L'ordre du jour du gouvernement Harper

Le gouvernement canadien à la défense d'intérêts monopolistes en Amérique latine

Du 7 au 12 août, le premier ministre du Canada Stephen Harper a fait une visite officielle de quatre pays d'Amérique latine : le Brésil, la Colombie, le Costa Rica et le Honduras.

Au Brésil, Stephen Harper s'est entretenu avec des chefs d'entreprises brésiliens et canadiens et leur a dit que « l'accroissement du commerce entre le Brésil et le Canada recèle un potentiel inexploité considérable ». Il a dit : « Nous croyons tous en la concurrence. Toutefois, ce sont les entreprises qui doivent se livrer concurrence et non pas les gouvernements » (en référence à la concurrence entre les fabricants d'aéronefs Embraer et Bombardier).

Pas un seul journaliste n'a cru bon de contester cette affirmation absurde. On prétend pourtant qu'un des rôles importants des médias est de ne pas laisser les représentants gouvernementaux s'en sauver avec des bêtises de la sorte.


La destruction de l'environnement naturel et social par les
minières canadiennes à San Miguel, Guatemala (Mimundo)

La réalité est que le premier ministre s'est rendu en Amérique latine précisément pour le compte de monopoles opérant au Canada. Les différents accords commerciaux, ceux déjà conclus et ceux en voie d'être conclus, sont conçus pour accroître la capacité concurrentielle des monopoles basés au Canada, surtout les entreprises des secteurs des mines et de l'énergie, et pour les aider à pénétrer les marchés de pays comme la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Salvador et le Honduras avec son régime du coup d'État. Les minières canadiennes n'avaient peut-être pas toute la liberté d'action qu'elles voulaient au Honduras, mais les choses vont mieux depuis le coup d'État et l'installation d'un gouvernement favorable. Si les militaires soutenus par les États-Unis et le Canada n'avaient pas renversé le président élu, Manuel Zelaya, par un coup d'État en 2009, il y a fort à parier que l'accord de libre-échange récemment conclu n'aurait pas abouti, puisque sous Zelaya, le Honduras commençait à se tourner vers d'autres pays comme le Venezuela, la Bolivie et d'autres, qui cherchent les moyens de poursuivre un développement indépendant et de restreindre le droit de monopole.

Les idéologues du gouvernement Harper et des médias de masse, avec leur idéologie centrée sur le capital, cherchent toujours à convaincre les travailleurs qu'ils ont intérêt à accepter de faire des concessions pour rendre les monopoles pour lesquels ils travaillent plus concurrentiels sur les marchés mondiaux. C'est pourtant faux, puisque les entreprises sont fondées sur des rapports entre deux classes sociales aux intérêts rivaux. Ils veulent convaincre les travailleurs de s'identifier non pas à leur parti dans le rapport social d'une entreprise donnée, qui comprend leurs intérêts, ceux de la communauté et ceux de la société, mais à l'autre parti, celui centré sur le capital, les propriétaires et les cadres dirigeants de l'entreprise. Ils veulent les convaincre qu'il est dans leur intérêt de renoncer à leurs intérêts, de renoncer à la lutte pour leurs droits et pour une nouvelle direction pour l'économie. C'est ainsi que la partie du rapport social qui est centrée sur le capital domine la partie centrée sur l'être humain et invoque la concurrence extérieure, avec d'autres monopoles, pour presser les travailleurs à faire des concessions et rendre le rapport encore plus unilatéral au sein de l'entreprise. Le besoin de faire concurrence aux autres monopoles entre en conflit avec les demandes des travailleurs, qui réclament une nouvelle direction pour l'économie – une économie qui défend leurs droits, qui suffit à ses besoins et qui sert l'intérêt général de la société. Les gouvernements centrés sur le capital, comme celui de Stephen Harper, se servent de l'État pour favoriser les monopoles dans leur concurrence extérieure, mais aussi pour étouffer la partie centrée sur l'être humain dans la concurrence intérieure.

Le gouvernement Harper s'identifie à la partie centrée sur le capital des entreprises qui opèrent au Canada et à l'étranger, pas à la partie centrée sur l'être humain, et c'est pourquoi son gouvernement est si empressé d'attaquer les droits des travailleurs, comme avec la loi de retour au travail contre les employés de Postes Canada et d'Air Canada. C'est pourquoi son gouvernement se porte toujours à la défense de la partie centrée sur le capital des entreprises qui polluent, qui occupent les terres des Premières Nations sans leur permission et qui méprisent généralement le droit public, comme avec la fermeture de la raffinerie Shell à Montréal, les attaques contre les retraités de Nortel et GM, la destruction du secteur manufacturier et ainsi de suite.

La partie centrée sur le capital des deux entreprises mentionnées, Embraer et Bombardier, n'est pas en conflit avec les gouvernements qui font tout en leur pouvoir pour améliorer leur capacité concurrentielle dans le système impérialiste d'États. Vous n'avez qu'à faire une recherche sur Internet pour les mots « Bombardier Canada subventions » pour vous convaincre que Stephen Harper dit des bêtises quand il affirme que la concurrence est entre les entreprises, pas entre les gouvernements.

Le voyage de Harper est un exemple de gouvernement centré sur le capital qui s'occupe de faire la promotion des intérêts des monopoles et de leur sécurité à l'étranger, ce qui signifie nécessairement faire concurrence aux entreprises des pays concernés. C'est aussi en opposition aux intérêts des peuples d'Amérique latine, puisqu'il encourage les entreprises et les gouvernements de ces pays à fouler au pied le droit public. Le droit de monopole vient nécessairement en contradiction avec le droit public. Parmi la délégation qui l'accompagnait, il y avait 400 hommes d'affaires, mais aucun représentant des sections 6500, 6200 et 9508 du syndicat des Métallos représentant des employés de la production et de l'entretien à l'emploi du monopole brésilien Vale et ses usines de Sudbury, Port Colborne et Labrador. Ils auraient représenté la partie centrée sur l'être humain dans le rapport social. Les métallos auraient aimé discuter avec la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, des moyens à prendre d'un commun accord pour restreindre le droit de monopole de Vale au Canada et le droit de monopole des monopoles canadiens au Brésil.

Les intérêts monopolistes canadiens en Colombie

Un peu après le départ de Harper pour l'Amérique du Sud, Prensa Latina faisait état d'une attaque armée contre un monopole canadien en Colombie. Alange Energy Company est une entreprise d'exploration et de production pétrolières et gazières qui a son siège social au Canada et 19 propriétés couvrant une superficie de 1,2 million d'acres en Colombie.

Voici une partie de l'article du 8 août : « Les autorités militaires colombiennes blâment la guérilla pour l'attaque contre l'entreprise pétrolière dans le département de Santander. Selon le commandant de la 2e Division de l'armée colombienne, le général Pedro Leon Soto, 30 présumés membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) auraient mis le feu à un réservoir de pétrole de la société Alange Energy Company.

« Le général a dit que les entreprises de la région étaient engagées dans un effort conjoint pour renforcer la sécurité et empêcher d'autres attaques de ce genre.

« Il a également expliqué que l'Armée a déployé des unités à certaines des usines, mais que d'autres utilisent les services d'agences de sécurité privées. »

Deux jours plus tard, Stephen Harper arrivait dans ce pays où un monopole canadien du secteur de l'énergie venait d'être attaqué et son bureau a émis un communiqué de presse. Il est intéressant de noter ce que dit le communiqué en rapport avec les dispositions prises pour la sécurité des monopoles canadiens en Colombie. Il se lit comme suit :

« Le PM annonce un soutien du Canada pour des projets de paix et de sécurité en Colombie. Aujourd'hui, le premier ministre Stephen Harper a annoncé un soutien canadien pour des projets nouveaux et en cours visant à renforcer la paix, la sécurité et la justice en Colombie et dans la région. Ces projets ont pour objectif de prévenir les conflits, de combattre la criminalité transnationale, de faciliter l'accès à la justice, de réagir à la menace terroriste mondiale, d'assurer la sécurité lors des grands événements et de restituer des terres. L'annonce a été faite lors d'une visite officielle avec le président de la Colombie, Juan Manuel Santos.

« "Au cours des dernières années, la Colombie a fait d'énormes progrès dans sa lutte contre le crime et la violence, a déclaré le premier ministre. Le soutien du Canada pour ces projets montre que nous accompagnons le gouvernement de la Colombie dans ses efforts visant à assurer la paix, la sécurité et la justice pour ses citoyens."

« La contribution du Canada facilitera la réalisation de plusieurs projets nouveaux et en cours dirigés par des organisations canadiennes et internationales. Le financement pour les projets sera fourni dans le cadre de programmes tels que :

« * le Fonds pour la paix et la sécurité mondiales (FPSM) : Géré par le Groupe de travail sur la stabilisation et la reconstruction (GTSR), le FPSM fournit des ressources financières et opérationnelles qui contribuent à la prévention des conflits et au renforcement de la paix, ainsi qu'à la réalisation de projets de réforme des systèmes de justice et de sécurité dans des pays très fragiles et frappés par une crise. Les contributions annoncées aujourd'hui s'inscrivent dans le prolongement des 25 millions $ déjà investis dans les secteurs de la paix et de la sécurité en Colombie depuis 2006.

« * le Programme d'aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité (PARCLC) : Lancé par le premier ministre Stephen Harper en 2009, le PARCLC d'Affaires étrangères et de Commerce international Canada fournit jusqu'à 15 millions $ par année pour renforcer les capacités des États bénéficiaires à prévenir et à contrer les menaces posées par la criminalité transnationale à l'échelle des Amériques.

« * le Programme d'aide au renforcement des capacités antiterroristes (PARCA) : Créé en 2005, le PARCA est doté d'une allocation annuelle de 13 millions $ pour fournir à d'autres États de la formation, du matériel et de l'aide technologique et juridique qui les aideront à prévenir des activités terroristes mondiales et à y réagir. La priorité est accordée à la coopération concernant l'application de la loi, les activités militaires et le renseignement, à la sécurité des frontières et du transport ainsi qu'à l'aide juridique.


Manifestation contre la présence militaire étasunienne en
Colombie, à Carthagène, le 3 août 2010. Au nom de la lutte
au trafic de la drogue, l'armée étasunienne se livre à une
activité criminelle contre la population en collaboration 
avec les autorités colombiennes.

« Les mesures de paix et de sécurité annoncées aujourd'hui visent à renforcer la stabilité et la sécurité dans la région et concordent avec la stratégie d'engagement dans les Amériques du Canada, qui comporte trois objectifs : le renforcement de la gouvernance démocratique, l'accroissement de la prospérité économique et l'amélioration de notre sécurité commune.

« Durant son séjour à Bogotá, le premier ministre a aussi annoncé que la Colombie a été admise à titre de membre du Programme d'instruction et de coopération militaires (PICM) du Canada pour le cycle 2011- 2014.

« "Le Canada se réjouit de la possibilité d'accroître la coopération et les échanges avec la Colombie dans le domaine de la défense, a déclaré le premier ministre Harper. La Colombie est un ajout important à ce programme, qui l'aidera à développer ses capacités militaires pour soutenir les opérations internationales de paix et de sécurité." »

Le rapport entre les entreprises et les gouvernements dans la concurrence au sein du système impérialiste d'États est évident dans la guerre d'agression de l'OTAN contre la Libye, dans laquelle l'armée canadienne joue un rôle de gangster. Cette guerre d'agression n'a pas seulement pour objectif de s'emparer du pétrole de la Libye pour le compte de certaines entreprises américaines et européennes, mais aussi d'en priver l'accès à des entreprises et des gouvernements rivaux. Les impérialistes américains et européens mènent une lutte armée partout en Afrique contre des régimes souverains qui désirent tracer leur propre voie de développement ou qui ont ouvert leur pays à de nouveaux concurrents, comme la Chine. Avant le déclenchement de la guerre d'agression de l'OTAN contre la Libye, 30 000 Chinois étaient employés dans des projets de construction valant plusieurs milliards de dollars dans ce pays.

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La croisade anticommuniste et
fasciste de Stephen Harper

Le 13 août, le premier ministre Stephen Harper a fait une déclaration au sujet du 50e anniversaire de la construction du mur de Berlin. Dans cette déclaration, Stephen Harper se livre à une désinformation anticommuniste et de guerre froide digne d'un Hitler ou d'un Goebbels. Il parle spécifiquement du « rideau de fer », une expression utilisée en premier par Goebbels dans un article paru dans Das Reich, le 25 février 1945 et par la suite ressuscitée par Winston Churchill. Il reprend les mensonges habituels que la démocratie populaire de l'Allemagne de l'Est était un endroit terrible où vivre tandis l'Allemagne de l'Ouest, capitaliste et revancharde, reconstruite par des monopoles comme Krupp qui avaient soutenu les nazis, a été et reste un véritable paradis pour les travailleurs. Il parle de personnes mythiques qui ont « échappé à l'oppression communiste » et se sont réfugiées au Canada, mais prend bien soin de ne rien dire sur les milliers de criminels de guerre et collaborateurs nazis bien réels qui ont fui au Canada après la Deuxième Guerre mondiale et vécu ici sous la protection du gouvernement fédéral.

Stephen Harper ment également au sujet de « l'idéologie communiste » qui aurait divisé l'Allemagne ainsi que la Corée. Les faits montrent que ce sont les alliés occidentaux, dirigés par les États-Unis, qui ont créé l'« Allemagne de l'Ouest » en mai 1949, après avoir cherché à détruire l'économie allemande d'après-guerre par des manipulations monétaires. Les alliés ont divisé l'Allemagne pour garantir l'élimination du communisme et de toute trace d'antifascisme et d'anti-impérialisme, et effacer de la mémoire les grands sacrifices consentis, sous la direction de l'Union soviétique, pour en finir avec le nazisme et le fascisme. La division de la Corée en 1953 n'a pas été le résultat d'un autre « complot communiste », comme le prétend Stephen Harper, elle a été dictée par les impérialistes américains après trois ans de guerre d'agression meurtrière contre le peuple coréen. Depuis, le peuple coréen s'efforce de réunifier son pays, tandis que les États-Unis font tout pour le maintenir divisé. Les États-Unis ont aussi divisé le Vietnam, qui a été réunifié par la victoire du peuple vietnamien sur les impérialistes, ces derniers ayant été forcés de fuir la queue entre les jambes.

La célébration de la « réunification de l'Allemagne » de Harper et de ses semblables est leur célébration de ce qu'ils espèrent être la fin de l'antifascisme et l'anti-impérialisme. Quand ils cancanent sur le mur de Berlin et la « chute du communisme », ils entretiennent le même rêve qu'Adolf Hitler : la destruction du communisme pour bloquer la marche vers l'avant de l'humanité. Harper et ses semblables veulent minimiser le mécontentement profond des travailleurs et leur mouvement émancipateur, pour la libération de l'exploitation capitaliste. Cet objectif fondamental est exprimé clairement à la fin de la déclaration de Stephen Harper : « Dans le discours du Trône de 2010, le gouvernement du Canada a annoncé un soutien destiné à l'établissement d'un monument national commémoratif à l'intention des victimes du communisme. Ce monument sera élevé pour nous rappeler que tous les régimes politiques ne sont pas égaux, que notre démocratie et nos libertés doivent nous rester chères et que nous devons les exercer et les protéger. » Voilà que, comme tous les réactionnaires, Harper hisse le drapeau de la démocratie et de la liberté pour cacher son programme sinistre.

« Le Canada, terre d'accueil »

Le « monument national » dont parle Stephen Harper est le projet louche, soutenu par l'État, monté par un groupe du nom de « Tribute to Liberty » qui veut construire un monument officiellement appelé « Monument commémoratif aux victimes du communisme totalitaire – Le Canada, terre d'accueil ». Ce projet de monument au Canada est basé sur un projet semblable aux États-Unis, le « Victims of Communism Memorial Project », dont le président honoraire est le criminel de guerre George W. Bush et qui compte parmi ses donateurs des monopoles comme le monopole de défense et de sécurité Lockheed Martin, le monopole pharmaceutique de Pfizer et l'entreprise dominioniste Amway Corporation. Au Canada, le projet a été approuvé, pratiquement à huis clos, par la Commission de la capitale nationale (CCN), une institution du gouvernement fédéral qui supervise l'utilisation et le développement des propriétés et des terrains fédéraux de la région de la capitale nationale. Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a proposé que le monument soit construit à Ottawa et la CCN a choisi le Jardin des Provinces et des Territoires à Ottawa, un emplacement de premier choix en face de l'édifice de la Cour suprême du Canada.

Bien que cette entreprise privée ait été transformée en projet public par Stephen Harper, plusieurs de ses ministres et députés, notamment Jason Kenney, Peter Kent et Peter Van Loan, ainsi que le libéral Irwin Cotler et le chef du Parti libéral Bob Rae, qui tous ont donné leur caution à ce projet et l'appuient activement, il reste un échec lamentable. Les documents déposés auprès de l'Agence du revenu du Canada montrent que TTL est loin d'avoir atteint son objectif de collecte de fonds, qui est de 1,5 million $, et n'a recueilli qu'un piètre 45 690 $, dont 34 693 $ ont été dépensés en coûts opérationnels et administratifs. À la fin de l'année 2010, TTL avait 15 849 $ en banque. La CCN devait organiser au printemps le concours de design de ce monument, mais elle exige que les deux tiers de l'argent des coûts de construction, environ 650 000 $, soient d'abord recueillis par TTL. Une porte-parole de TTL explique ainsi cette situation : « C'est un projet difficile à comprendre pour beaucoup de gens du public. » Une autre explication possible est que la classe ouvrière et le peuple du Canada comprennent très bien et considèrent que les vraies victimes qui doivent avoir un monument commémoratif au Canada sont les millions de victimes de l'impérialisme et du capitalisme assassinées au nom de la lutte contre le communisme et le « terrorisme » – les personnes tuées dans la guerre antifasciste par les nazis et les fascistes et les peuples de Corée, de Palestine, du Vietnam, d'Indonésie, d'Irak, d'Afghanistan et maintenant de la Libye, pour n'en citer que quelques-unes [1].

« La journée du Ruban noir »

Le 23 août, déclaré en avril 2009 « journée européenne de commémoration des victimes » des régimes totalitaires par le parlement européen (aussi connu comme « la journée du Ruban noir »), Stephen Harper a cru bon, une nouvelle fois, de se lancer dans une tirade anticommuniste. Cette année, des députés ont assisté à des célébrations et prononcé des discours à Vancouver, Edmonton, Winnipeg et Toronto au nom du ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney. Dans sa déclaration, Jason Kenney fait également allusion au « rideau de fer », comme l'ont fait avant lui Harper, Winston Churchill et Goebbels. Il utilise intentionnellement le mot « totalitarisme » pour assimiler faussement nazisme et communisme, l'objectif étant de justifier des guerres d'agression contre des pays souverains comme Hitler l'a fait dans les années 1930 et comme les États-Unis, les puissances européennes et le Canada le font contre l'Afghanistan et la Libye aujourd'hui.

La signification historique réelle du 23 août est que c'est l'anniversaire du Traité de non-agression germano-soviétique de 1939 (pacte Molotov-Ribbentrop) qui a donné à l'Union soviétique vingt-deux mois de plus pour renforcer ses défenses face à l'invasion imminente par l'Allemagne nazie. En septembre 1939, l'Allemagne occupait l'Autriche et la Tchécoslovaquie. L'Union soviétique avait demandé à la Grande-Bretagne et à la France de signer un traité d'assistance mutuelle collectif, qui aurait pu sauver l'Europe de la Deuxième Guerre mondiale ou, du moins, l'abréger et la rendre moins dévastatrice. Les impérialistes anglo-français ont rejeté ces propositions de sécurité collective parce qu'ils espéraient pouvoir pousser Hitler à attaquer l'Union soviétique. Déjà, la Grande-Bretagne et la France avaient signé avec les nazis en septembre 1938 les accords de trahison de Munich, qui donnaient le feu vert à Hitler pour son invasion de l'Europe. L'Union soviétique a déjoué le plan anglo-français en signant le pacte de non-agression germano-soviétique, lequel déclarait simplement que l'Allemagne ne serait pas attaquée par l'Union soviétique et que l'Union soviétique ne serait pas attaquée par l'Allemagne. L'Union soviétique n'avait pas d'illusions sur les plans de Hitler. Quand l'Allemagne nazie a attaqué l'Union soviétique le 22 juin 1941, le pacte a été immédiatement annulé, et, comme le montre l'histoire, l'Union soviétique a ensuite joué un rôle majeur dans la défaite des rêves fous de conquêtes du monde des nazis.

Les tirades de Stephen Harper et compagnie contre le communisme moderne, sous couvert de célébrer la démocratie et la liberté[2], sont démagogiques et n'ont rien à voir avec le communisme moderne. Les déclarations de Harper montrent que les cercles dirigeants au Canada, comme dans d'autres pays, sont prêts à dépenser des millions de dollars pour des campagnes pour utiliser l'anticommunisme comme blocage dans l'esprit des gens et promouvoir le fascisme. Goebbels serait heureux de voir ses disciples à l'oeuvre, qui tentent aujourd'hui d'entraîner les travailleurs dans l'abîme. En Estonie, par exemple, l'État soutient les cérémonies pro-nazies qui s'y tiennent chaque année ; en Lettonie, un ancien membre de la Waffen SS est président d'une commission parlementaire. Les travailleurs doivent voir que les attaques contre le communisme sont la base de la pensée antiouvrière, raciste et fasciste [3]. Les motifs de Harper, en rendant responsable le communisme des problèmes du monde, est de faire oublier les crimes qu'il commet aujourd'hui contre la paix et l'humanité et, en même temps, d'amener les travailleurs à s'organiser contre leurs propres intérêts. Si Stephen Harper se donne tant de peine aujourd'hui pour détourner les travailleurs du marxisme-léninisme, c'est qu'il sait que cela ouvrirait la voie au progrès de la société. Le plus grand idéal de l'humanité est de mettre fin à l'exploitation de l'être humain par l'être humain. Le communisme moderne n'est rien de moins que la condition de l'émancipation complète de la classe ouvrière et de l'humanité tout entière.

Il faut s'opposer à la croisade anticommuniste et fasciste de Harper !

Notes

1. Le président de Tribute to Liberty était à une rencontre de la Fédération balte au Canada en juin 2007 où les participants ont applaudi le monument américain et déclaré que « le temps est venu pour la Fédération balte au Canada de mettre à son ordre du jour la construction d'un monument au Canada à la mémoire des victimes du communisme dans les républiques de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie. » Mais le TTL omet de préciser qui sont les « victimes du communisme » que ce monument est censé commémorer. La liste comprendra-t-elle les soi-disant nationalistes qui ont activement collaboré avec les nazis dans leur campagne contre l'Union soviétique et qui sont les auteurs de massacres de citoyens durant la guerre antifasciste ? Comprendra-t-elle Hitler, Goebbels, Himmler et leurs disciples qui ont massacré plus de 50 millions de personnes au nom de la guerre contre la « conspiration juive-bolchévique » ? Ou choisira-t-on de ne mentionner aucun nom pour se contenter de ne citer que les nombres habituels, qui augmentent de façon exponentielle 60 ans plus tard, comme on en trouve dans les discours de Stephen Harper ?

2. « La liberté, dont le grand nom a souvent été invoqué pour commettre l'abomination, aura sa revanche dans la victoire de ceux qui cherchent une vraie solution aux vrais problèmes. » (Hardial Bains, Communisme, 1989-1991, Centre d'études idéologiques, 1991, p. 242)

3. Avant 1989, il y avait 20 000 travailleurs aux chantiers maritimes de Gdansk en Pologne, le modèle de la chute du communisme selon les impérialistes, et aujourd'hui, après avoir été en faillite, elle a été acquise par une société étrangère et les travailleurs polonais sont maintenant à la merci d'intérêts étrangers. Pendant ce temps, de nouveaux milliardaires comme Leszek Czarnicki, baignent dans le luxe.

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Non aux sanctions injustes du gouvernement
Harper contre la RPDC! Les relations avec
la RPDC doivent être normalisées!

Le 11 août 2011, le gouvernement Harper a imposé de nouvelles sanctions injustes contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC), un pas de plus en arrière par rapport à la décision du 24 mai 2010 d'ajouter la RPDC à la Liste des pays visés. Ces sanctions sont un acte d'agression et une violation de la souveraineté de la RPDC et doivent être opposées par tous les Canadiens.

Le 24 mai 2010, le Canada a ajouté la RPDC à la Liste canadienne des pays visés sur la base de la désinformation impérialiste à l'effet que la RPDC était responsable du naufrage de la frégate sud-coréenne Cheonan. Même si l'armée canadienne a participé à « l'enquête » sur le naufrage du Cheonan, le Conseil de sécurité n'a trouvé aucune preuve que cet événement tragique a été causé par quelconque action de la part de la RPDC. Selon l'avis des experts de la Corée du sud, la Russie, les États-Unis et le Canada, il n’y a également aucune preuve de culpabilité de la RPDC. Cela n'a pas empêché le gouvernement Harper d'imposer de nouvelles restrictions, y compris exiger un permis spécial pour les exportations vers la RPDC, limiter les demandes de visas pour le personnel diplomatique de la RPDC en visite au Canada et ainsi de suite.

En date du 11 août, le Règlement du gouvernement Harper sur les mesures économiques spéciales visant la République populaire démocratique de Corée comprend une interdiction sur toutes les exportations vers la RPDC, une interdiction sur toutes les importations en provenance de la RPDC au Canada ; une interdiction de nouveaux investissements en RPDC, et une interdiction d'amarrer des navires et d'atterrir des avions de la RPDC au Canada, entre autres.

En annonçant ces nouvelles sanctions contre la RPDC - un pays avec lequel le Canada a établi des relations diplomatiques en 2001 et qui a cherché à avoir des relations normalisées avec le Canada dès le premier jour - le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a déclaré :

« Je suis heureux d'annoncer que plusieurs nouvelles sanctions sévères contre la Corée du nord sont maintenant en vigueur. Il s'agit là des plus récentes parmi une série de mesures prises par notre gouvernement ces dernières années pour exprimer avec force l'opposition du Canada aux actions agressives du régime nord-coréen actuel. Voilà un régime qui méprise la volonté de la communauté internationale par ses actes belliqueux et qui choisit de financer des programmes militaires et nucléaires alors même que les besoins fondamentaux des Nord-Coréens ne sont pas satisfaits. » Et encore, « Le Canada n'a pas hésité - et n'hésitera pas - à s'opposer aux actions agressives et provocantes du régime nord-coréen. Nous demandons instamment aux dirigeants du pays de procéder à de véritables réformes, d'honorer leurs obligations internationales et de satisfaire aux attentes nationales. »

C'est le même Baird, qui, le 11 juillet, a annoncé que le Canada boycottera la Conférence des Nations unies sur le désarmement parce que la RPDC a assumé la présidence, se plaignant que la présidence de la RPDC « compromet l'intégrité tant du cadre du désarmement que de l'ONU, ce à quoi le Canada ne peut se rallier. » Comme c'est vertueux et hypocrite de sa part !

Le fait est que le Canada a refusé depuis plus d'une décennie de normaliser les relations avec la RPDC. En dépit des sentiments affectueux de justice et de paix du peuple canadien, le gouvernement conservateur majoritaire de Harper ne s'est pas gêné de provoquer la RPDC à chaque instant et d'afficher son hystérie anticommuniste contre la RPDC, qui est un État socialiste indépendant, avec une économie autosuffisante centrée sur l'être humain, une politique étrangère indépendante basée sur la non-ingérence dans les affaires internes des autres pays, et qui ne plie pas l'échine devant personne. Elle a développé sa capacité de défense nucléaire, afin de sauvegarder sa souveraineté et son indépendance. Elle est donc une ennemie redoutable pour les impérialistes et fauteurs de guerre anglo-américains que représente le gouvernement Harper et un exemple pour tous les peuples du monde épris de justice et de paix, qui luttent pour l'autodétermination, l'indépendance et la paix. C'est ce que ceux qui s'identifient à Harper et Baird ne peuvent tolérer. Par ailleurs, la RPDC ne bombarde pas des civils et leurs infrastructures à l'étranger et ne se sert pas de ses forces armées pour imposer sa volonté à d'autres.

Loin de contribuer à la paix et la stabilité sur la péninsule coréenne par la normalisation des relations, en fournissant le maximum d'aide humanitaire quand le peuple coréen est dans le besoin et en faisant amende honorable pour la participation du Canada à la guerre de Corée, le gouvernement Harper tente d'insulter et de menacer le peuple coréen et le gouvernement de la RPDC. C'est pathétique et dangereux et cela ne doit pas passer. Le Canada peut contribuer à la paix sur la péninsule coréenne et à l'établissement d'un monde débarrassé des armes nucléaires en normalisant ses relations avec la RPDC, en bâtissant des relations commerciales fondées sur l'avantage réciproque et en facilitant les relations fraternelles entre les peuples de la RPDC et du Canada.

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Bulletin du 29 août 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca