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L'attaque des «rebelles» appuyés par l'OTAN
de Bani Walid, le 19 septembre 2011.

Des combats féroces ont été rapportés entre les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi et le soi-disant Conseil national de transition (CNT) qui a jusqu'ici échoué dans son offensive pour capturer les villes de Sirte et Bani Walid après avoir pris des parties de Sabha, appuyé par l'OTAN.

Les « attaques contre les principaux bastions de résistance du dirigeant Mouammar Kadhafi se sont intensifiées dans les dernières heures à Sirte, la ville natale du dirigeant ont le sort est inconnu depuis la fin août, lorsque Tripoli a été capturée par les rebelles », rapportait Prensa Latina en début de semaine .

« En plus de l'artillerie lourde, des chars d'assaut et autre arsenal, les rebelles sont toujours soutenus par les frappes aériennes de l'OTAN qui tente de leur frayer un chemin vers la ville, bien qu'aucun progrès significatif n'ait été fait », rapporte l'agence.

« Selon des émissions de télévision arabes, on trouve une situation semblable à Bani Walid, dont l'audacieuse offensive a forcé les rebelles à se retirer, bien qu'appuyés par des frappes aériennes de l'OTAN.

« La direction du CNT a assuré avoir pris le contrôle de deux positions clés près de Sabha, un autre bastion de Kadhafi et considéré comme une ville stratégique parce qu'elle contrôle la frontière avec le Niger. »

À la fin de la semaine, les forces du CNT appuyées par l'OTAN ont tenté de se regrouper pour un nouvel assaut contre les villes. Les agences de presse rapportent d'énormes pertes civiles résultant des bombardements d'infrastructures civiles par l'OTAN.

Par ailleurs, le Financial Times cite un représentant britannique à Tripoli disant que des avoirs d'une valeur de 23 milliards $ ont été trouvés « dans les coffres de l'État libyen ce mois-ci ».

« Ce sont des avoirs internes trouvés dans le bilan de la Banque centrale de la Libye, qui sont une mine d'or jusqu'à au moins l'année prochaine. Cela leur enlève la pression d'obtenir le dégel des avoirs à l'étranger », a-t-il dit.

Pour les nouveaux dirigeants de la Libye, c'est « l'équivalent de découvrir plusieurs milliards $ sous le matelas », a ajouté le représentant.

Tout cela est un démenti face à ceux qui répètent que Kadhafi a utilisé les biens du peuple libyen pour s'enrichir. « La découverte double presque les avoirs domestiques qui ont jusqu'ici été estimés à 25 milliards $, écrit le Financial Times. « La plus majeure partie des avoirs de la Libye à l'étranger estimés à 160 milliards $ demeure gelée à cause des sanctions imposées contre le régime Kadhafi », ajoute-t-il.

Il sera révélateur de voir qui prendra possession de ces avoirs puisque le fait de les remettre entre les mains d'individus corrompus qui composent le Conseil national de transition va faire d'eux des éléments véreux difficiles pour l'OTAN à garder sous son contrôle. On peut imaginer la bousculade pour le butin auxquels plusieurs pays vont participer, dont le Canada, au nom des monopoles qu'ils choisissent pour effectuer le travail de « reconstruction » en Libye. Quel filon ! Le Canada va-t-il aussi facturer la Libye pour toutes les bombes qu'il a larguées et continue de larguer contre le peuple pour s'emparer de sonpays au nom des États-Unis, en rivalité avec ses « partenaires » européens ?

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Afghanistan

Quel retrait? Obama veut
100 millions $ pour une prison

Alors que le président Obama affirme que les États-Unis pourront économiser 1 billion $ au cours de la prochaine décennie en se retirant de la guerre en Afghanistan, il ne s'est pas beaucoup étendu sur ses plans de construire une nouvelle prison en Afghanistan, à un coût de 100 millions $.

Qu'Obama veuille en parler ou non durant son plaidoyer au Congrès pour faire adopter son projet de loi American Jobs Act, les États-Unis se préparent à dépenser plus de 100 millions $ pour la construction d'une prison dans la ville de Bagran, en Afghanistan. Un appel d'offres posté sur un site du gouvernement fédéral la semaine dernière révèle que les États-Unis ont l'intention de construire un établissement qui mettra en vedette l'hébergement pour autant que 2000 détenus à un coût de construction estimé entre 25 millions $ et 100 millions $.

Affiché le 13 septembre sur le site FedBizOpps.gov, un appel d'offres du Corps des ingénieurs de l'armée américaine pour le district du Moyen-Orient sollicite de la part des entrepreneurs de la région des propositions d'offres de services pour la construction d'un établissement qui comprendra des tours de garde, la surveillance en vue d'assurer la sécurité, des portes d'accès contrôlé et des logements pour environ 2000 prisonniers.

Malgré la grande insistance d'Obama à dire que le retrait des troupes est près de se réaliser, le groupe Human Rights First a récemment écrit que les États-Unis « emprisonnent toujours plus de 2800 hommes à l'extérieur des États-Unis sans inculpation, ni jugement ». Même si le retour de milliers de soldats vers les États est prévu durant les mois à venir, il semble que l'empreinte de l'armée américaine sera présente en Afghanistan pour des années à venir.

En attendant leur retour en Amérique, la Cour suprême a statué en mai que l'État de Californie a dû réduire sa population carcérale de plus de 30 000, en affirmant que les conditions dans les prisons du Golden State sont l'équivalent d'un châtiment cruel et inhabituel. Peut-être la meilleure solution est d'exporter nos détenus vers le Moyen-Orient ? Par coïncidence, c'est à peu près le nombre de soldats que le président Obama prévoit retirér de l'Afghanistan au cours des 12 prochains mois.

Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont demandé aux représentants des talibans d'ouvrir un bureau dans l'État voisin du Qatar afin que des pourparlers de paix entre les parties puissent bientôt commencer. Soixante-six soldats américains ont été tués en Afghanistan au cours du dernier mois, dans le cours des plus sanglants combats pour la partie étasunienne durant cette guerre qui dure depuis une décennie.

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Pakistan

Une protestation officielle contre
les drones sera déposée

L'Associated Press of Pakistan informe que le ministère des Droits humains (MDH) du pays va déposer une plainte officielle auprès du Rapporteur spécial de l'ONU concernant les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires en raison des attaques illégales de drones sur le Pakistan, qui violent la primauté du droit international, y compris le droit international humanitaire.

Lors d'une conférence de presse le 19 septembre, le conseiller auprès du premier ministre sur les Droits humains, Mustafa Nawaz Khokar, a dit que la question serait discutée avec les représentants du gouvernement. L'Associated Press affirme que le conseiller a catégoriquement et clairement indiqué que les frappes de drones ne sont pas acceptables. Il a dit que jusqu'ici le débat s'est concentré autour de la perte de vies comme étant des dommages collatéraux et non sur la législation spécifique en ce qui concerne les frappes, à la lumière du droit international humanitaire.

« Il a expliqué qu'en plus d'être une violation de la souveraineté territoriale du Pakistan, il y a un consensus qui se forme parmi les experts en droit international que ces frappes peuvent être décrites correctement comme visant à 'tuer la cible' , ou 'des exécutions extrajudiciaires' principalement parce que ceux qui sont ciblés sont ' éliminés' sans leur donner la possibilité de se défendre devant un tribunal de droit. »

« Ce point de vue gagne du terrain parmi les organisations juridiques internationales et est fondé sur divers traités internationaux ainsi que la constitution des États-Unis », indique le rapport. Il poursuit :

« Donnant une brève description de l'histoire des attaques de drones, Mustafa Khokar a dit que la première attaque de drones s'est produite en Jordanie et le Rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires a pris sérieusement connaissance de cela et a transmis au gouvernement des États-Unis une explication de sa position à cet égard. Il est d'avis que l'action militaire doit être proportionnée.

« Mustafa a mentionné qu'il ne faut pas être un expert juridique pour voir qu'il y a un mépris flagrant du droit international, du droit coutumier, des traités et conventions par l'administration étasunienne.

« Les obligations morales et juridiques sont bafouées par l'administration étasunienne, a-t-il dit, ajoutant qu'une plainte au sujet des attaques de drones a déjà été remise aux États-Unis à plusieurs reprises mais malheureusement elle n'a pas produit l'effet désiré et le MDH a décidé de remettre cette question entre les mains de l'ONU. »

Mustafa Khokar a annoncé l'ouverture d'une exposition de photos à Londres, mardi le 20 septembre, intitulé « À la chasse au Waziristan » , dans laquelle des clichés de victimes des attaques de drones (y compris les cadavres d'enfants et de femmes, des vêtements, chaussures et autres biens de ces personnes) sont affichés pour faire connaître la réalité lors des forums internationaux.

Le conseiller a aussi dit que la cause des États-Unis et de ses alliés est discutable, par son manque de respect pour les traités environnementaux et la torture des détenus et maintenant les assassinats extrajudiciaires. Il espère que le Rapporteur spécial des Nations unies se penche sur le problème et que la communication officielle du Pakistan soit productive.

Autres menaces des États-Unis contre le Pakistan

Selon les dépêches, les États-Unis menacent d'intervenir militairement contre le Pakistan au-delà des attaques de drones. L'amiral de l'état-major des forces conjointes américaines, Mike Mullen, a déclaré devant un comité sénatorial que des agents d'un groupe d'Afghans appelés Haqqani ont lancé une attaque la semaine dernière contre l'ambassade américaine à Kaboul avec le soutien des services de renseignements militaires du Pakistan. Le réseau Haqqani est un « véritable bras » de l'agence de renseignements pakistanaise Inter-Services Intelligence (ISI), a dit Mullen.

En réponse à cette allégation, le ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Hina Rabbani Khar, a dit à Geo TV à New York que les États-Unis risquent de perdre un allié.

« Vous ne pouvez pas vous permettre de vous aliéner le Pakistan, vous ne pouvez pas vous permettre de vous aliéner le peuple pakistanais. Si vous choisissez de le faire et s'ils choisissent de le faire, ce sera à leurs (des États-Unis) dépens, a dit Khar. Tout ce qui est dit au sujet d'un allié, à propos d'un partenaire, pour le récriminer publiquement, l'humilier, n'est pas acceptable. »

« Les tensions peuvent avoir des répercussions à travers l'Asie, en partant de l'Inde, le rival en plein essor économique traditionnel du Pakistan, jusqu'à la Chine qui s'est rapprochée du Pakistan ces dernières années », écrit Reuters. L'agence ajoute que les États-Unis « dépendent du Pakistan pour des routes d'approvisionnement pour les troupes américaines combattant les militants en Afghanistan et comme base pour les appareils américains sans pilote » et que « le Pakistan s'appuie sur Washington pour l'aide militaire et économique et en retour compte sur lui pour l'appuyer sur la scène internationale ».

« Le message pour l'Amérique est le suivant : 'Elle ne peut pas vivre avec nous, elle ne peut pas vivre sans nous', a déclaré le premier ministre pakistanais Yusuf Raza Gilani aux journalistes.

Mullen, le directeur de la CIA David Petraeus et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton ont tous rencontré ces derniers jours leurs homologues pakistanais, pour exiger qu'Islamabad prenne des mesures contre le réseau Haqqani, rapporte Reuters.

« Toute offensive pakistanaise contre les Haqqanis sera risquée. Le groupe a à sa disposition environ 10 000 à 15 000 combattants aguerris et les analystes disent que l'armée pakistanaise subira probablement de lourdes pertes », écrit Reuters. Elle cite Mahmoud Durrani, un major-général à la retraite et ancien ambassadeur pakistanais à Washington, en disant que les deux parties doivent apaiser les tensions afin d'éviter une action militaire américaine au-delà des frappes de drones ou de sanctions économiques.

« Il y a une possibilité. Elle est grande ouverte. Mais elle sera absolument et totalement désastreuse », a déclaré Durrani.

Cet article démontre les dangers inhérents au diktat impérialiste des États-Unis. C'est d'exiger de remettre tout l'État d'un pays, ou bien d'être prêt à faire face aux attaques et à l'invasion. Même si les menaces sont uniquement destinées à obtenir les résultats que souhaitent les États-Unis à un moment donné, il est également vrai qu'à tout moment de telles menaces peuvent se retourner et se transformer en conflit armé. La solution est de forcer les États-Unis à quitter tous les pays étrangers. Les attaques de drones ne sont pas acceptables en Afghanistan ou au Pakistan ou dans tout autre pays, pas plus que les guerres et les occupations au nom de la libération.

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Grèce

Le FMI annonce des mesures d'austérité criminelles


Rassemblement à Athènes pour rejeter l'imposition des prétendues mesures d'austérité, le 21 septembre  2011.

Les agences de nouvelles informent que le gouvernement grec a annoncé lundi d'autres restrictions pour le secteur public, au moment où le Fonds monétaire international (FMI) exige du pays la mise en oeuvre d'encore d'autres réformes économiques radicales.

Selon le ministre des Finances Evangelos Venizelos, plusieurs entreprises qui dépendent des subventions de l'État fermeront leurs portes d'ici la fin de 2011.

Ces nouvelles mesures ont été annoncées avant une conférence téléphonique avec des représentants de la soi-disant troïka - Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - durant laquelle les finances de la Grèce seront évaluées avant de déterminer si elle est admissible à recevoir l'aide sous forme du paiement suivant.

Le ministre a également annoncé que dans le but de recueillir les 2 milliards d'euros requis pour que le pays soit en mesure de respecter ses obligations, de nouvelles taxes seront imposées à tous les propriétaires de tout type de biens d'entreprise ainsi que le dévoilement d'une taxe spéciale sur l'immobilier.

Le représentant permanent du FMI en Grèce, Bob Traa, a déclaré que la Grèce doit mettre en oeuvre les mesures d'austérité, notamment la privatisation et les coupures, et aussi les réductions de personnel et de salaires dans le secteur public.

Entre-temps, les syndicats préparent des manifestations et des grèves contre ces nouvelles mesures d'austérité que le gouvernement impose sous la pression des organismes d'octroi de crédit.

(Agences)

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Cuba

Le blocus étasunien nuit
aux télécommunications

Le blocus des États-Unis contre Cuba a coûté à l'industrie cubaine des télécommunications plus de sept milliards $US en pertes pour la seule année dernière, créé des obstacles à l'achat de matériel et logiciel et entravé l'accès des Cubains à l'Internet, rapporte Prensa Latina. Les pertes de 7 milliards $US ont été rapportées de mai 2010 à avril 2011, selon un rapport du gouvernement cubain envoyé à l'Assemblée générale des Nations unies.

L'agression américaine s'est concentrée non seulement à empêcher les entreprises cubaines d'acheter des pièces et de l'équipement informatique mais aussi empêcher les Cubains de naviguer sur l'Internet, spécialement les réseaux sociaux, ajoute l'agence de nouvelles.

En octobre 2010, le réseau Twitter a admis qu'il a bloqué l'envoi de textos de Cuba vers sa plate-forme.

Depuis avril 2011, le réseau Twitter, qui a plus de 100 millions d'utilisateurs actifs partout dans le monde, empêche les Cubains d'utiliser certains outils, disant qu'ils ne peuvent y avoir accès à partir d'un pays proscrit.

En février dernier, la société financière Syniverse a cessé de payer les frais en itinérance pour les téléphones cellulaires à la compagnie cubaine ETECSA, une des principales source de revenus d'ETECSA, comme elle le fait avec des compagnies similaires dans le monde. Expliquant que sa banque ne peut engager des transactions avec Cuba, Syniverse doit maintenant 2,6 millions $US à ETECSA.

Le gouvernement cubain, avec un grand appui international depuis 1992, va demander à l'Assemblée générale des Nations unies pour la vingtième fois consécutive de mettre fin au blocus financer, commercial et économique des États-Unis contre le pays.

Selon les estimés, le montant total des pertes causées par le blocus des États-Unis contre Cuba est de 975 milliards $US.

(Prensa Latina)

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L'absurde et cruelle décision
de la juge Lenard contre René

Vendredi, une juge fédérale de Miami a pris une décision absurde et cruelle contre un des cinq Cubains, dont la peine d'emprisonnement s'achève le 7 octobre prochain : la juge Joan Lenard a déclaré que René Gonzalez, qui a purgé 13 ans de prison pour ne pas s'être inscrit comme agent du gouvernement cubain, sera obligé de vivre les trois prochaines années à Miami, en « liberté surveillée ».

M. Gonzalez avait demandé l'autorisation de revenir à Cuba pour retrouver sa femme Olga et ses filles Ivette et Irma. Il y a plusieurs années, le département d'État avait décidé de ne jamais donner de visa à Olga afin qu'elle puisse rendre visite à son époux.

Même s'il est citoyen étasunien de par sa naissance, René Gonzalez a été élevé à Cuba et il a la double nationalité. À la demande du gouvernement cubain, il est retourné aux États-Unis afin de surveiller les groupes terroristes de Miami, qui depuis leurs bases dans le sud de la Floride mènent des actions terroristes contre la population cubaine. Cependant, en s'abstenant d'informer le département de la justice de ses activités aux États-Unis, René Gonzalez a violé la loi. Par contre, le FBI n'a jamais arrêté les terroristes que René surveillait : ils sont toujours libres, protégés, et passent des beaux jours à Miami.

Quel intérêt peut bien avoir le gouvernement étasunien pour continuer à sanctionner une personne dont le seul délit est d'avoir lutté contre le terrorisme ? Pourquoi l'obliger à rester à Miami – un foyer de terrorisme anti-cubain – pendant les trois prochaines années ? Qu'importe si les terroristes – depuis leurs bases aux États-Unis – ont assassiné 3 478 Cubains et laissé handicapés 2 099 autres, au cours des 50 dernières années ? De plus, comment la juge veut-elle que M. Gonzalez applique les conditions de sa « liberté surveillée » à Miami ?

Parmi les conditions imposées par la Cour à René Gonzalez figure l'interdiction de « s'associer avec des individus ou des groupes terroristes, ou avec des membres d'organisations qui prônent la violence ». Elle lui interdit également de « s'approcher ou de se rendre dans des endroits spécifiques ou qui pourraient être fréquentés par des individus ou des groupes terroristes ». Cela ne veut-il pas dire que pour accomplir la sentence, Miami est précisément le lieu où il ne devrait pas vivre, cette ville étant le sanctuaire des terroristes aux États-Unis ?

Les terroristes que René était chargé de surveiller vivent toujours à Miami. Ils soutiennent ouvertement le recours à la violence contre Cuba. En avril dernier, Luis Posada Carriles, le commanditaire du sabotage d'un avion civil cubain dans lequel sont mortes 73 personnes, et d'une campagne de terreur contre La Havane, qui comprenait la pose de bombes dans les plus grands hôtels et restaurants cubains, a réaffirmé son engagement dans la lutte armée contre le gouvernement cubain. Or Posada Carriles et ses acolytes vivent à Miami.

Pourquoi mettre en danger la vie de René et l'obliger à vivre les trois prochaines années côte à côte avec les mêmes terroristes qu'il surveillait à Miami lorsqu'il était agent du gouvernement cubain ?

Ce sont des terroristes cubano-américains qui ont assassiné Orlando Letelier (l'ancien ministre chilien des Affaires étrangères) aux États-Unis, Ronni Karpen Moffitt (une citoyenne nord-américaine), Eulalio Negrin et Carlos Muniz Varela (un Cubano-américain favorable au dialogue pacifique avec le gouvernement cubain), et aussi Felix Garcia Rodriguez (un diplomate cubain à l'ONU).

Dans une enquête réalisée la veille du procès contre les cinq Cubains, la psychologue Kendra Brennan a conclu que les Cubano-américains de Miami maintiennent « une attitude guerrière contre Cuba ». En outre, une étude sur la communauté cubano-américaine de Miami, publiée par Americas Watch, a révélé que « les forces dominantes et intransigeantes de la communauté des exilés cubains à Miami », tentent de faire taire par la violence les opinions divergentes sur Cuba.

Par exemple, des bombes ont été posées dans des stations de radios et dans les bureaux de revues de Miami. Les personnes qui plaident pour des changements dans la politique à l'égard de Cuba ont été menacées de mort. « Plus d'une dizaine de bombes ont été posées, dirigées contre ceux qui défendent l'idée d'une ouverture plus modérée envers le gouvernement de Fidel Castro », conclut le rapport.

Il est donc irresponsable et dangereux d'obliger René Gonzalez à rester dans cette atmosphère de violence et de terrorisme pendant les trois prochaines années. Sa vie est en danger.

La juge Lenard a expliqué qu'elle ne peut évaluer exactement les circonstances du délit, ou l'histoire et les caractéristiques du condamné ».

Sérieusement, Mme la juge ? Mais si les « circonstances du délit » sont que René Gonzalez n'est pas venu aux États-Unis pour commettre des actes d'espionnage contre le gouvernement ou pour commettre des crimes. Sa seule mission consistait à surveiller les terroristes qui agissent en toute impunité aux États-Unis, et dont les cibles sont des civils innocents à Cuba. Son seul objectif était de rassembler des preuves que Cuba a ensuite remises au FBI pour que Washington agisse contre ces gens.


Ainsi, les terroristes cubano-américains ont préparé une série d'attentats à la bombe dans les hôtels et les restaurants les plus célèbres de La Havane, y compris le prestigieux Hôtel National et le légendaire restaurant La Bodeguita del Medio. La campagne terroriste avait pour objectif de détruire l'industrie touristique à Cuba, et ainsi porter un coup à l'économie du pays qui était déjà affaiblie après la chute du bloc socialiste de l'URSS et de l'Europe de l'Est.

Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis ont affirmé avoir comme priorité de punir les terroristes et de récompenser ceux qui combattent le terrorisme. S'il en est ainsi, ils devraient alors permettre à René Gonzalez de retrouver sa famille à Cuba, au lieu de l'obliger à rester à Miami entouré de terroristes qui veulent lui régler son compte.

La juge Lenard allègue dans sa décision que, si elle permet à René de revenir à Cuba le 7 octobre, elle ne pourra pas « évaluer si le peuple étasunien est protégé des futurs crimes que le condamné pourrait commettre ». Mais le seul crime commis par René a été de ne pas s'inscrire comme agent étranger ? Comment pourrait-il représenter un danger pour le peuple étasunien s'il retourne dans son pays ? De combien de temps la juge Lenard a-t-elle besoin pour évaluer exactement quelque chose d'aussi clair que l'eau de roche ?

La juge a également argué qu'elle a besoin de plus de temps pour que les États-Unis puissent donner à René « une préparation, une éducation et des services médicaux de la façon la plus efficace ». Pardon ? René a déjà déclaré qu'il n'a aucune intention de rester vivre aux États-Unis.

Son avocat a exprimé clairement que René a proposé de renoncer à sa citoyenneté étasunienne pourvu qu'il puisse rentrer chez lui à Cuba. Il n'a besoin ni de l'éducation, ni de la préparation des États-Unis pour l'aider à se réinsérer dans la société étasunienne. Il souhaite tout simplement revenir à Cuba auprès de sa famille, et ne pas recevoir d'instructions sur la manière de vivre dans ce pays, et passer trois ans de plus séparé de son foyer. Somme toute, à Cuba, il aura à sa disposition les meilleurs soins médicaux, sans aucun frais ni pour les États-Unis ni pour lui-même.

Sans aucune surprise, la procureure de l'affaire, Caroline Heck-Miller, a rejeté la requête de René sollicitant son retour à Cuba au terme de sa peine d'emprisonnement. C'est cette même juge qui a décidé de ne pas inculper Posada Carriles pour terrorisme, bien que l'avocate du département de sécurité le lui ait demandé.

La seule issue de l'inexplicable et étrange décision de la juge Lenard est qu'elle laisse la porte ouverte à René pour une nouvelle demande de retour à Cuba, « si les circonstances justifient une modification de sa sentence. »

Quelles circonstances la juge Lenard attend-elle ? Qu'un terroriste quelconque à Miami tire sur René ?

* José Pertierra est avocat à Washington D.C. Il représente le gouvernement du Venezuela dans l'affaire de l'extradition de Luis Posada Carriles.

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Bulletin du 26 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca