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Numéro 21 - 3 mars
2012
Journée internationale de la
femme 2012
Le rôle crucial des femmes dans
la création d'une situation nouvelle
• Le rôle
crucial des femmes
dans la création d'une situation nouvelle
• Une semaine d’activités dans toutes
les régions du Québec
• Les femmes des communautés rurales,
éloignées et du Nord: elles luttent pour une nouvelle
direction à donner à l'économie - Dagmar
Sullivan
• Retour sur les écarts de salaires
- Christine Nugent
À titre
d'information
• Historique de la journée
internationale de la femme
Journée internationale de la femme
2012
Le rôle crucial des femmes dans
la création d'une situation nouvelle
À l'occasion de la Journée internationale
de la femme 2012, nous voyons les femmes aux premiers rangs de toutes
les batailles qui se mènent au pays pour défendre le
droit public contre le droit de monopole, pour défendre les
programmes sociaux et représenter le meilleur de ce que les
travailleurs et travailleuses ont engendré au Canada. De
même, partout dans le monde les femmes sont aux premiers rangs de
la lutte pour se frayer une voie vers l'avant, pour elles, leurs
familles et leur peuple. Le rôle qu'elles jouent sur le plan des
droits politiques, économiques, culturels et sociaux et contre
la guerre impérialiste est crucial pour changer la situation.
Le rôle de premier plan des femmes dans toutes les
luttes qui se mènent aujourd'hui s'inscrit dans la ligne de
marche ininterrompue de la participation consciente des femmes à
toutes les grandes batailles depuis la première Journée
internationale de la femme en 1911. En célébrant
aujourd'hui la Journée internationale de la femme 2012, elles
affirment l'essence de cet événement, qui est une
journée de célébration de l'organisation et de la
résistance des femmes en tant que contingent dans la lutte pour
une société humanisée dans laquelle les droits de
tous seront reconnus.
L'opposition des femmes à l'offensive
néolibérale antisociale partout au Canada est partie
intégrante du mouvement de la classe ouvrière pour
développer sa politique indépendante comme seule
façon de résoudre la crise en faveur du progrès de
la société plutôt que de la minorité riche
qui domine les affaires économiques et politiques. En tant
que productrices de la richesse dont la société
dépend et en tant que procréatrices et éducatrices
de la prochaine génération, les femmes font leur
réclamation à la richesse qu'elles produisent et
demandent qu'elle serve à financer les programmes sociaux
nécessaires pour garantir les droits de tous. Cela comprend le
droit à la santé, des soins et la
sécurité pour les aînés, les garderies,
l'éducation et les loisirs pour les enfants et la jeunesse, et
tout ce dont ont besoin les êtres humains pour s'épanouir.
L'année écoulée depuis le
centenaire de la Journée internationale la femme a
été témoin d'une nouvelle effervescence dans la
résistance des travailleurs et du peuple au programme de
destruction de l'économie et des institutions nationales du
gouvernement Harper et à l'imposition du diktat des monopoles.
Dans toutes ces batailles, les femmes
ne cèdent pas leur place, qu'il s'agisse de la résistance
des travailleurs et travailleuses des postes et d'Air Canada à
la criminalisation de leur droit de défendre collectivement
leurs salaires et conditions de travail, de la lutte des travailleurs
du secteur manufacturier contre les demandes de concessions des
monopoles et la destruction du secteur, de la
vigoureuse opposition des agriculteurs à la destruction de la
commission publique de mise en marché du blé ou des
travailleurs du secteur public à la défense de leurs
droits et des programmes sociaux dont ils ont la responsabilité,
y compris les services municipaux, la santé et
l'éducation.
Par leur participation consciente à la
contestation du droit de monopole et de la dictature Harper, les femmes
voient ce qui est nécessaire pour changer la situation en faveur
du peuple. C'est le défi posé pour l'année qui
vient : que les femmes fassent porter tout le poids de leur force
numérique, de leur détermination et conscience sociale
dans
la bataille de classe pour réellement contester le diktat des
monopoles et des gouvernements à leur service. C'est seulement
lorsque confrontés à une Opposition ouvrière
consciente, organisée et déterminée que la
dictature Harper et les autres niveaux de gouvernement peuvent
être tenus responsables et forcés de reconnaître nos
droits.
Le gouvernement Harper et son ministère de la
condition féminine interviennent aussi à l'occasion de la
Journée internationale de la femme, mais du côté du
droit de monopole, en recyclant encore une fois le thème «
Force de femmes, force du Canada », s'en prenant cette fois-ci
aux « femmes dans les collectivités rurales,
éloignées et
nordiques » qu'il voit comme « la clé de la
prospérité économique », c'est-à-dire
essayer d'en faire des alliées dans le pillage des ressources de
ces régions dans l'intérêt des monopoles et leur
concurrence sur les marchés mondiaux. Loin de là, la
force des femmes de toutes les communautés forestières,
minières et nordiques est qu'elles sont partie
du mouvement pour exiger que les richesses naturelles soient
développées de manière à profiter aux
régions et à la société. De même, les
femmes de toutes les nations autochtones et inuites veulent avoir voix
au chapitre sur ce qu'il advient de leurs territoires. Le discours du
gouvernement Harper sur les « collectivités rurales,
éloignées et
nordiques » montre à quel point il essaie
désespérément de bloquer les collectifs des femmes
et tous ceux et celles qui luttent pour une société qui
convienne à l'existence humaine, pour un programme pro-social et
pour que le Canada soit une force contre la guerre et l'agression dans
le monde.
La
sécurité des femmes est
dans notre lutte pour les droits de tous !
Bâtissons l'Opposition ouvrière !

Une semaine d’activités dans toutes
les régions du Québec
Cette année encore, les femmes du Québec
et leurs organisations se préparent à
célébrer le 8 mars, Journée internationale de la
femme, côte à côte avec les femmes combattantes du
monde. Les activités sont nombreuses et ont lieu dans tous les
coins du Québec toute la semaine du 4 au 12 mars :
manifestations, rencontres, conférences, soupers,
échanges
et discussions. Autant d'occasions pour discuter collectivement des
avances réalisées au cours de l'année, des
obstacles rencontrés et des objectifs à accomplir dans la
lutte à la défense des droits de toutes et tous et pour
une société qui sied à tous les êtres
humains.
En ce 8 mars 2012, les femmes réaffirment que
leur sécurité, que ce soit au Québec, au Canada ou
ailleurs dans le monde, repose dans la lutte à la défense
des droits de toutes et tous. Ensemble, faisons de cette journée
un franc succès !
CALENDRIER
D'ACTIVITÉS

Les femmes des communautés rurales,
éloignées
et du Nord : elles luttent pour une nouvelle
direction à donner à l'économie
- Dagmar Sullivan -
Le 16 février, la ministre des Travaux publics et
Services gouvernementaux Canada et ministre de la Condition
féminine, Rona Ambrose, a annoncé que le thème
pour la Semaine internationale de la femme 2012 est « Force des
femmes, Force du Canada - Les femmes dans les collectivités
rurales, éloignées et nordiques : clé de la
prospérité du
Canada ». Lors de l'annonce elle a dit : « Notre
gouvernement est résolu à consolider la position du
Canada parmi les économies les plus performantes au monde. Les
femmes comptent pour beaucoup dans notre réussite... Dans toutes
les régions du Canada, et tout particulièrement dans les
collectivités rurales, éloignées et nordiques, les
femmes
jouent un rôle important dans leur famille et leur
collectivité, ce qui leur confère un rôle
prépondérant dans la prospérité
économique du Canada. »
Lorsque la ministre Ambrose
dit que « notre gouvernement est résolu à
consolider la position du Canada parmi les économies les plus
performantes au monde », cela soulève
nécessairement la question de quelle économie parle-t-on.
Le gouvernement Harper s'est engagé à soutenir la
position des monopoles au Canada au sein de l'économie
mondiale en rivalité avec leurs concurrents et aux dépens
des travailleurs, du peuple et de notre souveraineté. La
ministre rêve que les femmes des communautés rurales,
éloignées et du Nord vont appuyer le plan du gouvernement
Harper de remettre aux mains des monopoles étrangers les
richesses du pays avec comme conséquence la destruction
de communautés entières et de l'environnement.
L'oléoduc Keystone XL, l'oléoduc Northern Gateway, les
plans des gouvernements fédéral et du Québec de
remettre les richesses minérales du Grand Nord aux
intérêts miniers étrangers tout en facilitant la
destruction de l'industrie forestière et minière dans le
nord du Manitoba, de l'Ontario, du
Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Colombie-Britannique ainsi
que l'abolition de la Commission
canadienne du blé ne sont que quelques-uns des projets
antisociaux auxquels les communautés touchées, les femmes
aux premiers rangs, se sont fermement opposées.
À mesure que dans les régions plus
populeuses du Canada la résistance de l'Opposition
ouvrière aux atteintes à leurs droits collectifs
s'intensifie, la ministre et ses compagnons au gouvernement Harper
propagent l'illusion que les femmes dans les régions rurales et
éloignées du pays n'ont pas l'organisation
nécessaire pour résister aux attaques
contre leurs conditions de vie et faire face à l'impact sur
l'environnement dans lequel elles vivent. Elle veut masquer le fait que
les femmes dans les Prairies, qui ont combattu de façon
déterminée contre l'abolition de la commission de mise en
marché du blé, les femmes des communautés
nordiques partout au Canada qui luttent contre la
destruction de leurs communautés forestières et
minières, les femmes autochtones et non autochtones de l'Alberta
et de la Colombie-Britannique qui luttent contre les oléoducs,
assument toutes la responsabilité sociale qui appartient au
gouvernement et le font en défendant les droits de tous. Les
travailleurs et les femmes partout au Canada ne font
qu'un avec elles. Cette tentative honteuse de marginaliser les femmes
des régions rurales ou éloignées ou celles du
Grand Nord est cause perdue. Les travailleurs, les femmes, les jeunes
et les peuples autochtones luttent pour arrêter les plans de
destruction nationale du gouvernement Harper au service des monopoles.
Ils luttent ensemble pour une
nouvelle direction à donner à l'économie qui va
garantir les droits de tous.

Retour sur les écarts de salaires
- Christine Nugent -
Il y a beaucoup de placotage dans les médias
depuis quelque temps à propos de l' « impertinence »
du féminisme. On nous dit que plus personne ne veut se dire
féministe aujourd'hui et que le féminisme n'a
peut-être plus sa place au XXe siècle. Ce sont des
balivernes. Tant que la société engendrera et
entretiendra l'exploitation et l'oppression,
les femmes seront aux premiers rangs de la lutte pour
l'émancipation. La discrimination que subissent les femmes est
un problème de société, pas un «
problème de femmes », et l'élimination de cette
discrimination est une tâche qui incombe à la classe
ouvrière, laquelle a depuis longtemps entrepris cette bataille
et remporté plusieurs victoires,
comme l'équité salariale et la syndicalisation, en
faisant des grèves et en menant des batailles souvent
onéreuses et ardues devant les tribunaux pour défendre
les droits des femmes tels qu'ils existent aujourd'hui.
Ceux qui détiennent
le pouvoir politique et économique déclarent qu'une
société qui assume ses responsabilités envers ses
membres, ça n'existe tout simplement pas. À preuve
l'offensive de privatisation dans les services publics
sans égard aux conséquences. Voilà la raison pour
laquelle les femmes se retrouvent à la tête de la
résistance et de
l'organisation contre le pouvoir des gouvernements qui servent le droit
de monopole au détriment du droit public. Elles ont pris en main
de s'opposer aux coupures imposées dans les salaires et les
emplois pour défendre les acquis gagnés dans divers
domaines et aller plus loin dans la réalisation du droit au
bien-être économique.
La situation dans laquelle se retrouvent les femmes fait
en sorte que les répercussions de l'offensive antisociale, de la
destruction de l'industrie manufacturière et des autres
activités de destruction nationale sont particulièrement
difficiles pour elles. Elles ont fait de grands progrès dans
l'obtention de l'égalité avec les hommes, par exemple
dans
les domaines de l'éducation et de l'emploi, et ont gagné
des règlements en termes d'équité salariale,
notamment dans le secteur public. Cependant, si nous jetons un coup
d'oeil sur le plus récent rapport sur la condition des femmes en
termes économiques, il est clair que les femmes doivent
continuer d'être aux premières lignes.
Le récent rapport de Statistique Canada,
Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe,
2010-2011 présente une compilation de données digne
d'intérêt sur des sujets touchant les femmes tels que la
situation familiale, l'emploi, le bien-être économique, le
travail non
rémunéré et la santé.[1]
Prenons la rémunération des femmes.
Celles-ci ont toujours des rémunérations annuelles
moyennes inférieures à celles des hommes. En 2008, les
femmes ont gagné en moyenne 30 200 $ par an - environ 65 % de la
rémunération approximative de 46 900 $ des hommes. Un
écart semblable, fondé sur le sexe, est visible dans
l'étude des
rémunérations selon les groupes d'âge.
Tableau
2
Revenu
total
moyen des femmes
et des hommes, selon le groupe d'âge, 2008
Groupe d'âge
|
Femmes |
Hommes |
| Total - 16 ans et plus |
30 100 |
47 000 |
| 16 à 19 |
7100 |
7800 |
| 20 à 24 |
15 100 |
21 100 |
| 25 à 34 |
32 500 |
43 200 |
| 35 à 44 |
36 300 |
59 900 |
| 45 à 54 |
40 900 |
63 700 |
| 55 à 64 |
29 400 |
53 400 |
| 65 et plus |
24 800 |
38 100 |
| Source:
Statistiques Canada, tableau CANSIM 202-0407
. |
Le tableau suivant montre les
rémunérations annuelles moyennes des femmes et des
hommes, selon les états de service, en dollars 2008, de 1976
à 2008, ainsi que le pourcentage de rémunération
des femmes par rapport aux hommes.
Tableau
7 Gains
annuels moyens des femmes et des hommes,
selon la situation d'emploi, en dollars constants de 2008,
1976 à 2008
| Année |
Ensemble des personnes
touchant
un revenu d'emploi
|
Travailleurs à temps
plein
toute l'année
|
Autres travailleurs |
| Femmes |
Hommes |
Ratio
des gains
|
Femmes |
Hommes |
Ratio
des
gains
|
Femmes |
Hommes |
Ratio
des gains
|
| en dollars |
pourcentage |
en dollars |
pourcentage |
en dollars |
pourcentage |
| 1976 |
21 100 |
45 100 |
46,8 |
34 100 |
57 300 |
59.4 |
12 200 |
23 400 |
52,2 |
| 1981 |
22 200 |
41 700 |
53,2 |
33 700 |
53 000 |
63.5 |
12 400 |
20300 |
61,1 |
| 1986 |
23 300 |
40 700 |
57,2 |
34 400 |
52 500 |
65.6 |
13 000 |
17 800 |
72,8 |
| 1991 |
24 000 |
40 000 |
60,1 |
36 700 |
53 400 |
68.7 |
11 900 |
17200 |
69,1 |
| 1996 |
25 400 |
40 000 |
63,6 |
38 600 |
53 000 |
72.8 |
13 000 |
16 800 |
77,1 |
| 1998 |
26 500 |
42 300 |
62,8 |
40 500 |
56 300 |
71.9 |
13 600 |
18 700 |
72,7 |
| 2001 |
27 600 |
44 400 |
62,1 |
40 600 |
58 100 |
69.9 |
15 200 |
19 400 |
78,4 |
| 2006 |
29 000 |
44 800 |
64,7 |
43 200 |
60 000 |
71.9 |
14 900 |
19 200 |
77,4 |
| 2007 |
29 900 |
45 500 |
65,7 |
44 100 |
61 700 |
71.4 |
15 400 |
19 300 |
79,7 |
| 2008 |
30 200 |
46 900 |
64,5 |
44 700 |
62 600 |
71.3 |
15 200 |
20 000 |
75,7 |
| Source:
Statistiques Canada, tableau CANSIM202-0102
. |
Lorsqu'il s'agit des rémunérations
basées sur le niveau d'éducation, il existe
évidemment un lien positif entre le nombre d'années
d'éducation et le revenu moyen. Cependant, à nouveau, il
existe un immense écart entre les revenus des femmes et ceux des
hommes.
Tableau
9
Gains
annuels
moyens
des femmes et des hommes travaillant
à
temps plein toute l'année, selon le niveau de
scolarité, 2008
| Niveau de
scolarité |
Femmes |
Hommes |
Ratio des revenus |
| dollars |
pourcentage |
Inférieur
à la 9e année
|
20 800 |
40 400 |
51,5 |
| Études
secondaires partielles |
28 600 |
43 600 |
65,6 |
| Diplôme
d'études secondaires |
35 400 |
50 300 |
70,4 |
| Études postsecondaires
partielles |
36 400 |
50 100 |
72,6 |
| Diplôme ou
certificat d'études
postsecondaires |
41 100 |
57 700 |
71,2 |
| Diplôme
universitaire |
62 800 |
91 800 |
68,3 |
| Total |
44 700 |
62 600 |
71,3 |
Note: Gains
annuels moyens excluant les Canadiens sans gain.
Source: Statistiques Canada,
Enquête sur la dynamique du travail et du revenu . |
Voilà seulement quelques exemples que l'on
retrouve dans le rapport.
Ces statistiques nous démontrent que la question
n'est pas d'être féministe ou pas, mais bel et bien
comment canaliser la force de notre nombre et de notre organisation
pour rectifier sur une base collective les injustices dont sont
victimes les femmes, faire battre en retrait l'offensive antisociale
et, ce faisant, faire progresser la société.
Note
1. Le rapport de 2011 est le sixième rapport
statistique sur les femmes. La première édition de Femmes
au
Canada a été publiée en 1985, soit la
même année que la troisième Conférence
mondiale sur les femmes organisée par les Nations unies à
Nairobi. Le rapport découlant de cette conférence
révèle que « le
manque de données fiables sur les femmes nuit à
l'évaluation de leur progrès dans divers domaines et
qu'il faudrait s'investir davantage afin d'obtenir des données
sur l'évolution des sexes ». Le rapport complet est
disponible à :
http//www.statcan.gc.ca/pub/89-503-x/89-503-x2010001-fra.htm

À titre d'information
Historique de la journée internationale de la
femme
 
La communiste allemande
Clara Zetkin (à
gauche) proposa la résolution historique de la Journée
internationale
de la femme à l'occasion de la Deuxième
Conférence internationale des femmes socialistes à
Copenhagen,
au Danemark, en 1910 (au centre et à droite).
La Journée internationale de la femme fut
l'oeuvre de la Deuxième Conférence des femmes socialistes
tenue en 1910, avec l'adoption d'une résolution de faire de
cette occasion une journée d'agitation pour le droit des femmes
de participer aux affaires politiques de leurs pays en même temps
qu'elles luttent pour leurs droits en tant que
travailleuses. C'était au moment des importantes grèves
des travailleuses du textile, et plus particulièrement le
« Soulèvement des 20 000 » de l'industrie du
vêtement en 1909 à New York. La résolution fut
adoptée à l'unanimité par les plus de 100 femmes
déléguées, représentant 17 pays. Parmi les
déléguées étaient les trois
premières femmes
jamais élues au parlement finlandais. La résolution a
été proposée par la communiste allemande Clara
Zetkin.
La date fixée pour la première
Journée internationale de la femme fut le 19 mars 1911. Plus
d'un million de femmes et d'hommes participèrent aux
rassemblements tenus pour marquer l'occasion en Autriche, au Danemark,
en Allemagne et en Suisse. L'année suivante, des femmes de
France, des Pays-Bas et de Suède se joignirent à leur
tour
aux actions soulignant la Journée internationale de la femme.
La Journée internationale de la femme fut
soulignée dans un nombre grandissant de pays dans les
années qui suivirent. À ce moment-là, les femmes
luttaient pour le droit de vote, dans le contexte général
de la lutte pour le suffrage universel. Elles intégraient les
lieux de travail en nombres grandissants et menaient des luttes
acharnées contre
leurs conditions brutales d'exploitation.
Dans la période précédant la
déclaration de la Première Guerre mondiale, la
Journée internationale de la femme fut
célébrée en opposition à la guerre
impérialiste. Elle a aussi renforcé la solidarité
entre les femmes travailleuses de différents pays en opposition
à l'hystérie chauviniste nationale des cercles dominants.
Par exemple, en Europe, à
l'occasion de la Journée internationale de la femme, des
oratrices d'un pays se rendaient dans un autre pays pour faire leurs
salutations. Les femmes russes ont souligné leur première
Journée internationale de la femme en 1913 dans des conditions
de brutalité et de réaction tsaristes.
En Russie en 1917, la Journée internationale de
la femme fut une période de lutte intense contre le
régime tsariste. Les travailleurs, dont les femmes travaillant
dans les industries métallurgiques et du textile, étaient
en grève dans la capitale et il y avait une opposition
grandissante à la participation de la Russie à la guerre
impérialiste qui faisait
rage en Europe. Le 8 mars (le 23 février du calendrier julien),
les femmes par milliers envahirent les rues de Saint-Petersbourg dans
une grève pour le pain et la paix. Les femmes travailleuses des
usines, épaulées par les femmes de soldats et d'autres,
exigèrent : « Du pain pour nos enfants » et «
Le retour de nos époux des tranchées ». Cette
journée marqua le début de la Révolution de
février, qui a mené à l'abdication du tzar et
à la mise en place d'un gouvernement provisoire.
Le gouvernement provisoire rendit le droit de vote
universel et reconnut les droits égaux des femmes. Après
la Révolution d'Octobre de 1917, le gouvernement bolchevique
adopta des lois plus détaillées garantissant aux femmes
dans les endroits de travail le droit de directement participer aux
activités sociales et politiques, éliminant les
obstacles bureaucratiques et concrets qui leur imposaient la
subordination de leurs activités sociales et politiques et la
soumission aux hommes.
Le 8 mars est officiellement devenu la Journée
internationale de la femme en 1921, lorsque les femmes bulgares,
participant au Secrétariat international des femmes de
l'Internationale communiste, présentèrent une
résolution à l'effet que le 8 mars soit
célébré uniformément partout dans le monde.
Le choix du 8 mars était pour honorer le rôle
joué par les femmes russes dans la révolution dans leur
pays et, par leurs actions, leur contribution aux femmes luttant pour
leur émancipation à l'échelle internationale.

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Marxiste-Léniniste
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