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Projet de loi 33
dans la
construction
Blâmons le gouvernement Charest et les
monopoles
pour la corruption
et l'intimidation!
Le gouvernement Charest prévoit faire
adopter
rapidement le
projet de loi 33, Loi éliminant le
placement syndical et
visant
l'amélioration du
fonctionnement de l'industrie de la
construction,
vraisemblablement avec l'appui de tous les
députés et de tous les
partis à l'Assemblée nationale,
ces derniers ayant
déjà voté sur le principe.
Le gouvernement et les partis de l'opposition
ont sans doute mal
calculé l'opposition de
la classe ouvrière du Québec, se
fiant à leur
campagne de désinformation qui
présente les travailleurs
de la
construction
et leurs syndicats
comme étant ceux qui agissent
illégalement et qui
tiennent
l'économie québécoise en
otage. Les travailleurs
ne se laissent pas duper par
cette tactique du voleur qui crie
« Au
voleur ! » Ils
discutent des conséquences de ce projet
de loi antiouvrier pour
leurs
conditions de travail et pour les droits de tous
les travailleurs. Il
est clair que
plus ils discutent des enjeux en partant de leur
propre perspective et
de leurs
propres intérêts, plus ils
resserrent les rangs contre
cet assaut brutal et plus
ils sont à même de formuler une
alternative à
la campagne actuelle du
gouvernement Charest pour soumettre la classe
ouvrière, les
ressources et
l'économie du Québec au diktat des
monopoles mondiaux.
L'objectif
central du projet de
loi 33 est
d'écraser les syndicats
afin d'introduire le travail non syndiqué
sur les chantiers au
Québec, surtout
à la lumière du « Plan
Nord » du
gouvernement Charest qui
prévoit l'utilisation d'une main-d'oeuvre
non syndiquée
et de syndicats jaunes pour établir des
conditions de quasi-esclavage à des
salaires inférieurs
et sans protection côté
santé et sécurité. Avec le
Plan Nord et les
dépenses sans précédent
de fonds publics dans des
stratagèmes pour payer les riches et face
à la
détermination redoublée du
gouvernement Charest à abandonner le
contrôle de nos
ressources naturelles
et de l'avenir du Québec, la
résistance des travailleurs
aux attaques contre
leurs droits jouent un rôle crucial. Le
projet de loi 33 ne
doit pas
passer !
Le gouvernement Charest veut
désespérément
détourner l'attention des
révélations qui montrent que les
libéraux et les
intérêts monopolistes qu'ils
représentent ont usurpé le pouvoir
par la corruption.
Après la campagne
hystérique à propos de la
« violence sur les
chantiers » et à
l'effet que les travailleurs de la construction
« tiennent
l'économie en
otage », qui ne réussit
à convaincre personne
sauf les convaincus,
la ministre du Travail Diane Lemieux annonce que
plusieurs
enquêtes sont
en cours sur ce qui s'est passé lors des
débrayages sur
les chantiers au début d'octobre.
Avec le
concours des médias monopolisés,
elle voudrait
créer une autre vague
d'hystérie à propos de
« la loi du
silence » qu'imposeraient les
syndicats sur les chantiers. Elle demande aux
travailleurs de
« coopérer avec les
enquêteurs dans
l'intérêt
général ». Cela montre
que l'objectif du gouververnement concernant la
corruption dans la
construction est de ne pas nous laisser
connaître la
vérité sur qui sont les corrompus.
Il voudrait
plutôt que les travailleurs et leurs
syndicats passent le plus
clair
de leur temps à se défendre contre
des accusations
frivoles et irresponsables.
Ce sont le gouvernement, l'Assemblée
nationale et
les médias
monopolisés qui imposent la
« loi du
silence » concernant les
visées du projet de loi 33. La discussion
montre que la
désinformation
hystérique ne tient qu'à un fil
lorsque les travailleurs
partent de leurs
propres intérêts.

Ce que disent les travailleurs
LML s'est entretenu avec des
travailleurs du
secteur du
transport, de l'entreposage et de l'industrie
agro-alimentaire sur le
sujet du
projet de loi 33. Voici quelques-uns des points
de vue
exprimés :
Sylvain, chauffeur de camion lourd: La
déréglementation
que
le
gouvernement Charest veut
réaliser dans
le secteur de la construction me fait beaucoup
penser à ce que
nous, les
camionneurs, avons vécu dans les
années 90. Le
gouvernement nous a
imposé de nouvelles règles dans
l'industrie du transport
sous prétexte de
favoriser la compétitivité et la
flexibilité de
l'industrie. Le but était de faire
baisser les coûts du transport et de
libéraliser les
échanges entre les
provinces. La déréglementation
avait également
comme objectif de
décloisonner différents types de
transport de
marchandises qui étaient soumis
auparavant à des règles strictes
en matière de
territoires desservis (les
compagnies de transport avaient un territoire
déterminé
en fonction du type
de marchandises, un peu comme l'industrie du
taxi où chaque
compagnie
doit couvrir un territoire). Cette
déréglementation se
voulait
« démocratique »,
voulant offrir aux plus
jeunes la possibilité
de s'établir dans les domaines les mieux
rémunérés de l'industrie,
qui étaient
supposément la chasse gardée des
conducteurs plus
« anciens ».
Je me souviens qu'à l'époque, on
parlait d'une ère
nouvelle dans le transport
dans lesquelles les possibilités
d'emplois étaient
« infinies ».
C'était l'époque du
libre-échange avec les
États-Unis et le
« début de
la nouvelle économie
mondialisée ». Les
échanges nord-sud allaient
décupler et le besoin de chauffeurs
était insatiable.
Près de 20 ans plus tard, je peux vous
affirmer
par ma propre expérience
qu'aucun, mais aucun des problèmes de
l'industrie du transport
n'est résolu.
En tout cas, pas du côté des
chauffeurs. La
déréglementation a provoqué
en
20 ans une baisse drastique des salaires de plus
de 40 % en termes
absolus. Par exemple, les chauffeurs locaux
pouvaient gagner en moyenne
16 $ l'heure en 1990. Maintenant le salaire
moyen est situé
entre
environ 16 $ et 17 $ l'heure, et
ça baisse toujours.
Tout cela,
dans un contexte de soi-disant pénurie de
main-d'oeuvre dans le
secteur.
La déréglementation a
provoqué la
multiplication des travailleurs
autonomes (voituriers indépendants et
compagnies à
numéro). Très
rapidement, des dizaines de milliers de
chauffeurs et de compagnies
entraient dans une compétition
féroce pour leur part du
marché, faisant
brusquement baisser les coûts du
transport. Ce sont les
camionneurs qui ont
absorbé cette baisse du coût de
transport par
l'effritement de leurs salaires et
conditions de travail. De plus, cela a
causé une crise
permanente dans notre
industrie. La déréglementation du
transport a
causé l'émergence de toutes
sortes d'agences et de services de placement,
bien souvent créer
par les
grandes compagnies de transport
elles-mêmes. Pour les plus
petites, on a vu
et on voit encore aujourd'hui un cycle infernal
de fermetures de
compagnies
et de nouvelles ouvertures. Un grand nombre de
compagnies se font acheter par les
plus
forts lorsqu'elles se voient forcées de
se mettre sous la loi
des créanciers et
la protection de la faillite. La compagnie
Transforce, qui appartient
à la
famille Saputo, est devenue la plus grande
compagnie de transport
canadienne par cette pratique.
Aujourd'hui, la déréglementation
trouve sa
forme dans la création
d'agences internationales favorisée par
les gouvernements. Au
Québec,
Charest a créé entre autres la
« filière
roumaine », pour recruter
des nouveaux chauffeurs afin de
« combler la pénurie
de
chauffeurs ». En
vérité, il s'agit d'un
arrangement qui favorise
l'esclavage moderne vers une plus grande
exploitation et la recherche
de
coûts de main-d'oeuvre de plus en plus
bas, au détriment
des droits des
travailleurs migrants et de l'ensemble de
travailleurs de l'industrie.
Ça vise
aussi à en finir avec les
« privilégiés »
du transport,
c'est-à-dire
les chauffeurs syndiqués qui ont
réussi par leur
résistance à faire diminuer
les effets négatifs de la
déréglementation. Je
pourrais parler longtemps de
ces effets, mais ce que je veux dire est que je
crains que la soudaine
« démocratisation »
de l'industrie de la
construction ait les
mêmes effets sur les ouvriers de ce
domaine. Nous devons nous
opposer au
projet de loi 33, ce n'est qu'une autre loi
antiouvrière
concoctée par Jean
Charest, rien de plus. Aucun problème des
travailleurs de la
construction ne
sera réglé par cette loi.
Daniel, ouvrier de production, St-Hyacinthe:
Il
ne
faut
pas
croire ce que disent les médias sur
l'intimidation
syndicale et tout ça, c'est une diversion
pour cacher leur
intention de briser
le décret qui réglemente les
conditions de travail dans
l'industrie, c'est tout.
Le brouhaha à propos du monopole syndical
qui empêche la
liberté de choix
pour les travailleurs est de la foutaise. Quand
on veut parler de
monopole,
on ne parle pas de syndicat, mais de
multinationales qui
contrôlent des pans
entiers de notre économie, même des
pays entiers dans le
monde. Ce sont
eux qui profitent le plus des bienfaits de notre
trésor public
quand vient le
temps de soumissionner et de construire des
infrastructures. La
liberté dont
parle la ministre Lise Thériault est la
liberté de ces
multinationales
d'imposer leurs critères salariaux et
conditions de travail. Ce
projet de loi ne
vise qu'à libéraliser les grands
chantiers du
Québec, notamment ceux du
Plan Nord de Jean Charest. Les grosses
compagnies américaines et
européennes, mais aussi celles de
d'autres pays, ne veulent rien savoir de
se faire
imposer des ouvriers par un syndicat et surtout
se faire imposer des
salaires
et des conditions de travail. Ils veulent
détruire tout cela et
Jean Charest est
leur homme.
Jean-Charles, chauffeur de chariot
élévateur, Iberville: Ce
qui est incroyable dans
cette histoire, c'est qu'on
dirait que les
dés étaient pipés d'avance.
L'objectif des
libéraux est de faire passer la loi.
Les consultations, les commissions
parlementaires, les interventions
publiques de la ministre Thériault dans
les médias ne
sont que de la frime.
Ça nous montre à quel point le
processus de
décisions politiques est
corrompu et nous en sommes de plus en plus
écartés. La
discussion publique
est éliminée. Tout ce que l'on a
à se mettre sous
la dent est l'hystérie des
médias et des commentateurs. Il faut
arrêter de les
écouter sinon on va
devenir comme des légumes. Vous avez
raison vous autres, c'est
peut-être
nous qui devrions siéger au parlement.
Les politiciens actuels
ne travaillent
que pour les riches.
Marc André, cariste et
opérateur de
chariot élévateur: Les
médias parlent
beaucoup du projet de loi 33, de
la déréglementation
du secteur de la construction et surtout de
mettre fin au
contrôle syndical.
La seule chose que l'on entend partout serait
qu'il y aurait de
l'intimidation
sur les chantiers de la part des responsables
syndicaux de la FTQ. Tout
le
monde semble apeuré et outragé,
particulièrement
les politiciens et les
journalistes commentateurs. Ils me font bien
rire. Tous les jours, ce
sont eux
qui font de l'intimidation et qui nous traitent
comme des moins que
rien. Il
ne se passe pas une semaine sans qu'ils
attaquent les travailleurs
d'une
manière ou d'une autre. Quand ce n'est
pas les
infirmières, ce sont les
professeurs, les cols bleus, les postiers, les
gens d'Air Canada, les
travailleurs de la forêt et d'autres qui y
passent.
Le gouvernement Charest est basé sur
l'intimidation depuis son élection
en 2003, il passe des lois par décrets et
ne veut rien savoir de
personne. On
dirait que le seul rôle que Jean Charest
veut jouer est celui des
grosses
compagnies et comment il va réussir
à les aider à
faire plus d'argent,
toujours en faisant payer les travailleurs comme
nous et en nous
appauvrissant. Nous avons de moins en moins de
pouvoir
d'améliorer nos
salaires et conditions et le gouvernement ne
fait rien. Mais quand
vient le
temps d'aider les riches, pas de
problèmes, ti-Jean est
là. Le projet de loi
33 fait partie des pratiques politiques de
Charest de s'attaquer
aux
travailleurs.
C'est stupéfiant de voir l'ensemble des
forces de
l'establishment
travailler main dans la main pour changer le
modèle dans la
construction.
On dirait qu'ils ont une peur bleue des
travailleurs, c'est pour cela
qu'ils
paniquent et crient tous à
l'intimidation. Comme je l'ai dit,
nous sommes
victimes d'intimidation de la part des grosses
compagnies constamment.
C'est elles qui tiennent en otage tout le monde
parce qu'elles
contrôlent
l'économie et nous imposent leur
volonté. Chez nous, chez
Olymel, nous
avons vécu plusieurs cycles de
restructuration dans lesquels on
a exigé de
nous des concessions majeures. Plusieurs usines
ont été
fermées et on nous a
imposé des programmes pour augmenter
notre productivité.
Ces
changements sont faits sans notre avis et
toujours avec une
féroce
intimidation et des menaces de fermeture. Je me
souviens des dures
batailles
que nous avons menées pour garder l'usine
de St-Simon ouverte ou
encore
contre les concessions à l'usine de
Vallée-Jonction.
L'intimidation des
dirigeants, des politiciens et des médias
était
incroyable. On a compris qui
étaient nos amis, je peux vous le dire.
Bref, le projet de loi
33 ne
réglera rien, sauf probablement empirer
les choses pour les
travailleurs de la
construction.

Contrôle public de la mise
en
marché agricole
Les agriculteurs québécois sont
menacés par la destruction de la
Commission
canadienne du blé
- Christian Legeais -
La politique du gouvernement Harper de
destruction de la
Commission
canadienne du blé, les
négociations de l'Accord de
libre-échange Canada-Union
Européenne et le Partenariat
transpacifique du
président Obama sont
une menace et une attaque pour les petits
agriculteurs au Canada et au
Québec.
En éliminant la Commission canadienne du
blé, le gouvernement Harper
non seulement crée un
précédent qui ouvre la porte
à d'autres attaques
contre les petits producteurs et à la
destruction de tout un
secteur de
l'économie du Canada et du Québec,
mais aussi suit un
plan établi par les
monopoles.
La politique du gouvernement Harper d'ouvrir de
nouveaux
marchés
pour les monopoles canadiens au pays et à
l'étranger
passe par la destruction
des mécanismes de la gestion de l'offre.
Cette demande est une
revendication pressante des monopoles de
l'agro-alimentaire et du
Conseil canadien des chefs d'entreprise (CCCE)*,
dont
fait partie le Conseil du patronat du
Québec.
Dans sa lettre de félicitations à
Harper
suite à l'élection du 2 mai
2011, John Manley, chef de la direction du CCCE,
écrit :
« Pour démontrer l'engagement
ferme du Canada en
faveur de la
libéralisation du commerce, nous appuyons
votre plan de
réforme des
pratiques commerciales de la Commission
canadienne du blé. Nous
croyons,
en ce sens, que le moment est propice à
l'élimination
graduelle des systèmes
nationaux de gestion de l'offre en ce qui
concerne les oeufs, les
produits
laitiers et la volaille, qui pénalisent
les consommateurs et ont
nui
sérieusement à la
réputation de défenseur
des marchés libres de notre
pays. »
Dans la même lettre, le CCCE encourage le
gouvernement Harper
« à viser une conclusion
rapide et fructueuse des
négociations en
cours sur un partenariat économique avec
l'Union
européenne » et
souhaite « grandement que votre
gouvernement milite en
faveur d'une
issue fructueuse au Programme de Doha pour le
développement de
l'Organisation mondiale du commerce d'ici la fin
de la présente
année ».
De même, Stephen Harper s'est
précipité sur le projet
annexioniste
appelé Partenariat transpacifique, en
vertu duquel le Canada
doit abandonner
la gestion de l'offre des produits laitiers et
de la volaille sur
laquelle compte
les agriculteurs du Québec.
Les attaques contre les petits producteurs du
Québec et les organismes
de la gestion de l'offre ont été
discutées en
2007 pendant les
négociations du gouvernement canadien
à l'OMC (Programme
de
Doha).
Contre ces attaques et montrant leur ampleur,
l'Union
des producteurs
agricoles déclarait que « la
gestion de l'offre est
un modèle agricole
équitable, qui encadre les 14 500
producteurs
québécois de lait, de
volaille et d'oeufs » et expliquait
que ce secteur sous
gestion de
l'offre représente
2,5 milliards $ en recettes
agricoles, soit
quelque 40 % de toute la production
agricole
québécoise. Le ministère
de l'Agriculture estime que 61 000 emplois
au Québec
dépendent
directement ou indirectement de la production
laitière, 10 500
de la
production de volaille et 1000 de la production
d'oeufs.
À cette condamnation, le gouvernement
Harper
répondait par l'entremise
de Christian Paradis, à l'époque
secrétaire
parlementaire du ministre de
l'Agriculture et actuellement ministre de
l'Industrie et ministre
d'État
(Agriculture) : « On
défend la gestion de
l'offre telle qu'elle est
actuellement. »
C'est exactement la même réponse
que, face
aux mêmes menaces,
donnait Pierre-Marc Johnson, négociateur
en chef du
Québec au terme de la
8e ronde de négociations sur l'Accord
économique et
commercial global
(AÉCG) : « La gestion de
l'offre n'est pas en
péril, du moins
pour l'instant. »
Note
* Le CCCE regroupe les principales entreprises
du
Canada, et le chef de la direction est l'ancien
ministre
fédéral John Manley.
Dans le secteur agricole et agroalimentaire, on
note la présence
de Maple
Leaf Food, Agrium, Cargill, Viterra, Loblaw,
Ethanol Greenfield, James
Richardson, McCain Foods, PotashCorp. Les
compagnies de chemin de fer,
les banques canadiennes et des institutions
financières du
Québec, comme le
Mouvement Desjardins et la Banque Nationale,
font également
partie de ce
club sélect des chefs des plus grandes
entreprises du Canada. Le
CCCE
comprend aussi plusieurs compagnies
pharmaceutiques importantes, des
pétrolières et des entreprises
dans le secteur des
produits chimiques. Le
Conseil du patronat du Québec y
siège également.

Ramifications du Partenariat
transpacifique d'Obama
Le Canada se joint à l'offensive
de l'empire
américain en Asie
Les développements entourant le Sommet
de la
Coopération économique
Asie-Pacifique (APEC) à Honolulu la
semaine dernière, et
surtout
concernant le Partenariat transpacifique (PTP),
un projet auquel tient
particulièrement le président
Obama, ont causé
beaucoup d'émoi. La vitesse
avec laquelle les peuples du monde sont
bombardés et la
manipulation et
contre-manipulation médiatiques rendent
le déferlement
encore plus brutal.
Cela souligne encore une fois la
nécessité de s'engager
dans le travail
nécessaire pour s'orienter pour pouvoir
résoudre la crise
en faveur des
peuples, pas des impérialistes
américains et de leurs
alliés qui cherchent à
imposer leur domination mondiale contre amis et
ennemis, collaborateurs
et
rivaux, en Europe et en Asie. Prenons une grande
respiration et
examinons
calmement ce nouveau front de lutte que vient
d'ouvrir
l'impérialisme
américain et sur lequel la dictature
Harper engage
déjà le Canada. Le PTP
poursuivra la destruction de tous les
arrangements qui
établissaient jusqu'à
présent le mode de vie au Canada, les
rapports que nous
établissons entre
nous pour gagner notre vie et mener nos
affaires. Mais cette
réalité est
masquée par la manipulation et
contre-manipulation
médiatiques dont
l'objectif est d'enlever au peuple les moyens
d'exercer un
contrôle sur ses
affaires.
Le projet de PTP des États-Unis a
dominé
les délibérations du sommet
de l'APEC en Hawaï. Les points de vue et
intérêts de
la Chine et de la
Russie ont été
écartés, pour ne nommer que
ces deux-là, car Obama et
Clinton ont forcé tous les participants
à répondre
à leurs plans et ambitions
pour le XXIe siècle qui, selon Clinton,
sera « le
siècle du Pacifique
américain ».
Sur le ton chauvin auquel le monde s'est
maintenant
habitué, la
secrétaire d'État Clinton a dit
à Honolulu :
« En ce moment,
l'Asie-Pacifique fait face à des
défis qui appellent au
leadership de
l'Amérique, qu'il s'agisse de
défendre la liberté
de navigation dans la mer
de Chine occidentale ou de contrer les
provocations et
l'activité de
prolifération de la Corée du nord,
pour encourager une
croissance
économique équilibrée et
inclusive. [...]
Aujourd'hui, nous avons besoin
d'un système transpacifique qui soit plus
dynamique et plus
durable, une
architecture de sécurité et
économique plus mature
qui encourage la sécurité,
la prospérité et les valeurs
universelles. »
Pour l'instant, le PTP semble être le
moyen choisi
pour établir
« un système transpacifique
qui soit plus dynamique
et plus
durable » et assurer la
prédominance de la
sécurité et des valeurs
universelles des États-Unis, et tous les
pays du Pacifique et de
l'Asie ont été
sommés de répondre. Les
États-Unis ont
établi les règles du jeu et tous
doivent les accepter sous peine d'exclusion.

Manifestation
contre
le PTP lors de la Fête du travail
à Chicago le 5 septembre 2011
|
La dictature systémique,
représentée par le premier
ministre Stephen
Harper, a semble-t-il déjà
accepté ces conditions
sans discussion préalable
avec la population sur les conséquences
du PTP sur notre mode de
vie et
pour les milliards de personnes qui peuplent
l'Asie. Harper a
annoncé sa
décision par la voix des médias,
ce qui n'a pas
manqué de provoquer la
surprise, même à l'intérieur
de la classe politique
à Ottawa. Semble-t-il que
les valeurs universelles des États-Unis
s'accordent avec celles
de Stephen
Harper, mais pas nécessairement à
celles de nombreux
Canadiens qui ne sont
pas d'accord avec le remplacement du mode de vie
en place depuis des
décennies, comme la gestion de l'offre
pour les produits
laitiers et de la
volaille, les systèmes publics de
santé et
d'éducation, la propriété
canadienne
des télécommunications et des
banques et l'opposition
aux acquisitions
étrangères dans les industries de
base comme l'acier, la
potasse et les autres
ressources naturelles essentielles. Avec le PTP
et l'annexion, tous les
aspects et toutes les valeurs du Canada
contemporain sont remis en
question
et soumis à l'affirmation de la
sécurité et des
valeurs universelles de
l'empire américain, lesquelles servent
ses ambitions de
domination
mondiale.
Les « valeurs
universelles » et la
sécurité du
« siècle
du Pacifique américain » sont
articulées,
promues et affirmées d'abord
et avant tout par les monopoles mondiaux, y
compris ceux qui sont au
Canada. Par exemple, les monopoles mondiaux
déclarent maintenant
que la
gestion de l'offre des produits laitiers et de
la volaille n'a plus la
ferveur
universelle. L'entrée dans le PTP des
États-Unis requiert
l'abandon de cette
valeur traditionnelle qu'est le contrôle
de la gestion de la
production
alimentaire par les producteurs, qu'il s'agisse
du blé et de
l'orge des Prairies
ou des produits laitiers et de la volaille du
Québec et de
l'Ontario, et
l'acceptation de la « valeur
universelle » des
grandes entreprises
agricoles et du droit de monopole des empires
mondiaux de l'industrie
alimentaire.
La dictature systémique
représentée
par Harper a lancé une campagne
agressive pour l'abolition de la Commission
canadienne du blé et
maintenant, avec cette précipitation dans
les bras du PTP, elle
ouvre la porte
à l'élimination du contrôle
local de la gestion de
l'offre des produits laitiers
et de la volaille, à
l'établissement d'un système
privé de style américain en
santé et en éducation, aux
acquisitions
étrangères et à la
privatisation de
« tout ce qui n'est pas cloué
au
plancher », pour citer le
maire-dictateur de Toronto.
Le Conseil canadien des chefs d'entreprises,
présidé par John Manley,
ardent partisan de la dictature
systémique
fédérale, a dit concernant
l'adhésion du Canada au PTP :
« Le Canada doit
être prêt à
adopter des réformes dans deux domaines
où d'aucuns nous
reprochent de
ne pas respecter les normes
internationales : nos systèmes
de gestion
des approvisionnements qui limitent les
importations de lait, de
volaille et
d'oeufs, et notre application relativement
laxiste des droits à
la propriété
intellectuelle. Pendant combien de temps le
système
archaïque tiendra-t-il
l'intérêt national en otage ?
Le PTP offre une
occasion en or
d'éliminer ce système
graduellement. »
Les directeurs des monopoles mondiaux et une
bonne
partie de la classe
politique disent que les Canadiens sont
« en
retard » sur les
« valeurs universelles »
de l'impérialisme
américain. Les
seigneurs de l'industrie, les
néolibéraux et l'empire
américain sont résolus à
poursuivre l'offensive antisociale jusqu'au
bout, c'est-à-dire
jusqu'à la
destruction du dernier vestige de
« notre système
archaïque », et
à nous livrer pieds et poings liés
à l'empire
américain.
Ce projet est plus sinistre que ne l'imaginent
la
plupart des Canadiens,
car il mène droit au fascisme et à
la guerre
impérialiste mondiale. Le
17 novembre, le président de guerre
Barack Obama a
annoncé le
stationnement de marines américains
à Darwin, en
Australie, pour renforcer
les stations de surveillance et de
communications maritimes des
États-Unis
dans ce pays. Ce déploiement et l'annonce
de nouvelles bases
militaires
américaines en Corée du sud et
à Guam servent
à mettre en garde la Chine
et d'autres pays asiatiques de ne pas poursuivre
des
intérêts qui pourraient
contredire les ambitions du
« siècle du Pacifique
américain ». Il
s'agit entre autres d'engager les forces
américaines dans les
conflits locaux
sur les droits de pêche et les droits
miniers touchant la Chine
et les pays de
la mer de Chine occidentale. L'empire
américain veut
« internationaliser » tous
les conflits locaux
par l'intervention
militaire pour « préserver la
liberté de
navigation ».

Des
agriculteurs
japonais manifestent à Tokyo
contre
l'adhésion du Japon au PTP. Le
PTP abolirait tous les tarifs
sur les produits agricoles qui ne sont
pas déjà inclus
dans
les traités existants. Sur les
pancartes:
«Protégeons
la terre et l'alimentation du
Japon.»
|
Par ailleurs, la participation du Japon au PTP,
qui a la
faveur des
monopoles mondiaux opérant dans ce pays,
mais qui fait l'objet
d'une vaste
opposition populaire, en plus de renforcer
l'emprise des monopoles sur
les
affaires économiques et politiques du
pays, contribue à
saper le mouvement
de masse en faveur du retrait des bases
militaires américaines
du Japon et de
l'abolition de l'alliance militaire
nippo-américaine.
Avec la guerre d'agression contre la
Yougoslavie qui a
mené au
démantèlement de la
fédération yougoslave,
l'établissement de nouvelles
bases militaires, de systèmes
anti-missile et de régimes
pro-américains
partout en Europe, et avec la guerre d'agression
pour le changement de
régime en Libye et l'expansion des
opérations militaires
des États-Unis
partout en Afrique, l'empire américain se
met en position pour
lancer une
nouvelle offensive pour la domination de l'Asie.
Avec l'annexion à l'empire
américain, la
dictature systémique à Ottawa
nous entraîne dans cette course de
l'impérialisme
américain pour dominer
l'Europe, prendre possession de l'Afrique et
dominer l'Asie en vue de
la
domination mondiale. C'est la recette parfaite
pour une guerre mondiale
d'envergure catastrophique. Harper et les
dominionistes le savent et
l'accueillent allègrement dans leur
théologie
apocalyptique. L'humanité ne
peut pas se laisser imposer cette catastrophe
sociale et naturelle.
Nous avons
la responsabilité sociale de
l'empêcher.
La classe ouvrière et tous ceux qui ne
veulent
pas laisser le fléau du
fascisme et de la guerre impérialiste
détruire
l'humanité et l'avenir de nos
enfants doivent s'ériger en obstacle.
Notre
responsabilité sociale première
est
d'arrêter ce fascisme montant et cette
descente vers la guerre
impérialiste
mondiale, là où nous mènent
les manoeuvres de
l'empire américain.

Manifestations
contre le
PTP en Nouvelle-Zélande

Bulletin du 21 novembre 2011
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