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Mouvement
ouvrier
Industrie forestière
AbitibiBowater poursuit son activité
criminelle sous un nouveau nom
Beaucoup
de travailleurs
qui ont affaire ou qui ont eu affaire avec
AbitibiBowater,
rebaptisée Papiers forestiers
Résolu, considèrent
ses propriétaires et directeurs comme des
criminels à qui
l'on devrait interdire d'être
propriétaires d'avoirs
économiques ou d'ouvrir des entreprises
au Canada. Ils sont
comme une bande de criminels qui laisse la
désolation sur son
passage : destruction des usines, pillage
des ressources
naturelles, vol des pensions, rupture de
contrats et extorsion des
travailleurs, des communautés, des
fournisseurs et des
gouvernements.
Et comme des criminels, il leur faut changer
de nom de
temps à autre pour échapper
à la colère des
gens sans pour autant changer leur façon
de faire. Au
début de novembre, AbitibiBowater a
annoncé qu'il
s'appellera dorénavant Produits
forestiers Résolu.
Sa plus récente victime est la
communauté
forestière de Brooklyn, en
Nouvelle-Écosse, et son usine
à papier journal qu'il tient en otage.
AbitibiBowater,
maintenant Résolu, a remis une demande de
rançon au
premier ministre de la Nouvelle-Écosse en
août dernier. On
y lisait que les propriétaires
d'AbitibiBowater Résolu
ont pris le contrôle de l'usine et
menaçaient de la
détruire si les demandes suivantes
n'étaient pas
satisfaites:
- Les 300 travailleurs de l'usine doivent
renoncer
à une partie considérable de leur
réclamation
à la richesse qu'ils produisent.
- Le gouvernement provincial doit transmettre
aux
propriétaires une rançon en main
propre de
plusieurs millions de dollars.
- AbitibiBowater dit Résolu exige que
les
fournisseurs de la région lui
vendent ce dont l'usine a besoin à des
prix inférieurs
à la valeur du marché.
- La société
d'hydroélectricité de la
Nouvelle-Écosse doit
livrer l'électricité à
l'usine à des
coûts inférieurs au taux
provincial.
Dans sa note de rançon, la compagnie
déclare que les travailleurs, la
communauté, les
fournisseurs et la province doivent céder
à ces demandes
ainsi qu'à d'autres demandes non
spécifiées avant
le mois de décembre, sans quoi elle
procédera à la
destruction de l'usine et du moyen de
subsistance des 300 travailleurs
et de leur famille, ainsi que des 2000 autres
résidants
de la région qui dépendent
directement de
l'usine.
Les gens de la Nouvelle-Écosse, de
Terre-Neuve,
du Nouveau-Brunswick, du Québec et de
l'Ontario, qui ont tous
été volés par ce gang
criminel, refusent de
continuer de se laisser intimider. Ils exigent
que justice soit faite
et que le droit public soit affirmé face
à cette
extorsion criminelle rendue possible par
l'imposition du droit de
monopole.
Une société ne peut survivre si
elle
permet que son économie, ses
communautés, ses
travailleurs et ses ressources industrielles et
naturelles soient
soumis au droit de monopole et à
l'extorsion. L'Opposition
ouvrière a la responsabilité de
défendre le droit
public contre
ces gangs de criminels qui se font passer pour
des entreprises
légitimes. Il faut une nouvelle direction
pour l'économie
qui permette de régler les comptes avec
ces monopoles criminels,
qui donne préséance au droit
public. Le chantage et la
destruction doivent cesser !
Ensemble, osons envisager une nouvelle
direction pour
l'économie qui serve les travailleurs,
leurs communautés
et la société, et qui favorise la
mise en place d'une
économie vigoureuse, diversifiée
et qui suffit à
ses besoins !

Une région, même combat:
«Deux machines à papier: non
négociable!»
disent 1000 manifestants à Saguenay

(Photos:
FTP)
Le samedi matin 26 novembre, plus de 1000
personnes ont manifesté dans les rues de
l'arrondissement
Jonquière, à Saguenay, pour exiger
le maintien en
opération de la machine à papier
numéro 6 de
l'usine Kénogami d'AbitibiBowater dit
Résolu. La
manifestation était une
déclaration à caractère
régional à
l'effet qu'AbitibiBowater dit Résolu doit
cesser ses
menaces de fermeture de la machine à
papier et doit cesser
d'essayer de monter les gens les uns contre les
autres, en disant que
si la machine est maintenue en vie, c'est
ailleurs que la compagnie
devra fermer des installations. La manifestation
était aussi un
rappel au gouvernement Charest qu'il doit
prendre ses
responsabilités et ne pas renouveler le
bail des centrales
hydroélectriques de la compagnie qui
s'alimentent à
même la
rivière Shipshaw si elle ferme la machine
ou d'autres
installations de la région. D'où
le slogan principal de
la manifestation :
« Kéno : 2 machines
à papier : non
négociable ! » Le
bail de la rivière Shipshaw arrive
à terme le
31 décembre prochain. Par leur
présence, les
travailleurs d'Alma et de Dolbeau-Mistassini ont
clairement
indiqué qu'ils sont unis aux travailleurs
de l'usine
Kénogami pour revendiquer le maintien des
emplois à
l'usine. La fermeture de la machine causerait la
perte de 150 emplois
directs et d'un grand nombre d'emplois
indirects. Des travailleurs
d'autres secteurs de l'économie sont
aussi venus épouser
la cause du maintien des emplois dans les
pâtes et papiers,
notamment les travailleurs de Rio Tinto d'Alma
qui sont connus pour
leur combat à la défense de
l'emploi régional.
Autre fait à souligner, la manifestation
était
organisée par les trois syndicats
présents à
l'usine Kénogami : le SCEP (FTQ), le
syndicat local membre
de la CSN et le SEPB (FTQ), qui avaient tous
leurs sigles inscrits sur
une même bannière.
Les manifestants en avaient plus qu'assez des
déclarations des dirigeants
d'AbitibiBowater dit Résolu
selon qui le maintien de la
machine numéro 6 est une question
très
compliquée qui est fonction des objectifs
stratégiques du
monopole. Les travailleurs ont mis de l'avant
leur propre objectif et
leur propres demandes. Premièrement, que
les emplois doivent
être préservés, c'est la
considération qui
prime. Plusieurs ont dit que le maintien des
emplois doit être
une condition sine qua non des privilèges
de la compagnie en
matière d'hydroélectricité
et d'accès aux
ressources forestières.
Deuxièmement, que la compagnie
doit tenir
compte d'une étude que les travailleurs
ont en mains
démontrant que la machine no 6 peut
être
modernisée pour produire un grade de
papier qui est plus en
demande que le papier qu'elle produit
présentement.
Troisièmement, qu'Abitibi dit
Résolu devrait diversifier
sa production en
s'orientant vers la production de nouveaux
produits qui sont faits
à partir de la fibre de bois, comme la
rayonne. Mais d'abord,
les emplois doivent être conservés
et les usines
maintenues en opération. C'est sur cette
base que l'industrie
doit chercher une solution à ses
problèmes et non sur la
base du diktat d'un monopole qui impose ses
intérêts
étroits à toute une région
et ne se sent
même pas obligé de rendre des
comptes à la
population sur ce qu'il fait.
Plusieurs intervenants se sont opposés
ouvertement aux manoeuvres du géant
forestier pour diviser les
travailleurs sur la base de l'usine ou de la
municipalité
à laquelle ils appartiennent.
« Ce n'est pas le temps
de se diviser, a dit Jean-Guy Tremblay du
syndicat SCEP de l'usine.
C'est le temps de se rallier pour faire front
commun et pour se faire
entendre. On a besoin que nos ressources
naturelles aient des
retombées directes au sein de la
population du
Saguenay–Lac-Saint-Jean. On a déjà
eu sept machines
à papier à Kénogami. On
n'en a plus que deux et on
va les garder ! »
« Je ne suis pas la personne qui va
se
chicaner avec les familles du Haut-du-Lac et du
Saguenay, a dit
Jean-Marc Crevier, le représentant
régional de la FTQ. Un
des meilleurs moyens d'assurer la
pérennité des emplois,
c'est le développement des nouveaux
produits fabriqués
à partir de la fibre de bois comme la
rayonne, la
nanotechnologie et bien d'autres, puisque les
possibilités sont
nombreuses. » Il a
déploré le fait que
plutôt que de chercher à trouver un
terrain commun par
lequel les intérêts des
travailleurs et de la
région seront défendus, Abitibi
dit Résolu
n'approche les travailleurs
que pour leur imposer des concessions.
« Il y a des limites
à toujours donner, a-t-il ajouté.
Ces compagnies ont des
avantages par l'énergie et
l'électricité. Les
barrages, c'est payant. Mais c'est toujours
concession après
concession pour les travailleurs ».
La présidente du
Conseil régional FTQ
Saguenay–Lac-St-Jean, Marcelle Perron, a
elle aussi déclaré que le temps
est au ralliement et non
aux divisions.
Plusieurs élus étaient
présents,
dont le maire de Saguenay, Jean Tremblay, le
conseiller municipal
secteur Kénogami, Claude Tremblay, le
député
péquiste de Jonquière, Sylvain
Gaudreault, et le
député fédéral NPD
de
Jonquière-Alma, Claude Patry.
« Nous sommes ici pour
dire que ce sont nos richesses, a dit le maire.
On n'accepte pas qu'on
puisse jouer avec la population, jouer avec nos
richesses sans qu'on
puisse réagir. »
Comme l'a dit un des manifestants, ce n'est pas
parce
qu'AbitibiBowater maintenant dit Résolu
que la population va
changer
son nom pour Population régionale
résignée !

Fermer la scierie de Saint-Prime:
une décision absurde
La scierie de Saint-Prime appartenant à
AbitibiBowater maintenant dit Résolu dans
la région du
Saguenay–Lac-Saint-Jean au
Québec fonctionne toujours à plein
régime depuis
que le monopole forestier a annoncé
à la mi-août
qu'elle serait fermée à la
mi-septembre. Aucune date
n'est prévue pour la fermeture, mais le
syndicat s'attend
à ce que la guillotine tombe
bientôt.
La scierie produit des charpentes de bois pour
les
maisons et pour les structures de lits. Peu de
scieries au
Québec font de la transformation
secondaire du bois, mais
celle-ci a des clients réguliers et a
survécu aux
fluctuations des cycles économiques. Elle
est l'un des
principaux employeurs à Saint-Prime, une
municipalité
d'environ 3000 personnes qui est liée
à tout un
réseau de fournisseurs.
La compagnie soutient que l'usine doit fermer
parce
qu'elle n'a plus « sa
place » au sein du nouvel
Abitibi maintenant appelé Produits
forestiers
Résolu, résultat des
procédures de faillite
entreprises à la fin de 2010. Elle n'a
jamais pris la
peine d'expliquer ce qu'elle entend par
là, que la scierie n'a
plus « sa place », au
moment où elle
impose comme un fait accompli la fermeture de
l'usine en dépit
des répercussions que cela aura sur les
travailleurs et
l'économie locale.
Au moment même de l'annonce de la
fermeture,
l'usine avait une pleine liste de commandes,
mais n'avait pas le nombre
de travailleurs requis pour répondre
à la demande,
puisqu'AbitibiBowater maintenant dit
Résolu avait
déjà envoyé un certain
nombre des cinquante travailleurs à son
autre usine où
ils travaillent à des conditions
inférieures. Pour
combler les postes vacants à Saint-Prime,
AbitibiBowater fait
venir des travailleurs ayant subi des mises
à pied à
d'autres usines. Aussi, des commandes qui sont
habituellement
traitées à Saint-Prime, mais qui
avaient
été transférées vers
d'autres usines, se
retrouvent à nouveau à
Saint-Prime.
La situation est absurde ! Ce ne sont pas
les
travailleurs et les usines productives qui n'ont
pas « leur
place » au sein de l'empire
d'AbitibiBowater dit
Résolu. C'est l'empire
AbitibiBowater qui n'a pas sa place dans la
perspective d'avenir des
travailleurs qui veulent se faire une vie et
bâtir leurs
communautés.

Abitibi se prépare à de
nouvelles
restructurations aux dépens des
travailleurs
Le 31 octobre, AbitibiBowater dit
Résolu a
publié son
rapport du troisième trimestre. Le PDG du
monopole forestier,
Richard Garneau, a annoncé qu'il refusera
sa prime de rendement
de l'ordre de 1,7 million $ pour un
an. La décision de
Garneau indique que la compagnie se
prépare à de
nouvelles
restructurations aux dépens des
travailleurs. « Ma
grande priorité est le succès
à long terme
d'AbitibiBowater, a-t-il dit, et je suis
prêt à me
défaire de ma compensation personnelle de
1,7 million $ cette année pour
le prouver. »
Garneau bénéficiera malgré
tout de
son salaire de base, d'une pension, d'une
allocation de dépenses
et d'autres sommes allouées aux
dirigeants de Résolu. Les
autres
dirigeants, eux, bénéficieront
toujours de leurs primes
de rendement ainsi que d'autres compensations.
Toutes ces compensations
dont bénéficient les dirigeants
proviennent des
réclamations qu'ils font à la
valeur produite par les
travailleurs. La justification donnée par
le PDG Garneau pour
continuer d'allouer les primes de rendement aux
autres dirigeants est
qu'elles sont nécessaires pour ne pas
« faire fuir le
talent ». Ce critère n'est
jamais mentionné
lorsqu'il s'agit des travailleurs !
De telles primes sont calculées à
même le rendement de chaque PDG. Il s'agit
de compensations
allouées aux PDG pour services rendus
dans les immenses
restructurations antiouvrières mises en
oeuvre par la compagnie
avec le plein appui des gouvernements ainsi que
de tout
l'appareil légal qui encadre la
protection de la faillite. C'est
leur récompense pour un sale
boulot : les coupures dans la
main-d'oeuvre et dans la production, la
destruction d'usines
fonctionnant à plein régime,
l'obtention de plus grandes
concessions de la part des gouvernements pour
les droits
d'approvisionnement hydroélectrique et
même les
contestations judiciaires menées contre
les petites
municipalités pour avoir
prélevé des impôts
soi-disant trop élevés.
En refusant sa prime, le PDG Garneau
prépare le
terrain pour aussi exiger des
« sacrifices » des
travailleurs dans la période qui vient.
Il a invoqué
l'incertitude des marchés pour les
produits d'AbitibiBowater
dit Résolu tout en rappelant que le
monopole doit gérer
une
réduction de 11 % de ses droits de
coupe au Québec,
qui avait été
précédée d'une
réduction de 18 % en 2008.
« Nous allons devoir
parler aux employés et aux
communautés concernées
des défis que nous aurons à
relever suite à ces
réductions », a-t-il dit. «
Nous ne pouvons
écarter la possibilité de mises
à pied et
même de fermetures de scieries... les
ventes aux tiers partis
seront affectées... nos propres scieries
ont la fibre ligneuse
voulue. »
La réduction des droits de coupe est
l'une des
mesures gouvernementales visant à
concentrer la richesse
forestière entre des mains d'un groupe de
plus en plus restreint
et puissant. La Commission Coulombe mise sur
pied par le gouvernement
Charest en 2003 pour étudier la
gestion des forêts au
Québec avait conclu que la
réduction des droits de coupe
devait dorénavant faire partie
intégrante de la
« consolidation
inévitable » de
l'industrie, menant aux fusions et à
l'élimination des
petits et moyens joueurs.
Garneau veut que son monopole sorte grand
gagnant de
cette concentration de la richesse entre
quelques mains aux
dépens des travailleurs et de leurs
communautés et en
opposition à l'alternative d'une
industrie forestière qui
suffit aux besoins de son économie et qui
est prosociale.

Kruger à Trois-Rivières: Rupture
des
négociations entre les travailleurs et
l'entreprise
Le lundi 28 novembre, les
négociations ont
été rompues entre les travailleurs
de l'usine Kruger
à Trois-Rivières et l'entreprise.
Elles ont
achoppé, selon le syndicat, sur la
question des emplois et les
questions monétaires. Le syndicat, qui
est la section
136 du Syndicat canadien des
communications, de l'énergie
et du papier (SCEP), a demandé un
conciliateur. Le contrat de
travail à l'usine est échu depuis
fin avril 2009 et
en début d'août de cette
année, les travailleurs
ont donné un mandat de grève
à leur syndicat,
à être utilisé au moment
opportun. Ils ont
décidé d'entreprendre des moyens
d'action
immédiatement pour forcer Kruger à
négocier de
bonne foi, notamment en refusant de faire du
temps
supplémentaire.
La question des salaires et des emplois est au
coeur des
négociations suite à des
concessions salariales faites
par les travailleurs au plus fort de la crise
économique, et
à des pertes drastiques d'emplois au fil
des années, y
compris les mises à pied
effectuées juste avant le
début des négociations.

15 juin
2011,
Trois-Rivières: Les travailleurs
de Kruger
portent une couronne symbolisant la
perte d'emplois.
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Lors d'une entrevue donnée au LML en
août
dernier suite à des manifestations des
travailleurs
contre les nouvelles mises à pied, le
président du
syndicat local, Steve Saint-Pierre,
s'était exprimé en
ces termes : « La vieille
convention collective va
s'appliquer jusqu'à ce qu'on en signe une
nouvelle, ce que
Kruger ne semble pas pressé de faire. Au
plus fort de la crise
économique, nous avons fait des
concessions sur les salaires et
les règles de travail, sans même
passer par la phase de
négociations, parce que nous voulions
sauver l'usine. En plus,
quand la demande et les marchés pour le
papier couché et
super calandré se sont effondrés,
nous avons
accepté de fermer ces divisions sur une
base temporaire. En
l'espace de 3-4 ans, nous sommes
passés de 1200
travailleurs à 300. L'usine aujourd'hui
paraît à
moitié fermée avec la machinerie
non utilisée et
les travailleurs qui n'y sont plus. Le syndicat
siège sur un
comité de relance qui examine comment
redémarrer ces
divisions, mais Kruger ne démontre pas
d'intérêt.
Il ne parle que de faire de l'usine de papier
journal, l'usine la plus
performante de tout le secteur des pâtes
et papiers en
Amérique du Nord. Le problème,
c'est que c'est au
détriment des travailleurs. Il faut que
cela arrête
quelque part. C'était ça le but
des
manifestations. »
Parlant de la question des emplois, qui est au
centre de
la rupture des négociations, le
représentant national du
SCEP, Alain Gagnon, a déclaré aux
médias :
« L'employeur dit qu'il a le
personnel suffisant. On n'est
pas d'accord puisqu'il a fait des coupures et il
les compense en
faisant faire du temps supplémentaire
à outrance. On est
convaincu qu'il n'y a pas assez de personnel
sans faire de temps
supplémentaire, alors il n'est surtout
pas question de rajouter
des coupures de personnel par-dessus
ça. » Les
médias locaux ont rapporté que
lors de leur
assemblée générale le 1er
décembre, les
travailleurs ont dénoncé Kruger
pour vouloir encore une
fois couper ce qu'il appelle ses coûts de
main-d'oeuvre et
peut-être même procéder
à de nouvelles mises
à pied alors que le nombre de
travailleurs à l'usine a
déjà été
réduit à un niveau
critique.

ArcelorMittal, Contrecoeur
Les travailleurs défendent les emplois
manufacturiers dans le secteur de l'acier
Les
travailleurs d'ArcelorMittal
à Contrecoeur ont lancé une
campagne pour exiger que le
monopole développe l'emploi manufacturier
au Québec
plutôt que de simplement extraire la
matière
première et l'expédier à
l'étranger sans la
transformer. La campagne s'intitule
« Le citron est assez
pressé - Investissez ! »
Elle se
réfère à la perte d'emplois
industriels dans
l'industrie de l'acier, qui a connu son moment
le plus fort en ce qui
concerne ArcelorMittal quand le géant de
l'acier a fermé
les laminoirs à froid et à chaud
dans la production du
produit plat à son usine de Contrecoeur
(l'ancienne
Sidbec-Dosco) à la fin 2007, causant la
perte de 500 emplois.
À ce moment-là, ArcelorMittal
avait promis de construire
un laminoir à poutrelles à l'usine
de Contrecoeur
supposément pour compenser pour les mises
à pied mais le
projet ne s'est jamais
matérialisé. La production de
brames d'acier qui se fait encore à cette
usine est toujours
menacée et ArcelorMittal refuse de
moderniser les
équipements dans la production d'autres
types d'acier. Lorsque la
compagnie a fermé les deux laminoirs en
2007, c'est justement
l'excuse qu'elle a donnée aux
travailleurs, soit que la
production pouvait se faire dans des conditions
meilleures, plus
modernes, à l'usine de Dofasco de
Hamilton qu'elle venait
d'acquérir pour étendre son
empire. Les travailleurs ne
veulent pas se retrouver dans une situation
similaire où l'on
invoquera que les installations sont
vétustes comme
prétexte à les fermer. Les
travailleurs disent aussi
qu'il y a un manque de travailleurs à
l'usine pour remplir les
cédules de production et qu'un grand
nombre d'emplois
syndiqués ont déjà
été perdus
à la sous-traitance. C'est aussi au
mérite des
travailleurs de Contrecoeur et des autres
métallos du
Québec de se battre pour défendre
tous les travailleurs
de l'acier comme ils l'ont montré le
29 janvier dernier en
manifestant à Hamilton contre le lockout
des métallos de
la section 1005 par US Steel.
Les deux syndicats de l'usine de Contrecoeur
membres du
Syndicat des Métallos s'opposent au refus
de l'entreprise de
développer l'emploi manufacturier. Ils
font valoir que des 1200
employés syndiqués que comptait
l'usine en
1994 lorsque Lakshmi Mittal l'a
achetée du gouvernement du
Québec pour une bouchée de pain,
il n'en reste
aujourd'hui que 500. « La compagnie
met sur la glace toutes
ses promesses d'investissements des
dernières années. Le
laminoir à poutrelles promis en
2008 ne s'est jamais
concrétisé. C'est la même
affaire pour la promesse
récente de modernisation du fil machine.
Ça suffit !
ArcelorMittal ne doit pas juste presser le
citron, elle doit investir
pour assurer l'avenir de l'usine et des
emplois », a dit le
président de la section locale 6586,
Claude Langlois, dans un
communiqué des métallos.
La question du recul de l'emploi
manufacturier dans le
secteur de l'acier a refait surface de plus
belle avec l'exploitation
frénétique du minerai de fer par
ArcelorMittal sur la
Côte-Nord. « ArcelorMittal se
fait tirer l'oreille
pour investir dans son aciérie à
Contrecoeur alors
qu'elle augmente sa production de 10 millions de
tonnes de
concentré au nord, du fer qu'elle ne
transforme même plus
en boulettes», a dit Daniel Roy, directeur
québécois des
Métallos lors de l'assemblée
annuelle du syndicat
à la mi-novembre. «À
Schefferville, c'est rendu qu'on
envoie carrément de la terre par bateau,
pour produire du
concentré de fer ailleurs sur la
planète. Ça n'a
pas d'allure ! Québec doit mettre
les points sur les i et
exiger de la transformation. On n'est plus
à l'heure des mots
doux. Les compagnies ne pensent qu'à
leurs profits, c'est
à l'État de défendre le
bien commun ».
Le Syndicat des Métallos rapporte
qu'ArcelorMittal entend augmenter de
14 à 24 millions
de tonnes par année sa production de
concentré de minerai
de fer d'ici 2012 et envisage
d'accroître encore plus la
cadence. La majeure partie de cette production
sera envoyée
directement par bateau sous forme de
concentré, plutôt que
d'être transformée en boulettes de
fer comme cela se fait
maintenant. À ce sujet, ArcelorMittal a
mis sur la glace cet
été le projet de construire une
deuxième usine de
boulettage à Port-Cartier. C'est donc 10
millions de tonnes de
concentré supplémentaires, estime
le syndicat, qui
prendront la mer par bateau, sans même une
transformation
minimale.
Les travailleurs du Québec refusent que
le
Québec soit considéré comme
un simple
entrepôt de ressources naturelles à
être
pillées par les monopoles mondiaux. Il
n'existe
déjà plus d'industrie de l'acier
québécoise
et canadienne et les gouvernements Charest et
Harper sont à
genoux devant les monopoles étrangers.
Cela complique les choses,
mais les travailleurs de l'acier n'entendent pas
se soumettre à
cet état de choses inacceptable. La
campagne des travailleurs de
Contrecoeur mérite l'appui de tous les
travailleurs du
Québec.

Le 14
juin 2009, plus de 600 personnes
ont
participé à une
marche sur la route principale de
Contrecoeur, en
Montérégie, pour
venir en aide au secteur
de l'acier au Québec et
à la défense de
l'économie nationale.
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Syndicat des Métallos
Appui à la lutte des travailleurs de
Rio Tinto
à Alma pour un plancher d'emplois
Réuni en assemblée
annuelle du 16 au
18 novembre dernier, le Syndicat des
Métallos a
donné son appui à la lutte des
travailleurs de Rio Tinto
à Alma pour la préservation et
l'extension des emplois
syndiqués à des conditions de
travail et des salaires
décents. Les métallos ont mis
l'accent sur la lutte
à la sous-traitance qui est une des
façons de Rio Tinto
de remplacer les emplois syndiqués
à l'aluminerie par des
emplois non syndiqués à des
conditions
inférieures. « La bataille que
nous livrons contre ce
géant ne se gagnera pas sans l'appui de
nos confrères
métallos de l'ensemble du
Québec », a dit le
représentant régional du Syndicat
des Métallos
pour le Saguenay–Lac-St-Jean, Dominic Lemieux.
Pendant ce temps, la négociation se
poursuit
entre le Syndicat des travailleurs de
l'aluminium d'Alma et Rio Tinto
pour le renouvellement de la convention
collective, qui se termine le
31 décembre prochain. Le syndicat a
affirmé sa
détermination à faire des gains
dans la limitation de la
sous-traitance et l'obtention d'un plancher
d'emplois qu'il
considère comme une condition au maintien
des avantages
hydroélectriques énormes consentis
par le gouvernement
à Rio Tinto.

Vol légalisé des
pensions
dans l'industrie forestière
Les retraités de Thurso se joignent
à l'Association des victimes de
Brookfield
Le 8 novembre, les retraités de
Fraser Paper
de Thurso ont tenu une conférence de
presse pour entreprendre
leur travail, en tant que membres de
l'Association des victimes de
Brookfield, qui a été
lancée en octobre à
Edmunston au Nouveau-Brunswick. Les
retraités de Thurso ont
perdu près de 40 % de leurs
prestations de pension lors de
la réorganisation de Fraser Paper sous la
loi de la protection
de la faillite. Fraser Paper a fermé
l'usine de Thurso environ
un mois avant de se placer sous la protection de
la faillite en juin
2009.
Fraser Paper a gardé l'usine d'Edmunston
ouverte
pendant la période de
réorganisation et l'a vendue
à Twin Rivers Co. Les retraités de
Thurso et d'Edmunston
blâment Brookfield Asset Management pour
le vol
légalisé de leurs pensions parce
que Brookfield
était l'actionnaire principal de Fraser
tout comme il l'est
maintenant pour Twin Rivers. Les
retraités accusent Brookfield
d'avoir poussé Fraser Paper vers la
faillite, de se l'être
vendu à lui-même pour le
redémarrer sous un nouveau
nom, mais débarrassé cette fois de
ses obligations envers
les pensions, tout cela avec le plein appui des
gouvernements.
LML
dénonce cette destruction des avoirs
publics au Québec et
au Canada et ce vol des pensions, ainsi que le
refus des gouvernements
d'exiger des comptes des monopoles qui agissent
de la sorte. Nous
souhaitons tout le succès possible
à l'Association des
retraités de Brookfield dans son effort
pour tenir Brookfield
responsable et rétablir les pensions qui
appartiennent de droit
aux retraités.

Entrevue
- Maurice Lalonde,
président de
l'Association des retraités de Thurso
LML : Tout d'abord,
félicitations pour vous
être joints à l'Association des
victimes de Brookfield.
Comment s'est passée votre
conférence de presse ?
Maurice
Lalonde :
Elle s'est très bien passée.
C'était à la
fois une conférence de presse et une
assemblée
générale des retraités pour
les informer de la
situation avec le fonds de pension. En tant que
membres de
l'Association des victimes de Brookfield, nous
avons entrepris notre
travail pour dévoiler le vrai visage de
Brookfield Asset
Management, pour demander des changements aux
lois de la faillite afin
que les retraités deviennent
créanciers garantis et nous
allons faire partie du recours collectif qui
sera déposé
contre Brookfield afin de
récupérer les pensions qui nous
ont été volées.
Nous appelons cela du vol
légalisé parce
que les grandes entreprises comme Brookfield
utilisent des lois qui
leur permettent de ne pas mettre l'argent requis
dans les fonds de
pension et quand les entreprises se placent sous
la protection de la
loi de faillite, nos pensions sont
réduites bien que nous ayons
en mains un contrat qui stipule combien nous
allons recevoir
jusqu'à la fin de nos jours. Les
gouvernements disent ne pas
pouvoir empêcher cela parce que
possiblement cela va les
empêcher d'investir. Mais des entreprises
comme ça, on ne
veut surtout pas que cela investisse chez nous.
LML :
Fraser
Paper
a fermé l'usine de Thurso au moment de se
placer
sous la protection de la loi de la faillite.
ML :
Oui
ça s'est fait à peu près en
même temps.
Notre usine produisait de la pâte kraft.
Au moment de la
fermeture, il y avait environ 270 travailleurs
syndiqués, 230
cadres et cadres intermédiaires et
près de 100
travailleurs en forêt, en plus de tous les
indépendants
qui étaient liés au moulin.
LML :
Les retraités de Thurso ont perdu
à peu près
40 % de leurs pensions. Comment cela
s'est-il passé ?
ML :
Nous
représentons environ
675 retraités. Dans les
8 dernières années de
fonctionnement de l'usine,
Fraser n'a pas mis un sou dans le maintien de la
valeur actuarielle des
fonds de pension, ce qu'on appelle les
cotisations d'équilibre.
Ils se sont servis d'une échappatoire.
Ils sont allés
voir le gouvernement du Québec et lui ont
dit que la situation
dans le secteur des pâtes et papiers
n'était pas
très reluisante alors ils ont
demandé une période
d'extension au-delà de ce que la loi
permettait. Au
départ la loi donnait 3 ans pour
faire ces paiements.
Après cela le gouvernement a voté
une nouvelle loi qui
donnait 5 ans. Quand on a approché
les 5 ans, ils sont
allés rencontrer le gouvernement et ont
demandé une
extension à 10 ans vu la situation
économique. Dans
l'industrie des pâtes et papiers,
c'était la
première fois que la période
d'étalement des
paiements était étendue à
10 ans.
Le gouvernement n'a pas été
prévoyant du tout en accordant cette
extension sans demander des
garanties. Au bout de 8-9 ans quand la date
de 10 ans approchait,
Fraser s'est mis sous la loi de la protection de
la faillite. Nous nous
sommes ramassés avec un fonds de pension
financé à
environ 61 %. Nous avons reçu notre
pleine pension jusque
vers mai 2010 quand les gros créanciers
ont accepté le
plan de réorganisation de Fraser. C'est
alors que nos pensions
ont été réduites d'environ
40 %.
Près de 25 % de nos
retraités sont
tellement pauvres qu'ils sont admissibles au
Supplément de
revenu garanti. Dans mon livre à moi,
quand vous devenez
admissibles à ce supplément
ça veut dire que vous
êtes sous le seuil de pauvreté.
Ceux qui recevaient une
pension de 1000 $ par mois, plus 600 $
de la Régie des
rentes et 500 $ en pension de
sécurité de la
vieillesse vivaient avec 2100 $ par mois.
Avec la coupure de
40 % ils se sont retrouvés avec une
pension de 600 $
par mois. Ça veut dire qu'ils font
maintenant à peu
près 20 000 $ par année.
C'est une chute
énorme dans leur niveau de vie.
C'est terrible de penser qu'une chose comme
ça
puisse arriver à quelqu'un qui a
travaillé pendant 40 ans
dans une usine et a contribué très
fortement dans son
fonds de pension. Nous autres, bon an mal an
nous devions payer notre
cotisation. Quand tu as une famille, une
hypothèque, des
paiements sur la voiture, et que tu mets
2000 $ par année
dans le fonds de pension, c'est énorme.
Mais tu dis je vais le
payer pour que, à 59 ou 60 ans, je
puisse jouir d'une
retraite confortable.
Quand tu signes tes papiers de retraite, ces
gens-là te disent avec un sourire que tu
vas recevoir tel
montant jusqu'à la fin de tes jours.
Chaque travailleur a un
contrat individuel qui lui garantit un montant
défini de
prestations et c'est aussi écrit dans la
convention collective.
Puis ils se mettent sous la loi de la protection
de la faillite et ils
peuvent contourner tout ça.
Malheureusement c'est une tendance parce que
les lois
permettent aux grandes entreprises d'engranger
des profits quand
ça va super bien et de ne pas se
conformer à l'obligation
de maintenir les pensions à 100 % de
leur valeur
actuarielle.
LML :
En plus des gouvernements, vous blâmez
nettement Brookfield Asset
Management pour le vol légalisé de
vos pensions.
ML :
Absolument. L'actionnaire majoritaire dans tout
ça
c'était Brookfield. Au Nouveau-Brunswick,
Brookfield s'est
revendu à lui-même l'usine
d'Edmunston en plus de l'usine
de Madawaska au Maine, il a
redémarré sous un nouveau nom
et s'est débarassé de son
obligation face aux
pensionnés. Chez nous c'est encore pire
parce qu'ils nous ont
fermé. L'usine a été vendue
un an plus tard
à un nouvel acheteur qui l'a obtenue pour
une bouchée de
pain et le gouvernement Charest lui a consenti
un prêt de
102 millions $.
Si nous, nous avions fait ce que Brookfield a
fait,
ça fait longtemps que nous serions en
prison.

Bulletin du 5
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