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Mouvement
ouvrier
Air Canada
Tournée des régions: la discussion
continue
- Nouveaux Horizons, 21 septembre 2011 -
 
Manifestation des agents de bord d'Air
Canada à Toronto, le 20 septembre
2011,
faisant partie des actions de support au pays.
Le comité de négociation du SCFP a conclu
une autre entente de
principe avec Air Canada.
Tous ont eu un soupir de soulagement malgré les
réserves. Nous avions
voté à la quasi-unanimité en faveur de la
grève si nécessaire, mais l'objectif
était de faire pression sur la compagnie pour qu'elle consente
à nous
accorder des salaires et des conditions de travail qui correspondent
à
l'importance du travail que nous faisons.
On nous dit que cette entente de principe est
très bonne et que le comité
de négociation a obtenu « environ
80 % » de ce que nous
demandions, mais il sera intéressant de voir ce qu'est le
20 % qui
reste.
La tournée des régions commence demain.
L'entente de principe sera
présentée aux membres dans des assemblées
générales. Il est malheureux que
nous n'ayons pas accès au contenu de l'entente avant les
assemblées, pour
que nous puissions préparer nos questions. Il semble d'autre
part que le
calendrier de la tournée se prête mal à une
discussion approfondie sur
l'entente et ses implications.
Il est essentiel que tous ceux et celles qui le peuvent
assistent à ces
assemblées. Notre participation à la discussion et aux
actions du début à la
fin du processus a été exemplaire jusqu'à
présent. Maintenant nous devons
nous rassembler et poursuivre la discussion, et nous assurer de prendre
le
temps qu'il faut pour peser les conséquences et prendre une
décision
informée.
Continuons d'assumer nos responsabilités envers
notre collectif par de
vigoureuses discussions et actions pour devenir les décideurs.
Calgary, le 20 septembre
2011

Lois du travail
Réunions à huis clos du gouvernement
albertain
pour changer
la loi du travail
Le gouvernement albertain lance un processus secret de
révision du
Code du travail de l'Alberta sur la base d'un document publié
par un groupe
de monopoles de la construction qui porte le nom de Coalition de la
construction pour une plus grande efficacité concurrentielle. Le
document,
publié en juin 2011, s'intitule « Améliorer
l'efficacité concurrentielle
de l'Alberta par le biais de législation du travail affectant
l'industrie de la
construction ». Selon le mémoire, la coalition est
composée des plus
grands « contracteurs, propriétaires et associations
dans le domaine de
la construction ». Parmi ceux-ci se trouvent PCL, Peter
Kiewit, JV
Driver, Flint Energy, Ledcor, l'Association des contracteurs Merit
ainsi que
l'Association des contracteurs progressistes du Canada.
Ces employeurs revendiquent des changements lourds de
conséquences,
changements visant à restreindre le droit des travailleurs
d'organiser leurs
collectifs et de s'engager dans des actions efficaces à la
défense de leurs
droits. Bien que ces changements ne touchent principalement qu'à
l'industrie
et aux syndicats liés à la construction, ils auraient des
répercussions
beaucoup plus grandes affectant les travailleurs de tous les secteurs
de
l'économie.
Le mémoire déclare : « Les
coûts de la main-d'oeuvre sont
l'aspect le plus variable d'un projet de construction et
représentent l'élément
de risque le plus élevé pour un investisseur potentiel en
termes de coûts et
d'échéanciers. En tant que tel, des mécanismes
favorisant des stratégies de
relations de travail efficaces et progressistes rehausseraient
l'efficacité, en
particulier l'efficacité concurrentielle de l'industrie de la
construction de
l'Alberta. » Sur la base de cette perspective centrée
sur le capital, les
travailleurs qui participent à ces projets et qui les
concrétisent par leur
labeur et par leurs compétences ne sont, selon les employeurs,
qu'un simple
« coût » de production et non les
producteurs de la valeur
ajoutée. Ces employeurs refusent de tenir compte d'un niveau de
vie
canadien, d'un salaire correspondant au travail accompli ou encore du
fait
que les travailleurs, en tant que producteurs de la richesse, ont leur
mot à
dire. Ni ne tiennent-ils compte que toute législation doit
prévoir des
mécanismes permettant de gérer les conflits
d'intérêts entre les travailleurs et
les propriétaires de capital. Ce qu'ils recherchent, ce sont des
lois qui
protègent uniquement les employeurs et qui servent leurs
objectifs de
s'accaparer d'une part croissante de la valeur ajoutée produite
par les
travailleurs. Voilà, selon eux, la définition de
« stratégies de relations
de travail efficaces et progressistes ».
La préoccupation première de ces
employeurs est comment empêcher les
syndicats de s'organiser. Ils y réussissent en grande partie par
le biais de
l'Association chrétienne du travail du Canada (ACTL). Cette
association a le
feu vert des employeurs pour s'infiltrer dans les chantiers et obtenir,
par
toutes sortes de manoeuvres, son accréditation syndicale en tant
qu'agent
négociateur bloquant ainsi toutes campagnes de syndicalisation
par des
organisations de défense légitimes des travailleurs. Le
mémoire contient
aussi des revendications visant à restreindre les lignes de
piquetage et qui en
fait les élimineraient complètement, ainsi qu'à
interdire à toutes fins
pratiques que les syndicats se prononcent sur des questions politiques
ou
sociales importantes pour leurs membres et pour la
société.
Le modus operandi de l'ACTL
consiste à d'obtenir son accréditation
avant même que les travailleurs n'arrivent sur le chantier et ne
puissent
participer à un scrutin. Les contracteurs et l'ACTL, de
connivence,
s'organisent pour faire accréditer l'ACTL à partir d'une
poignée de
travailleurs déjà sur place, qui sont plus souvent
qu'autrement leurs propres
superviseurs. Les travailleurs, eux, qui s'apprêtent à
travailler sur le chantier
pour les années à venir n'ont pas un mot à dire
sur qui devrait les
représenter. La Commission des relations de travail de l'Alberta
(CRTA) a
enfin reconnu l'objection syndicale à l'effet qu'il s'agit
là d'une pratique
déloyale de travail. Selon la décision judiciaire
Firestone/Flint de la CRTA,
les manoeuvres du grand monopole de la construction étasunien
Flint visant
à retirer aux travailleurs des métiers du bâtiment
leur droit d'organiser leur
collectif ont été totalement exposées et
déclarées pratiques déloyales de
travail. Les contracteurs revendiquent maintenant que la loi soit
changée afin
de renverser la décision de la CRTA et de donner le feu vert
à leurs
violations ouvertes du droit des travailleurs de choisir leur syndicat.
Obtenir l'accréditation de l'ACTL est une des
questions que les
employeurs veulent régler. Ensuite, ils veulent empêcher
les travailleurs de
se débarrasser d'elle. Le Code du travail prévoit une
« période
ouverte », les deux derniers mois d'une convention
collective lorsque
celle-ci est d'une durée de deux ans ou moins, et les deux mois
à la fin de
chaque année lorsque la durée de la convention
dépasse deux ans. Au cours
de cette période, les travailleurs peuvent changer le syndicat
accrédité qui les
représente, et un autre syndicat peut effectuer une campagne de
recrutement
ou de désaccréditation. C'est à ce
moment-là que les travailleurs peuvent
remettre en cause l'accréditation de l'ACTL. Pour contourner
cette clause,
l'ACTL et l'employeur ont recours à une petite manoeuvre. Ils
acceptent
d'ouvrir la convention, d'avoir des
« négociations » et une
ratification à la vitesse de l'éclair, complétant
tout le processus avant la
période ouverte. La décision Firestone/Flint a aussi
trouvé cette pratique
inacceptable, jugeant qu'il était dans l'intérêt
public d'avoir des périodes
ouvertes stables et connues du public.
Les contracteurs veulent avoir le
« droit » d'entreprendre
ces tactiques antisyndicales. Ils proposent donc une autre façon
originale de
contourner le problème. Selon les lois actuelles, si les
travailleurs se
débarrassent de l'ACTL, ils peuvent demander par avis
écrit d'entamer des
négociations pour une nouvelle convention. Les employeurs, eux,
proposent
qu'advenant que les travailleurs se débarrassent de l'ACTL,
ceux-ci soient
liés par le contrat conclu selon les termes
négociés par l'ACTL, et ce, pour
la durée totale du projet.
Le
statut des projets spéciaux
Des clauses touchant au statut des projets
spéciaux ont été
incluses dans le Code du travail de l'Alberta en 1974 en fonction
des
demandes du consortium des compagnies de pétrole, Syncrude. Les
compagnies de pétrole ont exigé des amendements au Code
du travail qui
permettaient au gouvernement de déclarer certains projets des
« projets spéciaux ». Ce statut de
« projet
spécial »
les exemptait ainsi des ententes conclues avec les syndicats des
métiers du
bâtiment et établissait une entente spécifique au
projet comprenant une
clause interdisant la grève. Lorsqu'un projet était
désigné
« projet
spécial », il devenait possible de nommer un seul
contracteur et
de
l'autoriser à négocier collectivement au nom de tous les
contracteurs
sur le
chantier. La loi accordait aux géants du pétrole deux
facteurs qu'ils
jugeaient
essentiels – la paix ouvrière grâce à une clause
interdisant la grève
et la
possibilité de conclure par eux-mêmes des ententes avec
les divers
métiers
de la construction et selon des conditions leur permettant d'obtenir la
main-d'oeuvre dont ils avaient besoin. À cette époque,
personne
n'envisageait des
chantiers sans syndicats, mais lorsqu'un projet devenait
« spécial » et qu'il devenait exempt des
ententes
provinciales, la
loi ne prévoyait aucunement une place pour le syndicat sur le
chantier.
En 2004, le gouvernement a décrété
un statut de projet spécial pour le
projet des sables bitumineux Horizon. À ce moment-là,
Petroleum News
déclarait : « Les coûts des sables
bitumineux : le
gouvernement albertain à la rescousse ». Lorsque CNRL
a signé un
contrat avec l'ACTL, il est devenu clair en quoi consistait ce
« coup
de pouce » : le contrat s'attaquait à toutes les
normes pour
lesquelles les travailleurs des métiers du bâtiment
s'étaient battus au cours
des années, en particulier les normes touchant au temps
supplémentaire, aux
horaires de travail et aux allocations de séjour sur le chantier
éloigné. Le
contrat prévoyait aussi l'embauche temporaire de travailleurs
étrangers, dont
plusieurs sont décédés par suite de
négligence de la part du contracteur.
Les monopoles de construction exigent que cet article du
Code subisse
des changements encore plus importants afin de les protéger
« contre
la hausse des coûts associés à l'organisation de
syndicats sur le site du
projet ». L'expérience du projet Horizon ne laissait
aucun doute sur
les intentions du projet de désignation spéciale et sur
le fait que celui-ci
servirait à nier aux travailleurs leur droit de décider.
Les contracteurs
veulent renforcer les articles pertinents du Code du travail afin de
bloquer
une contestation faite sur la base de la section 2 (d) de la
Charte des
droits et libertés qui, selon la Cour suprême,
prévoit le droit à un processus
de négociation collective.
Le
diktat des monopoles sur les affaires syndicales
Le mémoire contient aussi d'autres clauses par
lesquelles les
propriétaires de capital exigent que l'État
réglemente davantage les syndicats
et qu'il retire aux travailleurs leur droit de décider et d'agir
en tant que
collectif. Ces propriétaires de capital se réunissent
à huis clos avec le
gouvernement et exigent de lui qu'on interdise aux organisations des
travailleurs d'entreprendre toute action politique sans le consentement
écrit
de chaque membre pour chaque action prévue. Voilà
à quel point ces
propriétaires du capital sont ivres de leur propre sens du
privilège
monopoliste.
D'autres propositions interdisent aux syndicats de
placer sous amende
des membres qui travaillent sans syndicat ou d'empêcher leurs
membres de
contribuer à un « Fonds de reprise de stimulation du
marché »,
qui sert à subventionner les soumissions et les frais des
contracteurs de la
construction ainsi que les salaires des employés de contracteurs
de la
construction.
Interdiction
des
lignes de piquetage
Le droit des travailleurs de défendre leurs
droits au moyen de
grèves efficaces est déjà sérieusement
restreint. Les commissions du travail
sont reconnues pour la vitesse à laquelle elles ont recours
à des mesures
pour restreindre le piquetage. Ainsi en Alberta les travailleurs
peuvent en
moyenne aborder une personne ou un véhicule pour un maximum de
5 à 10 minutes pour expliquer leur situation. Les
travailleurs sont
criminalisés pour des actions visant à rendre leurs
lignes de piquetage
efficaces. Maintenant, l'employeur veut rendre tout ralentissement
illégal sur
une ligne de piquetage, interdisant à toutes fins pratiques les
lignes de
piquetage elles-mêmes.
Système
d'accréditation
Lorsque l'industrie de la construction était
très syndicalisée en
Alberta, les employeurs préféraient un système
d'accréditation par lequel les
ententes étaient négociées pour chaque
métier à travers la province. Ils
trouvaient que c'était la façon la plus efficace de
résister à la force des
travailleurs organisés. Mais il y a eu de nombreux changements
depuis ce
temps et les lois antisyndicales ont fait baisser de façon
draconienne la
syndicalisation dans l'industrie de la construction. Les capitalistes
de la
construction veulent maintenant des lois qui permettront à une
accréditation
de couvrir tous les employés plutôt que par métier.
L'ensemble de ces
revendications aurait comme résultat que le contracteur n'aurait
qu'à inciter
un petit nombre de travailleurs d'un métier sur le chantier
à s'accréditer, ce
qui aurait comme conséquence que des dizaines de milliers de
travailleurs de
divers métiers seraient accrédités par le fait
même.
Défendons les droits
de tous !
Ces revendications
extrêmes des employeurs exposent le mensonge longtemps
propagé à l'effet
que les travailleurs ne veulent pas de syndicat. Si tel était le
cas, les
employeurs n'auraient pas à se casser la tête pour tenter
d'empêcher les
travailleurs de s'organiser. Il existe aussi une grande opposition au
fait de
permettre que les monopoles déterminent la direction de
l'économie et
prennent toutes les décisions qui affectent la vie des gens. Le
temps est venu
d'exiger pleinement, en législation du travail ou en tout autre
domaine, que
soit établie une nouvelle direction qui assure de nets avantages
pour le
peuple et qui défend les droits des travailleurs.

Non à la révision secrète
antisyndicale!
- Peggy Askin -
Le gouvernement albertain prépare à huis
clos des changements
draconiens aux lois touchant aux relations de travail en Alberta,
changements proposés par une organisation de contracteurs
portant le nom
de Coalition de la construction pour une plus grande efficacité
concurrentielle. Le ministre de l'Emploi et Immigration, Thomas
Lukaszuk,
a ordonné la révision du Code du travail de l'Alberta en
août suite à un
rapport et d'intenses pressions politiques de la part du groupe de
capitalistes
de la construction. Deux avocats d'Edmonton – l'un représentant
les
employeurs et l'autre n'ayant à peu près aucune
expérience dans le domaine
des relations de travail – sont responsables de la révision et
doivent
soumettre leur rapport à la fin du mois d'octobre. Les
changements tant
désirés par les capitalistes de la construction visent
spécifiquement à
empêcher l'organisation des syndicats, en particulier sur les
chantiers des
principaux projets des sables bitumineux, interdire les lignes de
piquetage
pour affaiblir les grèves des travailleurs et interdire que les
syndicats se
prononcent sur des questions sociales et politiques à la
défense de leurs
membres et de la société. Certaines de ces revendications
des employeurs
affecteront tous les travailleurs organisés de la province.
La Coalition de la construction pour une plus grande
efficacité
concurrentielle est composée de compagnies non
syndiquées, ainsi que de
compagnies ayant conclu des ententes avec l'Association
chrétienne du
travail du Canada (ACTL). Il y a plus de 200 000 travailleurs dans le
domaine de la construction en Alberta.
À la suite de fuites
d'informations entourant la révision à huis clos, la
Fédération du travail de l'Alberta (FTA) a
condamné sur-le-champ la tenue
d'une telle révision secrète demandée par un
groupe d'employeurs.
« Le ministre a répondu à une demande d'un
groupe décidément
antisyndical en entreprenant une révision à huis clos et
sur invitation
seulement », a déclaré un communiqué de
presse de la FTA. Nancy
Furlong, secrétaire-trésorière de la FTA, a
déclaré : « Cette
nouvelle demande pour une révision par les contracteurs de Merit
et
l'Association chrétienne du travail du Canada n'est qu'une
tentative pour
faire pencher les lois en leur faveur – et pour attaquer les salaires
et les
conditions de travail de tous les Albertains », a-t-elle
dit.
« C'est de la responsabilité du gouvernement
albertain de représenter
tous les Albertains », a-t-elle rajouté. Le
porte-parole de l'ACTL,
Larry Prins, a salué l'examen secret de façon triomphale,
disant que cela
assisterait l'ACTL.
Le président de la FTA, Gil McGowan, a
déclaré dans son message à
l'occasion de la fête du Travail :
« Malheureusement, en cette
fête du Travail, plutôt que d'honorer les gens qui
bâtissent et qui sont au
coeur du dynamisme économique de la province, les conservateurs
de
l'Alberta cherchent de nouvelles façons de les faire reculer. Le
ministre de
l'Emploi, Thomas Lukaszuk, en particulier, est une fois de plus en
train de
dérouler le tapis rouge pour un groupe de l'industrie qui
cherche l'aide du
gouvernement pour attaquer les salaires des travailleurs albertains. La
dernière organisation à prendre une telle initiative
était l'Association
canadienne des restaurants et des services alimentaires qui avait
exercé des
pressions politiques sur Lukaszuk pour qu'il baisse le salaire minimum
pour
les travailleurs servant l'alcool ».
Le Calgary Herald a cité Lukaszuk ainsi :
« Je ne suis pas
convaincu de la nécessité de changements en ce moment,
mais je peux me
laisser convaincre par des intervenants, peu importe
lesquels ». Est-il
vrai que le gouvernement est ouvert aux opinions de tous les
« intervenants » ? Bien sûr que non.
C'est de la
démagogie pure et simple. Guy Smith, le président du
Syndicat des
employés provinciaux de l'Alberta (SEPA) nous rappelle qu'en
2007 le SEPA avait mené une campagne de signatures pour
exiger du
gouvernement qu'il apporte cinq modifications importantes à la
législation
du travail afin de défendre les droits des travailleurs. La
pétition a connu un
énorme succès et a été
déposée, forte de 24 000 noms, à la
législature.
La réponse du gouvernement se fait toujours attendre.
« C'est particulièrement
inquiétant qu'une telle vague venant de la
base en appui à des lois équitables en relations de
travail et que nous avons
fait surgir en 2007 semble avoir été
complètement ignorée », a
dit Smith. « Par contre, à huis clos, un groupuscule
antisyndical
d'initiés de l'industrie et principaux contributeurs du parti
progressiste
conservateur de l'Alberta ont obtenu une révision de la
législation du travail
de l'Alberta dans le but de rendre nos lois plus
rétrogrades ».

Calgary, Fête
du travail 2011
|
À l'occasion des événements de la
Fête du travail à Edmonton et à
Calgary, les travailleurs ont discuté avec intérêt
de la signification de ces
attaques et de la nécessité d'agir comme une seule
personne pour bloquer
cette action antiouvrière et antisociale du gouvernement. Il y
va des intérêts
de tous les membres de la société. Tout le monde a le
droit de savoir ce qui
est discuté et qui prend part à une discussion d'une
telle envergure. Il est
aussi important de savoir qui fixe l'ordre du jour pour cette
discussion.
L'ordre du jour a été fixé sur la base que le
droit de monopole l'emporte sur
le droit public et que les droits des travailleurs ne méritent
pas mieux que
d'être bafoués. Il s'agit d'agissements
antidémocratiques, antiouvriers et
antisociaux sur toute la ligne.
Toute révision des lois en matière de
relations de travail en Alberta
depuis les années 80 a eu comme objectif de faire obstacle aux
travailleurs
et à l'exercice de leur droit d'organiser leurs collectifs et de
mener des
actions efficaces à la défense de leurs droits. Les
travailleurs sont ceux qui
produisent la valeur ajoutée et en tant que tels ils ont tous
les droits d'exiger
que soit garantis leur moyen de subsistance, une qualité de vie
selon les
normes canadiennes et des conditions de travail sécuritaires.
Pourtant, on
réduit ces mêmes travailleurs à un
« coût de production ». La
notion même que les travailleurs ont des droits est constamment
la cible de
nouvelles attaques. Les monopoles exigent un « droit de
monopole » sans limites afin de faire comme bon leur semble
et ils
profitent de leur position dominante et de leur contrôle de
l'État pour
atteindre leur objectif.
Le gouvernement albertain déclare sans ambages
qu'il n'a aucune
responsabilité envers les membres de la société,
seulement envers les riches.
La loi albertaine sur la concurrence déclare :
« ATTENDU
QUE le gouvernement de l'Alberta a la ferme conviction que le
rôle d'un
gouvernement est de créer des conditions favorables à
l'entreprenariat, à
l'innovation et aux investissements pour que ceux-ci
génèrent des avantages
pour les Albertains ». La détermination
manifestée par les travailleurs
de bloquer cette révision antiouvrière démontre
que ceux-ci assument leurs
responsabilités sociales en résistant à
l'imposition du pouvoir brutal du droit
de monopole aux dépens du bien public et des droits des
travailleurs.
Ainsi, il est tout à fait clair que le contrat
social établi après la
Deuxième Guerre mondiale n'est plus. Ce groupe d'employeurs
tourne ses
armes contre la capacité des travailleurs de s'organiser, et
l'objectif est
d'établir des endroits de travail non syndiqués ou soumis
à une entente avec
l'ACTL. D'une façon ou d'une autre, aucun mécanisme n'est
prévu qui
permettrait de régler les conflits d'intérêts entre
le capital et le travail, et
tout ce qui reste est le diktat monopoliste. Cela ne doit pas
passer !
Le gouvernement albertain doit rendre des comptes pour
son refus
d'assumer ses responsabilités sociales. Il faut se tenir comme
une seule
personne, faire échouer ces plans et exiger de nouveaux
arrangements légaux
qui défendent les droits et les revendications des travailleurs
sur la valeur
ajoutée produite par eux et qui défendent leur droit
inaliénable d'organiser
leurs collectifs et de défendre leurs droits.

Bulletin du 26 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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