltais, président du Syndicat des
travailleurs de l'aluminium d'Alma, local 9490 des Métallos :
Vous êtes beaux en
orange ! Mes premiers mots je vais les adresser aux lockoutés,
hommes et femmes qui luttez bravement contre une multinationale
beaucoup plus forte, beaucoup plus grande en termes monétaires.
J'aimerais
confrère, consoeur que tu regardes autour de toi, tu vas voir
tes voisins, ta famille, des syndicats de partout sur la
planète, des groupes communautaires, tout le monde autour de
nous est ici aujourd'hui pour une raison unique, venir nous supporter,
venir nous montrer qu'on n'est pas tout seuls sur la banquise. Je vais
demander à tout le monde maintenant, ceux qui sont-là
aujourd'hui, de regarder ces gens-là qui se battent
fièrement, pas pour nous autres, on l'a dit, on ne
négocie pas de salaires, on ne négocie pas des fonds de
pension, on ne pense même pas à nous autres. Malgré
la réputation qu'on nous fait d'être des
bébés gâtés,
on lutte pour une communauté, une communauté qui a
été attaquée. Ce qui s'est fait depuis le
début des années 80, avec la crise du bois, depuis les
années 80 on vit des fermetures d'usines, des fermetures de
scieries, de papetières, qu'est-ce qui reste en région
pour nous autres à part les quelques emplois de qualité
que nous avons tous le devoir de protéger. En respect pour nos
prédécesseurs, nos grands-pères, nos pères,
qui ont lutté si durement, qui ont fait des sacrifices immenses
pour gagner les bonnes conditions qu'on a aujourd'hui et le niveau de
vie que l'on connaît, en respect de ces
générations-là, on n'a pas le droit de
concéder quoi que ce soit. On a une responsabilité envers
les générations futures, petits comme plus vieux, les
étudiants, les générations de demain, on n'a pas
le droit de laisser moins que ce que nous-mêmes nous avons, on
n'a pas le droit de leur donner un futur moins beau que celui qu'on a
eu. On va se battre
pour cela. Je vous remercie pour cette journée, cette fête
du multisyndicalisme, du multiculturalisme, il n'y a plus de
bannières, il n'y a plus de langues, il n'y a plus de cultures,
il y a un enjeu, l'enjeu de solidarité et du véritable
rapport de forces qu'on est capables de démontrer. Merci
à tous ceux qui sont ici, ils
sont ici dans la foule aujourd'hui, qui ne comptent pas les heures et
les sacrifices, une équipe exceptionnelle, sans qui le
succès est impossible. Merci à toutes les sections
locales, les fédérations autant québécoises
et canadiennes qu'internationales. On a de nouvelles annonces
aujourd'hui du soutien financier, des
sommes nous arrivent de minute en minute. J'en ai deux pages ici je ne
peux pas tous les nommer. Merci à tous !
Comment le gouvernement du Québec peut-il plaider
la neutralité quand ta communauté est attaquée par
une multinationale et des intérêts étrangers.
Comment peut-il plaider la neutralité alors qu'il permet
ça, qu'il permet que l'hydro-électricité qui est
nôtre et qui est pour l'usage industriel, qui permet qu'elle
soit utilisée pour financer ce lockout. Le message est clair. Le
gouvernement du Québec a la responsabilité de
protéger sa population, ses citoyens et son économie. Rio
Tinto a le devoir de revenir s'asseoir à la table de
négociations de bonne foi pour régler un contrat avec
nous autres. Le message le plus important
c'est que jusqu'à la victoire finale nous tiendrons ! Signez la
pétition [la pétition qui demande
qu'Hydro-Québec arrête d'acheter
l'hydro-électricité de RTA pendant le lockout] pour
empêcher ce déséquilibre des forces en
présence. Je vous demande d'être des ambassadeurs de la
cause qu'on défend, la
cause d'un Québec qui appartient aux Québécois.
Merci !
* Les messages qui ont été
livrés en anglais sont
traduits par Le
Marxiste-Léniniste.
(Photos: LML, STAA, G. Boudreau, G.
Depalo, C.
Desgagné, S. Deschenes, M. Lafrance, S. Larouche, J.-P.
Ouellet, E.R. Pelletier)

Procurez-vous
l'édition
printemps 2012 du
Forum ouvrier!
Supplément
du
Marxiste-Léniniste
Édition spéciale
sur le lockout
frauduleux des travailleurs d'Alma
par Rio Tinto
Prix
de
vente:
4
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Écrire à: Centre ouvrier du PCC(M-L)
CP 521, Succ «C», Montréal QC H2L 4K4
(514) 522-1373 • centreouvrier@cpcml.ca
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Courriel: redaction@cpcml.ca
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