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Politique
coloniale
envers
les
Premières Nations
L'héritage colonial à
Attawapiskat
Les
Premières Nations et la classe
ouvrière doivent
s'unir dans la lutte pour
une nouvelle direction à donner
à
l'économie, vers une économie
diversifiée
qui suffit à ses
besoins et qui répond aux besoins de
sa population.
Les images choquantes
qu'on
nous a montrées de la
communauté d'Attawapiskat dans le nord de
l'Ontario nous
amènent
à réclamer un changement
immédiat. Personne au
Canada ne devrait
vivre dans des conditions aussi
déplorables, surtout pas des
mères, des enfants et des
aînés. Aussi
bornée qu'elle soit dans
son mépris des Premières Nations,
la dictature Harper
doit être
tenue responsable de la situation et
forcée d'apporter un
secours
immédiat.
Les
médias
monopolisés aiment faire des histoires
à sensation
à propos des Premières Nations, et
dans leurs reportages
ils
reprennent en entier la conception raciste du
gouvernement
fédéral pour qui les victimes
seraient responsables de
leur
situation et incapables de s'occuper de leurs
besoins sans
l'intervention coloniale, ce que les coloniaux
ont appelé
« le fardeau de l'homme
blanc ». Loin
d'éclairer le
public sur les droits ancestraux et issus de
traités qui
appartiennent aux Premières Nations du
fait que le Canada a pris
possession de leurs terres et ressources, en
plus d'avoir les
droits qui appartiennent à tous du fait
qu'ils sont humains, les
médias monopolisés banalisent le
traitement colonial qui
leur est
réservé en laissant entendre que
c'est une question de
différences d'opinion entre
différentes sections du corps
politique.
Entre-temps, la classe politique, chaque
politicien
à sa façon
et sans scrupules, essaie de tirer le maximum de
crédit
politique
de la situation. Nul n'est plus méprisant
que le gouvernement
Harper, qui persiste à nier qu'il y a un
problème et qui
a
ordonné que les finances de la
communauté soient
placées sous la
« gestion d'un tiers
parti ».
Briser le silence
L'Opposition ouvrière voit comme
positif que le silence soit rompu sur les
conditions de vie de
cette communauté des Premières
Nations et
considère que c'est un
premier pas vers la résolution du
problème. C'est la
même chose
que quand les travailleurs brisent le silence
sur leurs
conditions de vie et de travail en
bâtissant leurs collectifs de
défense, en discutant et en analysant les
conditions
concrètes
dans lesquelles ils se trouvent et en formant
des groupes de
rédacteurs et diffuseurs pour
développer leurs propres
médias
pour gagner de l'influence dans la
communauté. En
acquérant une
conception du monde indépendante en
opposition à celle de
la
dictature, le mouvement ouvrier et les
Premières Nations peuvent
trouver les moyens de surmonter les obstacles
à la solution des
problèmes, tenir les gouvernements
responsables, défendre
les
droits de tous et aller de l'avant avec
confiance vers une
alternative centrée sur l'être
humain.
Les
préoccupations
immédiates et l'avenir
Deux
choses ressortent de l'exposition des conditions
de vie à
Attawapiskat. La première est la
nécessité de
remédier à la
situation immédiatement. La
deuxième est la
nécessité de
renverser l'héritage colonial et de
garantir en pratique le
droit
des Premières Nations à leur base
économique et au
contrôle du
développement sur leurs territoires.
Les
préoccupations
immédiates
Tous les Canadiens
ont des droits du fait qu'ils sont des
êtres humains. Rien ne
peut justifier la négation des droits
à Attawapiskat.
À sa très
grande honte, la dictature Harper se plaint des
coûts du
logement, de la nourriture, de
l'électricité,
l'éducation et les
commodités modernes dans une
localité
éloignée. Stephen Harper a
annoncé qu'il va ajouter une autre couche
à la dictature
du
gouvernement central pour superviser
l'utilisation des fonds
publics par un « tiers
parti », comme si cela
l'absolvait de sa responsabilité dans
cette affaire.
Derrière la négation des droits
des
résidants d'Attawapiskat
se cache un objectif sinistre. La dictature
à Ottawa voit les
Premières Nations comme un obstacle
à son projet de
remettre les
terres et les matières premières
du pays aux monopoles
mondiaux
pour qu'ils puissent les piller à
volonté. Harper et les
médias
monopolisés justifient la négation
des droits des
Premières
Nations en disant que le développement
centré sur le
capital des
villages, villes et petites communautés
dans des régions
éloignées comme celle-là
n'offre pas un rendement
assez
intéressant pour les monopoles mondiaux
et que, d'ailleurs, cela
va à l'encontre de la pratique normale du
capitalisme qui
consiste à concentrer les populations
dans de grandes
métropoles
où elles peuvent être
exploitées en tant que
producteurs et
consommateurs captifs et à partir
desquels des travailleurs
peuvent être envoyés dans des
chantiers
éloignés, loin de leur
famille, sans communauté ni culture.
La dictature et les monopoles mondiaux voient
le
territoire
qui s'étend au-delà des
principales villes et
régions agricoles
traditionnelles du Canada comme des terra
nullius
– « terres sans
maître ». C'est la vieille
conception coloniale qui n'admet pas que les
Premières Nations
ont toujours habité ces terres et que les
puissances coloniales
d'autrefois et les impérialistes
d'aujourd'hui n'y ont aucun
droit légal ou moral. Résistant
à l'assaut
colonial, les
Premières Nations vivent toujours sur ces
territoires qui sont
leurs terres ancestrales, ayant survécu
à la destruction
de leur
base économique, aux maladies
importées d'Europe, aux
massacres
aux mains des conquéreurs et aux assauts
répétés contre leurs
enfants, leur culture, leur mode de vie et leur
matériel de
pensée ancien. Au grand désarroi
des monopoles et de la
classe
politique, elles ont survécu aux
tentatives de génocide,
elles
vivent toujours sur ces terres et
réclament leurs droits en tant
qu'êtres humains et en tant que
Premières Nations, et
aujourd'hui
elles ne sont plus seules puisqu'ils ont en
l'Opposition
ouvrière
un puissant allié.
La
classe politique n'a que
des éloges pour la mine de diamant
DeBeers tout près d'Attawapiskat parce
qu'il s'agit d'un
développement centré sur le
capital et sous le
contrôle d'un
monopole mondial. La valeur produite par la
transformation des
ressources naturelles par les travailleurs n'est
pas utilisée
pour le développement d'Attawapiskat
comme communauté et
comme
région, elle est utilisée pour
enrichir les vestiges du
détesté
régime d'apartheid en Afrique du Sud, une
cruelle ironie de
l'histoire. Le droit de monopole règne en
maître sur des
territoires qui appartiennent de droit aux
Premières Nations
tandis que le droit public est nié et que
les habitants de la
région vivent dans des conditions
misérables, le tout
justifié
par la logique qu'il n'est pas possible de
maintenir une vie
normale dans des régions aussi
éloignées,
malgré le fait que les
peuples des Premières Nations y vivent
depuis les temps
immémoriaux.
La définition moderne des droits est un
principe
qu'on ne peut
nier en aucune circonstance. Les
résidants d'Attawapiskat ont
des
droits du fait de leur humanité et en
tant que membres des
Premières Nations, et personne, ni les
monopoles, ni la classe
politique, ne peut leur enlever ces droits.
Défaire
l'héritage colonial
Le
legs colonial est
dans le fait que les gouvernements du Canada, du
Québec et des
provinces continuent de nier les droits des
Premières Nations.
Celles-ci ont des droits du fait qu'elles sont
les habitants de
ces terres depuis les temps immémoriaux.
La classe politique au
pouvoir à Ottawa, à Québec
et dans les provinces
doit être forcée
d'accepter cette réalité.
L'Opposition ouvrière a
la
responsabilité sociale de voir au respect
des droits des
Premières Nations en pratique et de ne
pas permettre à la
classe
politique au pouvoir et aux monopoles mondiaux
de les saper.
Dans le cas
particulier de la
communauté d'Attawapiskat, ses
résidants sont membres de la
Première Nation Attawapiskat
(en
cri : Ahtawapiskatowi ininiwak,
« les gens
qui
vivent là où les roches se
séparent »)
qui vit sur son
territoire dans le district de Kenora, dans le
nord-ouest de
l'Ontario. Les Ahtawapiskatowi ininiwak
ont des liens
ancestraux avec les autres Cris d'Omushkego et
avec les
Premières
Nations ojibwées (voir la carte).
Leur territoire
s'étend des côtes de la Baie James
jusqu'à
Chapleau, 500 km au
sud, où vivent les cris de Missanabie et
de Chapleau, et ils ont
aussi des liens ancestraux avec les autres
Premières Nations
cries et ojibwées du nord-ouest ontarien.
Leur territoire est immensément riche en
ressources naturelles
– forêts, faunes, eaux douces et
minéraux, comme le
diamant
aujourd'hui exploité par le monopole
DeBeers. La région
appelée
Cercle de feu est connue pour ses
dépôts de chrome. La
coexistence d'une pauvreté extrême
et de cette incroyable
richesse actuelle et potentielle est
matière à
réflexion. Le
potentiel d'une base économique pour
l'existence des
Premières
Nations est là une fois qu'on se sera
débarrassé
du legs
colonial. Les Premières Nations doivent
pouvoir contrôler
leurs
territoires et pour le développement
elles doivent pouvoir jouir
de l'assistance de la classe ouvrière
canadienne,
financièrement
mais aussi et surtout en termes d'expertise et
de savoir-faire
technologique d'une classe ouvrière
moderne.
Pour maintenir le legs colonial, les dictatures
du
Canada et
de l'Ontario affirment que le capital
international est
nécessaire pour le développement
des ressources sur les
terres
des Premières Nations. Il n'y a pas
longtemps le premier
ministre
de l'Ontario Dalton McGuinty repoussait les
critiques concernant
les intentions du monopole minier
américain Cliffs Natural
Resources de transformer à
l'étranger une bonne partie du
chrome
extrait du Cercle de feu. Il aurait
répondu que l'Ontario fait
partie de l'économie mondiale et que
« nous sommes
une
juridiction de
libre-échange », laissant
entendre que
le
monopole américain peut faire ce qu'il
veut sous la dictature du
droit de monopole.
Les Premières Nations et les
travailleurs doivent
discuter de
cette affirmation que « nous faisons
partie de
l'économie
mondiale » et que « nous
sommes une juridiction
de
libre-échange ». Qui en a
décidé
ainsi ? Qui a décidé que
nous ne sommes pas un pays appelé Canada
avec une nation du
Québec et des Premières Nations
qui ont des droits, qui
comprennent le droit de décider de notre
avenir, de
contrôler
notre économie et nos modes de vie ?
Le peuple n'a pas
décidé de se jeter à plat
ventre devant l'autel du
droit de
monopole. Les Premières Nations n'ont pas
décidé
de continuer
avec l'héritage colonial. La classe
politique a
décidé d'annexer
le pays au système impérialiste
d'États
dirigé par les États-Unis
et dominé par les monopoles mondiaux.
Elle présume que le
peuple
accepte cette décision qui n'a aucune
justification
légale ou
morale. Mais le Canada n'est pas une
économie, c'est un pays
formé de peuples et de nations. N'en
déplaise à la
classe
politique, les territoires des Premières
Nations et les
ressources naturelles qu'on y trouve ne sont pas
à vendre au
plus
offrant et ne sont pas là pour gagner les
faveurs des monopoles
et des puissances impérialistes. Ces
territoires et ces
matières
premières sont la base matérielle
de l'édification
nationale des
Premières Nations.
Les travailleurs et les Premières
Nations doivent
réfléchir à
ce que veut dire être maîtres de
leur destinée et ne
pas être les
esclaves des monopoles dans une économie
mondiale et une
région
de libre-échange. Les Premières
Nations et les
travailleurs
détruiraient-ils leur base
économique comme cela a
été fait en
Ontario et au Québec avec la destruction
du secteur
manufacturier
et comme cela a été fait
historiquement à toutes
les Premières
Nations ? Pourquoi les Premières
Nations
permettraient-elles
l'exploitation d'une mine de diamant si cela
n'apporte aucune
valeur à leurs communautés, si
cela ne contribue pas
à
l'édification nationale ? C'est
insensé. Pourquoi
les
travailleurs détruiraient-ils leurs
aciéries pour ensuite
combler
les besoins du Canada en acier avec des
importations ?
L'argument que le Canada manque de capital
d'investissement
n'est pas fondé. Les travailleurs ont
eux-mêmes des
milliards de
dollars en capital d'investissement qui est
là dans les caisses
de retraite. Le régime de retraite des
enseignants de l'Ontario
et la Caisse de dépôt et de
placement du Québec
sont parmi les
plus grands investisseurs au monde. Les
gouvernements ont une
immense capacité de prêter avec
l'argent des taxes et
impôts et
ils pourraient également établir
des institutions
financières à
but non lucratif où les gens pourraient
déposer leurs
épargnes.
Les Premières Nations et les travailleurs
n'ont pas besoin des
DeBeers, Vale, Xstrata, AbitibiBowater
Résolu et US Steel de ce
monde qui prennent plus à
l'économie qu'ils n'y mettent
et qui
laissent les communautés dans la
pauvreté et la
désolation quand
ils décident de partir.
Au coeur du problème se trouve la
reconnaissance
des droits,
les droits de la classe ouvrière et des
Premières
Nations. Cela
passe par la reconnaissance de la
préséance du droit
public sur
le droit de monopole et une nouvelle direction
pour l'économie.
Cela passe par la reconnaissance des droits des
Premières
Nations, l'abandon de l'héritage colonial
et le contrôle
par les
Premières Nations du développement
et de
l'économie sur leurs
territoires.
Les Premières Nations et la classe
ouvrière doivent ensemble
s'opposer à la dictature de la classe
politique et des monopoles
mondiaux sur l'économie. Ils doivent
s'unir dans la lutte pour
une nouvelle direction pour l'économie
pour développer
une base
économique diversifiée qui suffit
à ses besoins et
qui répond aux
besoins de la population. Les Premières
Nations et les
travailleurs sont les bâtisseurs modernes.
Ils sont la seule
force capable de sauver le pays et ses nations
de la destruction
par la classe politique et les monopoles
mondiaux et de bâtir le
nouveau.

Position militante du conseil
de bande d'Attawapiskat
Le
5 décembre,
la chef du conseil de bande de la
Première Nation
Attawapiskat a expulsé Jacques Marion de
BDO Canada LLP, la
cinquième
plus grande firme comptable au Canada, venu
« gérer » les
finances de la communauté pour le compte
du gouvernement Harper.
La chef Theresa Spence et le conseil de bande
avaient
déjà rejeté la
décision du gouvernement Harper de placer
la communauté
sous tutelle
financière sous prétexte que le
conseil de bande aurait
mal géré les fonds
provenant du gouvernement fédéral
au cours des cinq
dernières années.
Dans un communiqué du 1er
décembre, la
chef du conseil de bande
mettait les choses au clair :
« La Première Nation a
satisfait
toutes les exigences du ministère,
y compris la soumission à une
vérification comptable
annuelle au cours des
six dernières années. Tout cela a
été revu
et accepté par les Affaires
autochtones. Si le gouvernement du Canada
désire
ré-examiner les comptes
déjà acceptés par le
ministère, la
Première Nation sera heureuse de
coopérer,
et l'on pourra alors établir le
coût réel de la
gestion dans une région
éloignée dans un environnement
nordique. »
Selon le réseau de
télévision APTN,
la chef Spence a profité de
l'occasion de son passage à Ottawa le
5 décembre,
où elle assistait à
la rencontre spéciale des chefs de
l'Assemblée des
Premières Nations, pour
rencontrer le ministre des Affaires autochtones,
John Duncan, et lui dire
en
personne que les gens d'Attawapiskat
n'accepteront jamais qu'un tiers
parti
vienne gérer leurs finances et
affirmeront leurs droits par les
tribunaux. Le
ministre ne s'est toujours pas rendu dans la
communauté pour
constater de
lui-même la situation.
Par ailleurs, l'Assemblée des
Premières
Nations a adopté à
l'unanimité
une résolution demandant aux Nations
unies de superviser la
réaction du
gouvernement fédéral à la
crise du logement. Les
chefs ont demandé à
l'ONU de nommer un rapporteur spécial
pour déterminer si
le gouvernement
Harper s'acquitte de sa responsabilité
face à la crise,
suivant ses obligations
aux termes des traités canadiens et
internationaux.
La résolution demande aussi aux
gouvernements du
Canada et des
provinces de répondre aux
communautés dans le besoin.
Elle demande au
ministre des Affaires autochtones de cesser
d'imposer des mesures comme
la
gestion financière par une firme
indépendante.
« Lorsque j'ai parlé à
la chef
Spence et aux chefs des
communautés du nord, nous avons
déterminé que la
façon de procéder est de
faire respecter les traités et le partage
équitable des
ressources sur ces terres,
non pas d'imposer des mesures punitives et
unilatérales », a dit le
chef de l'Assemblée des Premières
Nations, Shawn Atleo.
« Il n'y a qu'une lutte, il n'y a
qu'un ordre
du jour et un
objectif : bâtir une vie meilleure
pour tous nos gens sur la
base du
respect de nos droits, de notre identité
et, en fait, de notre
survie, a dit le
chef Atleo. Et nous devons utiliser tous les
outils à notre
disposition. »
Le ministre des Affaires autochtones et du
Développement du nord n'a
cessé de criminaliser la chef et le
conseil de bande et de
répandre la
désinformation concernant la situation
à Attawapiskat. Il
a déclaré que les
entrepreneurs privés peuvent continuer
leurs travaux de
l'extérieur de la
réserve et qu' « il est
très inquiétant
de voir que la chef et le conseil
de bande ne sont pas ouverts à l'aide
extérieure ». Tout cela sert
à
cacher les violations flagrantes des droits
ancestraux et de
traité de la nation
crie d'Attawapiskat par le gouvernement Harper.
Il est tout à fait juste que la chef et
le
conseil de bande d'Attawapiskat
chassent de la réserve le tiers parti
envoyé dans la
communauté suivant le
diktat des monopoles, que représente le
gouvernement Harper. Ce
dernier
doit immédiatement s'acquitter de ses
obligations de
traité et apporter une
aide matérielle et financière
d'urgence pour
remédier à des décennies
d'abus
et de négligence.
La chef Theresa Spence a dit le 1er
décembre : « L'ère
de
faire la sourde oreille aux
préoccupations de notre peuple est
terminée. C'est
le début... »
Non au génocide !
Non
à la justice
coloniale !

Non aux menaces du gouvernement Charest contre
la communauté innue de Pessamit!
Samedi le 26 novembre, le ministre des
Ressources
naturelles et de la Faune du
Québec, Clément Gignac, a
menacé la
communauté innue de Pessamit sur la
Côte-Nord qui
compte bloquer la route 138 pour
défendre ses droits
ancestraux. La route 138 est
celle qui relie la Côte-Nord au reste du
Québec. Elle
traverse la réserve de Pessamit sur une
quarantaine de kilomètres.
« La porte est ouverte,
mais entre 300 millions et
5 milliards, je pense qu'il doit y avoir
une marge, mais il y a
des comparables.
L'important, c'est qu'on puisse discuter et non
pas prendre la
population en otage ou le
développement du Nord en otage et menacer
de barrer les routes.
Je pense que les Québécois
n'accepteront pas ça », a dit
monsieur Gignac.
En juin dernier, la communauté avait
bloqué la route 138 pour protester
contre le
Plan Nord. Le chef de la communauté innue
de
Pessamit, Raphaël Picard, avait alors
déclaré qu'il
n'était pas question de parler de Plan
Nord
tant que les Innus n'auront pas de garantie sur
le respect de leurs
droits ancestraux. « La
principale embûche du Plan Nord, c'est
qu'en y adhérant,
on renonce à nos droits ancestraux
de facto, avait-t-il affirmé. La
technique est plus subtile, on
nous intègre dans le Plan Nord et
la législation qui va en découler
va éteindre nos
droits. Ceux qui y ont adhéré,
comme les Cris,
ont cédé leurs
droits. »
En octobre dernier, le gouvernement et les
partis de
l'opposition ont
utilisé le même discours de
menace à l'endroit des travailleurs de la
construction et leurs
syndicats en disant qu'ils
agissaient illégalement et qu'ils
tenaient l'économie
québécoise en otage. Chaque fois
que ça
ne fait pas l'affaire du gouvernement ou du
patronat, dans un contexte
de lutte et de résistance,
le gouvernement invoque « la prise en
otage »
pour confondre la population.
Quand le gouvernement traite avec les
sociétés
minières et d'exploration qui
réclament des fonds
publics sous peine d’investir ailleurs les
profits
réalisés avec nos ressources,
là il n’est pas
question de prise en otage de l’économie.
Il déroule le
tapis rouge, leur offre de construire à
même les fonds publics routes, ponts,
ports, infrastructures, pour
qu'elles puissent venir
exploiter les ressources du Québec. Il
n'y a pas de
problème. Mais lorsque le peuple, que ce
soit les travailleurs de la construction, les
communautés
autochtones ou autres sections de la
population, revendique ses droits, le
gouvernement brandit la menace et
parle de prise d'otage.
Dans le cas actuel, le ministre Gignac nie les
mensonges que
véhicule le gouvernement vis à
vis les autochtones et la population en disant
que tous les autochtones
appuient le Plan Nord.
Ce qui est faux.
Les menaces, le chantage, le mensonge et la
désinformation doivent être
dénoncés !

Les Innus rejettent l'«offre
de
dédommagement»
- Normand Fournier -
Ce n'est pas d'hier que les relations entre les
gouvernements
du Québec et les autochtones sont
difficiles et conduisent
à une
impasse. Rappelons que les gouvernements
successifs du Québec
ont
toujours refusé de reconnaître les
droits ancestraux des
autochtones sur les territoires qu'ils occupent,
et cela malgré
plusieurs jugements favorables de la Cour
suprême du Canada en
leur faveur. Tout récemment, la
communauté innue de
Pessamit, par
l'entremise de son chef M. Raphaël Picard,
a déposé
auprès du
gouvernement du Québec une
réclamation de
5 milliards $
pour l'utilisation sans autorisation de son
territoire ancestral,
le Nitassinan.
Lors de l'annonce du Plan Nord en mai 2011, le
premier
ministre Jean Charest déclarait avoir
consulté les
nations
autochtones et avoir reçu l'appui de ces
dernières. La
vérité est
que sur 33 communautés autochtones
vivant sur le territoire
du Plan Nord, 26 ont conclu une entente
avec le gouvernement
québécois, dont 2 nations
innues sur 9. La
majorité des
communautés autochtones appuyant le Plan
Nord sont signataires
de
la Convention de la Baie James et ou de La Paix
des Braves.
Celles-ci sont situées dans la partie
nord-ouest du territoire
du
Plan Nord, soit la Baie James.
Les Innus vivent majoritairement sur la
Côte-Nord
et ils se
sont adressés aux tribunaux au cours des
dernières
années pour
qu'ils statuent sur leurs revendications
territoriales. Selon des
documents déposés par le
gouvernement du Québec
à la Securities
and Exchange Commission des États-Unis
à Washington D.C.,
leurs
demandes s'élèvent à
près de
16 milliards $. D'après
ces mêmes documents, les
communautés de Pessamit et
Uashat-Maliotenam présentent des
revendications territoriales et
soutiennent que leurs droits ont
été enfreints et elles
réclament
des dommages et des intérêts. La
communauté de
Pessamit réclame
14,7 milliards $ dont 10,8 en
redevances sur des
revenus de vente d'électricité
produite au complexe
Manic-Outarde
depuis 1960. Les Innus demandent
qu'Hydro-Québec verse un
paiement compensatoire de
657 millions $.
Les Innus de Pessamit réclament aussi
des
dédommagements de
3,1 milliards $ pour l'exploitation
forestière
illégalement autorisée sur leur
territoire depuis le XIXe
siècle.
Plusieurs réclamations du même type
faites par d'autres
communautés innues sont devant les
tribunaux. Le gouvernement du
Québec conteste toutes ces
réclamations.
Jusqu'à récemment, le chef
Raphaël
Picard participait à une
table de négociation avec des
représentants du
gouvernement et
d'Hydro-Québec pour le passage des lignes
de transmission
d'électricité devant passer par le
territoire ancestral,
le
Nitassinan. Le chef Picard a qualifié de
« ridicules »
les offres du gouvernement du Québec.
L'offre du gouvernement
était de 350 millions $ sur 50 ans,
dont
113 millions $ pour les
inconvénients subis dans le
passé en raison du développement
hydroélectrique
et minier.
« C'est peu, c'est frivole de la part
du gouvernement, c'est
irrespectueux, a déclaré le chef
Picard. C'est dommage
qu'ils
reviennent encore avec une attitude coloniale.
Ils nous croient
imbéciles, ils nous considèrent
comme des
aliénés. »
Il promet une tournée des villes
européennes et américaines
visitées par le premier ministre Charest
pour dénoncer le
mensonge qu'il a répandu en affirmant que
les autochtones
avaient
approuvé le Plan Nord. La
réalité est que
plusieurs nations
innues ont refusé de participer à
la consultation et
à la
préparation du Plan Nord.
Le territoire ancestral des Innus, le
Nitassinan, a
été soumis
à de nombreuses activités et
travaux. La construction du
complexe
hydroélectrique Manicouagan-Outarde,
l'inondation de milliers de
kilomètres carrés de terre et de
terrains de trappe, le
déboisement et la construction de cinq
lignes de transmission
d'électricité, les coupes
forestières, le
développement minier du
Mont Wright et de Fire Lake Fermont et
Schefferville. Le Plan
Nord n'a rien réglé.

Bulletin du 8
décembre 2011 • Retour
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