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38e
anniversaire du coup d'État au Chili
Justice pour le peuple chilien!
Le 11 septembre, nous commémorons le 38e
anniversaire du
coup d'État des impérialistes étasuniens au Chili
durant lequel
le régime Pinochet a tué, torturé et
emprisonné des milliers de
personnes. En cette occasion, LML se souvient des
victimes du régime Pinochet et de l'opération Condor[1]
sous
l'enseigne duquel des activités criminelles étaient
menées en
Argentine, en Uruguay et au Brésil. À ce jour, les
familles des
victimes luttent pour que les responsables de ces crimes soient
traduits en justice.
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Le président chilien
Salvador Allende
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Aujourd'hui, alors que les États-Unis invoquent le respect des
« valeurs américaines » comme
critère permettant de
décider qui sont les ennemis de l'État, il est important
de
rappeler que les crimes commis au Chili et partout en Amérique
latine visaient toutes personnes déclarées
« ennemies de la
civilisation chrétienne occidentale ». Le
« crime » dont on les accusait était leurs
croyances
politiques, leurs affiliations et leur activisme. Au stade de
Santiago qui avait été converti en parc d'attente, les
gens ont
été rassemblés et massacrés. Au palais
présidentiel de Monada, le
président constitutionnel, Salvador Allende, a été
assassiné. Les
crimes se sont poursuivis tout au long du règne de Pinochet et
bien au-delà des frontières du Chili, même
jusqu'à Washington,
D.C. La junte militaire, dirigée par le général
d'armée Augusto
Pinochet, avec le support inconditionnel des États-Unis, a
dirigé
le Chili de façon officielle et
« officieuse » pendant
les 25 années après de coup.
Exposant clairement le rôle des États-Unis
dans le coup
chilien, un message télégraphique d'octobre 1970 en
provenance du
groupe « Track Two » de Henry Kissinger et
adressé au
personnel de la CIA au Chili déclare : « Notre
politique ferme et continue est de renverser [le gouvernement
démocratiquement élu] d'Allende par coup
d'État...Nous
continuerons d'exercer le maximum de pressions à cette fin avec
toutes les ressources à notre disposition. Il est de la plus
haute importance que ces actions soient mises en oeuvre de façon
clandestine et ferme pour assurer que le GEU [gouvernement des
États-Unis] et la main américaine soient bien
dissimulés. »
En 2007, il a été révélé que les
millions de dollars que Pinochet
avait volés au peuple chilien avaient été
déposés en
1994 dans un compte secret de la Riggs Bank, banque liée
à
la famille Bush, à Washington, DC, avec la complicité des
haut-placés du système bancaire étasunien. Le
président des États-Unis, Obama, refuse toujours de
présenter ses excuses pour le
soutien des États-Unis aux crimes de Pinochet et pour
l'implication des États-Unis dans le coup de 1973.
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L'attaque contre le palais présidentiel durant le coup d'État.
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Bien avant le coup au Chili, les États-Unis
avaient une longue
et sanguinaire feuille de route à organiser et à soutenir
de
violents coups d'État en Amérique latine, par exemple au
Guatemala, au Brésil, au Nicaragua, en Grenade et au Panama,
pour
ne nommer que ceux-là. La doctrine Monroe de
1823 déclarait
que les États-Unis s'appropriaient l'Amérique latine.
Simultanément, les États-Unis se sont accaparés du
tiers du
Mexique par force militaire. À partir de 1890, alors qu'ils
avaient imposé leur suprématie sur l'Espagne et la
Grande-Bretagne, les États-Unis sont intervenus militairement en
Amérique latine plus d'une cinquantaine de fois. La
Confédération
anti-communiste latino-américaine a joué un rôle
important dans
ces interventions, y compris opération Condor. Cette
confédération avait été fondée en
1972 par le chef de
l'escadron de la mort guatémaltèque, Mario Alarcon, en
tant que
branche latino-américaine de la Ligue anti-communiste mondiale
co-fondée en 1966 à Taïwan par des criminels de
guerre
nazis.
Trente-huit ans après le coup d'État au
Chili, les États-Unis
continuent d'organiser et de soutenir des coups d'État violents
comme ils l'ont fait au Honduras en 2009. Les États-Unis
continuent de former des alliances agressives, de bâtir des bases
militaires dans des États-clients comme la Colombie, de naviguer
sur les eaux environnantes comme si elles étaient des lacs
étasuniens, et de perpétrer des actes de subversion
contre les
gouvernements latino-américains démocratiquement
élus tels que
Cuba, le Venezuela et la Bolivie qui exercent le droit de choisir
leur propre système politique, libre de l'ingérence des
États-
Unis. Les deux principales organisations canalisant les millions
de dollars à des fins subversives en provenance des
États-Unis
vers les groupes politiques dans les pays d'Amérique latine sont
USAID et le « National Endowment for Democracy »
(NED). Les « Guerres sales » secrètes
menées antérieurement
par les États-Unis dans le cône Sud et en Amérique
centrale en
collusion avec les forces militaires locales sont aujourd'hui
menées au grand jour.
Dans ce contexte, le rôle joué par le
gouvernement Harper dans
l'hémisphère au nom de la
« prospérité et la
sécurité »
est particulièrement pernicieux. Au moment où les pays
des
Amériques défendent leur souveraineté et
créent des alternatives
à un modèle économique qui n'apporte que ruine et
misère à leurs
peuples, le gouvernement Harper chante les louanges de la
« Charte démocratique
inter-américaine » de
l'Organisation États américains (OÉA), notoire
pour
l'organisation des coups d'État pour le compte des
États-Unis
ainsi que pour les guerres sales des années soixante, soixante-
dix et quatre-vingt.
Le 5 septembre, la ministre d'État canadienne pour les
Amériques, Diane Ablonczy, a fait des déclarations au
Chili à
l'occasion du 10e anniversaire de la signature de la Charte
démocratique interaméricaine de l'OÉA. Tout en
saluant les
« progrès de la démocratie » dans
l'hémisphère, elle a
eu l'audace de prétendre que dans les Amériques
« les coups
d'État ne sont plus pensables puisqu'ils seraient
condamnés sur-
le-champ par les États de
l'hémisphère ». Dites-nous, Mme
Ablonczy, qui donc a organisé et soutenu les coups d'État
en
Haïti et au Honduras ? Le premier ministre Harper
lui-même
a tout récemment effectué une visite officielle au
Honduras pour
y conclure des ententes de libre-échange et de
sécurité en appui
au régime du coup d'État. On rapportait récemment
que le commerce
entre le Canada et le Honduras s'établissait à
194 millions $ l'année dernière. Avec le nouvel
accord
de libre-échange, le Honduras prévoit accroître ses
exportations
à destination du Canada de 350 millions $ par année.
Pendant
que l'appareil de sécurité poursuit la répression
des forces
progressistes et commet des actes criminels, on rapporte que le
Canada contribuera 9 millions $ « pour aider
à
parfaire le système de sécurité » au
Honduras.
Harper est également allé en Colombie deux jours avant
l'entrée
en vigueur de l'Accord de libre-échange canado-colombien, et il
fut annoncé à cette occasion que le Canada soutiendra les
projets
de sécurité et « anti-terroristes »
qui permettent aux
escadrons de la mort, des organisations paramilitaires, de faire
la loi en Colombie, comme moyen de maintenir le peuple dans la
crainte et de garantir que la Colombie continuera d'être soumise
aux plans des puissances étrangères, notamment en servant
de
rampe de lancement pour l'agression contre d'autres pays de la
région.
Ce n'est pas à ces pays que la ministre Ablonczy
fait
référence quand elle dit que « dans certains
pays existent
de graves inquiétudes au sujet de l'érosion des pratiques
et des
institutions démocratiques ». Les insinuations
d'Ablonczy
visant le Venezuela et d'autres pays qui défendent le droit de
suivre leur propre voie de développement révèlent
les intentions
du gouvernement Harper de continuer de s'ingérer dans les
affaires internes des pays d'Amérique latine. Elles tracent un
portrait peu reluisant du « progrès de la
démocratie »
que le gouvernement Harper a en vue pour les Amériques. Faut-il
ajouter que les peuples des Amériques n'attendent pas, les bras
croisés, le genre de démocratie promu par Harper. Leur
lutte pour
l'émancipation a été faite au prix
d'énormes sacrifices comme en
témoignent les souffrances imposées par le coup
d'État étasunien
au Chili, la mise en place de la dictature de Pinochet,
l'opération Condor et les guerres sales qui se poursuivent
à ce
jour au nom du libre-échange, de la démocratie, de la
lutte
contre la drogue, etc.
En cette occasion, nous exprimons à nouveau nos
sympathies les
plus profondes à l'héroïque peuple chilien, aux
familles et aux
amis de toutes personnes tuées ou disparues pendant
l'infâme coup
et sous le régime qui a suivi. Familles et amis continuent de
chercher les disparus et d'exiger que justice soit faite pour ce
qui leur est arrivé. De façon tout à fait
incroyable, des
prisonniers politiques continuent de languir en prison alors
qu'à
peu près aucune personne responsable pour ces violations des
droits de la personne n'a été condamnée pour ses
crimes. Pinochet
lui-même, protégé par les impérialistes, a
échappé à la justice
et est mort sans avoir été jugé coupable.
LML salue la lutte résolue du peuple
chilien pour que
justice soit faite face aux crimes commis par le régime Pinochet
et par ses mécènes étasuniens. Le
11 septembre 1973, le coup
d'État au Chili, soutenu par les États-Unis, a
été un acte de
terrorisme d'État qui a exposé la véritable nature
de
l'impérialisme étasunien et restera à jamais
gravé dans nos
mémoires.
Note
1. Opération Condor a été une
campagne
d'assassinats et de répression politiques créée en
1975 à
Santiago, au Chili, par les cercles dominants du Chili, de
l'Argentine, de l'Uruguay et du Brésil pour éradiquer
l'influence
et les idées socialistes et communistes et pour éliminer
les
mouvements en opposition aux gouvernements des pays ci-haut
mentionnés. Les États-Unis ont d'abord mis de l'avant le
concept
de Condor en 1968, dans le but d'une « utilisation
coordonnée des forces de sécurité internes dans
les pays latino-
américains et entre eux ». Condor est responsable
d'au moins
60 000 morts, de 30 000 « desaparecidos » et de
400 000
personnes emprisonnées.

Bulletin du 12 septembre 2011
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