|
Mouvement
ouvrier
Air Canada
Discussion sur la nécessité
de nous investir nous-mêmes du pouvoir
- Nouveaux Horizons, le 28 septembre
2011-
Manifestation des agents de bord d'Air
Canada à l'aéroport de Montréal, le 20 septembre 2011. (Glen Malfara)
Le comité de négociation pour la Division du transport
aérien du Syndicat canadien de la Fonction publique (SCFP) vient de
signer une version révisée de l'entente de principe qu'il avait déjà
signée avec Air Canada le 1er août. Après une vague de
manifestations de solidarité dans tout le pays, la compagnie a demandé
de rencontrer le syndicat et les deux parties ont conclu l'entente
à laquelle ils travaillent depuis trois semaines. Le vote de
ratification de
cette entente a lieu du 30 septembre au 9 octobre.
Après la signature de l'entente, le comité national du
SCFP ainsi que le comité de négociation ont organisé à la hâte une
tournée des régions consistant en une brève rencontre dans chaque base.
On nous a expliqué que les comités voulaient propager l'information le
plus rapidement possible et qu'il ne pouvait en être autrement puisque
le comité de négociation était épuisé après tout ce qu'il avait vécu.
On nous a dit que d'autres réunions « pourraient » être
organisées si le comité percevait la nécessité d'expliquer davantage la
situation. Après la réunion de la section locale de l'Aéroport
international Pearson (Toronto), il a été décidé de nous envoyer les
« gros canons » pour organiser une autre réunion ou les
« gros canons » pourraient nous expliquer pourquoi nous
n'avons d'autre choix que d'accepter l'entente de principe.
Nous voilà donc entre l'arbre et l'écorce. On nous avait
demandé d'exprimer notre volonté d'aller en grève afin d'obtenir une
meilleure offre de la compagnie, ce que nous avons fait, de façon quasi
unanime ! Et pourtant, maintenant que les applaudissements ont
cessé et que la poussière est retombée, plusieurs se demandent si cette
entente est en fait une si grande victoire qu'on le prétend. L'
« entente » prévoyait qu'il n'y aurait plus de négociations
et qu'une grève serait déclenchée si l'entente était rejetée.
Évidemment, nous avons eu droit aux mêmes sornettes auxquelles nous
avons été exposés lors de la première entente, c'est-à-dire les graves
conséquences d'aller en grève sous le régime Harper.
Ces réflexions sont choses du passé. Les agents de bord
ont compris le message dès le départ. Après de longues
discussions et de nombreuses considérations, nous avons conclu que
notre décision ne serait pas fondée sur les menaces et la peur. Avec
fierté, nous avons tenu ferme et avons défendu nos intérêts et notre
dignité.
La discussion de cette deuxième version de l'entente ne
peut, elle non plus, se faire sur la base de menaces et de peur. Nous
devons discuter des mérites de cette entente qui a été, une fois de
plus, conclue à huis clos sans notre participation. Nous devons prendre
le temps qu'il faut pour tirer nos conclusions. Nous pourrions décider
pour un ensemble de raisons que l'entente est acceptable. Nous
pourrions aussi décider qu'elle n'est guère meilleure que la première,
celle que nous avons rejetée pour ensuite déclarer notre volonté
d'aller en grève.
N'oublions pas que nous n'avons pas voté en faveur d'une
grève pour faire peur à la compagnie. Ni n'avons-nous voté la grève en
appui au comité de négo. Nous avons voté « oui » pour
démontrer que nous sommes en mesure de prendre nos propres décisions et
de les défendre si nécessaire.
La discussion entreprise se poursuit et
démontre que les travailleurs du service de bord prennent au sérieux
les problèmes auxquels ils sont confrontés et sont déterminés à trouver
une
solution à ces problèmes -- la question salariale, les conditions de
travail inacceptables et l'insécurité à l'heure de la retraite, pour ne
nommer que ceux-là.
Nouveaux Horizons
est convaincu qu'il y a entre autres un urgent besoin de renouveler
et de moderniser nos organisations de défense. Nos actions au cours des
deux derniers mois démontrent que c'est ce que nous faisons
actuellement. Les discussions mettent en relief certains obstacles qui
nous empêchent de faire des progrès mais nous sommes à même de
démontrer notre détermination en les surmontant de façon décisive.
Certains prétendent que nous devons dépenser
davantage, de sorte à solliciter l'aide de nouveaux experts qui
mèneraient les négociations à notre place. En même temps, on nous dit
que nous avons déjà l'assistance de tous les experts possible.
Au cours du processus de négociation, l'emphase était
sur les discussions secrètes et le silence entourant le processus. Nous
croyons fermement que c'est ce qui est au coeur du problème. Les
membres ont démontré sans ambiguïté au cours des discussions tenues
depuis le début de ce processus qu'ils sont prêts à aller de l'avant et
à devenir eux-mêmes les décideurs. Ils ont exigé depuis le début d'être
partie prenante du processus de prise de décisions. Mais le processus
tel qu'il existe nous marginalise. Nous sommes en mesure d'organiser
des rassemblements, une grève et de voter, mais notre sort est scellé à
notre insu.
Nous devons en finir avec le processus des négociations
secrètes. Nous devons pouvoir
participer au processus ou du moins le suivre tout au long de son
déroulement en prévoyant des sessions organisationnelles avec nos
représentants afin de les assister. Les membres de notre organisation
de défense sont souverains. Nous devons créer des mécanismes qui
concrétiseront un tel processus de participation.
On doit prévoir des réunions des membres sans imposer de
limite de temps pour encourager la plus grande participation possible
en tenant
compte des horaires de chacun. Il pourrait en résulter plus de
responsabilités pour nos représentants, mais sans notre participation
leur « mandat » perd tout son sens. Les décisions qui seront
prises auront de grandes répercussions sur nos vies et nous devons
prendre le temps de vraiment étudier les enjeux
du vote.
Nous devons poursuivre nos discussions et notre travail
et veiller à ce que nous ne nous retrouvions pas dans un cul-de-sac.
Nous
devons veiller à ce que nous ne soyons pas forcés de prendre une
décision qui ne sert pas nos intérêts.
La discussion doit se poursuivre. Nous
devons nous donner les outils et mettre en oeuvre les mesures qui nous
permettront de devenir les décideurs.
Pour toute information au sujet de l'entente de
principe, cliquer ici.

US Steel et GM
Qui se ressemble...
- K.C. Adams -
Les comportements de US Steel et
de GM se ressemblent. GM a refusé de respecter ses obligations sociales
conventionnées envers ses travailleurs à la retraite. Le monopole a
même traîné ses retraités en cour pour obtenir l'approbation légale
d'un recours collectif visant à « mettre fin de façon
unilatérale » à des prestations en soins de santé après-emploi
prévues dans la convention collective. Au cours de ce procès, GM a
déclaré effrontément que la compagnie-mère aux États-Unis,
propriétaire à part entière de la filiale canadienne, ne reconnaît
aucune obligation envers ses travailleurs canadiens à la retraite. Les
travailleurs canadiens de GM sont isolés au sein d'une compagnie
autonome, a dit un avocat de GM, et si les cadres dirigeants
déterminent que les usines de GM au Canada ne peuvent générer assez de
revenus pour financer les prestations conventionnées après-emploi, y
compris les pensions, alors GM mettra fin à ces prestations
conventionnées ou les coupera de façon unilatérale.
Faut-il mentionner que GM refuse de tenir compte des
milliards de dollars dont il a bénéficié, revenus provenant du temps de
travail des travailleurs de l'auto de GM au Canada depuis près de cent
ans, sommes qui ont trouvé leur chemin vers les États-Unis, sans parler
du dépannage financier de 3 milliards $ de la part des
gouvernements fédéral et ontarien en 2009, et des subventions et
concessions gouvernementales. Ni ne tient-il compte du fait que depuis
15 ans GM a fermé ou vendu la production au Canada et a introduit
l'automatisation dans les usines, à un point tel que la production
canadienne de GM et l'emploi ont chuté de façon considérable.
US Steel, quoiqu'au Canada en tant que producteur
d'acier depuis 2007 lorsqu'il a pris le contrôle de Stelco, a
recours aux mêmes manoeuvres antiouvrières et anticanadiennes.
Lorsqu'il s'est emparé de Stelco, le monopole étasunien a hérité de
toutes les obligations sociales conventionnées en tant que partie
intégrante de la convention d'achat et des ententes conclues avec les
gouvernements fédéral et ontarien. Sont compris dans ces ententes les
quatre importants régimes de pension qui nécessitent des contributions
régulières de financement pour bien répondre aux besoins des retraités.
La prise de contrôle de Stelco a empêché les autres
monopoles lui faisant concurrence de s'approvisionner à même la
production annuelle de cinq millions de tonnes d'acier de ses deux
autres usines. Après s'être emparé de Stelco, US Steel a presque
immédiatement et pour de longues périodes cessé la production dans les
deux usines canadiennes. Il a commencé à répondre aux besoins canadiens
en acier de Stelco à partir d'usines aux États-Unis, a planifié la
destruction des quatre plans de pension et a extorqué d'autres
concessions des travailleurs de l'acier.
En 2008, les cadres dirigeants de US Steel ont déclaré
que des circonstances exceptionnelles les avaient poussés à ne pas
respecter leurs engagements envers la production et l'emploi tels que
stipulés dans la Loi sur
Investissement Canada. Ils ont
alors entrepris de détruire le plan de pension à Lake Erie Works en
éliminant l'indexation et le régime au complet pour les nouveaux
travailleurs. Ils ont, de façon unilatérale et illégale, arrêté
d'indexer le plan de pension à Hamilton Works, exigeant qu'il ne
soit plus accessible aux nouveaux travailleurs et menaçant maintenant
de mettre fin de façon unilatérale à la pratique importante d'injecter
des revenus dans les quatre plans de pension après 2015 et
peut-être avant.
Tout comme GM avait déclaré que sa
compagnie-mère ne reconnaissait aucune obligation conventionnée envers
les travailleurs canadiens de la GM, un cadre dirigeant de US Steel a
déclaré que les retraités canadiens bénéficiant des quatre plans de
pension, dont US Steel a hérité avec l'achat de Stelco, ne relèvent pas
de US Steel. « Ils appartenaient à l'ancien Stelco et non
à US Steel », a-t-il déclaré devant plusieurs témoins. Comme pour
être le plus clair possible, il a répété
que les retraités n'appartiennent pas à US Steel mais bien à Stelco.
Cette déclaration ne tient pas la route puisque les engagements légaux
existants établissent clairement que US Steel est responsable de
financer
les quatre plans de pension et de les rendre pleinement solvables et en
mesure de répondre aux besoins de tous les membres retraités de ces
plans.
Les travailleurs canadiens ne peuvent pas permettre que
ces monopoles, qu'ils soient étrangers ou de chez nous, tournent le dos
sur leurs engagements conventionnés, peu importe les excuses sans
principes et antisociales évoquées, telles les circonstances
exceptionnelles. Les circonstances exceptionnelles sont des problèmes
posés et à résoudre. Elles ne doivent pas servir de prétexte pour
attaquer les droits des travailleurs et les forces productives
matérielles du pays. Le Canada s'écroulera sous le poids de l'anarchie,
de la pauvreté et d'une crise économique permanente si ces pratiques
antisociales de la part des US Steel, GM, AbitibiBowater et autres
monopoles ont la latitude de se répéter. GM et US Steel doivent rendre
des comptes pour leurs obligations sociales. Il est du devoir des
gouvernements de tenir ces compagnies redevables et s'ils ne le font
pas, les travailleurs doivent tenir les gouvernements redevables.
En ce qui concerne GM et US Steel, les gouvernements
fédéral et ontarien pourraient prendre le contrôle des avoirs canadiens
de ces deux monopoles, dans la mesure où ces avoirs répondent aux
redevances en obligations conventionnées. Ils pourraient aussi
s'assurer que le plein emploi et les engagements de production
aient force de loi. Il en va de même pour les conventions collectives
qui mettraient fin aux concessions et seraient respectueuses d'un
niveau de vie canadien qui n'existe que grâce à de nombreuses années de
lutte de classe.
En ce qui concerne US Steel, le gouvernement pourrait
accorder un statut de privilège aux deux usines canadiennes ou encore,
il pourrait s'en emparer et les gérer en tant qu'entreprises publiques
productives ou les vendre à une autre compagnie à des niveaux de
production et d'emploi garantis. Les avoirs canadiens de US Steel,
qu'ils deviennent propriété gouvernementale ou qu'ils soient vendus,
devraient être attribués de sorte à rendre les quatre plans de pension
à prestation déterminée intégraux, solvables et disponibles à tous les
employés sans exception et de sorte à respecter tout autre engagement
envers les employés et les gouvernements.
Le Canada doit à tout le moins produire les plus de
16 millions de tonnes d'acier qu'il consomme annuellement et dans
le même sens, tous les secteurs manufacturiers et les principales
régions du Canada devraient être en mesure de produire au même rythme
que la demande.

L'«entente sur la Fiducie des soins de
santé» de General Motors
Rapport sur la dernière journée du recours collectif de
GM contre ses retraités
La
Cour
supérieure de l'Ontario, Toronto, le 12 septembre 2011
La dernière journée des audiences a été réservée aux
objections à la cessation unilatérale des prestations des soins de
santé des retraités de GM. Ces interventions ne semblent pas avoir pesé
lourd dans la balance puisque le lendemain le juge Perell a fait
connaître sa décision.
Environ 50 personnes ont participé à la dernière journée
des audiences, y compris un groupe d'une vingtaine de retraités
déterminés à défendre leurs droits que GM et les tribunaux sont en
train de détruire.
Le juge Paul Perell a expliqué que cette troisième
journée d'audiences était nécessaire puisqu'un grand nombre de
retraités n'avaient pas eu connaissance de la tenue des audiences.
Quatre retraités sont intervenus. À la question de l'un
d'eux sur la pertinence d'un recours à la justice, le juge a répondu
qu'un recours collectif était requis du fait que les retraités
n'étaient plus membres des sections locales du TCA. Ils n'étaient donc
pas légalement liés par les ententes conclues entre le TCA et GM. Le
recours collectif visait donc à lier légalement les retraités à
l'entente sur une Fiducie des soins de santé. Si le juge approuve le
recours collectif ainsi que l'entente – ce qu'il a fait le jour suivant
– alors l'entente devient obligatoire pour les retraités en tant que
membres du groupe des retraités, à moins qu'ils ne s'en retirent. Sur
la question de ce qui arrive si plus de 100 retraités choisissent de ne
pas participer, le juge a dit que GM avait le droit de faire ce qu'il
voulait. « GM Canada se réserve le droit d'annuler l'entente si le
nombre de retraités refusant d'y participer est au-delà d'un nombre
fixé en toute liberté par GM Canada. Cette condition elle-même peut
être supprimée par GM. »
Le retraité en question a qualifié la fiducie de Fiducie
frauduleuse de la santé et a demandé que le juge déclare illégale
l'entente conclue entre GM, le TCA et les retraités ayant joint la
partie défenderesse. D'abord, a-t-il argumenté, la FSS a été imposée
par un gouvernement minoritaire de Harper de connivence avec GM, et
ensuite, par connivence entre GM et la direction du TCA. Cette
connivence avait commencé dans les années 90 alors que le gouvernement
ontarien de Rae avait exempté GM de versements envers les fonds de
retraite. Aussi, les retraités n'ont aucunement été consultés ni avisés
et n'ont aucune représentation légale. Il a dit que les retraités
défendeurs qui avaient signé l'entente pour régler le recours collectif
avaient été nommés par la direction du TCA et non par les retraités
eux-mêmes. Selon lui, l'entente est une violation de la Charte des
droits et des libertés. Il a demandé au juge de déclarer illégale
l'entente. Si le juge décidait de la déclarer légale, il devrait tout
au moins exiger que la FSS soit financée dans sa totalité.
L'avocat de GM a répliqué que si moins de 100 personnes
refusent de participer à l'entente, alors celle-ci s'applique, mais GM
cessera de payer leurs prestations des soins de santé. Si le nombre de
non-participants dépasse 100, il s'agirait alors d'un différend
litigieux et GM affirmerait son droit d'arrêter de payer les
prestations des soins de santé de l'ensemble des retraités.
Le juge a alors « expliqué » pourquoi la
plupart des retraités n'étaient pas au courant du recours avant
aujourd'hui. Il a dit qu'un recours collectif n'est pas un processus
démocratique, mais un processus judiciaire. Il est tout à fait normal
que pour une procédure de recours collectif les membres du groupe ne
soient pas informés du contenu du recours avant que celui-ci ne soit
devant les tribunaux pour être approuvé. Selon lui, cela n'a pas
d'importance que les personnes interpellées par le recours collectif
qui représenteraient le groupe visé ne soient élues ou même ne soient
effectivement pas représentatives des membres du groupe. La
responsabilité d'assurer que les membres d'un groupe soient traités
avec équité et dignité relève du juge et des avocats.
Une deuxième retraitée s'est objectée au fait que les
fiduciaires de la FSS allaient être rémunérés à 25 000 $ par
année, et ce, pendant que les prestations des retraités subissent des
coupures. Pour un grand nombre de retraités, les prestations sont de la
plus haute importance. Par exemple, son époux dépend de ces prestations
pour ses traitements d'oxygène. Puisque les prestations seront coupées
d'au moins 20 %, qui décidera et quels seront les traitements
touchés, etc. Elle a dit qu'il était faux de prétendre, comme l'avait
fait l'avocat de GM, que les retraités étaient représentés dans ce
processus, puisque ceux-ci n'avaient pris connaissance du processus que
lorsque l'entente avait été conclue entre les partis concernés. En tant
que retraitée de GM et au même titre que tous les retraités, elle
considère être liée par un contrat légal qui stipule le montant des
prestations des soins de santé auxquelles elle a droit et que nulle
part dans le contrat est-il dit que ces prestations sont renégociables.
L'avocat de GM, prétendant réconforter cette retraitée,
a affirmé qu'au cours des 180 premiers jours de l'entente approuvée par
les tribunaux, les retraités bénéficieraient de leurs prestations à
100 %. Par la suite, les prestations seraient modifiées et les
fiduciaires décideraient de la nature de ces modifications.
Le juge a renchéri que la « FSS est mieux que
rien », que le statu quo serait maintenu pour les 180 jours
suivants la ratification de l'entente et que GM injecterait de 800 à
900 millions de dollars dans la fiducie et que les actuaires prévoient
qu'environ 80 % des prestations devraient être assurées à
condition que « les versements provenant des billets à ordre
soient respectés ». À défaut d'honorer ces billets, plus de
20 % des prestations seraient coupées. Il a dit que selon lui les
fiduciaires devaient consulter « d'une façon ou d'une autre »
les retraités avant de décider comment procéder aux coupures.
L'avocat du TCA a pris la parole soutenant que les
fiduciaires du TCA ne seraient pas rémunérés en tant que fiduciaires,
seulement les personnes ayant le statut de fiduciaires indépendants. Un
représentant du Centre ouvrier, qui est lui-même avocat, a demandé à
l'avocat du TCA sur quoi il fondait ses affirmations à l'effet que les
fiduciaires du TCA ne seraient pas rémunérés. L'avocat du TCA a répondu
qu'il n'avait rien pour soutenir ses affirmations. En effet, il est
possible qu'un fiduciaire nommé par le TCA puisse avoir le statut de
fiduciaire indépendant et bénéficier du 25 000 $.
Un autre retraité a demandé en quoi un tel recours
judiciaire était nécessaire pour mettre fin unilatéralement aux
prestations des soins de santé alors que cette question avait déjà été
décidée par une entente entre GM et le TCA.
Le juge, dans sa réplique, a ni plus ni moins confirmé
les soupçons de tous à l'effet qu'il ne s'agissait que d'un procès
bidon, que le recours serait approuvé, mais qu'on devait au moins
donner l'impression qu'une autorité légale couronnait le tout. En un
mot, il a laissé entendre que le fait de ne pas approuver l'entente
aurait des conséquences désastreuses pour les retraités et qu'ainsi il
leur rendait service en approuvant l'entente.
Le premier retraité à intervenir a demandé accès à
toutes les informations, y compris comment l'entente avait été conclue.
Comment les retraités pouvaient-ils tirer les conclusions appropriées
sans être bien informés ? Le juge a tout simplement répliqué que
beaucoup d'information était disponible sur l'internet que les
retraités y ont accès. Une visite sur le site Web du recours collectif
révèle que seules les conclusions de l'entente sont disponibles, telles
que l'entente de principe ainsi que les décisions et les annonces de la
Cour.
Un représentant du Centre ouvrier a discuté avec les
retraités qui ont dénoncé l'entente et le vol légalisé de leurs
prestations des soins de santé telles que négociées. Les retraités ont
fait valoir que plusieurs d'entre eux avaient accepté une retraite
anticipée pour laisser, selon ce qu'on leur avait dit, la place aux
plus jeunes. Ils avaient honnêtement compris que leurs prestations
après-retraite et leurs pensions négociées avec GM faisaient partie de
l'entente entre le TCA et GM en échange d'une retraite prématurée et
d'une énorme perte de salaire du fait de ne pas travailleur plus
longtemps. Pour eux, cet échange a été fait avec l'assurance qu'ils
pourraient bénéficier de bonnes prestations des soins de santé pour la
vie et ne pas sombrer dans la pauvreté. Ils ont dit qu'ils avaient fait
ce que le syndicat leur avait demandé de faire et maintenant ils
apprennent que ces prestations seront coupées.
Ils ont dit que les cadres dirigeants de GM ont toujours
eu recours au chantage contre les travailleurs de GM, qu'ils soient
actifs ou retraités, et qu'il ne servait à rien de perdre la tête suite
à la signature de cette entente injuste. GM menace les travailleurs de
fermer les usines et se sert de ce chantage pour que nous ne résistions
pas à la cessation unilatérale de nos prestations des soins de santé,
ont-ils dit. Ils ont rappelé que plier au chantage n'y met jamais fin.
Ce recours judiciaire, selon eux, indique clairement que GM est sur le
sentier de guerre une fois de plus et se prépare à attaquer tous ses
travailleurs. Ils ont déclaré que par conséquent, tout le monde devrait
s'organiser en une opposition unifiée et ne pas céder au chantage.

Bulletin du 3 octobre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à:
redaction@cpcml.ca
|