Le
                                        Marxiste-Léniniste

Numéro 46 - 31 décembre 2011

2011 en revue

Le mouvement ouvrier bâtit sa résistance
et son organisation

En 2011, le mouvement de la classe ouvrière est sorti des sentiers battus. Le défi de 2012 est d'étendre cette tendance à tout le pays et d'en faire l'Année de la résistance et de l'organisation, l'Année de la classe ouvrière !

Les métallos de Hamilton, avec le leadership de la section locale 1005 des Métallos, ont défendu leur dignité et sont sortis de leur bataille de onze mois contre US Steel avec honneur. Ils ont mis à profit leur conscience sociale et contribué à renforcer la conception du monde de la classe ouvrière comme force du changement dans la société. Ils ont créé de nouvelles formes d'organisation pour investir leurs membres du pouvoir de participer consciemment à l'analyse des conditions concrètes, de prendre des décisions en tant que collectif sur les questions stratégiques et tactiques et de mettre en oeuvre ces décisions en tant qu'individus assumant leur responsabilité sociale. Ce faisant, les métallos ont renforcé leur voix indépendante à Hamilton et ont trouvé de nouvelles façons d'unir la communauté autour des efforts de la classe ouvrière pour défendre ses droits et les droits de tous contre le droit de monopole et pour bâtir une économie qui suffit à ses besoins et qui se développe dans tous les secteurs et toutes les régions, sous le contrôle des Canadiens.

Ailleurs, les travailleurs d'Air Canada et de Postes Canada ont également fait un pas audacieux à la défense de leurs droits contre les voleurs qui contrôlent ces sociétés d'État et contre la dictature Harper. Par des mesures parlementaires et bureaucratiques injustes et destructrices pour nier aux travailleurs leurs droits, la machine d'État sous la gouverne de Harper a été exposée en tant qu'instrument au service des propriétaires du capital monopoliste, contre la classe ouvrière.

L'action politique contre la classe ouvrière s'est répétée au Québec avec une loi qui attaque les travailleurs de la construction et, en Ontario, avec une loi qui enlève aux travailleurs du secteur public le droit de faire la grève à la défense de leurs conditions de vie et de travail. En Colombie-Britannique, la classe politique intervient directement dans le secteur de l'éducation pour attaquer les enseignants et délibérément affaiblir le système d'éducation public pour le laisser en proie à la privatisation discrète. À Toronto, un groupe d'individus des plus réactionnaires et antiouvriers ont pris le pouvoir. L'administration Ford est déterminée à privatiser « tout ce qui n'est pas cloué au plancher » pour remettre les avoirs actuels et potentiels de la ville à ses patrons monopolistes, mettre des travailleurs à pied et appauvrir une bonne partie des résidants de la ville.

Rien de tout cela n'a réussi à intimider les travailleurs, qui résistent avec une vigueur renouvelée. Les travailleurs de la construction au Québec persistent dans leur lutte pour défendre leurs droits, comme le font aussi les travailleurs du secteur public à Ottawa et partout au pays. Les travailleurs de l'éducation en Colombie-Britannique et les étudiants au Québec défendent activement les conditions d'enseignement et le droit à une éducation publique gratuite et de qualité. Les travailleurs contestent le droit de monopole et le pouvoir absolu de la classe politique et, par la participation consciente à la bataille, identifient ce qu'il faut faire pour changer la situation en faveur du peuple.

Un nouvel équilibre basé sur la reconnaissance des droits

Le refus des monopoles mondiaux et de leurs représentants politiques de reconnaître le droit public et les droits des véritables producteurs, la classe ouvrière, a provoqué un déséquilibre au pays. Le déséquilibre se manifeste dans l'incapacité et le refus des monopoles mondiaux et de la classe politique de résoudre la crise économique en faveur du peuple. Qui plus est, ils se servent de la crise comme excuse pour soutirer d'autres concessions aux travailleurs, consolider leur pouvoir économique et politique et empêcher la classe ouvrière d'assumer sa position d'autorité et de mettre en pratique son programme prosocial pour résoudre les problèmes et la crise de manière à servir les intérêts du peuple et de la société.

Contrairement aux prétentions farfelues de la dictature Harper, qui prétend que la classe ouvrière est responsable des perturbations de l'économie, le déséquilibre et la crise économique sont une conséquence directe des agissements de ceux qui sont en position d'autorité et qui empêchent la classe ouvrière de donner une nouvelle direction à l'économie et de résoudre les problèmes, qui attaquent les droits de la classe ouvrière et de la société comme avec la privatisation des services publics, dont les services municipaux, l'éducation et la santé ; l'extorsion des travailleurs pour leur soutirer des concessions, dont les attaques contre les pensions ; l'ingérence des gouvernements dans les affaires des organisations ouvrières et les tentatives de saboter leurs activités de défense et leur organisation ; l'élimination des programmes sociaux sous la devise médiévale que tous doivent subvenir à leurs besoins, chacun pour soi ; la braderie néolibérale du pays aux monopoles mondiaux sous la bannière du « libre échange » qui détruit le secteur manufacturier tout en transformant l'économie de base en simple réserve des matières premières non transformées ou semi-transformées ; le refus d'obliger les investisseurs monopolistes nationaux et étrangers à respecter les normes sur l'avantage pour le Canada, comme pour US Steel, Vale, Xstrata et Produits forestiers résolu (AbitibiBowater) ; le refus de reconnaître les droits des Premières Nations, de leur verser des réparations pour les torts du colonialisme et de leur permettre de se bâtir une base économique qu'elles contrôlent sur leurs territoires ; le sans-gêne avec lequel les gouvernements remettent l'argent du trésor public à des monopoles privés ; le refus d'établir des institutions financières publiques à but non lucratif où les travailleurs peuvent déposer leurs avoirs et épargnes en toute sécurité et comme source interne de fonds de développement pour l'édification nationale ; la destruction illégale des institutions publiques comme la Commission canadienne du blé ; l'imposition forcée de partenariats public-privé aux municipalités pour permettre aux monopoles mondiaux de s'emparer de l'eau du Canada, de ses hôpitaux, infrastructures et autres avoirs publics, en somme la domination du public par le droit de monopole et le refus de reconnaître les droits de la classe ouvrière. Tout cela crée le déséquilibre que la classe ouvrière refuse d'accepter. C'est notre économie et c'est notre pays. Les travailleurs ne réclament rien de moins que leurs droits et un équilibre basé sur la reconnaissance de ces droits.

Les événements de 2011 ont appris à la classe ouvrière que l'équilibre ne peut être établi que par la participation consciente des individus à l'activité de s'organiser en des collectifs de défense pour mettre le plein poids du nombre, de la détermination et de la conscience sociale de leur côté dans la bataille de classe. Les monopoles mondiaux, la dictature Harper et les autres niveaux de gouvernement vont continuer de refuser de reconnaître les droits des travailleurs à moins d'y être forcés et tenus responsables par une Opposition ouvrière consciente, organisée et résolue.

En 2012, organisons-nous et mettons à contribution la force du nombre, notre détermination et notre conscience sociale, par l'action avec analyse, pour défendre les droits de tous et pour un nouvel équilibre basé sur la reconnaissance des droits des travailleurs qui prépare les conditions pour une alternative centrée sur l'être humain !

En 2012, amenons l'organisation et l'activité de la classe ouvrière au niveau qui établit la tendance de la classe ouvrière pour une nouvelle direction pour l'économie et les affaires politiques qui ne peut être arrêtée !

À qui l'économie ? Notre économie !
À qui le pays ? Notre pays !
En 2012, bâtissons la résistance et l'organisation ouvrières !

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