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Quebec
Opposition à la destruction du
secteur manufacturier
et la braderie des ressources naturelles
Montréal-Est: La situation à l'affinerie
de cuivre Xstrata
- Entrevue avec Gilles Bordeleau,
président
de la
section 6887 du Syndicat des Métallos -
LML :
Quelles
sont
les
principales
préoccupations
du
syndicat
en
ce moment ?
Gilles
Bordeleau : Il y en a quelques unes. Nous avons
présentement deux sections de baies de cuivre qui sont
fermées.
Xstrata promet de les remettre en service en 2012. Nous
produisons à l'heure actuelle environ 270 000 tonnes de cuivre
par année alors que la possibilité totale est d'environ
380 000
tonnes. Remettre en opération les deux baies voudrait dire
l'engagement de 30-40 nouveaux travailleurs. Nous sommes
maintenant environ 380 travailleurs de la production, tous
syndiqués, à l'usine. Les changements technologiques ont
joué un
rôle important dans la réduction du nombre de
travailleurs. Les
machines sont devenues de plus en plus sophistiquées ; tout
est automatisé à présent.
Puis il y a la question des plans
de performance. Xstrata
voulait introduire des plans de performance individuelle des
travailleurs en échange d'un bonus supplémentaire de
2 % à
celui qui est déjà en existence. Cela voudrait dire que
l'entreprise évaluerait le travailleur subjectivement sur sa
performance, lui donnant une cote en
santé-sécurité, en
productivité, etc Nous avons refusé cela. Nous l'avons
refusé
parce que cela aurait divisé les travailleurs et les aurait
monté
les uns contre les autres. Cela laisse la place à toute sorte de
favoritisme ou de discrimination, si le contremaître aime le
travailleur ou pas, ou encore si le travailleur passe par une
période difficile dans sa vie, que ça ne va bien à
la maison il
peut être coté négativement. Nous avons fait savoir
à Xstrata que
si elle voulait donner un 2 % de plus , elle peut le faire
uniquement sur la base de critères mesurables. Nous avons
accepté
l'absentéisme par exemple, Et là-dessus il faut aussi
tenir
compte qu'il y a une loi qui autorise les congés pour
responsabilités parentales, alors l'évaluation de la
performance
en absentéisme doit en tenir compte. Nous avons dit clairement
à
Xstrata que nous n'acceptions pas et n'accepterions jamais des
plans de performance où les critères ne sont pas
mesurables. Nous
avons gagné notre point alors que presque partout Xstrata a
été
capable d'imposer ses plans de performance individuelle. Nous
nous sommes laissés dire que la direction de l'affinerie a
été
critiquée par la haute direction mondiale de Xstrata pour
n'avoir
pas su imposer le plan de performance de la compagnie.
La question des pensions est aussi très
importante pour nous.
Partout les grandes multinationales essaient de remplacer les
fonds de pensions à prestations déterminées par
des fonds à
cotisations déterminées. Xstrata ne s'est pas
essayée à changer
notre pension lors de la négociation de la nouvelle convention
l'an dernier mais c'est bien possible qu'elle le fasse la
prochaine fois. La convention actuelle vient à terme en 2013.
La question des pensions va être notre cheval de
bataille à la
prochaine négociation et nous sommes déjà en train
de nous
préparer. Je considère que c'est mon devoir comme
président
d'expliquer aux jeunes ainsi qu'aux travailleurs les plus
âgés
que nous devons tous rester unis Je leur explique que toutes les
grandes industries sont en train d'embarquer dans ce processus et
qu'on s'attend à ce que l'entreprise essaie de faire mettre une
clause orphelin dans la prochaine convention qui introduit un
régime de pensions différent pour les nouveaux. Nous
avons des
discussions sur l'importance de protéger les jeunes en les
maintenant sur notre fonds de pension à prestations
déterminées
si nous voulons les garder avec nous. Il faut les défendre et
les
protéger au même titre que les autres.
Il y a aussi la question des fermetures d'usines au
Québec et
particulièrement ici à Montréal-Est. Je suis un
gars de Montréal-Est et je me rappelle le temps où la
municipalité avait 3000
habitants mais plus de 15 000 travailleurs qui venaient y
travailler chaque jour. Juste autour d'ici nous avions Esso
Imperial, Gulf. BP, Shell, Petro-Canada, Noranda avait l'usine
de Wolverine. La fermeture des usines a été un coup dur
pour les
familles de Montréal-Est et pour la ville elle-même qui a
perdu
une grande partie de ses taxes municipales. Je suis à même
de le
voir moi-même que le niveau de vie de la population à
Montréal-
Est n'est plus ce qu'il était.
La fermeture de Shell tout récemment n'a pas de
sens. Shell ne
voulait pas vendre. Elle a refusé deux bonnes offres d'achats
mais le gouvernement l'a laissée faire. ¨Ça illustre
bien le
problème qu'on vit à l'heure actuelle au Québec.
Il n'y a pas de
régles d'établies pour les multinationales qui viennent
opérer
ici. En l'absence de régles elles peuvent partir demain matin
comme si de rien n'était. On voit que les syndicats sont en
train
de soulever la question des ressources naturelles, qu'elles
devraient être transformées ici et c'est une bonne chose
que cela
se développe. Parfois les grandes sociétés ferment
les usines
uniquement pour faire monter les prix des produits qu'elles
produisent, que ce soit le gaz ou le cuivre. C'est pour ça ici
que nous devons demeurer vigilants et surveiller de près ce qui
se passe.

Arvida
Les travailleurs demandent
la modernisation du complexe Rio
Tinto
- Entrevue: Alain Gagnon,
président du Syndicat
des travailleurs de l'aluminium d'Arvida -
LML :
Le
syndicat
des
travailleurs
de
Rio
Tinto
à Arvida
s'est donné comme priorité la modernisation du complexe
pour
protéger l'emploi régional. Peux-tu nous en dire
plus ?
Alain
Gagnon : Il faut se rappeler qu'on est parti à
zéro. Alcan avait fait l'annonce en 2005 que le complexe
Jonquière allait fermer Il ne resterait que l'usine
Laterrière.
Le complexe Jonquière serait rasé et deviendrait un grand
champ
vague. Notre action vise à trouver des solutions pour maintenir
l'emploi qui est important non seulement pour les travailleurs du
complexe mais pour tous les emplois indirects qui en
découlent.
Notre priorité actuelle c'est d'amener Rio Tinto
à faire les
trois phases de développement technologique pour augmenter de
façon significative le tonnage qui est produit au complexe. Et
cela en faisant travailler le maximum de monde. Ce que nous
voulons c'est en fait une usine neuve qui est à la fine pointe
de
la technologie. Les trois phases du développement technologique
augmentent le tonnage de métal qui est produit à partir
de la
même structure, des mêmes cuves que nous avons
présentement.
C'est une technologie qui répartit la chaleur
différemment dans
le caisson et augmente l'ampérage ce qui fait que la même
cuve
produit plus de métal.
Nous en sommes à la phase 1 et nous voulons
que Rio Tinto
la complète et s'engage dans la phase II puis III afin que le
complexe atteigne les quantités de production de niveau mondial,
soit plus de 400 000 tonnes d'aluminium par année.
La deuxième étape c'est de passer à
la transformation du métal
dans la région. La façon dont on a
développé le secteur de
l'aluminium au Québec jusqu'à maintenant c'est de fournir
l'énergie en abondance à très peu de frais aux
multinationales
qui ne développent que la production la plus primaire de
l'aluminium et le tout est expédié hors du pays. Dans la
production primaire de l'aluminium , plus de 30 % des coûts
de production sont constitués par l'énergie
hydroélectrique. La
demande en énergie est beaucoup moins grande dans la
transformationEst-ce que c'est logique de prendre l'aluminium
dans sa forme la plus simple, lui faire faire 10 000 km pour
aller se faire transformer enChine puis lui faire la même
distance encore une fois pour le ramener ici comme produit fini.
Nous voulons aller chercher le volume en bâtissant une usine
neuve, consolider les emplois et passer à l'étape de la
transformation. C'est un parc industriel complet que nous voulons
bâtir.
Une pression constante et délibérée
est entretenue sur nous à
l'effet que Rio Tinto pourrait fermer ses portes n'importe quand.
Ou qu'une multinationale comme BHP pourrait venir ici avaler Rio
Tinto. Chaque fois par exemple qu'il y a instabilité à la
bourse,
l'entreprise reprend de plus belle qu'elle pourrait bien se
retirer.
Nous, nous faisons valoir partout dans la région
que nous
avons besoin d'un poumon économique . Un emploi chez Rio Tinto
ça
veut dire au moins 5 emplois indirects. C'est une pyramide.
Nous sommes tous reliés les uns aux autres et dépendants
les uns
des autres. C'est la même chose avec le bois. Si le moulin de
Kenogami perd une de ses deux machines à papier, c'est ceux qui
sont reliés au moulin qui sont attaqués eux aussi. C'est
une
usine d'usinage qui peut fermer. C'est de l'expertise régionale
qui est perdue.
Il faut apprendre à gagner l'opinion publique. Au
nom du
syndicat, je vais parler partout, aux médias locaux, aux
politiciens, pour leur faire voir l'importance de l'emploi
régional concentré autour d'un poumon économique.
Donc notre priorité c'est la construction d'une
usine neuve
qui a un tonnage de niveau mondial puis le passage à la
transformation de l'aluminium en région.
Au niveau national, nos deux priorités sont les
pensions et
l'opposition à la sous-traitance. Pour cela nous avons besoin de
l'implication des grandes centrales syndicales. Nous devons tous
faire front commun autour de ces deux thèmes, ne pas essayer
d'ouvrir 30 portes à la fois mais d'en ouvrir 2. Nous devons
faire le maximum de pression sur les gouvernements pour leur dire
que les fonds de pensions à prestations
déterminées c'est
l'avenir de notre peuple. Nous avons une société
vieillissante .
Il faut garantir les retraites décentes à tout le monde.
On a
besoins des emplois pour cela. Il faut faire attention au ratio
entre les travailleurs actifs et les retraités. Au lieu de cela,
les gouvernements laissent tout aller.
Les grandes multinationales veulent se désengager
de leurs
responsabilités envers les pensions. Elles veulent des
étalements
de leurs paiements pour combler le déficit de solvabilité
des
pensions sur 10 ans et maintenant sur 15 ans avec ce qui est
arrivé avec AbitibiBowater. Elles essaient d'avoir des
congés de
cotisation déguisés. Au début, les gouvernements
ont dit que les
allègements consentis aux entreprises étaient là
juste pour aider
les compagnies qui avaient les reins à terre à traverser
la crise
financière et rester ouvertes. Maintenant ça devient
permanent,
tout le monde veut des allègements.
Je leur ai dit à Rio Tinto que plus vite vous
mettez de
l'argent dans les fonds de pensions plus vite le déficit de
solvabilité sera comblé. Je leur ai dit que vous
êtes florissants
en ce moment, c'est le temps de mettre plus d'argent et pas
seulement le montant minimum requis par la loi.
On ne peut pas permettre que des multinationales
viennent ici
juste pour exploiter nos ressources naturelles et se soustraire
à
leurs responsabilités. S'il y a un autre krach boursier et que
les pensions sont amputées de 50 % et même plus ,
selon eux
ce n'est pas leur problème !
Nous sommes des dirigeants syndicaux locaux et nous
avons pris
des responsabilités régionales. Nous avons besoin de tout
l'appui
possible des centrales syndicales.

Alma
Les travailleurs exigent que Rio Tinto
assume
ses obligations
- Entrevue avec des membres du Syndicat
des
travailleurs de l'aluminium
d'Alma dont le président Marc
Maltais -
LML
: Les travailleurs d'Alma sont connus pour
leur campagne « Leur nécessité ( la
nécessité pour Rio
Tinto) : l'hydroélectricité. Nos ressources, nos
emplois : notre priorité ». Pouvez-nous en dire
davantage sur les buts de la campagne et où en sont les
choses ?
Travailleurs
Rio
Tinto
Alma : La protection et la
création d'emplois de qualité dans la région sont
notre
principale préoccupation et revendication comme l'indique notre
slogan. En fait la création d'emplois de qualité est la
raison
d'être de la région elle-même. N'eut
été de ce lien entre emplois
de qualité et développement régional il n'y aurait
pas eu de
diversification de l'économie en termes de biens et services, il
n'y aurait pas eu croissance de la consommation des biens et
services etc. Sans les emplois industriels de qualité il n'y
aurait pas de détaillants automobiles, de vendeurs de maisons,
de
PME et ainsi de suite..
Notre niveau de vie nous l'avons gagné par
l'industrialisation
et nos batailles. Le maintien et la création d'emplois de
qualité
sont nécessaires au renversement de notre bilan
démographique.
Notre bilan migratoire est négatif. Beaucoup de gens ont
quitté,
surtout des jeunes entre 20 et 35 ans qui sont des
géniteurs
et dont nous avons absolument besoin. Il y a beaucoup
d'initiatives intéressantes qui se développent pour
garder les
jeunes notamment avec l'Université du Québec dans la
région mais
l'emploi industriel demeure au centre de la question.
Notre campagne publicitaire dans ce sens montre que
c'est un
combat collectif pour que Rio Tinto remplisse ses obligations.
Nous ne voulons pas de bonbons pour l'entreprise, nous ne
demandons pas de subventions pour Rio Tinto. Nous disons que Rio
Tinto obtient le courant hydroélectrique à un prix
très bas, à
l'écart de tout ce qui se fait ailleurs au Québec, alors
nous
voulons des retombées. L'hydroélectricité ici n'a
jamais été
nationalisée, c'est un cas unique au Québec, alors nous
voulons
des retombées et les retombées les plus directes
possible. Ici il
y a deux industries : le bois et l'aluminium. Tous le monde
dépend de ces industries-là c'est pourquoi tout le monde
a son
mot à dire. Nous travaillons très fort pour maintenir
cela,
maintenir que la population a un droit de regard sur ce qui se
passe.
Nous n'avons aucune gêne à demander cela.
Ici à Alma nous
produisons environ 430,000 tonnes de métal par année.
30 %
du coût de production d'une tonne de métal dans une
aluminerie ce
sont les coûts en hydroélectricité et ici Rio Tinto
l'obtient à
un prix extrèmement bas. Nous disons à Rio Tinto que
c'est cela
que ça te coûte par tonne, c'est l'argent que tu fais,
nous
voulons les retombées.
Notre lutte est pour conscientiser la population des
droits
que nous avons à l'égard de cette ressource qui est la
nôtre.
C'est une responsabilité que nous avons également. Nous
sommes
une organisation structurée qui a les moyens d'intervenir et
nous
le faisons.
LML
: Vous avez souvent dit que Rio Tinto essaie de
déformer le sens de vos actions, comme si vous étiez
opposés à ce
que d'autres personnes travaillent dans la région pour Rio Tinto
soit directement ou par emplois indirects.
TRTA :
Oui
et
c'est
un
gros
problème.
Rio
Tinto ne nous
dit pas que nos salaires sont trop élevés. Ce qu'elle
veut c'est
réduire la masse de gens qui ont des salaires et conditions
comparables aux nôtres. Dans notre discours sur la sous-traitance
nous ne parlons pas de l'éliminer. Ce que nous décrions
c'est
qu'on fasse faire notre job par d'autres et à moindre
coût. Nous
avons de bons salaires mais qu'est-ce que ça veut dire avoir un
bon salaire si le milieu est pauvre et dévitalisé ?
Au niveau salarial dans notre système de
négociations, nous
avons un système d'augmentations automatiques basées sur
des
indices comparatifs avec d'autres entreprises. L'enjeu n'est pas
là. Nous avons de bons salaires mais ce que nous voulons c'est
que d'autres les aient eux aussi. C'est cela l'équation.
L'élément vendeur de Rio Tinto dans la
population c'est de
dire qu'elle veut partager la richesse dans les sous-traitants de
la région. Elle dit par exemple qu'au lieu d'embaucher
1 travailleur Rio Tinto mieux vaut embaucher
2 sous-traitants. C'est comme ça qu'elle approche la
population. Elle essaie de s'attacher tout le monde avec ça.
Nous ne sommes pas contre toute sous-traitance, Nous ne
prétendons pas être capables de tout faire. Au contraire
nous
voulons que les équipementiers, les PME, les jeunes aient un
avenir avec des emplois de qualité. Ce à quoi nous nous
opposons
c'est à l'appauvrissement collectif
LML
: Les travailleurs d'Alma dénoncent dans leurs actions
le refus de Rio Tinto de négocier de bonne foi avec eux, le fait
que tout est imposé d'en haut, qu'il y a une culture du secret
etc.
Pouvez-vous nous en dire plus ?
TRTA :
Rio
Tinto
applique
le
concept
appelé
« top
down ».
Les décisions sont prises d'en haut à
Londres et
envoyées en bas pour être exécutées. Il n'y
a plus rien qui se
décide ici. L'absence de négociations, le nivellement par
le bas
au nom de la mondialisation, on se bat contre ça ici.
On se fait dire que la société ne peut
plus se payer les
pensions qu'on avait, que la sous-traitance doit être
appliquée
partout, qu'on n'a pas le choix. La diversification économique,
on en parle mais la réalité est toute autre. Toute la
production
qui sort d'ici est mise sur des trains et des bateaux et envoyée
à l'étranger pour se faire transformer. Ils ne veulent
pas se
casser la tête à faire de la transformation .
Le top down à se vit tous les jours. Ils
imposent. Ils ne
discutent pas. Ils nous disent que peut-être on peut discuter
mais ça ne changera rien à la décision. Prenez le
service de la
paie. Avec le top down, Rio Tinto a décidé d'envoyer tout
le
service de la paie à Montréal. Cela va durer quelques
années
seulement puis le service de la paie va être envoyé en
dehors du
Canada.
Même chose en ce qui concerne l'affichage de
postes par
ancienneté. Ça n'est pas respecté.
Ça n'est jamais la faite à Rio Tinto selon
eux. Il faut être
concurrentiel qu'on nous dit sinon des départements vont fermer.
Avant avec Alcan, on était mis en concurrence avec les
compétiteurs d'Alcan, maintenant on est mis en
compétition entre
les usines de Rio Tinto. On se fait dire « regarde,
ça coûte
moins cher à Arvida », il faut faire la même
chose ici.
Rio Tinto ne veut rien savoir de négocier ses
changements aux
mesures d'urgence sur la question de nos pompiers syndiqués (En
éliminant des postes de pompiers syndiqués qui
travaillent sur le
site de Rio Tinto, les interventions en cas d'urgence reposent
maintenant sur les pompiers de la ville ce qui entre choses
augmente le délai d'intervention). Elle n'a même pas voulu
faire
d'analyse de risques. Maintenant ils nous disent qu'ils ne
veulent plus de questions à ce sujet. C'est fini selon eux. La
direction locale s'est fait imposer une décision et elle n'est
même pas capable de nous répondre.
Un autre exemple. Le Centre de réfection des
cuves a été en
arrêt pendant 3 ans. Quand est venu le temps de le
redémarrer en 2009, notre comité de négo s'est
assis avec
l'employeur. Nous avons négocié de bonne foi. Nous avons
même
fait certaines concessions sur le mouvement de main-d'oeuvre.
Pour redémarrer le CRC il fallait entre 60 et 80 nouveaux
travailleurs. Le protocole d'entente que nous avons signé dit
noir sur blanc que pour la reprise des opérations il y aura
affichage général de postes à l'interne. Pour les
postes qui
demeureront vacants, la compagnie embauchera des travailleurs à
l'externe. Huit mois plus tard, on se fait dire qu'ils
n'embaucheront pas mais vont donner les emplois en
sous-traitance. Nous leur avons montré que le protocole
d'entente
prévoit de l'embauche. Ils nous ont réponde que si selon
nous la
décision viole le protocole d'entente nous avons seulement
à
lever un grief.
Avant les lois du travail, la formule Rand etc il y
avait des
grèves illégales et de la violence. On a établi un
État de droit
dans lequel on a dit que la violence c'est fini mais en échange
les employeurs ont des obligations etc'est la négociation de
bonne foi qui va s'appliquer. Maintenant, les obligations ça ne
tient plus. La négociation de bonne foi n'existe plus. La
négociation ça se fait en nous mettant un fusil sur la
tempe.
Les ententes secrètes c'est vrai. Nous ne pouvons
pas par
exemple avoir accès au Bail de la rivière Peribonka qui
donne les
conditions des avantages hydroélectriques de Rio Tinto. Nous
sommes allés à l'Assemblée nationale. Un ministre
a dit devant
tout le monde que toutes les ententes sont disponibles sur
internet. Pourtant la portion que nous avons demandée est
demeurée secrète. Nous avons rencontré le ministre
dans un salon
privé. Là, il faisait juste patiner. Il est venu dans la
région
et a dit aux journaux locaux que bien sûr les ententes ne peuvent
pas être révélées, que ça doit
demeurer privé à cause de la
concurrence. Incroyable ! À l'Assemblée nationale,
un grand
discours que tout est public et transparent. Dans les médias
locaux, on ne peut pas révéler l'entente !

Contrecoeur
Sur la situation à l'usine Arcelor Mittal
- Entrevue avec Claude Langlois,
président de la
section 6586
du Syndicat des Métallos -
LML :
Quelles
sont
les
plus
récentes
nouvelles
chez
Arcelor
Mittal à Contrecoeur
Claude
Langlois : Depuis la fermeture en 2008 des
laminoirs à chaud et à froid dans le produit plat, la
production
à Contrecoeur est concentrée sur le produit long. C'est
Dofasco à
Hamilton ( qui appartient aussi à Arcelor Mittal) qui a
ramassé
la production que nous avons perdue mais la direction
d'ArcelorMittal à Contrecoeur négocie avec Dofasco pour
continuer
à faire du produit plat ici dont la brame. (La brame est de
l'acier primaire qui est transformé dans les laminoirs. -Note du
Forum ouvrier). Autrement dit, nous faisons de la brame qui s'en
va à Dofasco. L'usine ici négocie de mois en mois avec
Dofasco.
Le résultat dépend des prix que l'usine de Contrecoeur
fait à
Dofasco. Le marché récemment a diminué de beaucoup
au niveau de
l'automobile qui est un gros consommateur des produits plats.
Nous étions trois quarts de travail à la brame
jusqu'à tout
récemment mais nous venons de tomber à deux quarts de
travail. La
direction est venue nous voir, nous disant que nos prix fixes
sont trop élevés. Par prix fixes ils entendent notamment
le temps
supplémentaire et l'utilisation des contracteurs. Il y a
sûrement
quelque chose qui s'en vient. On s'attend à un automne
difficile.

Le
14 juin 2009, plus de 600 personnes ont participé à une
marche sur la
route principale de Contrecoeur, en Montérégie, pour
venir en aide au
secteur de l'acier au Québec et à la défense de
l'économie nationale
|
LML
: Arcelor Mittal négocie avec elle-même et s'en prend
aux travailleurs si le prix qu'elle obtient ne lui convient
pas.
CL : Oui.
Dofasco appartient à Arcelor Mittal. Le
directeur de l'usine ici négocie avec Dofasco pour essayer
d'obtenir des contrats de brame, ce qui contribue `à garder
l'usine de Contrecoeur ouverte. En ce moment , le marché a
baissé
dans l'acier au niveau des produits plats comme la brame. On
réduit le personnel qui y travaille. On parle peut-être
même de
récession.
On sent que ces choses-là sont en train de se
passer mais les
dirigeants de l'usine ne nous parlent pas. Ils sont en train de
préparer un plan d'action. Quand tu leur parles ils tournent
autour du pot. On s'attend à quelque chose syndicalement.
La négociation existe au sein même de
l'usine. À Contrecoeur,
nous avons l'aciérie qui produit de la billette avec laquelle on
fait le fil-machine. Au sein de la même usine, l'aciérie
négocie
le prix de la billette avec le fil-machine.
LML
: Qu'en est-il de votre revendication depuis la
fermeture de 2008 qu'Arcelor Mittal construise un laminoir
à
poutrelles ? En 2007, juste avant la fermeture des produits
plats, Arcelor Mittal avait présenté cette fermeture
comme une
façon de consolider la production du produit plat à
Hamilton et
du produit long à Contrecoeur et dans ce sens elle disait
s'engager à construire le laminoir à poutrelles sur le
site même
de l'usine ici à Contrecoeur.
CL :
C'est
au
point
mort.
On
n'entend
plus
rien à ce
sujet. Arcelor Mittal se contente de dire qu'il n'y a pas de
marché pour les poutrelles. Le marché était
là en 2008 selon
elle mais il aurait subitement disparu. Selon nous, quand Arcelor
Mittal a annoncé le projet du laminoir à poutrelles au
beau
milieu de la fermeture des deux laminoirs, c'était
essentiellement pour jeter un baume sur la plaie. Elle n'a jamais
pris d'engagements définis.
Cela n'empêche pas la direction ici de se vanter
de la
production de poutrelles comme si c'est ici qu'elles étaient
produites. L'autre jour, lorsque je suis allé rencontrer le
directeur de l'usine il y avait un beau poster dans son bureau
qui montrait un gros édifice dans la ville de New York. Sur le
poster on pouvait lire quelque chose comme :
« Savez-vous que x % de ce building a été
fait avec nos
poutrelles ? J'ai pris le poster, je l'ai roulé sans qu'on
me voie puis j' ai assisté à la rencontre et posé
quelques
questions. À la fin de la réunion, le directeur a
demandé s'il y
avait des questions. Je lui ai demandé ce qui arrivait du
laminoir à poutrelles. Il m'a dit que ça fait plusieurs
fois
qu'ils nous disent que le projet est mort pour le moment. Alors
j'ai déroulé le poster devant lui et lui ai
demandé comment il se
fait alors qu'il se vante de la production de poutrelles comme si
elles venaient d'ici alors qu'elles sont faites en Europe. Il
s'est emporté en demandant qui avait affiché le poster
cherchant
à détourner l'attention. »
LML
: Dans ces conditions, quelle est la
préoccupation
principale des travailleurs en ce moment ?
CL :
C'est
la
consolidation
des
emplois.
C'est
important
pour
la survie de l'usine. En 2008, nous étions environ 1150
avant la fermeture des produits plats. Maintenant nous sommes
environ 570 travailleurs à l'usine. Je tiens à dire aussi
que
cette perte de prés de 500 emplois en 2008 s'est faite sans
négociation. Le tout nous a été simplement
présenté comme un fait
accompli. J'étais en dehors de la région dans une
réunion de la
FTQ. La direction d'Arcelor Mittal m'a demandé de rentrer tout
de
suite pour la rencontrer et c'est là qu'ils m'ont appris qu'ils
fermaient les deux laminoirs.
Nous voulons qu'Arcelor Mittal embauche plus de
travailleurs.
Une question importante pour nous c'est d'obtenir
l'investissement que la direction a annoncé dans le produit
long,
au laminoir fil- machine. Cela prend du temps. Cela fait
quasiment six mois qu'ils sont là-dessus. Avec les grosses
multinationales, il faut passer par toutes sortes de paliers
avant qu'une décision soit prise. Pour nous c'est important
parce
que ça consoliderait le produit long sinon on ne sait pas ce qui
va se produire.
Nous voulons qu'il y ait plus d'embauche à
Contrecoeur. Il y a
des trous dans les cédules de production. On manque de monde
pour
faire le travail. L'entreprise embauche le monde à la miette.
Nous avons aussi perdu beaucoup de nos travailleurs
syndiqués
à la sous-traitance. La compagnie appelle cela garder uniquement
la « core business » (l'activité
essentielle ). Avant
cela on avait des travailleurs du syndicat qui étaient
journaliers, qui coupaient le gazon, fournissaient le matériel,
conduisaient les camions. Il y en avait 5-6 dans chaque
atelier. Quand elle a fait l'acquisition de l'usine, Arcelor
Mittal nous a dit qu'elle est ici pour faire de l'acier, pas pour
tondre le gazon. Elle a donné les emplois des journaliers en
sous-traitance. Le travail se fait encore mais il n'est plus fait
par nos membres et il se fait à des conditions de travail
inférieures.

Vigoureuse opposition au navire de guerre
NCSM Montréal
au Vieux-Port de Montréal
 
Les 17 et 18 septembre, à l'initiative du PMLQ,
des activistes anti-guerre ont tenu deux vigoureuses lignes de
piquetage pour s'opposer au navire de guerre NCSM Montréal
accosté dans le port de Montréal. Deux grandes
bannières avaient été installées à
l'entrée du Vieux-Port, coin de la Commune et St-Pierre :
« Pas de port pour la guerre ! Propagande militaire : au service
de l'empire de guerre ! » Sans relâche, les manifestants
ont scandé : Pas de port pour la guerre ! Navire de guerre, hors
du port de Montréal ! Pas un seul jeune pour la guerre et
l'agression ! Non à la militarisation de l'espace public !
Canada, hors de l'OTAN ! Canada, hors de l'Afghanistan, hors de la
Libye maintenant ! Propagande militaire, au service de l'empire de
guerre ! Harper, premier ministre de guerre, on te laissera pas faire !
Défendons le droit à la souveraineté des peuples
du monde ! Luttons pour un gouvernement anti-guerre ! et plusieurs
autres slogans. La déclaration du PMLQ émise pour
l'occasion a été aussi largement distribuée et
bien reçue.
Des passants, des cyclistes et des
familles ont salué les actions, en klaxonnant de leur voiture,
en saluant et en venant discuter avec les activistes. Plusieurs
revenaient de la visite du navire disant qu'ils étaient
très fiers de voir la manifestation et qu'il ne fallait pas
lâcher. La militarisation de l'espace public et la participation
du Canada dans les guerres à l'étranger malgré la
grande opposition du peuple sont source d'indignation. Une dame a
expliqué que l'armée prend de plus en plus de place dans
les activités publiques. Ainsi, chaque année la
ville de Montréal organise deux activités en
été et en hiver appelées La journée des
enfants. Quatre-vingt-dix pour cent de ces activités sont
directement financées par les Forces canadiennes. À la
ville, lorsqu'elle est allée dénoncer ce fait, on lui a
répondu que c'était comme cela, sinon l'activité
n'aurait pas lieu. Un chantage inadmissible. Des jeunes sont venus
expliquer qu'un de leurs amis avait quitté l'armée parce
qu'on lui enseignait de considérer les civils comme l'ennemi.
L'action s'est terminée par un appel à la
population à prendre position contre la participation du Canada
dans les guerres d'agression. Le gouvernement pro-guerre Harper tente
d'associer guerre, agression et occupation à la
démocratie et à la sécurité pour justifier
l'injustifiable. Cela ne doit pas passer !
Pas
de navire de guerre dans nos ports !
Pas un seul jeune pour la guerre et l'agression !
Luttons un gouvernement anti-guerre !

Navire de guerre NCSM Montréal,
hors du port de Montréal!
Non à la
propagande de guerre!
Non à la militarisation de l'espace public!
- Déclaration du Parti
marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) -

Le PMLQ joint sa voix aux forces anti-guerre pour
dénoncer la visite du
navire canadien de sa Majesté (NCSM) Montréal de la
marine royale du
Canada dans le Vieux-Port de Montréal. L'événement
qui se déroule du
15 au 18 septembre est une activité de recrutement
militaire de
la jeunesse par les Forces canadiennes pour « promouvoir les
nombreuses possibilités de carrières qu'elle
offre ». La campagne de
recrutement 2011 se mène non seulement à
Montréal, mais à
Trois-Rivières, Matane, Pointe-au-Pic/La Malbaie, Gaspé
et Sept-Iles et
plusieurs autres villes portuaires où les populations sont
invitées à visiter les
navires de guerre. Il faut s'opposer à ces activités de
recrutement de la
jeunesse pour la guerre et le fascisme !
Le NCSM Montréal est un navire de guerre qui a
servi l'OTAN dans la
prétendue lutte contre le terrorisme sous les opérations
Active Endeavour et
Apollo, dans les eaux territoriales de la Méditerranée,
dans l'Atlantique, de
l'océan indien, de la mer d'Arabie et jouer un rôle dans
l'embargo sur le
pétrole contre l'Irak. Il a aussi été
utilisé pour transporter le couple
monarchique les 2 et 3 juillet dernier, de Montréal
à
Québec.
Cette tournée s'inscrit dans les efforts du
gouvernement pro-guerre de
Stephen Harper pour accroître sa participation aux guerres
d'agression et
d'occupation des États-Unis et pour défendre le droit de
monopole au pays
et à l'étranger, y compris l'annexion du Canada aux
arrangements de
sécurité des États-Unis. Le 11 septembre,
Stephen Harper a
déclaré : « Nous continuerons à
soutenir les membres des
Forces armées canadiennes ainsi que les agents du renseignement
et de la
police qui font preuve d'un grand courage en mettant leur vie en danger
jour
après jour pour lutter contre les multiples facettes du
terrorisme. Nous
resterons inébranlables dans la défense, la protection et
la promotion de nos
valeurs et de nos principes démocratiques, qui sont les
fondements mêmes
de notre société libre et prospère... ».
Jour après jour, notre espace public est
militarisé, envahi par la
propagande de guerre et une culture guerrière, qui
présentent l'agression
comme un geste de bravoure, l'utilisation de la force pour
régler les conflits
entre les peuples comme un geste de défense de la
démocratie, de la sécurité
et des « valeurs canadiennes ». Ce n'est pas par
hasard que le
15 septembre, la ministre à la Condition féminine,
Rona Ambrose, a
annoncé que le mois de l'histoire des femmes, en octobre, aura
pour
thème : « Les femmes dans les forces militaires
canadiennes ». Le but est de miner la conscience et le
mouvement de
résistance devant la machine de guerre.
La population du Québec et du Canada s'oppose
massivement à la
participation du Canada dans les guerres d'agression en Afghanistan, en
Libye et ailleurs. Cela ne passe pas et ce n'est pas aujourd'hui que
cela va
passer. Le peuple aspire à la paix et réclame que le
gouvernement canadien
cesse toutes agressions et ramène ses troupes.
L'établissement d'un gouvernement anti-guerre qui
met fin au
recrutement de la jeunesse comme chair à canon, exige
l'annulation de
toutes les alliances militaires, de tous les accords et de toute
coopération
avec l'impérialisme américain, le retrait du Canada de
l'OTAN, de NORAD
et du Northern Command et fait activement campagne contre la guerre
comme méthode de résolution des conflits et
problèmes internationaux est
plus que jamais à l'ordre du jour.
Pas
de navire de guerre dans nos ports !
Pas un seul jeune pour la
guerre et l'agression !
Luttons un gouvernement anti-guerre !

Bulletin du 19 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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