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International
Libye
Développements récents

L'attaque des
«rebelles» appuyés par l'OTAN
de Bani Walid, le 19 septembre 2011.
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Des combats féroces ont
été rapportés entre les forces
loyales au colonel Mouammar Kadhafi et le soi-disant Conseil national
de
transition (CNT) qui a jusqu'ici échoué dans son
offensive pour capturer les
villes de Sirte et Bani Walid après avoir pris des parties de
Sabha, appuyé
par l'OTAN.
Les « attaques contre les principaux bastions
de résistance du
dirigeant Mouammar Kadhafi se sont intensifiées dans les
dernières heures à
Sirte, la ville natale du dirigeant ont le sort est inconnu depuis
la fin
août, lorsque Tripoli a été capturée par les
rebelles », rapportait
Prensa Latina en début de semaine .
« En plus de l'artillerie lourde, des chars
d'assaut et autre arsenal,
les rebelles sont toujours soutenus par les frappes aériennes de
l'OTAN qui
tente de leur frayer un chemin vers la ville, bien qu'aucun
progrès
significatif n'ait été fait », rapporte
l'agence.
« Selon des émissions de
télévision arabes, on trouve une situation semblable
à Bani Walid, dont l'audacieuse offensive a
forcé les rebelles à se
retirer, bien qu'appuyés par des frappes aériennes de
l'OTAN.
« La direction du CNT a assuré avoir
pris le contrôle de deux
positions clés près de Sabha, un autre bastion de Kadhafi
et considéré
comme une ville stratégique parce qu'elle contrôle la
frontière avec le
Niger. »
À la fin de la semaine, les forces du CNT
appuyées par l'OTAN ont
tenté de se regrouper pour un nouvel assaut contre les villes.
Les agences de
presse rapportent d'énormes pertes civiles résultant des
bombardements
d'infrastructures civiles par l'OTAN.
Par ailleurs, le Financial Times cite un
représentant britannique à Tripoli disant que des avoirs
d'une valeur de
23 milliards $ ont été trouvés
« dans les coffres de l'État
libyen ce mois-ci ».
« Ce sont des avoirs internes trouvés
dans le bilan de la Banque
centrale de la Libye, qui sont une mine d'or jusqu'à au moins
l'année
prochaine. Cela leur enlève la pression d'obtenir le
dégel des avoirs à
l'étranger », a-t-il dit.
Pour les nouveaux dirigeants de la Libye, c'est
« l'équivalent de
découvrir plusieurs milliards $ sous le
matelas », a ajouté le
représentant.
Tout cela est un démenti face à ceux qui
répètent que Kadhafi a utilisé
les biens du peuple libyen pour s'enrichir. « La
découverte double
presque les avoirs domestiques qui ont jusqu'ici été
estimés à
25 milliards $, écrit le Financial Times.
« La
plus majeure partie des avoirs de la Libye à l'étranger
estimés à 160
milliards $ demeure gelée à cause des sanctions
imposées contre le
régime Kadhafi », ajoute-t-il.
Il sera révélateur de voir qui prendra
possession de ces avoirs
puisque le
fait de les remettre entre les mains d'individus corrompus qui
composent le
Conseil national de transition va faire d'eux des
éléments véreux
difficiles
pour l'OTAN à garder sous son contrôle. On peut imaginer
la
bousculade pour le butin auxquels plusieurs pays vont participer, dont
le
Canada, au nom des monopoles qu'ils choisissent pour effectuer le
travail de
« reconstruction » en Libye. Quel filon ! Le
Canada
va-t-il aussi facturer la Libye pour toutes les bombes qu'il a
larguées
et continue
de larguer contre le peuple pour s'emparer de sonpays au nom des
États-Unis, en rivalité avec ses
« partenaires »
européens ?

Afghanistan
Quel retrait? Obama veut
100 millions $ pour une prison
- Russia Today, le 20 septembre 2011-
Alors que le
président Obama affirme que les États-Unis pourront
économiser 1 billion $ au cours de la prochaine
décennie en se
retirant de la guerre en Afghanistan, il ne s'est pas beaucoup
étendu sur ses plans de construire une nouvelle prison en
Afghanistan, à un
coût de 100 millions $.
Qu'Obama veuille en parler ou non durant son plaidoyer
au Congrès pour faire adopter son projet de loi American Jobs Act, les
États-Unis se préparent à
dépenser plus de 100 millions $ pour
la construction d'une prison dans la ville de Bagran, en Afghanistan.
Un
appel d'offres posté sur un site du gouvernement
fédéral la semaine dernière
révèle que les États-Unis ont l'intention de
construire un établissement qui
mettra en vedette l'hébergement pour autant que 2000
détenus à un coût de
construction estimé entre 25 millions $ et 100
millions $.
Affiché le 13 septembre sur le site
FedBizOpps.gov, un appel
d'offres du Corps des ingénieurs de l'armée
américaine pour le district du
Moyen-Orient sollicite de la part des entrepreneurs de la région
des
propositions d'offres de services pour la construction d'un
établissement qui
comprendra des tours de garde, la surveillance en vue d'assurer la
sécurité,
des portes d'accès contrôlé et des logements pour
environ 2000
prisonniers.
Malgré la grande insistance d'Obama à dire
que
le retrait des
troupes est près de se réaliser, le groupe Human Rights
First a récemment
écrit que les États-Unis « emprisonnent
toujours plus de 2800 hommes
à l'extérieur des États-Unis sans inculpation, ni
jugement ». Même si
le retour de milliers de soldats vers les États est prévu
durant les mois à
venir, il semble que l'empreinte de l'armée américaine
sera présente en
Afghanistan pour des années à venir.
En attendant leur retour en Amérique, la Cour
suprême a statué en mai
que l'État de Californie a dû réduire sa population
carcérale de plus de 30
000, en affirmant que les conditions dans les prisons du Golden State
sont
l'équivalent d'un châtiment cruel et inhabituel.
Peut-être la meilleure
solution est d'exporter nos détenus vers le Moyen-Orient ?
Par coïncidence, c'est à peu près le nombre de
soldats
que le président Obama prévoit retirér
de l'Afghanistan au cours
des 12 prochains mois.
Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont
demandé aux représentants des
talibans d'ouvrir un bureau dans l'État voisin du Qatar afin que
des
pourparlers de paix entre les parties puissent bientôt commencer.
Soixante-six soldats américains ont été
tués en Afghanistan au cours
du dernier mois, dans le cours des plus sanglants combats pour
la partie étasunienne durant cette guerre qui dure depuis une
décennie.

Pakistan
Une protestation officielle contre
les drones sera déposée
L'Associated Press of
Pakistan informe que le ministère des Droits humains (MDH) du
pays va déposer une plainte officielle
auprès du
Rapporteur spécial de l'ONU concernant les exécutions
extrajudiciaires, sommaires
ou arbitraires en raison des attaques illégales de drones sur le
Pakistan, qui
violent la primauté du droit international, y compris le droit
international
humanitaire.
Lors d'une conférence de presse le
19 septembre, le
conseiller auprès du premier ministre sur les Droits humains,
Mustafa
Nawaz Khokar, a dit que la question serait discutée avec les
représentants du
gouvernement. L'Associated Press affirme que le conseiller a
catégoriquement et clairement indiqué que les frappes de
drones ne sont pas
acceptables. Il a dit que jusqu'ici le débat s'est
concentré autour de la perte
de vies comme étant des dommages collatéraux et non sur
la législation
spécifique en ce qui concerne les frappes, à la
lumière du droit international
humanitaire.
« Il a expliqué qu'en plus
d'être une violation de la souveraineté
territoriale du Pakistan, il y a un consensus qui se forme parmi les
experts en
droit international que ces frappes peuvent être décrites
correctement comme
visant à 'tuer la cible' , ou 'des exécutions
extrajudiciaires' principalement
parce que ceux qui sont ciblés sont ' éliminés'
sans leur donner la possibilité
de se défendre devant un tribunal de droit. »
« Ce point de vue gagne du terrain parmi les
organisations
juridiques internationales et est fondé sur divers
traités internationaux ainsi
que la constitution des États-Unis », indique
le rapport. Il
poursuit :
« Donnant une brève description de
l'histoire des attaques de
drones, Mustafa Khokar a dit que la première attaque de drones
s'est
produite en Jordanie et le Rapporteur spécial de l'ONU sur les
exécutions
extrajudiciaires a pris sérieusement connaissance de cela et a
transmis au
gouvernement des États-Unis une explication de sa position
à cet égard. Il
est d'avis que l'action militaire doit être proportionnée.
« Mustafa a mentionné qu'il ne faut
pas être un expert
juridique pour voir qu'il y a un mépris flagrant du droit
international, du droit coutumier, des
traités et
conventions par l'administration étasunienne.
« Les obligations morales et juridiques sont
bafouées par
l'administration étasunienne, a-t-il dit, ajoutant qu'une
plainte
au sujet des
attaques de drones a déjà été remise aux
États-Unis à plusieurs reprises mais
malheureusement elle n'a pas produit l'effet désiré et le
MDH a décidé de
remettre cette question entre les mains de l'ONU. »
Mustafa Khokar a annoncé l'ouverture d'une
exposition de photos à
Londres, mardi le 20 septembre, intitulé « À
la chasse au
Waziristan » , dans laquelle des clichés de victimes
des attaques de
drones (y compris les cadavres d'enfants et de femmes, des
vêtements,
chaussures et autres biens de ces personnes) sont affichés pour
faire connaître la
réalité lors des forums internationaux.
Le conseiller a aussi dit que la cause des
États-Unis et de ses alliés est
discutable, par son manque de respect pour les traités
environnementaux
et la torture des détenus et maintenant les
assassinats extrajudiciaires. Il
espère que le Rapporteur spécial des Nations unies se
penche sur le problème et
que la communication officielle du Pakistan soit productive.
Autres menaces des
États-Unis contre le Pakistan
Selon les dépêches, les États-Unis
menacent d'intervenir militairement contre
le Pakistan au-delà des attaques de drones. L'amiral de
l'état-major des
forces conjointes américaines, Mike Mullen, a
déclaré devant un comité
sénatorial que des agents d'un groupe d'Afghans appelés
Haqqani ont lancé
une attaque la semaine dernière contre l'ambassade
américaine à Kaboul
avec le soutien des services de renseignements militaires du Pakistan.
Le
réseau Haqqani est un « véritable
bras » de l'agence de
renseignements pakistanaise Inter-Services Intelligence (ISI), a dit
Mullen.
En réponse à cette allégation, le
ministre des Affaires étrangères du
Pakistan, Hina Rabbani Khar, a dit à Geo TV à New York
que les
États-Unis risquent de perdre un allié.
« Vous ne pouvez pas vous permettre de vous
aliéner le Pakistan,
vous ne pouvez pas vous permettre de vous aliéner le peuple
pakistanais. Si
vous choisissez de le faire et s'ils choisissent de le faire, ce sera
à leurs (des
États-Unis) dépens, a dit Khar. Tout ce qui est dit au
sujet
d'un allié, à propos d'un partenaire, pour le
récriminer publiquement,
l'humilier, n'est pas acceptable. »
« Les tensions peuvent avoir des
répercussions à travers l'Asie, en
partant de l'Inde, le rival en plein essor économique
traditionnel du Pakistan,
jusqu'à la Chine qui s'est rapprochée du Pakistan ces
dernières
années », écrit Reuters. L'agence ajoute que
les
États-Unis
« dépendent du Pakistan pour des routes
d'approvisionnement pour les
troupes américaines combattant les militants en Afghanistan et
comme base pour les appareils américains sans
pilote » et que
« le
Pakistan s'appuie sur Washington pour l'aide militaire et
économique et en
retour compte sur lui pour l'appuyer sur la scène
internationale ».
« Le message pour l'Amérique est le
suivant : 'Elle
ne peut pas vivre avec nous, elle ne peut pas vivre sans
nous', a
déclaré le premier ministre pakistanais Yusuf Raza Gilani
aux journalistes.
Mullen, le directeur de la CIA David Petraeus et la
secrétaire d'État
américaine Hillary Clinton ont tous rencontré ces
derniers jours leurs
homologues pakistanais, pour exiger qu'Islamabad prenne des mesures
contre le réseau Haqqani, rapporte Reuters.
« Toute offensive pakistanaise contre les
Haqqanis sera risquée.
Le groupe a à sa disposition environ 10 000 à 15 000
combattants
aguerris et les analystes disent que l'armée pakistanaise subira
probablement
de lourdes pertes », écrit Reuters. Elle cite Mahmoud
Durrani, un
major-général à la retraite et ancien ambassadeur
pakistanais à Washington,
en disant que les deux parties doivent apaiser les tensions afin
d'éviter une
action militaire américaine au-delà des frappes de drones
ou de sanctions
économiques.
« Il y a une possibilité. Elle est
grande ouverte. Mais elle sera
absolument et totalement désastreuse », a
déclaré Durrani.
Cet article démontre les dangers
inhérents au diktat
impérialiste
des États-Unis. C'est d'exiger de remettre tout l'État
d'un pays, ou
bien
d'être prêt à faire face aux attaques et à
l'invasion. Même si les
menaces
sont uniquement destinées à obtenir les résultats
que souhaitent les
États-Unis à un moment donné, il est
également vrai qu'à tout moment de
telles
menaces peuvent se retourner et se transformer en conflit armé.
La
solution
est de forcer les États-Unis à quitter tous les pays
étrangers. Les
attaques de
drones ne sont pas acceptables en Afghanistan ou au Pakistan ou dans
tout
autre pays, pas plus que les guerres et les occupations au nom de la
libération.

Grèce
Le FMI annonce des mesures d'austérité
criminelles
Rassemblement à
Athènes pour rejeter l'imposition des prétendues mesures
d'austérité, le 21 septembre
2011.
Les agences de nouvelles informent que le gouvernement
grec a annoncé
lundi d'autres restrictions pour le secteur public, au moment où
le Fonds
monétaire international (FMI) exige du pays la mise en oeuvre
d'encore d'autres
réformes économiques radicales.
Selon le ministre des Finances Evangelos Venizelos,
plusieurs
entreprises qui dépendent des subventions de l'État
fermeront leurs portes d'ici
la fin de 2011.
Ces nouvelles mesures ont été
annoncées avant une conférence
téléphonique avec des représentants de la
soi-disant troïka - Union
européenne, Banque centrale européenne et Fonds
monétaire
international - durant laquelle les finances de la Grèce seront
évaluées avant
de déterminer si elle est admissible à recevoir l'aide
sous forme du paiement
suivant.
Le ministre a également annoncé que dans
le but de recueillir les
2 milliards d'euros requis pour que le pays soit en mesure de
respecter
ses obligations, de nouvelles taxes seront imposées à
tous les propriétaires de
tout type de biens d'entreprise ainsi que le dévoilement d'une
taxe spéciale
sur l'immobilier.
Le représentant permanent du FMI en Grèce,
Bob Traa, a déclaré que la
Grèce doit mettre en oeuvre les mesures
d'austérité, notamment la
privatisation et les coupures, et aussi les réductions de
personnel et de
salaires dans le secteur public.
Entre-temps, les syndicats préparent des
manifestations et des grèves
contre ces nouvelles mesures d'austérité que le
gouvernement impose sous la
pression des organismes d'octroi de crédit.

Cuba
Le blocus étasunien nuit
aux télécommunications
Le blocus des
États-Unis contre Cuba a coûté à l'industrie
cubaine des
télécommunications plus de sept milliards $US en
pertes pour la seule
année dernière, créé des obstacles à
l'achat de matériel et logiciel et entravé l'accès
des Cubains à l'Internet, rapporte Prensa Latina. Les
pertes de
7 milliards $US ont
été rapportées de mai 2010 à avril 2011,
selon un rapport du gouvernement
cubain envoyé à l'Assemblée générale
des Nations unies.
L'agression américaine s'est concentrée
non seulement à empêcher les
entreprises cubaines d'acheter des pièces et de
l'équipement informatique
mais aussi empêcher les Cubains de naviguer sur l'Internet,
spécialement
les réseaux sociaux, ajoute l'agence de nouvelles.
En octobre 2010, le réseau Twitter a
admis qu'il a bloqué
l'envoi de textos de Cuba vers sa plate-forme.
Depuis avril 2011, le réseau Twitter,
qui a plus de 100
millions d'utilisateurs actifs partout dans le monde, empêche les
Cubains
d'utiliser certains outils, disant qu'ils ne peuvent y avoir
accès à partir d'un
pays proscrit.
En février dernier, la société
financière Syniverse a cessé de payer les
frais en itinérance pour les téléphones
cellulaires à la compagnie cubaine
ETECSA, une des principales source de revenus d'ETECSA, comme elle le
fait avec des compagnies similaires dans le monde. Expliquant que sa
banque ne peut engager des transactions avec Cuba, Syniverse
doit
maintenant 2,6 millions $US à ETECSA.
Le gouvernement cubain, avec un grand appui
international depuis 1992,
va demander à l'Assemblée générale des
Nations unies pour la vingtième
fois consécutive de mettre fin au blocus financer, commercial et
économique
des États-Unis contre le pays.
Selon les estimés, le montant total des pertes
causées par le blocus des
États-Unis contre Cuba est de 975 milliards $US.

L'absurde et cruelle décision
de la juge Lenard contre René
- José Pertierra*, Granma
International, 19 septembre
2011-
Vendredi, une juge fédérale de Miami a
pris une décision absurde et
cruelle contre un des cinq Cubains, dont la peine d'emprisonnement
s'achève le 7 octobre prochain : la juge Joan Lenard a
déclaré
que René Gonzalez, qui a purgé 13 ans de prison pour
ne pas s'être
inscrit comme agent du gouvernement cubain, sera obligé de vivre
les trois
prochaines années à Miami, en « liberté
surveillée ».
M. Gonzalez avait demandé l'autorisation de
revenir à Cuba pour
retrouver sa femme Olga et ses filles Ivette et Irma. Il y a plusieurs
années,
le département d'État avait décidé de ne
jamais donner de visa à Olga afin
qu'elle puisse rendre visite à son époux.
Même s'il est citoyen étasunien de par sa
naissance, René Gonzalez a
été élevé à Cuba et il a la double
nationalité. À la demande du
gouvernement cubain, il est retourné aux États-Unis afin
de surveiller les
groupes terroristes de Miami, qui depuis leurs bases dans le sud de la
Floride mènent des actions terroristes contre la population
cubaine.
Cependant, en s'abstenant d'informer le département de la
justice de ses
activités aux États-Unis, René Gonzalez a
violé la loi. Par contre, le FBI n'a
jamais arrêté les terroristes que René
surveillait : ils sont toujours
libres, protégés, et passent des beaux jours à
Miami.
Quel intérêt peut bien avoir le
gouvernement étasunien pour continuer à
sanctionner une personne dont le seul délit est d'avoir
lutté contre le
terrorisme ? Pourquoi l'obliger à rester à Miami –
un foyer de
terrorisme anti-cubain – pendant les trois prochaines
années ?
Qu'importe si les terroristes – depuis leurs bases aux
États-Unis
– ont assassiné 3 478 Cubains et laissé
handicapés
2 099 autres, au cours des 50 dernières
années ? De plus,
comment la juge veut-elle que M. Gonzalez applique les conditions de sa
« liberté surveillée » à
Miami ?
Parmi les conditions imposées par la Cour
à René Gonzalez figure
l'interdiction de « s'associer avec des individus ou des
groupes
terroristes, ou avec des membres d'organisations qui prônent la
violence ». Elle lui interdit également de
« s'approcher ou de se
rendre dans des endroits spécifiques ou qui pourraient
être fréquentés par des
individus ou des groupes terroristes ». Cela ne veut-il pas
dire que
pour accomplir la sentence, Miami est précisément le lieu
où il ne devrait
pas vivre, cette ville étant le sanctuaire des terroristes aux
États-Unis ?
Les terroristes que René
était chargé de surveiller vivent toujours à
Miami. Ils soutiennent ouvertement le recours à la violence
contre Cuba. En
avril dernier, Luis Posada Carriles, le commanditaire du sabotage d'un
avion
civil cubain dans lequel sont mortes 73 personnes, et d'une
campagne
de terreur contre La Havane, qui comprenait la pose de bombes dans les
plus grands hôtels et restaurants cubains, a
réaffirmé son engagement dans la
lutte armée contre le gouvernement cubain. Or Posada Carriles et
ses
acolytes vivent à Miami.
Pourquoi mettre en danger la vie de René et
l'obliger à vivre les trois
prochaines années côte à côte avec les
mêmes terroristes qu'il surveillait à
Miami lorsqu'il était agent du gouvernement cubain ?
Ce sont des terroristes cubano-américains qui ont
assassiné Orlando
Letelier (l'ancien ministre chilien des Affaires
étrangères) aux États-Unis,
Ronni Karpen Moffitt (une citoyenne nord-américaine), Eulalio
Negrin et
Carlos Muniz Varela (un Cubano-américain favorable au dialogue
pacifique
avec le gouvernement cubain), et aussi Felix Garcia Rodriguez (un
diplomate cubain à l'ONU).
Dans une enquête réalisée la veille
du procès contre les cinq Cubains, la
psychologue Kendra Brennan a conclu que les Cubano-américains de
Miami
maintiennent « une attitude guerrière contre
Cuba ». En outre,
une étude sur la communauté cubano-américaine de
Miami, publiée par
Americas Watch, a révélé que « les
forces dominantes et
intransigeantes de la communauté des exilés cubains
à Miami »,
tentent de faire taire par la violence les opinions divergentes sur
Cuba.
Par exemple, des bombes ont été
posées dans des stations de radios et
dans les bureaux de revues de Miami. Les personnes qui plaident pour
des
changements dans la politique à l'égard de Cuba ont
été menacées de mort.
« Plus d'une dizaine de bombes ont été
posées, dirigées contre ceux
qui défendent l'idée d'une ouverture plus
modérée envers le gouvernement
de Fidel Castro », conclut le rapport.
Il est donc irresponsable et dangereux d'obliger
René Gonzalez à rester
dans cette atmosphère de violence et de terrorisme pendant les
trois
prochaines années. Sa vie est en danger.
La juge Lenard a expliqué qu'elle ne peut
évaluer exactement les
circonstances du délit, ou l'histoire et les
caractéristiques du
condamné ».
Sérieusement, Mme la juge ? Mais si les
« circonstances du
délit » sont que René Gonzalez n'est pas venu
aux États-Unis pour
commettre des actes d'espionnage contre le gouvernement ou pour
commettre des crimes. Sa seule mission consistait à surveiller
les terroristes
qui agissent en toute impunité aux États-Unis, et dont
les cibles sont des
civils innocents à Cuba. Son seul objectif était de
rassembler des preuves
que Cuba a ensuite remises au FBI pour que Washington agisse contre ces
gens.

Ainsi, les terroristes cubano-américains ont
préparé une série d'attentats
à la bombe dans les hôtels et les restaurants les plus
célèbres de La Havane,
y compris le prestigieux Hôtel National et le légendaire
restaurant La
Bodeguita del Medio. La campagne terroriste avait pour objectif de
détruire
l'industrie touristique à Cuba, et ainsi porter un coup à
l'économie du pays
qui était déjà affaiblie après la chute du
bloc socialiste de l'URSS et de
l'Europe de l'Est.
Après les attentats du 11 septembre, les
États-Unis ont affirmé
avoir comme priorité de punir les terroristes et de
récompenser ceux qui
combattent le terrorisme. S'il en est ainsi, ils devraient alors
permettre à
René Gonzalez de retrouver sa famille à Cuba, au lieu de
l'obliger à rester à
Miami entouré de terroristes qui veulent lui régler son
compte.
La juge Lenard allègue dans sa décision
que, si elle permet à René de
revenir à Cuba le 7 octobre, elle ne pourra pas
« évaluer si le
peuple étasunien est protégé des futurs crimes que
le condamné pourrait
commettre ». Mais le seul crime commis par René a
été de ne pas
s'inscrire comme agent étranger ? Comment pourrait-il
représenter un
danger pour le peuple étasunien s'il retourne dans son
pays ? De
combien de temps la juge Lenard a-t-elle besoin pour évaluer
exactement
quelque chose d'aussi clair que l'eau de roche ?
La juge a également argué qu'elle a besoin
de plus de temps pour que
les États-Unis puissent donner à René
« une préparation, une
éducation et des services médicaux de la façon la
plus efficace ».
Pardon ? René a déjà déclaré
qu'il n'a aucune intention de rester vivre
aux États-Unis.
Son avocat a exprimé clairement que René a
proposé de renoncer à sa
citoyenneté étasunienne pourvu qu'il puisse rentrer chez
lui à Cuba. Il n'a
besoin ni de l'éducation, ni de la préparation des
États-Unis pour l'aider à se
réinsérer dans la société
étasunienne. Il souhaite tout simplement revenir à
Cuba auprès de sa famille, et ne pas recevoir d'instructions sur
la manière
de vivre dans ce pays, et passer trois ans de plus séparé
de son foyer.
Somme toute, à Cuba, il aura à sa disposition les
meilleurs soins médicaux,
sans aucun frais ni pour les États-Unis ni pour lui-même.
Sans aucune surprise, la procureure de l'affaire,
Caroline Heck-Miller, a
rejeté la requête de René sollicitant son retour
à Cuba au terme de sa peine
d'emprisonnement. C'est cette même juge qui a
décidé de ne pas inculper
Posada Carriles pour terrorisme, bien que l'avocate du
département de
sécurité le lui ait demandé.
La seule issue de l'inexplicable et étrange
décision de la juge Lenard est
qu'elle laisse la porte ouverte à René pour une nouvelle
demande de retour à
Cuba, « si les circonstances justifient une modification de
sa
sentence. »
Quelles circonstances la juge Lenard attend-elle ?
Qu'un terroriste
quelconque à Miami tire sur René ?

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