Projet de loi 33 dans la construction

Blâmons le gouvernement Charest et les monopoles
pour la corruption et l'intimidation!

Le gouvernement Charest prévoit faire adopter rapidement le projet de loi 33, Loi éliminant le placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de l'industrie de la construction, vraisemblablement avec l'appui de tous les députés et de tous les partis à l'Assemblée nationale, ces derniers ayant déjà voté sur le principe. Le gouvernement et les partis de l'opposition ont sans doute mal calculé l'opposition de la classe ouvrière du Québec, se fiant à leur campagne de désinformation qui présente les travailleurs de la construction et leurs syndicats comme étant ceux qui agissent illégalement et qui tiennent l'économie québécoise en otage. Les travailleurs ne se laissent pas duper par cette tactique du voleur qui crie « Au voleur ! » Ils discutent des conséquences de ce projet de loi antiouvrier pour leurs conditions de travail et pour les droits de tous les travailleurs. Il est clair que plus ils discutent des enjeux en partant de leur propre perspective et de leurs propres intérêts, plus ils resserrent les rangs contre cet assaut brutal et plus ils sont à même de formuler une alternative à la campagne actuelle du gouvernement Charest pour soumettre la classe ouvrière, les ressources et l'économie du Québec au diktat des monopoles mondiaux.

L'objectif central du projet de loi 33 est d'écraser les syndicats afin d'introduire le travail non syndiqué sur les chantiers au Québec, surtout à la lumière du « Plan Nord » du gouvernement Charest qui prévoit l'utilisation d'une main-d'oeuvre non syndiquée et de syndicats jaunes pour établir des conditions de quasi-esclavage à des salaires inférieurs et sans protection côté santé et sécurité. Avec le Plan Nord et les dépenses sans précédent de fonds publics dans des stratagèmes pour payer les riches et face à la détermination redoublée du gouvernement Charest à abandonner le contrôle de nos ressources naturelles et de l'avenir du Québec, la résistance des travailleurs aux attaques contre leurs droits jouent un rôle crucial. Le projet de loi 33 ne doit pas passer !

Le gouvernement Charest veut désespérément détourner l'attention des révélations qui montrent que les libéraux et les intérêts monopolistes qu'ils représentent ont usurpé le pouvoir par la corruption. Après la campagne hystérique à propos de la « violence sur les chantiers » et à l'effet que les travailleurs de la construction « tiennent l'économie en otage », qui ne réussit à convaincre personne sauf les convaincus, la ministre du Travail Diane Lemieux annonce que plusieurs enquêtes sont en cours sur ce qui s'est passé lors des débrayages sur les chantiers au début d'octobre. Avec le concours des médias monopolisés, elle voudrait créer une autre vague d'hystérie à propos de « la loi du silence » qu'imposeraient les syndicats sur les chantiers. Elle demande aux travailleurs de « coopérer avec les enquêteurs dans l'intérêt général ». Cela montre que l'objectif du gouververnement concernant la corruption dans la construction est de ne pas nous laisser connaître la vérité sur qui sont les corrompus. Il voudrait plutôt que les travailleurs et leurs syndicats passent le plus clair de leur temps à se défendre contre des accusations frivoles et irresponsables.

Ce sont le gouvernement, l'Assemblée nationale et les médias monopolisés qui imposent la « loi du silence » concernant les visées du projet de loi 33. La discussion montre que la désinformation hystérique ne tient qu'à un fil lorsque les travailleurs partent de leurs propres intérêts.

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Ce que disent les travailleurs

LML s'est entretenu avec des travailleurs du secteur du transport, de l'entreposage et de l'industrie agro-alimentaire sur le sujet du projet de loi 33. Voici quelques-uns des points de vue exprimés :

Sylvain, chauffeur de camion lourd: La déréglementation que le gouvernement Charest veut réaliser dans le secteur de la construction me fait beaucoup penser à ce que nous, les camionneurs, avons vécu dans les années 90. Le gouvernement nous a imposé de nouvelles règles dans l'industrie du transport sous prétexte de favoriser la compétitivité et la flexibilité de l'industrie. Le but était de faire baisser les coûts du transport et de libéraliser les échanges entre les provinces. La déréglementation avait également comme objectif de décloisonner différents types de transport de marchandises qui étaient soumis auparavant à des règles strictes en matière de territoires desservis (les compagnies de transport avaient un territoire déterminé en fonction du type de marchandises, un peu comme l'industrie du taxi où chaque compagnie doit couvrir un territoire). Cette déréglementation se voulait « démocratique », voulant offrir aux plus jeunes la possibilité de s'établir dans les domaines les mieux rémunérés de l'industrie, qui étaient supposément la chasse gardée des conducteurs plus « anciens ». Je me souviens qu'à l'époque, on parlait d'une ère nouvelle dans le transport dans lesquelles les possibilités d'emplois étaient « infinies ». C'était l'époque du libre-échange avec les États-Unis et le « début de la nouvelle économie mondialisée ». Les échanges nord-sud allaient décupler et le besoin de chauffeurs était insatiable.

Près de 20 ans plus tard, je peux vous affirmer par ma propre expérience qu'aucun, mais aucun des problèmes de l'industrie du transport n'est résolu. En tout cas, pas du côté des chauffeurs. La déréglementation a provoqué en 20 ans une baisse drastique des salaires de plus de 40 % en termes absolus. Par exemple, les chauffeurs locaux pouvaient gagner en moyenne 16 $ l'heure en 1990. Maintenant le salaire moyen est situé entre environ 16 $ et 17 $ l'heure, et ça baisse toujours. Tout cela, dans un contexte de soi-disant pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur.

La déréglementation a provoqué la multiplication des travailleurs autonomes (voituriers indépendants et compagnies à numéro). Très rapidement, des dizaines de milliers de chauffeurs et de compagnies entraient dans une compétition féroce pour leur part du marché, faisant brusquement baisser les coûts du transport. Ce sont les camionneurs qui ont absorbé cette baisse du coût de transport par l'effritement de leurs salaires et conditions de travail. De plus, cela a causé une crise permanente dans notre industrie. La déréglementation du transport a causé l'émergence de toutes sortes d'agences et de services de placement, bien souvent créer par les grandes compagnies de transport elles-mêmes. Pour les plus petites, on a vu et on voit encore aujourd'hui un cycle infernal de fermetures de compagnies et de nouvelles ouvertures. Un grand nombre de compagnies se font acheter par les plus forts lorsqu'elles se voient forcées de se mettre sous la loi des créanciers et la protection de la faillite. La compagnie Transforce, qui appartient à la famille Saputo, est devenue la plus grande compagnie de transport canadienne par cette pratique.

Aujourd'hui, la déréglementation trouve sa forme dans la création d'agences internationales favorisée par les gouvernements. Au Québec, Charest a créé entre autres la « filière roumaine », pour recruter des nouveaux chauffeurs afin de « combler la pénurie de chauffeurs ». En vérité, il s'agit d'un arrangement qui favorise l'esclavage moderne vers une plus grande exploitation et la recherche de coûts de main-d'oeuvre de plus en plus bas, au détriment des droits des travailleurs migrants et de l'ensemble de travailleurs de l'industrie. Ça vise aussi à en finir avec les « privilégiés » du transport, c'est-à-dire les chauffeurs syndiqués qui ont réussi par leur résistance à faire diminuer les effets négatifs de la déréglementation. Je pourrais parler longtemps de ces effets, mais ce que je veux dire est que je crains que la soudaine « démocratisation » de l'industrie de la construction ait les mêmes effets sur les ouvriers de ce domaine. Nous devons nous opposer au projet de loi 33, ce n'est qu'une autre loi antiouvrière concoctée par Jean Charest, rien de plus. Aucun problème des travailleurs de la construction ne sera réglé par cette loi.

Daniel, ouvrier de production, St-Hyacinthe: Il ne faut pas croire ce que disent les médias sur l'intimidation syndicale et tout ça, c'est une diversion pour cacher leur intention de briser le décret qui réglemente les conditions de travail dans l'industrie, c'est tout. Le brouhaha à propos du monopole syndical qui empêche la liberté de choix pour les travailleurs est de la foutaise. Quand on veut parler de monopole, on ne parle pas de syndicat, mais de multinationales qui contrôlent des pans entiers de notre économie, même des pays entiers dans le monde. Ce sont eux qui profitent le plus des bienfaits de notre trésor public quand vient le temps de soumissionner et de construire des infrastructures. La liberté dont parle la ministre Lise Thériault est la liberté de ces multinationales d'imposer leurs critères salariaux et conditions de travail. Ce projet de loi ne vise qu'à libéraliser les grands chantiers du Québec, notamment ceux du Plan Nord de Jean Charest. Les grosses compagnies américaines et européennes, mais aussi celles de d'autres pays, ne veulent rien savoir de se faire imposer des ouvriers par un syndicat et surtout se faire imposer des salaires et des conditions de travail. Ils veulent détruire tout cela et Jean Charest est leur homme.

Jean-Charles, chauffeur de chariot élévateur, Iberville: Ce qui est incroyable dans cette histoire, c'est qu'on dirait que les dés étaient pipés d'avance. L'objectif des libéraux est de faire passer la loi. Les consultations, les commissions parlementaires, les interventions publiques de la ministre Thériault dans les médias ne sont que de la frime. Ça nous montre à quel point le processus de décisions politiques est corrompu et nous en sommes de plus en plus écartés. La discussion publique est éliminée. Tout ce que l'on a à se mettre sous la dent est l'hystérie des médias et des commentateurs. Il faut arrêter de les écouter sinon on va devenir comme des légumes. Vous avez raison vous autres, c'est peut-être nous qui devrions siéger au parlement. Les politiciens actuels ne travaillent que pour les riches.

Marc André, cariste et opérateur de chariot élévateur: Les médias parlent beaucoup du projet de loi 33, de la déréglementation du secteur de la construction et surtout de mettre fin au contrôle syndical. La seule chose que l'on entend partout serait qu'il y aurait de l'intimidation sur les chantiers de la part des responsables syndicaux de la FTQ. Tout le monde semble apeuré et outragé, particulièrement les politiciens et les journalistes commentateurs. Ils me font bien rire. Tous les jours, ce sont eux qui font de l'intimidation et qui nous traitent comme des moins que rien. Il ne se passe pas une semaine sans qu'ils attaquent les travailleurs d'une manière ou d'une autre. Quand ce n'est pas les infirmières, ce sont les professeurs, les cols bleus, les postiers, les gens d'Air Canada, les travailleurs de la forêt et d'autres qui y passent.

Le gouvernement Charest est basé sur l'intimidation depuis son élection en 2003, il passe des lois par décrets et ne veut rien savoir de personne. On dirait que le seul rôle que Jean Charest veut jouer est celui des grosses compagnies et comment il va réussir à les aider à faire plus d'argent, toujours en faisant payer les travailleurs comme nous et en nous appauvrissant. Nous avons de moins en moins de pouvoir d'améliorer nos salaires et conditions et le gouvernement ne fait rien. Mais quand vient le temps d'aider les riches, pas de problèmes, ti-Jean est là. Le projet de loi 33 fait partie des pratiques politiques de Charest de s'attaquer aux travailleurs.

C'est stupéfiant de voir l'ensemble des forces de l'establishment travailler main dans la main pour changer le modèle dans la construction. On dirait qu'ils ont une peur bleue des travailleurs, c'est pour cela qu'ils paniquent et crient tous à l'intimidation. Comme je l'ai dit, nous sommes victimes d'intimidation de la part des grosses compagnies constamment. C'est elles qui tiennent en otage tout le monde parce qu'elles contrôlent l'économie et nous imposent leur volonté. Chez nous, chez Olymel, nous avons vécu plusieurs cycles de restructuration dans lesquels on a exigé de nous des concessions majeures. Plusieurs usines ont été fermées et on nous a imposé des programmes pour augmenter notre productivité. Ces changements sont faits sans notre avis et toujours avec une féroce intimidation et des menaces de fermeture. Je me souviens des dures batailles que nous avons menées pour garder l'usine de St-Simon ouverte ou encore contre les concessions à l'usine de Vallée-Jonction. L'intimidation des dirigeants, des politiciens et des médias était incroyable. On a compris qui étaient nos amis, je peux vous le dire. Bref, le projet de loi 33 ne réglera rien, sauf probablement empirer les choses pour les travailleurs de la construction.

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Contrôle public de la mise en marché agricole

Les agriculteurs québécois sont menacés par la destruction de la Commission canadienne du blé

La politique du gouvernement Harper de destruction de la Commission canadienne du blé, les négociations de l'Accord de libre-échange Canada-Union Européenne et le Partenariat transpacifique du président Obama sont une menace et une attaque pour les petits agriculteurs au Canada et au Québec.

En éliminant la Commission canadienne du blé, le gouvernement Harper non seulement crée un précédent qui ouvre la porte à d'autres attaques contre les petits producteurs et à la destruction de tout un secteur de l'économie du Canada et du Québec, mais aussi suit un plan établi par les monopoles.

La politique du gouvernement Harper d'ouvrir de nouveaux marchés pour les monopoles canadiens au pays et à l'étranger passe par la destruction des mécanismes de la gestion de l'offre. Cette demande est une revendication pressante des monopoles de l'agro-alimentaire et du Conseil canadien des chefs d'entreprise (CCCE)*, dont fait partie le Conseil du patronat du Québec.

Dans sa lettre de félicitations à Harper suite à l'élection du 2 mai 2011, John Manley, chef de la direction du CCCE, écrit : « Pour démontrer l'engagement ferme du Canada en faveur de la libéralisation du commerce, nous appuyons votre plan de réforme des pratiques commerciales de la Commission canadienne du blé. Nous croyons, en ce sens, que le moment est propice à l'élimination graduelle des systèmes nationaux de gestion de l'offre en ce qui concerne les oeufs, les produits laitiers et la volaille, qui pénalisent les consommateurs et ont nui sérieusement à la réputation de défenseur des marchés libres de notre pays. »

Dans la même lettre, le CCCE encourage le gouvernement Harper « à viser une conclusion rapide et fructueuse des négociations en cours sur un partenariat économique avec l'Union européenne » et souhaite « grandement que votre gouvernement milite en faveur d'une issue fructueuse au Programme de Doha pour le développement de l'Organisation mondiale du commerce d'ici la fin de la présente année ».

De même, Stephen Harper s'est précipité sur le projet annexioniste appelé Partenariat transpacifique, en vertu duquel le Canada doit abandonner la gestion de l'offre des produits laitiers et de la volaille sur laquelle compte les agriculteurs du Québec.

Les attaques contre les petits producteurs du Québec et les organismes de la gestion de l'offre ont été discutées en 2007 pendant les négociations du gouvernement canadien à l'OMC (Programme de Doha).

Contre ces attaques et montrant leur ampleur, l'Union des producteurs agricoles déclarait que « la gestion de l'offre est un modèle agricole équitable, qui encadre les 14 500 producteurs québécois de lait, de volaille et d'oeufs » et expliquait que ce secteur sous gestion de l'offre représente 2,5 milliards $ en recettes agricoles, soit quelque 40 % de toute la production agricole québécoise. Le ministère de l'Agriculture estime que 61 000 emplois au Québec dépendent directement ou indirectement de la production laitière, 10 500 de la production de volaille et 1000 de la production d'oeufs.

À cette condamnation, le gouvernement Harper répondait par l'entremise de Christian Paradis, à l'époque secrétaire parlementaire du ministre de l'Agriculture et actuellement ministre de l'Industrie et ministre d'État (Agriculture) : « On défend la gestion de l'offre telle qu'elle est actuellement. »

C'est exactement la même réponse que, face aux mêmes menaces, donnait Pierre-Marc Johnson, négociateur en chef du Québec au terme de la 8e ronde de négociations sur l'Accord économique et commercial global (AÉCG) : « La gestion de l'offre n'est pas en péril, du moins pour l'instant. »

Note

* Le CCCE regroupe les principales entreprises du Canada, et le chef de la direction est l'ancien ministre fédéral John Manley. Dans le secteur agricole et agroalimentaire, on note la présence de Maple Leaf Food, Agrium, Cargill, Viterra, Loblaw, Ethanol Greenfield, James Richardson, McCain Foods, PotashCorp. Les compagnies de chemin de fer, les banques canadiennes et des institutions financières du Québec, comme le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale, font également partie de ce club sélect des chefs des plus grandes entreprises du Canada. Le CCCE comprend aussi plusieurs compagnies pharmaceutiques importantes, des pétrolières et des entreprises dans le secteur des produits chimiques. Le Conseil du patronat du Québec y siège également.

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Ramifications du Partenariat transpacifique d'Obama

Le Canada se joint à l'offensive
de l'empire américain en Asie

Les développements entourant le Sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Honolulu la semaine dernière, et surtout concernant le Partenariat transpacifique (PTP), un projet auquel tient particulièrement le président Obama, ont causé beaucoup d'émoi. La vitesse avec laquelle les peuples du monde sont bombardés et la manipulation et contre-manipulation médiatiques rendent le déferlement encore plus brutal. Cela souligne encore une fois la nécessité de s'engager dans le travail nécessaire pour s'orienter pour pouvoir résoudre la crise en faveur des peuples, pas des impérialistes américains et de leurs alliés qui cherchent à imposer leur domination mondiale contre amis et ennemis, collaborateurs et rivaux, en Europe et en Asie. Prenons une grande respiration et examinons calmement ce nouveau front de lutte que vient d'ouvrir l'impérialisme américain et sur lequel la dictature Harper engage déjà le Canada. Le PTP poursuivra la destruction de tous les arrangements qui établissaient jusqu'à présent le mode de vie au Canada, les rapports que nous établissons entre nous pour gagner notre vie et mener nos affaires. Mais cette réalité est masquée par la manipulation et contre-manipulation médiatiques dont l'objectif est d'enlever au peuple les moyens d'exercer un contrôle sur ses affaires.

Le projet de PTP des États-Unis a dominé les délibérations du sommet de l'APEC en Hawaï. Les points de vue et intérêts de la Chine et de la Russie ont été écartés, pour ne nommer que ces deux-là, car Obama et Clinton ont forcé tous les participants à répondre à leurs plans et ambitions pour le XXIe siècle qui, selon Clinton, sera « le siècle du Pacifique américain ».

Sur le ton chauvin auquel le monde s'est maintenant habitué, la secrétaire d'État Clinton a dit à Honolulu : « En ce moment, l'Asie-Pacifique fait face à des défis qui appellent au leadership de l'Amérique, qu'il s'agisse de défendre la liberté de navigation dans la mer de Chine occidentale ou de contrer les provocations et l'activité de prolifération de la Corée du nord, pour encourager une croissance économique équilibrée et inclusive. [...] Aujourd'hui, nous avons besoin d'un système transpacifique qui soit plus dynamique et plus durable, une architecture de sécurité et économique plus mature qui encourage la sécurité, la prospérité et les valeurs universelles. »

Pour l'instant, le PTP semble être le moyen choisi pour établir « un système transpacifique qui soit plus dynamique et plus durable » et assurer la prédominance de la sécurité et des valeurs universelles des États-Unis, et tous les pays du Pacifique et de l'Asie ont été sommés de répondre. Les États-Unis ont établi les règles du jeu et tous doivent les accepter sous peine d'exclusion.


Manifestation contre le PTP lors de la Fête du travail
à Chicago le 5 septembre 2011

La dictature systémique, représentée par le premier ministre Stephen Harper, a semble-t-il déjà accepté ces conditions sans discussion préalable avec la population sur les conséquences du PTP sur notre mode de vie et pour les milliards de personnes qui peuplent l'Asie. Harper a annoncé sa décision par la voix des médias, ce qui n'a pas manqué de provoquer la surprise, même à l'intérieur de la classe politique à Ottawa. Semble-t-il que les valeurs universelles des États-Unis s'accordent avec celles de Stephen Harper, mais pas nécessairement à celles de nombreux Canadiens qui ne sont pas d'accord avec le remplacement du mode de vie en place depuis des décennies, comme la gestion de l'offre pour les produits laitiers et de la volaille, les systèmes publics de santé et d'éducation, la propriété canadienne des télécommunications et des banques et l'opposition aux acquisitions étrangères dans les industries de base comme l'acier, la potasse et les autres ressources naturelles essentielles. Avec le PTP et l'annexion, tous les aspects et toutes les valeurs du Canada contemporain sont remis en question et soumis à l'affirmation de la sécurité et des valeurs universelles de l'empire américain, lesquelles servent ses ambitions de domination mondiale.

Les « valeurs universelles » et la sécurité du « siècle du Pacifique américain » sont articulées, promues et affirmées d'abord et avant tout par les monopoles mondiaux, y compris ceux qui sont au Canada. Par exemple, les monopoles mondiaux déclarent maintenant que la gestion de l'offre des produits laitiers et de la volaille n'a plus la ferveur universelle. L'entrée dans le PTP des États-Unis requiert l'abandon de cette valeur traditionnelle qu'est le contrôle de la gestion de la production alimentaire par les producteurs, qu'il s'agisse du blé et de l'orge des Prairies ou des produits laitiers et de la volaille du Québec et de l'Ontario, et l'acceptation de la « valeur universelle » des grandes entreprises agricoles et du droit de monopole des empires mondiaux de l'industrie alimentaire.

La dictature systémique représentée par Harper a lancé une campagne agressive pour l'abolition de la Commission canadienne du blé et maintenant, avec cette précipitation dans les bras du PTP, elle ouvre la porte à l'élimination du contrôle local de la gestion de l'offre des produits laitiers et de la volaille, à l'établissement d'un système privé de style américain en santé et en éducation, aux acquisitions étrangères et à la privatisation de « tout ce qui n'est pas cloué au plancher », pour citer le maire-dictateur de Toronto.

Le Conseil canadien des chefs d'entreprises, présidé par John Manley, ardent partisan de la dictature systémique fédérale, a dit concernant l'adhésion du Canada au PTP : « Le Canada doit être prêt à adopter des réformes dans deux domaines où d'aucuns nous reprochent de ne pas respecter les normes internationales : nos systèmes de gestion des approvisionnements qui limitent les importations de lait, de volaille et d'oeufs, et notre application relativement laxiste des droits à la propriété intellectuelle. Pendant combien de temps le système archaïque tiendra-t-il l'intérêt national en otage ? Le PTP offre une occasion en or d'éliminer ce système graduellement. »

Les directeurs des monopoles mondiaux et une bonne partie de la classe politique disent que les Canadiens sont « en retard » sur les « valeurs universelles » de l'impérialisme américain. Les seigneurs de l'industrie, les néolibéraux et l'empire américain sont résolus à poursuivre l'offensive antisociale jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la destruction du dernier vestige de « notre système archaïque », et à nous livrer pieds et poings liés à l'empire américain.

Ce projet est plus sinistre que ne l'imaginent la plupart des Canadiens, car il mène droit au fascisme et à la guerre impérialiste mondiale. Le 17 novembre, le président de guerre Barack Obama a annoncé le stationnement de marines américains à Darwin, en Australie, pour renforcer les stations de surveillance et de communications maritimes des États-Unis dans ce pays. Ce déploiement et l'annonce de nouvelles bases militaires américaines en Corée du sud et à Guam servent à mettre en garde la Chine et d'autres pays asiatiques de ne pas poursuivre des intérêts qui pourraient contredire les ambitions du « siècle du Pacifique américain ». Il s'agit entre autres d'engager les forces américaines dans les conflits locaux sur les droits de pêche et les droits miniers touchant la Chine et les pays de la mer de Chine occidentale. L'empire américain veut « internationaliser » tous les conflits locaux par l'intervention militaire pour « préserver la liberté de navigation ».


Des agriculteurs japonais manifestent à Tokyo contre
l'adhésion du Japon au PTP. Le PTP abolirait tous les tarifs
sur les produits agricoles qui ne sont pas déjà inclus dans
les traités existants. Sur les pancartes: «Protégeons
la terre et l'alimentation du Japon.»

Par ailleurs, la participation du Japon au PTP, qui a la faveur des monopoles mondiaux opérant dans ce pays, mais qui fait l'objet d'une vaste opposition populaire, en plus de renforcer l'emprise des monopoles sur les affaires économiques et politiques du pays, contribue à saper le mouvement de masse en faveur du retrait des bases militaires américaines du Japon et de l'abolition de l'alliance militaire nippo-américaine.

Avec la guerre d'agression contre la Yougoslavie qui a mené au démantèlement de la fédération yougoslave, l'établissement de nouvelles bases militaires, de systèmes anti-missile et de régimes pro-américains partout en Europe, et avec la guerre d'agression pour le changement de régime en Libye et l'expansion des opérations militaires des États-Unis partout en Afrique, l'empire américain se met en position pour lancer une nouvelle offensive pour la domination de l'Asie.

Avec l'annexion à l'empire américain, la dictature systémique à Ottawa nous entraîne dans cette course de l'impérialisme américain pour dominer l'Europe, prendre possession de l'Afrique et dominer l'Asie en vue de la domination mondiale. C'est la recette parfaite pour une guerre mondiale d'envergure catastrophique. Harper et les dominionistes le savent et l'accueillent allègrement dans leur théologie apocalyptique. L'humanité ne peut pas se laisser imposer cette catastrophe sociale et naturelle. Nous avons la responsabilité sociale de l'empêcher.

La classe ouvrière et tous ceux qui ne veulent pas laisser le fléau du fascisme et de la guerre impérialiste détruire l'humanité et l'avenir de nos enfants doivent s'ériger en obstacle. Notre responsabilité sociale première est d'arrêter ce fascisme montant et cette descente vers la guerre impérialiste mondiale, là où nous mènent les manoeuvres de l'empire américain.


Manifestations contre le PTP en Nouvelle-Zélande

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Bulletin du 21 novembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca