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Le faux lockout à Rio Tinto Alma • «Nous invitons tout le monde à nous joindre le 31 mars!» - Entrevue avec Marc Maltais, président du STAA • Le syndicat demande que l'expulsion brutale des travailleurs le 31 décembre soit déclarée un lockout illégal Non au Partenariat transpacifique! • Le «libre» échange de Harper est une menace pour les systèmes agricoles de gestion de l'approvisionnement - Dougal MacDonald 141e anniversaire de la Commune de Paris • La Commune: annonciatrice de la société nouvelle - Colleen Pearse Le faux lockout à Rio Tinto Alma «Nous invitons tout le monde à
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![]() Alma, 14 mars 2012 |
J'avais déjà la conviction que les organisations syndicales doivent participer au débat politique, se positionner dans les élections, faire des pressions politiques, mais après ce que j'ai vu en Australie et en Nouvelle-Zélande, j'en suis plus convaincu que jamais et encore davantage en pensant à ce qui arrive au Québec en ce moment. On voit bien qu'on fait face à un ensemble de choses. Il ne faut pas penser que ce lockout-là été préparé juste récemment. Il a été préparé de longue date. Un des premiers gestes du gouvernement libéral a été de modifier sous le bâillon l'article 45 du Code du travail sur la sous-traitance. Rio Tinto n'était pas dans le décor, mais les politiques de droite ont cela comme conséquences directes. C'est le rôle des syndicats de participer parce que ça nous réveille. Ça a réveillé aussi une partie du membership parce que dans les dernières années on a fait beaucoup de travail là-dessus à l'effet, par exemple, que les modifications à l'article 45 du Code du travail ont créé les difficultés qu'on a dans les usines par rapport à la sous- traitance. On a des organisations qui sont efficaces en matière d'information, puis lorsque les gens exercent leur droit de vote on veut les informer d'un point syndical, en matière de travail au moins.
LML: Comment vont les préparatifs pour la manifestation du 31 mars à Alma?
MM: Il y a déja des confirmations, il y a des gens qui s'en viennent. Il y a des fédérations et des représentants de syndicats dans le monde qui ont dit qu'ils vont y être. On a lancé des appels à la population en général. Nous invitons tout le monde à nous joindre le 31 mars. Bien sûr que ce sont les syndicats qui organisent l'action, c'est une grande réunion syndicale, mais les gens sont invités à venir participer avec nous cette journée-là. On lutte tous ensemble pour des communautés en santé.
![]() ![]() Carnaval organisé par les travailleurs d'Alma et supporters le 17 mars 2012 |
Des familles ont donné leur nom pour recevoir des gens chez eux, ceux qui veulent vivre une expérience jeannoise et saguenéenne. C'est une belle lutte qu'on a, une lutte noble. On a même des équipes sportives qui sont heureuses d'accueillir des gens comme nous à leurs événements. C'est une bonne démonstration que l'image de renégat syndical est chose du passé. Notre section locale est de plus en plus vue comme une locomotive pour l'économie régionale.
Le but de la manifestation du 31 mars c'est de démontrer à Rio Tinto qu'assez c'est assez. On a fait suffisamment de concessions dans notre région. On en a fait au temps de la vieille usine Isle-Maligne, maintenant l'usine est ultra rentable et c'est essentiel de protéger les générations futures.
La protection des emplois est pour nous un
incontournable.


(photos: E.R. Pelletier)
![]() Les travailleurs d'Alma protestent contre le lockout le 31 décembre 2012. |
À la fin janvier, le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma a déposé une plainte contre Rio Tinto Alcan à la Commission des relations du travail (CRT). Le syndicat demande que l'expulsion brutale des travailleurs d'Alma pendant leur quart de nuit le 31 décembre, soit 24 heures avant l'expiration de leur convention collective, soit déclarée un lockout illégal. Cette nuit-là, plus de 150 gardes de sécurité engagés par Rio Tinto ont envahi l'usine et expulsé les travailleurs par la force et sans même leur permettre de prendre leur douche de décontamination.
Hugues Villeneuve, le vice-président du syndicat et responsable du dossier, a dit au LML que c'est une question de justice pour les travailleurs d'Alma que la CRT donne ce verdict de lockout illégal.
« Notre plainte couvre la période entre 1 heure du matin le 31décembre, et une minute après minuit le 1er janvier, a-t-il dit. Nous affirmons que notre expulsion de l'usine quelque 24 heures avant que Rio Tinto ne décrète le lockout était un lockout illégal. Nous rejetons l'argument de Rio Tinto à l'effet que le lockout ne peut pas être illégal puisque les travailleurs ont été payés pour la période. Rio Tinto essaie depuis les semaines qui ont précédé le lockout de nous donner mauvaise presse en nous appelant des vandales qui font du sabotage à l'usine. Ils essaient de nous faire passer le lockout sur le dos. Ce qu'on veut, c'est que la CRT rétablisse les faits en disant que l'expulsion était un lockout illégal. Nous voulons que, si le commissaire nous donne raison, Rio Tinto soit forcé de divulguer le jugement à tous ses employés de la même façon que nous avons été forcés de publier le contenu des injonctions qui ont été passées contre nous. »
La plainte a été déposée à la CRT fin janvier et une audience préliminaire a été tenue fin février. Selon le syndicat, la prochaine audience pourrait ne pas avoir lieu avant juin parce que Rio Tinto fait durer les procédures au maximum et a annoncé qu'il a besoin de plusieurs réunions avec le commissaire pour présenter sa preuve avant la prochaine audience.
Non au Partenariat transpacifique!
Le premier ministre du Canada Stephen Harper continue sa campagne pour faire adhérer la Canada au nouveau traité de libre-échange Asie-Pacifique, le Partenariat transpacifique (PTP). À ce stade, pour qu'un pays puisse se joindre aux négociations du PTP, tous les neuf pays membres du PTP, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chili, le Pérou, la Malaisie, le Viet Nam, Singapour et Brunei, doivent donner leur accord. Ainsi, le ministre du Commerce international du Canada, Ed Fast, à la mi-février, s'est rendu en Malaisie, au Brunei et à Singapour et, en mars, se rendra au Viet Nam pour s'assurer du consentement de ces membres du PTP à la participation du Canada.
Lors du sommet de la
Coopération
économique Asie-Pacifique (APEC), tenu les 12 et 13 novembre
2011 à Hawaii, le ministre Ed Fast avait déclaré
que le Canada ne voulait pas participer au PTP. Cette réticence
remarquée avait été attribuée à
l'insistance des autres pays pour que Canada accepte de
démanteler
son système de gestion de l'approvisionnement du lait qui
régit la production et la vente du lait, du beurre et du
fromage. La gestion des approvisionnements de lait permet le maintien
des prix stable et cohérent pour les producteurs, les
transformateurs et les consommateurs, l'élimination du recours
aux subventions
et assure un approvisionnement constant et sûr de la
qualité du lait et des produits laitiers. Depuis février
2001, 100 pour cent des revenus des producteurs laitiers de l'Alberta
viennent du marché.
Moins de 24 heures plus tard, le premier ministre Stephen Harper annonçait que le Canada voulait se joindre au PTP. Bien que forcé de reconnaître que la gestion de l'approvisionnement favorise un secteur laitier sain, il déclarait que, dans ces négociations, tout était sur la table. Faisant le travail de désinformation de Stephen Harper, le journal monopolisé Globe and Mail publiait un article virulent le 2 décembre 2011 intitulé : « Ça fait mal de danser sur l'air de la gestion de l'offre » dans lequel les agriculteurs qui appuient la gestion de l'approvisionnement étaient traités de « terroristes politiques » et de « racketteurs ». La décision du gouvernement Harper de participer au PTP et son récent démantèlement, par la méthode choc et effroi, de la Commission canadienne du blé malgré l'opposition véhémente des agriculteurs, des travailleurs et de leurs alliés, montrent qu'il n'aura aucun scrupule à démanteler les systèmes de gestion de l'approvisionnement des produits laitiers, de la volaille et des autres produits agricoles, quels que soient leurs avantages nombreux pour la population du Canada et en dépit des promesses contraires qu'il fait à la Chambre des communes.
Au début des
années 1970, les produits
laitiers sont devenus les premiers produits au Canada à
être régis par un système de gestion de
l'approvisionnement national, géré par la Commission
canadienne du lait. Les premières organisations d'agriculteurs
se sont tournées vers les gouvernements provinciaux pour
créer les offices de commercialisation actuels, comme Alberta
Milk. Alberta Milk, établi dans toute la province en 2002,
représente les producteurs laitiers de l'Alberta. Il est
financé principalement par les producteurs grâce à
des évaluations d'adhésion obligatoires, qui ne peuvent
être modifiées une fois approuvées
que par un vote à la majorité des producteurs
agréés. Le transport collectif opère sur une base
de recouvrement des coûts dont tous les producteurs partagent les
coûts également. Alberta Milk finance de la recherche, de
nouvelles initiatives sur la ferme et des programmes d'éducation
en nutrition (dans les écoles,
par exemple) et offre aux producteurs laitiers de l'information exacte
et opportune sur l'industrie laitière. Les autres
systèmes agricoles de gestion de l'approvisionnement
fonctionnent de la même manière.
Les produits agricoles commercialisés par les systèmes de gestion de l'approvisionnement jouent un rôle important dans la vie des gens. Par exemple, en Alberta, ce sont plus de 10 000 personnes qui vivent de l'industrie laitière et de ses retombées, non seulement les producteurs laitiers, mais aussi des vétérinaires, des nutritionnistes, des chercheurs, des professeurs, des consultants, des fonctionnaires, des vendeurs de matériel agricole, des fournisseurs, des chauffeurs de camion de lait ainsi que de nombreux travailleurs de la transformation et de la vente au détail. L'Alberta est le quatrième producteur de lait au Canada et produit 8,2% de tout le lait canadien. En Alberta, l'industrie laitière représente indirectement plus de 2,5 milliards $ d'activité économique. Avec la valeur ajoutée de l'ensemble de la transformation laitière, l'industrie laitière de l'Alberta a contribué plus de 1,27 milliard à l'économie de la province en 2005 (les statistiques les plus récentes disponibles), ce qui en fait le deuxième secteur en importance de la transformation des aliments de la province.
Le démantèlement du système de gestion de l'approvisionnement du lait et des autres systèmes agricoles de gestion de l'approvisionnement fait peser une grave menace sur le bien-être de la population. Les conséquences prévisibles sont notamment l'élimination des agriculteurs indépendants, la perte de nombreux autres emplois, l'augmentation de l'insécurité économique, l'instabilité et la hausse des prix, la baisse de la production et de la qualité et une plus grande vulnérabilité de l'industrie de la production alimentaire aux prises de contrôle étrangères. Tout comme dans le cas du démantèlement dictatorial de la Commission canadienne du blé, qui a été fortement combattue par les organisations des agriculteurs, les monopoles étrangers n'attendent que cela pour s'emparer complètement de l'industrie agricole de l'Alberta, une fois les producteurs locaux éliminés.
Alberta Milk et les autres commissions agricoles et offices de commercialisation de l'Alberta sont contrôlés par des organisations de producteurs qui ont été créées pour répondre aux besoins des producteurs de l'Alberta et qui sont responsables devant les producteurs réels du prix de la valeur qu'ils ont produite. Ils s'opposent au dogme des cercles dirigeants que seul le mystérieux « marché libre » peut établir des prix « équitables », même lorsque tous les secteurs de l'économie sont dominés par les monopoles qui manipulent les prix pour servir leurs intérêts étroits. La destruction du système de gestion de l'approvisionnement des produits laitiers et des autres systèmes agricoles de gestion de l'approvisionnement serait un autre coup contre la pensée, la conscience sociale et le progrès, cela ne doit pas passer. Il faut tous se tenir unis contre la régression que la dictature Harper impose à tout le pays.
Les quatorze commissions agricoles et les sept offices de commercialisation de l'Alberta sont régis par la Loi sur la commercialisation des produits agricoles (LCPA) (révisée en 2000). Cette loi encadre leur constitution et leur fonctionnement et crée le Agricultural Products Marketing Council de l'Alberta pour chapeauter leurs activités. Cette loi institue un tribunal d'appel et établit le cadre des ententes fédérales-provinciales et de la délégation des pouvoirs. Dans le cadre de cette loi, chaque office ou commission élabore ses propres règlements. La loi précise les différents niveaux de règlements et de compétence administrative du gouvernement de l'Alberta et des offices et commissions.
La responsabilité première des commissions et des offices est d'établir et réaliser des projets ou des programmes pour commencer, stimuler, accroître ou améliorer la production et/ou la commercialisation d'un produit agricole et de servir de porte-parole de l'industrie qu'ils représentent. La LCPA permet à chaque organisme de fixer et de percevoir des frais d'administration, une cotisation, pour financer ses activités opérationnelles et entreprendre différents programmes dans l'intérêt de leur secteur.
Les commissions agricoles de l'Alberta sont : Alberta Barley Commission, Alberta Beef Producers, Alberta Beekeepers, Alberta Canola Producers Commission, Alberta Elk, Alberta Lamb Producers, Alberta Pork, Alberta Pulse Growers, Alberta Soft Wheat Producers, Alberta Winter Wheat Producers, Alberta Seed Producers, Bison Commission of Alberta et Potato Growers of Alberta. Les offices de commercialisation de l'Alberta sont : Alberta Chicken Producers, Alberta Egg Producers, Alberta Hatching Egg Producers, Alberta Milk, Alberta Turkey Producers, Alberta Sugar Beet Growers et Alberta Vegetable Growers.
(Traduction: LML)
141e anniversaire de la Commune de Paris

Le 18 mars cette année est le 141e anniversaire de la Commune de Paris de 1871, quand, pour la première fois, la classe ouvrière s'est emparée du pouvoir politique et l'a conservé pendant plus de deux mois.
Karl Marx a déclaré : « Le Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d'une société nouvelle. » Il a qualifié les actions des ouvriers parisiens d'héroïques parce qu'ils sont « montés à l'assaut du ciel », parce qu'ils ont refusé de céder aux menaces du pouvoir qui détruisait leurs conditions de vie et la société. Répondant aux exigences du temps, ils ont organisé leur résistance, et, depuis, c'est cet esprit qui anime tout mouvement communiste et ouvrier digne de ce nom. Des exemples éclatants de cela sont la résistance héroïque au fascisme durant la guerre civile d'Espagne, dont nous célébrons le 75e anniversaire cette année, la résistance antifasciste de la Deuxième Guerre mondiale et toutes les luttes des peuples du monde pour leur libération nationale et leur émancipation sociale.
Tout comme les communards de 1871 ont planté le drapeau rouge et déclaré : « Vive la Commune ! », de même aujourd'hui, la tâche est de hisser ce drapeau et le porter de l'avant alors que la réaction est de nouveau à l'offensive. Une fois de plus, les conditions entrent en conflit avec le pouvoir dans un autre tournant de l'histoire.
Comme c'était le cas
à l'époque,
aujourd'hui encore le courage des convictions est nécessaire
pour ouvrir la voie du progrès de la société d'une
manière qui réponde aux exigences du temps. Comme
c'était le cas à l'époque, la classe
ouvrière est appelée à régler ses comptes
avec toute la puanteur, la violence,
la réaction et l'obscurantisme que les fauteurs de guerre, les
propriétaires du capital et leurs idéologues jettent
devant pour bloquer le mouvement émancipateur des travailleurs
et empêcher les travailleurs de décider de leur avenir. Il
y a longtemps déjà que Karl Marx a déclaré
qu'il fallait que la classe ouvrière devienne
elle-même la nation et créé une
société à son image, pas à l'image des
quelques riches avides et corrompus, que l'on présente comme
modèles de réussite desquels les travailleurs devraient
s'inspirer.
En saluant la Commune de Paris comme l'annonciatrice de la société nouvelle, Karl Marx a signalé clairement que les ouvriers de Paris ne voulaient pas se contenter de devenir les dirigeants de la même vieille société, de réorganiser l'ancien, mais que leur but était d'édifier une société nouvelle, une société avec une direction nouvelle, un objectif répondant aux besoins des communards et de tous les travailleurs.
Vive la Commune ! Portons cette bannière haut levée et avançons vers la transformation des succès historiques en victoire finale !
(Traduction : LML)
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Marxiste-Léniniste
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