Mouvement ouvrier

La militarisation de la production industrielle
et du milieu de travail au Canada

Le gouvernement fédéral a maintenant officiellement annoncé que pour les 20 à 30 prochaines années, les chantiers navals de Halifax, propriété du clan du milliardaire Irving du Nouveau-Brunswick, construiront des navires de guerre pour la marine canadienne au coût de 25 milliards $.

La propagande assourdissante faite depuis des mois en prévision de cette décision a atteint de nouveaux sommets. De la CBC aux journaux de la chaîne Herald, on reprend à cor et à cri la logique étroite des monopoles selon laquelle la main-d'oeuvre industrielle et les familles de travailleurs de la Nouvelle-Écosse qui ont souffert du manque d'emploi se voient maintenant assurées d'une « stabilité d'emploi » pour les 20 à 30 prochaines années. Ce sera ensuite utilisé pour leur dicter leurs conditions de travail et les priver du droit de résister à ce diktat.

Les Néo-Écossais ont vu dans le passé comment fonctionne cette désinformation, notamment durant les années 1980 lorsque les mineurs de charbon du Cap-Breton ont été licenciés en masse avec la fermeture permanente de la dernière des grandes mines exploitées par le monopole Devco, appartenant au gouvernement fédéral. Durant 13 ans, les ministères provinciaux et fédéraux et leurs apologistes leur avaient dit que la « nationalisation » de la mine par Ottawa allait assurer leur avenir pour des décennies à venir, qu'ils pourraient compter sur ce plan et n'avaient pas besoin de s'organiser pour prendre leur avenir en main.

Durant les années 1990, les gouvernements libéraux et conservateurs provinciaux ont sommairement fermé et démantelé l'aciérie de Sydney (Cap-Breton) après des décennies de propagande à l'effet que les réserves de charbon du Cap-Breton provenant de ses propres mines permettraient d'assurer l'avenir de l'aciérie.

Il y a cinq ans, les travailleurs de la papeterie Stora Kopparberg, à Port Hawkesbury, Nouvelle-Écosse, se sont vus promettre une garantie d'emploi par l'acquisition par le monopole suédo-finlandais de la plus moderne des presses « supercalandres » sur le marché nord-américain de l'impression à cette époque. Quelques semaines plus tard, Stora s'est retiré, abandonnant l'ensemble de l'opération aux vautours de Cerberus Capital Corp de l'Ohio afin qu'ils puissent maximiser les profits de cette percée technologique en coupant plus du tiers des effectifs de l'usine.

Après chacun de ces événements traumatisants, l'objectif de la désinformation au sujet d'un avenir sûr et prometteur a été précisément d'empêcher les travailleurs de tirer les conclusions qui s'imposent : qu'ils doivent s'organiser pour prendre en main les affaires qui affectent leur vie. On leur dit qu'ils doivent être spectateurs pour ce qui est des décisions qui affectent leur vie et leur rôle doit être de se plaindre ou de commenter en coulisses. Le thème général de la désinformation a toujours été qu'un avenir prometteur n'est pas si loin en autant que les travailleurs soient d'accord avec ce qui permet de réaliser le maximum d'argent et qui fait du sens pour les riches et les puissants.

Dans cette veine, les Néo-Écossais se sont vus proposer ces dernières années un avenir prometteur grâce aux sables bitumineux de l'Alberta. Les médias ont raconté des histoires au sujet des quantités infinies de travail à temps régulier et supplémentaire à des salaires « fabuleux » offerts aux travailleurs industriels.

Le fait saillant de la désinformation d'aujourd'hui en ce qui a trait aux contrats navals est l'absence de toute mention des préparatifs de guerre dans lesquels le gouvernement entraîne le Canada. Aucune discussion n'a lieu sur les conséquences de la militarisation de l'économie. Le gouvernement prétend qu'il réduit les coûts mais cela n'inclut pas les dépenses militaires qui sont du gaspillage et qui sont improductives. Il y a aussi la militarisation du milieu de travail qui en découle. Des voyous armés sont embauchés pour garantir la production et le diktat de l'entreprise. Combien de « contremaîtres » fiers-à-bras le gouvernement fédéral et les capitalistes d'Irving vont-ils armer à l'intérieur du chantier naval pour surveiller l'exécution du contrat de travail ? Durant combien de minutes les travailleurs seront- ils autorisés à déposer les outils pour les pauses, avant que les Irving et les forces armées mises à leur disposition imposent leur diktat ? Quelles restrictions vont-ils imposer aux syndicats ?

Déjà, tous les efforts sont faits pour établir un nouveau régime de relations de travail à l'échelle nationale qui stipule que tous les aspects de l'économie qui sont jugés une question de sécurité nationale sont sous le diktat direct du gouvernement. En essence, la jurisprudence que le gouvernement est en train de créer sur la manière que les travailleurs d'Air Canada et de Postes Canada sont traités est précisément pour interdire le droit de résister à l'oppression et l'exploitation. La lutte pour les droits de tous est déclarée illégale alors que différentes actions concertées sont prises pour que l'imposition du diktat des monopoles devienne la nouvelle « règle de droit ».

LML appelle les ouvriers des chantiers navals à examiner la nouvelle situation et à prendre la décision consciente de ne pas être victimes de la désinformation dont le but est de les transformer en une force de travail asservie dont le droit de faire respecter les droits, qui leur appartient en vertu du fait qu'ils sont des travailleurs et des êtres humains, est criminalisé.

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Les métallos de Hamilton

Le facteur humain/conscience sociale des travailleurs de la section locale 1005

C'est avec la ratification d'un contrat de trois ans que se termine pour les membres de la section locale 1005 du syndicat des Métallos leur plus récente bataille à la défense de leurs droits et de leur dignité. L'acte conscient du syndicat de résister au lock-out injuste de onze mois imposé par US Steel a ouvert de nouvelles perspectives pour l'Opposition ouvrière et a permis aux Canadiens de mieux discerner comment défendre les droits de tous pendant cette période de mondialisation néolibérale. La résistance expose l'ennemi aux yeux de tous et approfondit notre conscience sociale ainsi que notre compréhension globale de comment se préparer pour les luttes encore plus importantes à venir.

Les propriétaires et cadres de US Steel sont exposés comme entités qui n'apportent rien à Hamilton si ce n'est leurs énormes égos et leurs projets de pillage. Les agissements égocentriques de US Steel démontrent que l'économie socialisée du Canada ne peut se développer et offrir une sécurité au peuple tant et autant que US Steel et les autres monopoles contrôlent nos secteurs de base. Les intérêts antisociaux de ces monopoles se dressent en contradiction avec les droits et les intérêts des Canadiens. Leur objectif de bâtir leurs empires est une entrave à l'édification nationale canadienne. Il n'y a rien de sacré pour ceux qui perçoivent le Canada, ses travailleurs et ses ressources naturelles seulement comme autant de moyens pour consolider leurs empires.

La lutte de la section locale 1005 démontre que notre avenir face au droit de monopole dépend de notre capacité à unir, mobiliser et organiser la classe ouvrière de sorte qu'elle se dresse pour elle-même et qu'elle se batte pour sa sécurité et ses droits. Les travailleurs eux-mêmes, armés de leur propre pensée et conscience sociale, sont le facteur humain sur lequel les Canadiens peuvent compter.

La section locale 1005 a constamment tenu les gouvernements fédéral et ontarien responsables de la défense des Canadiens et de leurs droits, s'agissant cette fois des droits des travailleurs de l'acier et de leur usine pris d'assaut par un puissant prédateur étranger. Les gouvernements fédéral et provincial ont refusé de faire quoi que ce soit pendant que US Steel attaquait plus de 10 000 Canadiens actifs et à la retraite et des jeunes travailleurs à leurs débuts comme travailleurs de l'acier, fermant et mettant en péril une usine d'acier viable de Hamilton qui était en mesure de produire une énorme richesse pour répondre aux besoins du peuple. La section locale 1005 a constamment exposé le rôle de désinformation joué par le quotidien local qui tentait de miner la résistance des travailleurs et de mettre la communauté de Hamilton et ses membres à la disposition des intérêts anticanadiens d'un monopole étranger. Les travailleurs et leurs alliés ont appuyé la section locale 1005, démontrant concrètement que dès que l'opposition ouvrière organisée aura réglé la principale faille du mouvement ouvrier, celle de ne pas développer son propre rôle indépendant, les gouvernements et les médias contrôlés par les monopoles n'auront d'autre choix que de rendre des comptes pour leur refus d'épauler les Canadiens à la défense de leurs droits et de leur sécurité.

La section locale 1005 n'a pas compté sur les gouvernements ni sur les médias monopolisés pour déployer sa bannière. Elle a compté sur l'unité et la détermination de ses propres membres, retraités et alliés dans la communauté et partout au pays. Elle a mobilisé tous ceux qui étaient directement concernés grâce à des réunions hebdomadaires où ils ont pu collectivement former leurs opinions indépendantes et leur stratégie. La section locale 1005, par ses propres efforts, a établi ses propres médias alors que ses membres étaient responsables de la rédaction et de la diffusion du bulletin Information Update, tout en amenant leurs points de vue à leurs compatriotes au moyen de panneaux-réclame, de discussions dans la rue, de manifestations, de rassemblements et de réunions avec tous ceux intéressés à discuter de la situation difficile que l'avenir réserve à la classe ouvrière canadienne et de comment avancer dans ces conditions.

Les activités de la section locale 1005 ont projeté la voix de celle-ci aux premiers rangs de la lutte pour la défense des droits de tous. Elle n'a pas compté sur les forces vacillantes qui montrent toujours au bout du compte qu'elles n'ont pas vraiment à coeur les meilleurs intérêts des travailleurs et du Canada. Elle ne s'est pas non plus laissée divertir par ceux qui prétendent représenter les idéaux les plus nobles, mais qui ne veulent se responsabiliser sur aucun front. En agissant de façon audacieuse pour que les membres et les retraités participent pleinement à la discussion sur la stratégie à adopter au mieux de ses capacités et de ses possibilités et agissant en tant que tribune où personne d'autre ne parle en leur nom, la section locale 1005 a ouvert de nouvelles perspectives dans le développement du mouvement ouvrier.

L'assaut d'une durée de onze mois, qui s'est d'abord manifesté par la fermeture du haut fourneau pour ensuite prendre la forme d'un faux lock-out, est l'oeuvre des propriétaires et des cadres de US Steel, de leurs hommes de main et de leur cinquième colonne au Canada qui comptaient briser le dos de la classe ouvrière de Hamilton. Ce plan ne s'est pas matérialisé, loin de là ! La classe ouvrière de Hamilton a démontré concrètement qu'avec la résistance résolue de la section locale 1005 et de ses alliés en tête, elle est à même de relever le défi des nouvelles conditions imposées par cette période marquant la fin du contrat social. Il ne s'agit que de la première salve dans cette nouvelle ère de résistance ! La victoire ne sera nôtre que lorsque les droits et la sécurité de tous seront garantis légalement, politiquement et en pratique, et que la classe ouvrière sera en contrôle de son propre destin et de celui de tout le pays ! La section locale 1005 a indiqué de façon pratique comment aller de l'avant. Que les organisateurs et les politiciens de la classe, tous les travailleurs et leurs alliés s'impliquent dans la lutte à la défense des droits de tous avec une vigueur renouvelée. Ensemble, bâtissons une Opposition ouvrière puissante et effective.

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Ratification de l'entente de principe

Le samedi 15 octobre, les membres de la section locale du syndicat des Métallos ont ratifié un contrat d'une durée de trois ans avec US Steel. Avec la participation de 612 syndiqués éligibles sur un total de 733, 61 % des membres ont voté en faveur du contrat et 39 % s'y sont opposés.

La section locale 1005 a fait valoir après le vote que tous les membres avaient reçu toute l'information voulue au sujet du contrat. « Nous voulions faire en sorte que tous nos membres soient pleinement conscients des conséquences du vote et de leurs responsabilités envers eux-mêmes mais aussi envers les retraités, la génération des travailleurs à venir, leur syndicat et leur communauté », a dit le président de la section locale 1005, Rolf Gerstenberger.

Aussi, ce qui ressort de ce vote est que presque personne n'est satisfait du contrat qui contient les deux concessions majeures que US Steel voulait imposer à tout prix : l'abandon de l'indexation des pensions et le fait que les nouveaux travailleurs ne bénéficieront plus d'un régime de pensions à prestations déterminées. Malgré cela, tant et aussi longtemps qu'ils ont pu le faire, les travailleurs actifs et retraités de la section locale ont démontré à US Steel de façon non équivoque que les travailleurs de l'acier de Hamilton ne se mettront à genoux devant personne.

Information Update a demandé à Rolf ce qu'il pensait du point de vue des médias, en particulier du quotidien hamiltonien le Spectator. Ce quotidien insiste sur le fait que ce contrat est à toutes fins pratiques identique au contrat qui fut proposé il y a onze mois.

« Malgré le recul, il n'y a pas lieu d'être découragé », a assuré Rolf. « Le Spectator et d'autres commentateurs assis sur la clôture qui n'ont jamais cru à notre lutte prétendent aujourd'hui que ce que la compagnie offre est en principe identique à ce qu'elle avait offert il y a onze mois. C'est faux sur toute la ligne mais leur but avec leurs conclusions superficielles est de dire que nous n'aurions pas dû résister, que nous n'aurions pas dû nous organiser pour tenter d'obtenir un autre résultat.

« Il n'est pas nécessaire de retourner onze mois en arrière. Il y a quelques semaines seulement la compagnie pensait qu'elle pouvait se permettre d'imposer tout ce qu'elle voulait. Elle a découvert que ça ne marcherait pas. La différence entre aujourd'hui et le début de la lutte il y a onze mois est loin d'être virtuelle. La situation devient claire pour tout le monde seulement quand le syndicat se tient debout  et défend les droits de tous ses membres ainsi que de son propre rôle en tant qu'agent de négociation dans un contexte de défendre les droits de tous. Tout le monde a pris conscience de ce qui était nécessaire pour défendre ce qui nous appartient de droit. Pour ce qui est de la compagnie, tout le monde a de ses yeux vu ce que c'est que de défendre les intérêts les plus étroits, les plus égoïstes et empreints de fricaillerie d'une poignée de caïds. Tout le monde a bien vu comment il est dangereux de placer le Canada entre les mains d'étrangers et nous avons entrevu la lutte qui nous attend en termes de forcer non seulement ces compagnies comme US Steel de rendre des comptes mais aussi nos gouvernements.

« La prise de position militante des membres actifs et retraités de la section locale 1005 ainsi que de la communauté a fait en sorte que maintenant US Steel n'est plus un mystère pour personne et qu'il est clair pour tout le monde que sa parole n'a aucune valeur.

« Dès le départ nous avons affirmé que notre sécurité est fondée sur la lutte pour les droits de tous. Ce processus nous a appris la nécessité d'unir nos forces. Non seulement avons-nous défendu notre dignité lorsque la compagnie cherchait à nous l'arracher, mais nous avons compris sur la base de notre expérience que c'est la seule façon d'agir à l'avenir aussi.

« Vous voyez comment la compagnie a tenté de se libérer de ses engagements en vertue de la Loi sur Investissement Canada et comment elle pense qu'il existe une loi pour elle, laquelle lui permet de faire tout ce qui sert ses intérêts du moment, et une autre loi qui s'applique aux autres, nous-mêmes, qui perdons nos maisons lorsque notre hypothèque n'est pas payée.

« Parce que les travailleurs se sont battus, ils ont été en mesure de démontrer à toute la communauté jusqu'à quel point une compagnie comme US Steel peut être cynique et égoïste ainsi que les dangers qui confrontent un Canada entre des mains étrangères.

« Loin d'avoir été inutile, cette lutte nous servira pour relever les sérieux défis qui nous attendent dans les semaines et les mois à venir.

« Il est tout à fait vrai que la sécurité des travailleurs réside dans la lutte pour les droits de tous. Sommes-nous sortis des chantiers battus ? Absolument. D'une façon très pratique, nous avons compris que nous devons tout recommencer et nous battre pour établir un régime qui est favorable à ceux qui travaillent et qui créent la richesse dont le Canada dépend pour son bien-être. Le nouveau régime de relations de travail que le gouvernement du Canada cherche à imposer à tout le pays et l'escalade des attaques concertées contre les syndicats ne sont que la pointe de l'iceberg de ce qu'on nous réserve. Au moment où les travailleurs pensaient profiter de leur retraite ou subvenir aux besoins de leurs familles en toute sécurité, nous avons présentement une idée très claire de la lutte qui nous attend au Canada. Les travailleurs doivent unir leurs forces de façon très concrète, comme nous l'avons fait dans cette lutte. Nous avons innové en définissant notre lutte. Nous devons maintenant la poursuivre. Ensemble, nous avons élaboré ce que nous devions faire et ce que nous pouvions accomplir en ce moment. Il faut poursuivre dans le même sens pour l'avenir. Ainsi, nous deviendrons de plus en plus habiles. Le refus de US Steel de s'engager publiquement à rendre les pensions solvables et sa répétition constante d'une interprétation décontextualisée de la loi qui cherche à en modifier l'intention nous en disent long sur la lutte qui nous attend dans notre marche vers l’avant. Nous ferons en sorte que la compagnie rende des comptes. »

Au nom de la section locale 1005 du TUA, Rolf a exprimé sa gratitude envers la communauté pour son appui tout au long du lock-out, en particulier envers les familles des travailleurs et les retraités, les nombreuses sections locales des syndicats et les entrepreneurs, les conseillers municipaux, le maire et beaucoup d'autres. « Nous continuerons d'épauler les retraités qui méritaient mieux. Nous continuerons de lutter pour un syndicat fort », a conclu Rolf.




(Traduction : LML)

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GM

Les travailleurs de l'automobile doivent tenir compte des menaces contre leurs pensions et prendre les mesures nécessaires pour défendre leurs droits

Les menaces envers la sécurité des pensions à GM aux États-Unis doivent être prises très au sérieux au Canada. L'assaut contre les prestations de soins de santé des travailleurs de l'automobile à la retraite a commencé aux États-Unis et s'est rapidement déplacé vers le nord. Les cadres de GM ont clairement affirmé au cours de leur campagne pour manquer à leurs engagements envers les prestations de soins de santé conventionnées, qu'ils ne se tenaient aucunement responsables des prestations après-emploi au Canada, y compris les pensions. Les cadres de GM, dans leur recours collectif contre les retraités de l'Ontario et du Québec, ont même déclaré qu'ils ont le droit de « mettre fin de façon unilatérale » à toute prestation après-emploi qu'ils jugent néfastes pour la viabilité du monopole étasunien.

La convention collective GM/TUA récemment ratifiée contient une note supplémentaire dont le titre est : « Considération anti-risque en matière de pensions : Entente supplémentaire TUA-GM Annexe A (Régime de retraite) ».

La note affirme en partie : « Les partis se sont entendus pour reconnaître que les partis nationaux pourraient en arriver à une entente réciproque avant la fin de la présente convention afin d'amender le régime [de retraite] afin d'y ajouter des options en vue de la retraite pour quelques-uns ou pour l'ensemble des retraités actuels afin d'aider GM à réduire la volatilité et le risque associés au régime et à faire en sorte que les retraités actuels bénéficient d'une option additionnelle volontaire. »

Ces termes sont les mêmes que ceux qui ont servi à détruire le système de prestations de soins de santé après-emploi, qui faisaient partie de la revendication collective légale des retraités sur le revenu de GM. GM a, de façon unilatérale, mis fin à la revendication des retraités pour des soins de santé garantis en introduisant une Fiducie de soins de santé (FSS), connue aux États-Unis sous le nom d'Association des prestations volontaires des employés (APVE) qui, une fois mise en place, ne reçoit plus un sou de la compagnie. Les retraités n'étaient pas d'accord ni ont-ils voté pour que leurs prestations de soins de santé soient réduites et placées dans une FSS. La FSS fut simplement déclarée nécessaire à la restructuration antiouvrière et antisociale de GM afin de « réduire la volatilité et le risque associés au régime actuel et rendre la compagnie viable ». Jamais n'a-t-il été question d'alternatives ou de discuter d'une alternative. GM, incité de façon active par les gouvernements, a simplement dicté la destruction de l'obligation actuelle conventionnée envers les soins de santé. Les retraités n'étaient pas d'accord ni n'ont-ils voté pour détruire les prestations de soins de santé conventionnées pour les remplacer par une FSS qui réduit concrètement leurs prestations. GM, les gouvernements et les tribunaux ont présenté la FSS de force comme faisant partie de la restructuration antiouvrière et antisociale de GM en 2009 et elle est maintenant chose faite.

La récente lettre GM/TUA visant à « amender le régime [de pensions] » suggère que GM a le droit de changer le système de pensions sans le consentement des retraités qui ne peuvent plus voter pour ou contre les conventions collectives. GM prétend qu'il a le droit de « mettre fin de façon unilatérale » à toute prestation après-retraite et la note « anti-risque en matière de pensions » réitère cette prétention. Les termes qui embellissent le contenu tels qu' « options volontaires » et « ententes réciproques » sont là par parure et donnent carte blanche à GM.

GM n'a pas le droit de changer le système de pensions sans la participation consciente et l'assentiment informé des retraités. Cependant, les retraités ne peuvent affirmer leur droit public consistant à avoir leur mot à dire pour garantir la pérennité de leurs pensions qu'en restreignant le droit de monopole de GM consistant à changer de façon unilatérale leur régime de retraite. Aucune force autre qu'une opposition unie et résolue de la part des retraités eux-mêmes ne pourra arrêter le droit de monopole de GM consistant à « ajouter des options touchant à la retraite pour quelques-uns ou pour l'ensemble des retraités actuels afin d'aider GM, » comme le déclare la note.

Les tribunaux n'aideront pas les travailleurs puisqu'ils ont déjà statué que GM a le droit de « mettre fin de façon unilatérale » aux prestations de soins de santé et de les remplacer par la FSS. Les gouvernements ont refusé d'aider et de tenir GM responsable d'avoir manqué de façon unilatérale à ses obligations contractuelles. Bien au contraire. Les gouvernements du fédéral, de l'Ontario et des États-Unis ont incité GM à briser ses engagements envers les retraités sous prétexte d'une restructuration antiouvrière et antisociale visant à rendre le monopole viable par le biais de concessions et d'une aide financière puisée à même le trésor public.

Ces gouvernements refusent de façon systématique de mettre en place une protection intégrale en matière de soins de santé publics pour tous les membres de la société et empêchent tout mouvement progressiste vers un système universel de retraite. Un tel système garantirait aux travailleurs la certitude d'un niveau de vie, niveau qu'ils ont acquis et pour lequel ils se sont battus au cours de leurs vies en tant que travailleurs actifs. Ce niveau de vie a été financé d'année en année à même la richesse collective produite par les travailleurs. C'est le comble de l'hypocrisie étroite et égocentrique et de l'ignorance centrée sur le capital que les gouvernements, les tribunaux et les monopoles puissent chanter en choeur que le fait de détruire le niveau de vie de la classe ouvrière est une solution à la crise économique généralisée ou aux problèmes spécifiques d'une compagnie. Maintenir et mettre en pratique la viabilité d'un monopole en niant les droits de ses travailleurs, en attaquant leur niveau de vie, en détruisant les moyens de production et en payant les riches à même le trésor public est le fait d'un système qui requiert un changement fondamental et une direction nouvelle. Les concessions ne sont pas une solution ! Arrêtez de payer les riches ! Oui à l'industrie manufacturière ! Non à la destruction de la nation !

La menace de GM envers les pensions des retraités aux États-Unis doit être prise au sérieux ici au Canada. Des actions avec analyse doivent être organisées sur le champ pour indiquer à GM, aux autres monopoles de l'automobile et aux gouvernements, que ces tentatives de miner la sécurité des pensions des travailleurs de l'automobile recevront comme réponse une résistance résolue et ne passeront pas !

Les travailleurs de l'auto ne veulent pas d' « options volontaires ». Ils veulent leur plan de pension dans toute son intégrité, solvable et sans incertitudes sur le champ ! C'est la loi, c'est l'obligation contractuelle de GM est c'est là le droit public inaliénable des travailleurs de l'automobile !

Défendons les régimes de retraite que nous avons ! Luttons pour des pensions pour tous !

Non au droit de monopole ! Oui au droit public !

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Bulletin du 24 octobre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca