Opposition à l'offensive antiouvrière du gouvernement Charest

Loi 33 dans la construction

Le gouvernement du Québec tente de blâmer les syndicats pour la corruption et la collusion

LML : La loi 33, la Loi éliminant le placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de l'industrie de la construction, a été adoptée à l'unanimité le 2 décembre dernier à l'Assemblée nationale. Dans son communiqué, la FTQ-Construction s'en prend à l'odieux de la démarche du gouvernement de blâmer les syndicats pour la corruption dans l'industrie de la construction.

Yves Ouellet : L'objectif numéro un de la loi 33, c'est de détourner l'attention du problème réel de corruption et de collusion dans lequel le gouvernement est visé directement, pour le mettre sur le dos des méchants syndicats. On cherche ainsi à affaiblir les syndicats en amenant la population à oublier où se trouvent la corruption et la collusion et en crinquant la population contre les syndicats. La ministre du Travail, Lise Thériault, a cru bon d'aller fouiller dans l'histoire, jusqu'à la Commission Cliche et même avant, pour se chercher une crédibilité et tenter de faire croire que la raison derrière la loi, c'est d'aider les travailleurs et les travailleuses, ce qui n'est pas le cas. C'est un prétexte qu'elle est allée chercher afin de détourner l'attention et de monter la population contre nous. En réalité, si on regarde les chiffres de l'an dernier alors qu'il y avait 155 000 travailleurs dans l'industrie de la construction au Québec et au-delà de 26 000 entreprises, il n'y a eu qu'environ 30 plaintes relatives à de la discrimination ou de l'intimidation dans le secteur. Mais ce ne sont pas nécessairement toutes des plaintes liées aux syndicats, cela peut être une plainte contre un entrepreneur qui a congédié un travailleur. Nous avons dit à la ministre qu'il y a des lois au Québec à ce sujet. Si un représentant syndical est trouvé coupable d'intimidation devant la loi, il perd son emploi pendant cinq ans. Il n'a pas le droit d'être représentant syndical ou de travailler pour un syndicat pendant cinq ans. Un médecin peut oublier un scalpel dans le corps d'un patient et être radié pour un an.

Imaginez-vous. D'avril à décembre, le gouvernement a réussi à faire des consultations, à tenir une commission parlementaire, à passer sa loi, tout cela en 7-8 mois. Ça fait 3 ans qu'ils sont sur leur commission d'enquête sur la corruption dans l'industrie de la construction et elle n'est même pas encore commencée. Et c'est toute la population du Québec qui lui demande d'enquêter sur la collusion et la corruption et sur le financement des partis politiques. Pendant que la ministre a parlé de cela, elle a transféré le blâme sur autre chose, sur les syndicats. Je tiens à souligner que le Rapport Duchesneau (le rapport de l'Unité anticollusion sur la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction présenté en septembre 2011  Note du LML) ne mentionne pas les syndicats ou les travailleurs de la construction. Quand il parle de corruption et de collusion, il mentionne les firmes d'ingénierie, les entrepreneurs de la construction et le gouvernement, mais les syndicats ne sont pas nommés.

Je tiens à dire également que l'industrie de la construction fait rouler l'économie du Québec ; c'est largement grâce à elle qu'on est passé à travers les contrecoups de la crise économique. C'est une industrie qui va bien. On a eu 4 jours de grève en 20 ans. On ne peut pas dire que les relations de travail sont mauvaises. Nous n'avons jamais dit qu'il n'y a pas de problèmes dans l'industrie, mais quand nous avons voulu présenter des propositions concrètes pour en traiter, tout ce que nous avons amené a simplement été écarté.

LML : Le communiqué de la FTQ-Construction dit aussi que la loi vise à réduire le rapport de force des syndicats. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

YO : On cherche à affaiblir les syndicats en promouvant l'individualisme, en prétendant que les travailleurs sont opprimés par les syndicats.

Je n'ai jamais vu cela, en commission parlementaire, une ministre prendre position de cette façon-là. La ministre est censée être là pour écouter les débats. Mais dès la première journée de la commission, elle nous a dit que la loi allait passer telle quelle. Elle a comme mis la table avec cette façon de faire. Elle disait d'emblée que nous avions utilisé de la violence contre les femmes. J'ai enquêté sur les deux cas qui nous ont été imputés. Dans un des cas, il n'y avait pas eu de violence du tout et dans le second c'était un entrepreneur qui avait utilisé de la violence contre une femme. Mais il n'y avait rien à faire. Elle ne nous écoutait même pas. Elle n'a jamais écouté un mot de ce que nous avons dit. Elle « chattait » et elle riait, c'est tout. Tout était décidé d'avance pour être fait aussi vite et aussi bâclé que possible.

LML : Qu'en est-il du placement syndical qui est présenté par la loi comme une source de corruption et de collusion ?

YO : La question fondamentale pour nous, c'est la relation de travail entre les syndicats et les entrepreneurs. Tu ne peux pas éliminer cette relation. Dans la grande majorité des cas, c'est l'entrepreneur qui contacte les syndicats. Il nous contacte, pas seulement la FTQ, mais tous les syndicats, pour dire ses besoins. La loi dorénavant va interdire ça. Placer une personne ce n'est pas juste donner un nom, c'est un humain dont on parle. Le placement syndical ouvre une relation avec les entrepreneurs. Il y a des travailleurs qui ont de la misère à se placer. Si on n'a pas de relation directe avec les entrepreneurs, si on ne parle pas directement avec eux, ces travailleurs ne seront pas employés. Nous avons dit à la ministre que pour le moment, c'est le plein emploi dans la construction alors c'est plus facile de se placer. Mais dans d'autres circonstances, que le travailleur est arrivé au bout de son chômage et qu'il est en train de perdre sa maison, ou qu'un travailleur vient de sortir de la CSST et les employeurs le savent et sont hésitants à l'engager, qu'est-ce qu'on est censé faire, l’abandonner ? Et les femmes, on ne doit pas les aider à se placer ? Il y a un côté humain ici et la ministre s'en fout carrément. Tout le monde le sait, les entrepreneurs, ce qu'ils veulent c'est un jeune gars de 25 ans, en pleine forme, et avec 25 ans d'expérience ! Ça n'existe pas, mais c'est ça qu’ils cherchent.

La liste de la CCQ va donner des pouvoirs accrus aux entrepreneurs. Un entrepreneur, par exemple, va pouvoir appeler un travailleur et lui dire qu'il doit venir travailler pour lui. Si le travailleur lui dit non, parce que c'est connu par exemple que cet employeur ne paie pas ses travailleurs, l'entrepreneur pourra lui dire : « Es-tu en train de me dire que tu refuses un emploi ? », etc. Nous, cela nous arrivait de dire à un entrepreneur que non, on ne t'envoie personne parce que tu ne paies pas ton monde. Est-ce que la liste va prendre ces choses-là en considération ? On vient d'ouvrir une porte toute grande sans en avoir mesuré les conséquences.

La ministre nous dit qu'elle va faire des aménagements pour des cas d'exception, comme par exemple s'il y a une urgence à 2 heures du matin dans le métro, alors nous pourrons être contactés directement pour fournir les travailleurs nécessaires pour faire face à l'urgence. C'est pas sérieux. Le gouvernement refuse de traiter des problèmes sérieusement.

La réalité du placement syndical n'a rien à voir avec la façon dont elle l'explique. La majorité des syndicats ne font pas de placement. Il y a quelques métiers qui font du placement, surtout sur les chantiers industriels et sur les plus gros chantiers. Un chantier FTQ au Québec, ça n'existe pas. Les cinq centrales syndicales sont présentes sur les chantiers, selon leur représentativité. Au moins 85 % des travailleurs de la construction se placent tous seuls, ils contactent directement les entrepreneurs. La ministre dit qu'on force les entrepreneurs à prendre du monde. Les entrepreneurs prennent les travailleurs s'ils veulent les prendre, sinon ils ne les prennent pas. Le but visé c'était de présenter le placement syndical comme une grosse montagne, comme quelque chose de grave. Le but c'est d'attaquer tous les syndicats et la façon de s'y prendre c'est de commencer par le plus gros, la FTQ.

Nous disons qu'en plus d'être injuste la loi va être inapplicable. Elle ne reconnaît pas la réalité du monde de la construction. Elle a été faite tellement rapidement et elle est totalement bâclée. Comment cela se fait-il que quand tu déposes une loi, tu n'attends pas d'en écrire les règlements avant de la passer pour être certain que la loi va être applicable et appliquée ? Les règlements attenants à la loi ne seront pas prêts avant neuf mois. S'il n'y a rien qui est prêt, alors pourquoi la précipitation ? D'ici là, ça va être le chaos.

LML : Qu'est-ce que la ministre veut dire quand, dans un point de presse, elle dit que « dorénavant, les travailleurs pourront signifier leur intérêt à travailler sur des chantiers sans passer par leur syndicat, et ça, ça peut faire toute la différence de monde » ?

YO : Elle dit que les travailleurs vont devoir passer par la liste de référence de la CCQ. Elle suggère du même coup qu'avec nous, les travailleurs étaient forcés de passer par nous pour avoir de l'emploi. C'est complètement faux. Comme je l'ai dit, plus de 85 % des travailleurs contactent directement les entrepreneurs. C'est juste une façon encore une fois de dire que nous on menace les travailleurs, qu'elle a donc raison de passer sa loi.

LML : Est-ce que tu vois une corrélation entre cette loi et le Plan Nord du gouvernement Charest ?

YO : Oui. Il y a déjà des choses qui ont été adoptées sur lesquelles on n'a pas porté suffisamment attention. Le gouvernement Charest a déjà adopté que les chemins forestiers, ce qu'on appelle les chemins de pénétration, ne seront plus construits par le secteur de la construction. Dans la construction, la loi veut que tout travailleur appartienne à un syndicat. Ça veut dire que maintenant ils ont ouvert le chemin à l'engagement de main-d'oeuvre non syndiquée dans des projets de construction. Et c'est le peuple québécois qui va se retrouver avec la facture, c'est le Québec qui va construire des chemins à coups de centaines de millions de dollars. Ce changement est passé presque inaperçu. Charest dit que non, que ce sont les minières qui vont payer, mais qui va le croire ? Qu'est-ce qui va empêcher le gouvernement de dire que le chemin est public parce qu'il dessert une réserve autochtone ou un parc naturel ? Évidemment si par hasard il y a une minière qui passe par là et utilise le chemin, alors pourquoi pas ? Le gouvernement Charest a promis bien des choses aux minières. On ne sait pas tout ce qu'il leur a promis. Est-ce qu'il va se tenir debout devant elles de la manière qu'il se vante de s'être tenu debout devant nous ? On sait déjà que les minières du Plan Nord vont payer le prix de leur hydroélectricité bien en deçà du prix de production. Le gouvernement est en train de travailler sur bien des plans en ce moment en vue du Plan Nord.

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Les attaques contre les syndicats et
les conditions de travail mettent en péril
la santé et la sécurité des travailleurs

Les députés à l'Assemblée nationale ont voté à l'unanimité en faveur du projet de loi 33, proposé par la ministre du Travail, Lise Thériault. Cette loi vise à éliminer le placement syndical et améliorer le fonctionnement de l'industrie de la construction, selon le libellé du projet de loi. En fait, cette loi aura pour conséquence d'éliminer les organisations de défenses des ouvriers de la construction en ce qui a trait aux normes régissant les besoins de main-d'oeuvre. Le déploiement futur de la main d'oeuvre se fera dorénavant via la Commission de la construction du Québec (CCQ). La ministre veut instaurer un comité transitoire pour s'adapter à la nouvelle loi. Les représentants de la CCQ, les représentants des différentes associations d'employeurs et les organisations syndicales sont invités par le gouvernement à en faire partie. Déjà, les deux principaux syndicats, soient le syndicat des travailleurs de la construction affilié à la FTQ et le Conseil provincial des métiers de la construction (International) refusent de siéger tant qu'ils n'auront pas de liens directs avec les employeurs. La CSD et la CSN construction ont accepté l'invitation de la ministre.

En favorisant le droit de monopole dans la construction, le gouvernement libéral de Jean Charest s'en prend directement à la sécurité des ouvriers de ce secteur. L'expérience de la classe ouvrière au Québec démontre que lorsque l'on réduit la capacité des travailleurs de s'organiser et d'assurer leur propre sécurité et que l'on laisse cette responsabilité dans les mains des monopoles, les travailleurs en paient chèrement le prix.

C'est le cas, par exemple, de l'industrie du transport. La déréglementation des années 90 a affaibli considérablement la capacité des camionneurs d'assurer la responsabilité de leur sécurité. Par conséquent, ce rôle fut donné aux gouvernements et aux transporteurs. Les dernières statistiques démontrent qu'ils ont échoué lamentablement. Selon les chiffres de la Commission de la santé et sécurité au travail du Québec, le nombre de décès parmi les camionneurs excède de loin celui des autres professions au Québec. En 2010, 15 chauffeurs ont perdu la vie en exerçant leur métier et 12 ouvriers de la construction ont subi le même sort. Les camionneurs et les ouvriers de la construction comptent pour à peine 5 % de la main-d'oeuvre totale. Les ouvriers des mines, les mécaniciens industriels et automobiles, les pilotes et navigateurs ont dénombré 7 décès pour chaque secteur. Ce sont les policiers et les pompiers qui se retrouvent en bas de la liste des accidents, selon la CSST.

En 2009, la CSST a recensé également 15 décès causés par un contact avec des objets ou de l'équipement en mouvement, soient des camions lourds ou équipements reliés au transport et à l'entreposage. La CSST note également une augmentation constante depuis 2002 des décès dans le secteur du transport. Cette industrie était auparavant considérée comme le troisième métier comportant le plus de risques, derrière l'industrie minière et celui de la construction. En 2010, la conduite de camion lourd est malheureusement en première position. Ce constat est la conséquence directe de l'aggravation des conditions de travail des camionneurs.

Cette dégradation des conditions de travail est provoquée entre autres par la déréglementation des années 90. La création de compagnies de transport « low cost » qui a suivi et le piètre état de leurs équipements, la politique de livraison à temps, l'exploitation des travailleurs migrants, la pression de l'industrie pour améliorer la productivité et l'efficacité des camionneurs, la surveillance totale dont ils font l'objet par le biais de satellites perfectionnés, leur insécurité permanente, le manque de formation, la destruction des normes du travail, l'accélération des cadences par une rémunération à la pièce (paiement au millage, au voyage, au tonnage, etc.), les nombreuses heures de travail, le faible taux de syndicalisation, et j'en passe, tout cela a contribué à l'augmentation des accidents mortels et à faire ainsi du métier de camionneur le métier le plus dangereux en 2010. Malgré les belles paroles du gouvernement et des compagnies de transport qui disent se soucier de notre état de santé, la sécurité des camionneurs est en danger constant, les chiffres ne mentent pas.

La loi 33, en favorisant le droit de monopole, va créer les mêmes conditions dans le secteur de la construction et entraîner inévitablement des accidents graves. Bien que ce soit à l'État d'assurer la sécurité des travailleurs, la loi 33 nous prouve au contraire qu'il tourne le dos à sa responsabilité envers la sécurité de la classe ouvrière. Toujours selon la CSST, au Québec un travailleur meurt une journée sur quatre, soit plus de 200 décès par année. C'est l'ensemble des travailleurs qui sont touchés par la loi 33. Que ce soit les camionneurs, les mineurs, les ouvriers de la construction, les ouvriers d'usine, tous doivent condamner le gouvernement Charest et la loi 33. Nous devons le rendre responsable et redevable pour les conséquences de sa nouvelle loi.

(Agence QMI, statistiques CSST, Le monde ouvrier)

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Plan Nord

Le fly-in/fly-out: un mode d'organisation du travail adapté au pillage des ressources naturelles

Le développement futur du Plan Nord du gouvernement Charest a mis en évidence une notion que peu de personnes au Québec connaissaient, soit le fly-in/fly-out (F/F).

Il s'agit non seulement d'un mode de transport des travailleurs vers des chantiers éloignés et isolés, mais d'un système d'organisation du travail développé par la classe monopoliste pour lutter contre les organisations de défense des travailleurs et pour contourner les lois du travail existantes. Au Canada, ce système existe depuis 25 ans, avec la découverte des mines de diamants des Territoires du Nord-Ouest. Au Québec, c'est la compagnie Falconbridge à sa mine Raglan dans le Nunavik qui a implanté le F/F.

Les entreprises qui engagent les travailleurs appelés à prendre part au F/F font d'abord une enquête de sécurité sur tous les travailleurs qui postulent pour un emploi. Suivent ensuite les examens médicaux qui servent à écarter de 40 à 60 % des candidats selon le domaine de travail. La surveillance et la sécurité sont omniprésentes sur le chantier. L'accès au chantier est entièrement contrôlé par la compagnie. Dans la majorité des cas, elle est propriétaire de la piste d'avions, qu'elle a fait construire spécifiquement pour le projet, ainsi que des avions. Elle décide du lieu d'embarquement des travailleurs. En cas de conflit de travail, elle n'a qu'à changer de base aérienne ou même de province et faire entrer les travailleurs scabs qu'elle aura embauchés pour l'occasion et poursuivre la production.

Avec le système du F/F, adieu la journée du travail de huit heures pour laquelle des millions de travailleurs du monde entier se sont battus. Lorsqu'une entreprise implante ce système, les travailleurs doivent fournir une journée de travail de 12 heures, 7 jours semaine, pour une période de 14 ou 15 jours consécutifs. À la fin de cette période de travail, les travailleurs sont retournés chez eux et remplacés par un autre groupe de travailleurs. Il arrive majoritairement qu'un deuxième chiffre de travail de 12 heures soit organisé par l'entreprise pour assurer une production 24 heures / 7 jours semaine. Donc, une deuxième équipe de travailleurs doit être sur place pour prendre la relève.

Les travailleurs sont hébergés sur le chantier même, dans des campements permanents ou semi-permanents selon la durée des travaux exécutés. Aucun travail supplémentaire n'est payé à taux et demi ou double. Si, pour des raisons climatiques ou autres, le groupe de travailleurs de relève ne peut se déplacer au chantier, les travailleurs sur place doivent poursuivre les travaux en attente de leurs remplaçants.

Le F/F rend la syndicalisation des travailleurs difficile et plus compliquée pour les centrales syndicales, les organisateurs syndicaux étant facilement écartés des lieux de travail.

Dans le cas des compagnies minières, la loi prévoit que la compagnie n'a qu'à engager des travailleurs comme mineur, pour ne pas devoir se plier aux conventions de travail qui régissent le domaine de la construction au Québec.

Avec le F/F, les travailleurs sont sous l'emprise de l'employeur. C'est la compagnie qui contrôle et organise le transport des travailleurs. En dehors du chantier, les travailleurs ont nulle part où aller. Pour des périodes de 14 ou 15 jours, ils sont éloignés, parfois même coupés de leur famille. Les systèmes de communication opérationnels sont contrôlés par l'entreprise. Avec le F/F, c'est le retour aux camps de travail des années 60-70 qu'ont connu les travailleurs de la Baie James.

Pour attirer les futurs travailleurs sur ces chantiers, les entreprises font valoir les salaires élevés et les longues périodes de repos. Elles ne parlent pas du haut niveau de production qu'elles réclament des travailleurs et des dangers associés aux chantiers éloignés et isolés lors d'accidents de travail ou de maladie.

Au Québec, le F/F est à ses débuts, à l'exception de Raglan. Au moment où l'on parle, peu de projets sont assez avancés pour utiliser le F/F. Mais ArcelorMittal fait de la publicité en ce moment et du recrutement en parlant du F/F. Tant que les routes annoncées et les aéroports à construire ne seront pas prêts, les compagnies vont vouloir recourir au F/F. Dans les villes comme Fermont ou Chibougamau, les compagnies testent ce système. L'avancement des travaux demande des travailleurs sur le chantier, alors que la route n'est pas encore construite.

Le F/F est le mode ou système d'organisation du travail le plus adapté au pillage des ressources d'un pays. Les travailleurs n'ont aucun contact avec la population locale ou autochtone (indigène). Ils sont isolés des conditions de vie locales. Les questions comme le respect de l'environnement ou de la faune deviennent secondaires.

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Bulletin du 12 décembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca