Fête du travail 2011

Une nouvelle direction pour l'économie canadienne

Pour beaucoup de Canadiens, il est évident que l'économie ne peut plus continuer dans la même direction. Donner une nouvelle direction à l'économie doit être un projet des véritables producteurs eux-mêmes et de leurs communautés.

Cela touche à plusieurs questions fondamentales : Qu'est- ce qui est produit ? Quel est son prix sur le marché ? Comment la valeur ajoutée est-elle distribuée ? Quelles infrastructures doivent être bâties ? Que faut-il faire en recherche et développement, où et comment investir et vendre le produit social ? Ce sont les producteurs véritables et leurs communautés qui devraient décider de ces questions. La transformation des ressources qui leur appartiennent, comme les forêts et les rivières, en produits utilisables devrait être sous leur contrôle. Comme les producteurs des produits forestiers ont en commun l'objectif de développer ce secteur au service de la communauté et qu'ils sont confrontés à des problèmes communs, les communautés et les collectifs de travailleurs forestiers auraient intérêt à collaborer entre eux plutôt que d'être en concurrence, surtout à l'intérieur des frontières politiques communes du Canada et du Québec. La règle s'applique à tous les secteurs de l'économie.

En ce qui concerne la propriété, beaucoup en viennent à la conclusion que les monopoles privés comme US Steel, Essar Steel, GM, Vale Inco et AbitibiBowater sont devenus trop grands et trop puissants. Ils abusent de leur pouvoir de monopole et pratiquent l'extorsion dans leurs rapports avec les travailleurs, les communautés et même les gouvernements. Cela doit cesser. On entend de plus en plus des appels à la nationalisation de certains secteurs de l'économie et au remplacement des monopoles privés par des entreprises publiques ayant comme mandat de répondre aux besoins de la population, des communautés et de la société. Les gouvernements doivent à tout le moins revoir les lois antimonopoles et antitrust qui restreignent et limitent le pouvoir et l'étendue de la propriété de certains groupes monopolistes. Certains proposent que toute entreprise possédant plus d'une ou deux usines ou manufactures, ici ou à l'étranger, est déjà en position d'abuser de son pouvoir de monopole contre les intérêts de la population et contre le droit public. En plus de nouvelles lois antitrust, il faut des lois qui encouragent la propriété locale dans les industries de base, notamment dans des coopératives et des entreprises publiques, comme dans les régions ressources. Les véritables producteurs et leurs communautés pourraient ainsi exercer un certain contrôle, aussi limité soit-il, pour enlever aux monopoles le pouvoir d'abuser de leur pouvoir aux dépens du droit public et de détruire l'économie socialisée. Une nouvelle direction de l'économie se dessinerait en opposition à la dictature des monopoles mondiaux sur la vie des gens. On mettrait immédiatement fin à la pratique de l'extorsion comme méthode de faire des affaires et dans les relations de travail.

Une nouvelle direction permettrait de reconnaître ce qu'il est nécessaire de faire, consciemment, pour développer une économie socialisée durable qui répond aux besoins de la population et sert de base matérielle à l'édification d'une nation et d'une société modernes où les vrais producteurs et leurs communautés exercent un contrôle sur leur économie et sur leur existence.

Organisons l'Opposition ouvrière pour
restreindre le « droit de monopole »

Les représentants du capital monopoliste ont précipité cette dernière crise économique et l'ont aggravée en abaissant le niveau de vie des travailleurs, en coupant dans les programmes sociaux, en investissant dans des projets parasitaires pour que les riches s'enrichissent et en utilisant le trésor public pour secourir les monopoles et payer les riches quand leurs escroqueries s'écroulent.

Ces PDG et autres représentants du capital monopoliste n'ont pas de solution à la crise parce que les vraies solutions vont à l'encontre de leurs intérêts de classe. Leur campagne contre les salaires, avantages sociaux, pensions et conditions de travail des travailleurs aux États-Unis et au Canada jette de l'huile sur le feu. L'élite dominante constituée des détenteurs du capital n'a pas de solution, alors elle s'en prend à la classe ouvrière en exigeant des concessions. Elle détruit des centres de production en parfaites conditions et jette les gens à la rue dans la phase creuse du cycle économique, et cela ne fait qu'aggraver les choses pour le peuple et pour l'économie. L'élite dominante ne peut pas échapper à son dogme capitaliste, même si cela mène les États-Unis et le Canada à la ruine. Il y a une solution immédiate assez évidente mais elle ne la voit pas parce qu'elle est aveuglée par le préjugé et le pouvoir de classe. D'importantes augmentations sur le plan des salaires, avantages sociaux et pensions, une augmentation de l'investissement dans les programmes sociaux et l'arrêt des manoeuvres pour payer les riches et des guerres d'agression donneraient immédiatement un élan à l'économie. De pair avec un renversement de la tendance du régime fiscal, c'est-à-dire moins d'impôts des particuliers en faveur de l'imposition du revenu brut des entreprises, cela permettrait d'avancer vers des mesures plus permanentes pour résoudre les contradictions d'une économie, ou plutôt d'un mode de production, qui est en crise parce que les forces de production, qui sont socialisées, sont retenues et perturbées par la propriété privée des composantes rivales de l'économie socialisée.

L'économie socialisée dans son ensemble est constamment bouleversée parce que ses différentes composantes sont en rivalité entre elles et parce que les véritables producteurs ne jouent aucun rôle dans les prises de décisions concernant la direction de l'économie. Et c'est précisément là le problème. Pour donner une nouvelle direction à l'économie, les travailleurs doivent devenir politiques dans la défense de leurs propres intérêts et des droits de tous et commencer à s'attaquer aux problèmes économiques, politiques et sociaux du pays.

Bâtir l'Opposition ouvrière

La réponse des travailleurs à l'activisme politique des représentants des monopoles est de redoubler d'efforts pour défendre leurs intérêts de classe et les droits de tous et de s'engager dans la politique pratique consciemment, suivant un plan. En cette époque du capitalisme monopoliste, c'est aux véritables producteurs, à la classe ouvrière moderne, qu'il appartient d'entreprendre un projet national et de résoudre les problèmes économiques. Personne d'autre ne le fera, certainement pas les représentants des monopoles puisque ce n'est pas dans leur intérêt de le faire.

Les travailleurs et leurs alliés doivent répondre à la dictature ouverte des représentants du capital monopoliste en s'organisant en une Opposition ouvrière effective et en s'engageant consciemment et collectivement dans la politique pratique pour ouvrir la porte à une alternative. Entre autres, ils doivent collectivement tenir les gouvernements responsables, peu importe qui forme ces gouvernements. La façon la plus immédiate de le faire est par la participation consciente de l'individu à l'effort collectif pour s'organiser en une Opposition ouvrière effective et participer à la politique pratique.

Les représentants des monopoles ont l'argent et le pouvoir politique en ce moment. Une toute petite classe de propriétaires du capital réclame la richesse produite par les travailleurs grâce à sa propriété des différentes composantes de l'économie socialisée. Elle se sert de cette réclamation pour perpétuer son pouvoir économique et politique et revendiquer encore plus de richesse. Elle devient toujours plus forte grâce à cette réclamation de la richesse collective produite par la classe ouvrière et aussi grâce à l'emprise des médias monopolisés sur la pensée.

Les travailleurs ont de leur côté la force du nombre et la détermination de défendre leurs droits et les droits de tous mais il leur manque leurs propres médias et un pouvoir politique. Sans leurs propres médias et un pouvoir politique, leur défense s'affaiblit et les possibilités d'avancement sont réduites. Ils doivent bâtir leurs propres médias et acquérir un pouvoir politique pour mettre à profit cette force du nombre et cette détermination. À mesure que les travailleurs et leurs alliés avancent et consolident leurs organisations de défense, participent à la politique pratique et exigent des comptes des gouvernements, leur attention se concentre sur leurs propres activités et leurs propres médias et sur leur participation active et consciente à l'édification nationale et à la résolution des problèmes de l'économie socialisée moderne, sur le besoin d'investir le peuple du pouvoir souverain et d'avancer vers la paix, l'harmonie et la prospérité pour tous. Tous les obstacles à la participation consciente et entière des travailleurs à la vie économique, politique et sociale du pays, comme ceux posés par le droit de monopole, seront surmontés et relégués aux musées.

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Bulletin du 5 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca