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Il
nous faut un gouvernement anti-guerre
La délégation canadienne quitte
l'Assemblée générale de l'ONU
Le 22 septembre, la
délégation canadienne à l'ONU, emboîtant le
pas aux États-Unis, a quitté la salle au moment du
discours aux Nations unies du président iranien Mahmoud
Ahmadinejad. Le CBC rapporte que la délégation
canadienne a quitté la salle avant même que le
président Ahmadinejad n'ait commencé son discours
à l'Assemblée générale des Nations unies,
composée de 193 pays membres. Ce geste de protestation a
été suivi par l'Union européenne, l'Australie, la
Nouvelle-Zélande, la Somalie, le Liechtenstein, Monaco, San
Marino, la Macédoine et le Canada et par 27 pays membres de
l'Union européenne. Israël a boycotté le discours.
L'Assemblée générale de l'ONU est
l'un des rares forums où les pays en développement et
moins puissants ainsi que les anciennes colonies peuvent exprimer leurs
opinions et dialoguer avec les grandes puissances colonisatrices et
leurs pays vassaux. De tels gestes de protestation nuisent à la
réputation de l'ONU en tant que lieu où les pays peuvent
s'exprimer ouvertement et développer des liens diplomatiques
avec les pays avec lesquels ils sont en conflit. Si les grandes
puissances colonisatrices et leurs pays vassaux refusent de participer
au dialogue et aux échanges diplomatiques avec les pays moins
puissants, alors il est clair que le but de ces puissances n'est pas de
régler leurs différends par voie diplomatique ou par
discussion, mais par d'autres voies tels l'ingérence, les blocus
et la violence. Si les grandes puissances et leurs pays vassaux ne sont
intéressés qu'à s'asseoir avec les pays moins
puissants qui ne font que répéter ce que les grandes
puissances et leurs blocs veulent bien entendre, alors à quoi
sert leur participation à l'ONU ? Cette façon de
faire impose une ligne de conduite selon laquelle les pays qui ne se
prosternent pas ou qui ne suivent pas à la lettre la ligne
coloniale sont menacés d'ingérence et du danger que leurs
régimes seront changés par un ensemble de mesures, y
compris les blocus, la puissance militaire supérieure et les
mercenaires internes.
Le gouvernement canadien s'est mérité au
cours des ans la réputation de refuser de traiter par voie
diplomatique avec ces pays avec lesquels il n'est pas d'accord. La
diplomatie et les négociations pacifiques n'ont plus leur place.
L'engagement du gouvernement canadien est envers les politiques
étrangères établies par les États-Unis qui
prônent l'ingérence dans les affaires de pays souverains
et des changements de régime par force militaire. Le militaire
canadien participe pleinement à la guerre pour un changement de
régime en Libye. Le Canada, en tant que membre de l'OTAN,
organisation agressive dirigée par les États-Unis, a mis
à la disposition de cette guerre ses forces aériennes et
navales afin de détruire le régime libyen ainsi que son
infrastructure, terroriser et tuer les Libyens, et coloniser à
nouveau ce pays riche en pétrole à l'avantage de ces pays
mêmes qui ont quitté l'Assemblée
générale de l'ONU pendant le discours du président
iranien Ahmadinejad.
Le Canada refuse de s'engager dans les activités
de l'ONU qui remettent en cause le système impérialiste
d'États, discutent d'idées et de théories qui
peuvent être contraires aux valeurs du Parti conservateur ou
auxquelles participent des pays que le gouvernement canadien juge
inacceptables. À l'instar de l'Allemagne, d'Israël, de
l'Italie, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, de la Pologne et
de l'Australie, le Canada participe maintenant au boycottage
dirigé par les États-Unis de la Conférence
d'examen de Durban, qui a le mandat d'examiner la mise en application
de la Déclaration de Durban et de son Programme d'action
adopté à la Conférence mondiale contre le racisme,
la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance
qui y est associée. Fait digne de mention, le suivi des
activités de la Conférence d'examen de Durban, auquel le
Canada refuse de participer, est organisé par le Bureau du
comité préparatoire présidé par Mme Najat
Al-Hajjaji de la Libye. Loin de participer à la
Conférence d'examen de Durban de l'ONU, le gouvernement canadien
cherche activement à faire tomber Mme Najat Al-Hajjaji en tant
que présidente en participant à la guerre pour changer le
régime en Libye.
Le 11 juillet dernier, le ministre des Affaires
étrangères, John Baird, a annoncé que le Canada ne
participerait pas à la Conférence sur le
désarmement des Nations unies jusqu'à ce que le mandat du
président de la conférence prenne fin, le
19 août. Baird a dit que le Canada ne participerait pas
aussi longtemps que la présidence serait assumée par un
délégué de la République populaire
démocratique de la Corée.
Les Canadiens se trouvent devant un gouvernement
fédéral ayant recours à la force pour
résoudre des problèmes d'ordre international. Avec cette
ligne de Harper, à quoi sert l'ONU si tout le monde refuse de
parler ou d'être à l'écoute de ceux avec qui il y a
désaccord. Ce n'est certes pas une base solide pour une
politique étrangère, puisque ce qui prédomine est
l'ingérence hostile et intéressée dans les
affaires souveraines des autres pays. Par extension, cette politique
étrangère rétrograde se transforme, lorsque les
conditions sont mûres, en assaut militaire visant à
changer un régime en un autre plus favorable au système
impérialiste d'États dirigé par les
États-Unis.
Les Canadiens s'opposent à l'ingérence
dans les affaires internes des autres pays tout comme ils s'opposent
à l'ingérence étrangère dans les affaires
internes du Canada. Les Canadiens s'opposent au fait d'attaquer
d'autres pays et d'y opérer des changements de régime
tout comme ils s'opposent au recours à la guerre contre le
Canada afin d'y opérer des changements de régime, peu
importe qu'ils s'opposent au gouvernement actuel ou pas. Les Canadiens
ne désirent pas un climat international ou règnent
l'anarchie et un mépris général pour les lois, ou
prédominent la force des armes et la loi du plus fort.
Les Canadiens doivent s'organiser pour la
création d'un gouvernement antiguerre.

Le «nouveau gouvernement» de la Libye est
un gouvenement de l'OTAN
LML
dénonce la Résolution 2009 adoptée le
16 septembre 2011 par le Conseil de sécurité de
l'ONU. La résolution crée la Mission d'appui des Nations
unies en Libye (MANUL) visant à « assister et appuyer
les efforts nationaux de la Libye, notamment à rétablir
l'ordre et la sécurité publics, encourager la
réconciliation nationale et défendre les droits de la
personne et la reprise économique. La Résolution
2009 prévoit aussi la levée de sanctions qu'avaient
imposées à la Libye des résolutions
précédentes du Conseil de sécurité de
l'ONU ». Sur cette base le secrétaire
général de l'ONU, Ban Ki-moon, a présidé
une « Réunion de haut niveau sur la
Libye » le 20 septembre dont les participants
représentaient des pays et des organisations internationales
« qui sont engagés à la reconstruction de la
Libye et à la transition vers une société
démocratique », selon l'agence de nouvelles de l'ONU.
Le secrétaire général de l'OTAN,
Anders Fogh Rasmussen, s'adressant à une conférence de
haut niveau sur la Libye aux quartiers généraux de l'ONU
à New York, a dit que « le mandat restera
inchangé à moins de révocation par le Conseil de
sécurité de l'ONU », selon les agences de
nouvelles. Rasmussen a dit que l'opération Protecteur
unifié avait été « efficace dans son
aide aux rebelles armés contre l'ancien
régime », selon les agences.
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a
participé à ces réunions et a annoncé que
le Canada « est disposé à soutenir le nouveau
gouvernement libyen par l'entremise d'une action coordonnée par
l'ONU », selon un communiqué du Cabinet du premier
ministre (CPM).
« Le Canada a
été aux premières lignes des efforts
internationaux pour protéger les civils libyens contre le
régime oppressif de Kadhafi et leur fournir de l'aide
humanitaire », prétend le premier ministre.
« Le Canada continuera de soutenir le peuple de la Libye, et
est disposé à faire la promotion de l'efficacité
dans la gouvernance et les institutions, d'un environnement
sécuritaire fondé sur la primauté du droit, du
développement économique et de la
prospérité, et du respect des droits de la
personne », a-t-il dit.
Selon le CPM, les efforts du Canada visent à
« aider la population de la Libye et favoriser une
transition vers une démocratie
représentative ». Le CPM prétend que
« le Canada est maintenant prêt à soutenir les
efforts de stabilisation et de reconstruction de l'après-Kadhafi
en soutenant la mission d'appui des Nations unies en Libye ».
LML dénonce le rôle joué
par l'actuel secrétaire général de l'ONU et le
Conseil de sécurité alors que l'ONU va à
l'encontre de sa propre charte fondatrice créée pour
défendre la souveraineté de tous les pays et pour
s'opposer à toute intervention étrangère dans
leurs affaires internes. Ces mécanismes sont devenus des
instruments d'agression et de crimes contre la paix.
Nous réitérons notre opposition
catégorique à la « mission de
l'OTAN » en Libye et au rôle de trahison joué
par le Canada au nom de la « Responsabilité de
protéger » et maintenant de la
« démocratie représentative ».
Le système de démocratie est en
état de crise partout dans le monde et n'a pas réussi
à permettre au peuple une représentativité sur la
base d'un système d'élection qui est une expression
claire et cohérente de la volonté politique, mais offre
à la place une forme de gouvernement de partis. Les
gouvernements de partis comme ceux de Stephen Harper usurpent le
pouvoir au moyen de techniques manipulatrices d'études de
marché et n'ont rien à voir avec une
société qui défend le droit public comme elle
devait le faire à ses origines, il y a 150 ans. Ce
système de soi-disant démocratie représentative
n'est même pas adéquat pour les pays où il existe
présentement, encore moins pour des pays dont la base
matérielle et historique n'est aucunement adaptée
à un tel système qui prive le peuple d'être
représenté au gouvernement. Ce système est
complètement corrompu et ne peut que corrompre, et toute
prétention d'établir un tel système en Libye ne
vise qu'à duper les naïfs. Ceci confirme
précisément que l'intention est simplement de sanctionner
le régime de l'OTAN qui est mis en place au nom d'
« assister les forces rebelles » à
stabiliser leur pouvoir. C'est le pouvoir de l'OTAN sous un autre nom.

Bulletin du 26 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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