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Fondation
de
la Communauté des
États
latino-américains et caribéens (CÉLAC)
Un développement historique pour les peuples
d'Amérique
latine et des Caraïbes
- Claude Brunelle -
Caracas, Venezuela,
le 3 décembre 2011
Les deux et trois décembre, les
représentants et chefs d'États
des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, réunis
à Caracas au
Venezuela, ont fait l'histoire en signant, après amples
discussions, l'acte constitutif de la Communauté des
États
latino-américains et des Caraïbes (CÉLAC).
Pour la première fois depuis plus de 200 ans, les
peuples
d'Amérique latine et des Caraïbes ont entre leurs mains une
organisation pour la défense de leur souveraineté
politique,
économique et culturelle et un rempart contre l'ingérence
étrangère dans leurs affaires, notamment de la part des
impérialistes américains et de leur laquais canadien par
le biais
de l'Organisation des États américains (OÉA). La
proposition de
fonder la CÉLAC en 2010 a sonné le glas de l'OÉA,
qui a servi à
saper le mouvement d'indépendance des peuples des
Amériques.
Le nouveau bloc régional comprend 33 pays,
représentant
plus de 500 millions d'habitants. Au terme des deux jours de
délibération, les chefs d'États ont adopté
l'acte constitutif de
la CÉLAC, connu comme la Déclaration de Caracas, un plan
d'action
pour 2012, les statuts et procédures ainsi que
18 communiqués portant sur différents thèmes.

Les chefs d'État de la
CÉLAC. À l'arrière: statue de Simon Bolivar.
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Parlant de la création du nouveau bloc
régional, le président
cubain Raoul Castro a dit : « La formation de la
CÉLAC
consolide le concept d'une région unie et souveraine liée
par un
destin commun. En termes stratégiques elle nous offre
l'instrument politique requis pour unir nos volontés, pour
résoudre des différends, et son succès
dépendra de notre
solidarité les uns avec les autres. » Puis, lors de
son
intervention à la première session
plénière,
le président cubain a
affirmé qu'il faut en finir avec « les politiques
impérialistes qui ont détruit des nations et
massacrés des
milliers de personnes ».
Pour sa part, le président
vénézuélien, Hugo Chavez, a affirmé
que la création de la CÉLAC « sera un grand
pôle de pouvoir
régional du XXIe siècle ». Faisant
référence aux luttes des
peuples d'Amérique latine et des Caraïbes pour leur
souveraineté
au cours des 200 dernières années, le président
Chavez a
dit : « Bolivar a convoqué le congrès du
Panama pour
créer un grand corps politique, mais autant l'empire britannique
que l'empire naissant yankee ont entrepris de saboter l'idée,
imposant la doctrine Monroe, l'Amérique pour les
Américains, et
en imposant leur volonté durant deux siècles, mais c'est
assez ! » Parlant de ce que deviendra l'OÉA avec
la
création de la CÉLAC, Chavez a dit que « cette
entité est
devenue obsolète avec les années, vieille et usée
qu'elle est pour
avoir favorisé en priorité les États-Unis au
détriment des autres
pays membres », ajoutant que, contrastant avec l'OÉA,
« la CÉLAC inclut les lois de chaque pays, de
là
l'importance d'avancer dans ce que le libérateur [Simon
Bolivar – ndl]
a
appelé
'un grand corps
politique' ».
Parlant de ce que représente la création
de la CÉLAC face à la
domination impérialiste, le président de Bolivie, Evo
Morales, a
souligné qu'« il y a maintenant une position pour
nous
libérer de la domination impériale. C'est un sujet
profond. Après
500 ans de résistance indigène, 200 ans
d'indépendance, enfin
nous nous unissons pour nous libérer. » Puis, parlant
des
politiques que défend la CÉLAC, Morales a poursuivi en
disant
qu'« une des politiques de la CÉLAC est
l'universalisation
des programmes de santé et d'éducation comme un droit
humain et
non comme un marché d'affaires privé ». Le
président
d'Équateur, Rafael Correa, a quant à lui affirmé :
« La CÉLAC est un forum pour résoudre nos
conflits, mais pas
à Washington », ajoutant que « la
région doit apprendre
à cheminer par ses propres moyens, sur ses propres pieds, cela
est un défi régional et continental ».
Les chefs d'États ont également
résolu que les prochaines
rencontres annuelles de la CÉLAC auront lieu au Chili en
2012, puis à Cuba en 2013.
Notons qu'il n'y eut aucune réaction à la
création de la CÉLAC
dans les milieux officiels aux États-Unis et au Canada,
malgré la
très grande signification de cet événement.
La création de la CÉLAC est une
réalisation anti-impérialiste
des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes qui ont tant
souffert des agissements impérialistes des États-Unis et
qui
continuent d'être confrontés à cette
hostilité. Le Canada
s'ingère lui aussi dans les affaires des pays des
Amériques, à la
défense du pillage et de l'exploitation brutale par les
monopoles
miniers et des intérêts stratégiques de l'empire
américain. La
tâche de libération et d'émancipation des peuples
d'Amérique
latine et des Caraïbes demeure la nécessité
historique, comme
l'ont reconnu les fondateurs de la CÉLAC.

Bulletin du 12 décembre 2011
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