Impositions arrogantes des monopoles
forestiers
Menaces et chantage de Produits forestiers Résolu
- Pierre Chénier -
Manifestation contre la
fermeture de la machine à papier numéro 6 à
l'usine
Kénogami de Papiers
forestiers Résolu le 26 novembre 2011 (FTQ)
Le 31 décembre 2011, le ministre des
Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, a
annoncé que le gouvernement du Québec ne renouvelait pas
le bail de la centrale Jim Gray sur la rivière Shipshaw dont
jouit Produits forestiers Résolu (PFR – l'ex-AbitibiBowater) et
qui est venu à terme le 31 décembre. La centrale Jim
Gray est la plus puissante des sept centrales de PFR et elles
alimentent les usines d'Alma et de Kénogami au
Saguenay-Lac-Saint-Jean.
L'annonce du ministre faisait suite à la
fermeture de la machine à papier numéro 6 de l'usine
Kénogami et au refus de l'entreprise de s'engager formellement
à faire des investissements dans ses usines de la région
au cours des dix prochaines années. Selon le communiqué
du ministre, le gouvernement prendra possession de la centrale
Jim Gray après une période de transition se terminant
à la fin de février.
En janvier, le PDG de PFR Richard Garneau a fait une
série de commentaires des plus arrogants. Il a dit aux
médias locaux que le monopole est en train d'examiner toutes ses
options et que toutes les options sont sur la table, y compris
poursuivre le gouvernement (ce qui est une seconde nature pour Garneau)
et délaisser la région en laissant
les communautés à l'abandon puisque PFR contrôle
à toutes fins pratiques toute l'industrie forestière de
la région.
C'est particulièrement choquant de voir Garneau
en appeler aux maires de la région de faire pression sur le
gouvernement pour qu'il accorde tout ce que demande PFR sinon les
municipalités vont en subir les conséquences. Lors d'une
entrevue au début janvier au journal Le Quotidien il
a dit :
« Nous ne sommes pas là encore
[à l'étape de la poursuite en cour]. Il va falloir que
les maires posent des questions eux aussi, car ça va les
toucher. Il faut continuer le dialogue, car c'est sérieux pour
les communautés, c'est toute la région qui est
concernée. Il faut que les gens saisissent les enjeux et les
conséquences des gestes
posés. »
C'est carrément une menace. C'est comme la mafia
qui offre sa « protection ». C'est fait pour
empêcher les gens de réfléchir de façon
rationnelle à la crise de l'industrie forestière et ce
qu'il faut faire pour lui bâtir un avenir durable.
Pendant ce temps, Garneau exige qu'on lui garantisse son
approvisionnement en bois. Il veut qu'on lui garantisse tout le bois
qu'il demande peu importe les décisions d'affaires qu'il va
prendre. Il dit qu'il a besoin de cette garantie d'approvisionnement en
bois pour conclure des ententes de prêts avec les institutions
financières. En fait, il veut
tout simplement créer une situation où l'entreprise a un
accès garanti à la ressource, mais pas d'obligation de
créer des emplois ou de produire dans la région. C'est un
arrangement inacceptable et ça ne doit pas passer.
Tout en proférant ces menaces, PFR est
discrètement en train de changer la façon dont il
opère. À l'usine Kénogami, ce ne sont pas
seulement les travailleurs affectés à la machine
numéro 6 qui sont mis à pied mais d'autres dont les
emplois sont envoyés en sous-traitance. Cela fait un certain
temps maintenant que PFR songe à rouvrir
l'usine de Dolbeau-Mistassini qu'il a fermée en 2009, mais
l'usine fonctionnerait avec un nombre réduit de travailleurs,
c'est-à-dire seulement ceux dits essentiels à la
production et les autres positions seront données en
sous-traitance.
PFR a également fait une offre d'achat hostile du
fabricant de pâte Fibrek qui opère une usine à
Saint-Félicien et deux aux États-Unis. Cette acquisition
donnerait à PFR un contrôle encore plus complet de
l'industrie forestière de la région. Le syndicat local
des travailleurs de Fibrek est très inquiet à
l'idée que PFR s'empare du producteur de
pâte. Le président du syndicat a rappelé que
l'usine a appartenu à AbitibiConsolidated de 2000 à
2002 (AbitibiConsolidated est l'entreprise qui a fusionné
avec Bowater en 2007 pour former AbitibiBowater). Il a dit que les
travailleurs ont été soulagés quand l'usine a
été vendue à SFK Pâte, qui est devenue
Fibrek par la suite. Mais
c'est Abitibi qui a gardé le contrat d'approvisionnement en
copeaux et en écorces pour l'usine de pâte et il a
causé toutes sortes de problèmes, allant jusqu'à
briser le contrat en 2009.
« Ils nous ont pris en otage quand il
était en faillite en cassant notre contrat d'approvisionnement,
nous rendant vulnérables, a dit le président du syndicat.
Il a fallu renégocier et le nouveau contrat est moins
avantageux. » En 2009, SFK a poursuivi AbitibiBowater en
cour pour bris de contrat, mais le juge de la Cour supérieure du
Québec a donné raison à AbitibiBowater en disant
que le contrat nuisait à la réorganisation du monopole
sous la loi de la protection de la faillite.
L'arrogance extrême du PDG de PFR est l'expression
d'un diktat de monopole, ce qui n'est pas acceptable pour les
communautés et travailleurs forestiers. Les travailleurs
revendiquent des arrangements acceptables basés sur l'avantage
mutuel qui reconnaissent les droits des travailleurs, le droit des
régions de se développer et de s'épanouir et
attribuent des obligations aux monopoles qui utilisent les ressources
naturelles appartenant au peuple.

La Cour suprême déboute Catalyst Paper
dans sa «révolte» contre les taxes municipales
en Colombie-Britannique
Le 20 janvier, la Cour suprême du Canada a encore
une fois rejeté l'appel du monopole des pâtes et papiers
Catalyst Paper qui refuse de payer au sujet les taxes foncières
à la municipalité de North Cowinchan sur l'île de
Vancouver, en Colombie-Britannique. La cour a maintenu une
décision de la Cour supérieure
de la Colombie-Britannique rejetant la prétention du monopole
que les taxes réclamées étaient trop
élevées par rapport aux services qu'il en retire.
L'affaire remonte à fort loin, au moment
où Richard Garneau, aujourd'hui PDG de Produits forestiers
résolu (anciennement AbitibiBowater), était le PDG de
Catalyst Paper, soit de 2007 à 2010. À la tête
de Catalyst, Garneau a fermé des moulins, fait du chantage
contre les travailleurs pour leur extorquer
des concessions et dirigé une « révolte contre
les taxes municipales ». Sous son règne, Catalyst a
refusé en 2009 de payer ses taxes dans les quatre
municipalités où l'entreprise opérait des usines
de pâtes et papiers. D'autres monopoles forestiers lui ont
emboîté le pas et ont cessé de payer leurs
taxes municipales.
Les quatre municipalités ont poursuivi Catalyst
devant la Cour supérieure de la Colombie-Britannique et en
décembre 2009 la cour a statué que les
municipalités ont le droit de déterminer leur taux de
taxation. Catalyst Paper a fait appel de la décision devant la
Cour d'appel de la province. La Cour d'appel
a maintenu la décision de la Cour supérieure et Catalyst
en a appelé de cette décision devant la Cour
suprême du Canada.[1]
Dans une décision unanime des sept juges, la Cour
suprême du Canada vient donc de rejeter les arguments de Catalyst
Paper et de déclarer que les taxes municipales
réclamées par la municipalité n'étaient pas
déraisonnables et que les municipalités ont le droit
d'appliquer des taux différents à des types de
propriété
différents. La juge en chef Beverley McLachlin a jugé que
la cour n'a pas le pouvoir de rejeter des règlements municipaux
pour la seule raison qu'un règlement impose un fardeau de taxes
plus élevé à certains contribuables. Elle a dit
que la cour, lorsqu'elle doit déterminer si un règlement
municipal est raisonnable
ou non, doit tenir compte d'une série de facteurs pouvant
justifier une décision des conseillers municipaux d'imposer des
taux de taxation différents. Elle a dit que la cour peut
invalider un règlement seulement s'il est manifestement
déraisonnable à la lumière de tous les facteurs
dont doivent tenir compte les autorités
concernées.
La porte-parole de Catalyst s'est dite
déçue du jugement, mais elle a ajouté que Catalyst
Paper va poursuivre ses discussions avec la municipalité en ne
manquant pas de lui rappeler que le jugement de la Cour reconnaît
que le taux de taxes imposé par la municipalité est
particulièrement élevé.
Note
1. Garneau a quitté Catalyst Paper pour
devenir PDG d'AbitibiBowater en 2010 et retourner à sa
région natale, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il ne lui a fallu que
quelques mois pour y intenter une poursuite contre la petite
municipalité de Saint-David-de-Falardeau, encore une fois sous
prétexte de taxes municipales trop élevées.
Garneau songe maintenant à poursuivre le gouvernement du
Québec pour n'avoir pas renouvelé le bail de la centrale
hydroélectrique Jim Gray, également au
Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La crise de l'industrie forestière
est aggravée
par les mesures antiouvrières
Les propriétaires de la papeterie
White Birch à Québec ferment les portes


À Québec le
3 janvier 2012
Le 12 janvier, les propriétaires du monopole
du papier White Birch ont annoncé que l'usine de papier de la
ville de Québec, fermée depuis le 9 décembre
sur une base dite temporaire, ne rouvrira pas ses portes. Les
travailleurs exigent que le gouvernement du Québec et le maire
de Québec interviennent.
L'annonce de la fermeture permanente est tombée
le 12 janvier tard en soirée, 24 heures après
que l' « offre finale » des propriétaires
eut été rejetée à 91 % par les
travailleurs présents à l'assemblée
générale. Les travailleurs rapportent que l'offre
comprenait une réduction salariale
de 21 % et des coupures au fonds de pension qui auraient
occasionné pour les travailleurs âgés de plus de
55 ans une réduction de 45 % de leur fonds de pension
et une réduction de 65 % pour les travailleurs de moins de
55 ans.
Les propriétaires de White Birch ont émis
un communiqué pour tenter de justifier la fermeture. Ils y
affirment
entre autres : « Au cours de la dernière
année, nous avons fait plusieurs offres ainsi que des tentatives
de négocier de bonne foi une solution viable. Elles ont toutes
été rejetées du revers
de la main par le [Syndicat des communications de l'énergie et
du papier (SCEP)] et ses dirigeants. Suite au rejet de notre offre
finale par le syndicat, nous n'avions pas d'autre option que de fermer
l'usine de façon permanente. Sans réductions importantes
touchant aux salaires, aux avantages sociaux et à d'autres
coûts, Stadacona ne peut tout simplement pas
survivre. »
Depuis que l'usine s'est placée sous la
protection de la faillite au début de 2010, ces
« nombreux efforts » de la part de White Birch
pour négocier de bonne foi avec les travailleurs se
résument à répéter la même chose pour
convaincre les travailleurs d'accepter de mettre fin à leur
fonds de pension
et d'accepter d'autres concessions intenables.
Les travailleurs ont répondu à cette
annonce avec une manifestation devant l'usine le 13 janvier. Ils
ont exprimé leur ferme opposition à ce nouveau coup pour
leur soutirer des concessions et surtout leur ferme
détermination à empêcher le vol de leurs pensions.
Le ministre québécois des Ressources
naturelles et de la Faune, Clément Gignac, a dit aux
médias qu'il n'était pas heureux de l'annonce de la
fermeture permanente et qu'il étudierait les possibilités
de maintenir l'usine ouverte. Il a dit qu'il songeait à offrir
à White Birch la possibilité de prolonger le paiement
de son déficit sur les pensions sur 15 ans plutôt que
sur 5, comme le gouvernement québécois l'avait fait pour
AbitibiBowater (dit Résolu), lorsque celle-ci s'était
placée sous la protection de la faillite. Le syndicat demande
que le gouvernement intervienne pour ramener les deux partis à
la table de négociation
et que White Birch examine une contre-offre du syndicat relative
à l'offre finale de la compagnie. Le maire de Québec
Régis Labaume a exprimé son mécontentement face
à l'annonce de la fermeture permanente et l'a qualifiée
d'irrespectueuse et d'arrogante.
La lutte des travailleurs contre la restructuration
antiouvrière menée sous les auspices de la protection de
la faillite perdure depuis maintenant deux ans. En février 2010,
White Birch, l'un des principaux producteurs de papier journal en
Amérique du Nord, a demandé la protection de la faillite
aux États-Unis et
au Canada. White Birch opère trois usines au Québec
(Stadacona à Québec, Rivière-du-Loup, et Masson
dans l'Outaouais) et une autre à Ashland, en Virginie. La
protection de la faillite a entraîné une restructuration
sous forme d'un consortium formé par White Birch lui-même
et Black Diamond Capital Management
pour faire l'acquisition des trois usines québécoises.
Les tribunaux du Québec ont accepté la transaction
à condition que le consortium en arrive à des ententes de
principe avec les syndicats représentant les travailleurs des
trois usines.
Aucune entente n'a été conclue parce que
le consortium insiste pour que les travailleurs acceptent la
terminaison de leurs fonds de pension. Les travailleurs ont
indiqué dès le départ qu'ils n'accepteraient pas
cette demande. Le 22 décembre, les acheteurs potentiels ont
présenté une offre aux travailleurs de
Rivière-du-Loup et de Masson que ceux-ci ont rejetée de
façon massive. Cette offre fut proposée à chaque
syndicat séparément, malgré le fait que
jusque-là les pourparlers entre le consortium et les trois
syndicats
(trois sections locales du SCEP) ont eu lieu à une table commune.
Les travailleurs dénoncent aussi le fait que
White Birch a offert au propriétaire, Peter Brant,
35 millions $ en « frais de service » au
cours des deux dernières années alors qu'eux doivent
subir tous ces bouleversements.
Les travailleurs déclarent que cette lutte n'est
pas terminée et qu'on ne doit pas permettre
à White Birch aux acheteurs potentiels de voler leurs pensions
en toute
légalité et d'occasionner tant de bouleversements dans la
vie des communautés concernées.

Lettre ouverte d'un retraité de Papiers Fraser
et victime de Brookfield à Thurso, Québec
Les membres de
l'association Les Victimes de Brookfield du Nouveau-Brunswick se sont
réunis le 12 janvier pour
élaborer leur stratégie pour 2012. Leurs homologues du
Québec ont fait la même chose le 20 janvier. Les victimes
de Brookfield ont subi des pertes de 35,4% à 40% de leurs
pensions à l'issue de la procédure de faillite de Papiers
Fraser.
Nous reproduisons une lettre ouverte publiée sur
le site du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et
du papier le 24 janvier. La lettre est de Rémi
Séguin de Thurso, Québec, qui est un retraité de
Papiers Fraser et membre du groupe Les Victimes de Brookfield. Ce
groupe de retraités conteste
le vol des pensions par Brookfield Asset Management, qui s'est
emparée de Papiers Fraser en 2009 et l'a restructuré
sous la protection de la loi sur les faillites, profitant des clauses
de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des
compagnies (LACC) pour voler les retraités.
* * *
Je sympathise avec les retraités de Papier White
Birch...voici ce que j'ai vécu avec la LACC.
J'ai travaillé pendant 39 années
à l'usine de papier de Thurso. J'ai travaillé autant de
nuit que de jour, ma santé en a mangé un coup. Maintenant
que je suis retraité et que j'ai enfin le droit de profiter de
toutes ces heures travaillées à combattre le sommeil,
voilà que la Cour de justice de l'Ontario vient
mettre un terme à tout ça et, en plus, c'est au profit
d'une compagnie multimilliardaire qu'elle l'a fait.
Historique
Le 6 janvier 2009 , la compagnie Brookfield
Asset Management qui est déjà propriétaire
majoritaire de Papiers Fraser à 60 % fait l'acquisition de
16,3 millions d'actions ordinaires et 81,5 millions de bons
de souscription d'actions ordinaires pour un montant de 120 millions de
dollars et devient actionnaire majoritaire de Papiers Fraser à
75 %. Six mois plus tard, oui six mois plus tard, après
avoir acheté pour 120 millions d'actions, Brookfield Asset
Management demande à la cour de justice de l'Ontario de mettre
la compagnie Papiers Fraser sous la loi de la protection de la
faillite,
ce que la Cour de justice de l'Ontario lui accorde. Bizarre !
L'usine de Papiers Fraser de Thurso est vendue à
Papier Fortress. L'usine de Papiers Fraser au Nouveau-Brunswick qui,
à l'époque, aux yeux de Brookfield Asset Management
n'était plus rentable car, ne l'oublions pas, cette usine a
été mise sous la protection de la faillite par
elle-même. Aujourd'hui, qui en est
le propriétaire majoritaire, encore Brookfield, mais l'usine
fonctionne sous le nom de Twin Rivers. Bizarre !
Aujourd'hui à Thurso, l'usine de papier sous la
gérance de Fortress est soudainement devenue rentable, et
l'usine Papiers Twin Rivers au Nouveau-Brunswick qui est
gérée par nul autre que Brookfield elle-même,
compagnie qui l'a mise en faillite en juin 2009, est soudainement
devenue rentable. Bizarre !
La Cour de justice de l'Ontario nous a condamnés
nous retraités à payer une partie des créanciers
de Papiers Fraser à même notre fonds de pension. Ce qui
réduit, comprenez-moi bien, notre salaire d'environ 40 %
jusqu'à la fin de nos jours. Imaginez-vous demain si on vous
coupe 40 % de votre
salaire à vie sans espoir d'augmentation, et que vous devez
subir quand même les augmentations telles que taxes,
électricité, gaz etc... et ce, pour payer des
créanciers comme des banques et ainsi de suite !
Bizarre !
Aujourd'hui, pendant que Brookfield Asset Management,
qui soit dit en passant a un portefeuille de 150 MILLIARDS $,
continue de faire des millions de profits et aussi même avec son
usine Twin Rivers, fait de nous des victimes de Brookfield. Nous avons
dû dire adieu à nos rêves de retraite si
chèrement
gagnés, à nos loisirs et aussi à l'héritage
à nos enfants.
Malheureusement la justice est ainsi faite ; elle
donne au plus riche le droit de se servir des lois pour voler.
Renseignements :
Rémi Séguin
Victime de Brookfield
Thurso, QC
819-985-1600
remyseg@gmail.com

Le chantage de Catalyst Paper contre
les travailleurs en Colombie-Britannique
Le 15 janvier, le monopole des pâtes et
papiers Catalyst Paper, en Colombie-Britannique, a annoncé une
entente avec ses créanciers pour un plan de recapitalisation qui
efface de la dette un montant de 315,4 millions US $, accorde
aux détenteurs d'obligations 90,5 % des actions de la
société et met en place un nouveau conseil
d'administration qui remplace entièrement l'ancien. L'entente
survient quelques semaines après que Catalyst ait reporté
le paiement de 21 millions US $ sur les intérêts
sur un billet garanti de premier rang venant à
échéance en 2016.
Les détendeurs d'emprunts obligataires garantis
ont conclu une entente prévoyant un échange de billets
représentant 390,4 millions US $ pour de nouveaux
billets équivalents à 325 millions US $ et
80 % des nouvelles actions de la société. Les
détenteurs d'obligations non garanties
pourront échanger leurs billets représentant 250 millions
US $ en billets pour 15 % des nouvelles actions ainsi que
4,5 % d'actions additionnelles pourvu qu'ils entérinent
l'entente avant le 27 janvier, qui est la date
d'échéance pour arriver à un consentement. Une
fois l'entente acceptée, les
détenteurs d'obligations vont contrôler 99,5 % des
actions de la société. Les détenteurs actuels des
actions auront l'accès à 0,5 % des nouvelles actions
restantes.
La société doit remplir deux conditions
d'ici le 31 janvier pour que l'entente soit
approuvée : l'approbation par les deux tiers des
détenteurs des obligations garanties et non garanties et une
nouvelle convention collective aux trois usines de pâtes et
papiers situées le long de la côte de la
Colombie-Britannique.
Catalyst fait pression sur les travailleurs pour renégocier plus
tôt et signer une nouvelle convention collective avant
l'expiration de la présente prévue pour le 30 avril. Elle
affirme que l'entente avec les créanciers ne sera pas valide et
qu'elle devra se mettre sous la protection de la loi sur les faillites
advenant un refus
des travailleurs. Jusqu'à présent les travailleurs des
usines de Port Alberni et de Powell River en sont venus à une
entente mais pas les travailleurs de l'usine de Crofton. Ils ont
rejeté au début de l'année un projet de
règlement et un autre vote a été appelé par
la direction du syndicat. Catalyst exige des concessions
sur les salaires et les conditions de travail.
Toute la restructuration doit être paraphée
d'ici le 31 mars. Si l'entente ne va pas de l'avant, Catalyst
déclare qu'elle a un plan pour demander la protection
relativement à ses créanciers aux termes de la Loi
sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

L'incertitude plane sur le secteur forestier:
Les travailleurs doivent protéger
leurs conventions collectives
- Entrevue: Bob Daggett,
vice-président, section locale 89 du Syndicat des
communications, de l'énergie et du papier (SCEP) à
Kapuskasing -
La section locale 89 représente les
travailleurs de l'usine de papier journal de Tembec Spruce Falls
à Kapuskasing, dans le nord de l'Ontario. Il y a aussi une
scierie liée à la papeterie, ce qui est avantageux
puisque notre approvisionnement en copeaux provient de cette scierie.
La main-d'oeuvre globale,
y compris les cadres, est d'environ 600 personnes. Dans notre travail
pour représenter les membres, et il s'agit là d'une
caractéristique du secteur dans son ensemble, nous faisons face
à une grande incertitude – incertitude face au prix du bois et
du papier journal, face aux demandes du marché pour ces produits
et face à la situation financière de l'industrie.

Rassemblement
à Smooth Rock Falls en 2009 pour protester contre la
démolition de l'usine de Tembec qui devait être le lieu
d'une coopérative
d'affaires. Le projet n'a pas fonctionné parce que le
gouvernement a refusé
de lui accorder un quota de bois.
|
Nous sommes déterminés à
protéger nos conventions collectives. Nous essayons de
protéger ce que nous avons. Nous sommes sans contrat depuis
maintenant plus d'un an et demi. Nous travaillons présentement
avec un contrat qui est bon. Nous ne sommes pas pressés d'aller
nous asseoir à la table de négociation.
Une amélioration pour l'industrie nous serait tous favorable et
nous ne voulons pas avoir à répondre à une liste
de concessions. Nous voulons assurer que notre fonds de pension reste
le même et que nos avantages sociaux ne soient pas
modifiés. Jusqu'ici, nos avantages sociaux touchant à la
retraite ont été modifiés.
Au moment de la retraite à 65 ans, lorsque le Régime
de pensions du Canada devient accessible, les retraités peuvent
demeurer avec le régime de la compagnie, mais leurs cotisations
sont très élevées.
Lorsque nous négocions, nous devons être
constamment au courant du contexte d'ensemble de l'industrie, tout en
espérant qu'elle va faire un virage et que les ventes de
pâtes et papiers seront à la hausse. Nous sommes
conscients des circonstances affectant l'industrie, par exemple, la
fermeture par Tembec de
son usine à Smooth Rock Falls en 2006 ainsi que la
récente fermeture de l'usine Tembec Pine Falls au Manitoba,
après que les travailleurs eurent déclaré la
grève. Nous devons tenir compte de comment Tembec a agi envers
les travailleurs dans ces endroits.
Une autre pression qui s'exerce sur le secteur est
l'utilisation de l'énergie biomasse, laquelle
compétitionne avec l'industrie des pâtes et papiers. Des
compagnies se servent de la biomasse pour produire de
l'électricité et il n'existe aucun plafond pour les taux
d'électricité. Se servir des ressources
forestières pour
les pâtes et papiers devient moins tentant que de s'en servir
pour
produire de l'électricité.
Un autre facteur qui affecte l'ensemble du secteur est
la possibilité de développer le secteur minier dans la
région. Nous étions une région à industrie
unique, mais la croissance des mines offre d'autres
possibilités. L'industrie minière est devenue plus
omniprésente. Il y a présentement des projets en cours un
peu
partout. Il y a de l’activité au-delà de l'usine. Il
existe un gisement de potasse, il y a la réouverture d'une mine
d'or et d'autres projets d'extraction minière sont
présentement en développement. Il y a aussi une certaine
activité à l'usine.
Depuis un bon bout de temps, il n'y a eu que
réduction des effectifs, absence de formation et
réduction du nombre de travailleurs. Récemment, l'usine
s'est mise à embaucher jusqu'à un certain point. La
relève est importante parce l'âge moyen à l'usine
est d'environ 50 ans et nous avons besoin de remplacements.
Nous ne parlons pas ici d'augmenter la main-d'oeuvre. Les chiffres en
termes de main-d'oeuvre ont chuté au fil des ans et les
changements technologiques ont joué un rôle important
à cet effet.
La population de Kapuskasing est d'environ 5000
habitants. Lorsque j'étais au secondaire, nous étions
12 000. Lorsque j'ai débuté à l'usine, il y
avait 2000 travailleurs dans le bois et notre section locale
avait 1000 membres. Il existe toujours un groupe forestier
lié à l'usine et qui travaille
avec de l'équipement de haute technologie. Ce groupe
représente environ 100 travailleurs.
L'incertitude est partout. L'an dernier, le complexe
métallurgique de Kidd Creek à proximité de Timmins
a été fermé par Xstrata et pourtant il
était à la fine pointe de la technologie. Nous avions une
fonderie à cet endroit, mais Xstrata l'a fermée. Le
propriétaire était autorisé à transporter
les minéraux vers Québec
et à les transformer là-bas, épargnant ainsi des
millions de dollars grâce aux taux hydroélectriques
inférieurs. Ce n'est pas correct. Les minéraux qui
subissent l'extraction ici devraient être transformés ici
même dans la région. Il en va de même pour le bois.
Si Tembec décide de ne pas opérer ici, il peut autant
déménager
le bois ailleurs. Une telle mesure ne s'est pas encore produite ici,
mais c'est toujours possible.

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