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Dans son discours de clôture de la 8e période ordinaire de sessions, le président Raul Castro a déclaré : « Nous ne négligerons pas un seul instant l'unité de la majorité des Cubains autour du Parti et de la Révolution, cette unité qui nous a permis d'arriver jusqu'ici et de continuer d'aller de l'avant dans la construction de notre socialisme ». Le président Castro a résumé les rapports sur l'état de l'économie cubaine. Il a dit que celle-ci a connu une évolution acceptable et soutenue et que le produit intérieur brut s'est accru de 2,7 %, moins que le 3,0 % escompté, notamment en raison de la non-exécution de certains ouvrages du plan d'investissement et de manquements dans la production de certains produits agricoles, dans l'industrie alimentaire et dans celle des matériaux de construction. Il a souligné qu'en 2011 la relance graduelle de la production sucrière avait été amorcée, que le chiffre record de touristes étrangers avait été dépassé et que l'équilibre monétaire interne avait été maintenu ainsi que la dynamique favorable dans le rapport productivité-salaire moyen. Il a expliqué les progrès faits en vue de restaurer la crédibilité internationale de l'économie nationale, dans le respect le plus strict des obligations financières issues de la renégociation de la dette envers les principaux créanciers, une politique qui va continuer d'être renforcée. Le président a souligné que, en 2012, le PIB devrait augmenter de 3,4 % et que malgré une augmentation de la production nationale d'aliments (notamment le riz et les graines), qui entraînera une diminution des importations de ces produits, ces dernières s'élèveront à un peu plus de 1,7 milliard $. Il a également annoncé que le déficit du budget de l'État se maintiendra à 3,8 % du PIB tout en assurant rationnellement les services gratuits à la population en matière de santé, d'éducation, de culture et de sport, ainsi qu'en matière de sécurité sociale, de même que les subventions au panier de la ménagère réglementé et aux personnes aux revenus insuffisants pour acheter des matériaux de construction, entre autres. Parlant du bon fonctionnement de l'économie cubaine, le président Castro est intervenu fermement sur le problème de la corruption et du travail pour l'éliminer ; il a dit qu'il y a un besoin impérieux « de faire en sorte que nous, les dirigeants aux différents échelons, depuis la base jusqu'aux plus hauts postes du pays, nous assumions une conduite ferme face à l'indiscipline et au manque de contrôle des recouvrements et des paiements, qui constituent l'une des causes et l'une des principales conditions qui encouragent le délit. Je suis convaincu que la corruption est aujourd'hui l'un des principaux ennemis de la Révolution, et qu'elle est beaucoup plus nuisible que l'activité subversive et d'ingérence du gouvernement des États-Unis et de ses alliés à l'intérieur et en dehors du pays. « La Cour des comptes de la République, le ministère Public et les organes spécialisés du ministère de l'Intérieur ont pour instruction de combattre ce fléau avec toute la sévérité que nos lois autorisent, comme à un moment donné ils ont combattu le trafic de drogue naissant, à partir de janvier 2003. [...] « Je pense qu'il est bon de rappeler qu'il ne s'agit pas d'une campagne de plus, comme cela a pu arriver par le passé lorsque les actions visant à rétablir l'ordre, au fil du temps, se sont estompées pour céder la place à la routine et la superficialité, donnant raison à ceux qui disaient que les choses reviendraient au point où elles se trouvaient auparavant, et qu'ils pourraient s'enrichir au dépend du patrimoine de notre peuple. « [...] Nous sommes décidés à faire respecter les instructions émanant du gouvernement et des accords du Congrès du Parti. Il en va de même pour les bureaucrates corrompus, ceux qui sont arrivés à leur poste à coup de simulation et d'opportunisme et qui s'en servent encore aujourd'hui pour accumuler des fortunes, tout en pariant sur une éventuelle défaite de la Révolution. » Au sujet de la politique migratoire de Cuba, le président Castro a déclaré : « Le 1er août dernier, j'ai publiquement abordé la question devant ce Parlement, et j'ai expliqué que nous travaillions à l'actualisation de la politique migratoire en vigueur, et que nous progressions dans la reformulation et l'élaboration de normes et de réglementations, conformément aux conditions du présent et de l'avenir prévisible. Je réitère aujourd'hui toutes et chacune des opinions qui ont été avancées à cette occasion, ainsi que notre volonté intangible d'introduire progressivement les changements requis dans cette problématique complexe, sans cesser d'évaluer dans leur intégralité les effets favorables et défavorables de chaque pas que nous ferons. » Dans le domaine des affaires étrangères, le président Castro a indiqué que : « 2011 a été une année convulsée pour le monde. Nous remarquons aujourd'hui des tendances de plus en plus dangereuses et réactionnaires, alors que les expressions de résistance et de protestation populaire contre le capitalisme néolibérale ne cessent de croître. Les mécanismes des Nations unies, créés pour préserver la paix et la sécurité, ont été manipulés pour imposer à la planète la tyrannie des États-Unis, qui assument comme modèle le « changement de régime », la violation des principes du droit international et se servent des grands groupes financiers et médiatiques pour attiser la haine et la violence. » Il a souligné les nombreuses manifestations contre les inégalités sociales qui ont lieu dans les pays développés et a exhortés les gouvernements de ces pays à écouter ces revendications légitimes. Il a également parlé de l'importance de la création de la Communauté des États d'Amérique latine et de la Caraïbes (CELAC) le 2 décembre dernier et souligné que Cuba a eu l'honneur d'être élu à l'unanimité à la présidence de la CELAC en 2013 et accueillera son troisième Sommet prévu à la fin de cette même année. Avant de conlure son discours, le président a informé l'Assemblée que « le Conseil d'État, dans un geste humanitaire et souverain, a décidé d'amnistier plus de 2 900 condamnés ». « Parmi ceux-ci figurent des femmes, des malades, des personnes âgées de plus de 60 ans, ainsi que des jeunes, qui ont amélioré leur niveau d'instruction et leurs possibilités de réinsertion sociale. » Il a indiqué que cette amnistie ne concernait pas les personnes condamnées pour des délits d'espionnage, terrorisme, assassinat, homicide, trafic de drogue, pédérastie avec violence, viol ou corruption de mineurs et vol avec violence. « L'amnistie entrera en vigueur dans les prochains jours, comme un nouveau témoignage de la générosité et de la force de la Révolution cubaine », a-t-il ajouté. « Nous tenons aussi à faire
part de
notre disposition à accorder la remise
en liberté
anticipée à
86 ressortissants étrangers, de
25 pays, y compris de 13 femmes,
condamnés par nos
tribunaux pour des délits commis
à Cuba, avec la
condition préalable que les
gouvernements de leurs pays
d'origine accepteront leur
rapatriement. » La ministre Lina Pedraza a expliqué que l'avant-projet tient compte des Orientations de la politique économique et sociale adoptées par le VIe Congrès du Parti, notamment ceux liés à la politique macro-économique, et que l'on observe une meilleure coordination entre les objectifs du plan de l'économie et le budget à tous les échelons, en accord avec les Orientations. Elle a rappelé que le système fiscal progressera graduellement comme un élément de redistribution des revenus, que la culture fiscale et de responsabilité sociale de la population continuera de se renforcer, comme le seront également les mécanismes de contrôle fiscal. L'Assemblée nationale a approuvé le Plan économique et la Loi du budget pour 2012, qui prévoit une croissance du PIB de 3,4 %. Plus de la moitié des dépenses prévues au budget sont pour l'éducation, la santé, la culture et le sport, en ligne avec la priorité donnée au domaine social par le gouvernement cubain. Plus de 800 millions de pesos sont affectés aux subventions aux personnes à faible revenu. La ministre a souligné que ces mesures permettront d'assurer le bien-être des Cubains et du pays tout entier. Elle a indiqué que ces fonds permettront, par exemple, d'offrir des matériaux de construction à des prix subventionnés comme moyen de contribuer à la relance et à l'augmentation de fonds d'habitation du pays. Les résultats de la mise en oeuvre des Orientations de la politique économique et sociale du Parti et de la Révolution ont été exposés par Mario Murillo, membre du Bureau politique et vice-président du Conseil des ministres, qui a relevé le caractère prioritaire accordé au développement de formes de gestion non étatiques, compte tenu du poids qu'ils représentent dans la vie économique du pays. En matière de politiques macro-économiques, il a rappelé les mesures introduites pour remettre de l'ordre dans les recouvrements et les paiements du pays, et en ce qui concerne le perfectionnement des systèmes et des organes de direction du pays, et il a fait allusion à la disparition du ministère du Sucre et à la création de l'Organisation supérieure de direction des entreprises. Sur le plan sectoriel, le vice-président a affirmé que les efforts ont été concentrés dans le secteur agricole et l'élevage en raison de leur importance pour l'économie nationale. Un autre aspect important du renouvellement de la Révolution sont les efforts de Cuba « pour lutter contre la corruption et l'indiscipline sociale », rapporte Granma international. Ce travail a été déployé par les organes de justice du pays depuis 2007. Les principales actions menées dans la lutte contre la corruption et l'indiscipline sociale ont été au centre des Rapports de bilan du Tribunal suprême populaire et du ministère Public, présentés aux députés durant la séance plénière par Ruben Remigio Ferro, président du Tribunal suprême, et Dario Delgado Cora, procureur général de la République. Ferro a mis l'accent sur les progrès obtenus dans des indicateurs essentiels qui déterminent la qualité judiciaire : l'allègement des procédures, le respect des garanties des personnes concernées, l'adoption de décisions judiciaires correctes et l'application effective des sanctions. À ce sujet, il a précisé que sur le nombre total de cas présentés aux tribunaux, 87 % ont été résolus et 91 % des condamnations ont été prononcées. Le président du Tribunal suprême a également accordé un intérêt spécial à l'application efficace de la politique tracée par la Loi et par la direction de l'État. Il a expliqué que les tribunaux agissent avec suffisamment de sévérité et de rigueur contre les responsables des comportements les plus nuisibles pour la sécurité nationale, la stabilité économique, politique et sociale du pays, ainsi que pour la tranquillité des citoyens. Ils adoptent une approche différenciée pour les cas moins graves. Dario Delgado s'est fait l'écho de la demande des procureurs, qui souhaitent des sanctions plus sévères pour les délits associés à des actes de corruption, de prévarications, de détournements de fonds, au trafic de drogue, au proxénétisme, à l'abattage illégal de bovins ou à la commercialisation illicite de viande bovine, au vol de matériel destiné aux programmes énergétiques, de télécommunications et ferroviaire, ainsi qu'au vol avec effraction. Ils demandent également des mesures alternatives à la privation de liberté pour les responsables de délits moins graves. « Ce genre de procédure favorise considérablement la réinsertion des citoyens dans la société », a déclaré Ferro, avant de relever le travail réalisé par le ministère Public dans la mise en oeuvre de la politique pénitentiaire conçue pour la prise en charge des jeunes, étroitement liée à l'instruction scolaire et à la formation technique. Du fait de son impact social, Dario Delgado a souligné la participation des procureurs aux procédures familiales, avec un accent sur la protection légale des mineurs présentant des troubles de conduite ou qui sombrent dans la délinquance. Le rapport des deux organes, qui ont été approuvés par les députés, a été lu par José Luis Toledo Santander, président de la Commission chargée des Affaires constitutionnelles, qui a recommandé au Tribunal suprême et au ministère Public de procéder à une analyse intégrale du système de justice pénale en vue d'introduire de nouvelles formes de lutte contre les délits, afin de pouvoir concentrer toute la force du pouvoir de l'État contre les plus graves, et d'alléger les procédures pour les délits moins graves. (Radio Havane Cuba, Granma International)
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