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International
L'agression de l'OTAN
sous commandement étasunien
Ceux qui s'opposent à la guerre et au recours
à la force dans
les affaires internationales dénoncent vigoureusement
l'agression
de l'OTAN, avec à sa tête les États-Unis, contre la
Libye. Les
dizaines de milliers de raids aériens de l'OTAN, le blocus des
rives libyennes et les tirs des navires de combat de l'OTAN, le
pillage des avoirs internationaux de la Libye et les incursions
armées des Forces spéciales de l'OTAN dans le territoire
libyen
sont fortement condamnés par les peuples du monde. Ces actions
menées par les pays les plus puissants de l'OTAN font
disparaître
les derniers vestiges du droit international né de la victoire
des peuples sur le fascisme en 1945, ainsi que les conventions et
les tribunaux qui y ont vu le jour. Le monde est encore une fois
emporté par la loi du plus fort que seule pourra arrêter
une
lutte courageuse de tous les peuples contre les fauteurs de
guerre, en particulier les impérialistes étasuniens, la
Grande-Bretagne, la France et l'Italie, ainsi que leurs alliés
annexés, y compris le Canada.
En 1989, Hardial Bains, le dirigeant du Parti communiste
du
Canada (marxiste-léniniste), avait fait une mise en garde aux
peuples du monde que plus personne ne pourrait désormais agir
comme avant. Les mouvements du peuple allaient devoir être
renouvelés selon les conditions de l'effondrement des
arrangements émanant de la victoire sur le fascisme de 1945. La
pensée, les organisations et les méthodes de lutte
allaient
devoir être renouvelées parce que les conditions avaient
changé.
L'agression éhontée des armées les
plus puissantes du système
impérialiste d'États contre la Libye, un petit pays de
l'Afrique
du Nord avec une population de moins de 7 millions
d'habitants, démontre de façon concrète que les
États-Unis et les
grandes puissances d'Europe n'ont que mépris pour les lois et
les
principes internationaux régissant la souveraineté des
nations et
le droit à l'autodétermination. La seule chose qui motive
les
grandes puissances impérialistes est la défense de leurs
intérêts
étroits. En l'absence de la primauté du droit en affaires
internationales, ce sont les intérêts étroits des
monopoles en
concurrence et leurs appuis impérialistes respectifs qui
gouverneront dorénavant les relations du monde, fondées
sur la
puissance militaire. Si ces actions concurrentielles des
puissances impérialistes ne sont pas bloquées par la
volonté
populaire du peuple organisée sur une base nouvelle et sur la
base de définitions nouvelles, ces actions mèneront
inévitablement à une guerre mondiale catastrophique.
L'appui du socialisme européen et d'organisations
semblables
au Canada et aux États-Unis à cette agression de l'OTAN
contre la
Libye a été exposé. Invoquant la
« responsabilité de
protéger », plusieurs organisations de la soi-disant
« gauche » en Europe, au Canada et aux
États-Unis ont
appuyé l'invasion et la destruction de la Libye. Les gens
devraient tirer les leçons de cette expérience directe et
suivre
le conseil du camarade Bains à l'effet d'agir et de penser sur
une base nouvelle, sur la base d'une analyse des conditions
objectives plutôt que sur la base des doctrines et des
organisations traditionnelles.
Ce
conseil
est
bon
pour les peuples partout qui luttent pour
contrôler leur vie et pour devenir les décideurs en
opposition à
l'élite riche et privilégiée qui se sert du droit
de monopole et
de l'extorsion pour supplanter le droit public. Pour se défendre
et défendre ses droits et ses intérêts, le peuple
doit avoir
comme principe premier de ne compter que sur ses propres moyens
et de solliciter l'appui de ceux qui luttent activement pour
exercer un contrôle sur leur vie et sur la société.
En
particulier, ils doivent bâtir leurs propres médias pour
combattre les mensonges antisociaux, les déformations et le
bellicisme des médias contrôlés par les monopoles.
Tous les anciens termes et les anciennes
définitions du XXe
siècle se sont transformés en leur contraire. Ces termes
sont
devenus des armes dans les mains des impérialistes pour
justifier
leurs agressions et écraser le droit public. Le peuple doit se
baser sur sa propre pensée et sur sa propre analyse des
conditions objectives et non sur des termes émotifs
empruntés au
passé et basés sur des définitions vagues et
déformées devenues
acceptables au droit de monopole et à la guerre
impérialiste. Des
définitions modernes des droits humains, de la
démocratie, du
socialisme, du syndicalisme et du développement
économique ne
peuvent être élaborées que dans le feu de la lutte
contre
l'impérialisme, à la défense des droits de tous,
dans des actions
avec analyse dans le but de servir les intérêts du peuple
en
opposition au droit de monopole. Même la définition des
intérêts
du peuple et de la lutte pour faire en sorte que se concrétisent
ces intérêts et pour que se matérialise le
contrôle de son propre
destin doit être l'oeuvre et le produit des peuples
eux-mêmes et
de leurs organisations.
La classe ouvrière et les peuples opprimés
du monde ont tout
un monde à gagner, mais ils doivent compter sur leurs propres
efforts, sur leurs propres organisations et sur leur propre
pensée pour guider leurs actions avec analyse.
Dénonçons d'une seule voix la guerre
d'agression de l'OTAN
contre la Libye !
Bâtissons un mouvement anti-guerre
et anti-impérialiste dans les nouvelles conditions et sur la
base
de notre propre pensée et de nos propres définitions
modernes.
Les vieilles façons de faire du XXe siècle ont fait leur
temps.
Il faut des définitions modernes sur tous les fronts.
À bas l'agression de l'OTAN
contre la
Libye !
Canada, hors de l'OTAN et de NORAD ! En avant
vers un gouvernement anti-guerre !

Des drones fabriqués au Canada
aident les soi-disant
rebelles
Un rapport récent du Globe and Mail
détaille comment le
gouvernement canadien continue de violer le droit international
en intervenant dans les affaires intérieures de l'État
souverain
de la Libye, notamment en facilitant l'exportation de drones
utilisés à des fins militaires par les soi-disant
rebelles dans
ce pays. Le gouvernement agit comme si l'infâme résolution
1973 du Conseil de sécurité de l'ONU qui a
établi une zone
d'exclusion aérienne sur la Libye, au nom de la doctrine
impérialiste de « responsabilité de
protéger »,
autorise l'agression de l'OTAN contre la Libye et l'armement des
« rebelles » par les pays de l'OTAN.
Le Globe rapporte qu'il y a un mois, l'ancien soldat
canadien
Charles Barlow, qui dirige maintenant l'entreprise privée de
sécurité Zariba Security Corp, a fourni aux rebelles un
drone
aérien téléguidé que sa compagnie a
acheté d'un fabricant
ontarien de robotique. La mission a été approuvée
par le
gouvernement canadien qui a recherché le fabricant de drone,
Aeryon Labs Inc de Waterloo, en Ontario, et l'a ensuite mis en
contact avec les « rebelles » libyens. Le conseil
a
payé d'avance pour les drones, a dit Barlow. Chaque appareil se
vend entre 100 000 $ et 150 000 $.
Selon Barlow, un développement clé qui a
amené Aeryon à la
Libye a été la décision du gouvernement
fédéral du 14 juin
de reconnaître le Conseil national de transition rebelle comme
représentant légitime du peuple libyen, ce qui a
donné un couvert
de légalité aux entreprises canadiennes désirant
faire des
affaires avec les soi-disant rebelles. De plus, le drone en
question est utilisé pour des reconnaissances et est
classé comme
un bien de consommation exempt des règles d'exportation de
produits militaires.
En ce qui concerne les fonds pour payer les drones,
depuis mai
les pays de l'OTAN, les États arabes et d'autres nations qui
composent le Groupe de contact en Libye, le bras diplomatique de
l'agression de l'OTAN, ont financé les soi-disant rebelles pour
l'achat de ces armes, financé en partie par des actifs
expropriés
du gouvernement libyen, fait remarquer le Globe.
Outre cet exemple, d'autres rapports font état de
pays de
l'OTAN commettant des crimes contre le peuple libyen en invoquant
la protection des civils. Entre autres, des forces spéciales
britanniques, françaises, qataries ou jordaniennes seraient sur
le terrain. Les journalistes ont repéré des Occidentaux
armés qui
semblent être soit des opérateurs des forces
spéciales ou
d'anciens soldats employés par des entreprises privées.

Menaces et extorsion – modus
operandi des
monopoles
Le message des guerres prédatrices des
États-Unis et de
l'Europe en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, en Libye et
ailleurs pour les gouvernements souverains du monde est fort et
clair : si vous ne laissez pas nos monopoles piétiner le
droit public chez vous, en concurrence avec vos entreprises, et
si vous empêchez la venue des sociétés
étrangères indésirables,
vous subirez un blocus, un embargo, vous serez bombardés et
envahis et nous vous forcerons à respecter le droit les
monopoles, entres autres ceux basés au Canada, de concurrencer
et
exploiter vos ressources naturelles et votre peuple.
Un
article intitulé « La sécurité
pétrolière est derrière
le désir de l'Occident d'un changement de régime en
Libye »,
par Syed Rashid Husain du Arab News, en date du 30 juillet 2011,
aborde les actions des gouvernements liées aux monopoles qui
veulent rivaliser en Libye et empêcher les autres d'y faire des
affaires.
Cet article fait référence tout au long
à des câbles provenant
de Wikileaks publiés récemment et dans lesquels on lit
que
« les géants pétroliers et le gouvernement
américain ont été
alarmés par les menaces de Kadhafi faites lors d'une
vidéo-conférence en janvier 2009 devant les
étudiants de
l'Université Georgetown, de nationaliser l'industrie
pétrolière
et gazière libyenne ». En janvier 2010, lit-on,
« le
discours du régime au début 2009 sur la
nationalisation
possible du secteur pétrolier a ramené la question au
premier
plan ».
« Kadhafi a aussi tenté de forcer les
sociétés
pétrolières internationales à contribuer à
l'Accord
américano-libyen sur les revendications d'indemnisation.
Signé en
août 2008, l'accord a créé un fonds pour les
victimes d'attentats
impliquant les deux pays.
« Les câbles de février
2009 rapportent que la Libye
a présenté aux sociétés
pétrolières un ultimatum :
contribuer à ce fonds ou " faites face à de graves
conséquences
". L'ambassadeur américain a averti que le fait de " mettre de
la
pression sur les entreprises américaines " signifie qu'une "
ligne infranchissable a été franchie ". (Notre
souligné. Notez le
rôle explicite du représentant du gouvernement de
défenseur des
monopoles américains. La publication de ce câble est aussi
un
avertissement aux fonctionnaires du gouvernement canadien ici,
chez nous, de ne pas " mettre la pression sur les entreprises
américaines ", comme US Steel parce que cela signifie qu'une "
ligne infranchissable a été franchie " et que les
conséquences
peuvent être brutales. Les menaces et le chantage sont les
méthodes courantes des monopoles et de l'impérialisme
américain
pour garantir le droit de monopole en opposition au droit
public.)
L'article d'Arab News poursuit : « La
deuxième
conséquence fâcheuse de la levée des sanctions (le
12 septembre 2003, l'ONU a levé les sanctions de onze ans
imposées à la Libye par les États-Unis) est
qu'elle a permis à la
Libye de développer des relations plus étroites avec les
rivaux
des États-Unis, notamment en Europe, en Chine et en Russie. Un
câble en date de juin 2008 décrit un "récent
regain
d'intérêt en Libye pour les sociétés
pétrolières non occidentales
(en particulier en provenance du Japon, de la Russie et de la
Chine). "
« Plusieurs câbles notent le
resserrement des relations
entre la Libye et la Russie. En avril 2008, le président russe
Vladimir Poutine s'est rendu en Libye, accompagné de 400 aides,
journalistes et directeurs, afin de garantir la signature d'un "
accord d'échange de la dette libyenne de
4,5 milliards $ envers la Russie, datant de l'époque
soviétique " pour un important contrat de chemins de fer et
plusieurs grands contrats à venir de construction de logements
et
de développements en électricité. Plusieurs
protocoles d'entente
ont été signés avec le géant
énergétique russe Gazprom.
« Dans ce contexte, les États-Unis ont
entretenu des
relations avec certains représentants du régime de
Kadhafi et
secrètement discuté des avantages de forcer Kadhafi
à quitter la
scène. Dans les coulisses, les tensions ont grimpé avec
l'avènement de l'administration Obama qui a donné le feu
vert aux
préparatifs déjà en cours depuis au moins
2007 pour
renverser le régime de Kadhafi et en installer un plus
étroitement aligné avec les intérêts
américains. »

La Syrie
Une reprise de l'expérience libyenne
- Jamilé Ghaddar -
Le 24 août, le ministre des Affaires
étrangères, John
Baird, a publié un communiqué endossant une
résolution du Conseil
des droits de l'homme des Nations unies (CDHNU) condamnant la
Syrie. Cette résolution avait été adoptée
suite à une demande
coparrainée par le Canada pour que soit convoquée une
session
extraordinaire du Conseil au sujet de la Syrie. Lors de cette
session du 23 août, le CDHNU a adopté la
résolution
condamnant la Syrie pour des présumées violations graves
et
systématiques des droits de la personne, et demandant une
enquête
internationale pour déterminer s'il y a eu crimes contre
l'humanité.
Selon John Baird, « le
Canada continue de
jouer un rôle de chef de file pour forcer la main du
régime Assad
pour qu'il cesse ses attaques contre son propre peuple ». La
déclaration se termine avec l'invocation de nobles
idéaux :
« Le peuple Syrien a le droit de décider par
lui-même des
prochaines étapes de l'avenir de la Syrie. Le Canada est uni
à
lui dans ses efforts pour accéder à la liberté et
à la
démocratie. Nous souhaitons ardemment une Syrie nouvelle qui
respecte les droits de tout le peuple et qui vit en paix avec ses
voisins. »
Il faut donc conclure qu'au nom du droit du peuple
syrien de
décider de ses propres affaires, le gouvernement canadien assume
un « rôle de chef de file » dans l'effort
pour
saper le droit du
peuple syrien de décider de ses propres affaires. En
tant que
partie intégrante de ce dictat, le Canada a de façon
répétée
réclamé du président syrien (le dirigeant
d'un pays
souverain) qu'il quitte ses fonctions et a imposé des sanctions
à la Syrie.
Ces gestes sont conformes aux déclarations provenant des
États-Unis, de la France et d'autres pays de l'OTAN, et aux
sanctions qu'ils ont chacun adoptées contre la Syrie. Les
mêmes
pays avaient aussi réclamé du colonel Kadhafi qu'il se
retire et
avaient gelé les avoirs du gouvernement libyen, mesures qui
avaient mené au déclenchement de l'agression militaire
à la
mi-mars contre la Libye. Les similitudes entre les deux
situations sont nombreuses.
Les récents développements au CDHNU
rappellent étrangement les
machinations impérialistes menant à l'agression contre la
Libye.
À la fin mars, la Libye fut suspendue du Conseil. Elle en avait
été membre depuis mai 2010 après avoir
été élue au conseil par
l'Assemblée générale des Nations unies par
155 votes (sur
192 pays). La mobilisation du CDHNU pour qu'il se retourne
contre la Libye a commencé au lendemain d'un avant-projet de
rapport produit par le Conseil et qui faisait en général
un bilan
positif de la situation des droits humains en Libye. Le
document devait être adopté par le Conseil le 18 mars
et
avait pour titre : « Rapport du groupe de travail sur
l'examen périodique universel : Jamahiriya arabe
libyenne ». On y félicitait la
Libye
pour « l'engagement de ce pays envers la défense des
droits
de la personne chez lui ». En bref, le rapport a
été
rétracté, la Libye a été suspendue et le
Conseil a fait
volte-face
(fortement influencé par les pays de l'OTAN et par les
éminences
pro-guerres) et s'est déclaré préoccupé par
la présumée
situation des droits de la personne dans ce pays. Il
semblerait que la Syrie pourrait subir un sort semblable. La
condamnation du pays par le CDHNU n'est qu'une manoeuvre
impérialiste parallèle visant à préparer le
terrain pour une plus
grande ingérence étrangère dans le but de
réaliser un rêve
vieux de plusieurs décennies: remplacer le gouvernement
anti-impérialiste de la Syrie par un régime fantoche
servant les
intérêts de l'impérialisme dirigé par les
États-Unis.
D'autres similitudes sont également frappantes.
Comme elles
l'ont fait pour la Libye, la Russie et la Chine se disent
hésitantes ou même opposées à ces
machinations. Les deux pays
s'objectent à la résolution du CDHNU contre la Syrie. La
Russie
la qualifie d'unilatérale et de politisée tandis que la
Chine
pense que la défense des droits humains passe par le
respect et le dialogue et non par les accusations.
Une reprise de la Libye dans un contexte syrien pourrait
vouloir dire l'adoption par le Conseil de sécurité de
l'ONU d'une
résolution prétendant autoriser des pays membres de l'ONU
à avoir
recours à une action militaire quelconque contre la Syrie au nom
de nobles idéaux. Certains efforts ont déjà
été faits en ce sens,
mais la Chine et la Russie s'y sont opposées. Une reprise de la
Libye en Syrie pourrait aussi exposer de plus en plus la
soi-disant opposition au gouvernement syrien en tant
qu'opération
paramilitaire soutenue par des forces étrangères et
infiltrées au
plus haut niveau par les services de renseignement secrets des
pays de l'OTAN, en particulier ceux des États-Unis et de la
Grande-Bretagne. Une reprise de la Libye verrait essentiellement
l'OTAN se donner le droit de mener la guerre partout dans le
monde au nom de la défense de la volonté des Nations
unies.
Cela ne
doit pas passer !
De cette façon, l'agression de l'OTAN contre la
Libye est en
voie de devenir un modèle pour une agression contre la Syrie, et
sera sans doute utile dans d'autres contextes pour réaliser le
programme impérialiste anglo-sioniste de domination mondiale.
Par
contre, la Syrie n'est pas la Libye. La possibilité que les
impérialistes étasuniens et leurs alliés puissent
renverser le
gouvernement syrien de l'intérieur est peu probable pour un
ensemble de raisons qui seraient trop longues à expliquer dans
le
présent article. Aussi, pour de multiples raisons, une agression
militaire directe de l'OTAN contre la Syrie, tel que les raids
aériens contre la Libye sous prétexte de protéger
les civils, est
peu probable. Depuis des décennies, toutes les tentatives de
déstabilisation, toutes les machinations diplomatiques,
sanctions,
condamnations et campagnes militaires n'ont pas réussi à
ébranler
la position anti-impérialiste du gouvernement de la Syrie.
Grâce
à la force du projet anti-impérialiste en Syrie, à
l'acuité
politique de ses dirigeants, à la puissance de sa
capacité
militaire, y compris la possibilité de mener la guérilla,
grâce
aussi à sa force diplomatique dans la région, à
ses alliances
avec des forces anti-impérialistes aux capacités
militaires
redoutables, entre autres, il y a peu de chance que le modèle
libyen fasse tomber le gouvernement.
Quoi qu'il en soit, la situation met en lumière
les sérieux
dangers auxquels sont confrontés les peuples du monde. Sous
prétexte
d'« intervention humanitaire » et de la
« responsabilité de protéger »,
l'OTAN, avec les
États-Unis en tête – et avec la pleine participation du
Canada – est en train de détruire tout vestige de
primauté de droit dans l'arène international et de la
remplacer
par l'anarchie et la violence pure et simple. Il faut s'y opposer ! La
classe ouvrière et les peuples du Canada
ainsi
que les peuples du monde doivent adopter une position ferme
contre toute forme d'ingérence étrangère et contre
le recours à
la violence pour régler les conflits au sein de pays et entre
pays. En affirmant le droit de toutes les nations à la
souveraineté,
nous pouvons réaliser notre aspiration à un monde de paix
et à la
primauté du droit dans l'arène internationale.

Grèves de la faim dans les prisons
américaines
Campagne courageuse pour
surmonter la condition de mort
civile
Santa Cruz, Californie,
le 23 juillet 2011
Après près de quatre semaines, les
prisonniers qui font la
grève de la faim à la prison de Pelican Bay en Californie
ont
défendu leur dignité, reçu un grand appui et
obtenu la
reconnaissance de leurs préoccupations de la part de
l'administration pénitentiaire et de réhabilitation de
Californie
(APRC). Initialement, l'APRC avait même refusé de
reconnaître la
grève de la faim des détenus. Grâce à la
ténacité des grévistes,
dont leur refus de boire de l'eau, et à la propagation de leur
résistance à des centaines de prisonniers à
travers l'État, les
autorités ont dit qu'elles allaient examiner leurs demandes
principales et apporter des modifications. Ces demandes visent
avant tout à mettre fin à la torture qu'entraîne
l'isolement des
prisonniers qui, pour plusieurs, dure depuis des décennies. Ils
sont enfermés 23,5 heures par jour dans des cellules en
béton de 2 mètres sur 3 mètres, sans
fenêtre et sans
contact humain. C'est également pour mettre fin au chantage des
autorités de la prison qui leur disent que pour être
retirés de
l'isolement des unités de détention
sécurisées, (UDS) les
prisonniers doivent nommer qui, parmi leurs codétenus, sont des
« membres d'un gang » ou des
« associés ». De
plus, ils exigent la fin des punitions collectives, une
alimentation nutritive et adéquate et des programmes pour les
prisonniers.
Plus de 6600 personnes dans 13 prisons se sont
jointes à
la grève qui a commencé à Pelican Bay le 1er
juillet. Beaucoup
plus de gens à l'échelle nationale, à
l'intérieur et à
l'extérieur des prisons, se sont également joints aux
grèves de
la faim pendant 24 heures ou quelques jours à la fois.
Environ 400 prisonniers dans quatre prisons de Californie ont
continué pendant près de quatre semaines, exigeant la fin
de la
torture et la défense de leurs droits humains. La grève
s'est
répandue en dépit des conditions d'isolement où de
nombreux
prisonniers ont pris position sans savoir si d'autres
participaient. Les prisonniers ont aussi défié les
efforts
déployés par l'État pour inciter à la
violence raciste et la
propagation de fausses rumeurs à l'effet que personne ne
soutenait la grève. Ils ont montré leur unité
indéfectible et ont
réussi à défendre leur dignité.
Alors que la grève se poursuivait,
l'hôpital de la prison de
Pelican Bay a été rempli de « prisonniers qui
ont été
hydratés par voie intraveineuse parce que certains ont
commencé à
refuser de l'eau ». Cette alimentation forcée est
aussi une
forme de torture et est illégale selon les normes
internationales
en ce qui a trait aux soins des prisonniers et grévistes de la
faim. Carol Strickman, une avocate des Services juridiques pour
les prisonniers ayant des enfants et membre de l'équipe
juridique
de l'organisation Solidarité avec les prisonniers en
grève de la
faim, a déclaré, « Ce qui est plus troublant
est que
l'administration pénitentiaire et de réhabilitation de
Californie
n'a pas offert quelque chose de substantiel en réponse aux
demandes des prisonniers, qui comprennent la fin de l'isolement
de longue durée pour les prisonniers. » Elle a
souligné que
« Certains de ces gars-là ont été
maintenus dans des unités
de détention sécurisées pendant 20 ans ou plus et
gardent de
graves séquelles pour avoir été enfermés
dans une cellule de
béton de 2 sur 3 mètres, 23 heures par
jour. Ce
qu'ils demandent, ce sont des droits fondamentaux. »
Les conditions en cellule d'isolement combinées
aux efforts
répétés pour humilier les prisonniers et les
forcer à avouer et
« dénoncer » les codétenus sont une
forme de mort
civile. Les hommes sont traités comme s'ils ne sont pas des
êtres
humains avec des droits juridiques en étant soumis en permanence
à l'interdiction des contacts humains, à la confiscation
de
matériel de lecture, à la stigmatisation comme
« membres
d'un gang » pour avoir des opinions politiques et soumis
à
encore plus de torture et d'humiliation et généralement
considérés comme « mort » dans la
mesure où cela relève
de leurs droits civils et humains.
Grâce à leur grève de la faim, les
prisonniers ont mis de
l'avant à l'échelle du pays la nécessité de
rejeter les
conditions d'isolement et de torture. Et ils ont obtenu la
reconnaissance de la part des autorités pénitentiaires.
Les prisonniers à Pelican Bay où la
grève a commencé, ont
décidé de mettre fin à leur grève, donnant
aux autorités
pénitentiaires 2 à 3 semaines pour honorer leur
promesse de répondre à leurs demandes en proposant
quelques
changements de fond en réponse à leurs cinq
revendications
principales. Les dirigeants ont confirmé que les
autorités ont
annoncé des changements immédiats dans la politique des
UDS, ce
qui va donner lieu à certains programmes d'éducation, la
fourniture de chapeaux toute saison (« beanies »
) et
de calendriers muraux. Plus en profondeur, les dirigeants ont
expliqué que l'APRC a accepté d'étudier des
changements à
d'autres politiques, y compris celle d'être stigmatisé
comme
membre d'« un gang » et d'être
obligé de
« dénoncer » les autres prisonniers.
Si l'APRC ne respecte pas cette entente, les prisonniers
de
Pelican Bay planifient de reprendre la grève de la faim. Comme
un
prisonnier a déclaré :
« Il est très important que ceux qui
nous appuient
sachent où nous en sommes et que l'APRC sache que nous n'allons
pas accepter des promesses creuses. Nous demeurons aussi
déterminés maintenant que nous l'étions au
début, et nous ne
mâchons pas nos mots lorsque nous parlons d'une grève de
la faim
pacifique illimitée jusqu'à ce que nos revendications
soient
satisfaites. Je le répète, - nous accordons tout
simplement un
bref délai à l'APRC en réponse à leur
demande de faire [ce] qui
doit être fait en temps opportun ! Nous saurons à
quoi nous
en tenir bientôt ! »
Un autre prisonnier a exprimé que ce n'est que
« la
première ronde » et la lutte pour remporter la
demande va
continuer jusqu'à la ronde finale.
Les grèves de la faim dans les autres prisons ont
continué
brièvement et les prisonniers sont prêts à les
reprendre si les
autorités ne font rien pour satisfaire leurs demandes.

«Les conditions modèles»
dans les prisons américaines
Les personnes emprisonnées sont traitées
comme si elles ne
sont pas des êtres humains avec des droits et sont
continuellement soumises à l'interdiction de contacts humains,
la
confiscation du matériel de lecture, stigmatisées comme
« membres d'un gang », soumises à encore
plus de
torture et d'humiliation et généralement
considérées comme
« mortes » en ce qui a trait à leurs
droits civils et
humains.
Les pratiques généralisées
d'humiliations répétées et
d'isolement de longue durée pratiquées dans les prisons
américaines ont été le modèle pour
Guantanamo et d'autres prisons
américaines, dont Bagram en Afghanistan. Elles sont le reflet du
caractère raciste de l'État américain et de son
système de
« justice », qui utilise l'incarcération
en masse des Afro-américains, Portoricains et jeunes Latinos
comme une forme
de génocide. L'État utilise ensuite les prisons comme un
moyen de
pratiquer et de perfectionner ses méthodes de torture, de sorte
que, comme un prisonnier l'a dit, ils ont perfectionné ces
méthodes au point d'en faire une science. L'État s'assure
également de former de haut en bas, à l'échelle
nationale, un
groupe de personnes qui commettent des crimes de torture et
appuient leur justification.
De nombreux prisonniers sont contraints de vivre dans
les UDS
sur la base de leur résistance et d'être des organisateurs
politiques au sein des prisons. Ils sont stigmatisés comme
membres d'« un gang » pour leur participation
à de
telles activités politiques et donc considérés
comme
« dangereux ». Les UDS qui contiennent
supposément la
plupart des criminels les plus « violents et
dangereux », sont en fait utilisés contre les
organisateurs
politiques et comme un moyen de punir et de menacer tous les
prisonniers.
Sur une plus grande échelle, ceux qui
résistent aux attaques
du gouvernement et se tiennent debout pour les droits - tous ceux
qui s'opposent aux lois anti-immigrantes, aux lois
anti-ouvrières, se tiennent debout face à la guerre et
l'agression - sont criminalisés et aussi stigmatisés
comme une
« menace » ou des
« terroristes ». On peut
facilement prédire qu'autant la détention
indéfinie à Guantanamo
est utilisée pour contraindre les
« aveux », de forcer
des plaidoyers de culpabilité et dénoncer d'autres, les
menaces
d'être placé dans les UDS sont également
utilisées pour les mêmes
fins. Et c'est cela qui va se produire sur une plus grande
échelle à mesure que le gouvernement agit pour
« perturber
et démanteler » la résistance organisée.
La position ferme de prisonniers contre la torture et
tous les
crimes du gouvernement sert à bloquer ces efforts du
gouvernement
de terroriser l'ensemble de la population à se soumettre. En se
tenant debout pour leurs droits, ils font ainsi respecter leur
dignité en tant qu'êtres humains. La position des
prisonniers est
un obstacle important à l'utilisation plus
généralisée par le
gouvernement de la torture et l'humiliation et contribue à la
lutte pour la dignité et les droits de tous

Bulletin du 29 août 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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