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Numéro 19 - 28
février 2012
Non à l'intervention en Syrie!
•
Rencontre des «Amis de la
Syrie» avec pour objectif le changement de régime
• Les Syriens se prononcent en faveur d'un
nouveau projet de constitution
• La résolution sur la Syrie est
contraire aux principes de l'ONU
• S'opposer à la politique de la
canonnière - Li Qingsi, China Daily
Non à l'intervention en Syrie!
Rencontre des « Amis de la Syrie » avec
pour objectif le changement de régime
Le 24 février a eu lieu à Tunis une
rencontre dite des «Amis de la Syrie» à l'initiative
de la Ligue des États arabes avec la participation de 70
représentants de pays et d'organisations, dont les
États-Unis, le Canada et l'Union européenne.
Les agences de nouvelle font état d'un
désaccord à la rencontre sur l'armement des groupes
rebelles et généralement sur le changement de
régime comme objectif. La secrétaire d'État des
États-Unis Hilary Clinton a donné le ton dès le
départ en disant que «l'opposition est de plus en plus
capable» et qu' « elle finira tôt ou tard par trouver
les moyens de se défendre et même d'entreprendre des
mesures offensives ». Les Britanniques ont déjà des
forces spéciales opérant à l'intérieur de
la Syrie.
Le président tunisien Moncef Marzouki, dans son
adresse d'ouverture, a dit que la Tunisie est contre le
règlement de la crise syrienne par l'ingérence
extérieure et s'est dit en faveur de l'envoi de forces de
maintien de la paix arabes « pour arrêter la violence et
protéger les civils ». Il a ajouté qu'il faudrait
adopter le « modèle yéménite » pour
aider la Syrie à commencer sa « transition
démocratique », c'est-à-dire que le
président syrien Bachar el-Assad démissionne et remette
le pouvoir à son vice-président.
La conférence s'est ensuite poursuivie à
huis clos.
Dans sa déclaration
finale, la rencontre appelle à une « solution politique
à la crise » tout en faisant ouvertement de l'agitation en
faveur du retrait du gouvernement syrien. Les participants ont
réitéré les condamnations du gouvernement syrien
comme prétexte pour le changement de régime. Ils ont
proposé d'accroître les sanctions contre le gouvernement
syrien, notamment : interdiction de déplacement à
l'étranger des membres du gouvernement, gel des avoirs du
gouvernement, arrêt des achats d'hydrocarbures, rupture des liens
diplomatiques et prévention des livraisons d'armes. Ils se sont
dit inquiétés par la situation humanitaire et ont
demandé que les « groupes humanitaires » aient
immédiatement accès aux « citoyens touchés
». Le groupe a reconnu le « Conseil national syrien »
en tant que « représentant légitime des Syriens
désirant le changement démocratique ». Finalement,
les participants se sont engagés « à contribuer
significativement à la reconstruction de la Syrie dans le cadre
d'une transition », signalant une ruée des grandes
puissances et d'autres joueurs importants dans la région pour le
contrôle dans l'éventualité d'un changement de
régime.
Le ministre canadien des Affaires
étrangères John Baird a annoncé que le Canada
contribuera 1,5 million $ « pour apporter une aide humanitaire
à la population syrienne ». Baird a demandé aux
autres participants de cesser de vendre des armes au gouvernement
syrien. Ce sont des propos qui ne manquent pas de cynisme à la
lumière des récentes révélations à
l'effet que, dans le cadre de la mission de l'OTAN en Libye, le Canada
a aidé à la livraison d'armes aux forces de l'opposition
en violation ouverte d'une résolution du Conseil de
sécurité de l'ONU. Baird a également
demandé le changement de régime en Syrie : « Il est
temps que le régime en place applique un cessez-le-feu
immédiat, inconditionnel et permanent. Il est également
temps pour M. Assad de partir, a dit le ministre. L'opposition doit
élaborer une vision claire pour l'après-Assad. Le Canada
est fermement convaincu que la protection des minorités
religieuses doit être un élément important de ce
plan. Il faut respecter les droits fondamentaux de chaque Syrien. Nous
sommes prêts à aider le peuple syrien à bâtir
une nouvelle Syrie libre et démocratique, qui respecte les
droits de tous ses citoyens et qui vit en paix avec ses voisins. »
Le Liban, la Russie et la Chine n'ont pas
participé
Le Liban, la Russie et la Chine étaient
invités à la conférence mais ont refusé d'y
participer.
Le ministre libanais des Affaires
étrangères Adnan Mansour a dit que la décision de
ne pas participer était conforme à la décision
« de dissocier le Liban des développements en Syrie
», rapporte un correspondant de Press TV.
Dans un communiqué, le ministère des
Affaires étrangères de la Russie affirme que la
conférence de Tunis a « pour objectif de soutenir un
côté contre l'autre dans un conflit armé » et
que, par conséquent, « nous ne pouvons pas accepter
l'invitation à participer à cette rencontre ».
Pour sa part, la Chine a dit que la fonction et l'objet
de la conférence étaient ambigus.

Les Syriens se prononcent en faveur
d'un nouveau projet de constitution
Rassemblement de masse au square Saba Barhat
à Damas le 26 février 2012, en appui au processus de
réforme profonde
et à un référendum pour une nouvelle constitution
pour la République Arabe Unie. (SANA)
Les Syriens ont voté le dimanche 26
février dans un référendum pour un nouveau projet
de constitution. Le référendum avait lieu par
décret présidentiel en réponse aux appels
internationaux à des réformes. Selon les agences de
presse, près de 89 % des participants au
référendum ont voté en faveur d'une nouvelle
constitution. Elles rapportent que le ministre de l'Intérieur de
la Syrie a émis un communiqué dans lequel il annonce que
sur les 14 580 000 électeurs, 8 376 000, soit environ 57 %, se
sont prévalus de leur droit de vote. Le ministre annonce
également que les forces d'opposition ont boycotté le
référendum.
Malgré les réserves ou les critiques au
sujet de certaines questions proposées au
référendum, il y a eu un vote de masse en faveur des
changements à la constitution qui va influer sur la vie
politique, sociale et économique du pays, rapporte Prensa
Latina. Il y a eu un rassemblement appelé par les
organisations de masse et des jeunes au square Saba Bahrat où
les gens de tous les âges portant des bannières et
drapeaux syriens et des photos du président Bashar al-Assad ont
exprimé leur appui au processus de réformes en profondeur
et à l'unité nationale, ajoute Prensa Latina.
Un comité central du parti Ba'ath qui inclut le
ministre syrien de l'Intérieur et ses deux sous-ministres ont
administré le référendum. Afin d'atteindre les
14,6 millions d'électeurs, soit environ les deux tiers de la
population totale, quelque 14 000 bureaux de scrutin ont
été mis en place partout au pays, même dans les
régions sujettes à la violence armée terroriste,
ont dit les autorités du ministère de l'Intérieur.
Le ministère a aussi prévu des boîtes de scrutin
mobiles pour les zones éloignées et les régions
désertiques de la Syrie pour que les membres des
communautés nomades puissent aussi voter.
Les chaînes de la
télévision syrienne ont montré les gens qui votent
à Damas et dans les autres villes telles que Aleppo, Tartus,
Hama, Daraa, Lattakia et même la ville de Homs
déchirée par le conflit.
Les réformes proposées sont perçues
par plusieurs comme un moyen de résoudre les problèmes
que vit présentement la Syrie, rapportent les agences. Parmi les
réformes, le projet de nouvelle constitution stipule que le
pouvoir doit être pratiqué démocratiquement par le
vote alors que la présente constitution établit que le
parti arabe socialiste Ba'ath est le dirigeant de l'État. Le
projet de constitution dit aussi que le président doit
être directement élu par le peuple pour un maximum de deux
mandats de sept ans.
La nouvelle constitution va aussi entraîner la
création de nouveaux partis politiques, la séparation des
pouvoirs de l'État et la décentralisation de
l'administration locale, rapportent les agences.
L'article III a soulevé des critiques parce qu'il
stipule que les candidats présidentiels doivent être
musulmans dans un pays aussi habité par les chrétiens et
les Druzes. Même les fidèles musulmans ont exprimé
leur opposition à cette proposition qu'ils considèrent
non démocratiques, écrit Prensa Latina.
Une jeune Syrienne a expliqué à Prensa
Latina que même si la proposition constitutionnelle n'est
pas parfaite et que certains de ses articles font l'objet de beaucoup
de critiques, c'est une proposition qui met de l'avant une nouvelle
vision de la Syrie. Elle a souligné le fait que le projet de
constitution garantit les droits des femmes et leur émancipation
dans une société égalitaire où elles
peuvent s'impliquer dans la vie politique, sociale et économique
sans aucune forme de discrimination, quelque chose qui est
véritablement significatif dans les pays du monde arabe.
Malgré ces réformes, « le projet de
constitution a été accueilli avec indifférence par
l'opposition », rapporte Xinhua. Les grands
médias monopolisés du monde ont à peine
mentionné les résultats du référendum.
Hassan Abdel Azim, le coordonnateur
général de l'Organisme de coordination nationale syrienne
pour un changement démocratique, a dit que le groupe
composé de 15 partis d'opposition boycottait le
référendum pour une nouvelle constitution et ne
participera pas aux prochaines élections.

La résolution sur la Syrie est
contraire aux principes de l'ONU
Le 16 février, l'Assemblée
générale des Nations unies a voté une
résolution non contraignante mise de l'avant par l'Égypte
au nom de la Ligue arabe sur « la situation qui prévaut
dans la République arabe syrienne ». La résolution
a été adoptée par un vote de 137 en faveur, 12
contre et 17 abstentions.
Cette résolution est visiblement une manœuvre de
la part des grandes puissances, avec à leur tête les
impérialistes étasuniens, la France, la Grande-Bretagne
et la Turquie, pour inciter un changement de régime en Syrie
sans égard aux conséquences. Les grandes puissances ont
travaillé fort pour faire adopter cette résolution depuis
le 4 février, lorsqu'une résolution similaire au Conseil
de sécurité avait été bloquée par la
Russie et la Chine. Cette démarche démontre
jusqu'à quel point l'ONU s'aventure dans des eaux
périlleuses à vouloir justifier des objectifs
destructeurs. Dès qu'une résolution est refusée au
Conseil de sécurité, elle est aussitôt
déposée à l'Assemblée
générale. Si elle est à nouveau bloquée,
alors une coalition de partenaires pour une même cause est mise
sur pied pour tenter de justifier les crimes contre la paix.
La résolution sur la Syrie est cousue de
contradictions et d'ambiguïtés permettant toutes les
interprétations que les impérialistes veulent bien lui
prêter, après quoi ceux-ci peuvent prétendre avoir
un mandat des Nations unies. Cette résolution ressemble en tous
points à la résolution 1973 du Conseil de
sécurité autorisant une zone d'exclusion aérienne
en Libye, une résolution tellement vaste que les
impérialistes pouvaient l'invoquer pour tenter de
légitimer les crimes qu'ils ont perpétrés dans ce
pays. La résolution sur la Syrie débute en invoquant la
Charte des Nations unies alors que cette même Charte interdit
formellement toute ingérence d'un pays ou d'un groupe de pays
dans les affaires internes d'un autre :
« [L'Assemblée
générale] réaffirme « son attachement
inébranlable à la souveraineté, à
l'indépendance, à l'unité et à
l'intégralité territoriale de la République arabe
syrienne et insiste sur la nécessité de résoudre
la crise politique actuelle en République arabe syrienne par des
moyens pacifiques », dit la résolution.
Elle énumère ensuite les «
violations généralisées et systématiques
des droits de l'homme et des libertés fondamentales par les
autorités syriennes », faisant abstraction de la campagne
internationale par les impérialistes étasuniens et leurs
alliés visant à déstabiliser la Syrie. La
résolution en appelle au gouvernement syrien de mettre fin
à ces violations des droits et de « protéger sa
population ».
La résolution, sous prétexte de
protéger le peuple syrien contre son propre gouvernement, tente
alors de justifier une vaste intervention dans les affaires internes de
la Syrie par la Ligue des États arabes (Ligue arabe), y compris
une « transition » politique — lire un changement de
régime — orchestrée sous les auspices de la Ligue.
La résolution en appelle aussi aux
autorités syriennes de « permettre aux institutions
appropriées représentant la Ligue des États arabes
ainsi qu'aux médias arabes et internationaux d'entrer et de
circuler librement dans toutes les régions de la
République arabe syrienne afin de constater ce qui se passe sur
le terrain et de surveiller les incidents qui s'y déroulent.
»
La résolution elle-même reconnaît
qu'il existe des groupes armés qui opèrent en Syrie
lorsqu'elle déclare : « [L'Assemblée
générale] condamne toutes les violences, d'où
qu'elles viennent, et demande aux partis en République arabe
syrienne, y compris les groupes armés, de mettre fin à
toute violence et aux représailles sur-le-champ, et
d'obéir à l'initiative de la Ligue des États
arabes. » Cependant, tout en exigeant du gouvernement syrien
qu'il protège ses citoyens, elle demande aussi que «
toutes forces armées et militaires syriennes se retirent des
villes et des villages et qu'ils intègrent leurs casernes
respectives ».
Cette exigence, ainsi que la condition d'un «
accès libre et sans entraves » pour toutes «
institutions appropriées représentant la Ligue des
États arabes », pourraient très bien être le
prélude à une invasion militaire sous couvert d'une
soi-disant force de maintien de la paix mise sur pied par la Ligue des
États arabe. On dit que la Ligue prône déjà
l'intervention d'une telle force.
Aussi, la résolution appuie ouvertement les
tentatives de la Ligue des États arabes de se débarrasser
du gouvernement syrien en faveur de « groupes d'opposition
».
« [L'Assemblée générale]
demande que soit engagé « un processus politique inclusif
qui soit dirigé par les Syriens et qui se déroule dans un
climat exempt de violence, de peur, d'intimidation et
d'extrémisme afin de répondre concrètement aux
aspirations et aux préoccupations légitimes du peuple,
sans en influencer le résultat...[et soutient sans
réserve] la décision prise par la Ligue des États
arabes le 22 janvier 2012 visant à faciliter une transition
politique dirigée par les Syriens vers un système
politique démocratique et pluraliste, dans lequel les citoyens
sont égaux sans égard à leurs affiliations ou
ethnicités ou croyances, par le biais, entre autres, d'un
dialogue politique sérieux entre le gouvernement de la
République arabe syrienne et l'éventail politique de
l'opposition syrienne, sous les auspices de la Ligue des États
arabes et selon les échéanciers de la Ligue. »

L'ambassadeur
syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, durant son
intervention au débat de l'Assemblée
générale de l'ONU
le 16 février 2012. (Xinhua)
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Au cours du débat à l'Assemblée
générale, l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar
Jaafari, a remis en cause les objectifs de la résolution. Il a
dit que son gouvernement était très actif à
répondre le plus vite possible aux demandes de réforme.
Il a fait valoir qu'une nouvelle constitution était soumise
à un référendum dès le 26 février,
en tant que partie intégrante de ces réformes. Un
dialogue général a été proposé
à tous ceux qui désirent maintenir la stabilité de
la Syrie et mettre fin à la violence, a-t-il dit.
Cependant, il a mis en relief que les pays membres de
l'ONU doivent cesser d'encourager les groupes violents en Syrie,
déclarant qu'aucun État ne pourrait tolérer la
présence de terroristes armés sur son territoire. «
Cessez de jeter l'huile sur le feu, » a-t-il prévenu.
« De telles actions n'apporteront que désastres non
seulement pour la Syrie, mais pour toutes les relations internationales
», a-t-il conclu.
Après le vote, Jaafari a dit que la
résolution « ne pourrait mener qu'à une
exacerbation de la crise et à plus de violence dans la
région dans son ensemble ». Il a ajouté que les
Nations unies s'exposaient à être manipulées par
« certains pays membres », permettant à ceux-ci de
donner libre cours à des « groupes terroristes
armés » en Syrie.

S'opposer à la politique de la canonnière
- Li Qingsi, China Daily -
Après que la Russie et la Chine eurent mis leur
veto à la résolution du Conseil de sécurité
de l'ONU le 4 février, l'Assemblée générale
des Nations unies a approuvé une résolution condamnant la
violence en Syrie. Bien que non contraignante, elle va accroître
encore d'avantage la pression sur le gouvernement syrien, et ouvre la
porte à une intervention extérieure dans le futur.
Les conflits sectaires, les facteurs
géopolitiques et surtout la politique du «diviser pour
mieux régner» menée par l'Occident ont permis
l'émergence d'intenses contradictions au sein du monde arabe, et
les affrontements internes en Syrie ont fourni une excuse à
l'Occident pour s'immiscer.
La crise actuelle en Syrie n'a pas simplement pour objet
la protection des Droits de l'homme ainsi que le prétendent les
Occidentaux. Ils veulent renverser le gouvernement actuel et le
remplacer par un autre qui soit pro-occidental. La Syrie est
considérée comme un problème pour la
stratégie moyen-orientale de l'Occident du fait de ses liens
étroits avec l'Iran et le Liban, tous deux hostiles aux
États-Unis.
Afin de jouer un rôle au Proche-Orient, la Ligue
arabe est prête à soutenir la stratégie occidentale
dans la région. À n'en pas douter, après avoir
résolu le problème syrien d'une façon non
pacifique, la cible suivante serait l'Iran.
Le veto chinois ne signifie pas que Beijing se range aux
cotés du gouvernement syrien, ou qu'il est aveugle aux
affrontements sanglants, mais qu'il ne veut pas que la Syrie suive le
même chemin désastreux que la Libye, qui a abouti à
une situation de guerre civile généralisée.
En tant que membre permanent du Conseil de
sécurité de l'ONU, la Chine a la responsabilité et
l'obligation de défendre la Charte des Nations unies, source du
droit et code de conduite international, et donc doit rejeter toute
résolution qui viole cette charte et ses principes.
Si la Chine se rend compte qu'une résolution est
à même de menacer la souveraineté d'un État
et va à l'encontre de la justice et qu'elle ne fait rien, il
s'agirait là d'une faute grave.
La réponse furieuse de l'Occident aux vetos russe
et chinois montre que ceux-ci ont dévoilé le
véritable objectif des Occidentaux — essayer de dominer le
Moyen-Orient et monopoliser l'Organisation des Nations unies — qu'ils
avaient pris soin de masquer derrière leurs nobles
revendications de défense des droits de l'homme en Syrie.
Le monde a été témoin de trop
d'invasions d'États souverains et de trop de meurtres de civils
innocents au nom de l'ingérence humanitaire. Les interventions
militaires depuis la fin de la Guerre froide montrent que l'Occident,
pendant qu'il brandit l'étendard de la protection des droits de
l'homme, ne fait en réalité que rechercher ses propres
intérêts stratégiques globaux et régionaux.
Que cela soit les pays envahis après les attaques
terroristes du 11 septembre 2001, ou encore certains pays musulmans qui
ont subi des «révolutions colorées» l'an
passé, le fait est que, à l'inverse de la protection des
droits de l'homme, ces invasions et ces
«révolutions» ont entraîné la
détérioration de la stabilité intérieure et
de la situation humanitaire.
L'expérience montre que, depuis la Guerre froide,
quelles que puissent être les divergences qui existent entre eux,
les pays occidentaux se serreront les coudes quand ils sont en conflit
avec un pays non occidental. Même à l'ère de la
globalisation, il existe toujours une ligne de démarcation
claire entre l'Occident et le reste du monde.
Pour des raisons à la fois historiques et
pratiques, l'équilibre du pouvoir entre l'Ouest,
particulièrement les États-Unis, et le monde non
occidental, est inégal. De la même façon qu'un
pouvoir absolu sans surveillance ou restriction a pour
conséquence la corruption au sein d'un État, un pouvoir
sans contrepoids dans la communauté internationale deviendra lui
aussi impérieux et sans pitié, devenant de ce fait une
menace pour la stabilité du monde entier.
Après la Guerre froide, les États-Unis ont
réussi à « avoir une emprise ferme sur l'ONU pour
opprimer la communauté internationale » pendant que les
pays petits ou moyens n'osaient pas exprimer leur mécontentement.
La réaction hystérique des
États-Unis au veto chinois montre qu'ils n'ont pas compris
l'évolution de la Chine. À un moment où la
politique de la canonnière est remise au goût du jour, une
approche modeste et auto-disciplinée de la diplomatie semble
peut-être un peu démodée.
Si la Chine et les États-Unis peuvent coexister
pacifiquement, il s'agirait d'un accomplissement sans
précédent. Mais l'histoire des relations
sino-étasuniennes montre qu'une telle coopération ne peut
être atteinte par le compromis ou la simple requête, et
qu'il ne faut espérer aucune relation gagnant-gagnant par le
simple truchement de nos bonnes volontés. La lutte sans rupture
des relations ne doit pas être la base de l'attitude chinoise
envers les États-Unis, car seulement quand nous serons
prêts à payer le prix de la rupture, alors nous serons
à même de lutter sans nous déchirer.
Quelle que soit la difficulté de la situation
à l'extérieur, la Chine ne va pas arrêter son
développement. Pas avant que les diplomates ne cessent de faire
appel à notre bon cœur. Ni tant qu'il sera facile de fouler aux
pieds les sentiments de 1,3 milliard de Chinois, et pas avant que la
Chine ne soit en capacité de défendre la Charte et les
normes des Nations unies ainsi que la paix et la justice dans le monde
par des actes et non plus des mots.
En tant que membre permanent du Conseil de
Sécurité, la Chine se doit d'assumer la grande
responsabilité de préserver la paix mondiale. Afin de
préserver l'unité, la Chine a été
contrainte à faire usage de son veto.
Parce qu'elle est membre de la communauté
internationale, la Chine est consciente qu'elle ne peut réaliser
ses propres intérêts sans coopération avec le monde
extérieur. Mais la Chine sera également attentive
à ces pays occidentaux qui vont trop loin. Ayant par le
passé été envahie par les puissances occidentale,
la Chine comprend la souffrance qui en résulte. Ainsi la Chine
qui s'éveille ne reproduira pas les mêmes erreurs, parce
que le peuple chinois croit que ce que vous ne vous voulez pas que l'on
vous fasse, il ne faut pas le faire subir aux autres.

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