Préparatifs de guerre contre la Syrie et l'Iran

Dénonçons les criminels de guerre
que sont Harper et compagnie!
Établissons un gouvernement anti-guerre!

Les Canadiens doivent défendre le principe que préparer la guerre est un crime de guerre tout aussi grave que les autres. La guerre d'agression, qui est le crime de guerre suprême, ne peut avoir lieu sans la préparation des conditions objectives et subjectives.

Défendre ce principe signifie qu'il faut tenir le gouvernement canadien responsable des préparatifs de guerre contre la Syrie et l'Iran. Tous ceux qui concilient avec ces préparatifs de guerre sous un prétexte ou un autre doivent aussi être tenus responsables.

Les préparatifs de guerre contre la Syrie et l'Iran s'ajoutent à la liste des crimes de guerre déjà perpétrés par la dictature fédérale et ses conciliateurs, liste qui, en plus de l'Afghanistan, comprend désormais la guerre d'agression contre la Libye. Le bellicisme de la dictature Harper était étalé au grand jour à la cérémonie du 24 novembre à Ottawa, avec la glorification de la guerre contre la Libye comme une grande victoire et avec triomphalisme répugnant, de style nazi.

En tant qu'État annexé au système impérialiste d'États dominé par les États-Unis, qui comprend les alliances agressives que sont l'OTAN et NORAD, la dictature fédérale de Harper prépare le pays et ses forces armées à une guerre contre la Syrie et contre l'Iran. Il s'agit d'un crime de guerre monstrueux de la part de tous ceux impliqués directement et de ceux qui concilient avec Harper.

Le 20 novembre, la dictature Harper a annoncé qu'un navire de combat canadien resterait en Méditerranée jusqu'à la fin de 2012, pour servir à « des évacuations et des blocus maritimes advenant que la violence de la Syrie dégénère en guerre civile ». Le gouvernement a dit que le NCSM Vancouver, qui a participé à la guerre d'agression contre la Libye, sera réaffecté et intégré à l'opération « Active Endeavour » de l'OTAN en Méditerranée jusqu'au début de 2012 et sera ensuite relevé par le NCSM Charlottetown jusqu'à la fin de l'année. L'opération « Active Endeavour », qui a prétendument pour mission de combattre le terrorisme en Méditerranée, a commencé en octobre 2001.

Le ministre de la guerre, Peter MacKay, a dit au réseau CTV que le Canada est prêt à s'impliquer dans une guerre d'agression contre la Syrie. L'armée canadienne est « prête à toute éventualité », a-t-il dit. Une attaque contre la Syrie ne serait possible qu'après « une série de sanctions (internationales) graduées. [...] Je pense qu'il est clair pour un grand nombre de dictateurs que leur comportement ne sera pas toléré. Mais comment nous agirons et quelle sera la prochaine étape, cela dépendra de ce que certains appellent l'échelle de progression », a dit MacKay.

Cette « échelle de progression » est en référence à l'ingérence active des États-Unis et de l'Europe en Syrie où ils cherchent à fomenter une guerre civile réactionnaire et aux préparatifs de guerre à l'extérieur de la Syrie qui consistent à rassembler les forces de l'OTAN nécessaires à une invasion. Ces préparatifs comprennent une désinformation pour gagner de l'appui, sinon pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'opposition organisée à l'aventure militaire pour renverser le régime syrien et en établir un qui serait directement annexé au système impérialiste d'États sous la conduite des États-Unis.

La destruction de l'opinion publique contre la guerre d'agression se fait suivant la tactique colonialiste de diviser pour régner. Dans le monde contemporain d'une superpuissance unique, cela veut dire financer et armer des groupes d'opposition à l'intérieur du pays ciblé. La base de cette opposition peut être des différends tribaux, religieux ou nationaux ou tout simplement une opposition empressée de prendre le pouvoir avec l'appui de l'impérialisme étasunien. Le régime attaqué se défend avec force et on assiste alors à une escalade vers une guerre civile réactionnaire et des appels à une intervention internationale.

Au Canada, un soutien important aux préparatifs de guerre de la dictature fédérale vient de ceux qui, sous la bannière de la « responsabilité de protéger », appuient l'appel à l'agression étrangère pour arrêter l'effusion de sang d'une guerre civile réactionnaire, comme pour la Libye et la Syrie. Cela comprend aussi ceux qui appellent au renversement du régime iranien. L'impérialisme américain convoite l'Iran et veut s'en emparer au détriment de ses rivaux européens. Il dénigre le régime iranien uniquement pour des raisons intéressées. Il omet le contexte d'une société qui a connu le renversement de son gouvernement par un coup d'État orchestré de l'étranger et qui a souffert en conséquence de la cruauté de la dynastie Pahlavi, le chah d'Iran. Depuis le renversement du chah en 1979, la société iranienne connaît un processus dynamique où font rage la lutte de classe et des contradictions et conflits attribuables à la transformation d'une société ancienne avec ses privilèges aristocrates et sa petite production en une économie socialisée moderne qui voit la croissance d'une classe capitaliste indigène désirant profiter des ressources naturelles du pays et de la grande production, d'une section qui lie son destin aux monopoles mondiaux et d'un mouvement ouvrier qui grandit et qui gagne en expérience.

Ceux qui concilient avec les ambitions guerrières de la dictature Harper abandonnent toute réflexion consciente et toute analyse de la guerre impérialiste. Ils refusent de reconnaître la vérité que la responsabilité des Canadiens de protéger les peuples du monde réside dans l'organisation et le développement d'un gouvernement anti-guerre ici même au pays. Elle commence par la formation d'un gouvernement qui prend la responsabilité de protéger le droit public et les droits de tous et de garantir ces droits en opposition au droit de monopole, en préparant aussi les conditions pour une alternative centrée sur l'être humain. Toute autre interprétation des responsabilités internationales du Canada est une fraude et un prétexte pour nous embrouiller dans l'annexion à la machine de guerre impérialiste de l'empire américain.

Ceux qui concilient avec les ambitions guerrières de Harper oublient que la véritable responsabilité de protéger vient des peuples eux-mêmes qui s'organisent pour défendre leurs droits. Le peuple est son propre libérateur. Ceux qui concilient avec la guerre oublient que le système impérialiste d'États déploie des espions et des agents partout pour provoquer l'anarchie et le chaos, comme le « groupe intégré de la sécurité » de la police canadienne qui a envoyé des espions et des agents au sein des groupes qui organisaient l'opposition aux rencontres du G20 en 2010 en Ontario.

Ceux qui concilient avec la guerre oublient que les principes de l'indépendance et de la souveraineté des nations, le droit de ne pas être attaqué par une grande puissance impérialiste et la nécessité d'un équilibre international fondé sur l'avantage réciproque et non sur la loi du plus fort sont le précieux héritage de la victoire antifasciste de la Deuxième Guerre mondiale. Il ne faut à aucun prix que ces principes soient abandonnés sous l'influence de la résurgence du fascisme et sous la pression du système impérialiste d'États dominé par les États-Unis qui veut restaurer l'anarchie, la dictature et un état constant de guerre imposé par la loi du plus fort.

Ceux qui concilient avec les ambitions guerrières de Harper oublient que, dans les années 1960 et 1970, le Canada a également été la cible d'incitations à la guerre civile quand la GRC et des agents militaires des États-Unis ont tenté d'écraser la juste lutte du peuple québécois pour ses droits nationaux et de la transformer en une lutte dominée par un terrorisme aveugle, par l'anarchie et le chaos. La dictature fédérale de l'époque a imposé la Loi sur les mesures de guerre sous prétexte de combattre le terrorisme et a déployé l'armée dans les rues du Québec pour arrêter des militants et intimider ceux qui s'engageaient à défendre les droits de tous. En 1979, la Commission MacDonald sur les méfaits de la GRC a exposé le recours au terrorisme d'État et l'ingérence dans les organisations populaires afin de détourner la classe ouvrière et ses alliés de l`édification du nouveau. Les personnes progressistes à l'époque ont été fermement solidaires de la lutte de libération nationale du Québec contre l'impérialisme étasunien et le colonialisme anglo-canadien. Il s'agissait de s'opposer consciemment aux espions de la GRC et de l'armée américaine qui incitaient à la guerre civile réactionnaire avec des attentats terroristes et autres sales manoeuvres pour écraser la lutte de libération nationale du Québec, le mouvement ouvrier et les luttes de tous pour leurs droits, y compris les femmes et les Premières Nations. À l'époque, il existait un réel danger de guerre civile réactionnaire et d'intervention de l'armée américaine d'un côté ou de l'autre dans le but d'annexer à la fois le Canada et le Québec sous prétexte de défendre la sécurité nationale des États-Unis et de la responsabilité de protéger les civils.

La responsabilité des Canadiens est de se défendre contre la subversion et l'ingérence de la dictature fédérale et de l'impérialisme étasunien pour que la classe ouvrière et ses alliés puissent défendre les droits de tous et résoudre les problèmes économiques, politiques et sociaux qui existent présentement au pays. Cela veut dire être conscient des tentatives de la police politique d'infiltrer et de perturber les organisations du peuple et leurs luttes à la défense des droits de tous et pour une alternative centrée sur l'être humain. Il faut aussi être conscient que la « communauté internationale » déploie des espions et des agents et soudoie des groupes et des individus dans le but d'arrêter le progrès de la société et, si nécessaire, inciter à la guerre civile réactionnaire pour provoquer un changement de régime favorable à l'empire étasunien.

Concilier avec les ambitions guerrières de la dictature fédérale, c'est oublier que le monde entier est aux prises avec un système impérialiste d'États sous la conduite des États-Unis.

Concilier avec les ambitions guerrières, c'est oublier que les pays plus petits et moins puissants sont extrêmement vulnérables face à la subversion impérialiste et à l'incitation de divisions qui peuvent mener à une guerre civile réactionnaire.

La conciliation avec les ambitions guerrières mène à l'abandon des principes de non-ingérence dans les affaires internes des nations et des peuples souverains.

La conciliation avec les ambitions guerrières nie la vérité que les peuples sont leurs propres libérateurs et qu'ils sont en mesure de renverser leurs oppresseurs. Ayant oublié cela, il y a conciliation avec les guerres d'agression dirigées par les États-Unis sous prétexte de protéger les peuples de leurs propres régimes.

Concilier avec les ambitions guerrières, c'est détourner les peuples de leurs luttes à la défense de leurs droits pour plutôt s'engager dans quelque mouvement illusoire de solidarité avec ceux qui luttent pour leurs droits et qui refusent l'ingérence de l'impérialisme. Cela mène au sabotage de ces luttes.

La conciliation avec les ambitions guerrières signifie en pratique le refus de s'engager dans des luttes ici au pays pour mobiliser la classe ouvrière et ses alliés pour défendre les droits de tous, contester le droit de monopole et s'engager dans une lutte organisée, consciente et conséquente pour une alternative centrée sur l'être humain au Canada.

Non à l'agression contre la Syrie et l'Iran !
Dénonçons les criminels de guerre de Harper !
Dénonçons ceux qui concilient avec les criminels de guerre de Harper !
Organisons et luttons pour un gouvernement anti- guerre !

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À titre d'information

Le gouvernement Harper dépense
un demi milliard de dollars pour le programme
de satellites militaires des États-Unis


Le gouvernement Harper prétend que, au nom de l'équilibre budgétaire, il doit couper plus de 200 million de dollars affectés au financement d'importants programmes publics comme les programmes de recherche et d'études en environnement, notamment le réseau de stations de surveillance de l'ozone d'Environnement Canada. Cependant, il continue de militariser l'économie et de payer aux riches des centaines de millions de dollars en préparatifs de guerre et pour l'intégration toujours plus poussée des forces armées du Canada à la machine de guerre des États-Unis.

Par exemple, le gouvernement a récemment annoncé qu'il offrira 477 millions $ pour participer à un système de communications par satellite du département de la Défense des États-Unis, système dont les coups atteignent des dépassements exorbitants. Selon le département de la Défense des États-Unis, le système Wideband Global Satellite (WGS) est un système de communication servant aux « combattants des États-Unis, alliés et partenaires de coalitions au cours de tous niveaux de conflits, hormis une guerre nucléaire ». Le but du système WGS est d'avoir en place au moins neuf satellites militaires au-dessus de différentes régions du monde pour fournir une bande passante haute fréquence aux forces américaines et alliées partout où elles se trouvent.

Les États-Unis avaient prévu avoir le système en place pour son propre usage en 2004. Cependant, selon un rapport de 2011 du gouvernement américain, des problèmes de production et de contrôle de qualité ont ralenti le développement des trois premiers satellites. En conséquence, le premier satellite n'a été lancé qu'en octobre 2007 et n'a pas été opérationnel au-dessus de l'océan Pacifique avant avril 2008. Le deuxième satellite, placé au-dessus du Moyen-Orient et de l'Afghanistan, a été déclaré opérationnel en juin 2009, et le troisième, au-dessus de l'océan Atlantique, en mars 2010. Les trois prochains satellites doivent être lancés en 2012 ou en 2013 – et le quatrième ne le sera pas avant 2013. Il devrait y avoir un délai de deux ans entre le sixième et le septième satellite. Les coûts prévus pour ce programme étaient de 1,3 milliards $ US, mais ils ont maintenant dépassé 3,5 milliards $ US. L'armée américaine a demandé au Congrès 469 millions $ US pour le WGS rien que pour l'année budgétaire en cours.

Il semble probable que par ce cadeau du Canada au département de Défense des États-Unis, les monopoles d'armements et de défense canadiens cherchent à devenir partenaires du projet, si ce n'est pas déjà le cas. Au parlement, le ministre associé de la Défense nationale, Julian Fantino, a justifié le fait d'offrir des centaines de millions de dollars provenant du produit social du Canada à la machine de guerre des États-Unis en déclarant que cela aidera le gouvernement Harper à mener des guerres d'agression plus efficaces. « Nos efforts déployés en Afghanistan et en Libye ont démontré que la capacité d'échanger des renseignements entre l'état-major et nos éléments déployés est essentielle au succès d'opérations militaires modernes. Ce gouvernement compte répondre à cette exigence tout en respectant la valeur de l'argent des payeurs de taxes. Ainsi, nous avons cherché à conclure une entente avec nos alliés qui permet à nos Forces canadiennes d'avoir accès à une constellation internationale de satellites ».

L'Australie, selon les agences de presse, a accepté de participer au projet en 2007 et a contribué plus de 800 millions $ US pour payer le sixième satellite afin d'avoir accès à une partie de la bande passante du système. En plus du Canada et de l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Luxembourg, le Danemark et les Pays-Bas ont également exprimé leur intérêt à participer au projet.

Par ailleurs, le 2 novembre, Fantino a annoncé un contrat de 31,1 millions $ à MacDonald, Dettwiler et associés Ltd. (MDA) pour la contruction de deux systèmes non-classifiés de connaissance de la situation par télédétection (URSA). Selon la documentation gouvernementale, « L'URSA est un système mobile et déployable qui permettra aux Forces canadiennes de télécharger des images provenant directement de satellites commerciaux, notamment le Radarsat-2 canadien, au moment où ils survolent une zone d'intérêt, pour ainsi être en mesure d'obtenir des données cartographiques et des renseignements de surveillance à jour de leurs théâtres d'opérations. Cette capacité vise à aider les commandants déployés à la planification de missions et à la prise de décisions tactiques dans les moments cruciaux. Les Forces canadiennes feront l'acquisition de deux systèmes URSA. L'un sera utilisé dans le cadre de déploiements internationaux, tandis que l'autre servira lors d'opérations au pays, ainsi qu'à des fins de formation. MacDonald, Dettwiler and Associates Ltd. sera le fournisseur de ces systèmes ».

Le gouvernement Harper tente de dissimuler ses efforts visant à militariser l'espace et la croissance de ses préparatifs de guerre sous couvert de la création d'emplois. Il présente la militarisation de l'économie comme un développement positif pour le peuple canadien. Selon la documentation : « La Politique des retombées industrielles et régionales (RIR) s'appliquera à ce contrat, ce qui signifie que MDA sera tenue de réinvestir au Canada 100 % de la valeur du contrat, augmentant encore ainsi davantage les retombées de cet achat dans les régions partout au pays. Ce contrat fait partie de plus de 60 achats d'envergure assujettis à la Politique des RIR, ce qui représente des engagements de plus de 21 milliards de dollars en RIR d'entrepreneurs importants du domaine de la défense ». Kerry-Lynne Findlay, député conservateur pour Delta-Richmond Est, renchérit : « Il s'agit d'une bonne nouvelle pour Richmond puisque ce projet permet de maintenir environ 23 emplois spécialisés et améliore la valeur de notre expertise technologique[...]. Améliorer l'équipement des Forces armées et mettre l'accent sur la reprise économique représentent les principaux engagements de notre gouvernement, et cette annonce confirme que nous respectons nos engagements ».

Cette annonce fait partie du projet de soutien conjoint des Forces armées du gouvernement Harper (PSSC). Selon le gouvernement, « le but du PSSC est de permettre aux Forces canadiennes d'avoir accès à des renseignements de surveillance fiables, justes et en temps opportun au sein de leurs zones de déploiement d'intérêt ». La première phase du projet consiste à mettre en oeuvre le système URSA.

(Postmedia News, ministère de la Défense nationale)

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La Ligue arabe prend des mesures
sans précédent pour isoler la Syrie


Des milliers de femmes syriennes rassemblées dans le quartier de Bab Touma, à Damas, le 24 novembre 2011.

Sur le petit cercueil on peut y lire : « Le peuple syrien pleure la mort de la Ligue arabe. »

Les agences de nouvelles rapportent que la Ligue arabe prend des sanctions économiques contre la Syrie à la réunion de son Conseil économique et social. Il s'agit d'une procédure sans précédent dans l'histoire de cette organisation, déclare, SANA, l'agence de nouvelles syrienne.

Les mesures sont proposées comme un nouvel échéancier pour que la Syrie se conforme aux exigences des impérialistes. C'est une façon de menacer de représailles le gouvernement syrien s'il ne signe pas un protocole acceptant la visite de 500 observateurs.

Certains rapports réaffirment que le peuple syrien considère ces actions comme une ingérence flagrante dans ses affaires internes, écrit Prensa Latina.

Les mesures comprennent l'interdiction des vols commerciaux des compagnies aériennes régionales, l'arrêt des échanges commerciaux et financiers et le gel des avoirs du gouvernement, des actions qui sont préjudiciables aux intérêts du peuple syrien, souligne SANA.

Les médias syriens rapportent également que la Russie rejette toute intervention étrangère en Syrie, y compris les sanctions, une position exprimée par le porte-parole du ministère des Affaires extérieures Alexandre Lukashevich.

Selon Lukashevich, la Russie croît que le problème de la Syrie ne peut être résolu que par un dialogue national et non par des représailles politiques et économiques.

À Beyrouth, le premier ministre libanais Najib Mikati a réaffirmé que son gouvernement rejette toute décision de la Ligue arabe visant à isoler la Syrie ou tout autre État de la région. Le Liban ne participera pas à ces actions contre la Syrie, a dit le premier ministre.

Les agences de nouvelles rapportent des manifestations dans plusieurs villes de Syrie en appui au président Bachar al-Assad et son processus de réforme et condamnant les actions étrangères contre le pays.

« En ce moment, des milliers de personnes manifestent au square Saba Bahrat à Qamishli pour exprimer leur soutien aux décisions nationales et à la défense de leur souveraineté et de leur pays », rapporte vendredi Prensa Latina.


Damascus


Lattakia (nord-est de la Syrie, sur la Méditerranée)


Banias (nord-ouest de la Syrie, sur la Méditerranée)


Tartous (nord-ouest de la Syrie, sur la Méditerranée)


Sweida (au sud de la Syrie)


Qamischli (nord-est de la Syrie, à la frontière de la Turquie)

(Photos : Xinhua, SANA)

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L'OTAN dissimule ses préparatifs
d'intervention militaire en Syrie

Les États-Unis ont décidé de se soustraire à certaines obligations du Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE). Plus particulièrement, les États-Unis n'informeront plus la Russie de leurs plans de redéploiement de leurs forces, lit-on dans un article de Vadim Trukhachev publié dans la Pravda. Voici des extraits de l’article.

* * *

« Les États-Unis ont annoncé aujourd'hui à Vienne avoir suspendu l'application de certains de leurs engagements pris à l'égard de la Russie dans le cadre du Traité sur les forces conventionnelles en Europe. Cette annonce a été faite après que les États-Unis et leurs alliés au sein de l'OTAN aient essayé pendant quatre ans de trouver une solution diplomatique suite à l'adoption du moratoire russe à l'égard de 29 pays signataires sur l'application du traité en 2007. Depuis 2007, la Russie refuse d'accepter des inspections et a cessé de partager des renseignements avec les autres membres du FCE au sujet de ses forces militaires tel que stipulé par le Traité », a déclaré mardi la porte-parole du Département d'État, Victoria Nuland.

[...]

Les commentaires de la diplomate américaine ressemble à une nouvelle tentative de tout embrouiller. Mentionnons que la version initiale du Traité FCE a été signée en 1990, alors qu'existaient l'OTAN et le Pacte de Varsovie. Le document prévoyait une réduction du nombre de chars d'assaut, de véhicules blindés, d'artillerie (d'un calibre supérieur à 100 mm), d'avions de combat et d'hélicoptères, ainsi qu'un échange de renseignements.

Une version renouvelée du traité a été signée en 1999. Cette nouvelle version reflétait les changements qui avaient eu lieu en Europe, tels que la dissolution du Pacte de Varsovie et l'expansion de l'OTAN. Cependant, seulement la Russie, la Biélorussie, l'Ukraine et le Kazakhstan ont ratifié le nouveau traité. La Russie a redéployé une partie importante de ses armements au-delà des Monts Oural, mais les pays occidentaux n'ont pas respecté le nouveau traité. L'expansion de l'Alliance de l'Atlantique Nord s'est poursuivie et l'OTAN s'est rapprochée des frontières russes.

À la fin de 2007, Vladimir Poutine a décidé de suspendre la participation de la Russie au CFE jusqu'à ce que les alliés européens aient ratifié la nouvelle version du traité. Les Américains ont refusé de s'y engager. Maintenant ils ont décidé de ne pas informer la Russie au sujet du redéploiement de ses forces, ce qui constitue de toute évidence une nouvelle violation du traité de la part des États-Unis.

Quelles seront les conséquences pour la Russie suite à cette décision des États-Unis ? C'est la question que Pravda.Ru a posée au directeur du Centre des prévisions militaires, Anatoy Tsyganok, sollicitant ainsi son expertise en la matière.

« Les États-Unis cesseront d'informer la Russie au sujet de leurs redéploiements militaires. Techniquement, les Américains peuvent déployer leurs troupes en Lettonie, en Lituanie et en Estonie, des pays qui n'ont pas adhéré au traité. Les pays Baltes se transformeront-ils en centre militaire non contrôlable à proximité des frontières russes ? »

« Lorsque la Russie a suspendu sa participation au traité CFE, elle avait le droit de dire que certains nouveaux membres de l'OTAN, dont les pays Baltes et la Slovénie, n'avaient jamais signé le traité. Maintenant l'OTAN cible la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie et tous les anciens membres du Pacte de Varsovie.

« Quand la réunification de l'Allemagne fut décidée en 1990, l'Allemagne et la France se sont engagées selon une annexe de l'entente à ce que l'OTAN n'aille pas au-delà de l'Oder (l'Oder est un fleuve qui sépare l'Allemagne et la Pologne – ndlr). Cependant, l'Ouest ne respecte pas cette annexe. Il ne s'en tient qu'à l'entente comme telle, mais l'entente ne souffle mot de la non-expansion de l'Alliance de l'Atlantique Nord. Il s'agit d'une supercherie de la part des États-Unis et de ses alliés aux dépens de la Russie.

« Pourquoi après quatre ans les États-Unis ont-ils décidé de ne plus informer la Russie de leurs redéploiements militaires ? »

« Il semblerait que cette décision soit liée à la situation qui prévaut en Méditerranée. Nous pourrions conclure que l'OTAN a l'intention de créer un bloc militaire près des frontières au sud de la Russie dans le but de frapper la Syrie. Ce sera sans doute le sujet de la réunion de l'OTAN au mois de décembre. Ils tenteront d'analyser les actions de la Syrie dans l'éventualité d'une opération militaire de l'OTAN contre ce pays, comme cela est arrivé en Libye.

« La Russie représente-t-elle un obstacle aux opérations de l'OTAN contre la Syrie ? Les États-Unis tentent-ils de nous dissimuler quelque chose en ce moment ? »

« Oui, la Russie est un obstacle. Nous avons une base navale à Tartous, en Syrie. Cette base est protégée par un système important de défense aérienne, donc les possibilités d'une agression navale de la part de l'OTAN et d'Israël sont minces. S'ils décident d'attaquer, ce sera sans doute à partir de l'Arabie saoudite. Donc, les États-Unis doivent cacher leur jeu.

« Une autre question pèse dans la balance. Il y a environ 120 000 citoyens russes vivant en Syrie. Un grand nombre serait des femmes russes ayant épousé des Syriens. La Russie pourrait utiliser ce fait pour s'ingérer dans les événements en Syrie. En outre, 20 % du complexe de défense de la Russie disparaîtrait si celle-ci perdait le marché syrien. Il est fort possible qu'ils regroupent les forces de l'OTAN pour se préparer à une guerre contre la Syrie, et qu'ils ne veulent pas en alerter la Russie. »

(Traduction : LML)

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Prédictions pour un Grand Moyen-Orient

Écrivant pour Asia Times Online, Pepe Escobar délimite les relations de pouvoir en Afrique du Nord et en Asie occidentale comme suit :

« La Syrie est l'allié clé incontesté de l'Iran dans le monde arabe, alors que la Russie et la Chine sont ses principaux alliés géopolitiques. La Chine, pour l'instant, a dit clairement que toute solution pour la Syrie doit être négociée.

« La seule et unique base navale de la Russie en Méditerranée est dans le port syrien de Tartous et ce n'est pas par hasard que la Russie y a installé à Tartous son système S-300 de défense aérienne, l'un des meilleurs systèmes de missiles sol-air toute altitude au monde, comparable aux missiles américains Patriot. Le remplacement par le système S-400 encore plus sophistiqué est imminent.

« Selon le point de vue de Moscou et de Téhéran, un changement de régime à Damas est impensable. Cela signifie l'expulsion virtuelle des marines russe et iranienne de la Méditerranée.

La base militaire de l'OTAN en Libye

« Pourtant déjà des mouvements clés par l'Occident sont en marche selon les diplomates à Bruxelles, qui ont confirmé à Asia Times Online que les anciens « rebelles » libyens qui essaient actuellement de former un gouvernement crédible ont déjà donné le feu vert pour que l'OTAN construise une importante base militaire dans la Cyrénaïque.

« L'OTAN n'a pas le dernier mot en la matière. C'est décidé par le patron, le Pentagone, intéressé à mettre en relief Africom, en coordination avec l'OTAN. Au moins 20 000 soldats seront déployés sur le terrain en Libye, dont au moins 12 000 sont des Européens. Ils seront responsables de  la 'sécurité intérieure' de la Libye mais seront aussi en état d'alerte pour de possibles autres campagnes militaires ciblées sur nuls autres que la Syrie et l'Iran. »

Le point de vue iranien

Selon Escobar, pour Téhéran toutes les manoeuvres actuelles ne sont qu'une couverture « humanitaire » pour une opération anti-chiite et anti-iranienne. Il écrit :

S'il est vrai que la plus récente « coalition des volontaires » (qui, en passant, est une répétition du modèle libyen) est contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie, elle représente aussi une guerre chrétienne-sunnite contre les chiites, qu'ils soient la minorité alaouite en Syrie ou les majorités chiites en Iran, en Irak et au Liban.

Cela fait partie intégrante de « l'opportunité stratégique » identifiée par le puissant lobby israélien à Washington : si nous frappons sur le lien entre Damas et Téhéran, nous portons un coup fatal au Hezbollah au Liban. Les idéologues croient maintenant pouvoir faire passer cela dans l'opinion publique mondiale comme faisant partie du printemps arabe, aujourd'hui métamorphosé en « hiver arabe », après avoir été métamorphosé en contre-révolution arabe durant l'«été arabe».

Le rôle de la Maison des Saoud et du Conseil
de coopération des États arabes du Golfe

La Maison des Saoud, la Jordanie et l'étoile montant du Qatar sont très à l'aise à faire le sale boulot des États-Unis et d'Israël, écrit Escobar. « La Maison des Saoud, le chef de file du CCG, a envahi Bahreïn avec 1500 soldats pour écraser les manifestations pro-démocratie très semblables à celles de l'Égypte et de la Syrie La Maison des Saoud a aidé la dynastie sunnite d'al-Khalifa au pouvoir au Bahreïn à pratiquer la torture généralisée dans une population composée à 70 % de chiites. Les Bahreïnis confirment que tous ceux torturés ont été forcés d'avouer des liens directs avec la « maudite » Téhéran.

« En Égypte, la Maison des Saoud a appuyé Moubarak même après qu'il ait été destitué. Maintenant elle soutient, avec jusqu'ici plus 4 milliards $US, une junte militaire qui veut essentiellement garder le pouvoir, sans contrôle, sous une façade « démocratique ».

« La Maison des Saoud ne peut coexister avec une Égypte pleinement démocratique. Quiconque croit la prétention de la Maison des Saoud à vouloir défendre les droits humains et la démocratie au Moyen-Orient devrait se faire interner.

« La Ligue arabe, qui est également un prolongement de la Maison des Saoud, a donné son assentiment au bombardement d'un État membre par l'OTAN. Elle a suspendu la Syrie le 12 novembre, comme elle l'a fait pour la Libye le 22 février parce que, contrairement à la Libye, les visées américaines et européennes au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ont été dûment bloquées par les vetos de la Russie et de la Chine.

« Bienvenue à la 'nouvelle' Ligue arabe où, si vous ne vous êtes pas prosternés devant l'autel du CCG, vous êtes condamnés à un changement de régime.

« Vénérer le CCG ne peut pas être comparé à vénérer le Pentagone et l'OTAN. La Jordanie et le Maroc sont membres du dialogue méditerranéen de l'OTAN, et le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU) sont membres de l'Initiative d'Istanbul de coopération de l'OTAN. En outre, la Jordanie et les EAU sont les seuls pays arabes contribuant des troupes à l'OTAN en Afghanistan.

« Ivo Daalder, l'ambassadeur de l'administration Obama auprès de l'OTAN, a déjà ordonné à la Libye de se joindre au Dialogue méditerranéen, aux côtés du Maroc, de la Jordanie, de l'Égypte, de la Tunisie, de l'Algérie, de la Mauritanie et d'Israël. Et plus tôt ce mois-ci, il a dit au Conseil de l'Atlantique quelles sont les conditions nécessaires pour une attaque contre la Syrie : « une nécessité urgente » (voulant donner l'impression qu'Assad va raser Homs) ; « le soutien régional » (qui va venir à la vitesse de l'éclair de la Ligue arabe/CCG) et un mandat de l'ONU (qui ne viendra pas, comme l'ont clairement indiqué la Russie et la Chine).

« Donc on peut s'attendre exactement à cela de 'la coalition des volontaires', des opérations clandestines dont on blâmera le régime d'Assad, le soutien immédiat de la Ligue arabe/CCG, et probablement une action unilatérale parce que, via l'ONU, c'est impensable. »

Prédictions pour un Grand Moyen-Orient

Selon Escobar, « la Russie sait que si le modèle actuel libyen est reproduit en Syrie, le Liban étant déjà sous un blocus de facto de l'OTAN, la Méditerranée sera en effet devenue ce rêve, un lac de l'OTAN, qui est le code pour un contrôle total par les États-Unis.

« Moscou voit aussi que, dans le grand Moyen-Orient conçu par les États-Unis (n'hésitons pas à le dire « grand », allant de la Mauritanie au Kazakhstan), les seuls pays qui ne sont pas liés à l'OTAN dans une myriade de « partenariats » sont, en dehors de la Syrie, le Liban, l'Érythrée, le Soudan et l'Iran.

« Pour le Pentagone, c'est du 'repositionnement'. Si, par exemple, vous quittez l'Irak, vous allez ailleurs dans 'l'arc d'instabilité', préférablement le Golfe. Il y a déjà 40 000 troupes américaines dans le Golfe, dont 23 000 au Koweït. Une armée secrète pour le Pentagone et la CIA est formée par l'ancien Blackwater, 'repositionné' sous le nom Xe, dans les EAU. Une OTAN du Golfe est née. Y a-t-il des preneurs pour une OTANCCG ?

« Lorsque les néo-conservateurs américains règnaient sur le monde, il y a seulement quelques années de cela, la devise était: "Les vrais hommes vont à Téhéran." Une mise à jour s'impose. Disons plutôt : "Les vrais hommes vont à Téhéran en passant par Damas seulement s'ils ont les couilles pour regarder Moscou en face."

(Traduction : LML)

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Bulletin du 28 novembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca