Les travailleurs d'Alma poursuivent la
lutte pour leurs droits
Hydro-Québec doit cesser d'acheter
l'électricité de RTA! Le gouvernement
du Québec doit rendre des comptes!
Rassemblement
des
travailleurs
d'Alma
durant
la
visite de représentants de la
CSN le 3 février 2012
RTA a mis en lockout 780 travailleurs de la section
locale 9490 du Syndicat des Métallos à Alma pour imposer
une baisse du nombre minimum garanti de travailleurs syndiqués
par rapport à la production de l'aluminium et la levée
des restrictions sur le nombre de travailleurs à contrat, non
syndiqués et à salaires inférieurs. RTA
espère briser le collectif de défense des travailleurs,
abaisser le niveau de vie de la région et permettre ainsi aux
propriétaires du capital monopoliste de retirer de la
région encore plus de valeur de la production de l'aluminium
qu'ils n'en tirent déjà.

|
Durant ce lockout, RTA vend son
électricité à Hydro-Québec. La responsable
des relations publiques de RTA, Claudine Gagnon, a confirmé dans
une déclaration aux médias que « les surplus
seront entièrement acheminés au réseau
d'Hydro-Québec ». RTA a depuis nié que
c'était le cas et le gouvernement du Québec n'a ni
confirmé ni nié qu'Hydro-Québec achète
l'électricité privée de RTA.
RTA possède six centrales
hydro-électriques, trois sur la rivière Péribonka
et trois autres sur la Saguenay. Elles peuvent produire en moyenne plus
de 2000 mégawatts par année, ce qui répond
à 90 % des besoins de la production de l'aluminium dans les
usines RTA au Québec roulant à pleine capacité.
C'est bien au-delà de la norme mondiale pour les monopoles de
l'industrie de l'aluminium. La valeur de cette
électricité privée produite par RTA se chiffre
à des centaines de millions de dollars. La vente de ne serait-ce
qu'un petit pourcentage de cette électricité signifie des
entrées d'argent énormes pour RTA, ce qui l'encourage
à continuer le lockout et à ne pas produire de
l'aluminium, privant l'économie socialisée et le peuple
du Québec d'une richesse sociale nécessaire.
Les travailleurs de l'aluminium rapportent que les
centrales hydro-électriques de RTA semblent produire à
pleine capacité. L'usine d'Alma ne fonctionnant qu'à
30 % et celles de Shawinigan et Arvida à 50 %, cette
électricité va sûrement quelque part et le seul
autre endroit est le réseau d'Hydro-Québec et à
fort prix. Hydro-Québec, qui est liée au réseau
privé de RTA à quatre endroits, déclare que tout
achat d'électricité de RTA est une affaire privée
et que le public n'a pas à en connaître les détails.
Le
référendum de 2005 représente la volonté
populaire

Une partie des noms de ceux qui soutiennent les travailleurs d'Alma
jusqu'à présent
Les agissements de RTA,
d'Hydro-Québec et du gouvernement libéral de Jean Charest
sont en violation directe de l'intérêt public et de la
volonté populaire des résidents de la région et de
leur désir d'exercer un contrôle sur leur économie
socialisée, notamment sur les ressources naturelles. Cette
volonté populaire a été clairement exprimée
dans un référendum régional tenu en rapport avec
les élections municipales du 6 novembre 2005. C'est
à 92,5 % que les répondants ont dit
« oui » à la question suivante :
« Acceptez-vous de donner à votre
municipalité le mandat de conclure une entente, avec le
gouvernement du Québec, sur la gestion de nos ressources
naturelles basée sur les deux principes suivants : Que nos
ressources naturelles (territoire, forêt, eau et mines), de
même que les redevances payées pour leur exploitation et
les emplois publics reliés à leur gestion, soient
gérés par la région et que toute l'énergie
privée, produite dans la région à des fins
industrielles, serve exclusivement au développement industriel
et à la création d'emplois au
Saguenay-Lac-Saint-Jean ? »
Ce référendum et son
résultat sans contredit expriment donc non seulement la
volonté populaire, mais aussi la frustration que les gens
ressentent de voir que cette volonté populaire n'est pas
transformée en volonté légale. La question et la
réponse donnée indiquent clairement que le gouvernement
du Québec doit cesser de violer la volonté populaire et
laisser les gens de la région contrôler leur
économie socialisée.
RTA ne doit pas
pouvoir vendre son
électricité privée à Hydro-Québec et
le gouvernement du Québec doit en être tenu responsable.
Il doit expliquer comment les intérêts privés d'un
monopole comme RTA et sa volonté deviennent la volonté
légale de l'État.
Le gouvernement du Québec n'a jamais
accepté la réponse claire donnée au
référendum de 2005. Le régime libéral
continue de fouler aux pieds la volonté populaire
représentant l'intérêt public des résidents
du Saguenay-Lac-Saint-Jean et des Québécois. Il doit
être tenu de rendre des comptes pour cette soumission à
des intérêts monopolistes privés et cette
opposition à l'intérêt public. La volonté
populaire du peuple doit devenir la volonté légale. Le
problème pour le peuple, et en particulier pour la classe
ouvrière, est de s'organiser pour résoudre ce
problème politique en pratique.
La vente de l'électricité
de RTA à Hydro-Québec doit cesser !
Le gouvernement du Québec doit être tenu redevable envers
le peuple !

La prétention de Rio Tinto de ne pas vendre
d'électricité remise en question
Nous reproduisons une lettre à la
rédaction du quotidien régional LBR.ca publiée le
24 janvier sous le titre « L'hypnose d'une population -
RTA nous dit qu'elle ne vend pas
d'électricité ».
* * *
RTA nous dit qu'elle ne vend pas
d'électricité. Si je fais un survol de la consommation
des usines présentement. L'usine Alma fonctionne à
30 %, l'usine Shawinigan à 50 %, l'usine Arvida, avec
les Soderbergs fermées, fonctionne à 50 % de sa
capacité. Normalement il devrait y avoir un surplus
d'électricité.
En supposant qu'il ne se vend pas
d'électricité, un bon gestionnaire profiterait de la
baisse de production pour augmenter les réservoirs en amont du
Lac Saint-Jean. Alors, pourquoi les pelles du barrage Isle Maligne
fonctionnent-elles à plein régime ?
Selon statistique Canada, l'année 2011 n'a
pas été une année record en précipitations,
mais elles se situent légèrement au-dessus de la moyenne
pour notre région. Avec ces données, toutes les usines
mentionnées ci-haut fonctionnaient pour la majorité
toutes ensemble depuis des années avec la capacité
énergétique produite en fonction des
précipitations.
Avec les barrages qui fonctionnent à plein
régime, j'appréhende beaucoup la saison estivale. Je suis
convaincu que l'on va nous annoncer un manque d'eau dans les
réservoirs et par conséquent ils devront
réorganiser leur production. L'électricité
rapporte beaucoup plus que de produire de l'aluminium.
Les dirigeants de RTA désirent une
compétition à l'avantage de nos alumineries pour le
futur. Les barrages sont une énergie propre et apparemment sans
fin, à coût dérisoire pour maintenant et les
années à venir. Si on se compare avec les
compétiteurs, plusieurs se servent de matière fossile
pour alimenter en énergie leur industrie. Si nous regardons les
coûts du pétrole qui ne cessent de monter en
flèche, comment sera leur coût d'approvisionnement dans 20
ou 40 ans pour ces producteurs d'aluminium ? RTA se
démarque déjà largement avec l'or bleu des
Québécois. Il est là leur moteur
économique. Il serait juste normal que la population ait un
retour avec des emplois de qualité.
Présentement RTA endort la population avec des
supposés investissements à risque considérant les
négociations à Alma. Il ne faut pas oublier qu'ils sont
ici dans un but très précis, faire
des $ $ $. Le syndicat d'Alma a une influence
négligeable sur leurs décisions. Pour eux, ce sont des
décisions d'affaires et ils n'ont pas hésité un
seul instant pour fermer l'usine Alma. Cette décision
stratégique, en bout de ligne leur rapporte d'énormes
bénéfices, même si pour cela il faut en faire payer
le prix à toute une région.
Francis Ouellet
St-Bruno

Initiatives locales

La caravane en appui aux
travailleurs d'Alma le 26 janvier 2012 (STAA)
De plus en plus de personnes prennent des initiatives en
appui aux travailleurs de Rio Tinto en lockout à Alma,
Québec. Le 26 janvier, une résidente de l'Ascension,
une petite municipalité non loin d'Alma, a organisé un
cortège de voitures qui ont circulé durant plus d'une
heure dans les rues d'Alma arborant des drapeaux et des rubans du
syndicat. L'action a débuté avec seulement quelques
voitures, mais en l'espace de quelques minutes, elles étaient
plus de 250. « Je n'ai absolument aucun lien avec les
employés si ce n'est un voisin qui travaille à
l'usine », a dit la jeune résidente.
« Cette manifestation, c'est un coup de coeur, c'est un cri
pour que les gens se réveillent et réalisent ce qui est
en train de se passer avec une multinationale qui est dans sa tour de
cristal et qui joue les pions à sa guise », a-t'elle
ajouté. « La cause des travailleurs de l'usine Alma
me touche beaucoup. Je regarde ces gars qui se mettent à nu et
qui se privent de leur salaire pour faire en sorte que nous, les
jeunes, on puisse continuer à bénéficier de bons
salaires dans notre région. »
Le cortège est passé devant le bureau du
syndicat où il a été salué par plus de 50
travailleurs affichant leurs pancartes et drapeaux du syndicat,
profondément touchés par une telle manifestation d'appui.
Le cortège s'est ensuite dirigé vers les 2 lignes de
piquetage.
« Ça faisait chaud au coeur de les
voir passer », ont dit les travailleurs sur les lignes de
piquetage. Au passage du cortège, les gens dans leur maison
faisaient clignoter leurs lumières, les piétons saluaient
de la main et les automobilistes klaxonnaient en signe d'appui,
souhaitant plein succès aux travailleurs d'Alma.
Fiers de leur action, les gens se sont mis à
discuter d'actions futures pour aider les travailleurs à faire
plier la compagnie.

Rencontre prochaine avec le médiateur
À la demande du syndicat, l'exécutif du
Syndicat des travailleurs d'aluminium d'Alma va rencontrer le
13 février le médiateur nommé en
décembre 2011 par la ministre du Travail du Québec.
Il y aura une rencontre entre le médiateur et seulement le
syndicat. Il n'y a pas eu de pourparlers entre le syndicat et Rio Tinto
depuis que la compagnie a mis les travailleurs en lockout durant la
nuit du Nouvel An, 24 heures après avoir utilisé 150
gardes de sécurité pour expulser brutalement les
travailleurs durant leur quart de travail.
S'adressant à des
groupes communautaires à Alma, le président Marc Maltais
a dit que le syndicat est prêt à retourner à la
table de négociation et a souligné de nouveau que les
travailleurs n'ont pas de demandes salariales ou en avantages sociaux
dans le présent conflit. C'est une lutte pour garantir des
emplois de qualité à long terme pour le bienfait de toute
la région, a-t-il déclaré.
Il a ajouté que c'est aussi un combat pour
s'assurer que Rio Tinto reconnaisse le syndicat comme le
représentant légitime des travailleurs. « Le
problème, la compagnie ne nous écoute pas. La compagnie
aurait le moyen de régler tout ça en reconnaissant le
syndicat. On ne veut pas gérer cette usine, on veut
l'opérer. »
Il a dit que la durée du conflit dépend
des directeurs de Rio Tinto. « Quelqu'un qui a une bonne
idée de la durée du conflit, c'est Étienne Jacques
(vice-président de Rio Tinto Alcan Métal primaire pour
l'Amérique du Nord). Il peut décider... Ma crainte, c'est
que le conflit va durer et notre gouvernement regarde tout ça
sans broncher. Dans un conflit comme ça, tu ne peux pas
être neutre. On est victime d'une attaque en règle d'une
multinationale. »

Une délégation de la CSN rend
visite aux travailleurs d'Alma

Alma le 3 février:
Le président de la CSN Louis Roy (à gauche), et Alain
Lamprom, président de la Fédération de l'industrie
manufacturière, en compagnie de Marc Maltais, président
du Syndicat des travailleurs de l'Aluminium d'Alma.
(STAA)
Le 3 février, une délégation de la
Confédération des syndicats
nationaux (CSN) s'est rendue à Alma rencontrer les travailleurs
et leur
exprimer le ferme appui de la centrale. Les
travailleurs d'Alma sont eux-mêmes affiliés à la
FTQ. La délégation de
la CSN était dirigée par son président Louis Roy
et le président de la
Fédération de l'industrie manufacturière Alain
Lampron. La fédération représente environ 30 000
travailleurs du
secteur manufacturier et notamment les travailleurs de l'aluminerie de
Rio Tinto à Shawinigan et les travailleurs de Fer et
Titane de Sorel-Tracy, également propriété de Rio
Tinto.
« Aujourd'hui, a dit Louis Roy, on est là
la CSN, parce qu'on pense
que dans cette bataille-là, si vous êtes devant
aujourd'hui, nous
sommes tous derrière vous parce qu'on va tous devoir
à l'affronter dans les jours qui viennent... Aujourd'hui, on
voit des
compagnies comme la vôtre qui essaient de nous ramener 100, 150
ans en
arrière. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils veulent
briser fondamentalement ? Oui, ils veulent diminuer nos conditions de
travail mais ce qu'ils veulent briser, c'est la solidarité
ouvrière.
Ils ne veulent plus de regroupements syndicaux comme
le vôtre qui se tiennent debout et qui sont capables de leur
faire
face. »
Il a dit qu'une fois que des monopoles comme Rio Tinto
sont capables
d'imposer quelque chose aux travailleurs comme l'utilisation sans
limite de la sous-traitance, ils essaient de
l'imposer à tous les travailleurs. « Ils ont
déjà commencé, ils n'ont
pas été capables à certains endroits et là
ils s'essaient encore
aujourd'hui et c'est pour ça qu'il faut tenter de les
arrêter
maintenant car ces compagnies-là, quand elles commencent, elles
n'arrêtent pas... Il n'est pas question de les laisser passer ici
à
travers le syndicat d'Alma pour imposer la sous-traitance. »
Alain Lampron a salué les travailleurs au nom de
la Fédération de
l'industrie manufacturière et a dit que les relations de travail
se
sont beaucoup détériorées depuis que Rio Tinto
s'est
emparé d'Alcan. Il a dit que tous les travailleurs sont unis
dans ce
combat qui va bien au-delà des affiliations syndicales.
Marc Maltais, le président du Syndicat des
travailleurs de
l'aluminium d'Alma, a chaleureusement remercié la
délégation de la CSN
et dit à quel point est précieuse l'unité
combattante
de tous les travailleurs pour faire plier Rio Tinto.

Le Comité d'entreprise européen
de Rio Tinto proteste contre le lockout
Dans une dépêche du 6 février,
la Fédération internationale des
syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines
et des
industries diverses
(ICEM) nous apprend que le Comité d'entreprise européen
(CEE) de Rio Tinto
a condamné le producteur mondial de minerais et de métaux
pour le
lockout
des 780 membres de la section locale 9490 du Syndicat des
Métallos, le
Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma.
La secrétaire du CEE, Véronique Roche,
qualifie de « position
destructrice et socialement irresponsable » le refus de la
direction de
Rio Tinto de même
considérer les propositions du syndicat.
L'intervention de la Secrétaire du CEE, de Paris,
survient alors que
le Syndicat des Métallos ainsi que l'ICEM et la
Fédération
internationale des
organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) lancent
une
campagne pour attirer l'attention et mobiliser les pressions contre la
multinationale, au
nom des travailleurs de la fonderie d'Alma.
L'ICEM annonce également la tenue d'une grande
manifestation le
31 mars à Alma, à 380 km au nord de Montréal,
où Alcan a son siège
social. La
veille, le Comité de la région de l'Amérique du
Nord de l'ICEM se
réunira dans la région en signe de soutien aux
métallos d'Alma.
La campagne d'envoi de lettres de protestation au PDG de
Rio Tinto,
Tom Albanese, lancée en janvier par les affiliés de
l'ICEM et de la
FIOM, a
« suscité le jour même une réaction de
l'entreprise ... qui a éteint
ses télécopieurs pour éviter un déluge de
protestations ».
Mais la pression n'a pas relâché pour
autant. Une lettre du 2
février adressée par le CEE à Tom Albanese dit :
« Veuillez savoir que
notre instance
européenne se tiendra aux côtés du Syndicat des
Métallos dans tous les
efforts qui seront organisés en Europe et ailleurs, et nous
participerons au combat
jugé nécessaire par le Syndicat des Métallos pour
repousser ces
attaques antisociales. »
Le CEE a demandé que Rio Tinto intervienne pour
mettre fin à ce
lockout et exige de la direction locale de reprendre les pourparlers et
de négocier
loyalement un accord juste, équitable et acceptable pour les
travailleurs et travailleuses et qui ne détruise par le tissu
social de
la communauté.

Inacceptable destruction du secteur
manufacturier
Fermeture d'une usine d'électroménagers
à Montréal
- Normand Chouinard -
Un autre coup dur pour le secteur industriel de l'Est de
Montréal et l'économie du Québec, l'usine Mabe,
anciennement Camco (qui était détenue majoritairement par
GE), va fermer ses portes d'ici la fin de 2014. C'est ce qu'a
indiqué la haute direction de la compagnie aux 600 travailleurs
de cette usine en opération depuis plus de 60 ans. Cette
fermeture survient malgré de nombreuses concessions des
travailleurs en 2006 pour essayer de sauver l'usine. Les raisons
centrées sur le capital invoquées par la direction sont
les mêmes que celles avancées par d'autres monopoles pour
justifier leurs décisions antisociales, soit que les coûts
de la main-d'oeuvre et la parité du dollar canadien avec le
dollar américain ne rendaient plus possible la
compétitivité de l'usine.

Lors des
manifestations contre la
fermeture de l'usine Goodyear à
Valleyfield le 3 février 2007
|
Mabe est un monopole mexicain qui possède aussi
des usines aux États-Unis et au Mexique. Déjà en
2008, elle avait transféré une partie de sa production
faite au Québec vers ses usines au Mexique et, en janvier 2009,
elle avait licencié 150 travailleurs à la suite de la
perte d'un contrat avec le monopole Home Depot. Une partie importante
de la production qui se fait au Québec était
envoyée aux États-Unis et la compagnie invoque maintenant
la chute des ventes aux États-Unis pour justifier la fermeture
de l'usine de Montréal.
La direction de l'entreprise a rejeté
d'emblée la possibilité d'une relance, affirmant que
même avec d'autres concessions des travailleurs jumelées
à une subvention gouvernementale, la décision resterait
la même. Selon sa logique, il n'est plus possible de produire des
appareils ménagers au Québec tout en étant
concurrentiel, l'écart de rentabilité serait trop grand,
affirme la direction dans son communiqué.
Cette fermeture annonce la fin de la production
d'appareils électroménagers au Québec. Rappelons
que le monopole Electrolux a pris la décision de fermer son
usine de l'Assomption à l'automne 2011 et que Whirpool
avait fait de même à son usine de Montmagny dans la
région de Québec, voilà quelques années.
La fermeture de cette usine s'ajoute aux nombreuses
autres fermetures depuis le début de la jeune année
2012 : White Birch à Stadacona, dans la région de
Québec, Lab Chrysotyle en Beauce, la mine du géant
dormant dans le nord-est du Québec, la scierie de Maniwaki
(conséquence de la fermeture de White Birch), les fermetures
des usines de Cedrico à Lac-au-Saumon et à La Martre et
d'autres.
Malgré la relance de l'ancienne usine Domtar
à Lebel-sur-Quevillon, annoncée en grande pompe par Jean
Charest lui-même plus tôt cette semaine (en conjonction
avec Fortress Papers qui reçoit un prêt sans
intérêt de 120 millions $ du gouvernement du
Québec échelonné sur 10 ans), la destruction
nationale dans les différentes régions du Québec,
incluant sa métropole, se poursuit à un rythme
accéléré.
La fermeture de Mabe à Montréal a
été annoncée par les médias
monopolisés comme une fatalité, comme étant la
seule solution possible, un simple fait de la vie. Aucune alternative
n'a été proposée concernant une éventuelle
relance de l'usine, la direction de Mabe ayant « mis en
garde » qu'elle n'en accepterait pas. On ferme, un point
c'est tout. Le gouvernement a crié son
« indignation » pendant un jour ou deux, puis
plus rien.
Les travailleurs du Québec doivent
résolument s'opposer à ce climat de fatalité
créé par les monopoles et leurs représentants
politiques. Ce climat sème le désarroi et veut faire
croire que fermer une usine est devenu une chose routinière et
commune, et que le rôle des travailleurs est d'être des
victimes passives et sans recours devant cette destruction du secteur
manufacturier. Fermer une entité productive, telle l'usine de
Mabe, n'a rien de routinier. Cette décision a des
conséquences dramatiques irrémédiables sur des
milliers de travailleurs et sur l'économie en
général. Arrêtons la logique insensée des
riches ! Une autre direction est possible pour notre
économie ; ce sont les travailleurs qui doivent prendre la
responsabilité de développer leur propre programme
prosocial pour mettre fin à la folie destructrice des monopoles.
C'est cette perspective qui permet de renverser le climat
défaitiste qui est créé et elle peut se faire et
doit se faire.

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