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Mouvement
ouvrier
La militarisation de la production industrielle
et du milieu
de travail au Canada
Le gouvernement
fédéral a maintenant officiellement annoncé
que pour les 20 à 30 prochaines années, les chantiers
navals de
Halifax, propriété du clan du milliardaire Irving du
Nouveau-Brunswick, construiront des navires de guerre pour la marine
canadienne au coût de 25 milliards $.
La propagande assourdissante faite depuis des mois en
prévision de cette décision a atteint de nouveaux
sommets. De la
CBC aux journaux de la chaîne Herald, on
reprend à cor et à cri la logique étroite des
monopoles selon
laquelle la main-d'oeuvre industrielle et les familles de
travailleurs de la Nouvelle-Écosse qui ont souffert du manque
d'emploi se
voient
maintenant assurées d'une « stabilité
d'emploi » pour
les 20 à 30 prochaines années. Ce sera ensuite
utilisé pour leur
dicter leurs conditions de travail et les priver du droit de
résister à ce diktat.

Les Néo-Écossais ont vu dans le
passé comment fonctionne cette
désinformation, notamment durant les années 1980 lorsque
les
mineurs de charbon du Cap-Breton ont été licenciés
en masse
avec la fermeture permanente de la dernière des grandes mines
exploitées par le
monopole
Devco, appartenant au gouvernement fédéral. Durant
13 ans, les ministères provinciaux et
fédéraux et leurs apologistes leur avaient dit que la
« nationalisation » de la mine par Ottawa allait
assurer leur avenir pour des décennies à venir, qu'ils
pourraient
compter sur ce plan et n'avaient pas besoin de s'organiser pour
prendre leur avenir en main.
Durant les années 1990, les gouvernements
libéraux et
conservateurs provinciaux ont sommairement fermé et
démantelé
l'aciérie de Sydney (Cap-Breton) après des
décennies de
propagande à l'effet que les réserves
de charbon du
Cap-Breton provenant de ses propres mines permettraient d'assurer
l'avenir de l'aciérie.
Il y a cinq ans, les travailleurs de la papeterie Stora
Kopparberg, à Port Hawkesbury, Nouvelle-Écosse, se sont
vus
promettre une garantie d'emploi par
l'acquisition par le monopole suédo-finlandais de la plus
moderne
des presses « supercalandres » sur le
marché nord-américain de l'impression à cette
époque. Quelques semaines
plus tard, Stora s'est retiré, abandonnant l'ensemble de
l'opération aux vautours de Cerberus Capital Corp de
l'Ohio afin qu'ils puissent maximiser les profits de cette
percée
technologique en coupant plus du tiers des effectifs de
l'usine.
Après chacun de ces événements
traumatisants, l'objectif de la
désinformation au sujet d'un avenir sûr et prometteur a
été
précisément d'empêcher les travailleurs de tirer
les conclusions
qui s'imposent : qu'ils doivent s'organiser pour prendre en
main les affaires qui affectent leur vie. On leur dit qu'ils doivent
être spectateurs pour ce qui est des
décisions qui
affectent leur vie et leur rôle doit être de se plaindre ou
de
commenter en coulisses. Le thème général de la
désinformation a
toujours été qu'un avenir prometteur n'est pas si loin en
autant
que les travailleurs soient d'accord avec ce qui permet de
réaliser le maximum d'argent et qui fait du sens pour les riches
et les puissants.
Dans cette veine, les Néo-Écossais se sont
vus proposer ces
dernières années un avenir prometteur grâce aux
sables bitumineux
de l'Alberta. Les médias ont raconté des
histoires au
sujet des quantités infinies de travail à temps
régulier et
supplémentaire à des salaires
« fabuleux » offerts aux
travailleurs industriels.
Le fait saillant de la désinformation
d'aujourd'hui en ce qui
a trait aux contrats navals est l'absence de toute mention des
préparatifs de guerre dans lesquels le
gouvernement entraîne le Canada. Aucune discussion n'a lieu sur
les conséquences de la militarisation de l'économie. Le
gouvernement prétend qu'il réduit les coûts mais
cela n'inclut
pas les dépenses militaires qui sont du gaspillage et qui sont
improductives. Il y a aussi la militarisation du milieu de
travail qui en découle. Des voyous armés sont
embauchés pour
garantir la production et le diktat de l'entreprise. Combien de
« contremaîtres » fiers-à-bras le
gouvernement fédéral
et les capitalistes d'Irving vont-ils armer à l'intérieur
du
chantier naval pour surveiller l'exécution du contrat de
travail ? Durant combien de minutes les travailleurs seront-
ils autorisés à déposer les outils pour les
pauses, avant que les
Irving et les forces armées mises à leur disposition
imposent
leur diktat ? Quelles restrictions vont-ils imposer aux
syndicats ?
Déjà, tous les efforts sont faits pour
établir un nouveau
régime de relations de travail à l'échelle
nationale qui stipule
que tous les aspects de l'économie qui sont jugés une
question de
sécurité nationale sont sous le diktat direct du
gouvernement. En
essence, la jurisprudence que le gouvernement est en train de
créer sur la manière que les travailleurs d'Air Canada et
de
Postes Canada sont traités est précisément pour
interdire le
droit de résister à l'oppression et l'exploitation. La
lutte pour
les droits de tous est déclarée illégale alors que
différentes
actions concertées sont prises pour que l'imposition du diktat
des monopoles devienne la nouvelle « règle de
droit ».
LML appelle les ouvriers des chantiers navals
à
examiner la nouvelle situation et à prendre la décision
consciente de ne pas être victimes de la désinformation
dont le
but est de les transformer en une force de travail asservie dont
le droit de faire respecter les droits, qui leur appartient en
vertu du fait qu'ils sont des travailleurs et des êtres humains,
est criminalisé.

Les métallos de Hamilton
Le facteur humain/conscience sociale des travailleurs
de la section locale 1005
C'est avec la ratification d'un contrat de trois ans que
se
termine pour les membres de la section locale 1005 du syndicat des
Métallos leur plus
récente bataille à la défense de leurs droits et
de leur dignité.
L'acte conscient du syndicat de résister au lock-out injuste
de onze mois imposé par US Steel a ouvert de nouvelles
perspectives pour l'Opposition ouvrière et a permis aux
Canadiens
de mieux discerner comment défendre les droits de tous pendant
cette période de mondialisation néolibérale. La
résistance expose
l'ennemi aux yeux de tous et approfondit notre conscience sociale
ainsi que notre compréhension globale de comment se
préparer pour
les luttes encore plus importantes à venir.
Les propriétaires et
cadres de US Steel sont exposés comme entités
qui n'apportent
rien à Hamilton si ce n'est leurs énormes égos et
leurs projets
de pillage. Les agissements égocentriques de US Steel
démontrent
que l'économie socialisée du Canada ne peut se
développer et
offrir une sécurité au peuple tant et autant que US Steel
et les
autres monopoles contrôlent nos secteurs de base. Les
intérêts
antisociaux de ces monopoles se dressent en contradiction avec
les droits et les intérêts des Canadiens. Leur objectif de
bâtir
leurs empires est une entrave à l'édification nationale
canadienne. Il n'y a rien de sacré pour ceux qui
perçoivent le
Canada, ses travailleurs et ses ressources naturelles seulement
comme autant de moyens pour consolider leurs empires.
La lutte de la section locale 1005 démontre
que notre
avenir face au droit de monopole dépend de notre capacité
à unir, mobiliser et
organiser la classe ouvrière de sorte qu'elle se
dresse pour
elle-même et qu'elle se batte pour sa sécurité et
ses droits. Les
travailleurs eux-mêmes, armés de leur propre pensée
et conscience
sociale, sont le facteur humain sur lequel les Canadiens peuvent
compter.
La section locale 1005 a constamment tenu les
gouvernements fédéral et ontarien responsables de la
défense des
Canadiens et de leurs droits, s'agissant cette fois des droits
des travailleurs de l'acier et de leur usine pris d'assaut par un
puissant prédateur étranger. Les gouvernements
fédéral et
provincial ont refusé de faire quoi que ce soit pendant que US
Steel attaquait plus de 10 000 Canadiens actifs et à la retraite
et des jeunes travailleurs à leurs débuts comme
travailleurs de
l'acier, fermant et mettant en péril une usine d'acier viable de
Hamilton qui était en mesure de produire une énorme
richesse pour
répondre aux besoins du peuple. La section locale 1005 a
constamment exposé le rôle de désinformation
joué par le
quotidien local qui tentait de miner la résistance des
travailleurs et de mettre la communauté de Hamilton
et
ses membres à la disposition des intérêts
anticanadiens d'un
monopole étranger. Les travailleurs et leurs alliés ont
appuyé la section locale 1005, démontrant
concrètement que
dès que l'opposition ouvrière organisée aura
réglé la principale
faille du mouvement ouvrier, celle de ne pas développer son
propre rôle indépendant, les gouvernements et les
médias
contrôlés par les monopoles n'auront d'autre choix que de
rendre
des comptes pour leur refus d'épauler les Canadiens à la
défense
de leurs droits et de leur sécurité.
La section locale 1005 n'a pas compté sur
les
gouvernements ni sur les médias monopolisés pour
déployer sa
bannière. Elle a compté sur l'unité et la
détermination de ses
propres membres, retraités et alliés dans la
communauté et
partout au pays. Elle a mobilisé tous ceux qui étaient
directement concernés grâce à des réunions
hebdomadaires où ils ont pu collectivement former leurs opinions
indépendantes et leur
stratégie. La
section locale 1005, par ses propres efforts, a établi ses
propres médias alors que ses membres étaient responsables
de la
rédaction et de la diffusion du bulletin Information
Update, tout en amenant leurs points de vue à leurs
compatriotes au moyen de panneaux-réclame, de discussions dans
la
rue, de manifestations, de rassemblements et de réunions avec
tous ceux intéressés à discuter de la situation
difficile que
l'avenir réserve à la classe ouvrière canadienne
et de comment
avancer dans ces conditions.
Les activités de la
section locale 1005 ont projeté la
voix de celle-ci aux premiers rangs de la lutte pour la défense
des
droits de
tous. Elle n'a pas compté sur les forces vacillantes qui
montrent toujours au bout du compte qu'elles n'ont pas vraiment
à coeur
les meilleurs
intérêts des travailleurs et du Canada. Elle ne s'est pas
non
plus laissée divertir par ceux qui prétendent
représenter les
idéaux les plus nobles, mais qui ne veulent se responsabiliser
sur
aucun front. En agissant de façon audacieuse pour que les
membres
et les retraités participent pleinement à la discussion
sur la
stratégie à adopter au mieux de ses capacités et
de ses
possibilités et agissant en tant que tribune où personne
d'autre
ne parle en leur nom, la section locale 1005 a ouvert de
nouvelles perspectives dans le développement du mouvement
ouvrier.
L'assaut d'une durée
de onze mois, qui s'est d'abord manifesté
par la fermeture du haut fourneau pour ensuite prendre la forme
d'un faux lock-out, est l'oeuvre des propriétaires et des cadres
de US Steel, de leurs hommes de main et de leur cinquième
colonne
au Canada qui comptaient briser le dos de la classe ouvrière de
Hamilton. Ce plan ne s'est pas matérialisé, loin de
là ! La
classe ouvrière de Hamilton a démontré
concrètement qu'avec la
résistance résolue de la section locale 1005 et de
ses
alliés en tête, elle est à même de relever le
défi des nouvelles
conditions imposées par cette période marquant la fin du
contrat
social. Il ne s'agit que de la première salve dans cette
nouvelle
ère de résistance ! La victoire ne sera nôtre
que lorsque
les droits et la sécurité de tous seront garantis
légalement,
politiquement et en pratique, et que la classe ouvrière sera en
contrôle de son propre destin et de celui de tout le pays !
La section locale 1005 a indiqué de façon pratique
comment
aller de l'avant. Que les organisateurs et les politiciens de la
classe, tous les travailleurs et leurs alliés s'impliquent dans
la lutte à la défense des droits de tous avec une vigueur
renouvelée. Ensemble, bâtissons une Opposition
ouvrière puissante
et effective.

Ratification de l'entente de principe
- Information Update, 18
octobre 2011 -
Le samedi 15 octobre, les membres de la section
locale du syndicat
des Métallos ont ratifié un contrat d'une
durée de trois ans
avec US Steel. Avec la participation de 612 syndiqués
éligibles sur un total
de
733, 61 % des membres ont
voté en
faveur du contrat et 39 % s'y sont opposés.
La section locale 1005 a fait valoir après
le vote que tous les
membres avaient reçu toute l'information voulue au sujet du
contrat.
« Nous voulions faire en sorte que tous nos membres soient
pleinement conscients des conséquences du vote et de leurs
responsabilités
envers eux-mêmes mais aussi envers les retraités, la
génération des
travailleurs à venir, leur syndicat et leur
communauté », a dit le
président de la section locale 1005, Rolf Gerstenberger.
Aussi, ce qui ressort de ce vote est que presque
personne n'est satisfait
du contrat qui contient les deux concessions majeures que US Steel
voulait
imposer à tout prix : l'abandon de l'indexation des pensions et
le fait que
les nouveaux travailleurs ne bénéficieront plus d'un
régime de pensions à
prestations déterminées. Malgré cela, tant et
aussi longtemps qu'ils ont
pu le faire, les travailleurs actifs et retraités de la section
locale ont
démontré à US Steel de façon non
équivoque que les travailleurs de l'acier
de Hamilton ne se mettront à genoux devant personne.
Information Update a demandé à
Rolf ce qu'il pensait du
point de vue des médias, en particulier du quotidien hamiltonien
le Spectator.
Ce quotidien insiste sur le fait que ce
contrat est à
toutes fins pratiques identique au contrat qui fut proposé il y
a onze
mois.
« Malgré le recul, il n'y a pas lieu
d'être découragé », a
assuré Rolf. « Le Spectator et d'autres
commentateurs assis sur la clôture qui n'ont jamais cru à
notre lutte prétendent
aujourd'hui que ce
que la compagnie offre est en principe identique à
ce qu'elle
avait offert il y a onze mois. C'est faux sur toute la ligne mais leur
but avec
leurs conclusions superficielles est de dire que nous n'aurions pas
dû
résister, que nous n'aurions pas dû nous organiser pour
tenter
d'obtenir un autre
résultat.
« Il n'est pas nécessaire de retourner
onze mois en arrière. Il y a
quelques semaines seulement la compagnie pensait qu'elle pouvait se
permettre d'imposer tout ce qu'elle voulait. Elle a découvert
que ça ne marcherait pas. La différence entre aujourd'hui
et le
début de la lutte il y a onze
mois est loin d'être virtuelle. La situation devient claire pour
tout
le monde seulement quand le syndicat se tient debout et
défend les droits de tous ses membres ainsi que de son propre
rôle en tant
qu'agent de négociation dans un contexte de défendre les
droits de tous.
Tout le monde a pris conscience de ce qui était
nécessaire pour défendre ce
qui nous appartient de droit. Pour ce qui est de la compagnie, tout le
monde
a de ses yeux vu ce que c'est que de défendre les
intérêts les plus étroits, les
plus égoïstes et empreints de fricaillerie d'une
poignée de caïds. Tout le
monde a bien vu comment il est dangereux de placer le Canada entre les
mains d'étrangers et nous avons entrevu la lutte qui nous attend
en termes
de forcer non seulement ces compagnies comme US Steel de rendre des
comptes mais aussi nos gouvernements.
« La prise de position militante des membres
actifs et retraités de
la section locale 1005 ainsi que de la communauté a fait en
sorte que
maintenant US Steel n'est plus un mystère pour personne et qu'il
est clair
pour tout le monde que sa parole n'a aucune valeur.
« Dès le départ nous avons
affirmé que notre sécurité est fondée
sur la lutte pour les droits de tous. Ce processus nous a appris la
nécessité
d'unir nos forces. Non seulement avons-nous défendu notre
dignité lorsque
la compagnie cherchait à nous l'arracher, mais nous avons
compris sur la
base de notre expérience que c'est la seule façon d'agir
à l'avenir aussi.
« Vous voyez comment la compagnie a
tenté de se libérer de ses engagements en vertue de la Loi
sur Investissement Canada et comment elle pense qu'il existe une
loi pour elle,
laquelle lui
permet de faire tout ce qui sert ses intérêts du moment,
et une autre loi qui
s'applique aux autres, nous-mêmes, qui perdons nos maisons
lorsque notre
hypothèque n'est pas payée.
« Parce que les travailleurs se sont battus,
ils ont été en mesure de
démontrer à toute la communauté jusqu'à
quel point une compagnie comme
US Steel peut être cynique et égoïste ainsi que les
dangers qui confrontent
un Canada entre des mains étrangères.
« Loin d'avoir été inutile,
cette lutte nous servira pour relever les
sérieux défis qui nous attendent dans les semaines et les
mois à venir.
« Il est tout à fait vrai que la
sécurité des travailleurs réside dans
la lutte pour les droits de tous. Sommes-nous sortis des chantiers
battus ?
Absolument. D'une façon très pratique, nous avons compris
que nous
devons tout recommencer et nous battre pour établir un
régime qui est
favorable à ceux qui travaillent et qui créent la
richesse dont le Canada
dépend pour son bien-être. Le nouveau régime de
relations de travail que le
gouvernement du Canada cherche à imposer à tout le pays
et l'escalade des
attaques concertées contre les syndicats ne sont que la pointe
de l'iceberg de
ce qu'on nous réserve. Au moment où les travailleurs
pensaient profiter de
leur retraite ou subvenir aux besoins de leurs familles en toute
sécurité, nous
avons présentement une idée très claire de la
lutte qui nous attend au Canada. Les
travailleurs doivent unir leurs forces de façon
très concrète,
comme nous l'avons fait dans cette lutte. Nous avons innové
en
définissant notre lutte. Nous devons maintenant la poursuivre.
Ensemble,
nous avons élaboré ce que nous devions faire et ce que
nous pouvions
accomplir en ce moment. Il faut poursuivre dans le même sens pour
l'avenir.
Ainsi, nous deviendrons de plus en plus habiles. Le refus de US Steel
de
s'engager publiquement à rendre les pensions solvables et sa
répétition
constante d'une interprétation décontextualisée de
la loi qui cherche à en
modifier l'intention nous en disent long sur la lutte qui nous attend
dans
notre marche vers l’avant. Nous ferons en sorte que la compagnie rende
des
comptes. »
Au nom de la section locale 1005 du TUA, Rolf a
exprimé sa
gratitude envers la communauté pour son appui tout au
long du
lock-out, en particulier envers les familles des travailleurs et les
retraités, les
nombreuses sections locales des syndicats et les entrepreneurs, les
conseillers
municipaux, le maire et beaucoup d'autres. « Nous
continuerons
d'épauler les retraités qui méritaient mieux. Nous
continuerons de lutter pour
un syndicat fort », a conclu Rolf.

GM
Les travailleurs de l'automobile doivent tenir compte
des menaces
contre leurs pensions et prendre les mesures nécessaires pour
défendre leurs
droits
Les menaces envers la sécurité des
pensions à GM aux États-Unis
doivent être prises très au sérieux au Canada.
L'assaut contre les prestations
de soins de santé des travailleurs de l'automobile à la
retraite a commencé
aux États-Unis et s'est rapidement déplacé vers le
nord. Les cadres de GM
ont clairement affirmé au cours de leur campagne pour manquer
à leurs
engagements envers les prestations de soins de santé
conventionnées, qu'ils
ne se tenaient aucunement responsables des prestations
après-emploi au
Canada, y compris les pensions. Les cadres de GM, dans leur recours
collectif contre les retraités de l'Ontario et du Québec,
ont même déclaré
qu'ils ont le droit de « mettre fin de façon
unilatérale » à toute
prestation après-emploi qu'ils jugent néfastes pour la
viabilité du monopole
étasunien.
La convention collective GM/TUA récemment
ratifiée contient une note
supplémentaire dont le titre est :
« Considération anti-risque en
matière de pensions : Entente supplémentaire TUA-GM
Annexe A
(Régime de retraite) ».
La note affirme en partie : « Les partis
se sont entendus
pour reconnaître que les partis nationaux pourraient en arriver
à une entente
réciproque avant la fin de la présente convention afin
d'amender le régime
[de retraite] afin d'y ajouter des options en vue de la retraite pour
quelques-uns ou pour l'ensemble des retraités actuels afin
d'aider GM
à réduire la
volatilité et le risque associés au régime et
à faire en sorte que les retraités
actuels bénéficient d'une option additionnelle
volontaire. »
Ces termes sont les mêmes que ceux qui ont servi
à détruire le système
de prestations de soins de santé après-emploi, qui
faisaient partie de la
revendication collective légale des retraités sur le
revenu de GM. GM a, de
façon unilatérale, mis fin à la revendication des
retraités pour des soins de
santé garantis en introduisant une Fiducie de soins de
santé (FSS), connue
aux États-Unis sous le nom d'Association des prestations
volontaires des
employés (APVE) qui, une fois mise en place, ne reçoit
plus un sou de la
compagnie. Les retraités n'étaient pas d'accord ni
ont-ils voté pour que leurs
prestations de soins de santé soient réduites et
placées dans une FSS. La
FSS fut simplement déclarée nécessaire à la
restructuration antiouvrière et
antisociale de GM afin de « réduire la
volatilité et le risque associés
au régime actuel et rendre la compagnie viable ».
Jamais n'a-t-il été
question d'alternatives ou de discuter d'une alternative. GM,
incité de façon
active par les gouvernements, a simplement dicté la destruction
de
l'obligation actuelle conventionnée envers les soins de
santé. Les retraités
n'étaient pas d'accord ni n'ont-ils voté pour
détruire les prestations de soins de
santé conventionnées pour les remplacer par une FSS qui
réduit
concrètement leurs prestations. GM, les gouvernements et les
tribunaux ont
présenté la FSS de force comme faisant partie de la
restructuration
antiouvrière et antisociale de GM en 2009 et elle est
maintenant chose
faite.
La récente lettre GM/TUA visant à
« amender le régime [de
pensions] » suggère que GM a le droit de changer le
système de
pensions sans le consentement des retraités qui ne peuvent plus
voter pour
ou contre les conventions collectives. GM prétend qu'il a le
droit de
« mettre fin de façon unilatérale »
à toute prestation après-retraite et la note
« anti-risque en matière de
pensions » réitère
cette prétention. Les termes qui embellissent le contenu tels
qu'
« options volontaires » et « ententes
réciproques »
sont là par parure et donnent carte blanche à GM.
GM n'a pas le droit de changer le système de
pensions sans la
participation consciente et l'assentiment informé des
retraités. Cependant, les
retraités ne peuvent affirmer leur droit public consistant
à avoir leur mot à
dire pour garantir la pérennité de leurs pensions qu'en
restreignant le droit
de monopole de GM consistant à changer de façon
unilatérale leur régime de
retraite. Aucune force autre qu'une opposition unie et résolue
de la part des
retraités eux-mêmes ne pourra arrêter le droit de
monopole de GM consistant à
« ajouter des options touchant à la retraite pour
quelques-uns ou pour
l'ensemble des retraités actuels afin d'aider GM, »
comme le déclare
la note.
Les tribunaux n'aideront pas les travailleurs puisqu'ils
ont déjà statué
que GM a le droit de « mettre fin de façon
unilatérale » aux
prestations de soins de santé et de les remplacer par la FSS.
Les
gouvernements ont refusé d'aider et de tenir GM responsable
d'avoir
manqué de façon unilatérale à ses
obligations contractuelles. Bien au
contraire. Les gouvernements du fédéral, de l'Ontario et
des États-Unis ont
incité GM à briser ses engagements envers les
retraités sous prétexte d'une
restructuration antiouvrière et antisociale visant à
rendre le monopole viable
par le biais de concessions et d'une aide financière
puisée à même le trésor
public.
Ces gouvernements refusent de façon
systématique de mettre en place
une protection intégrale en matière de soins de
santé publics pour tous les
membres de la société et empêchent tout mouvement
progressiste vers un
système universel de retraite. Un tel système garantirait
aux travailleurs la
certitude d'un niveau de vie, niveau qu'ils ont acquis et pour lequel
ils se
sont battus au cours de leurs vies en tant que travailleurs actifs. Ce
niveau
de vie a été financé d'année en
année à même la richesse collective produite
par les travailleurs. C'est le comble de l'hypocrisie étroite
et égocentrique
et de l'ignorance centrée sur le capital que les gouvernements,
les tribunaux
et les monopoles puissent chanter en choeur que le fait de
détruire le niveau
de vie de la classe ouvrière est une solution à la crise
économique
généralisée ou aux problèmes
spécifiques d'une compagnie. Maintenir et
mettre en pratique la viabilité d'un monopole en niant les
droits de ses
travailleurs, en attaquant leur niveau de vie, en détruisant les
moyens de
production et en payant les riches à même le trésor
public est le fait d'un
système qui requiert un changement fondamental et une direction
nouvelle.
Les concessions ne sont pas une solution ! Arrêtez de payer
les
riches ! Oui à l'industrie manufacturière ! Non
à la destruction
de la nation !
La menace de GM envers les pensions des retraités
aux États-Unis doit
être prise au sérieux ici au Canada. Des actions avec
analyse doivent être
organisées sur le champ pour indiquer à GM, aux autres
monopoles de
l'automobile et aux gouvernements, que ces tentatives de miner la
sécurité
des pensions des travailleurs de l'automobile recevront comme
réponse une
résistance résolue et ne passeront pas !
Les travailleurs de l'auto ne veulent pas d'
« options
volontaires ». Ils veulent leur plan de pension dans toute
son intégrité,
solvable et sans incertitudes sur le champ ! C'est la loi, c'est
l'obligation contractuelle de GM est c'est là le droit public
inaliénable des
travailleurs de l'automobile !
Défendons les régimes de retraite que nous
avons ! Luttons pour
des pensions pour tous !
Non au droit de monopole ! Oui au droit
public !

Bulletin du 24 octobre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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