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L'éducation
est un droit!
La FEUQ lève le voile sur les
conditions
de vie des étudiants
québécois
- Serge Lachapelle -
Lors d'un point de presse le 6 septembre,
la Fédération
étudiante universitaire du Québec
(FEUQ) a dévoilé les
résultats
de sa recherche qui confirme la hausse
fulgurante de
l'endettement étudiant. Elle a
également émis une note
d'information afin de sensibiliser la population
sur cet
enjeu.
Le document intitulé L'endettement
étudiant –États
des lieux, déterminants et impacts
constate que sur
l'ensemble de la population étudiante
à temps plein au premier
cycle, 65 % s'endettent d'un montant moyen
de
13 967 $, et un étudiant sur
quatre accumule plus de 20
000 $ de dettes. De plus, 35 % des
étudiants
s'endettent auprès d'institutions
financières d'un montant moyen
de 8 043 $. La situation est encore
plus inquiétante
chez certains étudiants, ce qui les met
à risque d'interrompre
leurs études. Il s'agit des
étudiants en provenance d'un milieu
à
faible revenu, des étudiants de
première génération et des
étudiants parents. « Ce que
l'on constate, c'est que pour
une partie de la population étudiante,
qui n'est pas née avec une
cuillère d'argent dans la bouche, la
poursuite de leur projet
d'études ne peut se faire sans un lourd
endettement. Ce n'est pas
la définition de la FEUQ d'une
société juste qui donne à
tous une
égalité des chances »,
souligne Martine Desjardins, la
présidente de la FEUQ.  
« Qu'on arrête de nous dire
que les étudiants roulent sur
l'or ! Près des deux tiers des
étudiants s'endettent de
manière importante pour aller à
l'université. Et la nouvelle
hausse de 1 625 $ des frais de
scolarité de Jean
Charest ne fera qu'aggraver une situation
déjà
préoccupante », ajoute la
présidente de la FEUQ.
Malgré les prétentions
libérales quant à une bonification
de
l'aide financière, la FEUQ et le
Comité consultatif sur
l'accessibilité financière aux
études demandent depuis plusieurs
années une réelle bonification qui
ne s'est jamais matérialisée.
L'étude révèle que
52 % des étudiants qui ont un
prêt à
l'AFE doivent se tourner vers d'autres sources
d'endettement pour
assumer les dépenses liées
à leurs études. « Le
gouvernement
Charest a reçu 70 millions $ de plus
lors du transfert
fédéral l'an dernier pour les
prêts et bourses et il les a
détournés des étudiants les
plus pauvres. C'est à croire que son
objectif est d'augmenter la dette des
étudiants du Québec et par
le fait même de leur famille
! », de conclure Martine
Desjardins.
Il est intéressant de constater que
l'étude a été
publiée une
journée avant la Journée
internationale de l'alphabétisation.
Dans une déclaration émise pour
l'occasion, la Fondation pour
l'alphabétisation mentionne que deux
millions et demi d'adultes
au Québec ont de faibles
compétences en lecture.
« La lecture et l'écriture
sont au coeur du maintien de
notre prospérité : elles sont
la clé des enjeux liés aux
pénuries de main d'oeuvre actuelles et
futures, à la capacité
d'adaptation des travailleurs, à la
réussite scolaire des
générations futures et à la
place qu'occupera le Québec dans
l'économie du savoir », a
souligné la présidente-directrice
générale de la Fondation, Maryse
Perreault. « Un citoyen
éduqué est plus autonome, prend en
charge sa santé, est plus
sensible aux grands enjeux sociétaux et
s'engage plus volontiers
en tant que citoyen et en tant que
parent. »
C'est l'agenda antisocial des libéraux
qui considèrent que
l'éducation doit être
orientée dans le sens de répondre
aux
besoins du marché qui mène
à la destruction du système
d'éducation. Même les
universités ont abandonné leur
vocation de
créer une pensée
éclairée qui seule peut permette
de résoudre les
problèmes auxquels la
société fait face.
La question qu'il faut se poser c'est de savoir
qui
l'éducation doit-elle servir.
Le Québec nouveau qui demande à
naître, qui brûle d'envie
d'affirmer sa souveraineté et
d'être au coeur de toutes les
prises de décisions, a besoin d'un
système d'éducation moderne et
accessible à tous et toutes.
L'éducation est un droit qui doit
recevoir des garanties
concrètes, c'est-à-dire qu'il faut
renverser la tendance à faire
toujours payer davantage les étudiants.
Il faut diminuer les
frais jusqu'à la gratuité de
l'enseignement postsecondaire et
instituer un régime de bourses pour le
rendre accessible à
tous.

Bulletin du 12 septembre
2011
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