Pour une nouvelle direction pour l'économie

AbitibiBowater (maintenant Produits forestiers Résolu)

Ne les laissons pas tout détruire sur leur passage!

Lundi le 12 décembre, Produits forestiers Résolu, AbitibiBowater sous un nouveau nom, a annoncé la fermeture définitive de la machine à papier numéro 6 de l'usine Kénogami au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce sont 150 travailleurs qui se retrouvent sans emploi dès le 16 décembre. Il ne reste plus qu'une seule machine à papier en opération à l'usine Kénogami. C'est le PDG de PFR, le messager de la mort Richard Garneau lui-même qui est venu annoncer la nouvelle à la direction locale et aux 3 syndicats de l'usine et s'est enfui après une rencontre qui a duré 30 minutes.

Cette fermeture définitive survient quelques semaines à peine après la manifestation de plus de 1000 personnes à Saguenay qui ont exigé le maintien en opération de la machine numéro 6 et l'arrêt des tentatives de Produits forestiers Résolu de monter les gens et les municipalités les uns contre les autres, faisant de la mort de l'un la condition de la survie de l'autre. La fermeture définitive survient également quelques jours à peine après l'annonce d'une fermeture dite temporaire de cette machine à papier sous prétexte d'un manque de commandes. Tout le monde avait prédit, en se basant sur des expériences antérieures, que la machine ne serait jamais remise en marche. PFR vient en plus d'annoncer la fermeture au moins jusqu'en mai prochain de la scierie Arbec à l'Ascension au Saguenay–Lac-Saint-Jean et il envisage ouvertement vouloir fermer une machine à l'usine Laurentide de Shawinigan.

La direction de PFR a tenté de justifier la fermeture en disant que la machine est vieille et peu productive, que le marché du papier supercalandré pour les encarts commerciaux est bas et que la fermeture de la machine est une façon de prévenir la fermeture totale de l'usine. Elle a dit également que la fermeture de la machine numéro 6 fait partie du plan d'affaires de l'entreprise suite à son émergence des procédures de protection de la faillite, lequel plan aurait été présenté au gouvernement Charest au mois d'août.

Les travailleurs et les régions n'accepteront jamais que la destruction que cause PFR sur son passage est un plan d'affaires qui est acceptable pour la société québécoise. Si l'on juge le plan aux mesures par lesquelles il est mis en application, on voit clairement à quel point il est désastreux. Il est fait de fermetures d'usines et de machines, de paroles au sujet de possibles réouvertures si les travailleurs et le gouvernement consentent de nouvelles concessions (et encore la réouverture n'est pas garantie), d'hypothétiques investissements à condition que ce soit le gouvernement du Québec qui fasse le gros de « l'investissement ». Bref, c'est un plan de pillage du trésor public, de transfert de la richesse sociale des poches des travailleurs vers les coffres du monopole, d'appauvrissement des régions et de compression extrême de l'industrie forestière québécoise et canadienne.

Tout cela assorti d'une menace à peine voilée que PFR, qui contrôle près de 80 % des approvisionnements en bois au Saguenay–Lac-Saint-Jean, pourrait fermer l'industrie forestière de la région et menacer celle de tout le Québec, ou se placer à nouveau sous la loi de la protection de la faillite. Ce plan ne fait qu'aggraver la crise de l'industrie forestière. Il rejette même du revers de la main les propositions avancées par les travailleurs et les acteurs régionaux sur la modernisation de la machine numéro 6 ou la diversification de l'industrie à partir des installations existantes. Au coeur du plan d'affaires, on trouve l'exigence présentée par le monopole à l'effet que lui seul doit décider, et avec une arrogance et un manque de respect sans borne, de tout ce qui va se produire dans l'industrie. C'est un plan de soumission totale au diktat de l'entreprise et une course vers l'abîme.

Le gouvernement Charest n'agit pas dans l'intérêt public quand il prétend avoir les mains liées dans le cas de fermetures d'usines. Selon Clément Gignac, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, la décision de fermer une usine est une décision d'affaires purement privée. Mais les monopoles ne sont pas des entités privées. Ils mobilisent des quantités énormes de ressources humaines, naturelles et matérielles qui sont mises en oeuvre dans le cadre des opérations du monopole. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c'est toute une région qui dépend de l'industrie forestière et minière contrôlées par quelques géants. Le gouvernement a le devoir de défendre le moyen de subsistance des gens et d'assurer un développement économique qui permet aux régions de se développer. Dans une situation où l'économie est dominée par les monopoles, le gouvernement doit défendre l'intérêt public en établissant des arrangements d'avantages mutuels entre les monopoles et la population.

Le ministre Gignac ne doit pas se cacher derrière les vagues promesses d'investissements de Produits forestiers Résolu ou les limitations de la loi 8 qui gouverne le bail de la rivière Shipshaw pour abandonner les travailleurs et la région. Le ministre suggère même que si Produits forestiers Résolu lui présente un plan d'investissements pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, (lesquels seront en grande partie financés par le gouvernement lui-même), alors il autorisera Produits forestiers Résolu à fermer les usines qui, selon l'entreprise, ne font plus partie de son plan d'affaires même si la loi 8 dans sa forme actuelle l'interdit. Il cherche à échapper à la demande populaire qui est de maintenir et étendre l'emploi forestier comme condition sine qua non aux avantages hydroélectriques du monopole et d'inscrire clairement cette condition dans la loi.

Dans sa forme actuelle, la loi 8 accorde en location une partie des ressources hydrauliques de la rivière Shipshaw à AbitibiConsolidated ( la loi a simplement été étendue à AbitibiBowater suite à la fusion de 2007) afin d'alimenter les centrales hydroélectriques du monopole. La loi dit que le bail peut être résilié à tout moment si le monopole ferme une de ses usines dans la région. Le bail de la rivière Shipshaw arrive à terme le 31 décembre et doit être renouvelé. Plutôt que de défendre l'esprit avec lequel les gens considèrent la loi, qui est de défendre l'emploi forestier, le ministre Gignac dit qu'il ne peut rien faire parce que ce n'est pas toute l'usine Kénogami qui vient d'être fermée mais une de ses deux machines. C'est inacceptable. Le gouvernement peut très bien dire à PFR qu'il ne va pas renouveler le bail de la rivière Shipshaw si PFR procède à la fermeture de la machine numéro 6. La défense du moyen de subsistance des travailleurs et des régions peut très bien être le point de départ du renouvellement de l'industrie forestière. Un gouvernement qui aurait la volonté politique de défendre les travailleurs et les régions pourrait faire plein de choses pour corriger la situation. Produits forestiers Résolu ne s'arrêtera pas de lui-même dans sa destruction des moyens de subsistance des gens et de l'industrie. C'est à nous tous de l'arrêter et de faire entendre la voix de la dignité populaire.

Dans tout cela, il est clair que de plus en plus de travailleurs et d'acteurs régionaux en arrivent présentement à la conclusion que Produits forestiers Résolu n'a pas sa place au Québec ni au Canada. Le fait même qu'il ait procédé à la fermeture de la machine, à quelques semaines du temps des fêtes et de l'expiration du bail de la rivière, et alors que la région était en train de se placer en mode solution pour défendre l'économie régionale, montre qu'il se considère comme étant au-dessus de la société québécoise et canadienne. Dans l'année qui vient, il faut intensifier notre travail pour défendre et renouveler l'industrie forestière avec ceux qui ont à coeur l'intérêt des travailleurs, des populations et de l'industrie.

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AbitibiBowater en Nouvelle-Écosse

Gangstérisme d'une compagnie extorquant des millions à la population

Chaque semaine qui passe voit l'élaboration de nouvelles manoeuvres scandaleuses de la part du PDG Richard Garneau d'AbitibiBowater dit Resolute Forest Products pour payer les riches et pour extorquer de l'argent des Canadiens. Cette fois, Garneau et sa bande de cadres et de détenteurs du capital et de dette se sont sauvés avec une cagnotte de 50 millions $ et peut-être un 40 millions $ supplémentaire. La classe politique au pouvoir en Nouvelle-Écosse remet à Garneau des fonds publics suite à ses menaces à l'effet qu'il pourrait fermer l'usine de papier à Queens County sur la rive sud. La Washington Post Company détient une participation minoritaire de 49 % dans l'usine Bowater Mersey.

L'arrogance de la bande à Garneau et du Washington Post est telle que pas un seul cadre dirigeant ne s'est donné la peine de se présenter le 2 décembre à Liverpool, en Nouvelle-Écosse, pour la remise officielle de l'argent. Le premier ministre néodémocrate, Darrell Dexter, ainsi que quelques membres de la classe politique de la Nouvelle-Écosse, se sont trouvés fin seuls pour expliquer pourquoi ils se départissaient d'une telle somme puisée à même les fonds publics. La cérémonie en question a pris une tournure encore plus embarrassante lorsqu'il fût annoncé récemment que deux anciens cadres de Bowater avaient été récompensés d'une somme additionnelle de 4 millions $ en indemnité de départ alors que les travailleurs ont vu leur propre réclamation sur ce qu'ils produisent réduite de 18 % et que la dernière manoeuvre de Garneau exige le congédiement de 80 travailleurs à temps plein et de 30 employés occasionnels.

Shawn Fuller, un porte-parole du ministre Dexter, a commenté à l'effet que les « décisions » permettant aux cadres de recevoir encore plus d'argent « appartiennent à la compagnie », tandis que les décisions prises sous l'emprise de l'extorsion et visant à donner des fonds publics aux intérêts privés appartiennent à la classe politique au pouvoir.

Garneau annoncera sans doute en grandes pompes et en infimes détails cette nouvelle manoeuvre pour payer les riches et ce, dans tout l'Amérique du Nord, la brandissant ainsi comme un modèle et une menace. « Voyez-vous ce qu'il faut faire pour garder les usines ouvertes, mes amis du Québec et de l'Ontario ! Vous n'avez qu'à nous donner de l'argent, et encore plus d'argent, et n'oubliez pas les concessions ! » Voilà à quoi ressemble en fin de compte la compétition monopoliste d'aujourd'hui - la compétition est en fait entre les membres de la classe politique dans diverses régions pour voir qui peut pondre la manoeuvre la plus extravagante pour payer les riches. Un autre aspect de la compétition monopoliste est centré sur les travailleurs et consiste à voir quel collectif des travailleurs sera forcé de faire les plus grandes concessions. Ces manoeuvres pour payer les riches et ces concessions deviennent alors la référence « concurrentielle » que les monopoles souhaitent imposer à tout le monde.

Garneau a même eu l'audace de dire qu'il se servirait d'un certain montant de l'argent qui lui a été remis par la Nouvelle-Écosse pour réduire la dette, laquelle est dûe principalement aux États-Unis. Quelle consolation pour les gens de la Nouvelle-Écosse de savoir que leurs fonds publics s'en vont au sud pour être dilapidés par l'oligarchie financière des États-Unis, laquelle est tellement respectée au pays et à l'étranger ! Entre-temps, la classe politique partout au Canada s'égosille au sujet de dette publique et de déficits qui « obligent » les gouvernements à couper dans les programmes sociaux et les services publics, à mettre à pied les travailleurs du secteur public et à couper dans leurs salaires et leurs pensions.

Prenons le temps d'examiner de plus près cette manoeuvre pour payer les riches, qui dépasse dans les faits le 50 millions $ en question, lorsque sont calculées les concessions de la part de la classe ouvrière de Bowater Mersey, de la part de la municipalité, d'Hydro Nouvelle-Écosse, du port d'Halifax ainsi que l'option par laquelle la compagnie pourra racheter encore plus de terres provinciales.

Le Trésor provincial offre à Garneau et compagnie un cadeau pur et simple de 25 millions $ à être dépensés à leur discrétion. En plus de réduire la dette, le montant servira, selon Garneau, à réduire la consommation d'électricité de l'usine, mais comme le dit le porte-parole de Dexter, ces décisions « relèvent de la compagnie ».

Le cadeau est fait sous forme d'un prêt-subvention. La seule condition, s'il en est une, est que Garneau garde l'usine en marche pour cinq ans. Le montant total sera alors oublié au rythme de 5 millions $ par année. Le niveau de capacité de l'usine au cours de ces cinq ans n'est pas précisé.

Le Trésor public offre à Garneau un autre 1,5 million $ pour la formation des 110 travailleurs ou plus qui perdront leur emploi suite à cette transaction.

La province a aussi donné son accord pour racheter les terres forestières de Garneau pour un total de 63,75 millions $. Cet aspect de l'entente est encore moins clair puisque certains commentateurs pensent que le prix d'achat par hectare est gonflé, que le monopole n'a pas besoin de ces terres et qu'il ne pourrait sans doute pas les vendre ne serait-ce qu'à la province, en particulier lorsque le prix est de 2 348 $ l'hectare. L'entente comprend l'achat immédiat de 10 117 hectares au prix de 23,75 millions $ ainsi qu'une option selon laquelle la province pourrait racheter un autre 20 234 hectares pour plus de 40 millions $. Ni Dexter ni Garneau, qui évidemment n'étaient pas présents au moment de l'annonce de l'entente, n'ont expliqué les circonstances qui pourraient déclencher l'option consistant à racheter encore plus de terres forestières provinciales.

La région de la municipalité de Queens a elle aussi réduit ses réclamations (en terme d'impôts municipaux sur les sociétés) sur ce que les travailleurs produisent à l'usine au coût de 1 350 000 $ sur 10 ans.

Le gouvernement néodémocrate de Dexter a aussi légiféré un rabais de l'ordre de 3 millions $ sur trois ans sur le prix de l'électricité consommée par l'usine, lequel rabais ne sera vraisemblablement pas sujet aux études de la commission provinciale de l'Hydro, même si c'est là la procédure légale normale.

En outre, le port de Halifax a réduit ses frais de manutention pour les biens transigeant entre le port et l'usine Bowater Mersey, mais les détails sur ces réductions n'ont pas été révélés.

L'Opposition ouvrière maintient que les cadres et les détenteurs du capital comme les monopoles tels Resolute ont détourné l'économie et la politique capitalistes, y compris la machine d'État. Ils se servent des ressources naturelles et publiques de l'État pour leurs propres intérêts privés étroits. Ces manoeuvres telles que l'extorsion exercée par Garneau sur la Nouvelle-Écosse n'ont rien à voir avec guérir une économie en crise. Elles ne sont que des mesures pour maintenir la richesse et le privilège d'un certain groupe de cadres et de détenteurs du capital et de dette. Ces manoeuvres pour payer les riches et les concessions exigées sont l'expression d'une économie et d'une politique capitalistes ayant sombré dans une crise permanente. La classe ouvrière et ses alliés doivent discuter et présenter une direction qui est une alternative pour l'économie et élaborer la politique pratique permettant de renouveler l'économie et de sortir le pays de cette impasse. Les travailleurs ne peuvent accepter la destruction de l'industrie manufacturière ni la distribution systématique des fonds publics aux monopoles qui n'ont en retour aucune loyauté ni même un lien quelconque avec les forces productives et les ressources de la région ou du pays, si ce n'est que celui leur permettant de s'enrichir pour ensuite menacer ces régions de destruction, et ce, de la façon la plus cavalière. Tout ce bourbier doit être renouvelé du tout au tout, en commençant par un Non ! ferme aux cadeaux faits aux monopoles, Non ! à la destruction de l'industrie manufacturière et Non ! aux concessions imposées à la classe ouvrière, puisque ce ne sont pas des éléments de solution. Si les monopoles ne peuvent fonctionner sans fonds publics et sans concessions provenant de la classe ouvrière et des gouvernements, alors qu'ils cèdent leur place et qu'ils cèdent le contrôle et les prises de décisions à ceux qui travaillent en lien avec ces forces productives et dont les intérêts y sont intimement liés. En fin de compte, les forêts et les usines appartiennent au peuple et aux producteurs de fait et devraient fonctionner pour servir le peuple et les intérêts généraux de la société.

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ArcelorMittal à Contrecoeur

Les métallos manifestent
pour l'investissement manufacturier


Le 14 décembre devant l'usine dArcelorMittal à Contrecoeur (Photos: Syndicat des Métallos)

Le 14 décembre dernier, les métallos d'ArcelorMittal à Contrecoeur (l'ancienne Sidbec-Dosco) ont tenu un rassemblement à la barrière de l'usine pour réclamer qu'ArcelorMittal fasse des investissements dans l'usine pour moderniser la production et y augmenter le nombre de travailleurs. Le rassemblement faisait partie de la campagne lancée par ces métallos intitulée « Le citron est assez pressé – Investissez ! ». Les métallos en ont plus qu'assez de voir ArcelorMittal extraire de façon frénétique le minerai de fer dans le cadre du Plan Nord avec le plein appui du gouvernement du Québec et l'expédier à l'étranger sans transformation. Pendant ce temps, les promesses d'investissements à Contrecoeur ne se matérialisent pas. Le Marxiste-Léniniste s'est entretenu avec Claude Langlois, le président de la section 6586 du Syndicat des Métallos, suite au rassemblement.

* * *

LML : Êtes-vous satisfaits de votre rassemblement à la barrière ?

Claude Langlois : Nous sommes très satisfaits. Nous étions entre 350-400 travailleurs, essentiellement des travailleurs de l'usine plus quelques métallos d'autres usines venus nous appuyer. Nous avons eu une bonne couverture médiatique. Des politiciens sont également venus nous appuyer, notamment Stéphane Bergeron, le député péquiste de Verchères, et l'attaché politique d'Alexandre Boulerice, le député NPD dans Rosemont-La-Petite-Patrie. Louis Plamondon, le député du Bloc québécois du comté de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, qui ne pouvait pas être présent, nous a envoyé un message d'appui. Trois représentants syndicaux ont pris la parole : Guy Farrell, l'adjoint au directeur du Syndicat des Métallos, Pierre Arseneau, permanent au Syndicat des Métallos, et moi-même. Tous les trois nous avons mis l'accent sur les investissements qui avaient été annoncés et que nous attendons toujours et sur le fait que c'est inconcevable que si peu de deuxième et troisième transformation soit faite et que même la première transformation soit négligée. On a aussi mis l'accent sur le fait que le gouvernement du Québec est bien loin des préoccupations des travailleurs à ce sujet. Plusieurs résidents sont aussi venus nous exprimer leur soutien et nous sentons que la population est avec nous. La question des investissements et des emplois manufacturiers, ça commence à préoccuper pas mal de monde. Chez les travailleurs aussi, on voit que présentement le discours n'est plus le même qu'à l'époque de notre manifestation pour le laminoir à poutrelles en 2009. La préoccupation est plus forte, les travailleurs se sont conscientisés à l'effet que s'il ne se passe rien alors on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve. C'est tout cela qui entre en ligne de compte, notamment le Plan Nord. Les gens en ont entendu parler et ils font le lien entre le Plan Nord et ce qui nous arrive ici. Les médias ont interviewé des travailleurs lors de l'action et ils ont très bien parlé.

LML : Parle-nous un peu plus de la campagne que vous menez pour des investissements manufacturiers.

CL : On avait eu des annonces fin octobre à l'effet qu'ArcelorMittal allait investir pour améliorer le laminoir fil-machine. On s'est fait dire récemment que l'investissement était mis sur la glace à cause du prix de l'action sur les marchés, de la faiblesse du marché européen, toujours la même rengaine. On s'est dit que ça n'a aucun sens, d'où notre campagne. Il n'y a aucun investissement qui se fait ici à Contrecoeur. Les 9-10 novembre, nous avons distribué des tracts à l'entrée de l'usine puis hier, c'était notre rassemblement à la barrière où nous avons invité les médias et les députés.

LML : Qu'est-ce qui reste présentement comme production à l'usine de Contrecoeur ?

CL : Présentement, au niveau de la brame, il n'y aura pas de production de brames pendant les deux dernières semaines de décembre. Cette production va reprendre le 2 janvier. La brame c'est ce qui nous reste du produit plat qu'on a perdu à la fin de 2007 quand les deux laminoirs ont été fermés. Nous en sommes en ce moment à deux équipes dans la production de la brame. À la fin du dernier trimestre, la direction de l'usine nous parlait de passer à trois équipes, mais la production est au ralenti alors nous allons demeurer à deux équipes jusqu'à la fin des 3 premières semaines de janvier. L'entreprise ne s'est pas prononcée sur ce qui allait arriver après ces 3 semaines.

Tout le complexe de Contrecoeur va fermer pendant la dernière semaine de décembre. Toute la production va s'arrêter pendant une semaine sauf à l'usine de réduction des boulettes de minerai de fer qu'ils ne peuvent pas vraiment arrêter. Mais la production de la brame ainsi que la production de la billette pour le laminoir fil-machine sont arrêtées pendant la dernière semaine de décembre. Cela représente environ 400 travailleurs. Par négociation, nous avons obtenu que nos travailleurs d'entretien, nos mécaniciens, électriciens, plombiers vont travailler pendant ces deux semaines. Nous l'avons obtenu de peine et de misère grâce à une clause que nous avons dans la convention collective qui dit que si nous sommes en situation de mises à pied, ils ne peuvent pas faire entrer de contracteurs ou envoyer notre travail en sous-traitance. Ils doivent faire travailler nos gens.

LML : Peux-tu nous donner un aperçu de la réduction du nombre de travailleurs qui s'est faite au fil des années ?

CL : En 1982, nous étions 1650 syndiqués à l'usine. En 1994, quand Mittal a acheté l'usine, nous étions 1200 travailleurs syndiqués. En 2008, nous avons perdu environ 500 autres emplois et présentement nous sommes environ 530 travailleurs syndiqués à l'usine. La réduction de main-d'oeuvre syndiquée, mise à part la grosse fermeture des deux laminoirs dans le produit plat, s'est faite de plusieurs manières, par exemple en ne remplaçant pas les travailleurs d'entretien qui prennent leur retraite, par des changements technologiques, par le recours à la sous-traitance.

L'absence d'investissements n'a aucun sens, surtout quand on voit ArcelorMittal annoncer des investissements de 400-500 millions $ pour une usine de réduction en Algérie. Ça n'est pas l'argent qui manque. Pendant ce temps, nous attendons toujours les investissements dans la deuxième et troisième transformation ici-même. Même la première transformation est de plus en plus négligée, surtout dans le contexte du Plan Nord. J'ai parlé avec des métallos de Fermont qui travaillent à la mine. De plus en plus, ArcelorMittal ne fait que creuser le minerai, le charger sur des bateaux et l'expédier en Asie sans même le transformer en boulettes dans son usine. Des tonnes de terre sont expédiées contenant le minerai. Le lien avec le Plan Nord est évident. Ils viennent chercher le minerai ici et ils ont le gouvernement avec eux pour leur bâtir des infrastructures, des routes, c'est le Québec qui paie ça.

En conclusion, je veux dire que pour nous autres, la bataille des investissements manufacturiers, on veut la gagner et notre campagne en est juste à ses débuts. On ne va pas lâcher. L'investissement c'est notre bataille à tous. À la fin 2007, ils ont fermé les deux laminoirs à Contrecoeur parce qu'ils n'ont pas investi dans cette production-là. La production se fait encore mais elle a été déplacée vers Dofasco à Hamilton parce que là ils ont investi. On craint que tantôt ils vont nous dire que la production pour le fil-machine est désuète elle aussi, qu'on n'est plus compétitifs, etc. On ne veut pas se faire saigner à blanc puis que la compagnie sacre son camp. Le plus inquiétant c'est la brame. Si on perd la brame, le prix de revient de la production de l'autre type d'acier, la billette, va augmenter énormément et alors la fermeture sera imminente. Il ne faut pas lâcher et on ne lâchera pas.


Manifestation de la population de Contrecoeur pour un laminoir à poutrelles, en juin 2009

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Rio Tinto à Alma

«Nous défendons nos emplois syndiqués
afin de maintenir notre rapport de force»

Les travailleurs de Rio Tinto à Alma viennent de rejeter les offres globales du géant minier et métallurgique et de donner un mandat de grève au syndicat. La demande principale des travailleurs, c'est la défense de leurs emplois syndiqués alors que Rio Tinto cherche à les réduire et les remplacer par des emplois non syndiqués et à des conditions très inférieures par un recours croissant à la sous-traitance. Les travailleurs soutiennent qu'un plancher d'emplois syndiqués STAA aux salaires et conditions qu'ils ont gagnées de haute lutte est une condition que doit remplir Rio Tinto en échange des énormes avantages hydroélectriques dont il jouit dans la région. Rio Tinto pour sa part tente de mobiliser la région contre ces travailleurs en disant que leurs demandes visent à empêcher les gens de la région d'avoir accès à de l'emploi. Les travailleurs de Rio Tinto soutiennent que leurs demandes défendent le niveau de vie de la population régionale et s'opposent à son appauvrissement collectif. Le Marxiste-Léniniste s'est entretenu récemment avec Marc Maltais, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, qui est la section 9490 du Syndicat des Métallos.

LML : Peux-tu nous parler des assemblées générales qui se sont tenues récemment sur les offres globales de Rio Tinto et le mandat de grève ?

Marc Maltais : Nous avons tenu 3 assemblées générales. À l'assemblée de l'unité d'accréditation du Centre de revêtement des cuves, le taux de participation a été de 100 % et ils ont obtenu un vote de 100 % pour le rejet des offres globales et un mandat de grève à être déclenché à un moment jugé opportun. Au niveau de l'accréditation-bureau, 24 des 25 membres de l'unité d'accréditation étaient présents soit un taux de participation de 96 %, et le vote a été de 96 % pour le rejet des offres et le mandat de grève. À l'assemblée de l'accréditation-horaire, le taux de participation a été de 92 % et le rejet des offres et le mandat de grève ont été votés à 95 %. Sur les 680 travailleurs membres de l'accréditation-horaire, il y en a eu 632 qui ont participé à l'assemblée. Nos membres sont toujours très participatifs et c'est encore plus le cas dans la situation actuelle.

LML : Quelles sont les principales questions sur lesquelles Rio Tinto et les travailleurs s'affrontent dans cette négociation ?

MM : En essence, le conflit porte sur l'existence de notre rapport de force en tant que syndicat. Les gens ont compris que dans notre lutte à la sous-traitance, pour la création et le maintien d'emplois de qualité, nous cherchons à maintenir notre rapport de force avec Rio Tinto. Ils ont compris que dans la mesure où l'employeur ne garantit pas le remplacement par des syndiqués, des gens qui partent à la retraite, ce sont donc des sous-traitants qui peuvent être engagés. La conséquence de cela c'est qu'en période de négociation, grève ou conflit, ces sous-traitants peuvent faire virer l'usine. Au moment où on se parle, on ne se bat pas pour des salaires ou des fonds de pension, mais toutes les conditions de travail vont être remises en question dans la mesure où nous n'aurons plus de rapport de force réel.

Dans un cas de grève ou de lockout, il va y avoir des conséquences dans la mesure où ce sont des tiers qui feront opérer l'usine. Sans dire qu'ils seront des scabs, ils seront légaux, mais ils opéreront l'usine et nous perdrons notre rapport de force. Toutes les conditions qui ont été acquises à travers les chaudes luttes depuis 1943, tout cela peut être jeté aux orties. Pour les générations futures, cela n'assure pas qu'elles auront les mêmes droits que nous avons aujourd'hui. Maintenir notre rapport de force, c'est rendre hommage à nos prédécesseurs. C'est le coeur de l'affaire et c'est ce qui a convaincu les gens. Dans mon unité d'accréditation nous avons tenu deux rencontres de plus de deux heures trente et il y a eu juste une seule question sur les offres globales de l'employeur.

L'employeur prétend ne pas demander de concessions, mais c'est de la poudre aux yeux. Quand on sait lire et qu'on analyse leurs offres, on voit qu'ils s'apprêtent à nous mettre gentiment un genou à terre. L'avenir pour Rio Tinto en ce qui a trait à ses alumineries, c'est que si tu ne siphonnes pas une cuve ou que tu ne coules pas de métal, tu fais partie du « non core », tu n'es pas essentiel et ton emploi peut-être envoyé en sous- traitance. Tout le monde se sent visé. Le « core » et le « non core », c'est le discours qu'ils tiennent constamment. On s'entend pour dire que pour l'instant, ils vont enlever les services et dire que le reste c'est encore du « core » mais une fois les services enlevés, ils n'hésiteront pas à remplacer les gens de la production, pour pouvoir remplacer quelqu'un qui gagne 34 $ de l'heure par quelqu'un qui en gagne 12 $. Je ne crois pas que ces multinationales-là vont maintenir du monde en emploi à des conditions décentes si on ne les force pas à le faire.

Leur objectif, c'est leur rendement pour les actionnaires. Peu importe comment ils peuvent augmenter leurs bénéfices, c'est augmenter leurs bénéfices qui est leur but. C'est leur objectif unique. Mais ce n'est nullement notre objectif à nous. Nous, on vit et travaille sur ce territoire qui comprend ces ressources naturelles formidables et on s'attend à un retour normal en échange de l'utilisation par les multinationales de ces ressources. Cela nous fait plaisir d'aller gagner notre croûte, mais cela doit se faire à de bonnes conditions. De plus, nous n'avons pas affaire à une compagnie qui est sous la loi de la protection de la faillite. C'est une compagnie qui a le vent dans les voiles. Les dirigeants des multinationales dans ce secteur s'entendent pour dire que les alumineries vont avoir de la difficulté à suffire à la demande. Nous sommes la 4e plus grosse usine de Rio Tinto en capacité dans le monde et sa plus rentable. Nous ne sommes certainement pas en mode concessions. Le message des travailleurs est on ne peut plus clair.

LML : Peux-tu nous parler du travail de mobilisation que fait le syndicat pour gagner ses demandes ?

MM : On a travaillé fort au cours des derniers mois. On pense que des membres bien informés prennent de meilleures décisions. Juste la semaine dernière, on a rencontré tous les travailleurs, les 800 travailleurs, un par un. On a travaillé sur 3 quarts de travail pour les rencontrer tous. À chaque semaine, on envoie un rapport, le Jaseur express, un feuillet d'information qui rapporte ce qui s'est passé pendant la semaine précédente. Au moment où on se parle, les gens sont en train de recevoir notre journal, on en fait 5- 6 parutions par année. À chaque mois, on a une assemblée générale, on a un conseil consultatif. On a fait des audits pour savoir quels sont les problèmes. Les gens sont informés et avides d'en savoir plus. Ils ne suivent pas juste pour suivre, ils comprennent que le moyen d'arriver à des gains pour les individus passe par la collectivité.

Nous avons beaucoup de succès avec les jeunes. C'est une de nos forces, les jeunes. Notre moyenne d'âge à l'usine est de 41 ans. Nous avons beaucoup de jeunes. Si les jeunes sont consultés, s'ils sentent qu'ils font partie de la solution, ils vont être là. Il faut qu'on soit capable de canaliser cette énergie. Pour ce faire, il faut qu'on soit capable de sortir de sa zone de confort et aller les voir et les consulter.

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US Steel à Hamilton

La dictature Harper empêche
le recours à la justice des métallos

À l'insu de tous ceux que la question touche directement, la dictature Harper a « réglé » la poursuite du procureur général contre US Steel. Les participants ayant le statut d'intervenants légaux dans la poursuite, telle que la section locale 1005 du syndicat des TUA, n'ont pas été consultés sur l'entente ni n'étaient-ils informés à l'effet que Harper conspirait contre eux.

La poursuite contre US Steel était basée sur le fait que US Steel n'avait pas respecté ses engagements aux termes de la Loi sur Investissement Canada (LIC). Le juge s'apprêtait à traiter des questions substantielles, après avoir contrecarré les manoeuvres dilatoires de US Steel. La Cour fédérale venait aussi de réprimander les avocats de US Steel pour avoir fait perdre du temps aux tribunaux et les encourageait fortement à se mettre au boulot. En fait, US Steel n'avait pas de défense en vue, puisqu'il avoue publiquement et de la façon la plus arrogante qu'il est coupable d'avoir rompu de façon unilatérale ses engagements obligatoires tels que stipulés dans la LIC. La cour était sur le point de régler la question de la restitution envers toutes personnes ayant été lésées par les agissements de US Steel. En ce sens, la cour avait accepté les intervenants en tant que participants légaux et avait reconnu leurs demandes de restitution comme étant valides et devant être traitées.

Les sanctions prévues par la LIC auraient compris une amende de 10 000 $ par jour pour la période couvrant la violation de la loi, c'est-à-dire une somme de 10 millions $ payable directement au gouvernement. Un aspect crucial et ayant d'importantes conséquences pratiques était le nouvel engagement obligatoire et surveillé de 3 ans, à être mis en oeuvre dès la fin du procès et imposant une production globale d'acier de plus de 13 millions de tonnes, avec une moyenne de main- d'oeuvre par jour de 3,105. Cela aurait nécessité un investissement réel ainsi qu'un engagement ferme envers Hamilton Works et Lake Erie Works.

Or, le gouvernement canadien a conclu une entente avec le monopole de l'acier qui a pour effet de mettre fin à la poursuite. Le règlement de Harper comprend seulement des assurances vagues de production jusqu'en 2015 ainsi qu'un investissement de 50 millions $. Un tel investissement, qui ne serait fondé sur aucun niveau réel de production, pourrait facilement être réparti dans des mesures normales d'entretien ou faire l'objet des manoeuvres que les monopoles connaissent bien, puisqu'ils y ont recours de façon routinière dans leurs déclarations d'impôt.

La restitution exigée par les intervenants comprenait les salaires et les cotisations syndicales perdus, pour un montant de 44 millions $, qui devaient être directement remboursés aux travailleurs mis à pied de façon injuste, ainsi qu'à leur syndicat local. Aussi, il y avait une nette possibilité que US Steel soit trouvé coupable d'infraction à la LIC, tel que manifesté par son mépris initial envers les lois canadiennes et la Cour fédérale, et que par conséquent il soit dépossédé de l'ancien Stelco, une sanction fort appropriée. En ce sens, plusieurs ont fait valoir que la vente de Stelco et les manoeuvres pour esquiver la faillite devraient être examinées et considérées comme une conspiration criminelle permettant de voler plus 1 milliard $. Pour plusieurs, les agissements de Brookfield Management et de l'agent étasunien Rodney Mott dans ce coup d'argent constituent l'escroquerie du siècle au Canada et ceux-ci devraient être forcés de rendre des comptes et de rembourser l'argent ainsi soutiré de façon malhonnête à la communauté.

Le règlement à huis clos par la dictature Harper de l'action judiciaire empêche toutes ces questions d'être élaborées, du moins dans le contexte de la Cour fédérale en ce moment. L'entente empêche les métallos, leurs alliés et les Canadiens intéressés d'élaborer ces questions devant la Cour fédérale. Ainsi, la dictature Harper agit comme le plus grand allié de US Steel, dont la mainmise sur Stelco n'a bénéficié aucunement au Canada. Au contraire, elle a imposé la destruction et l'extorsion monopoliste, alors que la production de l'acier a été transférée aux usines des États-Unis et que les pensions ont été attaquées en mettant fin à l'indexation des fonds de pension et du régime de retraite à prestations déterminées pour les nouveaux travailleurs.

En partie, la dictature de Harper évite de discuter sur la place publique de pourquoi un monopole étranger a autant de contrôle sur les travailleurs canadiens et leur économie, et plus spécifiquement sur leurs industries de base. Pourquoi un monopole mondial aurait-il le droit de déstabiliser l'économie canadienne en détruisant son industrie manufacturière et en se posant en obstacle au développement d'une base économique stable, autosuffisante et diversifiée ?

Le gouvernement devrait défendre les travailleurs canadiens et leur économie plutôt que les monopoles mondiaux qui abusent de leur immense pouvoir pour soutirer des concessions et pour transférer la production vers des usines à l'étranger. C'est ce que fait ouvertement US Steel. Son PDG est même membre du comité « Acheter américain » du gouvernement Obama ainsi qu'un ennemi public farouche de l'importation de l'acier aux États-Unis qui pourrait mettre en danger la position dominante de US Steel sur le marché. La dictature Harper ne remet même pas en cause le conflit d'intérêts flagrant de ce cadre de US Steel.

L'heure a sonné et il est temps de remettre en cause toute la légitimité de la dictature fédérale de Harper et de son allégeance fanatique envers les monopoles mondiaux en opposition au droit public des Canadiens de contrôler leur économie et leurs affaires politiques. L'heure est à une nouvelle direction pour l'économie et pour les affaires politiques du Canada.


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Le gouvernement Harper capitule devant US Steel

La section locale 1005 du syndicat des TUA condamne le gouvernement Harper pour avoir permis à US Steel de n'avoir aucun compte à rendre pour tous les torts que celui-ci a commis envers les communautés de l'acier de la région de Hamilton depuis sa mainmise sur Stelco en 2007. Le règlement annoncé de 50 millions $ dans la poursuite du procureur général est une risée puisqu'il ne représente qu'une infime fraction des centaines de millions de dollars en valeur réelle ou potentielle que US Steel a arrachés de nos communautés.

L'engagement de US Steel selon lequel il poursuivrait ses opérations seulement jusqu'en 2015 ressemble à une menace à l'effet qu'il fermera ses opérations complètement en 2015 et qu'il abandonnera les fonds de pension. La section locale 1005 mettra immédiatement tout en oeuvre pour défendre davantage les fonds de pension avec tous les moyens qui sont à sa disposition. Nous n'avons reçu aucune garantie de la part de la compagnie ou des gouvernements à l'effet qu'ils rendront les fonds de pension sécures et intégraux d'ici 2015. Au contraire, les cadres de US Steel ont proféré des menaces à l'effet que les fonds de pension et autres avantages sociaux ne relèvent pas de leur responsabilité, puisqu'ils ont été signés avec Stelco.

Le règlement Harper est encore plus scandaleux du fait que le haut fourneau de Hamilton Works est toujours inactif et que l'usine Max Aicher de l'Amérique du Nord (MANA) sera fermée le 18 décembre suite au manque de collaboration de la part de US Steel. À quoi riment ces garanties alors que Hamilton Works fonctionne à peine et à une capacité grandement réduite, et que la production de l'acier, peu importe le niveau, n'est pas garantie plus loin que 2015 !

Le règlement Harper ne s'adresse pas aux revendications des métallos à l'effet que US Steel doit verser les salaires et les cotisations syndicales pour toute la période durant laquelle il n'était pas conforme à la Loi d'investissement Canada. Il laisse tomber aussi les possibilités stipulées par la poursuite prévoyant que US Steel soit forcé de produire de l'acier à pleine capacité pour trois ans à partir de la date d'un règlement en ce sens. Un tel règlement aurait nécessité un investissement beaucoup plus considérable que l'infime 50 millions $.

La porte-parole de US Steel, Erin Di Pietro, pense peut-être que « ce malheureux conflit avec le gouvernement du Canada [a été] résolu à l'amiable », mais nous ne partageons pas cette interprétation des choses. Le conflit avec les Canadiens et les métallos sur la question des niveaux de production et des pensions est loin d'être terminé. Il deviendra, au contraire, plus aigu suite à ce faux règlement.

Ce règlement et l'insécurité qu'apporte la capitulation du gouvernement révèlent une fois de plus le danger qui existe lorsque les industries de base du Canada sont entre les mains des monopoles mondiaux étrangers. La section locale 1005 discutera avec tous nos compatriotes canadiens sur la nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie. Cette capitulation constante aux monopoles mondiaux doit cesser. Les Canadiens doivent avoir le contrôle de leurs industries de base telles que l'acier.

Pour contacter la section locale du syndicat des TUA : téléphoner le 905-547-1417 ou faites parvenir un courriel à info@uswa1005.ca

Visitez le site web : www.uswa1005.ca

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