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L'ordre
du
jour
du
gouvernement
Harper
Énergie
L'approbation de l'oléoduc Keystone XL
est
retardée
Le 10 novembre, le département
d'État
américain annonçait qu'il
remettait à plus tard sa décision
sur le projet
d’oléoduc Keystone XL de
TransCanada devant relier l'Alberta au Texas.
Selon le
département d’État,
la proposition devra faire l'objet de nouvelles
études
environnementales et le
pipeline pourrait devoir suivre un nouveau
trajet qui ne passerait plus
par
l'importante formation aquifère
d'Ogallala au Nebraska. La
décision pourrait
n’être prise qu'en 2013, après les
élections
présidentielles de novembre
2012. L'oléoduc Keystone XL, lorsque
complété,
expédierait le bitume brut
de l'Alberta vers la côte du golfe du
Mexique, où il
serait amélioré et
raffiné.
L'annonce d'un délai a semblé
surprendre
le gouverneur du
Nebraska, le
républicain Heineman, qui aurait
été choisi par
les hauts placés de son
propre parti pour régler la question de
l'opposition
grandissante au projet de
l'oléoduc au Nebraska. Dans l'espace de
quelques jours, Heineman
a
proposé un nouveau trajet qui serait
évalué par le
Nebraska plutôt que par
TransCanada. Le fait que TransCanada accepte
sur-le-champ le nouveau
trajet sans une évaluation exhaustive des
coûts
soulève de nombreuses
questions sur le projet dans son ensemble. Le
département
d'État a dit que
ces nouveaux développements ne
changeraient rien à la
date fixée pour
l’approbation de l'oléoduc.

Manifestation
contre
le projet Keystone à Washington le 6
novembre 2011 (Tar Sands Action/Clayton Conn)
Étonnamment, la construction du projet
d'oléoduc a
déjà commencé dans le
Dakota du Nord. Le département
d'État est sans doute au
courant que le
Dakota est toujours situé aux
États-Unis. TransCanada
exhibe ouvertement
l'évolution des travaux dans le but
d'influencer les
investisseurs. Il serait
tout à fait raisonnable de conclure que
ce délai n’est
rien qu’une mise en
scène inspirée par les
élections
présidentielles dans lesquelles Obama
occupe
le rôle du président de guerre qui
a pour tâche de
convaincre ses supporteurs
anxieux et déjà passablement
sceptiques du sérieux
de ses promesses de
changement.
Le gouvernement canadien et le gouvernement
Redford en
Alberta ont
offert
les ressources énergétiques du
Canada comme source
sécuritaire de pétrole
essentielle à la machine de guerre des
impérialistes
étasuniens. L'oléoduc
Keystone devient ainsi le symbole physique de
l'annexion du Canada et
de
ses ressources naturelles. Stephen Harper
semblait ne pas se soucier de
ces
délais lorsqu'il a
déclaré :
« Rappelez-vous bien, toutes les
décisions entourant ces questions [les
clauses Buy American, les
frais
d'inspection de passagers et l'annonce du
Keystone XL] ne sont pas
coulées
dans le ciment. Les Canadiens ne devraient pas
interpréter ces
décisions
comme étant contre le
Canada. »

La
construction
de l'oléoduc Keystone de
TransCanada est
déjà commencée dans
le Dakota Nord. (TransCanada) |
Malgré ces exhortations, de plus en plus
de
Canadiens interprètent en
effet ces mesures prises par les
États-Unis comme étant
celles d'une
superpuissance pour qui le Canada n'est qu'un
protectorat annexé
lui
assurant les ressources naturelles
nécessaires à son
édification d'empire.
Beaucoup ne voient pas l’oléoduc d’un bon
il parce qu'il fait du
Canada
encore plus décidément un
fournisseur socialement
irresponsable et annexé
de matières premières plutôt
qu'un pays qui tient
compte de l'environnement
et des autres répercussions du projet
avec le sérieux qui
s'impose. Un
nombre croissant de Canadiens veulent une
nouvelle direction pour
l'économie, une direction qui renverse la
tendance à la
destruction de
l'industrie manufacturière, met sur pied
une économie
diversifiée,
autosuffisante et socialement responsable, et
reconnaît les
droits de la classe
ouvrière. Les Canadiens ne sont pas non
plus convaincus que les
droits des
peuples des Premières Nations directement
affectés par
les sables bitumineux
et les projets d'oléoducs sont
respectés.
Pour sa part, le ministre des Finances, Jim
Flaherty, a
profité
de l'occasion
pour promouvoir le Northern Gateway, projet
d'oléoduc traversant
la
Colombie-Britannique jusqu'à
l'océan Pacifique, lequel
oléoduc est aussi
conçu pour transporter le bitume brut. Il
a laissé
entendre que le délai de
Keystone pourrait
« forcer » le Canada
à
regarder vers l'Asie
pour des clients.
Flaherty a déclaré :
« Nous serons
peut-être forcés d'agir
rapidement pour faire en sorte que nous
puissions exporter notre
pétrole vers
l'Asie via la Colombie-Britannique. »
Cette déclaration vise tous ceux qui
s'opposent
à un oléoduc en
Colombie-Britannique et est un avertissement que
la dictature
fédérale a
l'intention de faire la vie dure à ceux
qui défendent
l'importance de
respecter les droits des Premières
Nations et ceux qui
s'inquiètent des
dangers immédiats que l'oléoduc
pourrait poser à
l'environnement, des
déversements de bitume et des
traversées de
pétroliers transportant le bitume
dans les eaux périlleuses du nord de la
Colombie-Britannique. En
2006,
suivant le même trajet prévu pour
les pétroliers
quittant Prince Rupert, le
traversier de 9 000 tonnes MV Queen of
the North, avec
101 passagers à bord, heurtait une
roche et sombrait en
moins d'une
heure. Grâce à l'intervention
rapide des pêcheurs
d'un village de Premières
Nations, seulement deux passagers ont perdu la
vie. Ces mêmes
pêcheurs ne
seraient pas en mesure de contrôler un
déversement de
bitume, d'où les
inquiétudes grandissantes.
Qui
décide?
Les
ministres de Harper
continuent
d'affirmer que la seule alternative est
d'expédier le bitume
brut et qu'il n'en
existe pas d'autres. Le député
Claude Gravelle, NPD pour
Nickel Belt, a
demandé à la Chambre :
« Plutôt que
de vendre du bitume brut
à la Chine, pourquoi ce gouvernement ne
trouve-t-il pas les
moyens de
raffiner le pétrole canadien ici, au
Canada ? »
Joe Oliver, ministre des Ressources naturelles,
de
répondre :
« Monsieur le président,
l'honorable
représentant ne comprend pas
que le Canada n'a pas la capacité de
raffiner le pétrole
et qu'en plus, cela
coûterait des milliard de dollars. Lors de
ma dernière
visite en Chine et au
Japon, nous avons été reçus
à bras ouverts.
La réputation du Canada est
excellente. Voilà pourquoi ces pays
veulent continuer d'investir
au Canada.
Ils s'intéressent de près à
nos ressources
naturelles. »
La question ainsi que la réponse posent
problème, puisque les droits des
Premières Nations, des travailleurs et du
peuple ne sont pas au
centre de la
prise de décisions. Le peuple est
réduit à
supplier le gouvernement pour une
alternative, qui pour M. Gravelle serait de
« raffiner le
pétrole
canadien ici, au Canada ».
Beaucoup de Canadiens sont sans doute d'accord
avec
Claude Gravelle
mais
ils n'ont aucun pouvoir de mettre en place une
telle politique ou
même de
participer à une discussion
élargie sur ce qui servirait
le mieux l'édification
nationale. Le droit de monopole, armé du
pouvoir d'État,
écrase le droit du
public de décider de la direction de
l'économie. Les
Canadiens doivent
contester le fait d’être réduits
à l'état de
spectateurs ou à celui de contester
des décisions adoptées à
leur insu par des
monopoles mondiaux et leurs
représentants gouvernementaux.
Une Opposition ouvrière
organisée,
efficace et puissante, est en mesure
de mobiliser la force du nombre et la conception
du monde moderne
requises pour remettre en cause la dominance des
monopoles et la
dictature
systémique, y compris la question la plus
importante de toutes –
Qui
décide ? Nous décidons !

Commission canadienne du
blé
Des actions à Ottawa et Winnipeg en
appui au
monopole public de la mise en marché des
céréales

Le
président
de la Commission canadienne du blé
s'adresse à la foule
devant le parlement le 15 novembre 2011. (CWB)
Le 15 novembre, tous les huit
présidents
élus par les cultivateurs à
la Commission canadienne du blé (CCB),
ainsi que des
représentants du
Syndicat national des cultivateurs et l'Alliance
de la CCB, des
agriculteurs
et des parlementaires, ont tenu une
conférence de presse sur la
colline
parlementaire pur exiger du gouvernement Harper
qu'il annule sa
décision
illégale de démanteler la CCB
avant la
fin de la session
parlementaire. Une action coordonnée a eu
lieu à Winnipeg
devant les
bureaux de la CCB.
Le président de la CCB, Allen Oberg, a
dit que
dans les cinq semaines
qui restent avant la fin de la session
parlementaire, il est encore
temps pour
le gouvernement Harper de mettre fin au projet
de loi qui signalera la
fin du
moyen de subsistance d'un grand nombre de
cultivateurs canadiens.
« Nous exigeons une réponse
claire de
la part du premier ministre. Nous voulons avoir
pourquoi il s'empresse
de passer cette loi au parlement et
pourquoi il a choisi de passer outre à la
loi et d'ignorer
67 % des cultivateurs
qui ont voté pour conserver la CCB au
moyen de leur propre
scrutin », a dit Oberg.
« Nous sommes ici parce
que nous ne
pouvons rester indifférents pendant que
ce gouvernement sacrifie
les intérêts
des cultivateurs aux intérêts des
grandes corporations
céréalières
étasuniennes. Nous ne pouvons
permettre que les droits
démocratiques des
cultivateurs soient passés au rouleau
compresseur. C'est aux
cultivateurs de décider, pas
Ottawa. »
M. Oberg a aussi souligné l'appui massif
à
la CCB et son
mandat en tant que monopole public. En seulement
une semaine,
25 000 personnes ont fait parvenir des
lettres à leurs
députés dans le
cadre de la campagne « Arrêtons
le rouleau
compresseur ».
Le représentant du NPD pour
l'agriculture, Pat
Martin, est intervenu et a
qualifié la tentative du gouvernement
Harper de
démanteler la CCB en dépit
des voeux exprimés par les cultivateurs
d'« affront
à la
démocratie ».
« L'empressement [des
conservateurs] à adopter
la loi est téméraire et
irresponsable. Il démontre
leur manque flagrant de
respect envers le parlement. »
Le leader adjoint des libéraux Ralph
Goodale a
dit : « Les
conservateurs tentent de réduire au
silence ceux qui les
contestent en
prétendant que les cultivateurs qui
désirent la CCB
peuvent toujours l'avoir,
sur une base volontaire – mais c'est faux. Ce
qui distingue avant tout la CCB est son
système de vente
à comptoir unique.
Sans comptoir unique, sans assise
financière et sans
l'accès aux
infrastructures en manutention des grains, tout
ce qui reste est une
coquille
vide qui ne peut qu'échouer. »
Le projet de loi visant à
démanteler la
CCB, la Loi
sur le libre choix des
producteurs de grain en matière de
commercialisation ( la
loi
C-18), a été confié
à un
comité après que le gouvernement
eut
manoeuvré pour limiter le débat.
Le comité
responsable de l'étude du projet
de loi s'est rencontré quatre fois, le
31 octobre et les 1,
2 et
3 novembre. Le temps alloué aux
témoins favorables
à la Commission
du blé et son comptoir unique
était limité
à une heure le
2 novembre. Le projet de loi doit retourner
en Chambre pour
lecture finale et adoption cette prochaine,
pour ensuite se
diriger vers le Sénat pour son
approbation.
Une
délégation de
24 cultivateurs céréaliers et
des universitaires de
diverses régions de
l'ouest sont à Ottawa pour rencontrer des
sénateurs,
leurs employés et
d'autres, pour les informer des
conséquences du le projet de loi
pour eux et leurs communautés.
Bill Gehl, président de l'Alliance de la
Commission canadienne du blé, a
déclaré par communiqué de
presse :
« Je suis très heureux
d'être accompagné d'une
délégation à
l'expérience, aux âges et aux
antécédents
diversifiés. »
« Certains des cultivateurs ici
présents représentent les
producteurs
d'orge fourragère qui obtiennent rarement
des carnets de
livraison. Ils
représentent autant les cultivateurs qui
ont investi dans le
chargement des
wagons de producteurs et les lignes ferroviaires
de courte distance,
que les
immenses opérations agricoles
responsables de la culture du
blé et du blé
dur. Ils sont tous là pour s'assurer que
les sénateurs
saisissent bien les
répercussions négatives qu'aura
cette loi sur leurs
opérations
agricoles. »
Gehl a indiqué qu'un certain nombre de
jeunes
agriculteurs et
universitaires faisaient aussi partie de la
délégation.
« Ces gens sont
notre avenir. Ils savent sur la base de leur
expérience et de
leurs études que
notre Commission du blé est toujours de
la plus haute importance
dans le
maintien pour l'ouest canadien d'une position
clé en tant que
producteur
mondial des céréales de la plus
grande qualité au
monde. »
Gehl pense que plusieurs sénateurs ne
connaissent
pas les répercussions
de cette loi pour les Canadiens des villes et
pour la qualité
des aliments
locaux advenant son adoption. « Nous
savons comment
l'industrie de
transformation a recours à des
matières premières
d'alimentation et à des
suppléments étrangers peu
coûteux pour alimenter
les bovins. Il est évident
que ce sera de même pour les aliments
destinés aux humains
dès que notre
Commission du blé ne sera plus là
pour s'assurer que les
transformateurs
d'ici ont accès, de façon
équitable, à
notre blé et notre orge de la plus haute
qualité. »
Gehl explique : « Nous avons
une
délégation qui peut
donner une version collée à la
réalité et
sans l'influence biaisée des courtiers
privés en grains qui n'y voient qu'une
occasion en or pour des
contrats, ou
de groupes synthétiques comme les
Producteurs de
céréales du Canada qui
se vantent d'avoir plus de membres qu'il y a de
cultivateurs
céréaliers dans
l'ouest du Canada. »
Pour conclure, Gehl a
déclaré :
« Notre Commission
canadienne du blé favorise une
démocratie
contrôlée par le cultivateur. Nous
demanderons aux sénateurs
d'écouter les cultivateurs
partout dans l'ouest du
Canada par le biais du Comité
sénatorial permanent de
l'agriculture et des
forêts pour faire la lumière sur ce
projet de loi qui
renversera nos directeurs
élus de la CCB et qui remettra notre
organisation avec son
budget de
6 milliard $ par année entre
les mains de cinq
corporations
multinationales géantes qui
contrôlent le reste des
céréales de la
planète. »
Aussi, des agences de nouvelles rapportent que
la
poursuite entreprise
par la CCB visant à bloquer le projet de
loi C-18 sera
entendue le
6 décembre à Winnipeg. La
poursuite des Amis de la
CCB contre le
gouvernement Harper sera entendue à la
même date.
 
(CCB,
Alliance de la
CCB, Portage en ligne)

Il est de l'intérêt des
cultivateurs et
des travailleurs d'être solidaires des
cultivateurs de l'Ouest
- Christine Nugent -
L'acharnement du gouvernement Harper à
vouloir
détruire la
Commission canadienne du blé (CCB) va de
pair avec les
négociations en
matière de libre-échange en vue
d'un accord
économique et commercial
global entre le Canada et l'Union
européenne et d'autres accords
similaires.
Le gouvernement Harper se prépare
à ouvrir encore
davantage le secteur agricole du Canada aux
monopoles de l'industrie
agricole et entend s'en servir en tant que
monnaie d'échange
dans ces
négociations. Tous les systèmes de
mise en marché
gérés par les producteurs
au Canada sont négociables. La plus
récente offensive
prend la forme du
soi-disant Partenariat transpacifique (PTP)
auquel nous devons
participer,
semblerait-il, si nous voulons transiger avec
l'Asie. Ce qui ne serait
possible,
selon un rapport du Conseil canadien des chefs
d'entreprise (CCCE),
qu'
« à condition que le Canada
adopte des
réformes dans deux
domaines où nous semblons être en
discordance avec les
normes
mondiales : nos systèmes de gestion
des approvisionnements
qui
imposent des restrictions aux importations de
lait, de volaille et
d'oeufs, et
notre laxisme lorsqu'il s'agit des droits de
propriété
intellectuelle ».
« Pendant combien de temps le
système
archaïque du Canada
tiendra-t-il l'intérêt national en
otage ? Le PTP
offre une occasion en
or de terminer de façon progressive de
tels programmes en retour
de
concessions dans d'autres secteurs de la part
des États-Unis et
d'autres », argumente le CCCE.
Le fait d'intervenir à la défense
des
monopoles aura un effet dévastateur
sur les petits cultivateurs en Ontario où
la production agricole
ainsi que les
industries connexes constituent une part
importante de
l'économie,
contribuant encore plus au produit
intérieur brut que le secteur
automobile.
Les systèmes de mise en marché
gérés par
les producteurs eux-mêmes sont
attaqués depuis plusieurs années
et seront encore plus
affaiblis si le
gouvernement Harper réussit à
démanteler la CCB et
à libéraliser davantage
le commerce. Ainsi, le moyen de subsistance des
fermiers et des
producteurs
est en jeu, mais aussi celui des nombreux
travailleurs des industries
connexes. Dans la région du Grand Toronto
à elle seule,
il y a 53 000
emplois liés à la transformation
des aliments. Il s'agit
de la plus grande
industrie manufacturière de Toronto et
l'une des rares qui a
pris de
l'expansion au cours des dernières
années. Les
travailleurs de ces secteurs
seraient affectés par
l'instabilité des
approvisionnements et des prix des
produits agricoles si les commissions de mise en
marché
étaient éliminées.
Aussi, les travailleurs devront subir le dumping
de produits
alimentaires
industriels sur les marchés canadiens par
des monopoles de
l'industrie agro-alimentaire au fur et à
mesure que de nouveaux accords de
libre-échange
seront négociés.
L'Ontario a une production agricole très
diversifiée. Par conséquent,
s’est aussi développé un grand
nombre de systèmes
de mise en marché
collectifs en tant que mécanismes
permettant aux cultivateurs
d'avoir un mot
à dire dans la mise en marché de
leurs produits.
60 % de la
production agricole ontarienne est
commercialisée grâce
à ces commissions
de mise en marché, envers et contre les
tentatives du
gouvernement
provincial de miner la mise en marché
gérée par
les producteurs afin
d'accommoder les monopoles de l'industrie
agricole. Vingt et une
commissions provinciales de mise en
marché et quatre
associations de
producteurs sont responsables à divers
niveaux de la mise en
marché de
5 milliards $ de produits de la ferme,
y compris les fruits,
les
produits laitiers, la volaille et le porc.
Les commissions de mise en marché de
l'Ontario
fixent ou négocient les
prix et d'autres conditions de vente,
établissent des normes de
qualité, les
volumes à atteindre et les horaires de
livraison. Six des
commissions gèrent
la production et parfois le marché au
moyen de quotas
liés à la production.
Les commissions offrent aussi de l'information
au sujet des
marchés, des
services d'appui et développent des
marchés locaux par la
promotion de
leurs produits.
Ces commissions sont pour la
plupart administrées par
des cultivateurs élus par leurs pairs.
Elles permettent aux
producteurs de
participer aux décisions affectant la
stabilité et la
prévisibilité des marchés,
bénéficiant ainsi à la fois
aux producteurs et aux
acheteurs de produits
agricoles. Tous les systèmes de mise en
marché
développés par les
cultivateurs ontariens sont menacés par
les attaques à
l'échelle du pays
contre ces commissions de mise en marché
et par les
négociations
commerciales néolibérales.
Deux développements importants ont eu
lieu
récemment dans le système
de mise en marché géré par
les producteurs en
Ontario. Ces changements
reflètent la lutte intense qui fait rage
dans le secteur
agricole, où
l'expansion des monopoles de l'industrie
agricole crée de
l'instabilité et de
l'incertitude chez les producteurs.
Le premier développement touche la
Commission ontarienne de
commercialisation du blé (COCB), une
initiative des fermiers
ontariens prise
en 1958. En 1973, suite à un vote
majoritaire aux deux tiers,
les fermiers
ont décidé de transformer la COCB
en commissionnaire
à la vente à
comptoir unique. Dans les années 90,
alors que le régime
Harris imposait sa
loi, la COCB a entrepris le
démantèlement de son comptoir
unique. En
2000, au cours d'une période de prix du
blé à la
hausse, les cultivateurs du
blé ontarien ont voté en faveur
d'une mise en
marché directe, c'est-à-dire la
vente directe aux silos, aux maisons de courtage
ou aux minoteries. Par
contre, ils ont aussi maintenu l'option de
vendre leur blé
à la COCB et
d'avoir le choix d'avoir recours aux contrats
à prix à
terme de la COCB
ainsi que de ses offres d'achat comptant. En
2003, la mise en
marché directe
des fermiers comptait pour 83 % des
récoltes de blé
en Ontario, alors
que la COCB obtenait 12 % de la
récolte de blé par
ses offres d'achat
comptant et ses contrats à prix à
terme et du fait d'en
acquérir 5 %
par le biais d'un compte de mise en commun.
Les changements ainsi apportés à
la COCB
sont présentés par les
destructeurs de la CCB comme autant de
« preuves » à
l'effet
que les cultivateurs approuvent cette
destruction. Mais tel n'est pas
le cas.
Le Syndicat national des cultivateurs (SNC),
dans une note
d'information,
« la CCB et la COCB »,
publiée en octobre,
a dénoncé le fait
de se servir des décisions en
matière de mise en
marché des cultivateurs de
blé ontarien comme justification pour
détruire la CCB. Il
a fait valoir que la
COCB et la CCB ne sont pas dans la même
situation. La
différence la plus
probante, selon le SNC, est que la
décision de la COCB provenait
des
producteurs eux-mêmes, et qu'elle
n'était pas
imposée par le gouvernement
contre les aspirations des producteurs, comme
c'est le cas pour la CCB.
Le SNC dit aussi qu'il existe d'autres facteurs
qui ont
servi de base pour
les décisions des cultivateurs ontariens,
y compris : la
différence des
sortes de blé et des marchés (le
blé d'hiver doux
en Ontario pour la cuisson
des spécialités locales en
opposition au blé dur
de printemps dans l'ouest du
Canada pour les marchés de pain
international et de
pâtes) ; la part du
marché (le blé ontarien
représentant seulement une
petite part du marché
local de blé doux en comparaison au grain
de l'Ouest qui
représente une
part beaucoup plus importante du marché
mondial) ainsi que le
coût relatif
du transport, de la mise en marché et de
la manutention des
grains. Un autre
point important à noter est que les
cultivateurs ontariens ont
gardé la COCB
en place en tant qu'alternative leur offrant une
certaine protection
contre la
manipulation du marché par des monopoles
agressifs de
l'industrie
agricole.
Le deuxième développement a
été l'atteinte portée
à la Commission de
mise en marché des producteurs de porc de
l'Ontario (CMMPPO) par
le
gouvernement McGuinty dans le but de mettre les
producteurs de porc
à la
merci des monopoles de conditionnement des
viandes des
États-Unis. De
2008 à 2010, la Commission de mise
en marché des
produits agricoles
et le ministre de l'Agriculture, Carol Mitchell,
ont imposé de
façon
unilatérale une série de
changements aux producteurs de
porc en violation
des dispositions à la base de la CMMPPO.
Des décisions
rendues par la
Commission et le ministre ont
éliminé le comptoir unique
mandaté
légalement pour le système de mise
en marché du
porc. Les cultivateurs du
porc n'ont jamais eu l'occasion de voter sur
cette destruction de la
mise en
marché collective. La vente par le biais
de la CMMPPO est
devenue
volontaire.
La fin du système à comptoir
unique a eu
comme résultat que les
producteurs de porc ont dû subvenir
à leurs propres
besoins alors que les
marchés ont décliné de
façon abrupte et que
la porte s'ouvrait toute grande
aux immenses conglomérats de
conditionnement des viandes des
États-Unis.
La production du porc a décliné de
85 % depuis 1979.
La fin de la
mise en marché à comptoir unique a
donné le coup
de grâce à de nombreux
producteurs, poussant un grand nombre de petites
fermes à la
faillite. Le
déclin de la production du porc en
Ontario a aussi mené
à l'élimination
d'emplois de transformation pour les
travailleurs ontariens, alors que
les
dérivés du porc arrivaient
directement sur les tablettes
d'épiceries en
provenance des États-Unis.
Les cultivateurs de l'Ontario résistent
à
cette destruction du système
ontarien de mise en marché
géré par les
producteurs, et les travailleurs
ontariens se tiennent debout face au diktat et
à la destruction
imposés par les
monopoles internationaux, y compris ceux qui
travaillent dans le
domaine de
la manufacture des produits agricoles. Les
cultivateurs et les
travailleurs de
l'Ontario sont solidaires des cultivateurs et
des travailleurs partout
au pays et
s'opposent aux attaques portées par
Harper contre la CCB et
ainsi qu'à sa
politique commerciale internationale
traîtresse et favorable aux
monopoles.
Ces prises de position sont partie
intégrante de l'opposition
grandissante qui
exige une nouvelle direction pour
l'économie canadienne, une
direction qui
place le gagne-pain et le bien-être du
peuple travailleur au
centre de
l'économie, et non les
intérêts des monopoles.

La gestion de l'offre est un principe
important
- Mme Niki Ashton (Churchill,
NPD),
extraits -
[...] Au cours des derniers jours, nous avons
discuté du programme que le gouvernement
s'obstine à
défendre pour démanteler la
Commission canadienne du
blé. En même temps, nous avons
parlé de deux
visions contradictoires: une qui ferait reculer
le Canada et une autre
qui le ferait avancer.
Il y a bien des décennies, la
Commission
canadienne du blé a été
créée pour
répondre aux vœux des agriculteurs. Les
agriculteurs voyaient
bien que les entreprises privées, qui
souvent n’avaient
même pas leur siège social dans
l’Ouest canadien,
profitaient de leur dur labeur et les payaient
très peu en
retour. Les agriculteurs savaient que, lorsque
l’économie
ralentit, il faut se serrer les coudes pour
survivre. Pour progresser,
il faut collaborer. Ensemble, ils ont
créé une des
entités de commercialisation les plus
efficaces de notre pays.
La Commission canadienne du blé est
devenue par
la suite beaucoup plus qu’une simple agence de
commercialisation. Elle
a participé à la mise au point
et à la vente du
meilleur blé au monde, le blé
canadien. Pendant des
décennies, la Commission canadienne du
blé a
travaillé avec les agriculteurs et des
organismes comme la
Commission canadienne des grains pour mettre
au point une marque
canadienne de qualité destinée
à l’exportation.
Cette marque n’appartenait pas à la
Commission canadienne du
blé; elle appartenait aux agriculteurs
canadiens. Elle nous
appartenait, à nous tous.
Je me souviens d’avoir visité à
quelques
reprises les bureaux de la Commission
canadienne du blé,
à Winnipeg. J’ai vu des douzaines de
produits que nous,
Canadiens, exportons dans le monde entier, des
produits à la
création desquels nous participons, par
exemple des pâtes,
du riz et de la farine. Le dur labeur des
agriculteurs canadiens leur a
acquis une réputation d’excellence et
constitue une garantie, et
tous les Canadiens en ont tiré des
avantages. Cette
qualité supérieure, cette marque
d’excellence, a
été une source de fierté
pour tous les Canadiens.
La Commission canadienne du blé,
toutefois, n’est
pas seulement un guichet unique. Elle illustre
la notion que ceux qui
créent le produit final doivent avoir
leur mot à dire
dans la production, qu'ils doivent pouvoir
contribuer à
façonner l’avenir de leur moyen de
subsistance. Non seulement le
fonctionnement de la Commission canadienne du
blé a
été déterminé
principalement par les
agriculteurs, mais en outre, depuis 1998, 10 des
15 membres du conseil
d’administration sont élus par les
agriculteurs eux-mêmes.
Les agriculteurs sont aux commandes de
l’institution qui travaille pour
eux. Nous avons tous tiré des avantages
du fait que les
agriculteurs guidaient l’activité de la
Commission canadienne du
blé. Les agriculteurs ont donné la
priorité
à la mise au point des meilleurs produits
au monde et le Canada
en a tiré des avantages. Les agriculteurs
ont cherché
à optimiser l’efficacité et les
économies de
coûts, et les routes de transport dans les
Prairies, y compris
dans ma région d’origine, par exemple la
ligne de la baie
d’Hudson, et des plaques tournantes comme le
port de Churchill, dans ma
circonscription, ont été mises
à contribution. Les
agriculteurs ont cherché à
créer un système
qui assure la stabilité dans une
économie de plus en plus
incertaine et les familles des agriculteurs en
ont tiré des
avantages. La Commission canadienne du
blé a optimisé le
rendement pour les agriculteurs, et les
collectivités rurales et
les centres urbains de tout l’Ouest du Canada en
ont vu les
résultats.
Aujourd’hui, cette réalité et
cette vision
risquent de disparaître. Ce que les
agriculteurs ont mis des
décennies à construire risque
d’être détruit
en quelques semaines, non pas par les grandes
compagnies ni par un
autre pays, mais par notre propre gouvernement.
Un gouvernement qui se
targue de défendre le Canada rural et
l’Ouest du pays menace de
faire disparaître cela.
(Hansard, 25 octobre 2011)

Le Troisième Forum sur la
sécurité internationale
d'Halifax
Les criminels de guerre
ne sont pas bienvenus à
Halifax
- Tony Seed -
Halifax,
le principal port de
l'OTAN dans l'Atlantique
Nord et le siège du
Commandement maritime, a accueilli encore un
autre « Forum
sur la
sécurité internationale
d'Halifax » (FSIH) du
18 au 20
novembre. Encore une fois, trois cents
militaristes triés sur le
volet ont loger au luxueux Hôtel Westin de
Halifax, au
détriment
des contribuables
canadiens.
Le gouvernement Harper a avancé
7,5 millions $ en fonds
publics à une société
privée basée
à Washington, une organisation
composée
de cinq personnes dont quatre sont des citoyens
américains
chartées d'organiser la
conférence de
« Halifax » pour les trois
prochaines
années. La participation au
FSIH est sur invitation seulement. Le peuple est
exclus. Beaucoup des
sessions sont classées comme
« non
officielles ».
En novembre 2009, nous avons écrit ce
qui suit au
sujet des objectifs du
FSIH : « Ces conférences
visant à
justifier l'expansion mondiale
de l'OTAN, qui a été et continuera
d'être un projet
des États-Unis, ne
peuvent qu'être condamnées comme
des préparatifs
pour l'invasion,
l'occupation, la subversion et la
déstabilisation de
gouvernements et d'autres
crimes contre la paix et la souveraineté
de par le monde.
La prétention de sécurité
publique n'a rien
à voir avec la
sécurité si le mot
sécurité a un sens.
Ellle doit être fondée sur la
reconnaissance
égale de toutes les
nations grandes ou petites et le droit des
peuples de
s'autodéterminer et de
vivre en paix. »
En novembre
2009 et
novembre 2010, les
Haligoniens ont
organisé des protestations vigoureuses
contre
le premier et le
deuxième
Forum sur la sécurité
internationale d'Halifax.
Les criminels de
guerre
Le FSIH met en vedette une liste de criminels
de guerre,
comme Ehud
Barak et Amos
Gilead d'Israël et le secrétaire
à la Défense
des États-Unis, Leon Panetta, à
qui on a accordé la mission de
présenter le
discours principal et d'inaugurer la
conférence.
Panetta est un protagoniste de « la
guerre
préventive », de
la conduite de guerres d'agression pure et
simple en utilisant
l'auto-défense
et « la responsabilité de
protéger » comme un
prétexte et justification
humanitaire, en violation de l'article
2 de la
Charte des Nations unies.
En tant que directeur de la CIA jusqu'au 1er
juillet,
Panetta a été
l'architecte invisible de la multiplication des
attaques
de « drones », appareils
sans pilote
contrôlés
à distance, qui ont fait un très
grand nombre de victimes
parmi les civils en Afghanistan et de part et
d'autre de la
frontière pakistanaise, ainsi qu'au
Yémen et en
Somalie. Il a aussi accru
le rôle des entreprises et des milices
privées sous le
prétexte de la guerre au
« terrorisme islamique ».
Face à la crise au sein de
l'OTAN, Panetta exige
que les « alliés »
anglo-américains
absorbent les dépenses
militaires des États-Unis et du Pentagone
ainsi que du
déploiement de
troupes étrangères. Cela est fait
au nom de la
réduction des dépenses telle
qu'exigée
par le Congrès américain et pour
s'insurger contre ce que
les États-Unis appellent l'OTAN «
à deux
vitesses », où les
États-Unis
«produisent» la
sécurité alors que l'Europe
la
« consomme ». La dictature
Harper au Canada s'est
empressée de faire sienne cette exigence
avec la
«transformation» des
Forces canadiennes. « La
transformation »
comprend avant tout l'ajout de 3200 troupes
prêtes au combat, le
programme
de
construction de navires de guerre et d'avions de
chasse furtifs et
l'établissement de bases militaires
canadiennes partout dans le
monde.
Le directeur de la CIA Panetta a maintenu
ouvert
la prison de Guantanamo. Il a
déclaré dans un
témoignage peu remarqué dans le
cadre
des audiences sur candidature que si les
techniques de torture approuvées
« ne sont
suffisantes »
pour obtenir d'un détenu la divulgation
des détails qu'il
est soupçonné connaître au
sujet d'une attaque
imminente, des
pouvoirs additionnels soient accordés aux
tortionnaires. Dans un
mémo
du
9 avril 2009, il a annoncé une
amnistie
générale pour tous les
fonctionnaires, tortionnaires et criminels de
guerre sous
l'administration
Bush.
Panetta se voue corps et âme à la
« guerre prolongée » des
États-Unis pour la
« lutte au terrorisme ».
Panetta était accompagné du
sénateur
John McCain, le principal
défenseur au Sénat
américain de la politique
étrangère agressive, y compris
l'assassinat de dirigeants politiques qui font
obstacle aux
intérêts de Washington. Comme Obama
lui-même a dit
en 2008,
« c'est le gars
qui a chanté, "Bombarder, bombarder,
bombarder
l'Iran", qui
a appelé à l'anéantissement
de la Corée du
Nord ». C'est la troisième
fois que McCain participe au FSIH. En 2010, son
compatriote et
sénateur américain Lindsay Graham
a appelé
ouvertement à l'anéantissement de
l'Iran.
Parmi les autres intervenants impliqués
dans des
crimes de guerre, il y a
les membres du Comité pour la
libération de l'Irak, une
organisation façade
de courte durée mais influente,
dirigée par un groupe
néo-conservateur
qui a surgi après les attentats du
11 septembre pour faire
la promotion des attaques contre l'Irak, dont
Bruce P. Jackson,
fondateur du Conseil de
l'Atlantique pour l'expansion de l'OTAN. Il a
occupé de hautes
fonctions en
tant que vice-président pour la
stratégie et la
planification chez Lockheed
Martin, l'une des plus grandes multinationales
d'armes dans le monde,
et
s'est positionné pour récolter les
fruits des contrats de
Harper pour les
avions de combat et les navires de guerre.
Le criminel de guerre Ehud Barak, le ministre
israélien de la Défense, le
27 décembre 2008, a ordonné
le bombardement
aérien des
centres occupés par la population de
Gaza. Les attaques ont
impliqué des
centaines de sorties d'avions de chasse,
laissant tomber des centaines
de
tonnes de bombes sur des quartiers de Gaza. Au
moins 1300 Palestiniens,
des hommes, femmes et enfants, ont
été
tués et 5300 ont été
blessés. Barak a également
ordonné l'assaut
meurtrier contre la flottille de la
liberté de Gaza en 2010 durant lequel des
commandos ont
tué
neuf personnes.
Le major-général (à la
retraite)
Amos Gilad est le chef du bureau de la
sécurité diplomatique
auprès du ministère
de la Défense d'Israël et
conférencier invité pour la
troisième année
consécutive. Gilad est un
criminel de guerre sioniste et un des
terroristes
d'État qui a
commandé le meurtre de Palestiniens en
Cisjordanie et à
Gaza de
1974 à 1979 en tant que chef du
Département des
renseignements militaires. En décembre
2008, Gilad a
personnellement
négocié avec Moubarak pour
s'assurer le soutien de
l'Égypte face à
l'invasion meurtrière de Gaza. Le
siège militaire qui se
poursuit toujours à Gaza est un
crime contre l'humanité et une violation
du Statut de Rome et de
la
Quatrième Convention de Genève.
Le gouvernement Harper a envoyé le
lieutenant-général Charles
Bouchard au FSIH en tant que représentant
vedette de son
gouvernement et «sauveur
du peuple
libyen». Le criminel de guerre Bouchard a
été le
commandant de la guerre
aérienne de l'OTAN
contre la Libye, qui a tué de nombreux
civils et mené au
renversement violent du gouvernement du pays et
à l'assassinat
extrajudiciaire de Kadhafi et d'autres. Bouchard
a affirmé avoir
l'autorité finale d'approuver toutes
les cibles. Le
6 novembre, CBC Newsworld a fait
une entrevue avec
Bouchard sur la nécessité
« d'agir » contre la Syrie
sur le modèle
de la guerre contre la Libye. Qui sera le
prochain ?
Un changement
d'orientation
Les premier et deuxième
FSIH en 2009 et 2010 ont servi à
élaborer la
nouvelle « doctrine
stratégique » qui
devait être adoptée par
l'OTAN lors du Sommet de Bruxelles. Toutefois,
en comparant le premier
et le
troisième forum (son
organisation, sa liste de conférenciers
et le contenu), on
remarque une nette
évolution dans le changement
d'orientation et les tactiques.
L'organisation du FSIH, dont l'origine n'a
jamais
été
expliquée, est désormais
liée de
près au puissant Conseil
américain des relations
étrangères, le groupe
impérial d'experts et la force
motrice du « Partenariat pour la
sécurité et
la prospérité »
(PSP) en Amérique du Nord au service des
plus grands monopoles
d'Amérique du Nord, de l'accord sur le
périmètre
de sécurité en Amérique
du Nord et de l'annexion du Canada. Il vise
à mettre le
territoire, les
ressources naturelles et la classe
ouvrière du Canada, du
Mexique et des
États-Unis au service de
l'impérialisme américain
dans sa quête pour
dominer les peuples d'Asie, d'Afrique,
d'Amérique latine et des
Caraïbes.
Le troisième Forum sur la
sécurité
internationale d'Halifax est
remarquable par la participation des principaux
représentants de
ces
organismes libéraux de l'État
américain que sont
le National Endowment for
Democracy, le National Democratic
Institute (NDI) et l'International Republican
Institute, qui agissent
en
collaboration avec
Freedom House et Human Rights Watch. Son ordre
du jour correspond au
programme de subversion qui se spécialise
dans les techniques
« douces » d'intervention,
de
déstabilisation
politique et de changement de régime sous
le prétexte du
« pouvoir au
peuple », de la démocratie,
de la «société
ouverte», de la non-violence et
des droits humains.
En même temps, le FSIH met beaucoup plus
l'accent
sur le
Moyen-Orient et l'Afrique. D'une importance
particulière est le
fait que les
spécialistes de la manipulation et de la
subversion du
« printemps
arabe » ont été
recrutés au sein du NDI
et du Freedom House pour
faire partie du conseil d'administration du FSI.
Ainsi, les gouvernements américain et
canadien
demeurent déterminés à
utiliser à divers degrés des
formes d'ingérence et
d'intervention pour les intérêts
des grands
monopoles et des
institutions financières pendant que
s'accroît
l'intervention étrangère
dans les affaires internes du Canada.
En outre, il faut souligner la participation du
gouvernement Dexter de la
Nouvelle-Écosse et des dirigeants
« civils » responsables de
l'Administration portuaire de Halifax, qui ont
présenté
l'allocution de
bienvenue en 2010, et d'autres centres de
transport régional.
Leur participation est une expression du fait
que le port de Halifax et
la Nouvelle-Écosse sont de plus en plus
intégrés
aux plans militaires, logistiques et
stratégiques du Pentagone.
Malgré le fait que Halifax soit la ville
la plus
militarisée au Canada, les
Haligoniens ne voient pas d'un bon oeil la
visite des criminels de
guerre,
comme en témoigne la manifestation de
7 000 personnes
contre
George W. Bush le 1er décembre 2004,
contre Condoleeza Rice et
contre
deux conférences de guerre
précédentes. Au cours
du travail des dix
dernières années du mouvement
anti-guerre, ce sentiment
du peuple contre la
guerre et l'intervention est ressorti
clairement. Dans ce contexte, le
Forum sur la sécurité
internationale
d'Halifax reflète la préoccupation
qu'ont Ottawa et
Washington face au
potentiel de ce mouvement dans un tel port
stratégique. Le FSIH
a été
organisé comme une provocation
délibérée
contre la conscience des résidants de
Halifax et de la
population canadienne et sert à subvertir
le
mouvement
anti-guerre.
(Traduction:
LML)

Bulletin du 21 novembre 2011
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