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L'ordre
du jour du gouvernement Harper
Le gouvernement canadien à la défense
d'intérêts monopolistes en
Amérique latine
Du 7 au 12 août, le premier ministre du
Canada Stephen
Harper a fait une visite officielle de quatre pays d'Amérique
latine : le
Brésil, la Colombie, le Costa Rica et le Honduras.
Au Brésil, Stephen Harper s'est entretenu avec
des chefs d'entreprises
brésiliens et canadiens et leur a dit que
« l'accroissement du
commerce entre le Brésil et le Canada recèle un potentiel
inexploité
considérable ». Il a dit : « Nous
croyons tous en la
concurrence. Toutefois, ce sont les entreprises qui doivent se livrer
concurrence et non pas les gouvernements » (en
référence à la
concurrence entre les fabricants d'aéronefs Embraer et
Bombardier).
Pas un seul journaliste n'a cru bon de contester cette
affirmation
absurde. On prétend pourtant qu'un des rôles importants
des médias est de
ne pas laisser les représentants gouvernementaux s'en sauver
avec des
bêtises de la sorte.

La destruction de
l'environnement naturel et social par les
minières canadiennes à San Miguel, Guatemala (Mimundo)
|
La réalité est que le premier ministre
s'est rendu en Amérique latine
précisément pour le compte de monopoles opérant au
Canada. Les différents
accords commerciaux, ceux déjà conclus et ceux en voie
d'être conclus, sont
conçus pour accroître la capacité concurrentielle
des monopoles basés au
Canada, surtout les entreprises des secteurs des mines et de
l'énergie, et pour
les aider à pénétrer les marchés de pays
comme la Colombie, le Costa Rica,
le Guatemala, le Salvador et le Honduras avec son régime du coup
d'État.
Les minières canadiennes n'avaient peut-être pas toute la
liberté d'action
qu'elles voulaient au Honduras, mais les choses vont mieux depuis le
coup
d'État et l'installation d'un gouvernement favorable. Si les
militaires
soutenus par les États-Unis et le Canada n'avaient pas
renversé le président
élu, Manuel Zelaya, par un coup d'État en 2009, il y a
fort à parier que
l'accord de libre-échange récemment conclu n'aurait pas
abouti, puisque
sous Zelaya, le Honduras commençait à se tourner vers
d'autres pays comme
le Venezuela, la Bolivie et d'autres, qui cherchent les moyens de
poursuivre
un développement indépendant et de restreindre le droit
de monopole.
Les idéologues du gouvernement Harper et des
médias de masse, avec
leur idéologie centrée sur le capital, cherchent toujours
à convaincre les
travailleurs qu'ils ont intérêt à accepter de faire
des concessions pour rendre
les monopoles pour lesquels ils travaillent plus concurrentiels sur les
marchés mondiaux. C'est pourtant faux, puisque les entreprises
sont fondées
sur des rapports entre deux classes sociales aux intérêts
rivaux. Ils veulent
convaincre les travailleurs de s'identifier non pas à leur parti
dans le rapport
social d'une entreprise donnée, qui comprend leurs
intérêts, ceux de la
communauté et ceux de la société, mais à
l'autre parti, celui centré sur le
capital, les propriétaires et les cadres dirigeants de
l'entreprise. Ils veulent
les convaincre qu'il est dans leur intérêt de renoncer
à leurs intérêts, de
renoncer à la lutte pour leurs droits et pour une nouvelle
direction pour
l'économie. C'est ainsi que la partie du rapport social qui est
centrée sur le
capital domine la partie centrée sur l'être humain et
invoque la concurrence
extérieure, avec d'autres monopoles, pour presser les
travailleurs à faire des
concessions et rendre le rapport encore plus unilatéral au sein
de l'entreprise.
Le besoin de faire concurrence aux autres monopoles entre en conflit
avec
les demandes des travailleurs, qui réclament une nouvelle
direction pour
l'économie – une économie qui défend leurs droits,
qui suffit à ses
besoins et qui sert l'intérêt général de la
société. Les gouvernements centrés
sur le capital, comme celui de Stephen Harper, se servent de
l'État pour
favoriser les monopoles dans leur concurrence extérieure, mais
aussi pour
étouffer la partie centrée sur l'être humain dans
la concurrence
intérieure.
Le gouvernement Harper s'identifie à la partie
centrée sur le capital des
entreprises qui opèrent au Canada et à l'étranger,
pas à la partie centrée sur
l'être humain, et c'est pourquoi son gouvernement est si
empressé d'attaquer
les droits des travailleurs, comme avec la loi de retour au travail
contre les
employés de Postes Canada et d'Air Canada. C'est pourquoi son
gouvernement se porte toujours à la défense de la partie
centrée sur le
capital des entreprises qui polluent, qui occupent les terres des
Premières
Nations sans leur permission et qui méprisent
généralement le droit public,
comme avec la fermeture de la raffinerie Shell à
Montréal, les attaques
contre les retraités de Nortel et GM, la destruction du secteur
manufacturier
et ainsi de suite.
La partie centrée sur le capital des deux
entreprises mentionnées,
Embraer et Bombardier, n'est pas en conflit avec les gouvernements qui
font
tout en leur pouvoir pour améliorer leur capacité
concurrentielle dans le
système impérialiste d'États. Vous n'avez
qu'à faire une recherche sur
Internet pour les mots « Bombardier Canada
subventions » pour
vous convaincre que Stephen Harper dit des bêtises quand il
affirme que la
concurrence est entre les entreprises, pas entre les gouvernements.
Le voyage de Harper est un
exemple de gouvernement centré sur le
capital qui s'occupe de faire la promotion des intérêts
des monopoles et de
leur sécurité à l'étranger, ce qui signifie
nécessairement faire concurrence
aux entreprises des pays concernés. C'est aussi en opposition
aux intérêts
des peuples d'Amérique latine, puisqu'il encourage les
entreprises et les
gouvernements de ces pays à fouler au pied le droit public. Le
droit de
monopole vient nécessairement en contradiction avec le droit
public. Parmi
la délégation qui l'accompagnait, il y avait 400 hommes
d'affaires, mais
aucun représentant des sections 6500, 6200 et 9508 du
syndicat des
Métallos représentant des employés de la
production et de l'entretien à
l'emploi du monopole brésilien Vale et ses usines de Sudbury,
Port
Colborne et Labrador. Ils auraient représenté la partie
centrée sur l'être
humain dans le rapport social. Les métallos auraient aimé
discuter avec la
présidente du Brésil, Dilma Rousseff, des moyens à
prendre d'un commun
accord pour restreindre le droit de monopole de Vale au Canada et le
droit
de monopole des monopoles canadiens au Brésil.
Les intérêts
monopolistes canadiens en Colombie
Un peu
après le départ de Harper pour l'Amérique du Sud, Prensa
Latina faisait état d'une attaque armée contre un
monopole canadien
en Colombie. Alange Energy Company est une entreprise d'exploration et
de
production pétrolières et gazières qui a son
siège social au Canada et
19 propriétés couvrant une superficie de
1,2 million d'acres en
Colombie.
Voici une partie de l'article du
8 août : « Les
autorités militaires colombiennes blâment la
guérilla pour l'attaque contre
l'entreprise pétrolière dans le département de
Santander. Selon le
commandant de la 2e Division de l'armée colombienne, le
général Pedro
Leon Soto, 30 présumés membres des Forces armées
révolutionnaires de
Colombie (FARC) auraient mis le feu à un réservoir de
pétrole de la société
Alange Energy Company.
« Le général a dit que les
entreprises de la région étaient engagées
dans un effort conjoint pour renforcer la sécurité et
empêcher d'autres
attaques de ce genre.
« Il a également expliqué que
l'Armée a déployé des unités à
certaines des usines, mais que d'autres utilisent les services
d'agences de
sécurité privées. »
Deux jours plus tard, Stephen Harper arrivait dans ce
pays où un
monopole canadien du secteur de l'énergie venait d'être
attaqué et son
bureau a émis un communiqué de presse. Il est
intéressant de noter ce que
dit le communiqué en rapport avec les dispositions prises pour
la sécurité
des monopoles canadiens en Colombie. Il se lit comme suit :
« Le PM annonce un soutien du Canada pour des
projets de paix
et de sécurité en Colombie. Aujourd'hui, le premier
ministre Stephen Harper
a annoncé un soutien canadien pour des projets nouveaux et en
cours visant
à renforcer la paix, la sécurité et la justice en
Colombie et dans la région.
Ces projets ont pour objectif de prévenir les conflits, de
combattre la
criminalité transnationale, de faciliter l'accès à
la justice, de réagir à la
menace terroriste mondiale, d'assurer la sécurité lors
des grands événements
et de restituer des terres. L'annonce a été faite lors
d'une visite officielle
avec le président de la Colombie, Juan Manuel Santos.
« "Au cours des dernières
années, la Colombie a fait d'énormes
progrès dans sa lutte contre le crime et la violence, a
déclaré le premier
ministre. Le soutien du Canada pour ces projets montre que nous
accompagnons le gouvernement de la Colombie dans ses efforts visant
à
assurer la paix, la sécurité et la justice pour ses
citoyens."
« La contribution du Canada facilitera la
réalisation de plusieurs
projets nouveaux et en cours dirigés par des organisations
canadiennes et
internationales. Le financement pour les projets sera fourni dans le
cadre de
programmes tels que :
« * le Fonds pour la paix et la
sécurité mondiales
(FPSM) : Géré par le Groupe de travail sur la
stabilisation et la
reconstruction (GTSR), le FPSM fournit des ressources
financières et
opérationnelles qui contribuent à la prévention
des conflits et au
renforcement de la paix, ainsi qu'à la réalisation de
projets de réforme des
systèmes de justice et de sécurité dans des pays
très fragiles et frappés par
une crise. Les contributions annoncées aujourd'hui s'inscrivent
dans le
prolongement des 25 millions $ déjà investis
dans les secteurs
de la paix et de la sécurité en Colombie depuis 2006.
« * le Programme d'aide au
renforcement des
capacités de lutte contre la criminalité (PARCLC) :
Lancé par
le premier ministre Stephen Harper en 2009, le PARCLC d'Affaires
étrangères et de Commerce international Canada fournit
jusqu'à
15 millions $ par année pour renforcer les
capacités des États
bénéficiaires à prévenir et à
contrer les menaces posées par la criminalité
transnationale à l'échelle des Amériques.
« * le Programme d'aide au
renforcement des
capacités antiterroristes (PARCA) : Créé
en 2005, le PARCA
est doté d'une allocation annuelle de 13 millions $
pour fournir
à d'autres États de la formation, du matériel et
de l'aide technologique et
juridique qui les aideront à prévenir des
activités terroristes mondiales et à y
réagir. La priorité est accordée à la
coopération concernant l'application de
la loi, les activités militaires et le renseignement, à
la sécurité des frontières
et du transport ainsi qu'à l'aide juridique.

Manifestation
contre la présence militaire étasunienne en
Colombie, à Carthagène, le 3 août 2010. Au nom de
la lutte
au trafic de la drogue, l'armée étasunienne se livre
à une
activité criminelle contre la population en collaboration
avec les autorités colombiennes.
|
« Les mesures de paix et de
sécurité annoncées aujourd'hui visent
à renforcer la stabilité et la sécurité
dans la région et concordent avec la
stratégie d'engagement dans les Amériques du Canada, qui
comporte trois
objectifs : le renforcement de la gouvernance démocratique,
l'accroissement de la prospérité économique et
l'amélioration de notre
sécurité commune.
« Durant son séjour à
Bogotá, le premier ministre a aussi annoncé
que la Colombie a été admise à titre de membre du
Programme d'instruction
et de coopération militaires (PICM) du Canada pour le cycle
2011-
2014.
« "Le Canada se réjouit de la
possibilité d'accroître la coopération
et les échanges avec la Colombie dans le domaine de la
défense, a déclaré le
premier ministre Harper. La Colombie est un ajout important à ce
programme, qui l'aidera à développer ses capacités
militaires pour soutenir
les opérations internationales de paix et de
sécurité." »
Le rapport entre les entreprises et les gouvernements
dans la concurrence
au sein du système impérialiste d'États est
évident dans la guerre d'agression
de l'OTAN contre la Libye, dans laquelle l'armée canadienne joue
un rôle
de gangster. Cette guerre d'agression n'a pas seulement pour objectif
de
s'emparer du pétrole de la Libye pour le compte de certaines
entreprises
américaines et européennes, mais aussi d'en priver
l'accès à des entreprises
et des gouvernements rivaux. Les impérialistes américains
et européens
mènent une lutte armée partout en Afrique contre des
régimes souverains qui
désirent tracer leur propre voie de développement ou qui
ont ouvert leur
pays à de nouveaux concurrents, comme la Chine. Avant le
déclenchement
de la guerre d'agression de l'OTAN contre la Libye, 30 000 Chinois
étaient
employés dans des projets de construction valant plusieurs
milliards de
dollars dans ce pays.

La croisade anticommuniste et
fasciste de Stephen Harper
- Dougal MacDonald -
Le 13 août, le premier ministre Stephen
Harper a fait une
déclaration au sujet du 50e anniversaire de la construction du
mur de Berlin.
Dans cette déclaration, Stephen Harper se livre à une
désinformation
anticommuniste et de guerre froide digne d'un Hitler ou d'un Goebbels.
Il
parle spécifiquement du « rideau de fer »,
une expression
utilisée en premier par Goebbels dans un article paru dans Das
Reich, le 25 février 1945 et par la suite
ressuscitée par
Winston Churchill. Il reprend les mensonges habituels que la
démocratie
populaire de l'Allemagne de l'Est était un endroit terrible
où vivre tandis
l'Allemagne de l'Ouest, capitaliste et revancharde, reconstruite par
des
monopoles comme Krupp qui avaient soutenu les nazis, a
été et reste un
véritable paradis pour les travailleurs. Il parle de personnes
mythiques qui
ont « échappé à l'oppression
communiste » et se sont réfugiées
au Canada, mais prend bien soin de ne rien dire sur les milliers de
criminels
de guerre et collaborateurs nazis bien réels qui ont fui au
Canada après la
Deuxième Guerre mondiale et vécu ici sous la protection
du gouvernement
fédéral.
Stephen Harper ment également au sujet de
« l'idéologie
communiste » qui aurait divisé l'Allemagne ainsi que
la Corée. Les
faits montrent que ce sont les alliés occidentaux,
dirigés par les États-Unis,
qui ont créé l'« Allemagne de
l'Ouest » en mai 1949, après
avoir cherché à détruire l'économie
allemande d'après-guerre par des
manipulations monétaires. Les alliés ont divisé
l'Allemagne pour garantir
l'élimination du communisme et de toute trace d'antifascisme et
d'anti-impérialisme, et effacer de la mémoire les grands
sacrifices consentis, sous
la direction de l'Union soviétique, pour en finir avec le
nazisme et le
fascisme. La division de la Corée en 1953 n'a pas
été le résultat d'un
autre « complot communiste », comme le
prétend Stephen
Harper, elle a été dictée par les
impérialistes américains après trois ans de
guerre d'agression meurtrière contre le peuple coréen.
Depuis, le peuple
coréen s'efforce de réunifier son pays, tandis que les
États-Unis font tout
pour le maintenir divisé. Les États-Unis ont aussi
divisé le Vietnam, qui a
été réunifié par la victoire du peuple
vietnamien sur les impérialistes, ces
derniers ayant été forcés de fuir la queue entre
les jambes.
La célébration de la
« réunification de l'Allemagne » de
Harper et de ses semblables est leur célébration de ce
qu'ils espèrent être la
fin de l'antifascisme et l'anti-impérialisme. Quand ils
cancanent sur le mur
de Berlin et la « chute du communisme », ils
entretiennent le
même rêve qu'Adolf Hitler : la destruction du
communisme pour
bloquer la marche vers l'avant de l'humanité. Harper et ses
semblables
veulent minimiser le mécontentement profond des travailleurs et
leur
mouvement émancipateur, pour la libération de
l'exploitation capitaliste. Cet
objectif fondamental est exprimé clairement à la fin de
la déclaration de
Stephen Harper : « Dans le discours du Trône de
2010, le
gouvernement du Canada a annoncé un soutien destiné
à l'établissement
d'un monument national commémoratif à l'intention des
victimes du
communisme. Ce monument sera élevé pour nous rappeler que
tous les
régimes politiques ne sont pas égaux, que notre
démocratie et nos libertés
doivent nous rester chères et que nous devons les exercer et les
protéger. » Voilà que, comme tous les
réactionnaires, Harper hisse le
drapeau de la démocratie et de la liberté pour cacher son
programme
sinistre.
« Le Canada,
terre d'accueil »
Le
« monument national » dont parle Stephen Harper
est le projet
louche, soutenu par l'État, monté par un groupe du nom de
« Tribute
to Liberty » qui veut construire un monument officiellement
appelé
« Monument commémoratif aux victimes du communisme
totalitaire
– Le Canada, terre d'accueil ». Ce projet de monument au
Canada est basé sur un projet semblable aux États-Unis,
le « Victims
of Communism Memorial Project », dont le président
honoraire est le
criminel de guerre George W. Bush et qui compte parmi ses donateurs des
monopoles comme le monopole de défense et de
sécurité Lockheed Martin,
le monopole pharmaceutique de Pfizer et l'entreprise dominioniste Amway
Corporation. Au Canada, le projet a été approuvé,
pratiquement à huis clos,
par la Commission de la capitale nationale (CCN), une institution du
gouvernement fédéral qui supervise l'utilisation et le
développement des
propriétés et des terrains fédéraux de la
région de la capitale nationale. Le
ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du
Multiculturalisme, Jason
Kenney, a proposé que le monument soit construit à Ottawa
et la CCN a
choisi le Jardin des Provinces et des Territoires à Ottawa, un
emplacement
de premier choix en face de l'édifice de la Cour suprême
du Canada.
Bien que cette entreprise privée ait été
transformée en projet public par
Stephen Harper, plusieurs de ses ministres et députés,
notamment Jason
Kenney, Peter Kent et Peter Van Loan, ainsi que le libéral Irwin
Cotler et le
chef du Parti libéral Bob Rae, qui tous ont donné leur
caution à ce projet et
l'appuient activement, il reste un échec lamentable. Les
documents déposés
auprès de l'Agence du revenu du Canada montrent que TTL est loin
d'avoir
atteint son objectif de collecte de fonds, qui est de
1,5 million $, et n'a recueilli qu'un piètre
45 690 $, dont 34 693 $ ont été
dépensés en coûts
opérationnels et administratifs. À la fin de
l'année 2010, TTL avait
15 849 $ en banque. La CCN devait organiser au printemps le
concours de design de ce monument, mais elle exige que les deux tiers
de
l'argent des coûts de construction, environ 650 000 $,
soient d'abord
recueillis par TTL. Une porte-parole de TTL explique ainsi cette
situation : « C'est un projet difficile à
comprendre pour
beaucoup de gens du public. » Une autre explication possible
est que
la classe ouvrière et le peuple du Canada comprennent
très bien et
considèrent que les vraies victimes qui doivent avoir un
monument
commémoratif au Canada sont les millions de victimes de
l'impérialisme et
du capitalisme assassinées au nom de la lutte contre le
communisme et le
« terrorisme » – les personnes tuées dans
la guerre
antifasciste par les nazis et les fascistes et les peuples de
Corée, de Palestine,
du Vietnam, d'Indonésie, d'Irak, d'Afghanistan et maintenant de
la Libye,
pour n'en citer que quelques-unes [1].
« La
journée du Ruban noir »
Le 23 août,
déclaré en avril 2009 « journée
européenne de commémoration
des victimes » des régimes totalitaires par le
parlement européen
(aussi connu comme « la journée du Ruban
noir »), Stephen
Harper a cru bon, une nouvelle fois, de se lancer dans une tirade
anticommuniste. Cette année, des députés ont
assisté à des célébrations et
prononcé des discours à Vancouver, Edmonton, Winnipeg et
Toronto au
nom du ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du
Multiculturalisme, Jason Kenney. Dans sa déclaration, Jason
Kenney fait
également allusion au « rideau de fer »,
comme l'ont fait avant
lui Harper, Winston Churchill et Goebbels. Il utilise
intentionnellement le
mot « totalitarisme » pour assimiler faussement
nazisme et
communisme, l'objectif étant de justifier des guerres
d'agression contre des
pays souverains comme Hitler l'a fait dans les années 1930 et
comme les États-Unis,
les puissances européennes et le Canada le font contre
l'Afghanistan et la
Libye aujourd'hui.
La signification historique réelle du
23 août est que c'est
l'anniversaire du Traité de non-agression
germano-soviétique de
1939 (pacte Molotov-Ribbentrop) qui a donné à
l'Union soviétique
vingt-deux mois de plus pour renforcer ses défenses face
à l'invasion
imminente par l'Allemagne nazie. En septembre 1939, l'Allemagne
occupait
l'Autriche et la Tchécoslovaquie. L'Union soviétique
avait demandé à la
Grande-Bretagne et à la France de signer un traité
d'assistance mutuelle
collectif, qui aurait pu sauver l'Europe de la Deuxième Guerre
mondiale ou,
du moins, l'abréger et la rendre moins dévastatrice. Les
impérialistes anglo-français ont rejeté ces
propositions de sécurité collective parce qu'ils
espéraient pouvoir pousser Hitler à attaquer l'Union
soviétique. Déjà, la
Grande-Bretagne et la France avaient signé avec les nazis en
septembre
1938 les accords de trahison de Munich, qui donnaient le feu vert
à
Hitler pour son invasion de l'Europe. L'Union soviétique a
déjoué le plan
anglo-français en signant le pacte de non-agression
germano-soviétique,
lequel déclarait simplement que l'Allemagne ne serait pas
attaquée par
l'Union soviétique et que l'Union soviétique ne serait
pas attaquée par
l'Allemagne. L'Union soviétique n'avait pas d'illusions sur les
plans de
Hitler. Quand l'Allemagne nazie a attaqué l'Union
soviétique le
22 juin 1941, le pacte a été immédiatement
annulé, et, comme le
montre l'histoire, l'Union soviétique a ensuite joué un
rôle majeur dans la
défaite des rêves fous de conquêtes du monde des
nazis.
Les tirades de Stephen Harper et compagnie contre le
communisme
moderne, sous couvert de célébrer la démocratie et
la liberté[2], sont
démagogiques et n'ont rien à voir avec le communisme
moderne. Les
déclarations de Harper montrent que les cercles dirigeants au
Canada,
comme dans d'autres pays, sont prêts à dépenser des
millions de dollars
pour des campagnes pour utiliser l'anticommunisme comme blocage dans
l'esprit des gens et promouvoir le fascisme. Goebbels serait heureux de
voir
ses disciples à l'oeuvre, qui tentent aujourd'hui
d'entraîner les travailleurs
dans l'abîme. En Estonie, par exemple, l'État soutient les
cérémonies pro-nazies qui s'y tiennent chaque
année ; en Lettonie, un ancien membre
de la Waffen SS est président d'une commission parlementaire.
Les
travailleurs doivent voir que les attaques contre le communisme sont la
base
de la pensée antiouvrière, raciste et fasciste [3]. Les
motifs de Harper, en
rendant responsable le communisme des problèmes du monde, est de
faire
oublier les crimes qu'il commet aujourd'hui contre la paix et
l'humanité et,
en même temps, d'amener les travailleurs à s'organiser
contre leurs propres
intérêts. Si Stephen Harper se donne tant de peine
aujourd'hui pour
détourner les travailleurs du marxisme-léninisme, c'est
qu'il sait que cela
ouvrirait la voie au progrès de la société. Le
plus grand idéal de l'humanité
est de mettre fin à l'exploitation de l'être humain par
l'être humain. Le
communisme moderne n'est rien de moins que la condition de
l'émancipation complète de la classe ouvrière et
de l'humanité tout
entière.
Il faut s'opposer à la croisade
anticommuniste et fasciste de
Harper !
Notes
1. Le président de Tribute to Liberty
était à une rencontre de la Fédération
balte au Canada en juin 2007 où
les participants ont applaudi le monument américain et
déclaré que
« le temps est venu pour la Fédération balte
au Canada de mettre à
son ordre du jour la construction d'un monument au Canada à la
mémoire
des victimes du communisme dans les républiques de l'Estonie, de
la
Lettonie et de la Lituanie. » Mais le TTL omet de
préciser qui sont
les « victimes du communisme » que ce monument
est censé
commémorer. La liste comprendra-t-elle les soi-disant
nationalistes qui ont
activement collaboré avec les nazis dans leur campagne contre
l'Union
soviétique et qui sont les auteurs de massacres de citoyens
durant la guerre
antifasciste ? Comprendra-t-elle Hitler, Goebbels, Himmler et
leurs
disciples qui ont massacré plus de 50 millions de personnes au
nom de la
guerre contre la « conspiration
juive-bolchévique » ? Ou
choisira-t-on de ne mentionner aucun nom pour se contenter de ne citer
que
les nombres habituels, qui augmentent de façon exponentielle 60
ans plus
tard, comme on en trouve dans les discours de Stephen Harper ?
2. « La liberté, dont le grand nom a
souvent été invoqué pour
commettre l'abomination, aura sa revanche dans la victoire de ceux qui
cherchent une vraie solution aux vrais problèmes. »
(Hardial Bains,
Communisme, 1989-1991, Centre d'études
idéologiques, 1991,
p. 242)
3. Avant 1989, il y avait 20 000 travailleurs aux chantiers maritimes
de
Gdansk en Pologne, le modèle de la chute du communisme selon les
impérialistes, et aujourd'hui, après avoir
été en faillite, elle a été acquise par
une société étrangère et les travailleurs
polonais sont maintenant à la merci
d'intérêts étrangers. Pendant ce temps, de nouveaux
milliardaires comme
Leszek Czarnicki, baignent dans le luxe.

Non aux sanctions injustes du gouvernement
Harper contre la RPDC!
Les relations avec
la RPDC doivent être normalisées!
- Philip Fernandez -
Le 11 août 2011, le gouvernement Harper a
imposé de nouvelles
sanctions injustes contre la République populaire
démocratique de Corée
(RPDC), un pas de plus en arrière par rapport à la
décision du 24 mai
2010 d'ajouter la RPDC à la Liste des pays visés. Ces
sanctions sont un acte
d'agression et une violation de la souveraineté de la RPDC et
doivent être
opposées par tous les Canadiens.
Le 24 mai 2010, le Canada a ajouté la RPDC
à la Liste
canadienne des pays visés sur la base de la
désinformation impérialiste à
l'effet que la RPDC était responsable du naufrage de la
frégate sud-coréenne
Cheonan. Même si l'armée canadienne a participé
à
« l'enquête » sur le naufrage du Cheonan,
le Conseil de sécurité
n'a trouvé aucune preuve que cet événement
tragique a été causé par
quelconque action de la part de la RPDC. Selon l'avis des experts de la
Corée du sud, la Russie, les États-Unis et le Canada, il
n’y a également
aucune preuve de culpabilité de la RPDC. Cela n'a pas
empêché le
gouvernement Harper d'imposer de nouvelles restrictions, y compris
exiger
un permis spécial pour les exportations vers la RPDC, limiter
les demandes
de visas pour le personnel diplomatique de la RPDC en visite au Canada
et
ainsi de suite.
En date du 11 août, le Règlement du
gouvernement Harper sur les
mesures économiques spéciales visant la République
populaire démocratique
de Corée comprend une interdiction sur toutes les exportations
vers la
RPDC, une interdiction sur toutes les importations en provenance de la
RPDC au Canada ; une interdiction de nouveaux investissements en
RPDC, et une interdiction d'amarrer des navires et d'atterrir des
avions de la
RPDC au Canada, entre autres.
En annonçant ces nouvelles sanctions contre la
RPDC - un pays avec
lequel le Canada a établi des relations diplomatiques en
2001 et qui a
cherché à avoir des relations normalisées avec le
Canada dès le premier jour
- le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a
déclaré :
« Je suis heureux d'annoncer que plusieurs
nouvelles sanctions
sévères contre la Corée du nord sont maintenant en
vigueur. Il s'agit là des
plus récentes parmi une série de mesures prises par notre
gouvernement ces
dernières années pour exprimer avec force l'opposition du
Canada aux
actions agressives du régime nord-coréen actuel.
Voilà un régime qui
méprise la volonté de la communauté internationale
par ses actes belliqueux
et qui choisit de financer des programmes militaires et
nucléaires alors
même que les besoins fondamentaux des Nord-Coréens ne sont
pas
satisfaits. » Et encore, « Le Canada n'a pas
hésité - et
n'hésitera pas - à s'opposer aux actions agressives et
provocantes du régime
nord-coréen. Nous demandons instamment aux dirigeants du pays de
procéder à de véritables réformes,
d'honorer leurs obligations internationales
et de satisfaire aux attentes nationales. »
C'est le même Baird, qui, le 11 juillet, a
annoncé que le Canada
boycottera la Conférence des Nations unies sur le
désarmement parce que la
RPDC a assumé la présidence, se plaignant que la
présidence de la RPDC
« compromet l'intégrité tant du cadre du
désarmement que de l'ONU,
ce à quoi le Canada ne peut se rallier. » Comme c'est
vertueux et
hypocrite de sa part !
Le fait est que le Canada a refusé depuis plus
d'une décennie de
normaliser les relations avec la RPDC. En dépit des sentiments
affectueux
de justice et de paix du peuple canadien, le gouvernement conservateur
majoritaire de Harper ne s'est pas gêné de provoquer la
RPDC à chaque
instant et d'afficher son hystérie anticommuniste contre la
RPDC, qui est un
État socialiste indépendant, avec une économie
autosuffisante centrée sur
l'être humain, une politique étrangère
indépendante basée sur la
non-ingérence dans les affaires internes des autres pays, et qui
ne plie pas
l'échine devant personne. Elle a développé sa
capacité de défense nucléaire,
afin de sauvegarder sa souveraineté et son indépendance.
Elle est donc une
ennemie redoutable pour les impérialistes et fauteurs de guerre
anglo-américains que représente le gouvernement Harper et
un exemple pour tous
les peuples du monde épris de justice et de paix, qui luttent
pour
l'autodétermination, l'indépendance et la paix. C'est ce
que ceux qui
s'identifient à Harper et Baird ne peuvent tolérer. Par
ailleurs, la RPDC ne
bombarde pas des civils et leurs infrastructures à
l'étranger et ne se sert pas
de ses forces armées pour imposer sa volonté à
d'autres.
Loin de contribuer à la paix et la
stabilité sur la péninsule coréenne par
la normalisation des relations, en fournissant le maximum d'aide
humanitaire
quand le peuple coréen est dans le besoin et en faisant amende
honorable
pour la participation du Canada à la guerre de Corée, le
gouvernement
Harper tente d'insulter et de menacer le peuple coréen et le
gouvernement
de la RPDC. C'est pathétique et dangereux et cela ne doit pas
passer. Le
Canada peut contribuer à la paix sur la péninsule
coréenne et à
l'établissement d'un monde débarrassé des armes
nucléaires en normalisant
ses relations avec la RPDC, en bâtissant des relations
commerciales fondées
sur l'avantage réciproque et en facilitant les relations
fraternelles entre les
peuples de la RPDC et du Canada.

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