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Numéro 31 - 23 mars
2012
200 000 étudiants dans les
rues de Montréal
Le gouvernement libéral doit
être tenu
responsable de la situation en éducation
200
000
étudiants
dans
les
rues
de
Montréal
• Charest ne représente pas les
«contribuables» non plus!
• Le gouvernement libéral doit
être tenu responsable de la situation en éducation
- Serge Lachapelle
La fraude des
redevances dans le budget Bachand
• Nos ressources naturelles ne sont pas de la
monnaie pour payer les riches!
10e budget antisocial
du gouvernement Charest
• Un budget pour payer les riches
• Refus de répondre aux besoins
présents et futurs de la société
québécoise - Christine Dandenault
200 000 étudiants dans les rues de
Montréal
Charest ne représente pas
les «contribuables» non plus!
Le gouvernement Charest, dans sa décision de
hausser les frais de scolarité, ne représente pas la
volonté du peuple. Face aux étudiants qui
réclament leurs droits, il prétend représenter
« les contribuables » qui « font le plus gros de
l'effort » dans le financement de l'éducation. Il dit que
les étudiants doivent « faire
leur part ».
La raison pour laquelle Jean Charest parle de «
contribuables » quand il s'agit du financement de
l'éducation est que cela lui permet d'exclure les
étudiants, donc de créer l'impression que les jeunes ne
font pas partie de ceux qui paient pour l'éducation. Mis
à part que la grande majorité des étudiants de
niveau
post-secondaire sont aussi des « contribuables », ils sont
aussi les fils et filles des «contribuables» et ils ont,
selon toute vraisemblance, l'appui de la vaste majorité de la
population.
Où le gouvernement libéral prend-il qu'il
représente la volonté du peuple (les «
contribuables »), que ce soit sur le financement de
l'éducation ou sur tout autre sujet ? Le gouvernement Charest a
été élu avec l'appui de 23 % des électeurs
dans une élection qui n'a pas eu lieu à l'issue d'une
discussion sur le financement
de l'éducation. En l'absence d'une représentation, il ne
fait que défendre envers et contre tous les
intérêts de ceux qui l'ont porté au pouvoir. Il
doit être forcé de respecter la volonté populaire
clairement exprimée concernant la hausse des frais de
scolarité. Il doit maintenir le gel et soumettre la question au
débat pour donner au peuple la possibilité de transformer
la volonté populaire en volonté juridique à
laquelle il devra se soumettre.
 
 
 
 
Plus de 200 000 personnes ont manifesté dans les
rues de Montréal le 22 avril pour exprimer leur opposition
à la hausse des frais de scolarité. Les associations
étudiantes rapportent qu’en date de la manifestation, il y avait
300 000 étudiants en grève au Québec, soit plus
des deux tiers de la population étudiante post-secondaire de la
province.
Un point marquant de la manifestation fut l’arrivée des
étudiants du secondaire à la Place du Canada. Ces
derniers ont dû s'opposer à leur direction d'école.
Ils ont été accueillis par des applaudissements et des
cris joie. « On s'est fait stopper. C'était interdit de
venir, a dit aux médias Arnaud Valade de l'école Jean
XX111. On ira en retenue avec les autres par solidarité. »
Pour sa part, Marie-Hélène Vallière de
l'école Pierre-Laporte a dit: « Dans ma famille, on est
cinq enfants et on est quatre qui vont aller à
l'Université. Ça revient vraiment cher pour mes parents.
»
Vers 13 h, des cégepiens et universitaires accompagnés
de travailleurs et de familles provenant de tous les coins du
Québec ont envahi à leur tour la Place du Canada. On
parle de 90 autobus bondés. Il y avait également de
nombreux travailleurs provenant de tous les secteurs de
l'économie, y compris les travailleurs de la construction. Cet
appui n'est pas passé inaperçu et plusieurs jeunes sont
allés fraterniser avec eux.
Impressionnés par cette foule immense, les travailleurs et
résidents du centre-ville sont venus prendre des nouvelles. Puis
le cortège s'est mis en branle pour un long trajet de 7
kilomètres qui s'est terminé au Vieux-Port, où les
manifestants ont pu entendre les discours. En soirée, plusieurs
étudiants se sont dirigés vers le Métropolis pour
une soirée de solidarité avec de nombreux artistes.

Le gouvernement libéral doit être tenu
responsable de la situation en éducation
- Serge Lachapelle -
Le 22 mars, Montréal a été le
témoin de la plus grande manifestation étudiante de
l'histoire du Québec. Il s'agit également d'une des plus
grandes, après celle qui a vu 250 000 manifestants envahir les
rues de Montréal en février 2003 pour dénoncer le
déclenchement de la guerre en Irak.
Cette manifestation des étudiants et de leurs
alliés - et ils étaient tous là; étudiants
de tous les niveaux, travailleurs, femmes, jeunes, familles avec leurs
enfants, groupes de défense des droits - a
démontré
encore une fois la profonde marginalisation dans laquelle se trouvent
plongés les libéraux et leurs quelques alliés.
Cette action démontre également que la population rejette
cette diversion que les libéraux tentent sans succès
d'imposer et qui opposerait les étudiants au reste de la
population, qui est réduite au statut de payeur de taxes.
Le plus bel exemple de cette tentative est venu
après la manifestation. On a assisté à une
scène on ne peut plus loufoque quand la ministre de
l'Éducation s'est portée à la défense des
travailleurs. « S'en prendre aux travailleurs qui paient la note
n'aidera pas la cause, a-t-elle dit. Les étudiants disent: ‘Je
ne veux
plus rien payer du tout ou je ne veux pas augmenter ma contribution.'.
Mais l'argent doit venir de quelque part. Si on nuit à
l'activité économique, si on empêche des gens
d'aller au travail, c'est carrément mordre la main de celui
à qui on veut refiler la facture. » La ministre Line
Beauchamp n'a aucune légitimité
pour parler au nom des travailleurs. Les travailleurs sont les
créateurs de toutes les richesses dans cette
société et leur présence en grand nombre
démontre qu'ils sont du côté des étudiants
dans cette affaire.
Quant au premier ministre, il a déclaré:
« Ils ont choisi de boycotter la discussion, malheureusement (se
référant à la Rencontre des partenaires de
l'Éducation de 2010). Depuis nous avons fait une
réflexion. Nous avons fait un choix fondé sur notre
volonté d'avoir un système d'enseignement postsecondaire
de
calibre mondial et de se donner les moyens pour y parvenir. Le premier
ministre n'a aucune légitimité pour parler au nom des
étudiants.
Le dépôt du budget, qui a mis en
colère les étudiants, a dévoilé encore une
fois la vision antisociale des libéraux. Lors d'une brève
rencontre avec les médias, le ministre des Finances, Raymond
Bachand, a déclaré: « Nous, comme peuple au
Québec, on a beaucoup d'opportunités qu'on est capable de
saisir dans
cette économie mondiale. Et le budget, de façon
très ciblée (...), va tenter qu'on saisisse ensemble ces
opportunités pour bâtir l'avenir. Et le contribuable
québécois, (comme) ça va créer de la
richesse, ça va être bon pour lui. ». Le ministre
des
Finances n'a aucune légitimité pour parler au nom du
peuple québécois.
De façon arrogante il a conclu en disant:
« Les étudiants qui soit veulent la gratuité
scolaire,
soit s'opposent à toute hausse de frais de scolarité,
c'est leur droit. Mais ce débat dans notre
société,
il a été fait. Le gouvernement a décidé;
c'est notre rôle de décider.»
Ce que sont venus dire les 200 000 manifestants c'est
justement tout le contraire. Ce qu'ils sont venus dire c'est: Qui
décide ! C'est nous qui décidons !
« Aujourd'hui, dans les rues, la jeunesse a
répliqué au budget du gouvernement Charest avec la plus
grande manifestation étudiante de l'histoire du Québec.
Et le message était on ne peut plus clair: nous ne reculerons
pas, nous ne tairons pas ! », a scandé Martine Desjardins,
présidente de la Fédération étudiante
universitaire du Québec (FEUQ).
« Après un budget plus qu'insatisfaisant,
des centaines de milliers de personnes marchant présentement
dans les rues viennent d'écrire une page de l'histoire du
Québec. Jamais une mobilisation étudiante et citoyenne
n'a pris autant d'ampleur. Comment les libéraux osent-ils encore
ignorer nos demandes ?», a
souligné pour sa part Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la
Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale
étudiante (CLASSE).
« C'est une mobilisation sans
précédent, ça dépasse toutes nos attentes.
On commence à parler d'une véritable crise politique. Le
gouvernement Charest doit maintenant agir de manière responsable
et se mettre en mode solution », a mentionné pour sa part
Léo Bureau-Blouin, président de la
Fédération étudiante
collégiale du Québec (FECQ).
Les associations étudiantes se réuniront
en fin de semaine pour faire le bilan et décider des moyens
à prendre pour bloquer la hausse des frais de scolarité.
L'éducation est un droit !
Appuyons la juste lutte des étudiants !

La fraude des redevances dans le budget
Bachand
Nos ressources naturelles ne sont pas
de la monnaie pour payer les riches!
Dans son budget du 20 mars,
le gouvernement du
Québec dit qu'il va « tirer le plein potentiel des
ressources naturelles au bénéfice de tous les
Québécois ». Mais dans sa logique perverse, une
logique centrée sur le capital, cela veut dire utiliser les
ressources naturelles pour payer la dette ! Le gouvernement Charest
signifie ainsi son mépris pour la demande des travailleurs et de
l'ensemble des Québécois que les ressources naturelles
doivent servir à renforcer l'économie et à
améliorer le bien-être de la population. Les politiques de
braderie des ressources appliquées par les gouvernements du
Québec ont entraîné la dévastation
de communautés entières, notamment les communautés
basées sur l'industrie forestière. Au lieu de
remédier à la situation et de tenir les monopoles
mondiaux à leurs obligations, on continue de payer les riches
pour les aider à piller nos ressources. Ne laissons pas le
gouvernement Charest s'en sauver avec cette fraude
sur les redevances !
Le ministre des Finances Raymond Bachand annonce qu'
« en 2011-2012, les redevances brutes provenant des ressources
naturelles — mines, forêts, eau — atteindront près de 1,2
milliard $, soit près de 500 millions $ de plus que le niveau
moyen des redevances perçues de 2006-2007 à 2009-2010
». Il dit que d'ici 2016, elles atteindront 1,48 milliard $. La
fraude est que le gouvernement
donne l'impression qu'il veut restreindre le pouvoir des monopoles
mondiaux de s'enrichir aux dépens de nos ressources naturelles
sans rien laisser au Québec et ses régions. Mais le
ministre omet de dire que ces redevances « augmentées
» ne sont rien comparées aux milliards que l'État
utilise pour « attirer » les
investisseurs mondiaux, que ce soit par la construction des routes,
ports, aéroports et voies ferrées, ou par l'expansion du
réseau hydro-électrique offert sur un plateau d'argent ou
autres « incitatifs ». Ne serait-ce que dans le cadre du
plan de braderie appelé « Plan Nord », le
gouvernement « bâtisseur » de Jean Charest
prévoit des dépenses de près de 50 milliards $ par
l'entremise d'Hydro-Quebec et 30 autres milliards $ en
infrastructures.
La seule façon de mettre fin à cette
destruction nationale et de renverser la vapeur en faveur du
développement d'une économie qui suffit à ses
besoins, qui profite à toutes les régions et qui
élève le bien-être des travailleurs et de
l'ensemble des Québécois, est de bâtir une
Opposition ouvrière capable d'investir
l'Assemblée nationale et de restreindre le droit de monopole.
Les partis des riches ne le feront pas. Il faut bâtir une
Opposition ouvrière consciente, organisée et
déterminée qui voit à ce que les ressources qui
appartiennent au peuple servent le peuple.

10e budget antisocial du gouvernement
Charest
Un budget pour payer les riches
Le premier communiqué émis par le ministre
des Finances Raymond Bachand pour présenter son budget
antisocial s'intitule : « Un budget sans nouvelle taxe ni nouvel
impôt pour le citoyen québécois ». On y lit :
« La famille québécoise a aujourd'hui plus d'argent
dans ses poches qu'en 2003 », une affirmation
basée sur une manipulation de chiffres qui ne tient pas compte
du fait que ne serait-ce que depuis 2010, les Québécois
se sont vu imposer des taxes graduelles sur l'essence, des frais dans
la santé, l'augmentation de la TVQ, et des tarifs
d'électricité. Ainsi en 2010, le gouvernement a
imposé :
- une hausse de 1 cent le litre d'essence à
compter du 1er avril 2010 et des hausses annuelles de 1 cent le litre
les trois années suivantes, soit jusqu'en 2013 inclusivement ;
- une hausse de 1 % le 1er janvier 2011, portant la TVQ
à 8,5 % ;
- une hausse de 1 % le 1er janvier 2012, portant la TVQ
à 9,5 %.
En santé, le gouvernement a imposé une
contribution à la santé de 25 $ par adulte en 2010, de
100 $ en 2011 et de 200 $ en 2012. Et c'est en 2010 qu'il a
annoncé la hausse des frais de scolarité universitaire
pour l'automne 2012.
En
2010, le budget a proposé une augmentation annuelle de 3,7 % des
tarifs d'électricité pour les particuliers et les petites
et moyennes entreprises à compter de 2014-2015 et des hausses
subséquentes liées au coût de la vie. Les grands
consommateurs industriels sont spécifiquement exemptés.
Voici quelques autres faits sur le budget Bachand pour
payer les riches :
Dans le budget 2012-2013, le premier engagement que fait
le gouvernement Charest est envers les monopoles qui tirent profit de
l'endettement du Québec. Il annonce donc qu'en 2016-2017, 2,5
milliards $ seront retirés de l'économie pour être
mis entre les mains des monopoles pour le remboursement de la
dette. Cela représente une somme de 1,2 milliard $ pour
2012-2013 qui sera versé au Fonds des générations
mis sur pied en 2006, géré par la Caisse de
dépôt et placement du Québec. D'où vient
la dette du Québec ? Comment a-t-elle été encourue
? Qui en a profité ? Cela, le ministre Bachand n'en parle pas.
Dans le budget 2012-2013, excluant le service de la
dette, les dépenses publiques du Québec sont
réduites graduellement de 5,7 % à 2,8 % de 2010 à
2014. Les trois plus gros postes de dépenses sont la
santé, l'éducation et la dette.
Pour les entreprises
-1,3 milliard $ de nouveaux capitaux sera alloué
pour appuyer les entreprises.
Secteur des ressources
naturelles
Industrie forestière : 500 millions $ par
année pendant cinq ans à des travaux sylvicoles et
à l'aménagement et l'exploitation durable de la
forêt. 170 millions $, dont 95 millions souscrits par le
gouvernement, avec la création du Fonds Valorisation Bois. Le
fonds prendra des participations minoritaires dans des entreprises du
secteur forestier à fort potentiel.
Mines et hydrocarbures : 1,2 milliard $ pour des prises
de participation avec la création de Ressources Québec,
une nouvelle filiale d'Investissement Québec
spécialisée dans les mines et les hydrocarbures.
Ressources Québec conseillera le gouvernement dans la gestion
d'un nouveau fonds : Capital Mines Hydrocarbures.
« Ces investissements nous permettront de retirer, comme
partenaires des sociétés, une part plus grande des
profits, tout en assumant une partie du risque qui y est
associé. »
La stratégie en 4 volets pour la prise de
participation:
(1) 500 millions déjà annoncés dans
le budget 2011-2012 pour des prises de participation dans des projets
porteurs et structurants sur le territoire du Plan Nord. L'enveloppe
passera de 500 M à 1 milliard sur 5 ans.
(2) négociation d'option de participation dans
tous les projets pour lesquels un soutien gouvernemental est
demandé, notamment pour des infrastructures et la
détermination de tarifs d’électricité.
(3) les taux de crédit d'impôt dont peuvent
bénéficier les sociétés réalisant
des travaux d'exploration seront réduits de plus du quart
à compter du 1er janvier 2014. Les sociétés qui
font de l'exploration dans le sous-sol québécois
pourront, à leur choix, bénéficier d'une
bonification des crédits d'impôt à l'exploration
en échange d'une option de prise de participation de
l'État dans l'exploitation éventuelle.
(4) le gouvernement et Ressources Québec
consacreront jusqu’à 100 millions de dollars au cours des cinq
prochaines années à investir dans l’exploration et la
mise en valeur de sites miniers prometteurs, en partenariat avec des
entreprises privées. Ces derniers investissements seront
réalisés par SOQUEM.
Plus de 4 milliards $ en redevances minières au
cours des 10 prochaines années. Le crédit d'impôt
à l'investissement s'appliquera dorénavant aussi aux
actifs utilisés pour la fonte ou l'affinage des métaux et
pour l'hydrométallurgie.
Permis de recherche de pétrole et de gaz mis aux
enchères : « On pourra tirer profit », dit le
ministre Bachand. Mais la mise aux enchères signifie que ce sont
les monopoles, les multinationales, qui pourront y participer et
profiter de celle-ci.
Secteur manufacturier
L'intention du gouvernement
s'élève à 5 milliards $ en 2012 pour la
création d'emplois par les exportations ; soutien additionnel
de 6 millions $ aide les PME à intégrer les nouvelles
technologies de l'information.
Exportation : 35 millions $ investis sur 3 ans pour
stimuler les exportations québécoises ;
Le secteur touristique recevra quant à lui 463
millions $.
Une série de crédits d'impôt ont
aussi été annoncés pour les entreprises dont
ceux-ci :
- reconduction du crédit d'impôt
remboursable de 30 % des dépenses de formation admissible dans
les secteurs manufacturiers, forestiers et miniers ;
- bonification du crédit d'impôt pour le
matériel de fabrication et de transformation ;
- instauration d'un crédit d'impôt
remboursable pour l'embauche d'employés par une nouvelle
société de services financiers ;
- instauration d'un congé d'impôt d'une
durée de 5 ans pour spécialistes étrangers
à l'emploi d'une nouvelle société de services
financiers
- crédit d'impôt remboursable pour les
titres multimédias et crédits d'impôt remboursables
pour les sociétés remboursées pour la production
des titres multimédias ;
- instauration d'un crédit d'impôt
remboursable relatif à la diversification des marchés des
entreprises manufacturières ;
- crédit d'impôt remboursable en recherche
et développement où on reconnaît un nouveau centre
de recherche public admissible, l'Institut national de santé
publique du Québec ;
- instauration d'un crédit d'impôt
remboursable temporaire favorisant la modernisation de l'offre
d'hébergement touristique ;
- élargissement de la déduction pour
travailleurs du cinéma non résidents dans le cadre d'une
production étrangère tournée au Québec ;
- élargissement de la bonification applicable
à certaines productions cinématographiques ou
télévisuelles de langue française ;
- hausse du plafond du crédit d'impôt
remboursable pour la production de spectacles ;
- instauration d'un nouveau crédit d'impôt
pour la production d'événements ou d'environnements
multimédias présentés à l'extérieur
du Québec ;
D'autres mesures favorisant la capitalisation des
entreprises :
- crédit d'impôt relatif aux frais
d'émission d'actions lors d'un premier appel public à
l'épargne dans le cadre du régime d'épargne action
II (REA II) ;
- modifications à certaines normes
d'investissement imposées au fonds de solidarité FTQ ;
- transformation de la société Innovatech
Québec et Chaudière-Appalaches en société
de capital mixte public-privé en partenariat avec Capital
régional et coopératif Desjardins. L'organisme disposera
de 180 millions supplémentaires pour les entreprises
technologiques québécoises.
- hausse sur 3 ans le plafond annuel d'émissions
de Fondaction, le Fonds de développement de la CSN. La hausse
permettra de dégager 150 millions de liquidités
additionnelles.
- augmentation de 131,1 millions $ de l'enveloppe
allouée au Programme favorisant la capitalisation des
entreprises de l'économie sociale pour la création, le
maintien et le développement des entreprises de
l'économie sociale.
- 30 millions $ pour le Fonds de co-investissement COOP
- 15 millions $ pour la fondation du maire de
Montréal : le Montréal inc. de demain qui vise la
participation des jeunes montréalaises à
l'activité entrepreneuriale ;
- le Fonds de développement
Emploi-Montréal offrira des outils de financement aux
entreprises sous forme de prêts de démarrage, soutien
technique, services-conseils aux entreprises avec un prêt sans
intérêt de 3 millions pour 5 ans.
- capital d'au moins 100 millions $ pour le Fonds Cycle
Capital III qui vise le développement durable et investit dans
des entreprises de technologies propres.
Pour le peuple du
Québec
En santé : d'autres coupures dans la santé
auront lieu au cours de l'année 2012. Le gouvernement annonce
qu'il veut modifier le mode de financement de la santé vers des
modes de financement à l'activité. « Pour
étudier ces modèles de financement, nous mettons en
place un groupe d'experts chargé de formuler des recommandations
sur l'implantation de ce type de financement. » La logique de
l'utilisateur payeur est défendue avec le même argument
antisocial que celui présenté aux étudiants du
Québec : les contribuables québécois versent leur
juste part pour les services publics
qu'ils reçoivent.
Les retraites : nouveaux régimes volontaires
d'épargne-retraite (RVER) qui « permettront à 2
millions de
Québécois d'avoir désormais accès à
un régime de retraite collective ». En vigueur au 1er
janvier
2013. Loin de prendre responsabilité sociale d'assurer une
retraite à l'abri du besoin pour tous les travailleurs, le
gouvernement remet la responsabilité sur le dos de ceux-ci avec
les RVER.
La main-d'oeuvre
: maintenir les gens de 65 et plus au travail et faciliter
l'accès à un premier emploi pour les jeunes et les
immigrants ; les jeunes sont les diplômés qui
s'installent en région (crédit d'impôt de 8
à 10 000 $) et 4 millions par année pour inciter les
jeunes
bénéficiaires de l'aide sociale à
bénéficier du marché du travail ;
Les aînés : 2,7 milliards $ pour Vieillir
chez soi : à
partir de 2016-2017, le gouvernement ajoutera près de 900
millions $ par année en soutien aux aînés. Ce plan
sera appuyé par des ressources de 2,7 milliards, soit :
- 76 millions $ sur 5 ans pour instaurer le programme
Québec ami des aînés
- 2,3 milliards $ à des services de santé
mieux adaptés
- 86 millions $ pour améliorer les conditions
d'habitation des aînés
- crédit d'impôt remboursable pour les
aidants naturels d'un conjoint incapable de vivre seul.
- 330 millions $ pour la construction et l'adaptation
de logements.
- 15 600 $ maximum : 30 % de crédits
d'impôt. Dépense jusqu'à 19 500
$ ou 25 500 $ pour une personne âgée non autonome ; le
taux
de crédit passera de 31 % en 2013 pour monter jusqu''à
35 % en 2017.
- abolition de la réduction du crédit
d'impôt en fonction du revenu familial pour les
aînés ;
Aidant naturel : crédit d'impôt de 591 $
qui passera de 700 $ en 2012 jusqu'à 1000 $ en 2016 et
années suivantes.

Refus de répondre aux besoins présents
et futurs de la société québécoise
- Christine Dandenault -
Le mardi 20 mars, le ministre Bachand a
déposé son budget 2012-2013 à l'Assemblée
nationale du Québec. Cela fait des semaines et des semaines que
le gouvernement du Québec et son ministre des finances
préparent le terrain, et ce, à coups de
communiqués, spéculations médiatiques,
vidéos publicitaires, mises
en garde, etc. Le dernier effort a été de déclarer
que le gouvernement mettra le cap sur la « création de la
richesse ». Son ministère a même mis en ligne en
décembre 2011 une soi-disant consultation
prébudgétaire sur le thème « Misez sur nos
forces » auprès de la population pour préparer son
budget.
Il est ironique que le ministre Bachand dise sur la
vidéo préparée pour la consultation qu'il est
particulièrement intéressé à recevoir
l'opinion des jeunes. « Le monde que nous construisons
aujourd'hui est celui dans lequel ils vivront demain », alors que
le gouvernement a rejeté l'opinion des étudiants et de la
population qui réclament le retrait de la hausse des frais de
scolarité. On se demande quelle sorte de monde il veut
construire aujourd'hui, alors que le gouvernement leur a répondu
par la bouche des gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes,
désinformation et mépris. Faisant preuve d'une hypocrisie
sans borne,
il a terminé sa vidéo en disant : « Votre opinion
m'aidera à prendre les bonnes décisions pour le
Québec de demain » !
C'est toute une mise en scène, soutenue par les
médias monopolisés, en faveur des grands slogans du
gouvernement : tout le monde doit faire sa part, les entreprises vont
participer et faire leur part, le gouvernement prend des
décisions courageuses pour assurer la santé de notre
économie, tout cela doit profiter
à la population. Il y a même eu une version pour le
secteur public : les mesures adoptées ne nuiront pas aux
programmes publics, santé, éducation, etc. On essaie
peut-être de convaincre le crédule, car les mesures
annoncées ne feront qu'aggraver les problèmes : mises
à pied, fermetures d'usine, demandes de concessions,
appauvrissement des familles et des communautés, etc. Il a
d'ailleurs passé sous silence la fermeture de la compagnie Aveos
la veille, qui jette à la rue brutalement 2 600 travailleurs et,
devant la colère et la résistance des travailleurs, c'est
l'anti-émeute qu'on a envoyée.
Les dix budgets du gouvernement libéral de Jean
Charest, en poste depuis 2003, sont une longue série de mesures
antisociales qui expose son refus de répondre aux besoins
présents et futurs de la société
québécoise et de garantir les droits de tous sous
prétexte que tout passe par la réussite des monopoles les
plus
grands sur les marchés mondiaux. Le budget du 20 mars n'a pas
renversé la tendance à payer les riches et à
appauvrir les programmes sociaux. Il n'a pas répondu aux
demandes des étudiants, des enseignants, des groupes
communautaires et d'autres collectifs qui réclament des
investissements massifs dans la santé,
l'éducation et les programmes sociaux. Il n'a pas mis fin au
détournement de fonds pour payer les riches et consolider le
droit de monopole. Non, il fait clairement encore une fois la
démonstration de la nécessité d'organiser
l'Opposition ouvrière.
Au lendemain du budget Bachand, le problème
demeure entier pour le peuple : organiser une Opposition
ouvrière effective qui ira à l'Assemblée nationale
pour stopper la destruction, prendre contrôle de la direction du
Québec pour s'assurer que l'économie socialisée
serve la classe ouvrière, les jeunes, les étudiants, les
femmes, les aînés et la nation du Québec. Il faut
une nouvelle direction pour le Québec. Il faut arrêter de
payer les riches et investir dans les programmes sociaux, et il faut
résoudre
la question de qui décide. Le renouveau des institutions
démocratiques est à l'ordre du jour pour que le peuple
devienne souverain et décide de son avenir.
Non
à l'agenda antisocial des libéraux !
Non au budget Bachand et au programme de destruction nationale du
gouvernement Charest !

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