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Plan
Nord du gouvernement Charest
Le «Plan Nord» de Jean Charest
Non aux menaces contre
la communauté innue de Pessamit!
Samedi le 26 novembre, le ministre des Ressources
naturelles et de la Faune du
Québec, Clément Gignac, a menacé la
communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, qui
compte bloquer la route 138 pour défendre ses droits
ancestraux. La route 138 est
celle qui relie la Cöte-Nord au reste du Québec. Elle
traverse la réserve de Pessamit sur une
quarantaine de kilomètres. « La porte est ouverte,
mais entre 300 millions et
5 milliards, je pense qu'il doit y avoir une marge, mais il y a
des comparables.
L'important, c'est qu'on puisse discuter et non pas prendre la
population en otage ou le
développement du Nord en otage et menacer de barrer les routes.
Je pense que les Québécois
n'accepteront pas ça », a dit monsieur Gignac.
En juin dernier, la communauté avait
bloqué la route 138 pour protester contre le
Plan Nord. Le chef Picard avait alors déclaré qu'il
n'était pas question de parler de Plan Nord
tant que les Innus n'auront pas de garantie sur le respect de leurs
droits ancestraux. « La
principale embûche du Plan Nord, c'est qu'en y adhérant,
on renonce à nos droits ancestraux
de facto, avait-t-il affirmé. La technique est plus subtile, on
nous intègre dans le Plan Nord et
la législation qui va en découler va éteindre nos
droits. Ceux qui y ont adhéré, comme les Cris,
ont cédé leurs droits. »
Le mois dernier, le gouvernement et les partis de
l'opposition ont
utilisé le même discours de
menace à l'endroit des travailleurs de la construction et leurs
syndicats en disant qu'ils
agissaient illégalement et qu'ils tenaient l'économie
québécoise en otage. Chaque fois que ça
ne fait pas l'affaire du gouvernement ou du patronat, dans un contexte
de lutte et de résistance,
le gouvernement invoque « la prise en otage »
pour confondre la population.
Quand le gouvernement traite avec les
sociétés
minières et d'exploration réclament des fonds
publics sous peine d’investir ailleurs les profits
réalisés avec nos ressources, là il n’est pas
question de prise en otage de l’économie. Il déroule le
tapis rouge, leur offre de construire à
même les fonds publics routes, ponts, ports, infrastructures pour
qu'elles puissent venir
exploiter les ressources du Québec. Il n'y a pas de
problème. Mais lorsque le peuple, que ce
soit les travailleurs de la construction, les communautés
autochtones ou autres sections de la
population, revendique ses droits, le gouvernement brandit la menace et
parle de prise d'otage.
Dans le cas actuel, le ministre Gignac nie les mensonges que
véhicule le gouvernement vis à
vis les autochtones et la population en disant que tous les autochtones
appuient le Plan Nord.
Ce qui est faux.
Les menaces, le chantage, le mensonge et la
désinformation doivent être
dénoncés !

Les Innus rejettent l'«offre
de
dédommagement» du gouvernement
- Normand Fournier -
Ce n'est pas d'hier que les relations entre les
gouvernements
du Québec et les autochtones sont difficiles et conduisent
à une
impasse. Rappelons que les gouvernements successifs du Québec
ont
toujours refusé de reconnaître les droits ancestraux des
autochtones sur les territoires qu'ils occupent, et cela malgré
plusieurs jugements favorables de la Cour suprême du Canada en
leur faveur. Tout récemment, la communauté innue de
Pessamit, par
l'entremise de son chef M. Raphaël Picard, a déposé
auprès du
gouvernement du Québec une réclamation de
5 milliards $
pour l'utilisation sans autorisation de son territoire ancestral,
le Nitassinan.
Lors de l'annonce du Plan Nord en mai 2011, le premier
ministre Jean Charest déclarait avoir consulté les
nations
autochtones et avoir reçu l'appui de ces dernières. La
vérité est
que sur 33 communautés autochtones vivant sur le territoire
du Plan Nord, 26 ont conclu une entente avec le gouvernement
québécois, dont 2 nations innues sur 9. La
majorité des
communautés autochtones appuyant le Plan Nord sont signataires
de
la Convention de la Baie James et ou de La Paix des Braves.
Celles-ci sont situées dans la partie Nord-Ouest du territoire
du
Plan Nord, soit la Baie James.
Les Innus vivent majoritairement sur la Côte-Nord
et ils se
sont adressés aux tribunaux au cours des dernières
années pour
qu'ils statuent sur leurs revendications territoriales. Selon des
documents déposés par le gouvernement du Québec
à la Securities
and Exchange Commission des États-Unis à Washington D.C.,
leurs
demandes s'élèvent à près de
16 milliards $. D'après
ces mêmes documents, les communautés de Pessamit et
Uashat-
Maliotenam présentent des revendications territoriales et
soutiennent que leurs droits ont été enfreints et elles
réclament
des dommages et des intérêts. La communauté de
Pessamit réclame
14,7 milliards $ dont 10,8 en redevances sur des
revenus de vente d'électricité produite au complexe
Manic-Outarde
depuis 1960. Les Innus demandent qu'Hydro-Québec verse un
paiement compensatoire de 657 millions $.
Les Innus de Pessamit réclament aussi des
dédommagements de
3,1 milliards $ pour l'exploitation forestière
illégalement autorisée sur leur territoire depuis le XIXe
siècle.
Plusieurs réclamations du même type faites par d'autres
communautés innues sont devant les tribunaux. Le gouvernement du
Québec conteste toutes ces réclamations.
Jusqu'à récemment, le chef Raphaël
Picard participait à une
table de négociation avec des représentants du
gouvernement et
d'Hydro-
Québec pour le passage des lignes de transmission
d'électricité devant passer par le territoire ancestral,
le
Nitassinan. Le chef Picard a qualifié de
« ridicules »
les offres du gouvernement du Québec. L'offre du gouvernement
était de 350 millions $ sur 50 ans, dont
113 millions $ pour les inconvénients subis dans le
passé en raison du développement hydroélectrique
et minier.
« C'est peu, c'est frivole de la part du gouvernement, c'est
irrespectueux, a déclaré le chef Picard. C'est dommage
qu'ils
reviennent encore avec une attitude coloniale. Ils nous croient
imbéciles, ils nous considèrent comme des
aliénés. »
Il promet une tournée des villes
européennes et américaines
visitées par le premier ministre Charest pour dénoncer le
mensonge qu'il a répandu en affirmant que les autochtones
avaient
approuvé le Plan Nord. La réalité est que
plusieurs nations
innues ont refusé de participer à la consultation et
à la
préparation du Plan Nord.
Le territoire ancestral des Innus, le Nitassinan, a
été soumis
à de nombreuses activités et travaux. La construction du
complexe
hydroélectrique Manicouagan-Outarde, l'inondation de milliers de
kilomètres carrés de terre et de terrains de trappe, le
déboisement et la construction de cinq lignes de transmission
d'électricité, les coupes forestières, le
développement minier du
Mont Wright et de Fire Lake Fermont et Schefferville). Le Plan
Nord n'a rien réglé.

Bulletin du 8 décembre 2011
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