Soixante-douxième anniversaire de l'invasion de la Pologne

Les falsifications à propos de l'invasion
de la Pologne par l'Allemagne nazie

À quatre heures quinze le matin du 1er septembre 1939, l'Allemagne nazie envahissait la Pologne par une attaque massive. La Wehrmacht de Hitler, composée de 1 850 000 soldats, 3200 chars d'assaut, 2000 avions de combat et 11 navires de guerre – plus des deux tiers de toute la force de combat de l'Allemagne – a détruit l'État polonais et massacré la population.[1] Derrière la Wehrmacht suivaient les Einsatzgruppen SS de Himmler, des escadrons spécialisés dans le meurtre de masse. Le nombre de Polonais était très inférieur à celui des envahisseurs, mais ils ont combattu bravement. Les dirigeants de la Pologne se sont enfuis en Roumanie le 17 septembre mais l'esprit de résistance du peuple polonais est demeuré fort. De nombreux Polonais ont combattu courageusement dans la résistance clandestine dirigée par les communistes. Ils ont formé leurs propres divisions patriotiques et ont lutté aux côtés de l'Armée rouge contre les nazis, se rendant jusqu'à Berlin.

Les nazis ont perpétré contre la Pologne les pires crimes que l'histoire ait jamais connus. De tous les pays européens, c'est la Pologne qui a connu le plus grand nombre de victimes par rapport à sa population. Un total d'environ 6 millions de personnes ont été tuées. L'extermination directe avec les meurtres de masse, les camps de la mort et autres ont enlevé la vie à quelque 1 750 000 Polonais ; 2 700 000 Juifs polonais ont été exterminés ; 2 000 000 d'enfants ont été assassinés ; plus de 50 000 Roms ont été exterminés ; quelque 12 000 personnes mentalement handicapés ont été assassinées ; et des milliers de prisonniers de guerre polonais, soldats et officiers ont été systématiquement exécutés.

Quelque 40 000 intellectuels polonais, personnalités politiques et autres dirigeants ont été exécutés par les SS dès les six premières semaines de l'occupation nazie. Débutant en mai 1939, l'opération nazie Tenneberg, qui faisait partie du Generalplan Ost (opération maîtresse pour l'est), avait déjà identifié et listé plus de 61 000 activistes polonais, membres de l'intelligentsia, professeurs, anciens officiers et d'autres, qui devaient être internés ou exécutés, principalement par les Eizatsgruppen SS. Le meurtre de 5000 à 6000 Polonais à Fordon, Bydgoszcz, en octobre-novembre 1939 n'est qu'un exemple des nombreuses exécutions menées par les SS et la Werhrmatcht. Un autre exemple est le meurtre de 4143 officiers polonais, retrouvés enterrés dans la forêt de Katyn.


Les troupes soviétiques entrent en Pologne à partir de l'Ukraine en 1944, à la poursuite des nazis.

L'Armée soviétique a pénétré le territoire de la Pologne le 17 septembre, seulement après l'effondrement de l'État polonais, la désintégration de l'armée, l'arrêt du fonctionnement du gouvernement et la fuite des dirigeants du pays. De plus, la partie de la Pologne où était entrée l'Union soviétique était constituée de territoires de l'Ukraine et de la Biélorussie que la Pologne avait annexés de force pendant la guerre entre la Pologne et la Russie en 1919-1920. La Pologne constituait à cette époque un des 14 pays envahisseurs impérialistes qui ont tenté, mais échoué, à étrangler la République soviétique socialiste naissante.[2] Environ 8 % seulement de la population de l'Ukraine et de la Biélorussie était d'origine polonaise. Grâce à l'entrée des troupes soviétiques dans ces territoires, Hitler a été forcé d'accepter une ligne de démarcation entre ses troupes et l'Armée rouge. L'Armée rouge a sauvé des millions d'habitants de l'Ukraine et de la Biélorussie du sort que Hitler avait réservé au reste du peuple polonais. Même Winston Churchill, virulent anticommuniste, a salué publiquement l'entrée des Soviétiques dans l'est de la Pologne.

Les hitlériens des temps modernes qui se cachent aujourd'hui derrière des prétentions démocratiques continuent de répandre les mensonges odieux selon lesquels « tant les nazis que l'Union soviétique ont envahi la Pologne » et que « l'Allemagne nazie et l'Union soviétique ont secrètement conspiré pour se diviser la Pologne ». Ces mensonges, qui visent à mettre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie dans une même catégorie dans l'esprit des gens, ont d'abord été lancés par Hitler lui-même, qui parlait de « protocoles secrets » pour diviser la Pologne dans un discours où il a déclaré la guerre à l'Union soviétique. Les « protocoles secrets » ont été ressuscités à nouveau par les accusés nazis à Nuremberg et ont été rejetés par le Présidium comme étant des fabrications. C'est seulement lorsque les États-Unis ont pris la relève de l'hitlérisme après la Deuxième Guerre mondiale et sont devenus les maîtres des temps modernes de la technique du gros mensonge de Goebbel que l'invention de Hitler à propos de « protocoles secrets » est devenue un supposé fait historique.[3]

Les faits historiques permettent de comprendre pourquoi Hitler a attaqué la Pologne. En 1939, la Pologne était un pays impérialiste créé par la Grande-Bretagne et la France par le Traité de Versailles de 1918. L'État polonais « avait entre autres pour ambition de s'accaparer des riches régions agricoles de l'Ukraine et d'étendre le territoire polonais « d'une mer à l'autre », soit de la mer Baltique à la mer Noire ».[4] Les propriétaires fonciers et la bourgeoisie de la Pologne rêvaient de restaurer l'empire polonais médiéval. Financés et armés par les monopoles britanniques et français qui voulaient regagner leurs profits et leurs privilèges perdus,[5] les dirigeants polonais ont attaqué l'Union soviétique en 1918, ont occupé de grandes parties de l'Ukraine, de la Biélorussie et de la Lituanie. Pendant les 18 années suivantes de gouvernement polonais semi-fasciste, les travailleurs et les paysans de ces régions ont été exploités de façon odieuse par les propriétaires fonciers et les industriels polonais.

Alors que les nuages de guerre s'accumulaient au-dessus de l'Europe, les cercles dirigeants polonais considéraient la Grande-Bretagne et la France comme leurs alliés et l'Union soviétique comme leur ennemie jurée. Les impérialistes anglo-américains et français voulaient assurer leur propre domination du monde ; ils ont donc adopté la politique d'apaiser Hitler et de l'inciter à aller vers l'est pour attaquer l'Union soviétique, au lieu d'organiser la sécurité collective en collaboration avec l'Union soviétique. La Pologne aussi espérait que Hitler irait vers l'est et attaquerait l'Union soviétique, que la Pologne pourrait saisir le territoire soviétique. Donc, la Pologne a refusé de régler des questions frontalières importantes, de façon à garder la ligne de défense soviétique contre les nazis aussi profondément que possible en territoire soviétique, et a refusé aux Soviétiques la permission d'entrer en Pologne pour stopper l'avance nazie. Au lieu de prendre toutes les mesures nécessaires pour se défendre contre l'invasion nazie qui menaçait, les dirigeants polonais voulaient manoeuvrer pour s'assurer des avantages.

En attaquant la Pologne, Hitler faisait sienne la politique anglo-américaine d'aller vers l'est et appliquait son propre plan, décrit dans Mein Kampf, pour accroître « l'espace vital » (lebensraum) en s'emparant de l'Ukraine dans le cadre de son plan d'asservir le monde entier. Hitler a fait connaître clairement ses intentions barbares envers la Pologne. Dix jours seulement avant l'attaque, lors de son discours de la Olbersalzburg, il a donné à ses généraux l'instruction « d'envoyer à la mort sans merci et sans compassion les hommes, femmes et enfants d'origine et de langue polonaises. C'est seulement ainsi que nous obtiendrons l'espace vital (note : lebensraum) dont nous avons besoin ».[6] Tragiquement, la Pologne a très chèrement payé ses propres ambitions impérialistes et son rejet de l'aide soviétique.

Aujourd'hui, les cercles dirigeants polonais réactionnaires continuent de répandre les mêmes mensonges qu'ont répandu les nazis et essaient de couvrir de boue les exploits de l'Union soviétique. Le 1er septembre 2009, le président de la Pologne, Lech Kaczynski, a lancé l'appel à la « gloire de tous les soldats qui ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale contre le nazisme allemand et le totalitarisme bolchevique ». Peu après, le 10 avril 2010, l'écrasement d'un avion de ligne polonais près de Smolensnk, dans lequel Kaczynski et 95 autres personnes ont péri, a été utilisé par les dirigeants polonais et d'autres pour ressusciter le vieux mensonge selon lequel l'Union soviétique, et non les nazis, a perpétré le massacre de la forêt de Katyn à l'époque de la guerre. Cette désinformation a pour but de faire oublier que les nazis ont tué six millions de Polonais et que c'est l'Armée rouge, avec l'armée polonaise, qui a finalement libéré la Pologne des occupants nazis et remis au peuple polonais les territoires perdus à l'ouest, saisis par les nazis.


Les troupes soviétiques libèrent le camp de concentration
d'Auschwitz-Birkenau.

Les mensonges répandus à propos de l'Union soviétique, de Staline, de la Pologne et de la Deuxième Guerre mondiale visent à endormir le peuple avec un faux sentiment de sécurité, à amener les gens à penser qu'il n'y a pas de danger de fascisme. Mais c'est aux yeux de tous que les fascistes sont organisés pour attaquer la lutte pour la liberté et le progrès de tous les peuples à l'échelle du monde. Dans des pays comme l'Estonie et la Lettonie, le fascisme est réhabilité ouvertement, avec l'appui tacite des dirigeants d'autres pays. Au Canada, le gouvernement Harper appuie pleinement un projet louche de création d'un monument national commémorant les nazis en tant que « victimes du communisme totalitaire ». L'oligarchie financière et ses gouvernements incitent les forces fascistes et les organisent. Le peuple ne doit pas rester indifférent et remettre son sort entre les mains de qui que ce soit, et doit dénoncer les activités des forces anti-peuple sur tous les fronts.

Notes

1. Une bonne partie de l'équipement militaire utilisé dans l'invasion était fabriquée par des entreprises de propriété américaine, comme Ford, General Motors et Focke Wulfe (ITT).
2. On estime que sept millions de Russes, hommes, femmes et enfants, ont été tués durant l'invasion de 1918.
3. La Pologne avait conclu un pacte de non-agression avec l'Allemagne en janvier 1934, le premier État à conclure une alliance de ce genre avec le gouvernement nazi.
4. Hardial Bains, Les causes et les leçons de la Seconde Guerre mondiale, 1990, p. 52
5. Cela comprend entre autres le monopole pétrolier géant Royal Dutch Shell, le conglomérat de l'armement Metro-Vickers et les grandes banques comme Baring, Hambros et Crédit Lyonnais. Herbert Hoover qui allait bientôt devenir le président des États- Unis avait d'importants investissements en Russie tsariste.
6. E.L. Woodward & Rohan Riftlep (eds.), Documents on British Foreign Policy : 1919-1939, 3rd series (London : HMSO, 7 :258-260, 1954).

(Traduction : LML)

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La trace de l'argent mène à des
scandales derrière les scandales

Le 1er septembre, le monde s'est rappelé brusquement que la tragédie du 1er septembre 1939, l'invasion hitlérienne de la Pologne, n'est pas chose du passé, mais bien du présent. Selon les reportages médiatiques, des témoins ont vu Nicolas Sarkozy recevoir des enveloppes pleines d'argent de la femme la plus riche de France, l'héritière milliardaire de L'Oréal, Lilliane Bétancourt, dont la fortune est évaluée à plus de 17 milliards $.

C'est là une relation intéressante qui place les leaders actuels de la France et le cours actuel qu'ils ont établi pour la France directement en lien avec le cours établi pour l'Allemagne et l'Europe par Adolphe Hitler avant eux. Le père de Bétancourt, Eugène Schueller, était le fondateur, en 1935, et le principal donateur de La Cagoule, l'organisation française fasciste et anti-communiste violente qui a planifié un coup en 1937 pour installer Philippe Pétain en tant que président de France. Un autre donateur majeur était Louis Renault. Le groupe se rencontrait au siège social de L'Oréal. La Cagoule a saboté l'aide française aux républicains espagnols (par exemple en faisant exploser des avions) et a tenté d'infiltrer les Brigades internationales. Le cagoulard Joseph Darnand était le dirigeant de la Milice, le groupe paramilitaire de Vichy qui a combattu la résistance française ; il avait juré fidélité à Adolphe Hitler et avait un rang dans les SS Waffen.

L'Oréal a embauché plusieurs membres du groupe comme cadres après la Deuxième Guerre mondiale, comme Jacques Corrèze qui a travaillé en tant que PDG des opérations américaines. François Mitterand, qui était un petit fonctionnaire sous Vichy, a entretenu une amitié tout au long de sa vie avec le cagoulard Gabriel Jeantet, même pendant sa présidence. En 1954, Schueller a acheté une maison en France, connue pour avoir été confisquée par les nazis à ses propriétaires juifs, qui se dressait derrière la Gestapo et les quartiers généraux de La Cagoule. Il y a maintenant une poursuite légale à ce sujet. C'est la première fois qu'une grande compagnie française est poursuivie pour avoir saisi une propriété juive.

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