Cuba

Libération de René Gonzalez

Déclaration du parlement cubain


«Prêt à me battre jusqu'à la mort» furent les premières paroles du patriote et combattant antiterroriste cubain
René Gonzalez à sa sortie de prison, au pénitencier Marianna en Floride, le matin du 7 octobre 2011. Accompagné
ici de sa fille et de son père venus l'accueillir.

Le 7 octobre dernier, l'antiterroriste cubain René Gonzalez Sehwerert a été libéré de la prison Marianna, dans le nord de la Floride, après avoir passé 13 longues années d'injuste incarcération.

Depuis son emprisonnement en septembre 1998, René Gonzalez Sehwerert et ses compagnons Gerardo Hernandez Nordelo, Ramon Labañino Salazar, Antonio Guerrero Rodriguez et Fernando Gonzalez Llort ont été soumis à des conditions d'enfermement cruelles et dégradantes, y compris l'interdiction de visites familiales. Toute la haine déversée contre eux n'a pas pu briser leurs convictions, et c'est avec un courage et une fermeté admirables qu'ils ont observé un comportement exemplaire en tant que détenus.

Cette attitude digne et loyale de nos cinq compatriotes, qui en aucun cas et sous aucune circonstance n'ont renoncé à leurs principes, ajoutée au revanchisme politique qui a marqué les procès à l'issue desquels les Cinq ont été condamnés, poussèrent la juge Joan Lenard à imposer un nouveau châtiment injustifié à René en rejetant, le 16 septembre, une motion qui demandait qu'il lui soit permis, à sa sortie de prison, de retourner à Cuba auprès de sa famille et de son peuple.

La décision de la juge assortie de l'interdiction, pour René, après sa sortie de prison, de « s'associer ou de se rendre dans des lieux de fréquentation d'individus ou de groupes terroristes », consignée dans la condamnation qui lui a été infligée à la demande expresse du gouvernement, prouve irréfutablement que les terroristes anticubains continuent de jouir de la totale impunité et du soutien des autorités nord-américaines.

Pendant plus de 50 ans, les administrations US successives ont pris sous leur aile le terrorisme contre Cuba et ont donné protection et sécurité à des individus et des organisations terroristes sur leur propre territoire. Dans ce pays, les responsables de tant de morts et de souffrances vivent dans la normalité la plus absolue ont un accès privilégié aux médias et bénéficient d'une impunité totale pour organiser et promouvoir le terrorisme contre notre pays. Le seul fait que la juge et le gouvernement des États-Unis aient reconnu cette réalité confirme l'état de nécessité qui a contraint Cuba à infiltrer les rangs des groupes terroristes, et prouve que les lourdes peines infligées aux Cinq n'avaient d'autre but que de protéger les vrais terroristes qui, comme Luis Posada Carriles, vivent en toute tranquillité en Floride.

Il ne fait aucun doute que le gouvernement des États-Unis est parfaitement conscient que le fait d'obliger René à résider sur son territoire l'expose à de graves risques pour sa vie et son intégrité physique. Les autorités nord-américaines sont tenues pour responsables de ce qui pourrait arriver.

La cause des Cinq est de plus en plus connue dans le monde. Des milliers d'hommes et de femmes de toutes les latitudes et de toutes les couches sociales se sont joints à la campagne pour sa libération, y compris de nombreux députés et organes législatifs. Au nom des Cinq et de leurs familles, qui sont également victimes de cette injustice, merci à toutes et à tous pour votre soutien en faveur de leur libération.

Le chemin n'a pas été facile et ne l'est toujours pas, car nous avons affaire au revanchisme, à la haine et à l'opiniâtreté dont les États-Unis ont toujours fait preuve vis-à-vis de Cuba, frustrés de ne pas avoir réussi à faire plier notre peuple. Par ailleurs, nous sommes confrontés à une censure pernicieuse autour de cette affaire de la part des médias, qui ont rarement parlé de cette injustice.

Nous croyons fermement en la solidarité de tout un peuple, et que les causes justes et la vérité primeront sur le mensonge et l'injustice. C'est pourquoi nous lançons un appel à tous les députés et aux membres de parlements, aux forces et aux mouvements politiques et sociaux épris de justice et de vérité, à tous les hommes et femmes dignes de la planète, afin qu'ils exercent toute leur influence pour que le président Obama fasse ce qu'il doit faire : permettre à René de retourner au sein de sa famille, et faire libérer ses quatre compagnons de lutte et de captivité.

Faisons tout notre possible pour que justice soit faite !

Commission des Relations internationales

Assemblée nationale du Pouvoir populaire

La Havane, le 11 octobre 2011

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Déclaration du Comité des États-Unis
pour la liberté des Cinq

René Gonzalez, un des cinq hommes, connus sous le nom des « Cinq Cubains », sortira aujourd'hui de la prison fédérale à Marianna, Floride. René sortira la tête haute après plus de 13 ans d'incarcération, en ayant purgé avec dignité sa peine absolument injuste. Il a été un prisonnier modèle, bien qu'il ait dû supporter l'humiliation d'être inhumainement privé des visites de son épouse pendant plus de 11 ans.

Le gouvernement des États-Unis, incapable de consentir à René ne serait-ce que la petite victoire de sa libération, s'acharne à le punir ainsi que sa famille, en exigeant qu'il accomplisse en Floride trois années de liberté surveillée, alors que René n'a aucune famille en Floride. De ce fait, sa vie sera mise en danger par les véritables groupes terroristes qu'il a permis d'infiltrer.

Ce danger ne saurait être sous-estimé : la congressiste pour la Floride, Ileana Ros-Lehtinen, citée par le Miami Herald de lundi, traite René « d'ennemi des États-Unis » qui a « du sang américain sur les mains ». Ces accusations totalement infondées constituent une évidente incitation à la violence et démontre clairement la nécessité d'autoriser le retour immédiat de René à Cuba.

Le fait même d'exiger qu'un homme, que le gouvernement a traité d'« espion » et de « menace pour la sécurité nationale », reste aux États-Unis, au lieu de le déporter immédiatement, démontre de façon suffisamment claire les raisons de cette accusation et l'acharnement contre René. Le gouvernement n'a jamais pensé, ni une seule minute, que René et ses compagnons étaient des « espions », ou une « menace contre la sécurité nationale. S'il en avait été ainsi, ils auraient renvoyé René à Cuba par le premier avion. Au lieu de cela, le châtiment imposé à René et à ses frères a pour but de protéger les terroristes qui sont au service des intérêts du gouvernement des États-Unis, en tentant de déstabiliser le gouvernement cubain et de renverser la Révolution.

Cuba a souffert le fléau du terrorisme, pas seulement depuis le 11 septembre, mais depuis plus de 50 ans. Un fléau qui au cours du temps a tué 3 478 personnes, en majorité des Cubains, mais aussi beaucoup d'autres, dont 11 Guyanais et 5 Coréens du Nord, assassinés en 1976 dans l'explosion d'une bombe à bord du vol 455 d’un avion de Cubana, et le jeune Italien Fabio di Celmo, tué par l'explosion d'une bombe dans un hôtel en 1997. Par ailleurs, des milliers de personnes ont été blessées gravement par les terroristes.

René et ses compagnons – Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez, Antonio Guerrero et Ramon Labañino – peuvent être fiers d'être venus aux États-Unis, désarmés, et d'avoir risqué leur vie pour combattre ce fléau, en infiltrant des groupuscules d'extrême-droite, basés à Miami, responsables de ces actes terroristes, et pour révéler leurs préparatifs d'attentats. Dès le début, le gouvernement des États-Unis a aidé à organiser, à financer et à diriger les actions de ces groupes terroristes, et il les a protégés des conséquences de leurs actes. Ce gouvernement a poursuivi cette collaboration avec l'injuste châtiment de René et de ses quatre frères.

Ce même gouvernement a persisté jusqu'à aujourd'hui en rejetant la juste demande d'extradition présentée par le Venezuela, concernant Luis Posada Carriles, le plus tristement célèbre de tous les terroristes, responsable non seulement de l'explosion en vol de l'avion qui, en 1976, faucha la vie de 73 personnes, mais aussi de la torture de nombreux Vénézuéliens, quand il était membre de la police secrète de ce pays.

Si le gouvernement des États-Unis veut continuer à proclamer qu'il est engagé dans une « guerre contre le terrorisme », il peut concrétiser cette proclamation en réalisant quelques actions très simples : permettre à René Gonzalez de revenir à Cuba immédiatement, libérer le reste des Cinq Cubains et leur permettre de revenir également à Cuba, extrader Luis Posada Carriles au Venezuela et incarcérer tous les autres terroristes bien connus à Miami. Tant qu'il n'aura pas réalisé ces actions, toute proclamation de « lutte contre le terrorisme » du gouvernement des États-Unis sera nulle et non avenue.

(Traduction : Granma international)

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La nouvelle injustice contre René confirme
que le gouvernement des États-Unis reconnaît
la présence de terroristes sur son territoire


Mercedez López Acea

Général d'armée Raul Castro Ruz,

Familles des victimes du terrorisme d'État contre Cuba,

Familles de nos cinq Héros,

Camarades :

Il y a justement un an aujourd'hui, dans cette même salle, notre président, le général d'armée Raul Castro Ruz, à l'occasion de la première commémoration de la Journée des victimes du terrorisme d'État, dressait le bilan de la longue et douloureuse histoire d'attentats terroristes perpétrés contre le peuple cubain, cautionnés par les hautes sphères des gouvernements des États-Unis successifs, qui ont réservé les premiers rôles dans ces actions à la CIA, avec la participation active d'organisations contre-révolutionnaires mercenaires.


Un acte terroriste détruit le navire La Coubre à La Havane
le 4 mars 1960. L'attentat fit de nombreux morts et blessés.

Raul a évoqué les incendies, les bombardements, les sabotages – dont l'attentat contre le cargo La Coubre et le jardin d'enfants Le Van Than –, la séquestration d'avions, de bateaux et de citoyens cubains, les attentats contre nos bureaux à l'étranger et l'assassinat de diplomates, les mitraillages contre des installations et les nombreux projets d'attentat contre le commandant en chef Fidel Castro Ruz.

Il a aussi rappelé l'organisation, le financement et le ravitaillement des bandes armées, l'invasion de Playa Giron, l'Opération Mangouste, la guerre biologique contre les cultures, le bétail et les êtres humains, et en particulier l'introduction délibérée de l'épidémie de dengue hémorragique, les attentats à la bombe contre des installations touristiques... Une longue histoire de souffrance et de douleur causée à notre peuple par l'impérialisme nord-américain !

Aujourd'hui 6 octobre, marque les 35 ans d'un des crimes les plus abominables de cette histoire de terreur contre Cuba : le crime de la Barbade. La destruction en plein vol d'un avion de Cubana, le vil assassinat de 73 personnes innocentes – des citoyens guyanais, coréens et cubains, pour la plupart dans la fleur de l'âge, dont l'équipe junior d'escrime – secoua toutes les fibres de la nation.

La patrie a choisi ce jour pour rendre hommage aux 5 577 Cubains et Cubaines qui sont morts ou sont restés handicapés à vie à cause d'actes terroristes perpétrés pendant plus de 50 ans contre notre pays avec le parrainage, la complicité et la participation directe des autorités des États-Unis.

Le bilan dressé par le camarade Raul il y a un an, avec des chiffres et des arguments irréfutables, me dispensent de revenir sur les détails d'événements qui ont profondément marqué l'histoire. Par ailleurs, comme il le signalait lui-même, « il serait impossible de recueillir dans un seul discours la série interminable de plans, d'actions et d'attaques ourdis et perpétrés contre notre pays ».

C'est pour cette raison que je me limiterai aux événements survenus ces douze derniers mois. Et je dois dire que notre peuple a passé une année de plus à réclamer en vain la justice. L'un des auteurs du crime de la Barbade et de bien d'autres exactions contre Cuba, Orlando Bosch, est décédé à Miami après avoir joui d'une liberté totale, et après avoir été gracié par le président George Bush père. Ce pardon lui fut accordé comme une rétribution pour les services criminels qu'il avait rendus pendant des années. Mais, qui était le directeur de la CIA au moment du sabotage de l'avion de Cubana ? George Bush père.


Le terroriste anti-cubain soutenu par les États-Unis, Luis
Posada Carriles, se promène librement à Miami.

Qu'est-il advenu cette année-là de Luis Posada Carriles, le commanditaire du crime ? Il fut accusé de délits mineurs, ceci dans le but de dilater le procès jusqu'à l'absurde, un procès que notre presse a appelé « la farce d'El Paso ». Il fut finalement acquitté de toutes les charges. Dire qu'un criminel comme Posada Carriles est innocent est un outrage non seulement au peuple cubain, mais à l'humanité entière. Nous exigeons qu'il soit extradé vers le Venezuela pour que la justice soit rendue. Cet assassin avoué doit être jugé pour ses crimes !

Les États-Unis ont-ils rayé Cuba de leur soi-disant liste des « pays sponsors du terrorisme », une mesure infâme qui ne fait que discréditer encore plus le gouvernement US ?

Non ! Ils ont une nouvelle fois inscrit Cuba sur cette liste pour tenter de justifier leurs sanctions et leur blocus génocide.

Les États-Unis, le plus grand promoteur du terrorisme d'État dans le monde – qui a largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, qui a déclenché une guerre qui coûta la ivie à 4 millions de Vietnamiens, qui a soutenu des dictatures sanguinaires et l' « Opération Condor », qui est responsable des massacres en Afghanistan, en Irak et en Libye –, ce même pays qui bafoue les traités internationaux en la matière et qui a deux poids deux mesures dans sa prétendue « guerre contre le terrorisme », ne peut se prévaloir de la moindre autorité morale pour dresser une telle liste.

La vérité historique, c'est qu'aucun pays autant que Cuba n'a été victime de ce fléau engendré pendant 50 ans depuis le territoire des États-Unis. C'est précisément pour cette raison, et en vertu des principes défendus par notre Révolution, que notre pays a condamné énergiquement le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu'en soient les auteurs, les lieux et les buts, et souscrit aux 13 conventions internationales pertinentes en matière de lutte contre le terrorisme.

Certains politiciens nord-américains comme la congressiste Michelle Bachmann ont beau faire des déclarations non fondées et irresponsables à cet égard, toujours est-il qu'en réalité jamais le territoire cubain n'a servi ni ne servira jamais pour organiser, financer ou exécuter des actes terroristes contre aucun pays, y compris les États-Unis.

Un an de plus s'est écoulé, et la proposition de notre gouvernement adressée aux autorités étasuniennes en vue de signer un accord de coopération dans cette sphère est restée sans réponse. Nous nous demandons bien pourquoi, si c'est dans l'intérêt du peuple des États-Unis ! Il ne fait aucun doute qu'il n'y a aucune volonté politique de changer les choses.

La preuve de ce nous avançons est ce qui est arrivé aux cinq Héros cubains. Gerardo, Ramon, Antonio, Fernando et René ont dû supporter 365 jours de plus de leur injuste emprisonnement. Ils ont déjà purgé une cruelle peine de 13 ans. Jusqu'à quand durera cette injustice ?

Ils n'auraient pas dû passer un seul jour en prison : ils ne cherchaient pas à recueillir des informations classifiées ni de données concernant la sécurité nationale, et aucun de leurs actes n'était dirigé contre les intérêts des États-Unis. Leur mission était de contribuer à empêcher les actions des groupes terroristes qui agissent en toute impunité contre Cuba depuis la Floride. Les procès arbitraires eurent lieu à Miami – la capitale de la terreur anticubaine –, dans un climat hostile, attisé par une campagne de presse féroce financée par le gouvernement yankee. Il y a suffisamment d'informations, d'arguments et de documents qui prouvent le caractère profondément biaisé et inique de ces procès.

Que dire des conditions dans lesquelles ils ont passé ces près de 5 000 jours et nuits ? Les séjours au « trou », les longues périodes d'isolement, les nombreuses occasions où ils ont été privés de la visite de leurs avocats, les années passées loin de leur famille. Combien bas sont tombés les représentants de l'empire en s'acharnant sur les Cinq, faisant de leur emprisonnement une vendetta politique contre tout un peuple !

Mais ils n'ont pas réussi à les faire plier, malgré les pressions et les abus. En dépit des peines injustes et des traitements inhumains, cruels et dégradants qu'ils ont endurés, ces hommes ont maintenu un comportement exemplaire, sans faire la moindre concession à leurs convictions, donnant un exemple de dignité et de fermeté.

À cette situation s'ajoute à présent une nouvelle injustice, des représailles supplémentaires. Demain, René Gonzalez sortira de prison après avoir purgé la peine qui lui avait été infligée. Mais on lui refuse le droit de rentrer à Cuba et de retrouver sa femme, ses enfants et ses parents.

Derrière cette décision de la juge Joan Lenard se trouve le gouvernement des États-Unis, occupé à traquer avec un zèle maladif nos combattants antiterrorismes alors qu'il a toujours accueilli sous son aile des individus et des organisations terroristes aujourd'hui basés sur son territoire, et qui sont responsables de la mort, de la douleur et de la souffrance de milliers de Cubains.

Une nouvelle injustice contre les Cinq est commise en la personne de René. L'obliger à cohabiter avec les éléments terroristes de Miami, de véritables assassins impunis, met sa vie en danger. Nous rendons responsable le gouvernement des États-Unis des conséquences qui pourraient découler de cette décision brutale et maladroite, notamment en ce qui concerne la sécurité et l'intégrité physique de René.

La condition supplémentaire imposée par la juge lui interdisant, après sa sortie de prison, « de s'associer avec/ou de se rendre des endroits spécifiques susceptibles d'être fréquentés par des individus ou des groupes terroristes » est absurde ! C'est illogique car on oblige René à résider à l'endroit où ces groupes pullulent et agissent en toute impunité. Ceci prouve que le gouvernement des États-Unis sait parfaitement qui et où sont les terroristes.

Quelle entité gouvernementale informera René sur les lieux fréquentés par des terroristes. Le gouvernement des États-Unis leur a-t-il interdit d'approcher René ? Avec cette clause ratifiée par la juge, le gouvernement US reconnaît la présence sur son territoire de terroristes aux états de service bien remplis d'actions criminelles contre Cuba, et confirme le deux poids deux mesures appliqué dans sa « croisade contre le terrorisme ».

Nous réitérons, comme l'a clairement indiqué un éditorial paru dans le quotidien Granma, l'organe officiel de notre Parti, le 28 septembre : « Même s'il est désormais impossible de réparer l'injustice après tant d'années d'emprisonnement et d'acharnement politique, la seule action un tant soit peu honorable pour le gouvernement des États-Unis serait de permettre le retour immédiat de René à Cuba, d'annuler les peines infligées à Gerardo, Ramon, Antonio et Fernando, et de leur permettre de revenir définitivement dans leur Patrie ».

On ne connaît que trop bien le traitement injuste et inhumain réservé à nos cinq compatriotes, Héros de la République de Cuba, qui luttaient pour protéger contre le terrorisme aussi bien le peuple cubain que celui des États-Unis. La solidarité internationale en faveur de leur cause a augmenté d'année en année. Des chefs d'État et de gouvernement, des hauts fonctionnaires gouvernementaux, dix Prix Nobel, de nombreuses personnalités, des organisations et mouvements sociaux des quatre coins de la planète ont joint leur voix pour exiger la liberté des Cinq.

Ce combat sera chaque jour encore plus intense. Il s'impose à présent de dénoncer de toutes nos forces le châtiment supplémentaire que l'on prétend infliger à René et de réclamer au président Obama de réparer une fois pour toutes cette injustice, et de permettre le retour immédiat de René à Cuba, et de faire usage de ses facultés constitutionnelles pour mettre un terme aux condamnations vindicatives imposées à Gerardo, Ramon, Antonio et Fernando.

Tel est le sentiment de millions de Cubaines et de Cubains, et nous n'aurons de cesse de nous battre jusqu'à ce qu'ils reviennent tous parmi nous, auprès de leurs être chers et de leur peuple. Comme l'a souligné le camarade Fidel dans ses Réflexions intitulées « Le déshonneur supervisé d'Obama », les Cinq symbolisent la résistance inébranlable des patriotes cubains. Les Cinq, tout comme leur peuple, n'abdiqueront jamais !

Aujourd'hui où nous commémorons le 35e anniversaire de l'abominable sabotage de l'avion de Cubana au large des côtes de la Barbade, et où nous rendons hommage aux victimes du terrorisme d'État déclenché par le pouvoir impérial contre ce peuple héroïque, nous exigeons justice !

Gloire éternelle à nos héros et martyrs !

Liberté pour les Cinq !

La patrie ou la mort !

Nous vaincrons !

(Traduction : Granma International)

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Le terrorisme d'État soutenu par les États-Unis

Les Cubains marquent la Journée nationale des victimes du terrorisme d'État


Vigile pour les victimes du terrorisme d'État à la Tribune anti-impérialiste à La Havane, le 6 octobre 2011.

Photo de Fabio di Celmo, un touriste
canadien tué dans un attentat à la
bombe à La Havane en 1997.

Le 6 octobre était le 35e anniversaire de l'attentat contre un vol de la compagnie Cubana au-dessus de la Barbade, orchestré par le terroriste soutenu par les États-Unis Luis Posada Carriles. À La Havane, des centaines de Cubains, surtout des jeunes et des étudiants, ont tenu une vigile à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme d'État contre le peuple cubain et dont les gouvernements étasuniens ont été complices. La vigile s'est tenue au monument de la Tribune anti-impérialiste José Marti avec ses 73 drapeaux noirs, un pour chacune des personnes tuées dans l'explosion du vol d'Air Cubana, symbolisant les milliers de Cubains tués ou blessés par le terrorisme d'État soutenu par les États-Unis. Le monument est situé en face de la Section des intérêts étasuniens à La Havane, comme pour surveiller les véritables auteurs de ces crimes haineux et pour leur rappeler que le peuple cubain n'oubliera jamais. Les participants à la vigile ont rendu hommage aux milliers de compatriotes qui ont été tués ou blessés par des actes terroristes parrainés par les gouvernements étasuniens depuis le triomphe de la Révolution le 1er janvier 1959.

Les participants ont également demandé la libération immédiate et inconditionnelle des cinq combattants antiterroristes cubains, René González, Gerardo Hernández, Fernando González, Antonio Guerrero et Ramón Labañino, injustement emprisonnés aux États-Unis depuis 13 ans pour avoir tenté de contrecarrer des plans terroristes contre Cuba à partir du territoire des États-Unis. Entre-temps, à Miami, le terroriste Luis Posada Carriles, l'homme responsable de l'attentat contre le vol d'Air Cubana et de nombreux autres actes de terrorisme contre Cuba et d'autres pays latino-américains, vit en homme libre, avec toute liberté de poursuivre ses complots contre Cuba. Telle est la politique grotesque de deux poids deux mesures des États-Unis dans leur « guerre contre la terreur ».



Haut à gauche: Le président cubain Raul Castro et d'autres membres du Bureau politique et du Comité central du Parti
communiste cubain assistant à un événement durant la Journée des victimes du terrorisme d'État. Haut à droite:
Ricardo Alarcon, président de l'Assemblée nationale cubaine, à la vigile à la Tribune anti-impérialiste de La Havane.
Bas: Chorale lors d'un événement culturel. Sur la bannière: «Nous exigeons la justice!»

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Jamais nous ne renoncerons
à combattre le terrorisme

Il y a trente-cinq ans, un monstrueux acte terroriste, organisé et perpétré au su du gouvernement des États-Unis, privait brutalement 73 personnes de la vie, par le sabotage en plein vol d'un avion de ligne cubain. Les Martyrs de la Barbade – c'est sous ce nom que les connaît notre peuple – s'ajoutaient ainsi aux nombreuses victimes pour lesquelles nous réclamons encore justice.

Aujourd'hui encore, le gouvernement des États-Unis refuse de juger un des principaux auteurs de cet acte criminel, Luis Posada Carriles, qui a pourtant reconnu les faits et reste un terroriste actif.

Cuba est un des pays où le fléau du terrorisme s'est déchaîné de manière brutale et impitoyable. Depuis plus de cinquante ans, il lui a fallu faire face à une politique de terrorisme d'État systématique.

Toutes les variantes ont été appliquées contre le peuple cubain, de l'agression militaire, des bombardements, des incendies, des détournements d'avions et de bateaux, de l'enlèvement de citoyens aux attentats contre les sièges diplomatiques, à l'assassinat de diplomates, à l'attaque armée de dizaines d'installations cubaines, aux vils complots contre la santé de la population (guerre biologique, introduction de fléaux dans les principales cultures du territoire). L'ennemi a recouru aux procédés les plus immondes pour détruire la vie sociale et économique de la nation.

À ceci s'ajoutent les actions du blocus économique, commercial et financier, de nature génocidaire, auxquelles plusieurs générations de Cubaines et de Cubains ont dû faire face.

Cette politique s'est nourrie et se nourrit aussi des mensonges diffusés par les grands groupes de presse pour diaboliser Cuba et fabriquer des prétextes justifiant l'escalade des sanctions internationales. L'objectif est de monter de toutes pièces des situations prouvant que les gens sont mécontents, que le gouvernement ne fonctionne pas et qu'il se produit des actes de désobéissance civile, ceci pour obtenir les fameuses « aides aux populations civiles » qui, comme on l'a vu, constituent une nouvelle modalité politique d'intervention.

À ces agissements criminels s'ajoutent encore les centaines d'attentats perpétrés contre les dirigeants de la Révolution : le commandant en chef Fidel Castro et d'autres dirigeants de haut rang.

Il suffirait aussi de rappeler que, en seulement 18 mois, depuis l'approbation de l'opération Mangouste, entre 1962 et 1963, mise en oeuvre par le gouvernement de John F. Kennedy, plus de 5 700 actions terroristes ont été perpétrées contre Cuba dont environ 700 contre des installations industrielles.

Cette politique de terrorisme d'État a coûté la vie à 3 478 Cubains et laissé 2 099 autres handicapés à vie.

En outre, le gouvernement des États-Unis persiste à faire figurer Cuba dans les pays commanditaires du terrorisme, pour tenter de justifier aux yeux de l'opinion mondiale sa politique criminelle d'agression.

Cuba et sa Révolution ont fait face systématiquement et courageusement au terrorisme. Notre pays constitue un exemple de conduite sans tache face à cette politique d'agression barbare. Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour le démontrer.

Dès septembre 1973, Cuba a signé un accord sur la piraterie aérienne, maritime et autres délits avec le gouvernement des États-Unis. Le leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, affirma dans son discours d'adieux aux victimes du crime de la Barbade que « ceci représente, de la part de notre pays, une importante contribution à la solution du grave problème mondial des détournements d'avions ».

Au moment le plus tendu de l'histoire des relations bilatérales, sous l'administration Reagan, lorsque la plate-forme politique néoconservatrice connue sous le nom de Programme de Santa Fe établissait le principe selon lequel « il faut faire payer cher à La Havane le coût de son défi », les autorités cubaines ont rassemblé des preuves montrant qu'il se préparait un attentat contre le président Reagan et n'ont pas hésité un instant à mettre ces informations à la disposition des autorités des États-Unis.

Dans son discours du 20 mai 2005, publié sous le titre de « La conduite différente », le camarade Fidel a expliqué comment le gouvernement cubain a remis, le 6 mai 1998, à l'administration Clinton, par l'intermédiaire de l'écrivain et Prix Nobel Gabriel Garcia Marquez, des informations sur des plans terroristes visant des lignes aériennes commerciales desservant Cuba, depuis l'Amérique centrale.

Au début du mois de juin de cette année-là, une délégation d'officiers du Bureau fédéral d'investigations (FBI) est venue à La Havane, à qui ont été remises des informations et des témoignages précieux, abondants et détaillés sur les agissements de terroristes sur le sol nord-américain, avec des ramifications en Amérique centrale. Le FBI a constaté les inestimables renseignements contenus dans ces quelque 200 dossiers.

Néanmoins, aucun terroriste n'a été détenu. Aucun signe d'action. La seule réponse, en moins de trois mois : l'arrestation des cinq Héros, la principale source de cette précieuse information, qui par leur conduite courageuse, humaine et éthique au service d'une cause juste et nécessaire, ont évité que beaucoup d'autres crimes comme celui de la Barbade ne soient perpétrés, et qui ont sauvé la vie de centaines de Cubains, de Nord-américains et de personnes d'autres nationalités.

L'injuste emprisonnement, le procès arbitraire et truqué, la façon inhumaine dont ils ont été traités, les dangers et les tensions dans les prisons, sont de cruelles évidences de la politique étasunienne de deux poids deux mesures dans sa soi-disant lutte contre le terrorisme. Sa plus récente expression apparaît dans le traitement que l'on prétend imposer à René Gonzalez, en lui ordonnant une mise en « liberté surveillée » pendant 3 ans, après sa sortie de prison demain, alors qu'il a déjà passé 13 ans sous les verrous.

Ce gouvernement a très peu de respect pour lui-même ; il respecte très peu ses propres morts du 11 septembre, en maintenant ces hommes en prison, alors qu'ils n'ont rien fait d'autre qu'empêcher que ne se produisent des événements comme ceux de ce jour-là, et en leur imposant, comme le prescrit le texte de la sentence de la juge de Miami : « comme une condition spéciale supplémentaire à la liberté surveillée, il est interdit à l'accusé de s'approcher ou de se rendre dans des lieux spécifiques ou l'on sait que se trouvent ou que fréquentent des individus ou des groupes terroristes » ; c'est-à-dire qu'une autorité judiciaire reconnaît que dans une ville (Miami) du pays qui a lancé la croisade contre le terrorisme, des individus d'une extrême violence vivent et continuent de conspirer sans la moindre interdiction des autorités.

Nous les Cubains, sommes fiers d'être solidaires. La coopération de Cuba avec les États-Unis en matière de terrorisme a été permanente. Au moment où se sont produits les faits criminels de cet acte monstrueux du 11 septembre 2001, Cuba a été parmi les premiers pays qui, quelques instants plus tard, ont réagi en condamnant cet acte barbare. Notre pays a offert au peuple nord-américain sa coopération immédiate en proposant des facilités pour l'utilisation de tous ses aéroports face à la gravité de la situation du contrôle du trafic aérien étasunien à ce moment-là ; également par l'envoi de plasma sanguin et de médecins spécialistes.

Le 6 octobre a été déclaré officiellement à Cuba Journée des victimes du terrorisme d'État, afin de donner un sens et rendre un hommage éternel aux victimes, et affirmer la position inébranlable et ferme de ce bout de terre des Caraïbes. Le gouvernement et le peuple cubains réitèrent leur détermination de condamner et de faire face au terrorisme sous toutes ses formes et toutes ses manifestations, en particulier le terrorisme d'État, quels qu'en soient les auteurs, les lieux et les buts.

Notre pays a souscrit aux 13 conventions internationales existantes dans ce domaine, et il respecte strictement les engagements et les obligations émanant des résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies ; l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire a approuvé en 2001 la Loi contre les actes de terrorisme ; la même ligne de conduite de coopérer avec les États-Unis dans cette matière a été suivie et a été ratifiée en novembre et décembre 2001, en mars 2002 et en juillet 2009. Elle a été exprimée de nouveau dans plusieurs discours du président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, et encore une fois récemment par le ministre des Relations extérieures devant l'Assemblée générale des Nations unies. Cuba n'a reçu aucune réponse de la part du gouvernement des États-Unis.

C'est pourquoi on ne peut que s'indigner de l'attitude du gouvernement des États-Unis face aux assassins qui se promènent librement dans les rues de Miami, notamment Luis Posada Carriles après le scandaleux procès que a abouti à son acquittement et à sa protection par les États-Unis, comme auparavant Orlando Bosch Avila, à qui George Bush père avait accordé la grâce présidentielle malgré toutes les preuves de son activité terroriste.

La douleur causée à notre peuple se multiplie face à l'impunité. Aujourd'hui encore, nous pleurons avec les êtres chers des victimes de l'abominable crime, mais nous continuerons de faire valoir la phrase de Fidel lors des obsèques des victimes : Quand un peuple énergique et viril pleure, l'injustice tremble !

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Bulletin du 24 octobre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca