|
Pour
une nouvelle direction pour l'économie
AbitibiBowater (maintenant Produits
forestiers Résolu)
Ne les laissons pas tout détruire sur leur
passage!
- Pierre Chénier -
Lundi le 12 décembre,
Produits forestiers Résolu, AbitibiBowater sous un nouveau nom,
a annoncé la fermeture définitive de la machine à
papier numéro 6 de l'usine Kénogami au
Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce sont 150 travailleurs qui se retrouvent
sans emploi dès le 16 décembre. Il ne reste plus
qu'une seule machine à papier en opération à
l'usine Kénogami. C'est le PDG de PFR, le messager de la mort
Richard Garneau lui-même qui est venu annoncer la nouvelle
à la direction locale et aux 3 syndicats de l'usine et
s'est enfui après une rencontre qui a duré 30 minutes.
Cette fermeture définitive survient quelques
semaines à peine après la manifestation de plus de 1000
personnes à Saguenay qui ont exigé le maintien en
opération de la machine numéro 6 et l'arrêt
des tentatives de Produits forestiers Résolu de monter les gens
et les municipalités les uns contre les autres, faisant de la
mort de l'un la condition de la survie de l'autre. La fermeture
définitive survient également quelques jours à
peine après l'annonce d'une fermeture dite temporaire de cette
machine à papier sous prétexte d'un manque de commandes.
Tout le monde avait prédit, en se basant sur des
expériences antérieures, que la machine ne serait jamais
remise en marche. PFR vient en plus d'annoncer la fermeture au moins
jusqu'en mai prochain de la scierie Arbec à l'Ascension au
Saguenay–Lac-Saint-Jean et il envisage ouvertement vouloir fermer une
machine à l'usine Laurentide de Shawinigan.
La direction de PFR a tenté de justifier la
fermeture en disant que la machine est vieille et peu productive, que
le marché du papier supercalandré pour les encarts
commerciaux est bas et que la fermeture de la machine est une
façon de prévenir la fermeture totale de l'usine. Elle a
dit également que la fermeture de la machine numéro
6 fait partie du plan d'affaires de l'entreprise suite à
son émergence des procédures de protection de la
faillite, lequel plan aurait été présenté
au gouvernement Charest au mois d'août.
Les travailleurs et les régions
n'accepteront jamais que la destruction que cause PFR sur son passage
est un plan d'affaires qui est acceptable pour la société
québécoise. Si l'on juge le plan aux mesures par
lesquelles il est mis en application, on voit clairement à quel
point il est désastreux. Il est fait de fermetures d'usines et
de machines, de paroles au sujet de possibles réouvertures si
les travailleurs et le gouvernement consentent de nouvelles concessions
(et encore la réouverture n'est pas garantie),
d'hypothétiques investissements à condition que ce soit
le gouvernement du Québec qui fasse le gros de
« l'investissement ». Bref, c'est un plan de
pillage du trésor public, de transfert de la richesse sociale
des poches des travailleurs vers les coffres du monopole,
d'appauvrissement des régions et de compression extrême de
l'industrie forestière québécoise et canadienne.
Tout cela assorti d'une menace à peine
voilée que PFR, qui contrôle près de 80 % des
approvisionnements en bois au Saguenay–Lac-Saint-Jean, pourrait fermer
l'industrie forestière de la région et menacer celle de
tout le Québec, ou se placer à nouveau sous la loi de la
protection de la faillite. Ce plan ne fait qu'aggraver la crise de
l'industrie forestière. Il rejette même du revers de la
main les propositions avancées par les travailleurs et les
acteurs régionaux sur la modernisation de la machine
numéro 6 ou la diversification de l'industrie à
partir des installations existantes. Au coeur du plan d'affaires, on
trouve l'exigence présentée par le monopole à
l'effet que lui seul doit décider, et avec une arrogance et un
manque de respect sans borne, de tout ce qui va se produire dans
l'industrie. C'est un plan de soumission totale au diktat de
l'entreprise et une course vers l'abîme.
Le gouvernement Charest n'agit pas dans
l'intérêt public quand il prétend avoir les mains
liées dans le cas de fermetures d'usines. Selon Clément
Gignac, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, la
décision de fermer une usine est une décision d'affaires
purement privée. Mais les monopoles ne sont pas des
entités privées. Ils mobilisent des quantités
énormes de ressources humaines, naturelles et matérielles
qui sont mises en oeuvre dans le cadre des opérations du
monopole. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c'est toute une région qui
dépend de l'industrie forestière et minière
contrôlées par quelques géants. Le gouvernement a
le devoir de défendre le moyen de subsistance des gens et
d'assurer un développement économique qui permet aux
régions de se développer. Dans une situation où
l'économie est dominée par les monopoles, le gouvernement
doit défendre l'intérêt public en
établissant des arrangements d'avantages mutuels entre les
monopoles et la population.
Le ministre Gignac ne doit pas se cacher derrière
les vagues promesses d'investissements de Produits forestiers
Résolu ou les limitations de la loi 8 qui gouverne le bail
de la rivière Shipshaw pour abandonner les travailleurs et la
région. Le ministre suggère même que si Produits
forestiers Résolu lui présente un plan d'investissements
pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, (lesquels seront en grande partie
financés par le gouvernement lui-même), alors il
autorisera Produits forestiers Résolu à fermer les usines
qui, selon l'entreprise, ne font plus partie de son plan d'affaires
même si la loi 8 dans sa forme actuelle l'interdit. Il
cherche à échapper à la demande populaire qui est
de maintenir et étendre l'emploi forestier comme condition sine
qua non aux avantages hydroélectriques du monopole et d'inscrire
clairement cette condition dans la loi.
Dans sa forme actuelle, la loi 8 accorde en
location une partie des ressources hydrauliques de la rivière
Shipshaw à AbitibiConsolidated ( la loi a simplement
été étendue à AbitibiBowater suite à
la fusion de 2007) afin d'alimenter les centrales
hydroélectriques du monopole. La loi dit que le bail peut
être résilié à tout moment si le monopole
ferme une de ses usines dans la région. Le bail de la
rivière Shipshaw arrive à terme le
31 décembre et doit être renouvelé.
Plutôt que de défendre l'esprit avec lequel les gens
considèrent la loi, qui est de défendre l'emploi
forestier, le ministre Gignac dit qu'il ne peut rien faire parce que ce
n'est pas toute l'usine Kénogami qui vient d'être
fermée mais une de ses deux machines. C'est inacceptable. Le
gouvernement peut très bien dire à PFR qu'il ne va pas
renouveler le bail de la rivière Shipshaw si PFR procède
à la fermeture de la machine numéro 6. La défense
du moyen de subsistance des travailleurs et des régions peut
très bien être le point de départ du renouvellement
de l'industrie forestière. Un gouvernement qui aurait la
volonté politique de défendre les travailleurs et les
régions pourrait faire plein de choses pour corriger la
situation. Produits forestiers Résolu ne s'arrêtera pas de
lui-même dans sa destruction des moyens de subsistance des gens
et de l'industrie. C'est à nous tous de l'arrêter et de
faire entendre la voix de la dignité populaire.
Dans tout cela, il est clair que de plus en plus de
travailleurs et d'acteurs régionaux en arrivent
présentement à la conclusion que Produits forestiers
Résolu n'a pas sa place au Québec ni au Canada. Le fait
même qu'il ait procédé à la fermeture de la
machine, à quelques semaines du temps des fêtes et de
l'expiration du bail de la rivière, et alors que la
région était en train de se placer en mode solution pour
défendre l'économie régionale, montre qu'il se
considère comme étant au-dessus de la
société québécoise et canadienne. Dans
l'année qui vient, il faut intensifier notre travail pour
défendre et renouveler l'industrie forestière avec ceux
qui ont à coeur l'intérêt des travailleurs, des
populations et de l'industrie.

AbitibiBowater en Nouvelle-Écosse
Gangstérisme d'une compagnie extorquant des
millions à la population
Chaque semaine qui passe voit l'élaboration de
nouvelles manoeuvres scandaleuses de la part du PDG Richard Garneau
d'AbitibiBowater dit Resolute Forest Products pour payer les riches et
pour extorquer de l'argent des Canadiens. Cette fois, Garneau et sa
bande de cadres et de détenteurs du capital et de dette se sont
sauvés avec une cagnotte de 50 millions $ et
peut-être un 40 millions $ supplémentaire. La classe
politique au pouvoir en Nouvelle-Écosse remet à Garneau
des fonds publics suite à ses menaces à l'effet qu'il
pourrait fermer l'usine de papier à Queens County sur la rive
sud. La Washington Post Company détient une participation
minoritaire de 49 % dans l'usine Bowater Mersey.
L'arrogance de la bande à Garneau et du
Washington Post est telle que pas un seul cadre dirigeant ne s'est
donné la peine de se présenter le 2 décembre
à Liverpool, en Nouvelle-Écosse, pour la remise
officielle de l'argent. Le premier ministre néodémocrate,
Darrell Dexter, ainsi que quelques membres de la classe politique de la
Nouvelle-Écosse, se sont trouvés fin seuls pour expliquer
pourquoi ils se départissaient d'une telle somme puisée
à même les fonds publics. La cérémonie en
question a pris une tournure encore plus embarrassante lorsqu'il
fût annoncé récemment que deux anciens cadres de
Bowater avaient été récompensés d'une somme
additionnelle de 4 millions $ en indemnité de
départ alors que les travailleurs ont vu leur propre
réclamation sur ce qu'ils produisent réduite de 18 %
et que la dernière manoeuvre de Garneau exige le
congédiement de 80 travailleurs à temps plein et de 30
employés occasionnels.
Shawn Fuller, un porte-parole du ministre Dexter, a
commenté à l'effet que les
« décisions » permettant aux cadres de
recevoir encore plus d'argent « appartiennent à la
compagnie », tandis que les décisions prises sous
l'emprise de l'extorsion et visant à donner des fonds publics
aux intérêts privés appartiennent à la
classe politique au pouvoir.
Garneau annoncera sans doute en grandes pompes et en
infimes détails cette nouvelle manoeuvre pour payer les riches
et ce, dans tout l'Amérique du Nord, la brandissant ainsi comme
un modèle et une menace. « Voyez-vous ce qu'il faut
faire pour garder les usines ouvertes, mes amis du Québec et de
l'Ontario ! Vous n'avez qu'à nous donner de l'argent, et
encore plus d'argent, et n'oubliez pas les
concessions ! » Voilà à quoi ressemble en
fin de compte la compétition monopoliste d'aujourd'hui - la
compétition est en fait entre les membres de la classe politique
dans diverses régions pour voir qui peut pondre la manoeuvre la
plus extravagante pour payer les riches. Un autre aspect de la
compétition monopoliste est centré sur les travailleurs
et consiste à voir quel collectif des travailleurs sera
forcé de faire les plus grandes concessions. Ces manoeuvres pour
payer les riches et ces concessions deviennent alors la
référence « concurrentielle » que
les monopoles souhaitent imposer à tout le monde.
Garneau a même eu l'audace de dire qu'il se
servirait d'un certain montant de l'argent qui lui a été
remis par la Nouvelle-Écosse pour réduire la dette,
laquelle est dûe principalement aux États-Unis. Quelle
consolation pour les gens de la Nouvelle-Écosse de savoir que
leurs fonds publics s'en vont au sud pour être dilapidés
par l'oligarchie financière des États-Unis, laquelle est
tellement respectée au pays et à l'étranger !
Entre-temps, la classe politique partout au Canada s'égosille au
sujet de dette publique et de déficits qui
« obligent » les gouvernements à couper
dans les programmes sociaux et les services publics, à mettre
à pied les travailleurs du secteur public et à couper
dans leurs salaires et leurs pensions.
Prenons le temps d'examiner de plus près cette
manoeuvre pour payer les riches, qui dépasse dans les faits le
50 millions $ en question, lorsque sont calculées les
concessions de la part de la classe ouvrière de Bowater Mersey,
de la part de la municipalité, d'Hydro Nouvelle-Écosse,
du port d'Halifax ainsi que l'option par laquelle la compagnie pourra
racheter encore plus de terres provinciales.
Le Trésor provincial offre à Garneau et
compagnie un cadeau pur et simple de 25 millions $ à
être dépensés à leur discrétion. En
plus de réduire la dette, le montant servira, selon Garneau,
à réduire la consommation d'électricité de
l'usine, mais comme le dit le porte-parole de Dexter, ces
décisions « relèvent de la
compagnie ».
Le cadeau est fait sous forme d'un
prêt-subvention. La seule condition, s'il en est une, est que
Garneau garde l'usine en marche pour cinq ans. Le montant total sera
alors oublié au rythme de 5 millions $ par
année. Le niveau de capacité de l'usine au cours de ces
cinq ans n'est pas précisé.
Le Trésor public offre à Garneau un autre
1,5 million $ pour la formation des 110 travailleurs ou plus
qui perdront leur emploi suite à cette transaction.
La province a aussi donné son accord pour
racheter les terres forestières de Garneau pour un total de
63,75 millions $. Cet aspect de l'entente est encore moins clair
puisque certains commentateurs pensent que le prix d'achat par hectare
est gonflé, que le monopole n'a pas besoin de ces terres et
qu'il ne pourrait sans doute pas les vendre ne serait-ce qu'à la
province, en particulier lorsque le prix est de 2 348 $
l'hectare. L'entente comprend l'achat immédiat de 10
117 hectares au prix de 23,75 millions $ ainsi qu'une
option selon laquelle la province pourrait racheter un autre 20
234 hectares pour plus de 40 millions $. Ni Dexter ni
Garneau, qui évidemment n'étaient pas présents au
moment de l'annonce de l'entente, n'ont expliqué les
circonstances qui pourraient déclencher l'option consistant
à racheter encore plus de terres forestières provinciales.
La région de la municipalité de Queens a
elle aussi réduit ses réclamations (en terme
d'impôts municipaux sur les sociétés) sur ce que
les travailleurs produisent à l'usine au coût de
1 350 000 $ sur 10 ans.
Le gouvernement néodémocrate de Dexter a
aussi légiféré un rabais de l'ordre de
3 millions $ sur trois ans sur le prix de
l'électricité consommée par l'usine, lequel rabais
ne sera vraisemblablement pas sujet aux études de la commission
provinciale de l'Hydro, même si c'est là la
procédure légale normale.
En outre, le port de Halifax a réduit ses frais
de manutention pour les biens transigeant entre le port et l'usine
Bowater Mersey, mais les détails sur ces réductions n'ont
pas été révélés.
L'Opposition ouvrière maintient que les cadres et
les détenteurs du capital comme les monopoles tels Resolute ont
détourné l'économie et la politique capitalistes,
y compris la machine d'État. Ils se servent des ressources
naturelles et publiques de l'État pour leurs propres
intérêts privés étroits. Ces manoeuvres
telles que l'extorsion exercée par Garneau sur la
Nouvelle-Écosse n'ont rien à voir avec guérir une
économie en crise. Elles ne sont que des mesures pour maintenir
la richesse et le privilège d'un certain groupe de cadres et de
détenteurs du capital et de dette. Ces manoeuvres pour payer les
riches et les concessions exigées sont l'expression d'une
économie et d'une politique capitalistes ayant sombré
dans une crise permanente. La classe ouvrière et ses
alliés doivent discuter et présenter une direction qui
est une alternative pour l'économie et élaborer la
politique pratique permettant de renouveler l'économie et de
sortir le pays de cette impasse. Les travailleurs ne peuvent accepter
la destruction de l'industrie manufacturière ni la distribution
systématique des fonds publics aux monopoles qui n'ont en retour
aucune loyauté ni même un lien quelconque avec les forces
productives et les ressources de la région ou du pays, si ce
n'est que celui leur permettant de s'enrichir pour ensuite menacer ces
régions de destruction, et ce, de la façon la plus
cavalière. Tout ce bourbier doit être renouvelé du
tout au tout, en commençant par un Non ! ferme aux
cadeaux faits aux monopoles, Non ! à la destruction de
l'industrie manufacturière et Non ! aux concessions
imposées à la classe ouvrière, puisque ce ne sont
pas des éléments de solution. Si les monopoles ne peuvent
fonctionner sans fonds publics et sans concessions provenant de la
classe ouvrière et des gouvernements, alors qu'ils cèdent
leur place et qu'ils cèdent le contrôle et les prises de
décisions à ceux qui travaillent en lien avec ces forces
productives et dont les intérêts y sont intimement
liés. En fin de compte, les forêts et les usines
appartiennent au peuple et aux producteurs de fait et devraient
fonctionner pour servir le peuple et les intérêts
généraux de la société.

ArcelorMittal à Contrecoeur
Les métallos manifestent
pour l'investissement manufacturier
- Entrevue avec Claude Langlois,
président de
la section 6586 du Syndicat des Métallos -

Le 14 décembre devant l'usine dArcelorMittal
à Contrecoeur (Photos:
Syndicat des Métallos)
Le 14 décembre dernier, les métallos
d'ArcelorMittal à Contrecoeur (l'ancienne Sidbec-Dosco) ont tenu
un rassemblement à la barrière de l'usine pour
réclamer qu'ArcelorMittal fasse des investissements dans l'usine
pour moderniser la production et y augmenter le nombre de travailleurs.
Le rassemblement faisait partie de la campagne lancée par ces
métallos intitulée « Le citron est assez
pressé – Investissez ! ». Les métallos en
ont plus qu'assez de voir ArcelorMittal extraire de façon
frénétique le minerai de fer dans le cadre du Plan Nord
avec le plein appui du gouvernement du Québec et
l'expédier à l'étranger sans transformation.
Pendant ce temps, les promesses d'investissements à Contrecoeur
ne se matérialisent pas. Le Marxiste-Léniniste s'est
entretenu
avec
Claude
Langlois, le président de la section
6586 du Syndicat des Métallos, suite au rassemblement.
* * *
LML : Êtes-vous
satisfaits de votre rassemblement à la barrière ?
Claude Langlois : Nous sommes très
satisfaits. Nous étions entre 350-400 travailleurs,
essentiellement des travailleurs de l'usine plus quelques
métallos d'autres usines venus nous appuyer. Nous avons eu une
bonne couverture médiatique. Des politiciens sont
également venus nous appuyer, notamment Stéphane
Bergeron, le député péquiste de Verchères,
et l'attaché politique d'Alexandre Boulerice, le
député NPD dans Rosemont-La-Petite-Patrie. Louis
Plamondon, le député du Bloc québécois du
comté de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, qui ne pouvait
pas être présent, nous a envoyé un message d'appui.
Trois représentants syndicaux ont pris la parole : Guy
Farrell, l'adjoint au directeur du Syndicat des Métallos, Pierre
Arseneau, permanent au Syndicat des Métallos, et moi-même.
Tous les trois nous avons mis l'accent sur les investissements qui
avaient été annoncés et que nous attendons
toujours et sur le fait que c'est inconcevable que si peu de
deuxième et troisième transformation soit faite et que
même la première transformation soit
négligée. On a aussi mis l'accent sur le fait que le
gouvernement du Québec est bien loin des préoccupations
des travailleurs à ce sujet. Plusieurs résidents sont
aussi venus nous exprimer leur soutien et nous sentons que la
population est avec nous. La question des investissements et des
emplois manufacturiers, ça commence à préoccuper
pas mal de monde. Chez les travailleurs aussi, on voit que
présentement le discours n'est plus le même qu'à
l'époque de notre manifestation pour le laminoir à
poutrelles en 2009. La préoccupation est plus forte, les
travailleurs se sont conscientisés à l'effet que s'il ne
se passe rien alors on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve.
C'est tout cela qui entre en ligne de compte, notamment le Plan Nord.
Les gens en ont entendu parler et ils font le lien entre le Plan Nord
et ce qui nous arrive ici. Les médias ont interviewé des
travailleurs lors de l'action et ils ont très bien parlé.
LML :
Parle-nous un peu plus de la campagne que vous menez pour des
investissements manufacturiers.
CL : On avait eu des annonces fin octobre
à l'effet qu'ArcelorMittal allait investir pour améliorer
le laminoir fil-machine. On s'est fait dire récemment que
l'investissement était mis sur la glace à cause du prix
de l'action sur les marchés, de la faiblesse du marché
européen, toujours la même rengaine. On s'est dit que
ça n'a aucun sens, d'où notre campagne. Il n'y a aucun
investissement qui se fait ici à Contrecoeur. Les 9-10 novembre,
nous avons distribué des tracts à l'entrée de
l'usine puis hier, c'était notre rassemblement à la
barrière où nous avons invité les médias et
les députés.
LML : Qu'est-ce qui reste
présentement comme production à l'usine de
Contrecoeur ?
CL : Présentement, au niveau de la
brame, il n'y aura pas de production de brames pendant les deux
dernières semaines de décembre. Cette production va
reprendre le 2 janvier. La brame c'est ce qui nous reste du
produit plat qu'on a perdu à la fin de 2007 quand les deux
laminoirs ont été fermés. Nous en sommes en ce
moment à deux équipes dans la production de la brame.
À la fin du dernier trimestre, la direction de l'usine nous
parlait de passer à trois équipes, mais la production est
au ralenti alors nous allons demeurer à deux équipes
jusqu'à la fin des 3 premières semaines de janvier.
L'entreprise ne s'est pas prononcée sur ce qui allait arriver
après ces 3 semaines.
Tout le complexe de Contrecoeur va fermer pendant la
dernière semaine de décembre. Toute la production va
s'arrêter pendant une semaine sauf à l'usine de
réduction des boulettes de minerai de fer qu'ils ne peuvent pas
vraiment arrêter. Mais la production de la brame ainsi que la
production de la billette pour le laminoir fil-machine sont
arrêtées pendant la dernière semaine de
décembre. Cela représente environ 400 travailleurs. Par
négociation, nous avons obtenu que nos travailleurs d'entretien,
nos mécaniciens, électriciens, plombiers vont travailler
pendant ces deux semaines. Nous l'avons obtenu de peine et de
misère grâce à une clause que nous avons dans la
convention collective qui dit que si nous sommes en situation de mises
à pied, ils ne peuvent pas faire entrer de contracteurs ou
envoyer notre travail en sous-traitance. Ils doivent faire travailler
nos gens.
LML : Peux-tu nous donner
un aperçu de la réduction du nombre de travailleurs qui
s'est faite au fil des années ?
CL : En 1982, nous étions 1650
syndiqués à l'usine. En 1994, quand Mittal a
acheté l'usine, nous étions 1200 travailleurs
syndiqués. En 2008, nous avons perdu environ 500 autres emplois
et présentement nous sommes environ 530 travailleurs
syndiqués à l'usine. La réduction de main-d'oeuvre
syndiquée, mise à part la grosse fermeture des deux
laminoirs dans le produit plat, s'est faite de plusieurs
manières, par exemple en ne remplaçant pas les
travailleurs d'entretien qui prennent leur retraite, par des
changements technologiques, par le recours à la sous-traitance.
L'absence d'investissements n'a aucun sens, surtout
quand on voit ArcelorMittal annoncer des investissements de 400-500
millions $ pour une usine de réduction en Algérie.
Ça n'est pas l'argent qui manque. Pendant ce temps, nous
attendons toujours les investissements dans la deuxième et
troisième transformation ici-même. Même la
première transformation est de plus en plus
négligée, surtout dans le contexte du Plan Nord. J'ai
parlé avec des métallos de Fermont qui travaillent
à la mine. De plus en plus, ArcelorMittal ne fait que creuser le
minerai, le charger sur des bateaux et l'expédier en Asie sans
même le transformer en boulettes dans son usine. Des tonnes de
terre sont expédiées contenant le minerai. Le lien avec
le Plan Nord est évident. Ils viennent chercher le minerai ici
et ils ont le gouvernement avec eux pour leur bâtir des
infrastructures, des routes, c'est le Québec qui paie ça.
En conclusion, je veux dire que pour nous autres, la
bataille des investissements manufacturiers, on veut la gagner et notre
campagne en est juste à ses débuts. On ne va pas
lâcher. L'investissement c'est notre bataille à tous.
À la fin 2007, ils ont fermé les deux laminoirs à
Contrecoeur parce qu'ils n'ont pas investi dans cette
production-là. La production se fait encore mais elle a
été déplacée vers Dofasco à Hamilton
parce que là ils ont investi. On craint que tantôt ils
vont nous dire que la production pour le fil-machine est
désuète elle aussi, qu'on n'est plus compétitifs,
etc. On ne veut pas se faire saigner à blanc puis que la
compagnie sacre son camp. Le plus inquiétant c'est la brame. Si
on perd la brame, le prix de revient de la production de l'autre type
d'acier, la billette, va augmenter énormément et alors la
fermeture sera imminente. Il ne faut pas lâcher et on ne
lâchera pas.

Manifestation de la
population de Contrecoeur pour un laminoir à poutrelles, en juin
2009

Rio Tinto à Alma
«Nous défendons nos emplois
syndiqués
afin de maintenir notre rapport de force»
- Entrevue avec Marc Maltais,
président du Syndicat
des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA) -
Les travailleurs de Rio Tinto à Alma viennent de
rejeter les offres globales du géant minier et
métallurgique et de donner un mandat de grève au
syndicat. La demande principale des travailleurs, c'est la
défense de leurs emplois syndiqués alors que Rio Tinto
cherche à les réduire et les remplacer par des emplois
non syndiqués et à des conditions très
inférieures par un recours croissant à la sous-traitance.
Les travailleurs soutiennent qu'un plancher d'emplois syndiqués
STAA aux salaires et conditions qu'ils ont gagnées de haute
lutte est une condition que doit remplir Rio Tinto en échange
des énormes avantages hydroélectriques dont il jouit dans
la région. Rio Tinto pour sa part tente de mobiliser la
région contre ces travailleurs en disant que leurs demandes
visent à empêcher les gens de la région d'avoir
accès à de l'emploi. Les travailleurs de Rio Tinto
soutiennent que leurs demandes défendent le niveau de vie de la
population régionale et s'opposent à son appauvrissement
collectif. Le Marxiste-Léniniste s'est entretenu
récemment avec Marc Maltais, le président du Syndicat des
travailleurs de l'aluminium d'Alma, qui est la section 9490 du Syndicat
des Métallos.
LML : Peux-tu nous parler des
assemblées générales qui se sont tenues
récemment sur les offres globales de Rio Tinto et le mandat de
grève ?
Marc Maltais : Nous avons tenu
3 assemblées générales. À
l'assemblée de l'unité d'accréditation du Centre
de revêtement des cuves, le taux de participation a
été de 100 % et ils ont obtenu un vote de 100 %
pour le rejet des offres globales et un mandat de grève à
être déclenché à un moment jugé
opportun. Au niveau de l'accréditation-bureau, 24 des
25 membres de l'unité d'accréditation étaient
présents soit un taux de participation de 96 %, et le vote
a été de 96 % pour le rejet des offres et le mandat
de grève. À l'assemblée de
l'accréditation-horaire, le taux de participation a
été de 92 % et le rejet des offres et le mandat de
grève ont été votés à 95 %. Sur
les 680 travailleurs membres de l'accréditation-horaire, il y en
a eu 632 qui ont participé à l'assemblée. Nos
membres sont toujours très participatifs et c'est encore plus le
cas dans la situation actuelle.
LML : Quelles sont les principales
questions sur lesquelles Rio Tinto et les travailleurs s'affrontent
dans cette négociation ?
MM : En essence, le conflit porte sur
l'existence de notre rapport de force en tant que syndicat. Les gens
ont compris que dans notre lutte à la sous-traitance, pour la
création et le maintien d'emplois de qualité, nous
cherchons à maintenir notre rapport de force avec Rio Tinto. Ils
ont compris que dans la mesure où l'employeur ne garantit pas le
remplacement par des syndiqués, des gens qui partent à la
retraite, ce sont donc des sous-traitants qui peuvent être
engagés. La conséquence de cela c'est qu'en
période de négociation, grève ou conflit, ces
sous-traitants peuvent faire virer l'usine. Au moment où on se
parle, on ne se bat pas pour des salaires ou des fonds de pension, mais
toutes les conditions de travail vont être remises en question
dans la mesure où nous n'aurons plus de rapport de force
réel.
Dans un cas de grève ou de lockout, il va y avoir
des conséquences dans la mesure où ce sont des tiers qui
feront opérer l'usine. Sans dire qu'ils seront des scabs, ils
seront légaux, mais ils opéreront l'usine et nous
perdrons notre rapport de force. Toutes les conditions qui ont
été acquises à travers les chaudes luttes depuis
1943, tout cela peut être jeté aux orties. Pour les
générations futures, cela n'assure pas qu'elles auront
les mêmes droits que nous avons aujourd'hui. Maintenir notre
rapport de force, c'est rendre hommage à nos
prédécesseurs. C'est le coeur de l'affaire et c'est ce
qui a convaincu les gens. Dans mon unité d'accréditation
nous avons tenu deux rencontres de plus de deux heures trente et il y a
eu juste une seule question sur les offres globales de l'employeur.
L'employeur prétend ne pas demander de
concessions, mais c'est de la poudre aux yeux. Quand on sait lire et
qu'on analyse leurs offres, on voit qu'ils s'apprêtent à
nous mettre gentiment un genou à terre. L'avenir pour Rio Tinto
en ce qui a trait à ses alumineries, c'est que si tu ne
siphonnes pas une cuve ou que tu ne coules pas de métal, tu fais
partie du « non core », tu n'es pas essentiel et
ton emploi peut-être envoyé en sous- traitance. Tout le
monde se sent visé. Le « core » et le
« non core », c'est le discours qu'ils tiennent
constamment. On s'entend pour dire que pour l'instant, ils vont enlever
les services et dire que le reste c'est encore du
« core » mais une fois les services
enlevés, ils n'hésiteront pas à remplacer les gens
de la production, pour pouvoir remplacer quelqu'un qui gagne 34 $
de l'heure par quelqu'un qui en gagne 12 $. Je ne crois pas que
ces multinationales-là vont maintenir du monde en emploi
à des conditions décentes si on ne les force pas à
le faire.
Leur objectif, c'est leur rendement pour les
actionnaires. Peu importe comment ils peuvent augmenter leurs
bénéfices, c'est augmenter leurs bénéfices
qui est leur but. C'est leur objectif unique. Mais ce n'est nullement
notre objectif à nous. Nous, on vit et travaille sur ce
territoire qui comprend ces ressources naturelles formidables et on
s'attend à un retour normal en échange de l'utilisation
par les multinationales de ces ressources. Cela nous fait plaisir
d'aller gagner notre croûte, mais cela doit se faire à de
bonnes conditions. De plus, nous n'avons pas affaire à une
compagnie qui est sous la loi de la protection de la faillite. C'est
une compagnie qui a le vent dans les voiles. Les dirigeants des
multinationales dans ce secteur s'entendent pour dire que les
alumineries vont avoir de la difficulté à suffire
à la demande. Nous sommes la 4e plus grosse usine de Rio Tinto
en capacité dans le monde et sa plus rentable. Nous ne sommes
certainement pas en mode concessions. Le message des travailleurs est
on ne peut plus clair.
LML : Peux-tu nous parler du
travail de mobilisation que fait le syndicat pour gagner ses
demandes ?
MM : On a travaillé fort au cours
des derniers mois. On pense que des membres bien informés
prennent de meilleures décisions. Juste la semaine
dernière, on a rencontré tous les travailleurs, les 800
travailleurs, un par un. On a travaillé sur 3 quarts de
travail pour les rencontrer tous. À chaque semaine, on envoie un
rapport, le Jaseur express, un feuillet d'information qui
rapporte ce qui s'est passé pendant la semaine
précédente. Au moment où on se parle, les gens
sont en train de recevoir notre journal, on en fait 5- 6 parutions
par année. À chaque mois, on a une assemblée
générale, on a un conseil consultatif. On a fait des
audits pour savoir quels sont les problèmes. Les gens sont
informés et avides d'en savoir plus. Ils ne suivent pas juste
pour suivre, ils comprennent que le moyen d'arriver à des gains
pour les individus passe par la collectivité.
Nous avons beaucoup de succès avec les jeunes.
C'est une de nos forces, les jeunes. Notre moyenne d'âge à
l'usine est de 41 ans. Nous avons beaucoup de jeunes. Si les
jeunes sont consultés, s'ils sentent qu'ils font partie de la
solution, ils vont être là. Il faut qu'on soit capable de
canaliser cette énergie. Pour ce faire, il faut qu'on soit
capable de sortir de sa zone de confort et aller les voir et les
consulter.

US Steel à Hamilton
La dictature Harper empêche
le recours à la justice des métallos
À l'insu de tous ceux que
la question touche directement, la dictature Harper a
« réglé » la poursuite du procureur
général contre US Steel. Les participants ayant le statut
d'intervenants légaux dans la poursuite, telle que la section
locale 1005 du syndicat des TUA, n'ont pas été
consultés sur l'entente ni n'étaient-ils informés
à l'effet que Harper conspirait contre eux.
La poursuite contre US Steel était basée
sur le fait que US Steel n'avait pas respecté ses engagements
aux termes de la Loi sur Investissement Canada (LIC). Le juge
s'apprêtait à traiter des questions substantielles,
après avoir contrecarré les manoeuvres dilatoires de US
Steel. La Cour fédérale venait aussi de
réprimander les avocats de US Steel pour avoir fait perdre du
temps aux tribunaux et les encourageait fortement à se mettre au
boulot. En fait, US Steel n'avait pas de défense en vue,
puisqu'il avoue publiquement et de la façon la plus arrogante
qu'il est coupable d'avoir rompu de façon unilatérale ses
engagements obligatoires tels que stipulés dans la LIC. La cour
était sur le point de régler la question de la
restitution envers toutes personnes ayant été
lésées par les agissements de US Steel. En ce sens, la
cour avait accepté les intervenants en tant que participants
légaux et avait reconnu leurs demandes de restitution comme
étant valides et devant être traitées.
Les sanctions prévues par la LIC auraient compris
une amende de 10 000 $ par jour pour la période couvrant la
violation de la loi, c'est-à-dire une somme de 10
millions $ payable directement au gouvernement. Un aspect crucial
et ayant d'importantes conséquences pratiques était le
nouvel engagement obligatoire et surveillé de 3 ans,
à être mis en oeuvre dès la fin du procès et
imposant une production globale d'acier de plus de 13 millions de
tonnes, avec une moyenne de main- d'oeuvre par jour de 3,105. Cela
aurait nécessité un investissement réel ainsi
qu'un engagement ferme envers Hamilton Works et Lake Erie Works.
Or, le gouvernement canadien a conclu une entente avec
le monopole de l'acier qui a pour effet de mettre fin à la
poursuite. Le règlement de Harper comprend seulement des
assurances vagues de production jusqu'en 2015 ainsi qu'un
investissement de 50 millions $. Un tel investissement, qui ne
serait fondé sur aucun niveau réel de production,
pourrait facilement être réparti dans des mesures normales
d'entretien ou faire l'objet des manoeuvres que les monopoles
connaissent bien, puisqu'ils y ont recours de façon
routinière dans leurs déclarations d'impôt.
La restitution exigée par les intervenants
comprenait les salaires et les cotisations syndicales perdus, pour un
montant de 44 millions $, qui devaient être directement
remboursés aux travailleurs mis à pied de façon
injuste, ainsi qu'à leur syndicat local. Aussi, il y avait une
nette possibilité que US Steel soit trouvé coupable
d'infraction à la LIC, tel que manifesté par son
mépris initial envers les lois canadiennes et la Cour
fédérale, et que par conséquent il soit
dépossédé de l'ancien Stelco, une sanction fort
appropriée. En ce sens, plusieurs ont fait valoir que la vente
de Stelco et les manoeuvres pour esquiver la faillite devraient
être examinées et considérées comme une
conspiration criminelle permettant de voler plus
1 milliard $. Pour plusieurs, les agissements de Brookfield
Management et de l'agent étasunien Rodney Mott dans ce coup
d'argent constituent l'escroquerie du siècle au Canada et
ceux-ci devraient être forcés de rendre des comptes et de
rembourser l'argent ainsi soutiré de façon
malhonnête à la communauté.
Le règlement à huis clos par la dictature
Harper de l'action judiciaire empêche toutes ces questions
d'être élaborées, du moins dans le contexte de la
Cour fédérale en ce moment. L'entente empêche les
métallos, leurs alliés et les Canadiens
intéressés d'élaborer ces questions devant la Cour
fédérale. Ainsi, la dictature Harper agit comme le plus
grand allié de US Steel, dont la mainmise sur Stelco n'a
bénéficié aucunement au Canada. Au contraire, elle
a imposé la destruction et l'extorsion monopoliste, alors que la
production de l'acier a été transférée aux
usines des États-Unis et que les pensions ont été
attaquées en mettant fin à l'indexation des fonds de
pension et du régime de retraite à prestations
déterminées pour les nouveaux travailleurs.
En partie, la dictature de Harper évite de
discuter sur la place publique de pourquoi un monopole étranger
a autant de contrôle sur les travailleurs canadiens et leur
économie, et plus spécifiquement sur leurs industries de
base. Pourquoi un monopole mondial aurait-il le droit de
déstabiliser l'économie canadienne en détruisant
son industrie manufacturière et en se posant en obstacle au
développement d'une base économique stable,
autosuffisante et diversifiée ?
Le gouvernement devrait défendre les travailleurs
canadiens et leur économie plutôt que les monopoles
mondiaux qui abusent de leur immense pouvoir pour soutirer des
concessions et pour transférer la production vers des usines
à l'étranger. C'est ce que fait ouvertement US Steel. Son
PDG est même membre du comité « Acheter
américain » du gouvernement Obama ainsi qu'un ennemi
public farouche de l'importation de l'acier aux États-Unis qui
pourrait mettre en danger la position dominante de US Steel sur le
marché. La dictature Harper ne remet même pas en cause le
conflit d'intérêts flagrant de ce cadre de US Steel.
L'heure a sonné et il est temps de remettre en
cause toute la légitimité de la dictature
fédérale de Harper et de son allégeance fanatique
envers les monopoles mondiaux en opposition au droit public des
Canadiens de contrôler leur économie et leurs affaires
politiques. L'heure est à une nouvelle direction pour
l'économie et pour les affaires politiques du Canada.

Le gouvernement Harper capitule devant US Steel
- Communiqué de presse, Rolf
Gerstenberger, président,
section locale 1005 du syndicat des TUA, le 13 décembre 2011 -
La section locale 1005 du syndicat des TUA condamne
le gouvernement Harper pour avoir permis à US Steel de n'avoir
aucun compte à rendre pour tous les torts que celui-ci a commis
envers les communautés de l'acier de la région de
Hamilton depuis sa mainmise sur Stelco en 2007. Le règlement
annoncé de 50 millions $ dans la poursuite du procureur
général est une risée puisqu'il ne
représente qu'une infime fraction des centaines de millions de
dollars en valeur réelle ou potentielle que US Steel a
arrachés de nos communautés.
L'engagement de US Steel selon lequel il poursuivrait
ses opérations seulement jusqu'en 2015 ressemble à
une menace à l'effet qu'il fermera ses opérations
complètement en 2015 et qu'il abandonnera les fonds de
pension. La section locale 1005 mettra immédiatement tout
en oeuvre pour défendre davantage les fonds de pension avec tous
les moyens qui sont à sa disposition. Nous n'avons reçu
aucune garantie de la part de la compagnie ou des gouvernements
à l'effet qu'ils rendront les fonds de pension sécures et
intégraux d'ici 2015. Au contraire, les cadres de US Steel ont
proféré des menaces à l'effet que les fonds de
pension et autres avantages sociaux ne relèvent pas de leur
responsabilité, puisqu'ils ont été signés
avec Stelco.
Le règlement Harper est encore plus scandaleux du
fait que le haut fourneau de Hamilton Works est toujours inactif et que
l'usine Max Aicher de l'Amérique du Nord (MANA) sera
fermée le 18 décembre suite au manque de
collaboration de la part de US Steel. À quoi riment ces
garanties alors que Hamilton Works fonctionne à peine et
à une capacité grandement réduite, et que la
production de l'acier, peu importe le niveau, n'est pas garantie plus
loin que 2015 !
Le règlement Harper ne s'adresse pas aux
revendications des métallos à l'effet que US Steel doit
verser les salaires et les cotisations syndicales pour toute la
période durant laquelle il n'était pas conforme à
la Loi d'investissement Canada. Il laisse tomber aussi les
possibilités stipulées par la poursuite prévoyant
que US Steel soit forcé de produire de l'acier à pleine
capacité pour trois ans à partir de la date d'un
règlement en ce sens. Un tel règlement aurait
nécessité un investissement beaucoup plus
considérable que l'infime 50 millions $.
La porte-parole de US Steel, Erin Di Pietro, pense
peut-être que « ce malheureux conflit avec le
gouvernement du Canada [a été] résolu à
l'amiable », mais nous ne partageons pas cette
interprétation des choses. Le conflit avec les Canadiens et les
métallos sur la question des niveaux de production et des
pensions est loin d'être terminé. Il deviendra, au
contraire, plus aigu suite à ce faux règlement.
Ce règlement et l'insécurité
qu'apporte la capitulation du gouvernement révèlent une
fois de plus le danger qui existe lorsque les industries de base du
Canada sont entre les mains des monopoles mondiaux étrangers. La
section locale 1005 discutera avec tous nos compatriotes canadiens
sur la nécessité d'une nouvelle direction pour
l'économie. Cette capitulation constante aux monopoles mondiaux
doit cesser. Les Canadiens doivent avoir le contrôle de leurs
industries de base telles que l'acier.
Pour contacter la section locale du syndicat des
TUA : téléphoner le 905-547-1417 ou faites
parvenir un courriel à info@uswa1005.ca
Visitez le site web : www.uswa1005.ca

Bulletin du 20 décembre 2011 •
Retour à l'index •
Écrivez à: redaction@cpcml.ca
|