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Accord
de
libre-échange
Canada-Europe
Opposition aux atteintes à la
souveraineté
et au
contrôle public
Des réunions publiques d'information au sujet des
conséquences
négatives d'un accord économique et commercial entre le
Canada et l'Union
européenne (AECG) ont lieu dans différentes villes
du Canada. Elles
sont organisées par le Syndicat canadien de la fonction publique
et par le
Conseil des Canadiens. Les deux prochaines réunions auront lieu
à Hamilton
le 27 septembre et à Windsor le 28 septembre.
Plusieurs rondes de négociations de l'AECG ont eu
lieu depuis l'an
dernier et les prochaines rondes doivent avoir lieu à Ottawa
à la fin
d'octobre. Le site Web du ministère des Affaires
étrangères et Commerce
international Canada offre un compte-rendu des
négociations :
« Le Canada et l'Union européenne (UE)
ont complété la huitième
série de négociations en vue d'un accord
économique et commercial global
(AECG). Des progrès considérables continuent d'être
réalisés dans de
nombreux domaines clés tels que le commerce des marchandises,
les
services, l'investissement et les marchés publics. Le texte de
négociation est
presque entièrement rédigé : plusieurs
chapitres ont été complétés ou
mis en suspens en attendant des développements dans des domaines
de
négociation connexes. Les problèmes restants se limitent
à des divergences
clés que l'on cherche actuellement activement à
résoudre.
« Les parties sont déterminées
à résister aux pressions
protectionnistes dans cette période de difficultés
économiques et cherchent à
atteindre un résultat ambitieux dans tous les domaines de
négociation. Le
gouvernement du Canada a placé les négociations en vue
d'un AECG au
coeur des priorités de son programme de commerce international
et les
négociateurs s'efforcent de faire avancer le processus de
négociation le plus
rapidement possible.
« Tant le Canada que l'UE sont
déterminés à maintenir l'élan des
négociations menées jusqu'à ce jour pour les
conclure d'ici
2012. »
Les Canadiens connaissent bien l'Accord de
libre-échange
nord-américain (ALENA) conclu par les conservateurs de Mulroney,
et
comment cet accord continue de détruire la nation en soumettant
les besoins
et l'économie du Canada à la rapacité de l'empire
étasunien et de ses
monopoles. L'AECG aura des conséquences semblables, mais plus
graves
encore, plaçant les municipalités et les services publics
qu'elles offrent en
« concurrence » avec les monopoles
européens. Il est
inacceptable que les activités des municipalités
canadiennes puissent être
privatisées et mises à la disposition des politiques
d'approvisionnement des
monopoles, qu'ils soient canadiens ou étrangers. Les Canadiens
ont leur
propre expérience de voir leurs services publics
privatisés. À Toronto, le
maire tente actuellement de privatiser les services publics et des
immobilisations par des ententes qui ont été
exposées comme étant conclues
à des fins personnelles. Le fait que le gouvernement du Canada
fait la même
chose, se servant de la prérogative du premier ministre pour
négocier des
traités avec des pays étrangers qui s'ingèrent de
façon flagrante dans les
affaires provinciales et municipales, est encore plus
inquiétant. Les
Canadiens doivent savoir ce que trame le gouvernement du Canada puisque
cela touche directement au patrimoine qui est le leur.
Le Conseil des Canadiens indique sur son site Web :
« L'approvisionnement, ou les sommes que nos
municipalités,
commissions scolaires, sociétés provinciales de la
Couronne et autres
consacrent aux contrats publics, est la plus grande priorité de
l'Union
européenne dans ses pourparlers avec le Canada dans le cadre de
l'AECG.
Une telle entente pourrait interdire à ces organismes publics
d'accorder une
préférence à des soumissions locales ou à
de petites entreprises même dans
un contexte de soumission entièrement transparent et
équitable. Le chapitre
en matière d'approvisionnement de l'AECG retirerait l'un des
derniers
instruments à la disposition de nos communautés locales
permettant
d'encourager un développement local et renouvelable.
« Les services et les règles
d'investissement pourraient inclure des
promesses de libéraliser (c'est-à-dire, encourager
davantage la privatisation)
de l'eau potable et des services d'hygiène publique, ou
d'affaiblir encore
davantage les protections prévues dans l'ALENA en ce qui a trait
aux soins
de santé publics. Ils pourraient aussi rendre impossible des
conditions
d'investissement local tels que des revendications de taux de
production
locale face à des acquisitions majeures par des investisseurs
étrangers
comme dans le cas de l'acquisition de Stelco par U.S. Steel. Les offres
provinciales qui sont gardées secrètes pourraient aussi
changer la donne en
matière de limites imposées aux intérêts
étrangers dans des industries dites
stratégiques comme la pêche et les finances. »
Le Canadian Centre for Policy Alternatives
abonde dans le
même sens :
« Le fait d'exclure les achats et les
services locaux des restrictions
sur l'approvisionnement prévues dans les ententes de
libre-échange [...] a
aussi réduit les risques de litiges et de procès pour
compensation de la part
d'investisseurs et de fournisseurs de services étrangers lorsque
les
manoeuvres de privatisation sont freinées ou
renversées. »
Il est important de participer à ces
réunions, de s'informer des
conséquences d'un accord de libre-échange entre le Canada
et l'Union
européenne et de participer aux actions en opposition à
la
mise aux enchères
du Canada par le gouvernement.
Oui au droit public ! Non au droit de
monopole ! Oui aux
échanges à avantage réciproque, non au
« libre-échange »
néo-libéral et sa destruction de la nation !

Opposition aux
répercussions négatives
de l'entente
commerciale en Europe
L'opposition au libre-échange avec l'Europe ne se
manifeste pas qu'au
Canada. Les Européens aussi sont inquiets et
préoccupés par la nature
clandestine de ces négociations et par le fait qu'une telle
entente nuirait
directement aux divers services publics en Europe ainsi qu'aux normes
de la
santé et de la sécurité publiques.
Le 18 janvier l'organisation européenne De
Seattle à Bruxelles
(SAB), déclarait :
« Selon un mécanisme de
résolution de conflit prévu par l'AECG,
des entreprises canadiennes pourraient s'en prendre aux politiques de
contrôle des organismes modifiés
génétiquement (OMG) – lequel contrôle
est plus rigoureux en Europe qu'au Canada – sous prétexte qu'un
tel
contrôle nuit au commerce. »
SAB dit aussi que l'AECG consoliderait les droits de
propriété
intellectuelle en matière de semences et d'hormones
brevetées servant à la
production d'animaux d'élevage. « Ainsi, les
compagnies de
biotechnologie et les industries agricoles seraient en mesure de passer
outre
aux réglementations mises en place de façon
démocratique pour protéger la
santé publique », selon le réseau.
Aussi, les règlements mis en place pour
protéger l'environnement
« seraient vulnérables et dans la mire des
entreprises canadiennes et
européennes, étant donné que la
réglementation environnementale et sociale
est en général moins rigoureuse au Canada qu'en Europe.
L'accès aux
marchés sans égard aux conséquences sociales et
environnementales ne
bénéficierait pas uniquement au monde des affaires
européen. Les intérêts de
l'industrie agricole et d'entreprises transnationales en
général l'emporteraient
sur l'intérêt public européen. »
Sur la question de la privatisation, SAB explique :
« L'Union européenne aujourd'hui est aux
premières lignes de la
privatisation des services publics (les
télécommunications, les services
postaux, l'électricité, la distribution d'eau, etc.).
Elle perçoit les marchés
publics canadiens comme autant d'occasions d'affaires pour ses grandes
multinationales (telles Véolia). L'AECG menace d'imposer une
interprétation très large des services publics qui
seraient ciblés à des fins de
libéralisation et de privatisation. Il inclurait tous les
services publics à
l'exception de quelques-uns (l'approche par liste négative).
« En outre, il serait à toutes fins
pratiques impossible pour les
autorités locales et nationales en Europe de renverser de telles
politiques de
libéralisation si elles jugent que ces politiques ont
échoué ( par exemple,
municipaliser à nouveau les services d'approvisionnement d'eau
en
France),
puisqu'elles seraient menacées de poursuites judiciaires par les
multinationales cherchant à protéger leurs
intérêts au moyen du mécanisme
de résolution de conflits. »
Pour conclure, le SAB déclare :
« Ce qui sous-tend cette entente est la
volonté de créer une vaste
zone de libre-échange qui, tel que stipulé dans la
nouvelle stratégie
commerciale de l'Union européenne, vise à insidieusement
harmoniser vers
le bas la législation touchant aux États-Unis, au Canada
et à l'Europe
affectant ainsi les normes régissant les protections sociales,
les
réglementations environnementales, la santé et la
sécurité et autres
politiques. Comme pour les autres accords de libre-échange,
l'AECG est
promu comme étant avantageux pour le public, en promettant (par
exemple
des prix à la baisse grâce à la concurrence) mais
en réalité ses nombreuses
clauses mettent en danger les normes et les protections sociales et
environnementales ainsi que le bien public en général.
« Face à ces menaces, le réseau
De Seattle à Bruxelles
exige :
« a) que l'Union européenne cesse
sur-le-champ de négocier
l'AECG.
« b) que les gouvernements européens
et canadiens entreprennent
des consultations publiques dans le but d'établir une base
différente pour
toute future coopération environnementale, sociale et
commerciale. »

Bulletin du 26 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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