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Numéro 26 - 13 mars
2012
49e anniversaire de la fondation des
Internationalistes
Un moment décisif dans l'histoire
du Canada
49e
anniversaire
de
la
fondation
des
Internationalistes
• Un moment décisif dans l'histoire du
Canada
Au sujet des pensions
• Le besoin de pensions est né des
conditions objectives - K.C. Adams
Hollywood continue de
produire de la propagande pro-
impérialiste
• Les
Aventures de Tintin de Speilberg et Au
pays du sang et du miel de Jolie - Dougal MacDonald
49e anniversaire de la fondation des
Internationalistes
Un moment décisif dans l'histoire du Canada
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Hardial
Bains |
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Aujourd'hui 13 mars, le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) marque le 49e anniversaire de la fondation
des Internationalistes sous la direction de Hardial Bains. Le Parti
célèbre cette occasion en reconnaissance de l'importance
historique et des qualités révolutionnaires de l'oeuvre
des Internationalistes,
telles qu'héritées par le PCC(M-L) et poursuivies
aujourd'hui.
Les Internationalistes ont été
fondés le 13 mars 1963 parmi les étudiants à
l'Université de Colombie-Britannique, Vancouver. Avec tous les
bouleversements qui se produisaient dans la société, les
jeunes ont voulu saisir la situation dans laquelle ils se
trouvaient et, procédant étape par étape, ils ont
réglé
les questions de la pensée, de l'analyse et de l'organisation.
Les années soixante furent une décennie
d'expansion de l'impérialisme américain au Canada ainsi
qu'en Amérique latine sous l'égide de l'Alliance pour le
Progrès de Kennedy. Cette expansion fut financée par les
pays visés qui obtenaient des prêts et du crédit
des créanciers internationaux et ces pays sont demeurés
endettés depuis. Ils ont payé tellement
d'intérêt sur ces emprunts qu'ils ont remboursé
plusieurs fois la dette originale mais restent toujours
endettés. Ils ont dû faire d'autres emprunts pour financer
le service de la dette. Au Canada, les infrastructures, les
universités et hôpitaux furent financés de cette
façon et l'État
providence a servi à acheminer l'argent du trésor public
dans les coffres des créanciers et des monopoles de la
construction, des équipements médicaux, des manuels
scolaires, etc.
Durant les années soixante, les
impérialistes américains ont poursuivi leurs coups
d'État et leurs guerres d'agression pour établir des
dictatures et mettre différents pays à leur disposition.
Hardial Bains, un des leaders du mouvement de la
jeunesse et des étudiants, avait conclu par l'analyse de la
situation que ce qu'il fallait pour faire avancer le mouvement,
c'était une forme permettant de générer le maximum
de discussion politique parmi les étudiants et les enseignants
sur ce qui se passait dans
le monde. Il fallait aussi l'organisation permettant de mener cette
discussion de façon socialement responsable et de mettre en
application les décisions prises en cours de route.
Dans son livre Au coeur des années soixante,
Hardial
Bains
écrit
:
« Une des aptitudes acquises au fil des
années est l'instinct ou la conviction que nous ne devons jamais
séparer notre lutte du reste de la société. Voire,
nous devons être responsables envers la société et
être son avant-garde. Cet instinct, cette loi qui dit qu'il ne
faut jamais être détaché du peuple, sont sans doute
une gravitation naturelle créée par les conditions
objectives. »[1]
C'est l'absence d'une réponse aux besoins de la
société, et plus spécifiquement à ceux de
la communauté universitaire où il se trouvait, qui motiva
Hardial Bains à mobiliser la jeunesse étudiante pour
fonder les Internationalistes.
« Notre tactique à l'époque
était de faire appel au sens de discernement des jeunes, de
mobiliser autour de causes justes, d'organiser et de lutter, et dans le
cours des choses leur apprendre une idéologie qui offre une
perspective globale, qui illumine la pratique et donne un guide
à l'action. Notre but était de faire
appel aux gens de telle manière à ce qu'ils fassent leurs
nos points de vue. »[2][3]
Aujourd'hui, le besoin d'assumer les
caractéristiques révolutionnaires distinctives des
Internationalistes dans le travail du Parti pour organiser la classe
ouvrière est aussi présent que jamais. À cet
égard, il y a un rapport dialectique entre la
fidélité à la cause de la classe ouvrière
et du peuple et la reconnaissance
des revendications de l'époque présente. Cette
fidélité est acquise en reconnaissant la
nécessité de s'armer de la conception du monde
prolétarienne comme base pour l'élaboration d'un projet
d'édification nationale moderne. Cette conception du monde est
décisive pour les marxistes-léninistes et pour que le
mouvement
de la classe ouvrière atteigne son objectif.
Aux jeunes d'aujourd'hui, qui, comme ceux des
années soixante, aspirent aussi à se bâtir un
brillant avenir, le camarade Bains parlait de l'importance du parti
pris dans la conception du monde :
« Tous les jeunes, tant les étudiants que
les autres, se doivent de participer à la vie politique. Ils
doivent faire de la politique leur préoccupation principale. La
conception du monde détermine comment l'individu aborde le monde
dans lequel il vit. Devons-nous aborder ce monde en partant du point de
vue que
les idées sont primordiales et que la matière est sans
conséquence, ou à l'inverse ?
« Seuls ceux qui mènent la lutte de classes
seront objectifs et aborderont la question de la conception du monde de
leur propre position, en partant de leurs propres intérêts
de classe. Pour acquérir une conception du monde
prolétarienne, nous devons discuter, arguments à l'appui,
de si la politique ou mener la
lutte de classes peut être relégué à une
position secondaire. Nous devons discuter, arguments à l'appui,
de si la conception du monde peut être acquise sans mener la
lutte de classes.
« Ne vous écartez pas de ce que nous
enseigne la plus grande école, l'école de la lutte de
classes. De ce point de vue, prenez position en vous appuyant sur votre
propre lutte pour ouvrir la voie du progrès de la
société. N'attendez pas qu'une position sorte d'une
discussion. Suivre cette voie condamnée, c'est
tomber dans le piège, car c'est une discussion qui ne commence
jamais. Au lieu de discourir, prenez position. Celui qui attend sans
prendre position ne fera jamais rien sauf attendre. Comme jeunes,
faites connaître votre position par vos actions
révolutionnaires. »
Aujourd'hui la classe ouvrière et la jeunesse se
retrouvent dans une nouvelle situation et les vieilles formules ne
s'appliquent plus. L'offensive antisociale se fait plus intense et la
lutte de classes s'aiguise. La bourgeoisie a mis fin au contrat social
de l'après-guerre, alors les règles qui ont régi
les relations de travail
dans le passé ne s'appliquent plus. Les droits sont
attaqués au nom de l' « équilibre budgétaire
», de la « sécurité publique », de la
« lutte au terrorisme » et des « valeurs canadiennes
». Sur le plan international, les principes des relations entre
pays établis pour maintenir la paix sont en train d'être
détruits ou convertis
en leur contraire. Plus le corps politique est
désinformé, plus les jeunes et les étudiants
doivent se placer sous la direction de la classe ouvrière en
contribuant à un nouveau mouvement des lumières sur la
base duquel bâtir un nouveau projet national qui crée une
nouvelle société de l'humanité socialisée.
C'est avec
ces objectifs à l'esprit que les positions, stratégies et
tactiques nécessaires sont formulées dans le cours des
événements, comme l'ont fait les jeunes qui ont
fondé les Internationalistes et le parti communiste moderne qui
en est issu, toujours au pas avec les exigences de la
société.
Notes
1. Au coeur des années soixante,
Hardial Bains
2. Ibid
3. En octobre 1962, les navires de guerre de
l'impérialisme américain, présidé par John
F. Kennedy, encerclèrent Cuba et menaçaient le monde
d'une guerre catastrophique si l'Union soviétique ne retirait
pas ses missiles de l'île caribéenne. C'est
l'événement qui provoqué le mouvement de la
jeunesse à l'Université
de la Colombie-Britannique.

Au sujet des pensions
Le besoin de pensions est né
des conditions
objectives
- K.C. Adams -
Les pensions sont une des caractéristiques de la
vie moderne. Elles sont devenues nécessaires suite aux
changements survenus dans la base économique et dans les
relations sociales au cours des quatre derniers siècles.
La transformation de l'économie d'une production
à petite échelle à une production industrielle de
grande échelle a accéléré la transformation
des conditions objectives et subjectives au-delà du
contrôle des individus. La grande production industrielle a peu
à peu transformé un milieu majoritairement rural
fondé
sur la famille élargie, engagé dans une agriculture de
subsistance et dans une production de petite échelle, vers une
vie urbaine moderne de petites familles reliées au sein d'une
société élargie faite d'une économie
socialisée, d'une éducation publique, de science,
d'information, de santé publique, de culture de masse
et de différentes formes de soutien social.
Les nombreuses familles d'aujourd'hui, dont certaines
sont formées d'une mère et de son enfant, ou même
d'individus vivant seuls, sont unifiées par la
société, qui est devenue la famille moderne
élargie. Les gens naissent à cette famille élargie
— la société.
La conception du monde subjective antérieure
était le reflet des conditions objectives d'une vie en somme
rurale et d'une famille élargie suffisant à ses besoins,
qui veillait au bien de ses membres du mieux qu'elle le pouvait. Le mot
d'ordre était « un pour tous et tous pour un » dans
les limites de la famille élargie.
Le lien unissant la famille élargie était cimenté
par la culture, la religion et la tradition et était
déterminé par le privilège de classe et de rang.
La propriété familiale, en particulier toute
propriété productive telle une terre agricole, sous forme
de propriété ou en tant que droit communal ou
féodal, ainsi que le droit
d'affiliation au sein de confréries, de gentilhommeries, de
clans ou de villages, étaient protégés de pied
ferme et légués aux jeunes membres de la famille en tant
que garantie matérielle de leur bien-être individuel et
collectif. L'ancienne conception du monde était fondée
sur le privilège et le rang, et sur la croyance
que le monde ainsi que les relations sociales étaient statiques
et commandées par un être suprême. Sa
prémisse était donc que tout changement allait à
l'encontre de l'ordre naturel.
Les conditions objectives ont changé
Les nouvelles conditions objectives d'aujourd'hui
exigent une conception du monde moderne qui perçoit les membres
de la société autrement, rejetant l'ancienne conception
fondée sur le privilège de classe et de rang. La base et
les pratiques objectives des familles
élargies n'existent toujours que dans les familles les plus
riches qui possèdent une propriété sociale, bien
que ces familles s'effondrent à leur tour avec les conflits
internes et l'héritage qui divise la propriété
sociale et que la faillite concentre la propriété sociale
entre les mains de quelques-uns.
  
La plupart des gens doivent vendre leur capacité
de travailler pour gagner leur vie. Hériter de la
capacité de travailler ne ressemble en rien à
hériter d'une petite ferme ou d'un rang dans une
confrérie protégée. Des générations
successives de travailleurs héritent de la capacité de
travailler et d'une réclamation
à la valeur qu'ils produisent mais non de la
propriété et du contrôle des moyens de production
socialisés. Les travailleurs dépendent d'une
réclamation à la richesse qu'ils produisent ou au produit
des services qu'ils fournissent, qui en retour n'est garantie que par
leur capacité de travailler et par la possibilité de
vendre
cette capacité. Le monde moderne est un monde
d'insécurité et de crises perpétuelles puisque les
producteurs de fait ne possèdent ni ne contrôlent leurs
moyens de production. Lorsqu'ils ne peuvent travailler pour une raison
ou une autre, les travailleurs doivent dépendre du mieux qu'ils
peuvent de la richesse engendrée
par les autres travailleurs et distribuée au moyen de programmes
sociaux. À l'heure actuelle, par contre, cette dépendance
elle-même échappe à leur contrôle puisqu'ils
ne contrôlent pas les moyens de production socialisés ni
les affaires économiques et politiques d'ensemble du pays.
La richesse créée par les travailleurs en
transformant par leur travail la richesse naturelle en valeur d'usage
est en partie réclamée par les travailleurs qui sont les
producteurs de fait, en partie par les gouvernements et en partie par
la poignée de propriétaires qui possèdent les
forces productives socialisées morcelées
en propriétés privées.
Les moyens de production et les moyens de fournir des
services ne peuvent pas être hérités par les
descendants des producteurs de fait puisque les travailleurs modernes
ne possèdent que leur capacité de travailler, qu'ils
vendent pour gagner leur vie. Lorsque les travailleurs perdent leur
capacité de travailler suite
à un accident, une maladie ou la vieillesse, ou lorsque les
détenteurs du capital refusent d'acheter leur capacité de
travailler pour quelque raison que ce soit, et que la capacité
de travailler reste non vendue sur le marché du travail, les
travailleurs doivent compter sur la société pour garantir
leur bien-être, puisque la
société est la nouvelle famille élargie du monde
moderne.
La conception subjective du monde en retard
sur les
changements objectifs
La transformation des conditions objectives de
production à petite échelle à une production
industrielle de masse exige que la conception subjective guidant la
société change, elle aussi. Les conditions
transformées devraient
inspirer à l'humanité une conception du monde moins
contraignante, une conception par laquelle le bien-être personnel
et social réside au sein même de la société.
Un pour tous et tous pour un ne réside plus dans la famille
élargie mais bien dans la famille élargie qu'est la
société. Se préoccuper du bien-être de toute
l'humanité et de la société elle-même est
primordial au bien-être de chaque individu. L'harmonisation des
relations entre individus et entre les individus et leurs collectifs et
la société elle-même devrait guider toute
activité.
Le bien-être de chacun réside dans le fait
d'entretenir et de développer le facteur humain/conscience
sociale et de chérir la propriété publique
collective, les moyens socialisés de production et les moyens de
fournir les services. Pour vraiment refléter comment les
conditions ont changé, la conception du monde
doit affirmer une responsabilité sociale et politique qui
défend la sécurité et les droits de chaque
individu et les intérêts généraux de la
société dans laquelle nous naissons tous. Il est donc
nécessaire que les moyens de production socialisés et les
moyens de fournir les services soient transmis aux prochaines
générations
de travailleurs en meilleur état que pour les
générations antérieures. Le rejet des
privilèges de classe et la revendication du contrôle de la
propriété sociale en tant que patrimoine par les
producteurs de fait sont primordiaux à une nouvelle conception
conforme aux conditions qui ont changé du tout au tout.
Guidés
par une conception du monde moderne, nous pouvons développer une
société d'humanité socialisée digne des
êtres humains, société dans laquelle les droits de
tous sont reconnus et garantis. Le droit à une pension de
standard canadien équivalent à celui obtenu durant la vie
de travail est l'un de ces droits modernes.

Hollywood continue de produire de la
propagande pro-impérialiste
Les Aventures de
Tintin de Speilberg et
Au pays du sang
et du miel de Jolie
- Dougal MacDonald -
L'industrie cinématographique d'Hollywood se
porte souvent à la défense des activités
criminelles des impérialistes américains aux
États-Unis et à l'étranger. Il existe de nombreux
exemples de cette propagande impérialiste tournée au
cours des années comme The Red Menace (1949), Un
crime
dans la tête (The Manchurian Candidate) (1962), la
série des Rambo (1982-2008), La Chute du faucon noir (Black
Hawk Down) (2001) et ainsi de suite. Deux exemples récents
de 2011 sont : Les Aventures de Tintin de Stephen Spielberg
et Au pays du sang et du miel (In the
Land of Blood and Honey) d'Angelina Jolie.
Les Aventures de Tintin
Le livre du nazi
belge Léon Degrelle,
collègue de Georges Remi à la revue
Le XXe
siècle. Degrelle affirme avoir
inspiré le personnage de Tintin.
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Georges Remi est l'auteur de la série de bande
dessinée Les Aventures de Tintin qu'il a
publiée sous le nom de Hergé. Il a débuté
comme dessinateur au quotidien bruxellois Le Vingtième
Siècle, un journal de la droite catholique belge. En 1940,
les
nazis ont fermé ce journal et Hergé a commencé
à travailler pour Le Soir, un journal pro-nazi qui
avait pour devise: « Le national-socialisme ne peut nous
rapprocher de Dieu ». « Tintin, c'est moi », a
déclaré Léon Degrelle, fondateur du parti fasciste
belge et commandant de sa division SS. Après la
guerre, Hergé a été accusé d'avoir
collaboré avec les nazis et a été
arrêté et interrogé. Il a admis : « Je
reconnais avoir cru que l'avenir de l'Occident pourrait dépendre
d'un Ordre nouveau. Pour beaucoup, la démocratie s'était
avérée une déception et l'Ordre nouveau apportait
un nouvel espoir. À la lumière de tout
ce qui s'est passé, c'était, bien sûr, une
énorme erreur d'avoir cru un seul instant à l'Ordre
nouveau. »
Hergé a commencé la série des
Tintin en 1929 avec Tintin au pays des Soviets, une attaque
directe contre l'Union soviétique. Cette bande dessinée
est un flot ininterrompu de désinformation antisoviétique
: la police secrète des Soviets fait exploser le train dans
lequel se trouve Tintin, il est emprisonné
plusieurs fois, il découvre que les usines soviétiques ne
sont même pas opérationnelles, que Moscou est un «
bourbier infect » où seuls les enfants communistes sont
nourris, que toutes les récoltes de blé des Soviets sont
exportées à l'étranger à des fins de
propagande et qu'un agent soviétique projette de faire sauter
à la dynamite toutes les capitales d'Europe. Un exemple typique
des dialogues anticommunistes est cette citation : « Vous
êtes ici dans la cachette où Lénine... et Staline
ont amassé les trésors volés au peuple ! »
Tintin au Congo, le deuxième album
publié par Hergé l'année suivante, est une bande
dessinée ouvertement raciste et colonialiste dans laquelle les
Congolais sont présentés comme puérils et
stupides, et ayant besoin de la direction de leurs maîtres blancs
belges. Dans une case où Tintin enseigne la
géographie aux écoliers congolais, il déclare :
« Mes chers amis, je vais aujourd'hui vous parler de votre patrie
: la Belgique ! ». Cet album a fait l'objet de nombreuses
plaintes comme étant contraire aux droits humains et les
éditeurs anglais ont refusé de le publier jusqu'en 1991.
En 2004, le ministre de l'Information
de la République démocratique du Congo, Henri Mova
Sakanyi, a qualifié des remarques du ministre belge des Affaires
étrangères comme empreinte « de racisme et de
nostalgie du colonialisme » et a ajouté : « C'est le
retour de Tintin au Congo. »
Hergé a publié vingt-et-un albums de
Tintin avant sa mort en 1983. Pendant l'occupation nazie de la
Belgique, alors qu'il travaillait pour Le Soir, Hergé
a jugé qu'il était plus prudent de traiter de sujets
« apolitiques ». En fait, sous le régime nazi, il a
délaissé son récit Au Pays de l'or noir,
car il faisait référence aux conflits politiques en
Palestine sous mandat britannique. Les trois albums qu'Hergé a
écrits à cette période sont : Le Crabe aux
pinces d'or (1941), Le Secret de la Licorne (1943), et Le
Trésor
de
Rackham
le
Rouge (1944). Le premier album a comme
sujet le trafic de drogue et les deux autres racontent une chasse
au trésor. Bien sur, aucun des trois n'est anti-nazi,
antifasciste ou même vaguement progressiste. Par exemple, le
méchant dans Le Crabe aux pinces d'or est un Arabe
nommé Omar Ben Salaad, dont plusieurs des hommes de main sont
des Africains noirs.
Le film Spielberg se base sur ces trois albums et
l'intrigue principale est la chasse au trésor. Spielberg a
adapté et intégré les histoires originales
à ses propres fins. Un changements important dans le film est la
transformation du collectionneur russe de maquettes de bateaux, Ivan
Ivanovitch Sakharine, personnage
inoffensif dans les deux derniers albums, en un méchant
diabolique (Ivan Ivanovitch est le nom utilisé dans les romans
pour le Russe « typique »). Le retour de Spielberg aux
racines antisoviétiques de Tintin est loin d'être une
coïncidence, compte tenu qu'il avait déjà fait des
Russes l'ennemi principal dans son film
de 2008, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal.
Encore
aujourd'hui,
alors
que
la
guerre froide est censée
être terminée, les impérialistes américains
considèrent toujours la Russie comme leur rival principal et
cherchent toutes les occasions pour la discréditer, l'encercler
et y fomenter des troubles.
Au pays du sang et du miel
L'actrice américaine très en vue, Angelina
Jolie, qui est également ambassadrice de bonne volonté
pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les
réfugiés, a donné une interview à Al
Jazeera Balkans le 18 février dans le cadre de la promotion
de son
nouveau film sur la guerre en Bosnie (1992-95), Au pays du sang et
du miel. Cette première réalisation d'Angelina
Jolie, qui se déroule à Sarajevo, présente
faussement et à grand renfort de détails les Serbes comme
des meurtriers et des violeurs de masse endurcis tout en disculpant
tous les autres participants.
Ce film de propagande pro-impérialiste d'Angelina Jolie vise
à justifier l'intervention des États-Unis et de l'OTAN en
Bosnie dans les années 1990 et, en général, fait
la promotion de la doctrine belliciste et génocidaire de «
l'intervention humanitaire » des États-Unis et de l'OTAN.
Dans le Washington Post,
le chroniqueur Richard Cohen fait l'éloge du film et y voit un
endossement de l'interventionnisme des États-Unis à
l'étranger dont l'invasion de la Libye est un exemple.
Il n'y a aucun doute que le film d'Angelina Jolie a un
objectif politique clair. Pour écrire le scénario, elle a
consulté l'agent de la CIA, Richard Holbrooke. Holbrooke,
décédé en décembre 2010, était un
partisan impitoyable de la guerre froide qui, tout au long de sa
carrière politique de 48 ans, a appuyé et a
participé
aux interventions armées et aux opérations
secrètes des États-Unis au Vietnam, au Timor oriental,
dans les Balkans, au Congo, en Irak, en Afghanistan et au Pakistan,
causant la mort de centaines de milliers de personnes. Angelina Jolie a
également consulté le général
américain Wesley Clark, qui était directeur des
plans stratégiques et politiques du Comité des chefs
d'États-majors inter-armées du département de la
Défense des États-Unis pendant la guerre en Bosnie.
L'empressement d'Angelina Jolie à s'appuyer sur de tels
criminels expose la nature frauduleuse de sa « mission
humanitaire ».
Angelina Jolie est membre depuis 2007 du Council on
Foreign Relations américain (CFR), cette organisation,
vieille de 90 ans, est le lieu principal d'élaboration de la
politique étrangère impérialiste des
États-Unis. Parmi ses membres, on compte des capitalistes
monopolistes, comme David Rockefeller,
des politiciens haut placés, plus d'une dizaine de
secrétaires d'État américains, des banquiers, des
anciens agents de la CIA, et des personnalités importantes des
médias monopolisés. Un des membres le plus connu est
l'ancien président des États-Unis, Bill Clinton, le
principal instigateur des bombardements des Serbes
en 1995 par les États-Unis et l'OTAN. Comme Angelina Jolie
aujourd'hui, dans les années 1990, Bill Clinton invoquait les
« impératifs moraux » des États-Unis
d'empêcher les violations flagrantes des droits humains, alors
qu'à la même période en Colombie, le principal pays
d'Amérique latine bénéficiaire de l'aide
des États-Unis, des milliers de paysans, de syndicalistes, de
politiciens et de défenseurs des droits humains étaient
assassinés sans la moindre protestation des États-Unis.
Lors de sa visite très publicisée en Libye
en octobre 2011, Angelina Jolie a également
révélé ses objectifs politiques en faisant
l'éloge des rebelles soutenus par les États-Unis et
l'OTAN et de leur engagement envers les « droits humains ».
Sa visite de propagande a été largement couverte parles
médias monopolisés
internationaux. Sans surprise, au cours de son interview de
févier à Al Jazeera, elle a plaidé en faveur d'une
intervention impérialiste en Syrie et versé des larmes de
crocodile pour le peuple syrien. « Je crois que la Syrie est
arrivée à un point où une certaine forme
d'intervention est absolument nécessaire ... À ce moment,
nous devons réussir à faire cesser le massacre de civils
». Angelina Jolie, bien sûr, n'a pas dit un mot au sujet du
génocide du peuple palestinien qui se déroule avec
l'appui des États-Unis.
Dans la même interview, Angelina Jolie a
attaqué la Russie et la Chine qui ont utilisé leur droit
de veto aux Nations unies pour bloquer l'intervention
étrangère contre la Syrie, et déclaré que
cela était contraire à la volonté de la «
communauté internationale », c'est-à-dire de ceux
qui soutiennent l'impérialisme
américain : « Il ya des pays qui ont choisi de ne pas
intervenir, j'ai le sentiment très fort que l'utilisation du
droit de veto lorsqu'on a un intérêt financier dans un
pays doit être remise en question, tout comme l'usage du droit de
veto pour s'opposer à une intervention humanitaire ».
Angelina Jolie oublie de dire que
pendant des décennies les impérialistes américains
ont utilisé leur droit de veto pour protéger leurs
intérêts financiers et leurs interventions criminelles
dans le monde entier. Cela a commencé en 1970 quand
l'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, Charles Yost, a
utilisé le droit de veto des États-Unis pour
rejeter la résolution de pays d'Afrique et d'Asie exigeant
l'isolement complet du régime raciste de Rhodésie de Ian
Smith.

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