10 décembre - Journée internationale des droits de l'homme

Les objectifs cachés du Musée canadien pour les droits de la personne de la dictature Harper


Le transfert vers la torture de citoyens canadiens, de résidents et d'autres personnes ; les procès secrets
et les certificats de sécurité, et l'emprisonnement injuste de citoyens canadiens ne sont que
quelques-unes des violations des droits du gouvernement Harper.

Le 29 novembre 2011, la dictature systémique de Harper a annoncé que le Musée canadien des droits de la personne, en construction à Winnipeg, ne recevra pas d'enveloppe supplémentaire du gouvernement fédéral l'an prochain pour couvrir les dépassements de coûts. Le ministère du Patrimoine canadien a dit que les responsables devront se débrouiller avec les fonds qui ont déjà été alloués. « L'engagement de notre gouvernement envers le musée est inchangé, soit 100 millions $ pour construire le musée et 21,7 millions $ par an pour le faire fonctionner, a déclaré James Maunder, porte-parole du ministre du Patrimoine, James Moore. C'est notre engagement et il n'y aura pas de nouveaux fonds pour le musée. »

Le Musée canadien des droits de la personne (MCDP) est le premier musée national créé en quarante ans et est également le premier situé en dehors d'Ottawa. Il a été constitué par le projet de loi C-42, Loi modifiant la Loi sur les musées et d'autres lois en conséquence, de la dictature Harper qui a reçu la sanction royale le 13 mars 2008 après avoir été adopté au Parlement avec l'appui de tous les partis politiques. La construction a commencé en 2009 et devrait se terminer en 2012. Le budget du MCDP est de 310 millions $, soit 100 millions $ de la dictature Harper, 40 millions $ de la province du Manitoba, 20 millions $ de la ville de Winnipeg et 125 millions $ en dons privés.

Bien entendu, que la dictature Harper fasse la promotion d'un « Musée pour les droits de la personne » est grotesque, car la dictature Harper n'appuie d'aucune façon les droits humains. Elle n'appuie, sous couvert de phrases ronflantes, que les droits des monopoles. Les partisans de Harper violent les droits humains dans le monde. À l'étranger, ils sont engagés dans une guerre d'agression en Afghanistan et ont participé aux bombardements massifs de la Libye. Ils préparent d'autres interventions armées en Syrie et en Iran. Au pays, en 2010, les forces de sécurité de l'État ont attaqué violemment les manifestants lors du G20 à Toronto. En 2011, le gouvernement Harper a passé des lois draconiennes pour interdire aux travailleurs et travailleuses des Postes et aux travailleurs d'Air Canada de faire la grève et, contre la volonté des agriculteurs, il a également fait adopter une loi pour supprimer la Commission canadienne du blé. Par ailleurs le traitement des Premières Nations du Canada en dit long sur l'attitude de la dictature Harper envers les droits humains.

La création du MCDP a été proposée en 2003 par le propriétaire du monopole médiatique Canwest, Izzy Asper, un partisan inconditionnel de l'État d'Israël, un État qui viole constamment les droits humains[1], et un ami proche d'un bon nombre de membres de l'élite du monde politique et des affaires au Canada. Le concept du Musée canadien des droits de la personne est né du Programme d'études sur les droits de la personne et l'Holocauste, de la Fondation Asper (1997). Le président actuel du MCDP est Arni Thorsteinson, ancien directeur d'Onex, un conglomérat qui soutient les droits humains en participant à l'industrie de guerre par l'acquisition de Raytheon Aircraft et son partenariat avec le Groupe Carlyle, une société d'investissement liée à la CIA et à la famille Bush.

Une galerie du MCDP sera consacrée à l'Holocauste.[2] Il est probable que le message véhiculé sera trompeusement analogue à celui des autres musées du même genre en Amérique du Nord. De manière générale, les explications que l'on trouve dans ces musées de l'Holocauste donnent le message implicite que l'Holocauste a eu lieu parce que les nazis étaient simplement des gens abominables. On n'y trouve aucune explication sur le contexte historique de la Deuxième Guerre mondiale, aucune mention du soutien des grands industriels allemands aux nazis et aucune mention de la collaboration des industriels anglo-américains avec les nazis. On n'y trouve pas plus mention du fait que, dès le début des années 1920, les « scientifiques » eugénistes racistes des États-Unis ont entretenu des relations étroites, personnelles et professionnelles avec les eugénistes fascistes d'Allemagne, dont beaucoup deviendront les médecins assassins des camps de concentration.


Arrivée de Juifs hongrois de la Ruthénie subcarpatique,
principalement en provenance du ghetto Berehov, au
camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau, en
mai-juin 1944, après leur trahison par les autorités
sionistes de Hongrie.

Les négociations et les ententes secrètes entre les dirigeants sionistes et les nazis sont également omises. Un exemple de cela est l'« Accord de Transfert » du 7 août 1933 par lequel le Troisième Reich a autorisé les dirigeants sionistes à faire émigrer 60 000 juifs et à envoyer 100 millions $ en Palestine en échange de la fin du boycott international des Juifs contre l'Allemagne nazie. Un deuxième exemple est la rencontre en 1937 en Égypte du Obersturmbannführer nazi, Adolf Eichmann, et de Feivel Polkes, un agent de l'organisation terroriste sioniste Haganah, portant sur la collaboration pour faciliter l'émigration des Juifs d'Europe vers la Palestine. Un troisième exemple est l'accord de 1944 entre Rudolf Kastner, du Comité d'aide et de secours juif-hongrois, et l'officier SS Kurt Becher par lequel Rudolf Kastner acceptait de garder le silence sur la déportation massive de 850 000 juifs hongrois à Auschwitz et de payer à Becher 1,6 million $ pour évacuer, dans un train pour la Suisse, 1684 juifs de la Hongrie occupée.

En décembre 2010, des réactionnaires ont soulevé des objections sur le contenu et l'organisation du MCDP. Le Congrès des Ukrainiens-Canadiens est une organisation soutenue par l'État qui en 1940 a rassemblé tous les cercles ukrainiens les plus réactionnaires en s'emparant illégalement des biens des organisations ukrainiennes progressistes au Canada. Le Congrès des Ukrainiens-Canadiens et la soi-disant Association ukrainienne-canadienne des libertés civiles, qui n'existe que pour disculper les collaborateurs nazis de leurs crimes de guerre, se sont plaintes que le MCDP « négligeait » l'« Holodomor », le nom qu'ils donnent au mythe de la famine en Ukraine dans les années 1930, une fable inventée par les nazis puis largement diffusée par la presse de Hearst aux États-Unis pour attaquer l'Union soviétique, le communisme et Staline[3]. Des communiqués récents du MCDP annoncent que les réactionnaires seront accommodés et que l' « Holodomor » fera l'objet d'une exposition permanente au musée.

Harper veut utiliser le MCDP comme outil de propagande contre les communistes et les autres forces progressistes en entretenant le mensonge que ceux-ci « violent les droits humains » au même titre que les nazis. Le terme éculé de « totalitarisme » sera utilisé à nouveau pour insinuer faussement que les nazis et les communistes étaient pareils, alors que c'est l'Union soviétique qui a dirigé les peuples du monde dans la lutte pour écraser les nazis. Le MCDP s'inscrit dans la campagne de falsifications de l'histoire lancée ces dernières années en Europe et en Amérique du Nord pour bloquer le progrès de la société, empêcher le renouveau démocratique et masquer les crimes passés et présents de l'impérialisme contre la classe ouvrière et le peuple.

Les vraies victimes que devrait commémorer le MCDP sont les millions de personnes qui, dans le monde entier, ont été tuées sauvagement par les détenteurs du pouvoir pour protéger et promouvoir leurs intérêts étroits. Ces victimes sont toutes les personnes tuées dans la guerre antifasciste, ainsi que les peuples de Palestine, de Corée, du Vietnam, du Cambodge, du Laos, les peuples du Mozambique et du reste de l'Afrique et d'Indonésie, les peuples du Chili, du Guatemala, du Nicaragua, d'Irak, d'Afghanistan et de la Libye, pour ne citer que ceux-là. Ce qui est dans l'intérêt des peuples du monde, c'est de construire non pas un musée pour promouvoir l'ordre du jour fasciste de Harper et détourner l'attention des faits et gestes de la dictature Harper, mais un musée à la mémoire de toutes les victimes de la « démocratie » de la guerre froide.

Notes

1. Les Nations unies ont voté plus de 20 résolutions condamnant les violations des droits humains commises par Israël.

2. Le terme holocauste vient du mot grec holókauston, un animal offert en sacrifice à un dieu au cours duquel l'animal (holos) est complètement brûlé (kaustos). Pendant des centaines d'années, le terme « holocauste » a été utilisé pour désigner le meurtre à grande échelle d'un groupe social, mais depuis les années 1960, le terme est utilisé par différents universitaires et écrivains pour désigner exclusivement le génocide des Juifs.

3. La désinformation au sujet de la famine, qui a d'abord été diffusée par les nazis en 1933, puis reprise par la presse pro-nazie de Hearst aux États-Unis, visait en particulier la collectivisation de l'agriculture en Union soviétique dans le cadre de son plan d'édification du socialisme. De nombreux oligarques qui ont soutenu les nazis avaient d'énormes domaines fonciers qu'ils refusaient de remettre au peuple.

(Traduction: LML)

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Le gouvernement Harper livrera les détenus
aux tortionnaires américains

La mission impérialiste des États-Unis et de leurs alliés de l'OTAN, dont le Canada, en Afghanistan est une violation flagrante des droits humains. Le Canada et les États-Unis sont maintenant arrivés à un nouvel arrangement pour incarcérer et violer les droits de tous ceux qui résistent à leur domination, et intégrer davantage les forces militaires du Canada à celles des États-Unis. Cette entente du gouvernement Harper normalise les violations flagrantes des droits en livrant toute personne que les Forces canadiennes capturent aux tortionnaires de l'armée américaine. Cette entente honteuse est la réponse du gouvernement Harper à sa participation aux violations des droits humains des détenus afghans et à ses tentatives de cacher son rôle criminel lors du scandale du transfert vers la torture et des mauvais traitements des détenus afghans.

Le 9 décembre, le gouvernement Harper a annoncé la signature le 18 novembre 2011 d'un arrangement sur le transfert des détenus avec le gouvernement des États-Unis dans le but de « faciliter le transfert des détenus capturés par les Forces canadiennes en Afghanistan sous la garde des Forces américaines, au Centre de détention de Parwan, en Afghanistan ». Cette annonce montre clairement que les Forces canadiennes sont toujours engagées dans une guerre contre-insurrectionnelle contre le peuple d'Afghanistan, au lieu d'une mission de formation comme ne cesse de le répéter le gouvernement Harper. En faisant cette annonce, le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a déclaré : « Avec la transition de la mission de combat du Canada à Kandahar vers une nouvelle mission de formation centrée sur Kaboul, il était évident qu'une nouvelle entente était requise pour que les Forces canadiennes puissent continuer leur important travail en Afghanistan. Le centre de Parwan est utilisé par les alliés de la FIAS, contribue à bâtir la capacité institutionnelle afghane et permet aux fonctionnaires canadiens de surveiller le traitement des détenus. »

Selon cet arrangement : « Les Forces canadiennes pourront transférer aux Forces des É.-U. le soin, la garde et le contrôle de tout détenu qui remplit les conditions suivantes :

« a. il était détenu par les Forces canadiennes en Afghanistan ;

« b. il représente, selon les forces armées des deux Participants, une menace constante pour la stabilité et les efforts en matière de lutte contre le terrorisme en Afghanistan ou pour la sûreté et la sécurité des forces de la coalition ou de la population civile de l'Afghanistan, ou risque d'exporter la violence terroriste au-delà des frontières de l'Afghanistan ;

« c. il répond, selon les Forces des É.-U., aux critères établis de maintien en détention dans les installations de détention militaire des É.-U. en Afghanistan. »

Pour couvrir la pratique courante des États-Unis de torturer, de différentes manières, ceux qui sont sous leur « soin et contrôle », le paragraphe « Traitement des détenus transférés » de l'arrangement stipule que : « Les Forces des É.-U. veilleront à ce que, pendant toute la période où ils seront sous le soin, la garde et le contrôle des Forces des É.-U., les détenus transférés soient traités humainement et d'une façon qui soit conforme au droit et aux politiques américains, ainsi qu'au droit international applicable, y compris à l'article 3 commun aux Conventions de Genève. »

Puis, pour faire croire aux Canadiens qu'ils n'ont pas à s'inquiéter d'une répétition du « scandale des détenus », aux termes de l'arrangement, la Croix-Rouge et la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan seront « autorisées » à visiter les détenus : « Les représentants du Comité international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (CICR) et de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan (CIDHA) auront plein accès aux détenus transférés et à l'installation dans laquelle ceux-ci sont détenus, afin de pouvoir effectuer un suivi du bien-être des détenus et de leurs conditions de détention », sauf, bien entendu, « en cas de nécessité militaire impérieuse » – c'est-à-dire que ces représentants auront plein accès à moins que les États-Unis le leur refusent.

Concernant les interrogatoires des détenus, l'arrangement fixe comme règle que les représentants canadiens qui participent aux interrogatoires américains doivent le faire sur la base des pratiques américaines. « Les représentants du Gouvernement du Canada auront plein accès aux détenus transférés et à l'installation dans laquelle ceux-ci sont détenus, afin de pouvoir être présents pendant tout interrogatoire des détenus transférés et/ou afin de pouvoir procéder ou participer à un tel interrogatoire. Les représentants du Gouvernement du Canada bénéficiant d'un tel accès respecteront les politiques et procédures du ministère de la Défense des É.-U. lorsqu'ils procèderont ou participeront à des interrogatoires visant la collecte de renseignements, au débriefing des détenus ou à des interrogatoires tactiques de toute personne qui est sous la garde ou le contrôle effectif du ministère de la Défense des É.-U. »

Concernant les mauvais traitements dont seront victime sans aucun doute les détenus, l'arrangement confie la responsabilité de l'enquêtes aux agresseurs: « Le Participant dont les forces militaires assuraient le soin, la garde et le contrôle du détenu transféré au moment où le mauvais traitement aurait été commis fera enquête sur les allégations et, au besoin, intentera des poursuites contre les responsables. »

L'arrangement traite du sort des citoyens canadiens capturés et livrés aux forces militaires des États-Unis : « lorsque, après qu'il a été procédé au transfert d'un détenu, il s'avère que celui-ci est un ressortissant canadien, les Forces des É.-U., à la demande des Forces canadiennes, remettront ce détenu sous le soin, la garde et le contrôle des Forces canadiennes ».

L'arrangement prévoit également que les États-Unis peuvent prendre leurs propres « mesures juridiques » contre les détenus, en dehors du système juridique afghan. « Les Forces des É.-U. consulteront les représentants du Gouvernement du Canada avant l'introduction de toute procédure judiciaire américaine impliquant un détenu transféré. Elles aviseront également les représentants du Gouvernement du Canada de leur intention d'utiliser des renseignements obtenus de sources canadiennes dans le cadre de la procédure en question, ainsi que du résultat de toute procédure judiciaire américaine impliquant un détenu transféré. »

Dans le paragraphe sur la durée de l'arrangement, il n'y a aucune date sur son expiration. De plus, il est stipulé que cet arrangement est soustrait au droit international : « Le présent Arrangement n'a pas d'effet juridiquement contraignant au regard du droit international ».

(Traduction: LML)

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Bulletin du 12 décembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca