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Numéro 12 - 14
février 2012
L'éducation est un droit!
Les étudiants du Québec
poursuivent
leur lutte contre la hausse des frais de scolarité
Manifestation
des
étudiants
contre
la
hausse des frais de scolarité, le 10 novembre 2011
L'éducation
est
un
droit!
• Les étudiants du Québec
poursuivent leur lutte contre la hausse des frais de scolarité
Négociations
secrètes de l'Accord Canada-Union européenne
• Rien de rassurant pour le réseau de la
santé et des services sociaux - FIQ
Les «deux
sens» du «libre-échange»
• Les exportations de cheptel canadien
signifient
la catastrophe pour les producteurs philippins - Rick Esguerra
La pseudo-science au
service de l'impérialisme
• Le mythe du «gène de
l'agression» - Dougal MacDonald
L'éducation est un droit!
Les étudiants du Québec poursuivent leur
lutte
contre la hausse des frais de scolarité
Malgré les campagnes de dénigrement par le
gouvernement et les médias, malgré les fausses
prétentions du gouvernement de défendre un «
intérêt supérieur » et les tentatives
répétées
de criminaliser leurs prises de position, les étudiants du
Québec continuent de s'opposer à la mesure antisociale
qu'est la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest.
Les 21 et 22 janvier, la Fédération
étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la
Fédération étudiante universitaire du
Québec (FEUQ) qui représentent plus de 200 000
étudiants ont tenu
un important congrès conjoint.
« Nous ne nous tairons pas, la grogne
étudiante n'est pas prête de s'arrêter ! Nous avons
démontré les effets néfastes sur la jeunesse et
les familles qu'aurait la hausse des frais de scolarité
de Jean Charest et, pourtant, le premier ministre persiste dans son
aveuglement. Nous sommes plus déterminés que jamais
à nous battre pour l'avenir du Québec »,
déclare Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.
Lors de leur congrès, les deux
fédérations nationales ainsi que de nombreuses
associations non membres se sont prononcées pour intensifier les
moyens de pression durant la session
d'hiver. Le 31 janvier, les étudiants ont tenu une
première action en se réappropriant à leur
manière leur campus. Durant tout le mois de février,
chaque association fera une action par
semaine qui visera directement les libéraux de Jean Charest.
D'ailleurs, plus de deux cents étudiants de la
FECQ et de la FEUQ ont profité du caucus du Parti libéral
du Québec à Victoriaville le 9 février, pour lui
rappeler qu'ils talonneront les
députés libéraux cet hiver tant et aussi longtemps
que Jean Charest n'abandonnera pas l'idée de hausser les frais
de scolarité de 1625 $.
« Nous sommes devant un gouvernement têtu et
borné qui ne veut qu'une chose: appauvrir les étudiants
et leur famille. Le programme de Jean Charest n'est pas un plan de
financement,
mais un plan idéologique qui ne réglera pas les
problèmes de gestion des universités et n'améliora
en rien la qualité de l'enseignement. Une chose est on ne peut
plus claire pour nous, ce ne
sont pas aux étudiants et à leur famille d'en faire les
frais », promet Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.
Une action est également prévue lors de la
rentrée parlementaire avec la participation de l'Association
pour la solidarité syndicale étudiante (ASSÉ). Le
tout culminera avec une
manifestation nationale le 22 mars à Montréal. Toute la
population est invitée.
« Nous sommes déterminés à
faire reculer Jean Charest. Aucun étudiant n'envisage de faire
la grève de gaieté de coeur, mais s'il faut la faire,
nous la ferons. Si les libéraux ont trouvé
l'automne long, l'hiver leur sera assurément pénible
», garantit Martine Desjardins.
Pour le président de
la FECQ, Léo Bureau-Blouin, il est évident que le premier
ministre ne place pas l'éducation en tête de ses
priorités. « Par exemple, le premier ministre nous
répète ad nauseam qu'on doit investir des
milliards de
dollars dans un Klondike hypothétique au nord du 49e
parallèle. Mais ce qu'on s'est dit finalement, c'est que le
véritable
Klondike est peut-être dans la tête de chacun des jeunes
Québécois et que, si on investissait ne serait-ce qu'une
fraction de ce que le gouvernement s'apprête à investir
dans le Plan Nord, on pourrait avoir
les meilleures universités au monde. »
Le 27 janvier, plus de 200 étudiants membres de
l'ASSÉ ont bloqué l'accès à
l'édifice du ministère de l'Éducation. «
Cela fait des mois, de concert avec plus d'une centaine d'organisations
sociales, que nous répétons au gouvernement Charest que
sa hausse des frais de scolarité est nuisible pour la
majorité de la population québécoise. »
La Coalition de l'ASSÉ (CLASSÉ)
réclame une rencontre avec la ministre de l'Éducation,
Line Beauchamp. « Depuis la manifestation du 10 novembre dernier,
la ministre de l'Éducation
est restée muette. Déjà, prés de 60 000
étudiants et étudiantes envisagent sérieusement de
déclencher une grève générale si la
ministre s'entête. Si elle veut l'éviter, elle doit
prendre ses
responsabilités et nous rencontrer », concluent les
porte-paroles de la CLASSÉ.
D'ailleurs le 9 février elle a annoncé
que les conditions de déclenchement de la grève
générale ont été atteintes, le
plancher de 20 000 étudiants et étudiantes
détenant un mandat
de grève ayant été dépassé. Le
déclenchement de la grève est donc imminent.
La coalition convoquera les représentants des
médias à une conférence de presse mardi le 14
février prochain afin d'annoncer la suite de son plan d'action.
Deux importantes recherches ainsi que de nombreuses
notes d'informations ont été publiées pour
étayer le discours des étudiants. Elles
révèlent la précarité de la situation
économique
des étudiants. Ils travaillent en moyenne 19 h par semaine et 65
% d'entre eux sortent avec une dette moyenne de 14 000 $. La hausse de
1625 $ des frais de scolarité représente près de
cinq semaines de travail à temps plein. De plus, les montants
annoncés dans le dernier budget pour les prêts et bourses
n'améliorent en rien la situation économique des
étudiants. Au
contraire, dans bien des cas cela accroît l'endettement. Pour
ajouter l'insulte à l'injure, ces montants sont payés
à 98 % par les étudiants mêmes.
Selon une étude de l'Institut de recherche en
économie contemporaine (IREC), maintenir le financement actuel
du réseau universitaire en supprimant les droits de
scolarité pourrait coûter
près de 176 millions $ à l'État
québécois, soit moins de 0,25 % de son budget total.
« Ce que ça veut dire clairement, c'est que Jean Charest
essaie de nous faire croire que la hausse est
inévitable, alors que conserver et même améliorer
l'accessibilité aux études en maintenant la
qualité est réaliste pour les finances
québécoises », lance Simon Gosselin,
secrétaire général de
la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), la
deuxième plus grande association d'étudiants
universitaires du Québec.
« Jean Charest n'a jamais répondu aux
préoccupations légitimes des étudiants, Il n'a
jamais contredit les chiffres que nous avons avancés. Il
poursuit son plan d'endettement de la
jeunesse et hypothèque l'avenir du Québec tout en
laissant les administrations universitaires jouer au Monopoly
avec l'argent des étudiants et contribuables. Nous allons nous
lever, nous allons arrêter la hausse des frais de
scolarité et nous allons gagner », promettent M. Bureau
Blouin et Mme Desjardins.
Appuyons la juste lutte des
étudiants !
Aperçu de la
foule lors de la manifestation étudiante du 10 novembre 2011,
à Montréal

Négociations secrètes de
l'Accord Canada-Union européenne
Rien de rassurant pour le réseau
de la santé et des services sociaux
- Fédération
interprofessionnelle de la santé du Québec, 8
février 2012 -
Au même moment où le Réseau
québécois sur l'intégration continentale (RQIC)
rend publiques les offres secrètes du Canada et du Québec
en matière
de services financiers, la Fédération
interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
émet de sérieuses craintes quant au sort
réservé au réseau de la santé
et des services sociaux à l'issue de l'Accord économique
et commercial global entre le Canada et l'Union européenne
(AÉCG). « Après les inquiétudes
soulevées par l'Institut de recherche en économie
contemporaine (IREC), le Syndicat canadien de la fonction publique et
le Conseil des Canadiens, voilà
que la FIQ met en lumière le fait que la protection du
réseau de la santé et des services sociaux est loin
d'être assurée. Devant l'ampleur des enjeux qui sont
négociés dans cet accord, le RQIC réitère
sa demande pour que cessent ces négociations secrètes et
exige un débat public », de déclarer Pierre-Yves
Serinet,
porte-parole du RQIC.
Ouverture
complète aux marchés
À la suite de l'analyse des documents secrets
rendus publics par le RQIC et portant sur les offres du gouvernement du
Canada en matière de services,
de services financiers et d'investissements, incluant celles des
provinces, la FIQ a produit des commentaires touchant
spécifiquement son domaine d'expertise,
soit la santé, et force est de constater que les
négociations risquent d'avoir des effets désastreux.
« Qu'il s'agisse d'assurance, de services professionnels,
de services informatiques ou de marchés publics, les
gouvernements cherchent des moyens pour en soumettre une part toujours
plus grande aux marchés et
l'AÉCG ne fait pas exception. Cet accord vise à
assujettir les services publics, incluant le réseau de la
santé et des services sociaux, aux aléas de
l'économie
et de la mondialisation. C'est tout à fait inacceptable »,
de dire Michèle Boisclair, vice-présidente à la
FIQ.
La RAMQ oubliée ?
Dans les offres initiales, le gouvernement du
Québec a inscrit quelques monopoles tels que la SAQ et la SEPAQ,
mais la FIQ s'étonne de constater qu'il n'a pas jugé bon
d'inscrire de réserve, présente ou future, en ce qui a
trait à la Régie de l'assurance-maladie du
Québec (RAMQ). « Puisque la RAMQ agit comme assureur
public pour les soins de santé, il y a tout lieu de craindre que
le panier des services assurés
publiquement rétrécisse comme peau de chagrin, dans le
but de laisser libre cours au marché et aux régimes
privés d'assurances maladie et hospitalisation »,
d'expliquer Michèle Boisclair, vice-présidente à
la FIQ.
Aucune
protection pour les services sociaux
Au chapitre des services sociaux, il est
également inquiétant de constater que le gouvernement du
Québec n'a inscrit aucune réserve. C'est doublement
étonnant puisque le gouvernement du Canada a jugé bon
d'inscrire une réserve alors que les services sociaux touchent
également les compétences provinciales.
« Il y a lieu de se demander si le Québec a renoncé
à ses compétences en matière de services sociaux
et ainsi, s'en remet aux bons soins du gouvernement
fédéral. C'est d'autant plus préoccupant lorsque
l'on constate l'attitude du gouvernement Harper pour les transferts
fédéraux en santé ou pour l'avenir du
Programme de la sécurité de vieillesse. La
pérennité des services sociaux apparaît de plus en
plus menacée dans cet accord », de poursuivre la vice-
présidente.
Même si les gouvernements fédéral et
provincial tentent de convaincre la population que le réseau
public de la santé et des services sociaux est
protégé
des accords commerciaux, la FIQ est persuadée que cette
protection est clairement en danger. « Est-ce que nos
gouvernements sont en train de « vendre »
à la pièce notre réseau de la santé et des
services sociaux ? Il semble de plus en plus évident que c'est
ce qui se passe derrière les portes closes de la
négociation de l'AÉCG », a conclu madame Boisclair.

Les «deux sens» du
«libre-échange»
Les exportations de cheptel canadien signifient la
catastrophe pour les producteurs philippins
- Rick Esguerra* -
Le 24 janvier, Agriculture et Agroalimentaire Canada a
annoncé que le gouvernement des Philippines est d'accord pour
ouvrir son marché intérieur aux
exportations canadiennes de bovins, ovins et caprins. Le ministre de
l'Agriculture Gerry Ritz a dit : « Étape par étape,
marché après marché, le gouvernement
Harper travaille de près avec l'industrie afin d'élargir
l'accès aux marchés pour les produits canadiens qui se
caractérisent par leur salubrité et leur grande
qualité, ce qui a pour effet une meilleure rentabilité
pour les producteurs et une plus grande croissance de notre
économie. »
Le ministre du Commerce international, Ed Fast, a
souligné : « Le Canada est heureux de la décision
prise par les Philippines. Il s'agit d'un autre gain
pour les travailleurs et les producteurs canadiens et leur famille.
Notre gouvernement comprend l'importance de l'accès à de
nouveaux marchés pour nos
agriculteurs et nos producteurs. Nous continuerons à travailler
pour eux, sachant que la liberté et l'ouverture du commerce sont
le meilleur moyen de créer
de l'emploi et de la prospérité pour les Canadiens qui
travaillent fort. »
Alors que l'exportation du bétail peut profiter
à un petit groupe de monopoles au Canada, ce sera un
désastre pour la majorité des petits et moyens
producteurs de bovins, d'ovins et de caprins aux Philippines et causera
beaucoup de souffrance au peuple philippin.
Les bovins, les ovins et
les caprins constituent environ 10 % de la consommation totale de
viande aux Philippines. La principale consommation de viandes
est le porc et la volaille. Le problème est que la vaste
majorité de fermes de bovins, d'ovins et de caprins aux
Philippines sont de taille petite à moyenne.
Elles ne sont pas dans une position pour concurrencer avec d'immenses
monopoles d'élevage commercial du Canada. La décision du
gouvernement des
Philippines de permettre l'importation de bovins, d'ovins et de caprins
canadiens va ruiner et déplacer les producteurs locaux de ces
viandes et va causer
encore plus d'insécurité alimentaire pour le peuple
philippin.
Plusieurs Canadiens ne sont pas au courant que leur
gouvernement est directement impliqué dans le déplacement
des Philippins qui perdent leurs terres
et moyens de subsistance. Par exemple, plusieurs sociétés
minières canadiennes oeuvrent aux Philippines contre le souhait
des populations locales, dans
plusieurs cas des populations aborigènes. Lorsqu'ils
s'organisent pour défendre leurs droits et protéger leur
richesse minérale des exploiteurs étrangers, ils
sont confrontés aux forces para-militaires indirectement
financées par le gouvernement canadien par le biais des agences
d'État telles que l'Agence canadienne
de développement international (ACDI).
La domination de l'économie philippine par les
monopoles étrangers provenant des États-Unis, du Canada,
du Japon et d'autres entraîne une double
exploitation. Ces monopoles causent soit le déplacement de
l'agriculture et de l'industrie locales, soit l'exploitation des
travailleurs et des ressources locales.
Puis cela a comme résultat que des dizaines de milliers de
Philippins sont forcés d'immigrer vers l'étranger en
quête d'un avenir pour eux-mêmes. Les
familles sont divisées, entraînant des cycles de
souffrances, d'exploitation brutale et d'abus où des Philippins
très instruits vont souvent se retrouver à travailler
comme des travailleurs domestiques, des travailleurs migrants et des
travailleurs étrangers temporaires dans des pays comme le Canada.
Selon la « Stratégie 2008-2009 pour les
Philippines » du Canada, les Philippines sont la «
troisième plus grande source de résidents permanents au
Canada, le premier pays source pour les candidats des provinces et
parmi les sources les plus importantes de travailleurs temporaires
».
Les Canadiens ont besoin de s'informer sur les
conditions sociales faisant face au peuple philippin et aux crimes qui
sont commis en leur nom par le
gouvernement Harper contre les Philippins chez eux et à
l'étranger. Les Canadiens et les Philippins ont une cause
commune de s'opposer à l'impérialisme
anglo-américain dans lequel l'État canadien joue un
rôle
de plus en plus important.

La pseudo-science au service de
l'impérialisme
Le mythe du «gène de l'agression»
- Dougal MacDonald -
Récemment, les médias monopolisés
ont fait un grand cas d'une étude publiée dans une revue
philosophique européenne dont la conclusion est que la
cause principale de la guerre n'est pas l'impérialisme, mais un
instinct guerrier mâle génétiquement
déterminé. Les conclusions pseudo-scientifiques de cette
étude ont leur origine dans des recherches faites par des
biologistes nazis pour justifier les politiques meurtrières du
Reich tant en Allemagne que dans les
pays occupés. Le champ d'étude de l'auteur, la
psychologie évolutionniste[1], émane de l'étude du
comportement des diverses espèces animales, l'éthologie,
qui a été créée comme une branche distincte
de la biologie dans les années 1930 par des biologistes
autrichiens, notamment Konrad Lorenz. Konrad Lorenz
est devenu membre du Parti nazi en 1938 et a occupé une chaire
universitaire de recherche en génétique sous le
régime nazi.
La recherche fondamentale en génétique
était importante pour l'idéologie national-socialiste du
Reich, que Lorenz appuyait totalement. Dans sa demande
d'adhésion au Parti nazi, Lorenz a écrit : « Tout
mon travail scientifique est consacré aux idées du
national-socialisme ». Dans ses recherches, Lorenz a
ouvertement soutenu les idées de l'hygiène raciale,
c'est-à-dire la politique étatique qui autorise seulement
certains groupes d'individus à procréer afin de
maintenir et perfectionner une « race supérieure ».
Une de ses hypothèses théoriques principales était
que tous les comportements sociaux de l'humain sont
guidés par l'instinct de préservation de l'espèce,
c'est-à-dire la préservation de la soi-disant race
aryenne, un effort évident de justification de l'agression
nazie.
Le mythe d'un gène de l'agression est un
thème récurrent de la propagande impérialiste. En
août 2006, un chercheur de la Nouvelle-Zélande a soutenu
que le peuple autochtone Maori de la Nouvelle-Zélande
était porteur d'un gène de l'agression ou « de
guerrier », cela pour expliquer pourquoi le peuple
Maori continuait sa lutte pour ses droits héréditaires.
En 2008, des biologistes californiens ont prétendu avoir
démontré que, dans le cours de l'histoire, le
groupe le plus agressif « s'élève par la
sélection naturelle », autrement dit devient «
supérieur », fournissant ainsi une justification
pseudo-scientifique à la
domination des États-Unis. En 2009, à une
conférence raciste aux États-Unis sur le sujet de «
la préservation de la civilisation occidentale », un
professeur
de psychologie de l'Université de Western Ontario a
déclaré que les musulmans ont une personnalité
agressive et sont moins ouverts à la raison, ouvrant
la porte à la conclusion que les attaques de l'État
contre les musulmans sont nécessaires et inévitables.
Les impérialistes présentent
également une version « plus modérée »
selon laquelle les gènes ne déterminent pas le
comportement, mais créent une
prédisposition.[2] En 1992, un chercheur a suggéré
que l'anomalie chromosomique XYY chez les hommes cause un comportement
criminel, un lien génétique
longtemps recherché par les eugénistes. Par la suite,
cette proposition a été rétractée,
cependant elle a été recyclée depuis sous une
forme atténuée, les gènes
ne provoquent pas un comportement criminel, mais ils y
prédisposent. C'est encore de la pseudo-science. En fait, toute
hypothèse qui a comme prémices
qu'un gène ou des gènes spécifiques modifient,
provoquent ou transmettent des comportements quels qu'ils soient
à la génération suivante est une
absurdité.
Comme trois grands biologistes américains l'ont souligné
: « Personne n'a jamais pu établir de liens entre un
comportement social humain et un gène
particulier ou un ensemble de gènes et personne n'a jamais
proposé de plan d'expérience pour le faire. Par
conséquent, toutes les déclarations sur la
génétique
du comportement humain sont purement spéculatives ».[3]
Après la Deuxième Guerre mondiale, Konrad
Lorenz a poursuivi ses recherches et publications d'inspiration nazie,
financé en partie par la Fondation
Rockefeller. D'autres ont pris un chemin similaire.[4] Konrad Lorenz
aurait regretté son passé nazi, mais ses théories
fondamentales comme celles de
l'agression innée et de la préservation des
espèces à tout prix, n'ont jamais changé. Dans le
prologue de son livre L'Agression, une histoire naturelle
du mal de 1963, il écrit : « Le sujet de ce livre est
agression, c'est-à-dire l'instinct de
combat dans la bête et l'homme qui est dirigé contre
membres des mêmes espèces ». Dans son livre de 1973,
Les Huit péchés capitaux de notre civilisation, il
écrit : « Notre compassion pour les
déficients asociaux ... met en danger la sécurité
des non-déficients », un point de vue en faveur de camps
de concentration et d'extermination pour les
« déficients asociaux ». En 1973, en reconnaissance
de ses longs et loyaux services de justification des crimes du nazisme
et de l'impérialisme, Konrad Lorenz
a reçu un Prix Nobel de physiologie ou médecine.
Notes
1. La « psychologie évolutionniste »
suppose à tort que la nature humaine est le produit d'un
ensemble de comportements
génétiquement héréditaires qui se sont
avérés utiles à la survie humaine. La «
psychologie évolutionniste » est une forme de
déterminisme génétique ayant
comme base l'idée que les gènes décident de tout,
surtout de ce que les êtres humains « doivent » faire
pour survivre. La « psychologie évolutionniste »
repose sur le sophisme naturaliste que ce que les animaux font est
nécessairement bon. C'est également le fondement de
l'eugénisme, cette pseudo-science
qui déclare que les êtres humains peuvent être
améliorés par une « gestion biologique » de
la société.
2. Richard C Lewontin, Steven Rose, Leon J Kamin, Nous
ne
sommes
pas
programmés, La Découverte, 1985.
3. Un « gène » a été
initialement conçu comme une particule qui transmet des traits
héréditaires des parents aux enfants. Par la suite, il
est devenu clair
que ces particules n'existaient pas, mais que ces fonctions
étaient remplies par des portions de molécules d'ADN.
4. Un exemple est Robert Ardrey qui dans son livre de
1961, Les enfants de Caïn African Genesis, soutient que
la guerre et l'agression
interpersonnelles ont été la force motrice de
l'évolution humaine. Dans son livre de 1963, The Territorial
Imperative, il soutient que tant les
animaux que l'homme ont des pulsions internes qui les forcent à
s'emparer, à occuper et à défendre un territoire
donné, un concept similaire au concept nazi
du Lebensraum. Dans les années 1980, des groupes
néo-nazis américains ont lancé un mouvement
appelé Northwest Territorial
Imperative (La migration vers le Nord-Ouest) et demandaient
à tous les néo-nazis de migrer dans les cinq États
du Nord des États-Unis pour y établir
une « patrie aryenne ».

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