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Numéro 37 - 2
avril 2012
Budget fédéral
2012
Le budget Harper est un affront
à l'ensemble des Canadiens
 
Budget fédéral 2012
• Le budget Harper est un
affront à l'ensemble des Canadiens
• Est-ce ainsi qu'on
gère une économie? - K.
C. Adams
Unissons-nous
contre les États-Unis des monopoles de
l'Amérique du Nord!
• Notre
sécurité est dans la lutte pour
les droits de tous!
• Les plans de Harper pour
le Réseau Grands Lacs Voie maritime du
Saint-Laurent - Enver Villamizar
Budget fédéral 2012
Le budget Harper est un affront
à l'ensemble des Canadiens
Comme prévu, le budget Harper est une
attaque en règle contre les Canadiens et un
refus de résoudre quelque problème
que ce soit, comme le chômage, la
pauvreté, la désintégration
du secteur manufacturier, le
déséquilibre dans les relations
entre les investisseurs mondiaux et le Canada qui
a complètement éliminé toute
notion d'avantage mutuel, établissant un
rapport décidément et
unilatéralement en faveur des investisseurs
étrangers, et les tendances
régressives à l'enrichissement des
riches, à l'appauvrissement des pauvres et
à la concentration du contrôle
économique et politique entre les mains de
quelques-uns.
Le budget Harper abolit 19 200
emplois dans la fonction publique
fédérale alors qu'il y a
déjà un taux de chômage
dépassant les 8 % au pays. C'est environ
5,2 milliards $ en réclamations en revenu
des travailleurs de la fonction publique qui
seront soustraits à l'économie. Le
gouvernement aurait demandé à tous
les ministères de faire des compressions
quel que soit leur volume de travail et quelles
que soient leurs responsabilités actuelles
et futures. Les compressions les plus importantes
seront faites au ministère de
l'Agriculture, responsable de la
sécurité alimentaire, soit une
réduction de 9,02 % de son budget actuel,
suivies de celles au ministère de la
Santé, dont le budget subira une
réduction de 5,72 %.
Dans bien des cas, comme pour le ministère
de l'Agriculture et celui de Pêches et
Océans, les coupures sont liées
à l'élimination de certains
règlements affectant le fonctionnement des
monopoles privés, notamment en ce qui
concerne la protection de la
sécurité alimentaire et de
l'environnement. Les coupures à
Pêches et Océans concordent avec des
modifications proposées à la Loi
sur les pêches.
Les modifications à la
Sécurité de la vieillesse sont un
affront au sentiment national en faveur du
renforcement des régimes de retraite pour
assurer le droit de tous les aînés
à une retraite dans la dignité
à un revenu de standard canadien. Le
gouvernement a décidé
unilatéralement de hausser l'âge de
retraite à 67 ans sans les moindres
préparatifs pour la catastrophe que cela va
signifier pour beaucoup de personnes
âgées qui ne seront tout simplement
plus capables de travailler ces deux années
supplémentaires à leur emploi actuel
ou les nombreux autres qui sont sans travail
pendant de longues de périodes à
mesure qu'ils avancent en âge ou sont
forcés de prendre un emploi au salaire
minimum comme par exemple à l'accueil chez
Wal-Mart.
Le
budget attaque aussi directement le processus
d'examen des « grands projets » comme
l'oléoduc de bitume Enbridge dans le nord
de la Colombie-Britannique et plusieurs autres
grands projets du secteur de l'exaction des
ressources. Le budget énumère ces
projets en rapport avec « le secteur du gaz
naturel en Colombie-Britannique ; les secteurs du
pétrole et des minéraux des Prairies
; le Cercle de feu en Ontario ; le Plan Nord du
Québec ; le secteur de
l'hydroélectricité des provinces de
l'Atlantique ; et le secteur minier du Nord
canadien ». Il raccourcit la période
d'examen des projets, limite le financement
fédéral pour ces examens et permet
un seul examen par projet, même si le projet
touche à plusieurs aspects de la vie
humaine et de l'environnement naturel. Par
exemple, le projet Enbridge, qui est conçu
et contrôlé par des monopoles
mondiaux, touche à des domaines aussi
complexes et variés que la
souveraineté des Premières Nations,
la santé et sécurité
publiques, les conséquences
environnementales sur terre et en mer et les
conséquences de l'exportation de
matières premières pratiquement non
transformées (bitume) pour le principe et
l'esprit de l'édification nationale
canadienne.
Le budget attaque le droit de conscience de ceux
qui participent à des oeuvres de
bienfaisance et leur droit de s'exprimer
publiquement sur des questions
d'intérêt, notamment quand un
organisme de bienfaisance considère que le
gouvernement manque à ses
responsabilités. On lit dans le budget :
« Le gouvernement met en oeuvre des mesures
qui veilleront à ce que les organismes de
bienfaisance consacrent leurs ressources
principalement à des activités de
bienfaisance, plutôt qu'à des
activités politiques, et qui
amélioreront la transparence et la
reddition de comptes au public à cet
égard. » Si le gouvernement n'aime
pas ce que dit un organisme de bienfaisance,
Revenu Canada sera habilité à le
soumettre à une enquête et à
lui retirer son statut légal. C'est Revenu
Canada qui décidera si l'organisme consacre
trop de temps à s'exprimer sur des
questions d'intérêt.
Ce ne sont là que quelques exemples du
contenu réactionnaire de ce budget
déposé par un gouvernement qui
considère que les compressions dans les
programmes sociaux et les services publics, la
privatisation et la vente d'avoirs publics et la
succession de manoeuvres pour payer les riches
sont une façon de se faire valoir pour
services rendus à l'oligarchie
financière.
Dénonçons le budget
antisocial du gouvernement Harper !
Arrêtez de payer les riches !
Augmentez les investissements dans les programmes
sociaux et les services publics !
Il est temps de changer la direction du pays en
faveur du peuple !
Qui décide ? Le peuple décide !

Est-ce ainsi qu'on gère une
économie?
- K. C. Adams -
Après des mois de secret, de
désinformation et de spéculation sur
le contenu du budget Harper, le 29 mars le
ministre des Finances Jim Flaherty a
déposé au parlement canadien ce
qu'il appelle son « Plan d'action
économique de 2012 ». Les
déclarations faites dans les semaines
précédentes avaient de toute
évidence pour objectif de détourner
l'attention des besoins réels de
l'économie et de la résolution de
nombreux problèmes sociaux et
économiques. On a entraîné
tout le monde dans un faux débat sur la
quantité des coupures plutôt que de
concentrer sur le refus du gouvernement de
s'attaquer aux problèmes auxquels les
citoyens et l'économie du Canada sont
confrontés et sur la méthode
dictatoriale qui est employée pour
maintenir le peuple à l'écart des
décisions prises concernant
l'économie qui lui appartient.
Que propose la dictature Harper dans son budget
?
Plus
de 8 % de la main-d'oeuvre, soit environ un
million et demi de travailleurs, sont au
chômage et beaucoup d'autres
âgés entre 18 et 65 ans ne
participent pas à l'économie
socialisée et ne sont donc pas inclus dans
les chiffres sur la main-d'oeuvre. Ce
chômage massif est une catastrophe pour les
personnes touchées et une perte
énorme de produit social et de services
pour l'économie. Alors que propose la
dictature Harper dans son budget ? De licencier 19
200 employés de la fonction publique et de
couper des milliards de dollars dans les
programmes sociaux et les services publics ! C'est
en plus de maintenir les paiements de transfert au
Québec, aux provinces et aux territoires en
dessous de ce qui est nécessaire pour
répondre aux réclamations de la
population en éducation, soins de
santé et autres programmes sociaux et
services publics.
Les Canadiens réclament une réforme
du système de retraite pour garantir une
pension standardisée pour tous. Alors que
propose la dictature Harper ? Elle hausse
l'âge de la retraite à 67 ans et
avertit tout le monde de commencer à
épargner parce que le gouvernement a
l'intention de larguer ses responsabilités
envers les personnes âgées !
Les gens sont préoccupés par
l'exploitation débridée des
ressources par les monopoles sur lesquels personne
ne semble avoir de contrôle. Cela
entraîne entre autres des problèmes
pour l'industrie manufacturière et
représente une atteinte à notre
droit de décider, en particulier le droit
des Premières Nations de décider de
ce qu'il advient de leurs territoires. Les gens
veulent leur mot à dire sur ces
décisions pour que l'économie
suffise à ses besoins et se
développe dans tous les secteurs, pour que
les richesses naturelles abondantes soient
transformées en majeure partie au Canada
pour créer ici des produits
manufacturés sans causer d'avantage de tort
à l'environnement. Que fait la dictature
Harper dans son budget ? Elle affaiblit encore
plus le processus d'audiences publiques sur les
projets du secteur des ressources et
élimine en pratique toute participation
publique aux prises de décisions, y compris
les Premières Nations. Harper est
résolu à donner aux entreprises
mondiales du secteur des ressources le droit
monopoliste sans restriction de piller les
richesses naturelles abondantes du Canada et de
les envoyer à l'extérieur du pays
pour un profit rapide, tout en foulant aux pieds
les droits des Canadiens et des Premières
Nations et en polluant la Terre Mère.
Les gens veulent que le
gouvernement soit de leur côté dans
la lutte pour réclamer des salaires et des
avantages sociaux standardisés à
même le produit social et les services
créés par les travailleurs. Ils
veulent aussi que le gouvernement réclame
une partie suffisante directement au niveau des
entreprises pour garantir les droits et le
bien-être de tous, et restreigne les
monopoles qui prennent plus à
l'économie qu'ils n'y contribuent. Ils ne
veulent pas que leurs concitoyens soient
abandonnés à leur sort quand la vie
devient difficile, ce qui ne se fait pas dans une
économie socialisée, ou qu'ils
soient forcés de compter sur les organismes
de bienfaisance face aux problèmes sociaux
et à la maladie. Alors que fait la
dictature Harper avec son budget ? Elle retire des
milliards de dollars du financement des
programmes, sans même tenir compte du
coût de l'inflation ! Non seulement Harper
refuse-t-il que le gouvernement garantisse le
droit des citoyens de faire des
réclamations au produit social, en tant que
travailleurs et en tant que membres de la
société, mais il menace les
organismes de bienfaisance qui voudraient
critiquer le gouvernement publiquement quand il
manque à ses responsabilités
sociales. Il dit que les organismes de
bienfaisance n'ont pas le droit de conscience et
il a ordonné à Revenu Canada de les
espionner et de lui laisser savoir s'ils disent
des choses négatives à propos de sa
dictature. Quelle hypocrisie de la part d'un
gouvernement qui se sert constamment des fonds
publics pour financer des campagnes
promotionnelles pour ses politiques antisociales !
On n'a qu'à penser aux millions de dollars
en fonds publics utilisés pour les annonces
qui font l'éloge du « Plan d'action
économique », un plan d'action qui
utilise des fonds publics pour payer les riches et
leurs monopoles.
Les gens sont préoccupés de voir
que 30 milliards $ sont versés annuellement
pour le paiement de l'intérêt sur la
dette nationale. Il s'agit essentiellement de
prendre une énorme portion de la richesse
publique pour payer les riches, pour retirer de la
valeur de l'économie et l'emmagasiner dans
les coffres de l'oligarchie financière.
Mais que fait la dictature Harper avec son budget
2012 ? Rien ! En fait, le paiement de la dette va
s'accroître. La dette nationale sert
l'oligarchie financière au pouvoir parce
qu'elle est une source de revenu assurée et
constante. Ainsi, en plus de tondre le mouton deux
fois et de mettre la main sur 30 milliards $ des
fonds publics, l'oligarchie financière fait
des remontrances aux gouvernements qui laissent la
dette s'accumuler et qui encourent des
déficits ; elle prétend même
que la dette et les déficits sont la cause
de tous les problèmes et la raison pour
laquelle il faut réduire le financement des
programmes sociaux et des services publics et les
privatiser. Elle insiste aussi pour que tout
nouvel argent provienne de l'imposition des
particuliers, des frais d'usager pour les services
et d'autres emprunts plutôt que d'une
ponction directe au niveau des entreprises, au
niveau de la production et de la livraison des
services là où la valeur est
créée.
Les véritables producteurs se voient
interdire
de participer à la résolution des
problèmes
Un des
problèmes avec ce budget et avec
l'économie en général est que
les véritables producteurs des biens et
services se voient interdire de participer
à la résolution des
problèmes, surtout dans les secteurs
où ils travaillent et dans lesquels ils
concentrent l'expertise. On leur enlève le
droit de prendre des décisions qui
pourraient donner une nouvelle direction à
l'économie en faveur du peuple.
Les enseignants sont attaqués au lieu
d'être mobilisés dans la
résolution des problèmes de
l'enseignement public. Eux et les autres
travailleurs de l'éducation, depuis la
maternelle jusqu'au niveau universitaire,
connaissent en détail les besoins de
l'éducation publique et savent quel
financement est nécessaire pour la
maintenir et l'améliorer. On leur dit de se
taire et de s'acquitter de leur tâche sans
commentaire. Les travailleurs municipaux sont
attaqués lorsqu'ils défendent les
services municipaux contre la destruction et la
privatisation par les monopoles prédateurs.
Les travailleurs de la santé se voient nier
toute voix au chapitre sur la résolution
des problèmes du secteur de la
santé. La même chose vaut pour la
construction d'une industrie de l'acier qui suffit
aux besoins de l'économie où les
travailleurs sont privés de toute voix au
chapitre, ou dans la production de l'aluminium, le
secteur manufacturier en général, le
secteur des mines, du pétrole et du gaz, le
secteur forestier, la construction et les services
publics, où ceux qui produisent se font
dire de se taire comme s'ils n'avaient rien de
positif à contribuer sur l'usine ou le
secteur. Toute l'expertise et tout l'enthousiasme
du facteur humain sont gaspillés au lieu
d'être mobilisés dans la
résolution des problèmes d'une
façon qui serve le bien-être de la
population et l'économie. La participation
des travailleurs aux prises de décisions
sur les questions cruciales de l'économie
nationale et du développement est
bloquée. L'oligarchie dominante a mis le
sort de l'économie entre les mains de
monopoles mondiaux qui n'ont en tête que
leur intérêt privé très
étroit et qui voient les travailleurs comme
un « coût » et un concurrent
pour le produit social créé par les
travailleurs, lequel est nécessaire pour
veiller au bien-être de la population et
à l'intérêt
général de la société.
Le facteur humain/conscience sociale
Personne ne peut nier que l'économie
aujourd'hui est socialisée,
interconnectée et très complexe. Sa
force fondamentale est le facteur humain, la
classe ouvrière moderne très
éduquée qui s'efforce de
développer une conscience sociale et des
rapports de production qui soient en harmonie avec
la société moderne. Les travailleurs
jouent individuellement un rôle central dans
l'économie où le collectif est plus
grand et plus productif que la somme de ses
parties, où le travail collectif et la
responsabilité individuelle seraient le mot
d'ordre approprié. Or, le travail collectif
est plutôt devenu un moyen d'enrichir une
élite privilégiée et la
responsabilité individuelle des
travailleurs est niée, même
criminalisée, car elle est de plus en plus
en contradiction avec les intérêts
privés des propriétaires du capital.
Pourquoi l'administration d'une économie
aussi socialisée, interconnectée et
complexe est-elle privée du facteur humain
et de la conscience sociale nécessaires
pour un développement non interrompu et
sans crise ? Pourquoi le facteur humain est-il non
seulement retiré de l'administration de
l'économie où il est censé
jouer un rôle décisif mais aussi
considéré comme un fardeau pour
l'économie et qualifié de coût
de production ? Parce que le pays est sous la
dictature de monopoles mondiaux privés qui
veulent accaparer tout le contrôle pour
enrichir leurs empires sans égard aux
conséquences pour les peuples et leurs
sociétés.
Les salaires sont considérés comme
des coûts pour les propriétaires du
capital, les programmes sociaux sont
considérés comme un poids pour
l'économie. Tout cela fait partie de la
dictature d'aujourd'hui exercée par ceux
qui ne produisent pas mais qui prennent toutes les
décisions. Voilà le problème
central de tous les budgets des gouvernements du
Canada sous le pouvoir des riches.
La dictature Harper part de la conception du
monde centrée sur le capital pour laquelle
les travailleurs sont un coût et un poids
pour l'économie socialisée
même s'ils sont les producteurs du produit
social duquel dépendent l'économie
et la société. La conception du
monde dépassée des
propriétaires du capital considère
également les êtres humains et leurs
réclamations à la
société comme un coût et un
poids pour l'économie. Les
réclamations des citoyens à la
société et les revenus dont ont
besoin les gouvernements pour y répondre
sont considérés comme un fardeau
pour les monopoles privés et leurs empires
privés. Cette conception du monde ne
reconnaît que les réclamations des
monopoles privés et s'oppose à toute
définition moderne selon laquelle les
êtres humains sont en droit de faire des
réclamations à la
société à laquelle ils
appartiennent du seul fait de leur humanité
et que l'État a le devoir de garantir ces
réclamations.

Unissons-nous contre les
États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord!
Notre sécurité est dans la lutte
pour les droits de tous!
De récents commentaires d'un porte-parole
du US Homeland Security au Canada
révèlent que les gouvernements
étasuniens et canadiens ont comme objectif
de progressivement désensibiliser les
Canadiens au fait d'être soumis au pouvoir
des États-Unis. À cet effet, NORAD
serait un modèle d' «
intégration », et les
opérations conjointes aux
frontières, en particulier sur la Voie
maritime du St-Laurent, sont les terrains d'essai
menant à une plus grande «
intégration » des Forces de
sécurité au Commandement du Nord des
États-Unis.
S'adressant à un auditoire le 2 mars au
sujet des efforts déployés pour
mettre en oeuvre l'Accord nord-américain du
Périmètre de sécurité,
Alan Bersin, secrétaire adjoint aux
Affaires internationales au département du
Homeland Security des États-Unis, a
prôné la mise en oeuvre d'une
organisation conjointe pour assumer les
contrôles frontaliers — qu'il a
affublée du nom de « frontière
NORAD ».
Bersin est le principal représentant du
Homeland Security et jusqu'à
récemment il a servi en tant que
commissaire de la Protection des douanes et des
frontières des États-Unis. Lorsqu'on
lui a demandé s'il entrevoyait le jour
où les deux pays pourraient s'entendre sur
une institution binationale pour gérer les
questions frontalières — où un seul
représentant est en autorité — il a
cité NORAD et la coopération sur la
Voie maritime du St-Laurent en tant qu'excellents
exemples d' effort conjoint entre les deux pays.
« Nous devons en fait revenir à
cette mentalité, a-t-il dit. Alors que cela
peut prendre un certain temps — au cours duquel
nous devons développer des
mécanismes pour respecter la
souveraineté, mais aussi pour identifier
où nous voulons unir nos énergies —
je crois que ce temps viendra. »
Abordant les demandes des États-Unis pour
une politique de l'immigration et des personnes
réfugiées pour l'Amérique du
Nord, il a ajouté : « Pourquoi
aurions-nous des critères
d'admissibilité différents,
puisqu'en réalité une
Sécurité nord-américaine
signifie qu'un fonctionnaire canadien des douanes
et de l'immigration et un américain
devraient en principe travailler ensemble pour que
des gens de Frankfurt puissent passer la douane
pour venir au Canada, de sorte à ce que ces
même gens puissent ensuite franchir sans
problème [la frontière commune] et
venir aux États-Unis. » Un tel
scénario demandera de l'effort, a-t-il
signalé, ajoutant : « Je dis cela
pour démontrer le chemin à parcourir
avant d'arriver au point de mettre en oeuvre la
frontière NORAD, mais je crois que c'est
là la vision qui sera le moteur de cette
coopération, tout en admettant qu'il y aura
des étapes intermédiaires à
franchir. »
Alors qu'à chaque jour des nouveaux
arrangements sont mis en oeuvre pour atteindre cet
objectif dans le dos des Canadiens au moyen de
projets de loi omnibus et de nouvelles
réglementations, le gouvernement Harper
sait que la souveraineté est chère
aux Canadiens. En conséquence, le directeur
adjoint aux Communications de Harper, Andrew
MacDougall, a émis un communiqué
pour dire que le fait de prôner une
frontière NORAD ne reflétait pas
leurs intentions. « Pour nous c'est clair
que notre plan respecte la souveraineté de
chaque nation et ces commentaires ne sont pas
compatibles avec cette vision », a-t-il dit.
Ce n'est que de la poudre aux yeux. Tous les
arrangements sont à toute fin pratique mis
en place pour intégrer le Canada et les
États-Unis au Homeland
nord-américain de l'impérialisme
étusunien. Dans le dos des peuples du
Canada, des États-Unis et du Mexique, nous
avons été soumis aux décrets
du président des États-Unis, Barack
Obama. Le danger d'une telle situation doit
être sérieusement pris en compte par
la classe ouvrière canadienne et ses
alliés.

Les plans de Harper pour le Réseau
Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent
- Enver Villamizar -
De récents développements indiquent
que le gouvernement Harper a l'intention de
centraliser le contrôle de la Voie maritime du Saint-Laurent.
Ces développements indiquent aussi que des
négociations ont lieu en ce moment visant
à établir de nouveaux arrangements
pour gérer un contrôle qui serait
partagé entre les États-Unis et le
Canada et qui s'exercerait sur cette route
commerciale stratégique dans le but de
bénéficier les divers
intérêts monopolistes utilisant cette
voie maritime.
Ces
récents développements font suite
à des annonces de la mise sur pied de
comités binationaux d'exploitation des
ports responsables de la Voie
maritime du Saint-Laurent ainsi
que d'améliorations apportées
à l'infrastructure de certains points
frontaliers le long de la Voie maritime du
Saint-Laurent, infrastructures qui doivent
être complétées en 2012 en
tant que partie intégrante du Plan d'action
du périmètre de
sécurité.
Les développements au niveau du
Réseau de la Voie maritime doivent
être vus dans le contexte des efforts
déployés pour soumettre le Canada au
commandement des États-Unis. Ce processus
est réalisé par le biais de NORAD et
par l'intégration de cette instance
militaire/policière conjointe aux agences
civiles du Canada et des États-Unis. La
Voie maritime du Saint-Laurent sert de terrain
d'essai pour le commandement militaire de la vie
civile alors que l'impérialisme
étasunien exige la protection d'
«infrastructures-clés » qu'il
prétend essentielles à sa «
sécurité nationale ».
Le Réseau Grands Lacs
Voie maritime du Saint-Laurent
Carte du
Réseau Grands Lacs Voie maritime du
Saint-Laurent. Les ports canadiens sont
indiqués par des points
rouges, les ports américains par des
points bleus. (The St. Lawrence Seaway Management
Corporation)
Cependant, le sort de ce réseau est d'une
importance vitale pour la classe ouvrière
et le peuple du Canada, du Québec, des
États-Unis et des Premières Nations.
Il ne peut être laissé à des
représentants des monopoles tels qu'ils se
trouvent dans les pouvoirs exécutifs des
gouvernements Harper et Obama.
Pour les peuples de l'Amérique du Nord, le
Réseau Grands Lacs Voie
maritime du Saint-Laurent est un
trésor naturel qui doit être
exploité de façon viable à
l'avantage des peuples du monde. Il est la voie
navigable d'eau profonde (une voie de plus de 14
pieds) la plus longue au monde, qui s'étend
sur 3 700 km de l'océan Atlantique jusqu'au
haut des Grands Lacs, au coeur même de
l'Amérique du Nord. La section de la Voie
maritime du Saint-Laurent du réseau
s'étend de Montréal jusqu'au milieu
du lac Érié. On trouve sur la Voie
maritime du Saint-Laurent 13 écluses
canadiennes et deux écluses
étasuniennes.
Le réseau constitue le pouls même du
centre industriel et manufacturier du Canada et
des États-Unis. Le réseau contient
aussi une grande part de la biodiversité
mondiale.
Ce qui reste de la base industrielle et
manufacturière de l'Ontario est
relié par ce réseau, et les
travailleurs de l'Ontario et du Québec
gagnent leur vie et habitent les villes sur ses
côtes. Il s'agit entre autres de Sault
Ste-Marie, Windsor, Sarnia, Hamilton, Oakville,
St. Catherines, Toronto, Oshawa, Kingston et
Montréal ; du côté des
États-Unis : Green Bay, Détroit,
Chicago, New York, Milwaukee et Buffalo.
À chaque année, plus de 1 600
millions de tonnes métriques de
marchandises sont transportées sur le
Réseau Grands Lacs Voie maritime du
Saint-Laurent. Près de 25 % de ces
marchandises se rendent dans des ports d'outremer
ou en proviennent, en particulier en Europe, en
Amérique du Sud, au Moyen-Orient et en
Afrique. Les marchandises les plus
fréquentes sont le minerai de fer pour la
production de l'acier, le charbon pour la
production de l'énergie électrique,
le calcaire et le ciment pour la construction, et
les céréales à des fins de
consommation domestique et pour l'exportation.
À partir des ports qui parsèment la
Voie maritime, un réseau multiforme de
transport s'étend sur tout le continent:
plus de 40 autoroutes provinciales et liant les
États et près de 30 lignes
ferroviaires liant les 15 grands ports du
réseau ainsi que les 50 ports
régionaux avec les consommateurs, les
industries et les produits partout en
Amérique du Nord.
Présentement, les instances responsables
de la gestion des voies et des écluses du
réseau sont la Corporation de Gestion de la
Voie Maritime du Saint-Laurent du Canada,
représentant le gouvernement du Canada, et
la Saint Lawrence Seaway Development Corporation,
qui représente le gouvernement des
États-Unis.
Un rapport qui recommande un commandement
centralisé
Un récent rapport demandé par le
Conseil de recherche de la Défense
nationale des Forces armées canadiennes
exige une structure de commandement unifiée
afin de protéger le Réseau Grands Lacs Voie maritime du
Saint-Laurent des menaces du
terrorisme que représentent les petites
embarcations qui bénéficient du
réseau. Le rapport s'en prend aux
nombreuses juridictions qui se chevauchent,
comprenant les Forces armées, la
Gendarmerie royale, Transport Canada et la Garde
côtière canadienne sur la Voie
maritime du Saint-Laurent. Le rapport prône
un commandement centralisé en tant que
solution au problème.
Le rapport dit que bien que Transport Canada soit
responsable de la sûreté maritime et
des réglementations, il n'existe aucune
entité unique responsable de planifier la
sûreté, la coordination et
l'exécution, comme le fait la Garde
côtière militarisée des
États-Unis.
Le rapport déclare que bien que la GRC
soit responsable de protéger la
frontière maritime dans la région de
la voie maritime, elle est «
sous-équipée et en pénurie de
personnel de telle sorte qu'elle ne peut accomplir
ses tâches de façon adéquate
».
Sur le front militaire, le rapport prétend
que le ministère de la Défense
nationale « possède l'expertise
technologique et opérationnelle
nécessaire pour mener des opérations
de sûreté maritime mais qu'il est
inadéquat en termes d'application de la loi
et d'investigation ».
Contrairement à son homologue
étasunien, dit le rapport, la Garde
côtière canadienne n'est pas
autorisée à participer à des
opérations de sûreté maritime
sauf lorsqu'elle agit en appui à la GRC et
à d'autres départements
gouvernementaux. La solution proposée est
un commandement centralisé devant s'exercer
par le biais de l'un des « Centres des
opérations de la sûreté
maritime ».
Les centres ont été
créés suite à la politique de
Sécurité nationale de 2004 du
gouvernement fédéral.
Selon le site Web du gouvernement, à
l'heure actuelle, il existe deux COSM
côtiers — l'un sur la côte Est,
à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et
l'autre sur la côte Ouest, à
Esquimalt (Victoria), en Colombie-Britannique. Ils
sont logés dans deux bâtiments de la
Marine, le premier, à la base des Forces
canadiennes Halifax de la Force
opérationnelle interarmées de
l'Atlantique, et le deuxième, à la
base des Forces canadiennes Esquimalt des Forces
canadiennes de la Force opérationnelle
interarmées du Pacifique. Un
troisième centre des opérations de
la sûreté maritime a
été établi près de
Niagara Falls et est géré par la
Gendarmerie royale du Canada. Ce centre est
chargé de faire la surveillance du
Réseau Grands Lacs Voie maritime du
Saint-Laurent.
Le rapport souligne trois « écarts
de capacité » qui devront être
corrigés afin de combattre la menace
terroriste que posent les petites embarcations
dans la Voie maritime du Saint-Laurent :
1) La coordination des opérations de
sûreté maritime par une seule agence
gouvernementale, par exemple, la Garde
côtière ;
2) Une stratégie pour coordonner et
répartir une main-d'oeuvre et de
l'équipement peu abondants
3) De l'équipement de surveillance
avancé, comprenant des détecteurs,
et d'autres technologies doivent être
considérés et utilisés en
même temps que l'équipement de
surveillance actuelle, mais de façon plus
coordonnée et stratégique.
Dans un geste qui indique que le processus de
centralisation est déjà en marche,
l'Agence des services frontaliers du Canada a
récemment fermé son quartier
général à Windsor, en
Ontario, et doit déménager vers un
centre de commandement dans la région du
Niagara.
Rôle des Forces armées canadiennes
Comme pour illustrer comment on prépare le
grand public à la militarisation de ces
agences civiles, à l'occasion du
50ème anniversaire de la Garde
côtière le 26 janvier, le ministre de
la Défense Peter Mackay a émis un
communiqué mettant en lumière
l'intégration des Forces militaires et de
la Garde côtière. « Les hommes
et les femmes des Forces canadiennes et de la
Garde côtière canadienne travaillent
ensemble pour sauver des vies tous les jours.
Grâce à du personnel hautement
qualifié et des moyens
spécialisés, ils veillent à
ce que des ressources soient prêtes à
porter assistance, et capables de le faire,
même dans les conditions, les endroits et
les situations les plus difficiles, » a-t-il
dit. Il a mis en lumière leur
intégration à la Voie maritime du
Saint-Laurent : « [nous sommes] aussi
partenaires dans les trois centres des
opérations de la sûreté
maritime. Ces centres réunissent et
analysent de grandes quantités de
renseignements sur la côte Est, la
côte Ouest, les Grands lacs et la voie
maritime du Saint-Laurent pour recenser les
menaces à la sécurité et
renforcer la sûreté maritime pour le
Canada et ses alliés. Les centres des
opérations de la sûreté
maritime surveillent les eaux territoriales
canadiennes et détectent et évaluent
les menaces possibles à la
sécurité provenant d'environ 1 000
navires chaque jour, à une distance de plus
de 2 000 milles marins. »
« Nous avons hâte d'établir
une relation de travail encore plus étroite
avec la Garde côtière canadienne
à l'avenir, alors que nous continuons
à renforcer notre capacité de
protéger les Canadiens et de leur venir en
aide », conclut le communiqué.
Le contrôle fédéral du port
d'Oshawa
Certains ont exprimé leurs
inquiétudes au parlement au sujet des
changements apportés par le gouvernement
fédéral à la ville d'Oshawa,
plus précisément au port de
l'Ontario, transformant la Commission portuaire en
autorité portuaire, ainsi qu'au sujet de
l'annonce qui a suivi sur la construction d'une
raffinerie de pétrole sur des terrains
portuaires. Oshawa est un port stratégique
sur la Voie maritime du Saint-Laurent. Le 13
février, la député
néodémocrate Olivia Chow a
soulevé le point pendant la période
de questions :
« Monsieur le Président, la Ville
d'Oshawa et le conseil municipal veulent pouvoir
utiliser les terrains de leur port comme ils
l'entendent. Personne ne les a consultés
à propos de cette nouvelle autorité
portuaire. Les conservateurs leur ont
enlevé le pouvoir de décider et ont
mis sur pied une autorité portuaire
fédérale. Et qui est chargé
de la mise en place de cette autorité
portuaire, un emploi en or ? Le président
de l'association de circonscription du ministre
des Finances.
Les conservateurs ont-ils créé un
autre organisme composé de personnes
choisies par favoritisme seulement pour
récompenser l'ami du ministre, ou pour
imposer l'installation d'une raffinerie
malgré l'opposition des gens d'Oshawa, ou
pour ces deux raisons ? »
L'État de New York abandonne les
réglementations
proposées sur le transport maritime
Des rapports indiquent qu'après des
négociations entre des représentants
du gouvernement canadien et l'État de New
York, le 24 février 2012, les
représentants de la conservation de
l'État de New York ont abandonné des
règlements exigeant que les bateaux se
servant des voies navigables de cet État
installent des systèmes de traitement pour
leur eau de ballast dès l'an prochain.
L'eau de ballast est pompée dans les
bateaux pour améliorer le tirant d'eau,
changer l'assiette, régler la
stabilité et/ou maintenir les efforts
imposés par la charge dans des limites
acceptables. La réglementation
proposée visait semble-t-il à
empêcher que des espèces
envahissantes portées par des eaux de
ballast n'entrent dans les Grands Lacs. La
réglementation aurait affecté les
bâtiments entrant dans les ports de New
York, ainsi que tout bateau voyageant dans les
eaux de l'État de New York sur la Voie
maritime du Saint-Laurent — peu importe si le
bateau avait l'intention de délester du
ballast ou pas à cet endroit. Deux
écluses de la Voie maritime du
Saint-Laurent à l'entrée des Grands
Lacs se trouvent en eaux newyorkaises. Selon des
porte-parole canadiens, la mise en oeuvre de
telles mesures sur des vaisseaux de passage aurait
tout simplement arrêté tout trafic
commercial sur la Voie maritime.
Certains ont jugé que le fait
d'abandonner ce projet de réglementation au
moment de l'ouverture cette semaine du
Réseau Grands Lacs Voie
maritime du Saint-Laurent
à la circulation de bateaux pour la saison
2012 était primordial.
S'adressant à cette question au parlement
le 27 février, le député
conservateur Pierre Poilièvre a dit :
«Depuis un an, 72 000 emplois liés
à la Voie maritime du Saint-Laurent sont
menacés par la possibilité d'une
réglementation de transport maritime
irréaliste sur l'eau de ballast.
« Grâce à une vigoureuse
intervention canadienne auprès de
l'État de New York, celui-ci a maintenant
choisi d'accepter une réglementation
uniforme qui protégera l'environnement et
qui sauvera des emplois en même temps.
»
Joe Martens, commissaire pour le
département de la Conservation
environnementale de New York, a
déclaré : « New York demeure
préoccupé par l'introduction et la
propagation d'espèces envahissantes dans
ses voies navigables et nous espérons de
pouvoir arriver à une solution nationale
viable, » [...] « En même temps,
l'activité maritime et de transport
maritime est cruciale à l'État de
New York et au commerce international. »
Il a dit qu'une norme nationale «
techniquement possible » sera « la
seule alternative viable pour régler la
question de la propagation d'envahisseurs
aquatiques destructeurs par le biais de l'eau de
ballast. »
Il est plus que probable qu'une telle «
norme nationale » signifierait que les
négociations sont basées sur une
norme unique pour l'ensemble de l'Amérique
du Nord.

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