L'ordre du jour du gouvernement Harper

Énergie

L'approbation de l'oléoduc Keystone XL est retardée

Le 10 novembre, le département d'État américain annonçait qu'il remettait à plus tard sa décision sur le projet d’oléoduc Keystone XL de TransCanada devant relier l'Alberta au Texas. Selon le département d’État, la proposition devra faire l'objet de nouvelles études environnementales et le pipeline pourrait devoir suivre un nouveau trajet qui ne passerait plus par l'importante formation aquifère d'Ogallala au Nebraska. La décision pourrait n’être prise qu'en 2013, après les élections présidentielles de novembre 2012. L'oléoduc Keystone XL, lorsque complété, expédierait le bitume brut de l'Alberta vers la côte du golfe du Mexique, où il serait amélioré et raffiné.

L'annonce d'un délai a semblé surprendre le gouverneur du Nebraska, le républicain Heineman, qui aurait été choisi par les hauts placés de son propre parti pour régler la question de l'opposition grandissante au projet de l'oléoduc au Nebraska. Dans l'espace de quelques jours, Heineman a proposé un nouveau trajet qui serait évalué par le Nebraska plutôt que par TransCanada. Le fait que TransCanada accepte sur-le-champ le nouveau trajet sans une évaluation exhaustive des coûts soulève de nombreuses questions sur le projet dans son ensemble. Le département d'État a dit que ces nouveaux développements ne changeraient rien à la date fixée pour l’approbation de l'oléoduc.


Manifestation contre le projet Keystone à Washington le 6 novembre 2011 (Tar Sands Action/Clayton Conn)

Étonnamment, la construction du projet d'oléoduc a déjà commencé dans le Dakota du Nord. Le département d'État est sans doute au courant que le Dakota est toujours situé aux États-Unis. TransCanada exhibe ouvertement l'évolution des travaux dans le but d'influencer les investisseurs. Il serait tout à fait raisonnable de conclure que ce délai n’est rien qu’une mise en scène inspirée par les élections présidentielles dans lesquelles Obama occupe le rôle du président de guerre qui a pour tâche de convaincre ses supporteurs anxieux et déjà passablement sceptiques du sérieux de ses promesses de changement.

Le gouvernement canadien et le gouvernement Redford en Alberta ont offert les ressources énergétiques du Canada comme source sécuritaire de pétrole essentielle à la machine de guerre des impérialistes étasuniens. L'oléoduc Keystone devient ainsi le symbole physique de l'annexion du Canada et de ses ressources naturelles. Stephen Harper semblait ne pas se soucier de ces délais lorsqu'il a déclaré : « Rappelez-vous bien, toutes les décisions entourant ces questions [les clauses Buy American, les frais d'inspection de passagers et l'annonce du Keystone XL] ne sont pas coulées dans le ciment. Les Canadiens ne devraient pas interpréter ces décisions comme étant contre le Canada. »


La construction de l'oléoduc Keystone de TransCanada est
déjà commencée dans le Dakota Nord.  (TransCanada)

Malgré ces exhortations, de plus en plus de Canadiens interprètent en effet ces mesures prises par les États-Unis comme étant celles d'une superpuissance pour qui le Canada n'est qu'un protectorat annexé lui assurant les ressources naturelles nécessaires à son édification d'empire. Beaucoup ne voient pas l’oléoduc d’un bon il parce qu'il fait du Canada encore plus décidément un fournisseur socialement irresponsable et annexé de matières premières plutôt qu'un pays qui tient compte de l'environnement et des autres répercussions du projet avec le sérieux qui s'impose. Un nombre croissant de Canadiens veulent une nouvelle direction pour l'économie, une direction qui renverse la tendance à la destruction de l'industrie manufacturière, met sur pied une économie diversifiée, autosuffisante et socialement responsable, et reconnaît les droits de la classe ouvrière. Les Canadiens ne sont pas non plus convaincus que les droits des peuples des Premières Nations directement affectés par les sables bitumineux et les projets d'oléoducs sont respectés.

Pour sa part, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a profité de l'occasion pour promouvoir le Northern Gateway, projet d'oléoduc traversant la Colombie-Britannique jusqu'à l'océan Pacifique, lequel oléoduc est aussi conçu pour transporter le bitume brut. Il a laissé entendre que le délai de Keystone pourrait « forcer » le Canada à regarder vers l'Asie pour des clients.

Flaherty a déclaré : « Nous serons peut-être forcés d'agir rapidement pour faire en sorte que nous puissions exporter notre pétrole vers l'Asie via la Colombie-Britannique. »

Cette déclaration vise tous ceux qui s'opposent à un oléoduc en Colombie-Britannique et est un avertissement que la dictature fédérale a l'intention de faire la vie dure à ceux qui défendent l'importance de respecter les droits des Premières Nations et ceux qui s'inquiètent des dangers immédiats que l'oléoduc pourrait poser à l'environnement, des déversements de bitume et des traversées de pétroliers transportant le bitume dans les eaux périlleuses du nord de la Colombie-Britannique. En 2006, suivant le même trajet prévu pour les pétroliers quittant Prince Rupert, le traversier de 9 000 tonnes MV Queen of the North, avec 101 passagers à bord, heurtait une roche et sombrait en moins d'une heure. Grâce à l'intervention rapide des pêcheurs d'un village de Premières Nations, seulement deux passagers ont perdu la vie. Ces mêmes pêcheurs ne seraient pas en mesure de contrôler un déversement de bitume, d'où les inquiétudes grandissantes.

Qui décide?

Les ministres de Harper continuent d'affirmer que la seule alternative est d'expédier le bitume brut et qu'il n'en existe pas d'autres. Le député Claude Gravelle, NPD pour Nickel Belt, a demandé à la Chambre : « Plutôt que de vendre du bitume brut à la Chine, pourquoi ce gouvernement ne trouve-t-il pas les moyens de raffiner le pétrole canadien ici, au Canada ? »

Joe Oliver, ministre des Ressources naturelles, de répondre : « Monsieur le président, l'honorable représentant ne comprend pas que le Canada n'a pas la capacité de raffiner le pétrole et qu'en plus, cela coûterait des milliard de dollars. Lors de ma dernière visite en Chine et au Japon, nous avons été reçus à bras ouverts. La réputation du Canada est excellente. Voilà pourquoi ces pays veulent continuer d'investir au Canada. Ils s'intéressent de près à nos ressources naturelles. »

La question ainsi que la réponse posent problème, puisque les droits des Premières Nations, des travailleurs et du peuple ne sont pas au centre de la prise de décisions. Le peuple est réduit à supplier le gouvernement pour une alternative, qui pour M. Gravelle serait de « raffiner le pétrole canadien ici, au Canada ».

Beaucoup de Canadiens sont sans doute d'accord avec Claude Gravelle mais ils n'ont aucun pouvoir de mettre en place une telle politique ou même de participer à une discussion élargie sur ce qui servirait le mieux l'édification nationale. Le droit de monopole, armé du pouvoir d'État, écrase le droit du public de décider de la direction de l'économie. Les Canadiens doivent contester le fait d’être réduits à l'état de spectateurs ou à celui de contester des décisions adoptées à leur insu par des monopoles mondiaux et leurs représentants gouvernementaux.

Une Opposition ouvrière organisée, efficace et puissante, est en mesure de mobiliser la force du nombre et la conception du monde moderne requises pour remettre en cause la dominance des monopoles et la dictature systémique, y compris la question la plus importante de toutes – Qui décide ? Nous décidons !

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Commission canadienne du blé

Des actions à Ottawa et Winnipeg en appui au monopole public de la mise en marché des céréales


Le président de la Commission canadienne du blé s'adresse à la foule devant le parlement le 15 novembre 2011. (CWB)

Le 15 novembre, tous les huit présidents élus par les cultivateurs à la Commission canadienne du blé (CCB), ainsi que des représentants du Syndicat national des cultivateurs et l'Alliance de la CCB, des agriculteurs et des parlementaires, ont tenu une conférence de presse sur la colline parlementaire pur exiger du gouvernement Harper qu'il annule sa décision illégale de démanteler la CCB avant la fin de la session parlementaire. Une action coordonnée a eu lieu à Winnipeg devant les bureaux de la CCB.

Le président de la CCB, Allen Oberg, a dit que dans les cinq semaines qui restent avant la fin de la session parlementaire, il est encore temps pour le gouvernement Harper de mettre fin au projet de loi qui signalera la fin du moyen de subsistance d'un grand nombre de cultivateurs canadiens.

« Nous exigeons une réponse claire de la part du premier ministre. Nous voulons avoir pourquoi il s'empresse de passer cette loi au parlement et pourquoi il a choisi de passer outre à la loi et d'ignorer 67 % des cultivateurs qui ont voté pour conserver la CCB au moyen de leur propre scrutin », a dit Oberg. « Nous sommes ici parce que nous ne pouvons rester indifférents pendant que ce gouvernement sacrifie les intérêts des cultivateurs aux intérêts des grandes corporations céréalières étasuniennes. Nous ne pouvons permettre que les droits démocratiques des cultivateurs soient passés au rouleau compresseur. C'est aux cultivateurs de décider, pas Ottawa. »

M. Oberg a aussi souligné l'appui massif à la CCB et son mandat en tant que monopole public. En seulement une semaine, 25 000 personnes ont fait parvenir des lettres à leurs députés dans le cadre de la campagne « Arrêtons le rouleau compresseur ».

Le représentant du NPD pour l'agriculture, Pat Martin, est intervenu et a qualifié la tentative du gouvernement Harper de démanteler la CCB en dépit des voeux exprimés par les cultivateurs d'« affront à la démocratie ». « L'empressement [des conservateurs] à adopter la loi est téméraire et irresponsable. Il démontre leur manque flagrant de respect envers le parlement. »

Le leader adjoint des libéraux Ralph Goodale a dit : « Les conservateurs tentent de réduire au silence ceux qui les contestent en prétendant que les cultivateurs qui désirent la CCB peuvent toujours l'avoir, sur une base volontaire – mais c'est faux. Ce qui distingue avant tout la CCB est son système de vente à comptoir unique. Sans comptoir unique, sans assise financière et sans l'accès aux infrastructures en manutention des grains, tout ce qui reste est une coquille vide qui ne peut qu'échouer. »

Le projet de loi visant à démanteler la CCB, la Loi sur le libre choix des producteurs de grain en matière de commercialisation ( la loi C-18), a été confié à un comité après que le gouvernement eut manoeuvré pour limiter le débat. Le comité responsable de l'étude du projet de loi s'est rencontré quatre fois, le 31 octobre et les 1, 2 et 3 novembre. Le temps alloué aux témoins favorables à la Commission du blé et son comptoir unique était limité à une heure le 2 novembre. Le projet de loi doit retourner en Chambre pour lecture finale et adoption cette prochaine, pour ensuite se diriger vers le Sénat pour son approbation.

Une délégation de 24 cultivateurs céréaliers et des universitaires de diverses régions de l'ouest sont à Ottawa pour rencontrer des sénateurs, leurs employés et d'autres, pour les informer des conséquences du le projet de loi pour eux et leurs communautés.

Bill Gehl, président de l'Alliance de la Commission canadienne du blé, a déclaré par communiqué de presse : « Je suis très heureux d'être accompagné d'une délégation à l'expérience, aux âges et aux antécédents diversifiés. »

« Certains des cultivateurs ici présents représentent les producteurs d'orge fourragère qui obtiennent rarement des carnets de livraison. Ils représentent autant les cultivateurs qui ont investi dans le chargement des wagons de producteurs et les lignes ferroviaires de courte distance, que les immenses opérations agricoles responsables de la culture du blé et du blé dur. Ils sont tous là pour s'assurer que les sénateurs saisissent bien les répercussions négatives qu'aura cette loi sur leurs opérations agricoles. »

Gehl a indiqué qu'un certain nombre de jeunes agriculteurs et universitaires faisaient aussi partie de la délégation. « Ces gens sont notre avenir. Ils savent sur la base de leur expérience et de leurs études que notre Commission du blé est toujours de la plus haute importance dans le maintien pour l'ouest canadien d'une position clé en tant que producteur mondial des céréales de la plus grande qualité au monde. »

Gehl pense que plusieurs sénateurs ne connaissent pas les répercussions de cette loi pour les Canadiens des villes et pour la qualité des aliments locaux advenant son adoption. « Nous savons comment l'industrie de transformation a recours à des matières premières d'alimentation et à des suppléments étrangers peu coûteux pour alimenter les bovins. Il est évident que ce sera de même pour les aliments destinés aux humains dès que notre Commission du blé ne sera plus là pour s'assurer que les transformateurs d'ici ont accès, de façon équitable, à notre blé et notre orge de la plus haute qualité. »

Gehl explique : « Nous avons une délégation qui peut donner une version collée à la réalité et sans l'influence biaisée des courtiers privés en grains qui n'y voient qu'une occasion en or pour des contrats, ou de groupes synthétiques comme les Producteurs de céréales du Canada qui se vantent d'avoir plus de membres qu'il y a de cultivateurs céréaliers dans l'ouest du Canada. »

Pour conclure, Gehl a déclaré : « Notre Commission canadienne du blé favorise une démocratie contrôlée par le cultivateur. Nous demanderons aux sénateurs d'écouter les cultivateurs partout dans l'ouest du Canada par le biais du Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts pour faire la lumière sur ce projet de loi qui renversera nos directeurs élus de la CCB et qui remettra notre organisation avec son budget de 6 milliard $ par année entre les mains de cinq corporations multinationales géantes qui contrôlent le reste des céréales de la planète. »

Aussi, des agences de nouvelles rapportent que la poursuite entreprise par la CCB visant à bloquer le projet de loi C-18 sera entendue le 6 décembre à Winnipeg. La poursuite des Amis de la CCB contre le gouvernement Harper sera entendue à la même date.

(CCB, Alliance de la CCB, Portage en ligne)

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Il est de l'intérêt des cultivateurs et des travailleurs d'être solidaires des cultivateurs de l'Ouest

L'acharnement du gouvernement Harper à vouloir détruire la Commission canadienne du blé (CCB) va de pair avec les négociations en matière de libre-échange en vue d'un accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne et d'autres accords similaires. Le gouvernement Harper se prépare à ouvrir encore davantage le secteur agricole du Canada aux monopoles de l'industrie agricole et entend s'en servir en tant que monnaie d'échange dans ces négociations. Tous les systèmes de mise en marché gérés par les producteurs au Canada sont négociables. La plus récente offensive prend la forme du soi-disant Partenariat transpacifique (PTP) auquel nous devons participer, semblerait-il, si nous voulons transiger avec l'Asie. Ce qui ne serait possible, selon un rapport du Conseil canadien des chefs d'entreprise (CCCE), qu' « à condition que le Canada adopte des réformes dans deux domaines où nous semblons être en discordance avec les normes mondiales : nos systèmes de gestion des approvisionnements qui imposent des restrictions aux importations de lait, de volaille et d'oeufs, et notre laxisme lorsqu'il s'agit des droits de propriété intellectuelle ».

« Pendant combien de temps le système archaïque du Canada tiendra-t-il l'intérêt national en otage ? Le PTP offre une occasion en or de terminer de façon progressive de tels programmes en retour de concessions dans d'autres secteurs de la part des États-Unis et d'autres », argumente le CCCE.

Le fait d'intervenir à la défense des monopoles aura un effet dévastateur sur les petits cultivateurs en Ontario où la production agricole ainsi que les industries connexes constituent une part importante de l'économie, contribuant encore plus au produit intérieur brut que le secteur automobile. Les systèmes de mise en marché gérés par les producteurs eux-mêmes sont attaqués depuis plusieurs années et seront encore plus affaiblis si le gouvernement Harper réussit à démanteler la CCB et à libéraliser davantage le commerce. Ainsi, le moyen de subsistance des fermiers et des producteurs est en jeu, mais aussi celui des nombreux travailleurs des industries connexes. Dans la région du Grand Toronto à elle seule, il y a 53 000 emplois liés à la transformation des aliments. Il s'agit de la plus grande industrie manufacturière de Toronto et l'une des rares qui a pris de l'expansion au cours des dernières années. Les travailleurs de ces secteurs seraient affectés par l'instabilité des approvisionnements et des prix des produits agricoles si les commissions de mise en marché étaient éliminées. Aussi, les travailleurs devront subir le dumping de produits alimentaires industriels sur les marchés canadiens par des monopoles de l'industrie agro-alimentaire au fur et à mesure que de nouveaux accords de libre-échange seront négociés.

L'Ontario a une production agricole très diversifiée. Par conséquent, s’est aussi développé un grand nombre de systèmes de mise en marché collectifs en tant que mécanismes permettant aux cultivateurs d'avoir un mot à dire dans la mise en marché de leurs produits. 60 % de la production agricole ontarienne est commercialisée grâce à ces commissions de mise en marché, envers et contre les tentatives du gouvernement provincial de miner la mise en marché gérée par les producteurs afin d'accommoder les monopoles de l'industrie agricole. Vingt et une commissions provinciales de mise en marché et quatre associations de producteurs sont responsables à divers niveaux de la mise en marché de 5 milliards $ de produits de la ferme, y compris les fruits, les produits laitiers, la volaille et le porc.

Les commissions de mise en marché de l'Ontario fixent ou négocient les prix et d'autres conditions de vente, établissent des normes de qualité, les volumes à atteindre et les horaires de livraison. Six des commissions gèrent la production et parfois le marché au moyen de quotas liés à la production. Les commissions offrent aussi de l'information au sujet des marchés, des services d'appui et développent des marchés locaux par la promotion de leurs produits.

Ces commissions sont pour la plupart administrées par des cultivateurs élus par leurs pairs. Elles permettent aux producteurs de participer aux décisions affectant la stabilité et la prévisibilité des marchés, bénéficiant ainsi à la fois aux producteurs et aux acheteurs de produits agricoles. Tous les systèmes de mise en marché développés par les cultivateurs ontariens sont menacés par les attaques à l'échelle du pays contre ces commissions de mise en marché et par les négociations commerciales néolibérales.

Deux développements importants ont eu lieu récemment dans le système de mise en marché géré par les producteurs en Ontario. Ces changements reflètent la lutte intense qui fait rage dans le secteur agricole, où l'expansion des monopoles de l'industrie agricole crée de l'instabilité et de l'incertitude chez les producteurs.

Le premier développement touche la Commission ontarienne de commercialisation du blé (COCB), une initiative des fermiers ontariens prise en 1958. En 1973, suite à un vote majoritaire aux deux tiers, les fermiers ont décidé de transformer la COCB en commissionnaire à la vente à comptoir unique. Dans les années 90, alors que le régime Harris imposait sa loi, la COCB a entrepris le démantèlement de son comptoir unique. En 2000, au cours d'une période de prix du blé à la hausse, les cultivateurs du blé ontarien ont voté en faveur d'une mise en marché directe, c'est-à-dire la vente directe aux silos, aux maisons de courtage ou aux minoteries. Par contre, ils ont aussi maintenu l'option de vendre leur blé à la COCB et d'avoir le choix d'avoir recours aux contrats à prix à terme de la COCB ainsi que de ses offres d'achat comptant. En 2003, la mise en marché directe des fermiers comptait pour 83 % des récoltes de blé en Ontario, alors que la COCB obtenait 12 % de la récolte de blé par ses offres d'achat comptant et ses contrats à prix à terme et du fait d'en acquérir 5 % par le biais d'un compte de mise en commun.

Les changements ainsi apportés à la COCB sont présentés par les destructeurs de la CCB comme autant de « preuves » à l'effet que les cultivateurs approuvent cette destruction. Mais tel n'est pas le cas. Le Syndicat national des cultivateurs (SNC), dans une note d'information, « la CCB et la COCB », publiée en octobre, a dénoncé le fait de se servir des décisions en matière de mise en marché des cultivateurs de blé ontarien comme justification pour détruire la CCB. Il a fait valoir que la COCB et la CCB ne sont pas dans la même situation. La différence la plus probante, selon le SNC, est que la décision de la COCB provenait des producteurs eux-mêmes, et qu'elle n'était pas imposée par le gouvernement contre les aspirations des producteurs, comme c'est le cas pour la CCB.

Le SNC dit aussi qu'il existe d'autres facteurs qui ont servi de base pour les décisions des cultivateurs ontariens, y compris : la différence des sortes de blé et des marchés (le blé d'hiver doux en Ontario pour la cuisson des spécialités locales en opposition au blé dur de printemps dans l'ouest du Canada pour les marchés de pain international et de pâtes) ; la part du marché (le blé ontarien représentant seulement une petite part du marché local de blé doux en comparaison au grain de l'Ouest qui représente une part beaucoup plus importante du marché mondial) ainsi que le coût relatif du transport, de la mise en marché et de la manutention des grains. Un autre point important à noter est que les cultivateurs ontariens ont gardé la COCB en place en tant qu'alternative leur offrant une certaine protection contre la manipulation du marché par des monopoles agressifs de l'industrie agricole.

Le deuxième développement a été l'atteinte portée à la Commission de mise en marché des producteurs de porc de l'Ontario (CMMPPO) par le gouvernement McGuinty dans le but de mettre les producteurs de porc à la merci des monopoles de conditionnement des viandes des États-Unis. De 2008 à 2010, la Commission de mise en marché des produits agricoles et le ministre de l'Agriculture, Carol Mitchell, ont imposé de façon unilatérale une série de changements aux producteurs de porc en violation des dispositions à la base de la CMMPPO. Des décisions rendues par la Commission et le ministre ont éliminé le comptoir unique mandaté légalement pour le système de mise en marché du porc. Les cultivateurs du porc n'ont jamais eu l'occasion de voter sur cette destruction de la mise en marché collective. La vente par le biais de la CMMPPO est devenue volontaire.

La fin du système à comptoir unique a eu comme résultat que les producteurs de porc ont dû subvenir à leurs propres besoins alors que les marchés ont décliné de façon abrupte et que la porte s'ouvrait toute grande aux immenses conglomérats de conditionnement des viandes des États-Unis. La production du porc a décliné de 85 % depuis 1979. La fin de la mise en marché à comptoir unique a donné le coup de grâce à de nombreux producteurs, poussant un grand nombre de petites fermes à la faillite. Le déclin de la production du porc en Ontario a aussi mené à l'élimination d'emplois de transformation pour les travailleurs ontariens, alors que les dérivés du porc arrivaient directement sur les tablettes d'épiceries en provenance des États-Unis.

Les cultivateurs de l'Ontario résistent à cette destruction du système ontarien de mise en marché géré par les producteurs, et les travailleurs ontariens se tiennent debout face au diktat et à la destruction imposés par les monopoles internationaux, y compris ceux qui travaillent dans le domaine de la manufacture des produits agricoles. Les cultivateurs et les travailleurs de l'Ontario sont solidaires des cultivateurs et des travailleurs partout au pays et s'opposent aux attaques portées par Harper contre la CCB et ainsi qu'à sa politique commerciale internationale traîtresse et favorable aux monopoles. Ces prises de position sont partie intégrante de l'opposition grandissante qui exige une nouvelle direction pour l'économie canadienne, une direction qui place le gagne-pain et le bien-être du peuple travailleur au centre de l'économie, et non les intérêts des monopoles.

(Nfu.ca, nfu.ontario.ca, omafra.gov.on.ca, toronto.ca, cbc.ca)

(Traduction: LML)

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La gestion de l'offre est un principe important

[...] Au cours des derniers jours, nous avons discuté du programme que le gouvernement s'obstine à défendre pour démanteler la Commission canadienne du blé. En même temps, nous avons parlé de deux visions contradictoires: une qui ferait reculer le Canada et une autre qui le ferait avancer. 

Il y a bien des décennies, la Commission canadienne du blé a été créée pour répondre aux vœux des agriculteurs. Les agriculteurs voyaient bien que les entreprises privées, qui souvent n’avaient même pas leur siège social dans l’Ouest canadien, profitaient de leur dur labeur et les payaient très peu en retour. Les agriculteurs savaient que, lorsque l’économie ralentit, il faut se serrer les coudes pour survivre. Pour progresser, il faut collaborer. Ensemble, ils ont créé une des entités de commercialisation les plus efficaces de notre pays.

La Commission canadienne du blé est devenue par la suite beaucoup plus qu’une simple agence de commercialisation. Elle a participé à la mise au point et à la vente du meilleur blé au monde, le blé canadien. Pendant des décennies, la Commission canadienne du blé a travaillé avec les agriculteurs et des organismes comme la Commission canadienne des grains pour mettre au point une marque canadienne de qualité destinée à l’exportation. Cette marque n’appartenait pas à la Commission canadienne du blé; elle appartenait aux agriculteurs canadiens. Elle nous appartenait, à nous tous.

Je me souviens d’avoir visité à quelques reprises les bureaux de la Commission canadienne du blé, à Winnipeg. J’ai vu des douzaines de produits que nous, Canadiens, exportons dans le monde entier, des produits à la création desquels nous participons, par exemple des pâtes, du riz et de la farine. Le dur labeur des agriculteurs canadiens leur a acquis une réputation d’excellence et constitue une garantie, et tous les Canadiens en ont tiré des avantages. Cette qualité supérieure, cette marque d’excellence, a été une source de fierté pour tous les Canadiens.

La Commission canadienne du blé, toutefois, n’est pas seulement un guichet unique. Elle illustre la notion que ceux qui créent le produit final doivent avoir leur mot à dire dans la production, qu'ils doivent pouvoir contribuer à façonner l’avenir de leur moyen de subsistance. Non seulement le fonctionnement de la Commission canadienne du blé a été déterminé principalement par les agriculteurs, mais en outre, depuis 1998, 10 des 15 membres du conseil d’administration sont élus par les agriculteurs eux-mêmes. Les agriculteurs sont aux commandes de l’institution qui travaille pour eux. Nous avons tous tiré des avantages du fait que les agriculteurs guidaient l’activité de la Commission canadienne du blé. Les agriculteurs ont donné la priorité à la mise au point des meilleurs produits au monde et le Canada en a tiré des avantages. Les agriculteurs ont cherché à optimiser l’efficacité et les économies de coûts, et les routes de transport dans les Prairies, y compris dans ma région d’origine, par exemple la ligne de la baie d’Hudson, et des plaques tournantes comme le port de Churchill, dans ma circonscription, ont été mises à contribution. Les agriculteurs ont cherché à créer un système qui assure la stabilité dans une économie de plus en plus incertaine et les familles des agriculteurs en ont tiré des avantages. La Commission canadienne du blé a optimisé le rendement pour les agriculteurs, et les collectivités rurales et les centres urbains de tout l’Ouest du Canada en ont vu les résultats.

Aujourd’hui, cette réalité et cette vision risquent de disparaître. Ce que les agriculteurs ont mis des décennies à construire risque d’être détruit en quelques semaines, non pas par les grandes compagnies ni par un autre pays, mais par notre propre gouvernement. Un gouvernement qui se targue de défendre le Canada rural et l’Ouest du pays menace de faire disparaître cela.

(Hansard, 25 octobre 2011)

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Le Troisième Forum sur la sécurité internationale d'Halifax

Les criminels de guerre
ne sont pas bienvenus à Halifax

Halifax, le principal port de l'OTAN dans l'Atlantique Nord et le siège du Commandement maritime, a accueilli encore un autre « Forum sur la sécurité internationale d'Halifax » (FSIH) du 18 au 20 novembre. Encore une fois, trois cents militaristes triés sur le volet ont loger au luxueux Hôtel Westin de Halifax, au détriment des contribuables canadiens.

Le gouvernement Harper a avancé 7,5 millions $ en fonds publics à une société privée basée à Washington, une organisation composée de cinq personnes dont quatre sont des citoyens américains chartées d'organiser la conférence de « Halifax » pour les trois prochaines années. La participation au FSIH est sur invitation seulement. Le peuple est exclus. Beaucoup des sessions sont classées comme « non officielles ».

En novembre 2009, nous avons écrit ce qui suit au sujet des objectifs du FSIH : « Ces conférences visant à justifier l'expansion mondiale de l'OTAN, qui a été et continuera d'être un projet des États-Unis, ne peuvent qu'être condamnées comme des préparatifs pour l'invasion, l'occupation, la subversion et la déstabilisation de gouvernements et d'autres crimes contre la paix et la souveraineté de par le monde. La prétention de sécurité publique n'a rien à voir avec la sécurité si le mot sécurité a un sens. Ellle doit être fondée sur la reconnaissance égale de toutes les nations grandes ou petites et le droit des peuples de s'autodéterminer et de vivre en paix. »


En novembre 2009 et novembre 2010, les Haligoniens ont organisé des protestations vigoureuses contre
le premier et le deuxième Forum sur la sécurité internationale d'Halifax.

Les criminels de guerre

Le FSIH met en vedette une liste de criminels de guerre, comme Ehud Barak et Amos Gilead d'Israël et le secrétaire à la Défense des États-Unis, Leon Panetta, à qui on a accordé la mission de présenter le discours principal et d'inaugurer la conférence.

Panetta est un protagoniste de « la guerre préventive », de la conduite de guerres d'agression pure et simple en utilisant l'auto-défense et « la responsabilité de protéger » comme un prétexte et justification humanitaire, en violation de l'article 2 de la Charte des Nations unies.

En tant que directeur de la CIA jusqu'au 1er juillet, Panetta a été l'architecte invisible de la multiplication des attaques de « drones », appareils sans pilote contrôlés à distance, qui ont fait un très grand nombre de victimes parmi les civils en Afghanistan et de part et d'autre de la frontière pakistanaise, ainsi qu'au Yémen et en Somalie. Il a aussi accru le rôle des entreprises et des milices privées sous le prétexte de la guerre au « terrorisme islamique ».

Face à la crise au sein de l'OTAN, Panetta exige que les « alliés » anglo-américains absorbent les dépenses militaires des États-Unis et du Pentagone ainsi que du déploiement de troupes étrangères. Cela est fait au nom de la réduction des dépenses telle qu'exigée par le Congrès américain et pour s'insurger contre ce que les États-Unis appellent l'OTAN « à deux vitesses », où les États-Unis «produisent» la sécurité alors que l'Europe la « consomme ». La dictature Harper au Canada s'est empressée de faire sienne cette exigence avec la «transformation» des Forces canadiennes. « La transformation » comprend avant tout l'ajout de 3200 troupes prêtes au combat, le programme de construction de navires de guerre et d'avions de chasse furtifs et l'établissement de bases militaires canadiennes partout dans le monde.

Le directeur de la CIA Panetta a maintenu ouvert la prison de Guantanamo. Il a déclaré dans un témoignage peu remarqué dans le cadre des audiences sur candidature que si les techniques de torture approuvées « ne sont suffisantes » pour obtenir d'un détenu la divulgation des détails qu'il est soupçonné connaître au sujet d'une attaque imminente, des pouvoirs additionnels soient accordés aux tortionnaires. Dans un mémo du 9 avril 2009, il a annoncé une amnistie générale pour tous les fonctionnaires, tortionnaires et criminels de guerre sous l'administration Bush.

Panetta se voue corps et âme à la « guerre prolongée » des États-Unis pour la « lutte au terrorisme ».

Panetta était accompagné du sénateur John McCain, le principal défenseur au Sénat américain de la politique étrangère agressive, y compris l'assassinat de dirigeants politiques qui font obstacle aux intérêts de Washington. Comme Obama lui-même a dit en 2008, « c'est le gars qui a chanté, "Bombarder, bombarder, bombarder l'Iran", qui a appelé à l'anéantissement de la Corée du Nord ». C'est la troisième fois que McCain participe au FSIH. En 2010, son compatriote et sénateur américain Lindsay Graham a appelé ouvertement à l'anéantissement de l'Iran.

Parmi les autres intervenants impliqués dans des crimes de guerre, il y a les membres du Comité pour la libération de l'Irak, une organisation façade de courte durée mais influente, dirigée par un groupe néo-conservateur qui a surgi après les attentats du 11 septembre pour faire la promotion des attaques contre l'Irak, dont Bruce P. Jackson, fondateur du Conseil de l'Atlantique pour l'expansion de l'OTAN. Il a occupé de hautes fonctions en tant que vice-président pour la stratégie et la planification chez Lockheed Martin, l'une des plus grandes multinationales d'armes dans le monde, et s'est positionné pour récolter les fruits des contrats de Harper pour les avions de combat et les navires de guerre.

Le criminel de guerre Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense, le 27 décembre 2008, a ordonné le bombardement aérien des centres occupés par la population de Gaza. Les attaques ont impliqué des centaines de sorties d'avions de chasse, laissant tomber des centaines de tonnes de bombes sur des quartiers de Gaza. Au moins 1300 Palestiniens, des hommes, femmes et enfants, ont été tués et 5300 ont été blessés. Barak a également ordonné l'assaut meurtrier contre la flottille de la liberté de Gaza en 2010 durant lequel des commandos ont tué neuf personnes.

Le major-général (à la retraite) Amos Gilad est le chef du bureau de la sécurité diplomatique auprès du ministère de la Défense d'Israël et conférencier invité pour la troisième année consécutive. Gilad est un criminel de guerre sioniste et un des terroristes d'État qui a commandé le meurtre de Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza de 1974 à 1979 en tant que chef du Département des renseignements militaires. En décembre 2008, Gilad a personnellement négocié avec Moubarak pour s'assurer le soutien de l'Égypte face à l'invasion meurtrière de Gaza. Le siège militaire qui se poursuit toujours à Gaza est un crime contre l'humanité et une violation du Statut de Rome et de la Quatrième Convention de Genève.

Le gouvernement Harper a envoyé le lieutenant-général Charles Bouchard au FSIH en tant que représentant vedette de son gouvernement et «sauveur du peuple libyen». Le criminel de guerre Bouchard a été le commandant de la guerre aérienne de l'OTAN contre la Libye, qui a tué de nombreux civils et mené au renversement violent du gouvernement du pays et à l'assassinat extrajudiciaire de Kadhafi et d'autres. Bouchard a affirmé avoir l'autorité finale d'approuver toutes les cibles. Le 6 novembre, CBC Newsworld a fait une entrevue avec Bouchard sur la nécessité « d'agir » contre la Syrie sur le modèle de la guerre contre la Libye. Qui sera le prochain ?

Un changement d'orientation

Les premier et deuxième FSIH en 2009 et 2010 ont servi à élaborer la nouvelle « doctrine stratégique » qui devait être adoptée par l'OTAN lors du Sommet de Bruxelles. Toutefois, en comparant le premier et le troisième forum (son organisation, sa liste de conférenciers et le contenu), on remarque une nette évolution dans le changement d'orientation et les tactiques.

L'organisation du FSIH, dont l'origine n'a jamais été expliquée, est désormais liée de près au puissant Conseil américain des relations étrangères, le groupe impérial d'experts et la force motrice du « Partenariat pour la sécurité et la prospérité » (PSP) en Amérique du Nord au service des plus grands monopoles d'Amérique du Nord, de l'accord sur le périmètre de sécurité en Amérique du Nord et de l'annexion du Canada. Il vise à mettre le territoire, les ressources naturelles et la classe ouvrière du Canada, du Mexique et des États-Unis au service de l'impérialisme américain dans sa quête pour dominer les peuples d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes.

Le troisième Forum sur la sécurité internationale d'Halifax est remarquable par la participation des principaux représentants de ces organismes libéraux de l'État américain que sont le National Endowment for Democracy, le National Democratic Institute (NDI) et l'International Republican Institute, qui agissent en collaboration avec Freedom House et Human Rights Watch. Son ordre du jour correspond au programme de subversion qui se spécialise dans les techniques « douces » d'intervention, de déstabilisation politique et de changement de régime sous le prétexte du « pouvoir au peuple », de la démocratie, de la «société ouverte», de la non-violence et des droits humains.

En même temps, le FSIH met beaucoup plus l'accent sur le Moyen-Orient et l'Afrique. D'une importance particulière est le fait que les spécialistes de la manipulation et de la subversion du « printemps arabe » ont été recrutés au sein du NDI et du Freedom House pour faire partie du conseil d'administration du FSI.

Ainsi, les gouvernements américain et canadien demeurent déterminés à utiliser à divers degrés des formes d'ingérence et d'intervention pour les intérêts des grands monopoles et des institutions financières pendant que s'accroît l'intervention étrangère dans les affaires internes du Canada.

En outre, il faut souligner la participation du gouvernement Dexter de la Nouvelle-Écosse et des dirigeants « civils » responsables de l'Administration portuaire de Halifax, qui ont présenté l'allocution de bienvenue en 2010, et d'autres centres de transport régional. Leur participation est une expression du fait que le port de Halifax et la Nouvelle-Écosse sont de plus en plus intégrés aux plans militaires, logistiques et stratégiques du Pentagone.

Malgré le fait que Halifax soit la ville la plus militarisée au Canada, les Haligoniens ne voient pas d'un bon oeil la visite des criminels de guerre, comme en témoigne la manifestation de 7 000 personnes contre George W. Bush le 1er décembre 2004, contre Condoleeza Rice et contre deux conférences de guerre précédentes. Au cours du travail des dix dernières années du mouvement anti-guerre, ce sentiment du peuple contre la guerre et l'intervention est ressorti clairement. Dans ce contexte, le Forum sur la sécurité internationale d'Halifax reflète la préoccupation qu'ont Ottawa et Washington face au potentiel de ce mouvement dans un tel port stratégique. Le FSIH a été organisé comme une provocation délibérée contre la conscience des résidants de Halifax et de la population canadienne et sert à subvertir le mouvement anti-guerre.

(Traduction: LML)

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