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L'ordre
du
jour
du
gouvernement Harper
Le gouvernement Harper montre son visage dès
l'ouverture du parlement: fourbe et corrompu
Le parlement canadien a repris ses travaux le
19 septembre avec un hommage de chacun des partis à la
Chambre au chef du NPD décédé d'un cancer le
22 août dernier. Dans son tribut à Jack Layton, le
premier ministre Stephen Harper a parlé des valeurs de
« civilité » et dit que « l'un
des objectifs de nos travaux à la Chambre est de tenir
pleinement compte des solutions possibles et de décider de la
suite des choses ». Mais l'hypocrisie de cette
prétention a été exposée le jour même
avec l'annonce d'une loi de retour au travail contre les agents de bord
d'Air Canada, si jamais ils recourent à la grève pour
faire valoir leur droit à des salaires et des conditions de
travail qui correspondent à l'importance du service qu'ils
procurent.
Le débat a ensuite porté sur le projet de
loi C-4, Loi visant à empêcher les passeurs
d'utiliser abusivement le système d'immigration canadien,
et la loi omnibus C-14, Loi sur la sécurité des rues
et des communautés.
Il est vite devenu
évident que le projet de loi C-4 n'a rien à voir
avec la lutte contre les passeurs et tout à voir avec le
désir de donner de nouveaux pouvoirs arbitraires au ministre de
la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme.
Celui-ci aurait désormais le pouvoir arbitraire de
désigner certains réfugiés « non
désirables » à cause de leur
« arrivée par voie inhabituelle » et de
les emprisonner pendant un an. On a également appris que cette
loi s'appliquerait rétroactivement au 31 mars 2009.
Le 21 septembre le parlement était en
émoi parce qu'on apprenait que le gouvernement Harper a
dépensé 19,8 millions $, soit 90 000 $ par
jour, pour les services de la firme Deloitte, une firme de consultants
embauchée pour conseiller le gouvernement sur les compressions
budgétaires à effectuer.
Le fait que le gouvernement Harper soit disposé
à consacrer une somme aussi considérable pour justifier
ses décisions antisociales montre sa tendance à la
corruption et la fausseté de sa prétention à
représenter l'électorat. Nous avons déjà vu
avec les dépenses faramineuses pour le sommet du G8, pour vanter
le Canada à l'étranger et assurer la
sécurité de l'événement, que ces
dépenses sont la manne qui alimente la corruption. À
l'occasion du G8, le gouvernement canadien avait dépensé
50 millions $ des fonds publics, distribués à la
discrétion de celui qui est aujourd'hui chargé de
superviser les compressions, l'actuel président du conseil du
Trésor Tony Clement qui refuse toujours de rendre des comptes.
Les prétentions de responsabilité et de transparence avec
lesquelles les conservateurs ont fait campagne ont perdu des plumes. Ce
qui n'empêche pas Stephen Harper d'exiger la
responsabilité et la transparence de gouvernements
étrangers comme prétexte pour justifier
l'ingérence et même l'agression et l'occupation.
Les affaires
étrangères
Tandis que le Canada continue son agression
contre la Libye, la 66e session de l'Assemblée
générale de l'ONU s'est ouverte le 20 septembre sous le
thème : « Le rôle de la médiation
dans le règlement des litiges par des moyens
pacifiques ». On rapporte que le ministre des Affaires
étrangères, John Baird, qui a fait parler de lui quand il
a apposé sa signature sur une bombe qui allait être
larguée à Tripoli, aura quelque chose à contribuer
sur ce thème.
Le même jour, Stephen Harper a participé
à une réunion de haut niveau de l'ONU sur la Libye,
après laquelle il a annoncé que le Canada était en
faveur d'une nouvelle mission de
« reconstruction » de l'ONU dans ce pays.
À l'heure même où est de plus en plus
exposée la corruption de la prétention de son
gouvernement à avoir un « mandat » pour
ses politiques antidémocratiques, antisociales et
guerrières, Harper a déclaré sans la moindre
gêne : « Le Canada continuera de soutenir le
peuple de la Libye, et est disposé à faire la promotion
de l'efficacité dans la gouvernance et les institutions, d'un
environnement sécuritaire fondé sur la primauté du
droit, du développement économique et de la
prospérité, et du respect des droits de la
personne. »
Par ailleurs, le gouvernement
Harper est très actif pour ce qui est de l'appui à la
réaction sioniste en voulant criminaliser toute critique de
l'occupation des territoires palestiniens par Israël. Il s'est
opposé à la rencontre de haut niveau de l'ONU le
22 septembre, à l'occasion du 10e anniversaire de la
Conférence de Durban contre le racisme, la discrimination
raciale et la xénophobie. À la veille de la rencontre, le
gouvernement canadien a lancé et signé le Protocole
d'Ottawa sur « la lutte contre
l'antisémitisme ». « La signature du
Protocole d'Ottawa montre que le gouvernement est toujours fermement
résolu à agir comme chef de file dans le cadre des
efforts mondiaux concertés visant à lutter contre
l'antisémitisme, a déclaré le ministre des
Affaires étrangères John Baird. Alors que le Canada
procède à la conception et à l'érection
d'un Monument national de l'Holocauste dans la région de la
capitale nationale, nous prévoyons également faire part
de notre engagement aux parlementaires des quatre coins du monde afin
de leur proposer de se joindre à nous et de signer le
Protocole. »
À quoi s'attendre
cette semaine
Le lundi 26 septembre, le parlement est
appelé à voter sur une motion du gouvernement Harper pour
prolonger la participation du Canada à l'agression criminelle
contre la Libye et exiger une allégeance inconditionnelle du
parlement à l'armée canadienne. La motion se lit comme
suit :
« Que, en signe de solidarité envers
les personnes en quête de liberté en Libye, la Chambre a
adopté les 21 mars et 14 juin 2011 des motions du
gouvernement autorisant l'adoption de toutes les mesures
nécessaires, y compris le recours aux Forces armées
canadiennes et aux ressources militaires, conformément à
la résolution 1973 du Conseil de sécurité des
Nations unies (CSNU) ; que, compte tenu de la situation militaire
actuelle et du succès qu'ont connu le Conseil national de
transition et les forces anti-Kadhafi, la Chambre appuie pour une
période maximale de trois mois la prolongation de la
participation des Forces armées canadiennes aux interventions de
l'OTAN, conformément au mandat légal découlant de
la résolution 1973 du CSNU ; que la Chambre continue
d'appuyer la participation du Canada à tous les aspects de la
reconstruction de la Libye, notamment les droits de la personne, le
développement démocratique et la primauté du
droit ; que la Chambre déplore la violence commise par
l'ancien régime à l'endroit du peuple libyen, notamment
les allégations de viol comme arme de guerre ; que le
Comité permanent des affaires étrangères et du
développement international et le Comité permanent de la
défense nationale de la Chambre des communes demeurent saisis
des activités menées par le Canada en application de la
résolution 1973 du CSNU et en vue de la reconstruction de
la nouvelle Libye ; et que la Chambre continue d'offrir son appui
inconditionnel aux courageux hommes et femmes des Forces armées
canadiennes, qui montent la garde pour chacun d'entre nous, et
continuent de protéger les civils libyens contre les dangers que
représente toujours le régime de Kadhafi. »
Montrant que ses
prétentions démocratiques ne sont que pour la galerie, le
premier ministre a annoncé la tenue du vote après avoir
déclaré que la mission continuera peu importe ce qu'en
dit le parlement : « Nous participerons à cette
mission jusqu'à ce que les menaces armées des forces de
Kadhafi soient éliminées de ce pays, a-t-il
déclaré aux journalistes. Nous demanderons un
prolongement de trois mois au Parlement, mais je serai franc avec
vous : j'estime avec optimisme que nous atteindrons nos objectifs
bien avant la fin de ce délai. » L'urgence d'une
Opposition ouvrière qui rompt avec toute conciliation avec les
politiques guerrières de Stephen Harper était on ne peut
plus claire quand le critique du NPD aux affaires
étrangères, Paul Dewar, est intervenu sur le sujet. Le
député néodémocrate a essentiellement
repris la position de Harper sur le recours à la force dans le
règlement des différends dans les affaires
internationales et sur le besoin d'apporter la démocratie
canadienne à la Libye. « Nous croyons que la
contribution militaire que nous avons apportée a
été suffisante et que la prochaine étape est
évidemment la reconstruction de la Libye et les aider...
à vraiment passer à la prochaine phase pour ce qui est du
développement de la Libye sur le plan démocratique et
aussi sur le plan de la reconstruction des
infrastructures », a-t-il dit.
Pour ne laisser aucun doute sur ce que le gouvernement
Harper entend par démocratie et droits humains en Libye, tout de
suite après la motion sur la mission libyenne, le parlement
débattra de la loi de retour au travail contre les agents de
bord d'Air Canada.
LML continuera de vous tenir au courant des
développements importants et vous encourage à contribuer
à ce travail en développant le projet
d'édification nationale du PCC(M-L) comme alternative au
programme de destruction du gouvernement Harper et des monopoles qu'il
représente.

Le projet de loi C-4
Pour criminaliser l'immigration,
attaquer les droits et diviser le peuple
- Philip Fernandez -
Le projet de loi C-4 du gouvernement Harper, la Loi
modifiant
la
Loi sur l'immigration et la protection des
réfugiés, la Loi sur des mesures de réforme
équitables concernant les réfugiés et la Loi sur
la sûreté du transport maritime, a été
débattu dès la reprise des travaux parlementaires, le
19 septembre. Aussi connu sous le nom de Loi visant à
empêcher les passeurs d'utiliser abusivement le système
d'immigration canadien, il avait fait l'objet d'une vaste
opposition populaire lors de son premier dépôt, en octobre
2010. Maintenant armé d'une majorité, le gouvernement
Harper l'a re-déposé dans le cadre de son programme
régressif de « lutte à la
criminalité » qui a pour prétention de vouloir
« protéger la sécurité des
Canadiens ». Par sa nature foncièrement raciste, ce
projet de loi représente un important recul pour le
système d'immigration du Canada.
Le ministre de la Sécurité publique Vic
Toews a dit que les conservateurs avaient maintenant un
« mandat » de la population pour appliquer ces
mesures racistes, en référence à l'élection
du 2 mai. Que dire d'un gouvernement qui invoque un
prétendu mandat de la population pour instituer des politiques
criminelles qui violent les droits humains et portent atteinte au droit
humanitaire international ? Ça ne doit pas passer !
Comme les certificats de sécurité, qui
font également partie des lois sur l'immigration, au nom de la
« lutte à l'immigration clandestine » le
projet de loi conservateur cible des réfugiés et des
immigrants qu'il qualifie de criminels ou de terroristes potentiels. Il
poursuit la tendance à accorder un pouvoir arbitraire au
ministre ou à des tribunaux qui peuvent déterminer
à leur discrétion que certaines personnes sont des
indésirables et les personnes visées ont peu ou pas de
possibilité d'appel.
Selon le ministre de l'Immigration Jason Kenney,
« il faut que le parlement agisse pour qu'on puisse mettre
fin aux activités des passeurs clandestins qui ont ciblé
le Canada comme une destination pour leur commerce, qui est une
exploitation épouvantable des gens ». La
vérité est que le gouvernement Harper soutient
l'exploitation des réfugiés et des immigrants avec son
programme pour travailleurs étrangers temporaires et celui pour
« aide familial » (domestiques), ainsi qu'en
encourageant l'exode des cerveaux des pays moins
développés et en exploitant les exodes provoqués
par les guerres d'agression auxquelles il participe pour créer
une main-d'oeuvre bon marché. L'hystérie à propos
de l'« immigration clandestine » est une
façon de créer de l'appui à de nouvelles attaques
contre les droits de tous, pas seulement les réfugiés et
immigrants.
Le système
d'immigration canadien tourne déjà les problèmes
d'immigration en problèmes de loi et ordre sur une base raciste.
La première version du projet de loi C-4 avait
été déposée au moment de l'arrivée
de 600 immigrants et réfugiés tamouls en
Colombie-Britannique en octobre 2009. L'État raciste,
appuyé par une campagne des médias monopolisés,
avait cherché à créer l'hystérie pour
justifier l'emprisonnement de ces personnes et l'atteinte aux droits de
tous. Le but du projet de loi n'est pas différent en essence des
lois d'exclusion asiatique du début du XXe siècle,
à commencer par l'incident du Komagata Maru en 1914.
Le gouvernement Harper prétend qu'il faut de
nouvelles règles sur l'immigration pour parer à une
« invasion » de gens qui n'ont pas de respect
pour les valeurs canadiennes et qui pourraient même être
des terroristes. Dans son intervention au parlement, le ministre Kenney
a eu le front de dire qu'il serait peut-être nécessaire
d'emprisonner les immigrants et réfugiés qui viennent au
Canada par des moyens non conventionnels afin de
« décourager » les autres et qu'en
agissant ainsi, il répond « à la demande de la
population ».
Rien n'est plus faux. Les Canadiens se sont toujours
opposés aux politiques racistes de l'immigration et ont toujours
été favorables à des politiques humanitaires et
justes qui reconnaissent les droits humains fondamentaux.
L'État canadien est dans bien des cas directement
responsable de la pauvreté, des conflits et de l'exode des pays
d'où proviennent ces immigrants et réfugiés. Les
sociétés minières canadiennes sont notoires pour
leur mépris de l'environnement social et naturel dans les pays
où elles déplacent des populations entières pour
satisfaire leurs besoins. En 2004, le Canada a été
directement complice du coup d'État en Haïti et de la
détérioration marquée des conditions
économiques et sociales qui a suivi. Le Canada a
participé à la Guerre de Corée, au bombardement de
la Yougoslavie pendant 78 jours et à l'occupation militaire
de l'Afghanistan. Plus récemment il a contribué à
provoquer une crise de réfugiés avec les bombardements en
Libye. Et combien d'autres cas de déplacement de population et
d'exode. Les criminels et les terroristes, ce ne sont pas ceux qui
viennent ici chercher refuge, c'est le gouvernement Harper par ses
agissements au pays et à l'étranger.
Le Canada a un devoir de justice envers ceux qui sont
affectés par ces agissements et il doit cesser d'entretenir des
rapports d'exploitation et d'agression avec les peuples du monde. Ce
n'est que lorsque tous les peuples ont le droit de vivre sans
ingérence dans leurs affaires sociales, économiques et
politiques que le problème de la migration internationale peut
être résolu. De plus, le Canada a une obligation de voir
au bien-être de ceux qui sont affectés par ses
agissements, ou bien par des réparations, ou bien en facilitant
leur immigration ici.
La population du Canada est constituée de gens
provenant de tous les coins du monde et le Canada a lui-même
été fondé sur la dépossession des
Premières Nations. Pour une perspective moderne de
l'immigration, il faut une discussion qui part de ces
considérations et d'autres, et il faut garantir les droits qui
appartiennent à chacun du seul fait qu'il est un être
humain. Les lois comme celle du ministre de la Sécurité
publique vont à contre sens de l'histoire et ne font qu'attiser
les passions et créer la division. Le projet de loi
C-4 doit être retiré !

Aperçu du projet de loi sur l'immigration
La Loi modifiant la Loi sur l'immigration et la
protection des réfugiés, la Loi sur des mesures
de réforme équitables concernant les
réfugiés et la Loi sur la sûreté
du transport maritime (avec le nom court Loi visant à
empêcher les passeurs d'utiliser abusivement le système
d'immigration canadien) a été déposée
à la Chambre des communes le 16 juin 2011. S'exprimant le
21 juin sur le projet de loi, le ministre de la
Sécurité publique Vic Toews a déclaré :
« Le projet de loi C-4 permettrait
surtout de nous attaquer aux criminels qui abusent de la
générosité de notre système d'immigration
et représentent une menace pour la sécurité de nos
collectivités canadiennes. Nous proposons un puissant moyen de
dissuasion pour ceux qui organisent des migrations clandestines pour
arriver plus vite au Canada et nous veillons à assurer
l'intégrité et la justesse du système
d'immigration canadien pendant des années. »
Selon les informations du gouvernement, le projet de loi
C-4, entre autres :
« Autorise le ministre, dans certaines
circonstances, à désigner comme une arrivée
irrégulière, l'arrivée au Canada d'un groupe de
personnes, dont le résultat est que certains des
étrangers dans le groupe deviennent des étrangers
désignés ;
« Autorise un agent ou le ministre à
refuser d'examiner une demande de résidence permanente ;
« Prévoit qu'une personne ne peut
devenir un résident permanent tant que la demande du ministre
pour la cessation de la demande d'asile de cette personne est en
attente ;
« Et comme motifs de détention [pour
un maximum de 12 mois ou plus] d'un résident permanent ou
un étranger, l'existence de motifs raisonnables de
soupçonner que la personne concernée est irrecevable pour
des raisons de grande criminalité, de criminalité ou de
criminalité organisée ;
« Prévoit que certains
étrangers désignés ne peuvent demander à
devenir résidents permanents jusqu'à l'expiration d'une
certaine période et que le traitement de toute demande pendante
pour la résidence permanente soit suspendue pour une certaine
période ;
« Prolonge de six mois à cinq ans le
délai d'introduction de procéder par voie de
procédure sommaire ;
« Autorise le gouverneur en conseil de faire
des règlements concernant les exigences de déclaration
imposées à certains étrangers
désignés ;
« ... Modifie la Loi sur des mesures de
réforme équitables concernant les réfugiés afin
de
prévoir
que le demandeur d'asile dont la demande a
été rejetée se voit empêcher de demander la
protection avant qu'une année se soit écoulée
après la date à laquelle la demande a été
rejetée ;
« ... Modifie la Loi sur la
sûreté du transport maritime pour accroître
les peines aux personnes qui ne parviennent pas à fournir de
l'information requise avant qu'un navire pénètre dans les
eaux canadiennes ou à se conformer aux directives
ministérielles et aux personnes qui fournissent des
renseignements faux ou trompeurs. Une nouvelle infraction est
créée pour les navires qui ne respectent pas les
directives ministérielles ».
Malgré le but manifeste du projet de loi
C-4 de cibler « les passeurs », la loi
proposée crée une nouvelle catégorie de demandeurs
d'asile - « les étrangers
désignés » - qui est définie de
façon suffisamment large pour justifier la criminalisation de la
plupart des gens qui viennent au Canada comme réfugiés.
Il viole en outre une disposition fondamentale de la Convention sur les
réfugiés de l'ONU (article 31) qui dit que les
gouvernements ne doivent pas imposer des sanctions aux
réfugiés pour une entrée non conventionnelle. Le
projet de loi C-4, non seulement emprisonne « les
étrangers désignés » - il les prive
aussi de leurs droits juridiques et sociaux.
Ces « étrangers
désignés » tel que définis par le
ministre de la Sécurité publique ou de ses
fonctionnaires, sont automatiquement mis en prison et ne peuvent en
appeler de leur détention pendant une année, et tous les
six mois après que, en attendant un examen de leur demande, sauf
dans ce qui est appelé des « circonstances
exceptionnelles ». Ce que sont ces
« circonstances exceptionnelles » n'est pas
défini mais est laissé au ministre ou à ses
fonctionnaires de décider. Cette condition d'emprisonnement des
« étrangers désignés »
durant un minimum de 12 mois sans examen est une mesure
rétrograde. Actuellement, les réfugiés qui sont
détenus sont tenus de passer un contrôle dans les
48 heures, puis après une semaine, puis tous les mois.
Le projet de loi C-4 viole également les
droits des réfugiés parce que même après
s'être vu accorder le statut de réfugié, ils ne
peuvent pas appliquer pour être des immigrants reçus, ne
seront pas autorisés à parrainer leurs familles, ni
être autorisés à voyager à
l'extérieur du Canada. Ce sont toutes des mesures arbitraires
qui humilient les gens.
Le projet de loi C-4 exige également que les
enfants considérés comme « des
étrangers désignés » soient mis en
détention en violation de la Convention des Nations unies sur
les droits d'un enfant qui stipule à l'article 3 :
« Dans toutes les décisions qui concernent les
enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou
privées de protection sociale, des tribunaux, des
autorités administratives ou des organes législatifs,
l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une
considération primordiale. Les États parties s'engagent
à assurer à l'enfant la protection et les soins
nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits
et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes
légalement responsables de lui, et ils prennent à cette
fin toutes les mesures législatives et administratives
appropriées. » En vertu des dispositions du projet de
loi C-4, les enfants qui sont « des étrangers
désignés » peuvent être expulsés
du Canada sans considération de leurs meilleurs
intérêts. Par ailleurs, les enfants comme les adultes qui
sont « des étrangers
désignés » sont incapables de faire une
demande de statut pour « des raisons
humanitaires » jusqu'à ce que cinq années se
soient écoulées, les maintenant dans un état
d'angoisse et désarroi.
Le projet de loi C-4 impose des dispositions de
déclaration obligatoire pour tous les demandeurs d'asile
« désignés » qui ont
été acceptés comme réfugiés - ils
doivent se rapporter à un agent d'immigration comme l'exige la
réglementation, répondre à toutes les questions et
être susceptibles d'être exploités comme
informateurs par les fonctionnaires de l'immigration ou sinon faire
face à la perspective de ne pas se voir accorder le statut de
résidence permanente.
Enfin, le projet de loi C-4 contrevient aussi
à la Charte canadienne des droits et libertés et des lois
internationales telles que la Convention sur les réfugiés
de l'ONU et le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques.

Projet de loi C-10
La loi omnibus sur la criminalité
n'identifie pas les véritables criminels
- Enver Villamizar -
Le 20 septembre, le ministre de la Justice et procureur
général du Canada, Rob Nicholson, a déposé
au parlement le projet de loi C-10 intitulé Loi sur la
sécurité des rues et des communautés. La loi
omnibus regroupe neuf projets de loi que le gouvernement conservateur
n'avait pas réussi à faire passer lorsqu'il était
minoritaire. Durant la campagne électorale du printemps dernier,
Stephen Harper a promis de faire adopter une loi omnibus en moins de
100 jours après son élection. Il prétend que son
élection est un mandat donné de faire adopter cette loi
envers et contre tous.
En déposant son projet de loi, le ministre de la
Justice a dit qu'il « remplit l'engagement pris dans le
discours du Trône de juin 2011 de représenter
rapidement des mesures législatives sur la loi et l'ordre afin
de combattre le crime et le terrorisme. Cet engagement reflète
lui-même le mandat fort que les Canadiens nous ont donné
afin de protéger la société et de tenir les
criminels responsables de leurs actes. Nous avons regroupé des
projets de loi sur la criminalité qui sont morts au feuilleton
lors de la dernière législature en une mesure
législative complète et nous avons l'intention de la
faire adopter au cours des 100 premiers jours de séance de
l'actuelle législature. »
En réponse aux objections à cette
décision de regrouper les projets de loi en un seul plutôt
que de les présenter individuellement, le ministre a dit :
« D'aucuns diront que ce projet de loi exhaustif est
difficile à comprendre. Je leur répondrai que les
réformes qu'il propose devraient déjà être
familières aux députés – et aux Canadiens –
puisque nous les avons étudiées à la
dernière législature, avant qu'elles ne meurent au
feuilleton à la dissolution du Parlement. Bon nombre de ces
réformes ont déjà été
débattues, étudiées et parfois même
adoptées par au moins une des deux chambres du Parlement. En
fait, cette mesure complète ne fait que présenter de
nouveau au Parlement les mêmes réformes qu'auparavant, se
contentant seulement d'apporter les quelques modifications de forme
nécessaires pour que toutes ces mesures puissent être
regroupées en un seul et unique projet de loi. »
Les néodémocrates et libéraux ont
soulevé les objections suivantes : 1. les peines plus
sévères vont accroître la population
carcérale ; 2. cela aura pour effet d'accroître les
coûts ; 3. les statistiques montrent que le taux de
criminalité est à la baisse, ce qui veut dire que cette
approche de lutte à la criminalité n'est pas
nécessaire. Les libéraux ont proposé un
« amendement raisonné » pour tenter de
retarder l'adoption du projet de loi. Le député
libéral Sean Casey a proposé un amendement qui
supprimerait chaque page du projet pour le remplacer par un engagement
de ne pas le faire passer à la prochaine étape. Cela veut
dire que le projet de loi serait débattu jusqu'à ce que
plus aucun député ne veuille en débattre.
Réagissant aux critiques concernant les
coûts du projet de loi, le ministre a dit :
« C'est une priorité pour le Parti conservateur quand
on sait que 83 % de ces coûts sont supportés par les
victimes de la criminalité. Ce sont elles qui paient le prix.
J'ose espérer qu'à un moment donné, ces
députés finiront par dire qu'ils s'inquiètent des
coûts, qu'ils sont désormais conservateurs en
matière de finances, qu'ils se soucient de chaque dollar
dépensé, mais ils doivent se rendre compte que ce sont
les victimes qui continuent de supporter la plus grande partie des
coûts de la criminalité au pays. Ce sont elles qui ont
besoin de notre aide et que nous devons protéger. »
Concernant les statistiques sur la chute du taux de criminalité
il a dit : « Nous ne gouvernons pas sur la base des
dernières statistiques, nous gouvernons sur la base de ce qu'il
faut faire pour mieux protéger les victimes et les Canadiens qui
respectent la loi. »
Il faut garder à l'esprit les points suivants en
écoutant le débat sur la loi omnibus du gouvernement
Harper au Parlement et dans les médias monopolisés :
1. Ces lois sur la
criminalité n'identifient pas les vrais criminels au pays, qui
sont les parasites qui vivent du travail des autres et qui soumettent
les travailleurs à l'insécurité constante, tant
pendant la vie active qu'à la retraite. Ces criminels vendent
les ressources du pays, détruisent sa base manufacturière
et retirent les pensions et les avantages sociaux et laissent les
individus à eux-mêmes, y compris les travailleurs
blessés au travail, eux qui ont créé la richesse
dont se servent ces parasites pour se payer de magnifiques bonus. Un
bon exemple de cela est la loi de retour au travail imposée aux
travailleurs des Postes qui, comme l'a fait remarquer le PCC(M-L),
visait clairement à « imposer par la force le plan de
'Poste moderne' de Postes Canada qui entraînera non seulement la
destruction du service public mais aussi des conditions de travail
inacceptables pour ses employés. Ces conditions de travail sont
inacceptables précisément parce qu'elles sont
insoutenables. Le taux de blessures chez les travailleurs des postes
est carrément un abus de pouvoir de la part de Postes Canada et
doit être considéré comme une infraction punissable
par la loi. On assiste par ailleurs à une
dégénérescence du rôle du gouvernement, qui
devient maintenant le fier-à-bras chargé de faire
appliquer les plans des monopoles. Cela montre le danger que ce
gouvernement représente pour tous ceux et celles qui vivent de
leur travail. »
La loi sur la criminalité ne parle pas de ces
crimes
2. Justice à deux ou trois mesures n'est pas
justice. Ce gouvernement qui prétend se soucier de la protection
des citoyens contre les criminels refuse de redresser les torts
historiques faits aux Premières Nations. Il refuse même de
se pencher sur le problème des « femmes
disparues ». Il laisse les Premières Nations du
Canada sans conditions de logement et de santé adéquates.
Il n'est même pas capable de fournir à toutes les familles
des garderies abordables, des soins de santé et une
éducation aux jeunes du Canada. Une société qui
n'est pas basée sur la prévention et la
réhabilitation mais sur le crime et le châtiment ne peut
jamais être considérée comme une
société moderne.
3. Finalement, méfions-nous des lois omnibus.
Stephen
Harper
vient de découvrir la méthode
américaine de cacher les choses entre les lignes et faire
adopter des décisions dans un climat d'acrimonie et
d'accusations de trahison et d'immoralité où il devient
impossible de penser. Ainsi, la loi introduit des
précédents significatifs pour criminaliser le droit de
conscience et mettre en place des mesures pour dépouiller les
Canadiens de leurs droits, tout cela au nom de la « lutte au
terrorisme ». La loi établit une liste
« d'États terroristes », ou
« d'États qui financent le terrorisme ».
Actuellement, le Canada a une liste d'organisations terroristes, mais
pas d'États terroristes. La liste américaine comprend
Cuba, l'Iran, le Soudan et la Syrie comme États terroristes. La
nouvelle liste canadienne fait vraisemblablement partie de dispositions
permettant aux tribunaux canadiens d'entendre des poursuites de
« victimes de terrorisme » contre les
États inscrits sur la liste.
La loi comprend également
des changements aux lois liées à la Loi sur le
transfèrement international des délinquants,
qui
donne
au ministre de la Sécurité publique de nouveaux
pouvoirs arbitraires pour empêcher un Canadien accusé d'un
crime dans un autre pays d'être rapatrié. Cela est
probablement en relation à un arrangement entre le Canada et les
États-Unis adopté en 2010, qui vise à
transférer le Canadien Omar Khader, actuellement détenu
au camp de torture de la baie de Guantanamo par les États-Unis,
au Canada le 1er novembre 2011, suivant l'accord avec son appel envers
les autorités américaines. Le gouvernement Harper se
prépare-t-il maintenant à bloquer le transfert en
utilisant cette mesure ?

Aperçu du projet de loi sur la criminalité
Le projet de loi C-10, projet de loi omnibus sur la
criminalité, est divisé en cinq parties :
Partie 1 : Justice pour les victimes d'actes de
terrorisme
Partie 2 : Condamnation
Partie 3 : Application des peines
Partie 4 : Système de justice pénale pour les
adolescents
Partie 5 : Loi sur l'immigration et la protection des
réfugiés
Partie 1 : Justice pour
les victimes d'actes de terrorisme
Cette partie met de l'avant le projet de loi S-7 du
dernier Parlement et va établir une nouvelle loi qui
« en créant une cause d'action, permettra aux
victimes d'intenter des poursuites contre les auteurs d'actes
terroristes et ceux qui les soutiennent. » Cette nouvelle
loi fera en sorte que le ministre de la Sécurité publique
établisse une liste, dans les six mois de son adoption,
d'États que le gouvernement canadien étiquettera en tant
que terroristes qui pourront être poursuivis en justice par les
soi-disant victimes de terrorisme au Canada. Il modifiera la Loi
sur l'immunité des États pour lever
l'immunité de ces États que le gouvernement a
déclaré « en appui au terrorisme. »
De plus, la nouvelle loi permettra au gouvernement canadien de saisir
les avoirs au Canada d'un État étiqueté au cas
où une action en justice intentée contre lui
réussisse. Cela semble être une tentative de rendre
légal selon la loi canadienne le vol des fonds des États
ciblés par le Canada et les États-Unis comme ce fut le
cas de la Libye par le gouvernement Harper comme partie des sanctions
qu'il a imposées. Une des difficultés que le gouvernement
Harper aura eu avec la Libye est de trouver des façons de
« libérer » légalement les avoirs
libyens au Canada afin de les remettre aux soi-disant rebelles.
Partie 2 : Condamnation
Cette partie met de l'avant quatre projets de lois du
parlement précédent :
C-5 : Donne au ministre de la
Sécurité publique les pouvoirs arbitraires de nier le
transfert d'un citoyen canadien au Canada pour purger le restant d'une
condamnation.
C-16 : Met fin à la résidence
surveillée en tant qu'option pour les juges pour des
« crimes sérieux », incluant l'agression
sexuelle.
C-54 : Impose des peines d'emprisonnement
obligatoires pour les offenses sexuelles contre les enfants.
S-10 : Crée des peines minimales
obligatoires pour les crimes reliés à la drogue incluant
le fait d'étiqueter de trafiquant quiconque est en possession
d'aussi peu que six plants de marijuana et imposer une sentence
minimale de six mois de prison.
Partie 3 : Application
des peines
C-39 : Impose de nouvelles réglementations
dans le système de libération conditionnelle qui font
qu'il est plus difficile d'obtenir une libération conditionnelle.
C-23B : Élimine les pardons pour certains
criminels et établit un nouveau système plus difficile
pour effacer un casier judiciaire intitulé
« suspension du casier. »
Partie 4 :
Système de justice pénale pour les adolescents
C-4 : Établit de nouveaux principes pour la Loi
sur
le
système de justice pénale pour les adolescents soulignant
la
punition
plutôt que la prévention de la
criminalité chez les jeunes. Il permet aux juges d'identifier
publiquement l'identité des jeunes contrevenants, ajoute de
nouvelles définitions et catégories de
« crimes graves » et « crimes
violents » en accord avec les nouveaux principes, qui
incluent de rendre un crime violent de « menacer de
commettre » un crime violent. Il fait aussi des changements
au sujet de comment et quand une peine d'adulte sera imposée
à un jeune contrevenant.
Partie 5 : Loi sur
l'immigration et la protection des réfugiés
Projet de loi C-56 amende la Loi sur
l'immigration et la protection des réfugiés afin
d'autoriser les agents d'immigration de refuser des permis de travail
à des travailleurs immigrants ou migrants s'ils :
« risquent de subir un traitement humiliant et
dégradant, y compris l'exploitation sexuelle ou la traite des
personnes ». En d'autres mots, au lieu de traiter avec les
employeurs qui violent le code du travail et les droits des
travailleurs immigrants ou migrants, les victimes deviennent le
problème et de nouveaux pouvoirs sont donnés aux agents
d'immigration pour refuser l'entrée à leur
discrétion à certaines personnes, tout cela au nom de les
« protéger ». Le ministre de la Justice
explique de cette façon : [le projet de loi]
« comprend des réformes de l'immigration afin de
mieux protéger les travailleurs étrangers
vulnérables contre les abus et l'exploitation, y compris le
trafic humain. »
Les projets de loi non
inclus issus du Parlement précédent
C-50 et C-51 : Avec ces deux projets de loi, il
sera plus facile pour les forces de l'ordre de surveiller les
communications téléphoniques et électroniques pour
« prévenir le crime et les actes
terroristes. »
C-17 : Modifiera les lois du Canada sur le
terrorisme pour ramener des clauses de la Loi antiterroriste de
2001 expirées en 2007 et qui permettront des
arrestations préventives et des audiences d'enquête qui
forcent quelqu'un à dévoiler de l'information
reliée à un possible acte de terrorisme. Le premier
ministre Harper a récemment indiqué que cette
législation sera mise de l'avant.

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