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Pâtes et papiers
Une autre fraude de faillite pour déposséder les travailleurs
- Pierre Chénier -
Cela fait maintenant depuis février 2010 que le monopole des pâtes et
papiers White Birch, un des plus gros producteurs de papier-journal en
Amérique du Nord, est sous la loi de la protection de la faillite. White Birch
emploie plus de 1100 travailleurs dans ses trois usines du Québec, à
Stadacona, Rivière-du-Loup et Gatineau et elle possède aussi l'usine de Bear
Island aux États-Unis.
Bien que sous la protection de la loi de la faillite, les usines fonctionnent
à plein surtout maintenant que les prix du papier-
journal sont en hausse. On s'attend néanmoins à ce que White Birch
demande et obtienne une nouvelle extension de sa période de protection au-delà de la date butoir du 22 août.
En septembre 2010, ;lors d'un un encan autorisé. par les tribunaux
qui s'est tenu à New York, White Birch a été achetée pour un montant
.équivalent au quart de sa valeur par son créancier garanti principal, la
société américaine d'investissement Black Diamond à la tête d'un
consortium qui comprenait également le Crédit suisse et Caspian Capital
Advisors. La Cour supérieure du Québec a approuvé le résultat de l'encan
mais elle n'autorisera la vente que si Black Diamond signe de nouvelles
conventions collectives avec ses travailleurs. Cette décision de la cour n'était
pas un signe de reconnaissance des droits des travailleurs , notamment de
leur droit à avoir leur mot à dire sur leurs conditions de travail, mais une
façon de mobiliser le plein pouvoir des monopoles impliqués, des
gouvernements et des tribunaux pour extorquer des concessions aux
travailleurs tout en appelant cela des négociations.
Black Diamond depuis n'a fait que menacer et lancer des ultimatums
aux travailleurs de White Birch pour les forcer à « accepter »
les concessions sur les pensions, les salaires et les heures travaillées (une
semaine de travail qui passerait de 40 à 45 heures).
Cela fait des mois que Black Diamond et le gouvernement Charest
tiennent des négociations secrètes et les médias monopolisés disent
maintenant qu'une entente a été conclue en ce qui concerne les pensions qui
sont l'enjeu de la principale demande de concessions. Black Diamond avait
d'abord dit qu'elle ne signerait aucune convention collective à moins que les
travailleurs n'acceptent que les fonds de pensions soient tout simplement
terminés. Suite au refus des travailleurs, Black Diamond avait alors dit
qu'elle ne ferait pas les paiements d'équilibre dans les fonds de pension pour
en combler le déficit qui est estimé à environ 180 millions $. Le
gouvernement Charest a refusé de défendre les pensions des travailleurs, qui
leur appartiennent de droit, en exigeant qu'elles soient sécurisées. Bien au
contraire, le bruit qui court maintenant c'est que White Birch va se prémunir
de la loi 11 récemment adoptée et étaler ses paiements d'équilibre sur
15 ans plutôt que 5. Pendant ce temps, les concessions en salaires et
sur la semaine de travail sont toujours sur la table. Pour ajouter l'insulte à
l'injure, les dirigeants de White Birch ont récemment versé
6 millions $ en soi-disant frais de service au propriétaire Peter
Brant pour les trois premier mois de 2011.
Maintenant, alors que la période de protection sous la loi de la
protection de la faillite tire à sa fin, les médias monopolisés disent que la
vente de White Birch à Black Diamond est loin d'être chose faite et que la
faillite est toujours possible. Des experts ont aussi ajouté à l'incertitude en
disant que les usines n'en ont plus que pour 10 ou 15 ans même si on
les laisse survivre encore un peu.
Qu'est-ce qu'.on est en train de mijoter ? Les monopoles, avec le
plein appui des gouvernements et des tribunaux, complotent contre les
travailleurs pour leur voler ce qui leur revient de droit et transférer
d'énormes montants de richesse sociale des poches des travailleurs vers les
coffres des monopoles.
Si la vente se réalise, elle n'apportera pas de sécurité aux travailleurs et
ne garantira pas leurs pensions ni aucune de leurs autres demandes qui font
partie de leurs réclamations à la valeur qu'ils produisent. Si la vente est
conclue, les travailleurs seront censés remercier leurs sauveurs pour le coup
de fortune qu'ils viendront de réaliser aux dépens des travailleurs et cela
jusqu'à ce qu'ils en redemandent encore plus y compris en se remettant sous
la loi de la protection de la faillite. Si la vente échoue, on dira aux
travailleurs qu'ils n'ont qu'eux-mêmes à blâmer car ils auront joué leur
avenir à la roulette en refusant d'être réalistes et d'accepter les
concessions.
On ne devrait pas permettre aux monopoles d'utiliser la protection de la
faillite ou la menace de se placer sous cette protection pour extorquer des
concessions et faire des coups de fortune.


Bulletin du 4 novembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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