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Remise
du
contrôle de la frontière
canadienne à l'impérialisme
américain
La conception de souveraineté du
gouvernement
Harper doit être
combattue
  
Le 7 septembre, le premier ministre
Stephen Harper
et le président
des États-Unis Barack Obama ont
annoncé que le Canada et
les États-Unis
ont convenu de mettre en oeuvre
« deux plans d'action
conçus pour
accélérer les échanges
commerciaux et les
déplacements légitimes, pour
améliorer la sécurité en
Amérique du Nord
et pour aligner les approches des
deux pays en matière de
réglementation. »
À la conférence de presse à
Washington, Harper a dit :
« Ensemble, ces accords
représentent
le plus important pas en avant dans la
coopération entre le
Canada et les
États-Unis depuis l'Accord de
libre-échange
nord-américain. »
Le gouvernement Harper a annoncé son
intention de
mettre sur pied un
nouveau système de vérification
des entrées et
sorties qui permettra aux
autorités américaines de
surveiller de près
quiconque arrive au Canada ou
quitte le Canada par air, mer et terre. Les
agents des douanes pourront
envoyer aux autorités américaines
des renseignements
« additionnels » sur
« les personnes
à risque ».
Les nouvelles mesures annoncées à
Washington comprennent les
suivantes :
« – Le Canada et les
États-Unis
mèneront des évaluations
conjointes du renseignement sur les menaces
à la
sécurité nationale et les
menaces terroristes à nos
frontières, à
l'intérieur et à
l'extérieur de nos
frontières, pour en venir à une
compréhension
commune des menaces
hautement prioritaires qui nous sont communes.
« – Le Canada et les
États-Unis
passeront en revue les pratiques
actuelles d'échange à travers la
frontière
d'information entre les forces de
l'ordre et les organisations chargées de
la
sécurité nationale pour
déterminer
comment il serait possible de les
améliorer, de manière
responsable.
« – Les deux pays vont collaborer
à la
recherche et à la mise en
commun des bonnes pratiques relativement aux
efforts
déployés pour contrer
l'extrémisme violent, notamment au moyen
d'approches
axées sur les
communautés.
« – Les deux pays vont faire appel
à
des méthodes améliorées
pour bloquer de manière plus fiable les
voyageurs qui
présentent un risque
élevé et pour empêcher des
personnes inadmissibles
de monter à bord d'un
avion à destination de l'un ou l'autre
pays.
« – Une vérification des
entrées et des sorties sera
instaurée pour
que chacun des deux pays puisse compter le
nombre de personnes qui
entrent et qui sortent, afin de faire respecter
les programmes
d'immigration
et autres du Canada.
« – Les deux pays s'engageront
à
échanger davantage
d'information sur les personnes
désireuses de se rendre dans
l'un ou l'autre
pays, afin que chacun soit mieux informé,
pour déterminer
de façon
indépendante, qui est admissible et qui
ne l'est
pas. »
Selon le communiqué de presse du bureau
du
premier ministre,
« les deux plans d'action respectent
la souveraineté
des deux pays et
énoncent clairement que ces derniers
travailleront ensemble pour
promouvoir
les principes du respect des droits de la
personne, de la protection
des
renseignements personnels et des libertés
civiles, principes
essentiels pour
assurer la primauté du droit et la
gestion efficace de notre
périmètre. »
Les assurances sur le « respect des
droits de la personne, de la protection
des
renseignements personnels et des libertés
civiles » ne sont
guère rassurantes à la
lumière de ce que nous savons des
agissements du Canada en
matière de
renseignement et de surveillance. Il est connu
que le Canada a
donné de
fausses informations aux agences de
sécurité
américaines qui ont ensuite
été
utilisées à mauvais escient et il
y a plusieurs exemples de
cas où les forces
policières du Canada ont accepté
d'échanger des
prisonniers et ont permis
que les forces américaines soumettent des
ressortissants
canadiens à la
torture ou à la déportation vers
la torture. Mêmes les
médias monopolisés
comme le National Post font remarquer
que depuis que le périmètre de
sécurité et de
prospérité a été
annoncé, en
février dernier, les
pourparlers restent secrets et beaucoup
d'inquiétudes sont
soulevées à propos
d'intrusions possibles dans la vie privée
de citoyens canadiens
et de la perte
de la souveraineté nationale.
Les mesures annoncées signifient que les
autorités américaines pourront
empêcher ceux qu'elles considèrent
comme « des
personnes à
risque » d'entrer aux
États-Unis et au Canada en
utilisant comme
critère les opinions politiques, religion
ou nationalité,
et pourront les
emprisonner et les persécuter comme elles
l'ont
déjà fait. Ce sont des
mesures alarmantes. On ne peut ignorer les
agissements passés
des
gouvernements canadiens qui ont collaboré
à la
diffamation de citoyens et
résidents canadiens. Le gouvernement
Harper est allé
jusqu'à déclarer des
personnes des criminels de guerre et des
terroristes en passant outre
à toutes
les procédures établies. Il va
jusqu'à
prétendre avoir le droit de le faire
impunément parce que les
« avantages »
sont plus grands que
les
« désavantages »
que sont les
atteintes aux droits et
libertés.
Le gouvernement Harper conclu son
communiqué en
déclarant tout
bonnement : « À mesure
que les plans d'action
seront mis en
oeuvre, le gouvernement consultera le Parlement
et les Canadiens, et
les
tiendra au courant de l'avancement des
travaux. » Nous
sommes
censés accepter que toutes ces
décisions soient prises
dans le secret et croire
le gouvernement quand il dit que tout cela est
fait pour
améliorer la sécurité
des citoyens canadiens et américains. En
réalité,
tout cela fait partie de
l'annexion du Canada aux États-Unis, qui
soumet les ressources
naturelles et
humaines et même l'État du Canada
au contrôle de
l'impérialisme
américain.

Quand les souverains auront
décidé,
ils vous le feront savoir
- Enver Villamizar -
L'arrangement
sur le périmètre de
sécurité représente un
changement
significatif dans la conception du Canada en
tant que pays souverain
qui
contrôle ses frontières. Avec ces
négociations, le
gouvernement Harper trahit
les intérêts du peuple canadien, du
peuple
québécois et des Premières
Nations en faveur des exigences des monopoles.
Il agit également
en
contradiction totale avec l'opinion publique
majoritaire qui s'oppose
à ce
que le territoire canadien soit remis aux
impérialistes
américains. Cette
position a été clairement
exprimée durant les
consultations organisées par le
gouvernement sur le périmètre de
sécurité,
la majorité de ceux qui ont
participé ayant déclaré
qu'ils ne sont pas
d'accord avec une intégration des
forces de sécurité canadiennes et
américaines.
Sous la dictature systémique
que le gouvernement Harper a établie, le
premier ministre peut
se permettre
d'agir à la manière d'un monarque
absolu. Il se sert de
la prérogative royale
pour remettre le pays entre les mains des
monopoles et mettre son
territoire
et ses ressources à la disposition de la
puissance
impérialiste la plus
agressive.
Un exemple de la manière dont le
gouvernement
fonctionne est donné
par l'échange qui a eu lieu au parlement
entre le
député de Windsor-West,
Brian Masse, et le ministre des Affaires
étrangères, John
Bard. Masse a dit
que les Canadiens sont inquiets parce qu'ils ne
savent pas ce qui est
mis en
place avec l'arrangement sur le
périmètre de
sécurité. Au lieu de
répondre à
cette préoccupation, la dictature de
Harper ne fait que
répéter qu'elle le
laissera savoir quand l'entente sera
finalisée entre les
souverains du Canada
et des États-Unis.
« Ce n'est pas en cachant la
vérité aux Canadiens qu'on peut
les
protéger. Cependant, c'est ce que le
gouvernement fait
actuellement dans de
nombreux dossiers, notamment dans ceux du bois
d'oeuvre et de
l'imperméabilisation de la
frontière ainsi qu'à
l'égard de la politique
d'achat aux États-Unis. Maintenant, c'est
la protection des
renseignements
personnels des Canadiens qui est menacée.
Pourquoi le
gouvernement ne
peut-il pas mettre les cartes sur table et dire
aux Canadiens sur quoi
portent
les négociations secrètes
actuellement en
cours ? », a dit Brian
Masse.
Baird a répondu :
« [D]es
négociations ont été
entreprises.
Nous les poursuivons et lorsque le temps sera
venu de faire une
annonce, je
ne manquerai pas de m'en occuper.
« Pour l'instant, disons ceci. Nous
croyons
fermement dans les
droits des Canadiens, dans la
souveraineté de notre pays et dans
la protection
des renseignements personnels. Voilà le
genre de valeurs qui
nous orientent
à la table de négociation.
Personne ne peut remettre en
question qu'il nous
incombe de protéger les emplois au Canada
et qu'il nous faut
promouvoir
des politiques qui favorisent la création
d'emplois et la
croissance
économique. Voilà pourquoi le
gouvernement se concentre
sur ces enjeux
plus que tout autre gouvernement du G7 et
il obtient des
résultats
concrets sur le plan économique. Nous
continuerons à
protéger les emplois
au Canada. »
Ce qui est évident, c'est que les
Canadiens
s'opposent résolument à
l'annexion aux États-Unis. Harper le sait
et c'est pour cela
qu'il utilise le
pouvoir et les privilèges de premier
ministre pour nous
l'imposer de force.
Côte à côte avec les
Premières Nations,
l'Opposition ouvrière doit prendre
note de ces arrangements mis en place par la
dictature Harper, qui sont
une
trahison de leurs intérêts sur la
voie de l'annexion. Ils
doivent continuer
d'affirmer leurs droits souverains de
décider du sort de leur
pays et trouver
les moyens d'organiser une vaste opposition
à la destruction
nationale, en
faveur de l'édification nationale.

Bulletin du 8
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